Avant d’aller voir le film LA CAGE : L’HISTOIRE DE LA CORRIVEAU d’Alain Vézina, apprenez que…

Avant d’aller voir le film La cage : l’histoire de la Corriveau d’Alain Vézina à l’Anglicane de Lévis ce soir, apprenez que…

Note du Passeur de la Côte écrite le 28 octobre 2016 : Le texte ci-dessous devait être publié le 27 octobre 2016.

Lévis (Québec), 27 octobre 2016

Qui a dit :

« Nous n’aurons jamais la preuve à 100 % que c’est bien elle [la « vraie cage de la Corriveau] ».

La Ville de Lévis parle aujourd’hui, dans son site Internet, de la «  rigoureuse expertise ayant permis [l’] authentification » de « la cage de la Corriveau […] retrouvée [affirme la Ville] dans les réserves d’un musée américain ». Sachez, lectrice ou lecteur, qu’à la fin de la prétendue expertise rigoureuse, deux membres du comité d’examen de l’objet trouvé aux États-Unis ont fait savoir ne qu’ils n’avaient pas acquis la certitude que ledit objet est vraiment la structure ayant servi à montrer à la population le cadavre de M.-J. Corriveau; il s’agit de la conservatrice Sylvie Toupin, qui travaille pour les Musées de la civilisation, et de l’historienne Catherine Ferland. Madame Toupin a dit :

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Madame Toupin emploie le conditionnel : « ce SERAIT effectivement le gibet qui… ». Elle n’est pas certaine.

Madame Ferland, pour sa part, a déclaré à ICI Radio-Canada :

 

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COMME MADAME TOUPIN, L’HISTORIENNE FERLAND N’A PAS LA CERTITUDE QUE L’OBJET AMÉRICAIN EST LA « VRAIE CAGE » : c’est « presque certain », dit-elle. Elle n’est pas certaine.

Pourquoi la Ville de Lévis, les Musées de la civilisation, la Société d’histoire régionale de Lévis [que les élus municipaux de Lévis et les dirigeants de la Caisse Desjardins de Lévis nourrissent d’argent, qui n’est pas le leur] s’entêtent-ils à dire et à écrire que l’objet américain EST la « vraie cage »? Pour trouver une réponse plausible, il semble qu’il faille chercher non pas « la femme » (laissons-la un peu tranquille, en ces temps où le sujet de discussion le plus répandu au Québec semble être la « culture du viol »), mais la « belle argent », l’argent qu’il y a dans les poches des touristes, et les subventions gouvernementales. À ce sujet, lisons ce qu’écrivait Évelyne Fortier en 2013 dans la revue de la Société d’histoire régionale de Lévis :

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La Seigneurie de Lauzon (revue de la SHRL), numéro 128, Printemps 2013, p. 13

« La Corriveau, écrit celle qui était alors (est peut-être encore) une employée du Mouvement Desjardins, POURRAIT NON SEULEMENT ENTRAÎNER UN POSSIBLE AVANCEMENT DU PROJET [CRÉATION D’UN CENTRE D’ARCHIVES-MUSÉE], MAIS AUSSI PERMETTRE DE FAIRE DE CE MUSÉE RÉGIONAL UN ATTRAIT MAJEUR DE LA VILLE DE LÉVIS. CELA AIDERAIT GRANDEMENT LE DÉVELOPPEMENT ÉCONOMIQUE ET TOURISTIQUE. EN EFFET, UNE TELLE EXPOSITION AUGMENTERAIT CERTAINEMENT LE NOMBRE DE VISITEURS À LÉVIS… ». Ça créerait aussi des emplois pour les historiens, les archivistes, les guides touristiques…

Utiliser une structure métallique dont on n’a pas la certitude qu’elle est un artefact authentique (c’est-à-dire la « vraie cage de la Corriveau ») pour appâter les touristes, pour les attirer avec leur argent… Est-ce que c’est là un projet moral? Craindrait-on de ne pas attirer beaucoup de touristes si on leur disait franchement et clairement que l’on n’est pas certain que la « cage » trouvée aux USA est l’objet dans lequel le cadavre de la criminelle Corriveau a été exposé ?

Certains semblent s’être dit : « N’attendons pas de savoir si la nouvelle est exacte avant de la crier sur tous les toits ».

En 2013, la Société d’histoire régionale de Lévis (SHRL) et les Musées de la civilisation n’avaient pas encore créé le comité chargé de déterminer si la « cage » trouvée aux États-Unis était bien celle dans laquelle le cadavre de M.-J. Corriveau avait été montré à la population (le comité sera créé des mois plus tard); ça n’a pas empêché Évelyne Fortier, alors trésorière du conseil d’administration de la SHRL, ça n’a pas empêché un ancien historien de l’entreprise Mouvement Desjardins et ancien président de la Société d’histoire régionale de Lévis (Claude Genest, à qui Desjardins a confié un autre poste depuis), ça n’a pas empêché d’autres dirigeants de la SHRL de déclarer qu’ils étaient CERTAINS que la « cage » trouvée aux États-Unis est la « vraie Cage »! Qu’est-ce qu’il ne faut pas voir!

Dans le numéro 128 (PRINTEMPS 2013) de La Seigneurie de Lauzon, revue de la Société d’histoire régionale de Lévis (SHRL), Évelyne Fortier a écrit ceci : « La légende de La Corriveau est une histoire qui a fait couler bien de l’encre. L’histoire d’une femme considérée comme une sorcière qui a été pendue et exposée aux quatre chemins de Lévis d’avril à mai 1763. Durant 40 jours, elle était dans ce qu’on appelle un exosquelette, épousant les formes du corps humain. ON PENSAIT CETTE CAGE PERDUE DANS UN INCENDIE IL Y A PLUSIEURS ANNÉES. C’EST ALORS QUE, EN DÉCEMBRE 2011, CLAUDIA MENDEZ, VICE-PRÉSIDENTE DE LA SOCIÉTÉ D’HISTOIRE RÉGIONALE DE LÉVIS (SHRL), AVEC L’AIDE DES ADMINISTRATEURS, A RETROUVÉ SA TRACE AU PEABODY ESSEX MUSEUM, À SALEM AU MASSACHUSETTS. DEPUIS, LA SHRL A PRIS CERTAINES MESURES POUR ENCLENCHER LE PROCESSUS DE RAPATRIEMENT DE CET ARTEFACT. »

Le drôle de « comité scientifique » créé par le Musée de la civilisation de Québec et la Société d’histoire régionale de Lévis

En décembre 2015, j’ai envoyé un courriel à M. Stéphan La Roche, directeur général des Musées de la civilisation; en voici un extrait :

« Est-il exact que le « comité scientifique » comptait neuf membres et que la majorité d’entre eux (cinq sur neuf) appartenaient (ils appartiennent toujours) à la Société d’histoire régionale de Lévis? N’est-il pas vrai que la Société d’histoire régionale de Lévis a affirmé publiquement plusieurs fois, par l’entremise de madame Claudia Mendez Ishii et de monsieur Claude Genest, entre autres, qu’elle avait trouvé par hasard une « cage » et que cette cage était incontestablement celle qui a été utilisée pour exposer la dépouille de Marie-Josephte Corriveau? N’est-il pas vrai que la Société d’histoire régionale de Lévis a fait cette affirmation à plusieurs reprises avant même d’avoir vu la « cage » dans le lieu où elle était conservée, avant que des experts aient vu la « cage », avant que des experts aient examiné, ne serait-ce qu’un tout petit peu, la « cage »? Les Québécoises et les Québécois auraient-ils tort d’être convaincus que la Société d’histoire régionale de Lévis a montré qu’elle manquait gravement de rigueur intellectuelle en proclamant qu’un objet qu’elle n’avait pas vu de ses yeux et qu’aucun expert n’avait expertisé était incontestablement la structure dans laquelle la dépouille de Marie-Josephte Corriveau a été montrée à la population? Les Québécoises et les Québécois auraient-ils tort de dire aux Musées de la civilisation qu’ils ont commis une grave faute, impossible à expliquer, en formant un comité dit scientifique dont plus de la moitié des membres appartenaient (et appartiennent toujours) à une organisation qui a montré ignorer complètement ce qu’est la rigueur? »

Le directeur général des Musées de la civilisation n’a pas essayé de m’éclairer.

Il est utile d’ajouter qu’en octobre 2013 les Musées de la civilisation et la Société d’histoire régionale de Lévis (qui depuis des mois et des mois affirmait avoir trouvé la « vraie cage de la Corriveau » sans pouvoir le prouver) se sont retrouvés côte à côte et main dans la main au Musée de la civilisation pour ce qu’ils ont appelé le :

 

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Source : Internet

« La « cage de la Corriveau », la vraie ou une fausse, ce n’est peut-être pas assez pour attirer les touristes », ont peut-être pensé certaines personnes. « Trouvons un autre appât! »

On peut imaginer que c’est pour attirer des touristes à Lévis que la Ville de Lévis et la Société d’histoire régionale de Lévis ont décidé de distribuer un dépliant dans lequel ils osent faire une affirmation qui ne repose sur rien, ils osent dire que des miracles ont eu lieu à Lévis, en 1893, à la chapelle Sainte-Anne (le Vatican n’a jamais reconnu que des miracles se sont produits à Lévis à l’ancienne chapelle Sainte-Anne). La Société d’histoire régionale de Lévis et la Ville de Lévis ont même trouvé la force d’âme nécessaire pour laisser clairement entendre, dans leur dépliant, que le ministère de la Culture et des Communications du Québec joignait sa voix aux leurs. Informé de la chose, LE MINISTÈRE EST INTERVENU AUPRÈS DE LA VILLE DE LÉVIS; RÉSULTAT : LA VILLE S’EST ENGAGÉE À NE PLUS DISTRIBUER LE DÉPLIANT MENSONGER.

MARIE-JOSEPHTE CORRIVEAU EST-ELLE UNE LÉVISIENNE OU UNE VALLIEROISE ?

Marie-Josephte Corriveau, qui n’a peut-être jamais mis les pieds à Lévis, est née et a vécu à Saint-Vallier-de-Bellechasse; c’est à Saint-Vallier qu’elle s’est mariée et qu’elle a mis au monde ses enfants; c’est à Saint-Vallier qu’elle a commis son « crime réel » (ce mot est de l’ethnologue Luc Lacourcière) et que se seraient produits ses « crimes fictifs » (dit encore Lacourcière); ses deux procès se sont déroulés à Québec; c’est à Québec qu’elle a avoué avoir tué son mari; c’est à Québec qu’elle a été pendue. Pourquoi la Société d’histoire régionale de Lévis (SHRL) prétend-elle que la « cage de la Corriveau » a marqué l’histoire de Lévis (voir ci-dessous un texte de la SHRL)? Pourquoi la « cage »  « [appartiendrait-elle] à la Rive-Sud (entendre Lévis) et [ferait-elle] encore beaucoup de sens dans cette communauté », selon Mme Évelyne Fortier (voir ci-dessous un texte de la SHRL)? Parce que, uniquement parce que son cadavre a été exposé à Pointe-Lévy? C’est mince, bien mince, trop mince; les affirmations de la SHRL ne tiennent pas debout. Si la SHRL attache autant d’importance à la « cage », c’est, on l’aura deviné, pour qu’elle soit « transplantée » à Lévis, gardée à Lévis et attire à Lévis des touristes et leur argent. S’il y a une municipalité qui peut exiger qu’on lui confie la « cage », c’est Saint-Vallier, bien sûr : « On ne peut évoquer Saint-Vallier sans songer au personnage de La Corriveau qui habitait à cet endroit » écrit la Commission de toponymie du Québec (http://www.toponymie.gouv.qc.ca/CT/toposweb/Fiche.aspx?no_seq=281295).

 

UN MESSAGE TRÈS-TRÈS-TRÈS CLAIR DES MUSÉES DE LA CIVILISATION

En février 2014, le Musée de la civilisation a écrit:

« NOUS N’AURONS JAMAIS A PREUVE À 100 % QUE C’EST BIEN ELLE [LA « VRAIE CAGE »]

CAR NOUS NE POSSÉDONS PAS D’INDICES SCIENTIFIQUES

COMME DES ÉCHANTILLONS D’ADN

(CONTENUS DANS LE SANG, LA PEAU OU DANS LES CHEVEUX) ».

 

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Pour terminer, je signale que le réalisateur du film La cage : l’histoire de la Corriveau, M. Alain Vézina, a réussi à autofinancer la production de son documentaire. Je comprends qu’il n’a pas eu besoin d’emprunter de l’argent à la Banque Royale du Canada, à une Caisse Desjardins ou à Séraphin Poudrier. C’est une information réjouissante. Mais que vaut son film?

Roger Martel, citoyen de Lévis

 

* Le printemps dernier j’ai soumis à l’ombudsman du Mouvent Desjardins une plainte contre la Caisse Desjardins de Lévis; l’ombudsman n’a m’a pas répondu; quelques mois plus tard, je lui ai écrit de nouveau; j’attends encore sa réponse. J’ai ensuite répété au président de l’entreprise Mouvement Desjardins, M. Guy Cormier, ce que j’avais écrit à son ombudsman; M. Cormier se montre aussi peu bavard que son ombudsman.

 

SUPPLÉMENT

Texte de la SHRL – 1

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Vincent Couture, Rapport du président du conseil d’administration [de la SHRL] pour l’année 2013, La Seigneurie de Lauzon (revue de la SHRL), numéro 132 (2014)

Texte de la SHRL – 2

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Evelyne Fortier, La Seigneurie de Lauzon (revue de la SHRL), numéro 128 (printemps 2013), p. 14.

 

Texte de la SHRL – 3

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Evelyne Fortier, La Seigneurie de Lauzon (revue de la SHRL), numéro 128 (printemps 2013), p. 15.

 

Texte de la SHRL – 4

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Evelyne Fortier, La Seigneurie de Lauzon (revue de la SHRL), numéro 128 (printemps 2013), p. 15.

 

Texte de la SHRL – 5

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Document de 2013 vu dans le site Internet de la Société d’histoire régionale de Lévis, présidée aujourd’hui par M. Vincent Couture, archiviste.

Texte publié dans le site Internet de la Ville de Lévis – 6

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« Rigoureuse expertise », affirme la Ville de Lévis.

« Rigoureuse expertise » avec plein de gens qui manquent de rigueur intellectuelle…

Courriel des Musées de la civilisation de Québec daté du 3 février 2014 – 7

 

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FIN