Au Québec : Grève des juristes de l’État depuis le 24 oct. 2016

EXTRAIT

Grève des juristes de l’état

Assez, le mépris

Le Devoir, Antoine Robitaille 17 décembre 2016 |Antoine Robitaille | Québec | Éditoriaux

http://www.ledevoir.com/politique/quebec/487349/greve-des-juristes-de-l-etat-assez-le-mepris

La grève générale illimitée des juristes de l’État ne fait pas la manchette. Mais lancée le 24 octobre, elle a de plus en plus d’effets sur le fonctionnement de l’État. Si l’Association des avocats et des notaires a fait des erreurs stratégiques au départ, ses membres ne méritent certainement pas de poireauter longtemps sur le trottoir après les Fêtes. Bref, d’être traités avec mépris par le gouvernement.

(…)

Pour le gouvernement et l’État, il y a plus que des désagréments. On a beaucoup insisté sur ces projets de loi promis, mais non déposés (pensons à celui des chiens dangereux) ou finalisés par des cadres (sur la métropole). Mais il ne faut pas oublier que les juristes sont les experts qui vérifient la légalité de l’action gouvernementale, de la sauvegarde de l’intérêt public. En passant, cela comprend les contrats !

Autrement dit, le gouvernement fonctionne presque sans conseil juridique depuis le 24 octobre. Depuis la même date, comment la ministre de la Justice Stéphanie Vallée remplit-elle son rôle de jurisconsulte du gouvernement ? Remarquez, cela explique peut-être certaines confusions publiques. Mais bon.

Source : Assez, le mépris | Le Devoir

La liberté d’expression. Le refus de la liberté d’expression.

Le texte suivant est mon cadeau de Noël, un très beau cadeau; la plupart le refuseront.

Roger Martel, citoyen de Lévis, 25 décembre 2016

 

RIEN N’EST MOINS INNOCENT QUE LE LAISSER-FAIRE. *

(Pierre Bourdieu, in Pierre Bourdieu (dir.), La misère du monde, Paris, Seuil, © 1993; coll. Points, p. 1453-1454)

MON IDÉE À MOI, C’EST QUE NOUS SOMMES PLUS LIBRES QUE NOUS NE LE PENSONS ; C’EST PAS LA LIBERTÉ QUI MANQUE,

C’EST LE COURAGE DE PRENDRE LES LIBERTÉS QUE L’ON A. **

Jean-Paul Desbiens (alias Le Frère untel), Les insolences du Frère untel, Montréal, Les Éditions de l’Homme, © 1960, p. 83) – Jean-Paul Desbiens, Les insolences du Frère untel, Texte annoté par l’auteur, Montréal, Les Éditions de l’Homme, © 1988, p. 86)

 

* “Porter à la conscience des mécanismes qui rendent la vie douloureuse, voire invivable, ce n’est pas les neutraliser; porter au jour les contradictions, ce n’est pas les résoudre. mais, pour si sceptique que l’on puisse être sur l’efficacité sociale du message sociologique, on ne peut tenir pour nul l’effet qu’il peut exercer en permettant à ceux qui souffrent de découvrir la possibilité d’imputer leur souffrance à des causes sociales et de se sentir ainsi disculpés; et en faisant connaître largement l’origine sociale, collectivement occultée, du malheur sous toutes ses formes, y compris les plus intimes et les plus secrètes.

« Constat, qui, malgré les apparences, n’a rien de désespérant : ce que le monde social a fait, le monde social peut, armé de ce savoir, le défaire. Ce qui est sûr, en tout cas, c’est que rien n’est moins innocent que le laisser-faire : s’il est vrai que la plupart des mécanismes économiques et sociaux qui sont au principe des souffrances les plus cruelles, notamment ceux qui règlent le marché du travail et le marché scolaire, ne sont pas faciles à enrayer ou à modifier, il reste que toute politique qui ne tire pas pleinement parti des possibilités, si réduites soient-elles, qui sont offertes à l’action, et que la science peut aider à découvrir, peut être considérée comme coupable de non-assistance à personne en danger. »

(Pierre Bourdieu, in Pierre Bourdieu (dir.), La misère du monde, Seuil, copyright 1993; coll. Points, p. 1453-1454) (Reproduit au https://lepasseurdelacote.com/2015/09/02/la-misere-du-monde-contre-le-laisser-faire/ le 2 septembre 2015)

 

 

** « Mon petit Frère Untel en or, mon petit lapin bleu, tu vas maintenant me dire pourquoi tu écris des choses comme ça, et à la face de la Province ?

« J’écris ces choses par charité. Et ne rigolez pas, s’il vous plaît. Pourquoi n’écrirais-je pas ces choses par charité ? Pourquoi n’aurais-je pas une étincelle de charité ? Quelqu’un aime la musique et il le dit et personne ne rigole ; quelqu’un aime les ouvrages de Camus et il le dit et personne ne rigole. Il est bien possible que moi, j’aime un peu les Canadiens français, et que je cherche à leur parler. Je vis au bout du monde et je m’ennuie de parler à des hommes.

« J’écris aussi pour bien établir qu’il est possible de dire ce que l’on pense. Pour bien établir que toute vérité est bonne à dire. Mon idée à moi, c’est que nous sommes plus libres que nous ne le pensons ; c’est pas la liberté qui manque, c’est le courage de prendre les libertés que l’on a. Nous pleurnichons sur la liberté absente et nous n’avons même pas essayé la liberté. Nous sommes un peu comme ce chien d’un conte de Jules Renard : nous flairons une chaîne qui ne nous retient peut-être plus. Ici je commets un canadianisme : tout d’un coup qu’on serait libres ? »

Jean-Paul Desbiens (alias Le Frère untel), Les insolences du Frère untel, Montréal : Les Éditions de l’Homme, 1960, 158 pp.

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Bizarre : le pape François doit commander la compassion aux fidèles de son Église.

Les médias nous apprennent que : « Dans sa traditionnelle homélie de Noël (2016), le pape François a lancé un appel à la compassion pour les enfants qui souffrent de la guerre et de la misère à travers le monde »; ils nous informent que le pape « a également critiqué “l’indifférence” des sociétés consuméristes où les fidèles se donnent “du mal pour les cadeaux” en restant “insensibles à celui qui est exclu”.

Pourquoi le pape croit-il nécessaire de demander aux fidèles de son Église d’être sensibles aux malheurs d’autrui? – La compassion, ça ne se commande pas.

Roger Martel, citoyen de Lévis en pays autrefois très catholique

 


Dans sa traditionnelle homélie de Noël, le pape François a lancé un appel à la compassion pour les enfants qui souffrent de la guerre et de la misère à travers le monde.

L‘évêque de Rome s’exprimait devant une dizaine de milliers de fidèles rassemblés dans la basilique Saint-Pierre de Rome et il a répété sa condamnation de l’avortement.

Le pape François : “Laissons-nous interpeller par les enfants qu’on ne laisse pas naître, par les enfants en pleurs parce que personne n’assouvit leur faim, par ceux qui n’ont pas des jouets, mais des armes entre leurs mains.”

Le souverain Pontife a également critiqué le “l’indifférence” des sociétés consuméristes où les fidèles se donnent “du mal pour les cadeaux” en restant “insensibles à celui qui est exclu.”

Source : http://fr.euronews.com/2016/12/25/noel-le-pape-francois-appel-a-la-compassion-pour-les-enfants vu le 25 décembre 2016

 

COMPASSION, subst. fém. Sentiment qui incline à partager les maux et les souffrances d’autrui.

 

cci25122016

Le Monde des religions, novembre-décembre 2016