Attentat du 29 janvier 2017 à Québec – Sortir de la peur pour construire le Québec de demain.

Source : http://www.cjf.qc.ca/fr/infolettre_cjf/infolettre_cjf.php?idn=13534&cle=7h9mv2byvynt5t6xsfgx

Communiqué du Centre Justice et Foi suite à l’attentat du 29 janvier 2017 à Québec

Sortir de la peur pour construire le Québec de demain

Après le terrible attentat ayant fait au moins 6 morts dans la ville de Québec le 29 janvier dernier, Mohammed Yangui – le président du Centre culturel islamique de Québec – avait comme principale et légitime revendication que soit assurée la protection de sa communauté. Un appel partagé par plusieurs de nos concitoyens et concitoyennes de confession musulmane, et qui dépasse largement l’acte haineux dont certains viennent d’être victimes.

Cette peur ressentie n’est pas nouvelle, même si la tuerie de Québec nous a fait basculer au-delà d’une limite que nous aurions souhaitée infranchissable au Québec. Elle [la peur ressentie par des musulmans] a été attisée par plusieurs événements survenus ici et ailleurs depuis déjà une quinzaine d’années. Cette peur a des répercussions bien réelles dans la vie d’hommes et de femmes pour qui la foi et la pratique religieuse sont importantes, autant que dans celles de personnes qui, tout en étant non croyantes, sont perçues comme telles. Marginalisation, climat de suspicion, agressions verbales et physiques, discriminations de toutes sortes ont même forcé certaines et certains à cacher leur appartenance musulmane pour éviter la stigmatisation.

Des personnes non musulmanes expriment aussi leur peur et leurs inquiétudes face à ces événements dont les véritables causes sont complexes et souvent délibérément cachées. Cela rend malheureusement plusieurs individus réceptifs aux solutions expéditives qui tiennent de la simplification et s’alimentent au rejet de l’autre. Le récent décret du président Trump sur l’immigration, cité en exemple en réponse aux événements de Québec par son porte-parole Sean Spicer, en est la pire caricature. Cette décision aura des conséquences dévastatrices autant sur le plan de la géopolitique internationale que sur les relations entre les citoyens étatsuniens eux-mêmes.

De nombreuses interventions politiques et médiatiques, depuis dimanche, soulignent le caractère paisible de la ville de Québec où l’improbable vient de se produire. Comme si cela relevait d’une fatalité qui nous dépasse. La tentation est grande de réduire cet acte de violence à un déséquilibre mental chez son auteur, sans approfondir le contexte qui le rend possible. La répétition ad nauseam des termes « terrorisme » et « radicalisme » n’aide pas non plus à saisir correctement la portée de ce que nous vivons. Nous ignorons ainsi d’autres éléments de compréhension qui permettraient aux décideurs politiques et à l’ensemble de notre société de mieux identifier certains enjeux sous-jacents à ce drame. Pourtant, seule une telle profondeur d’analyse nous rendra capable de réagir collectivement adéquatement.

Par exemple, qu’attend-on pour sévir contre les « radio-poubelles », particulièrement nombreuses dans la région de Québec, qui contribuent clairement à la construction de la haine de l’autre – qu’il s’agisse des immigrants ou des femmes? Leurs effets sur la désinformation ambiante et la détérioration du climat social sont dénoncés par des individus et des groupes, mais cela ne semble pas préoccuper suffisamment nos décideurs ni mobiliser l’opinion publique pour qu’on y mette un frein. Ce contexte vicié constitue pourtant un terreau fertile à l’organisation ou à la résurgence de tendances d’extrême droite que nous feignons d’ignorer. De même, l’acceptation de discours ayant pour finalité d’essentialiser les personnes dites musulmanes à partir de stéréotypes gommant la complexité des identités personnelles et collectives. Le refus de reconnaître en cela l’expression d’une islamophobie réelle, vécue au quotidien par certains de nos concitoyens et de nos concitoyennes, limite notre juste compréhension des mécanismes d’une exclusion sociale pourtant bien documentée par des méthodes d’enquête et de recherches scientifiques et rigoureuses.

Les angoisses persistantes d’une partie de la population, quant à la disparition d’une société qui aurait été, jadis, plus homogène, doivent aussi être entendues. Ce sentiment de perte d’héritage, d’effilochement des liens sociaux et de déclassement socio-économique pose un réel défi à nos démocraties depuis trop longtemps minées par le néolibéralisme.

L’avenir du Québec passera par notre capacité à reconstruire nos liens et notre histoire à partir d’un partage de la richesse, de la parole et du pouvoir qui inclura toutes les composantes de notre société – y compris ceux et celles qui choisissent le Québec dans un processus d’immigration. Cette tâche n’est pas simple, mais elle est possible si nous nous y engageons ardemment et si nous en faisons un véritable projet politique en y mettant les ressources nécessaires.

Nous devons prendre conscience de façon urgente que la peur et le sentiment d’impuissance ont des effets extrêmement délétères sur notre vie collective. C’est pourquoi il faut souligner le fait important que des milliers de Québécois et Québécoises aient exprimé leur refus de cette peur, de cette impuissance et de cette division programmée en participant aux vigiles ou gestes de solidarité proposés dans plusieurs endroits du Québec, et appuyés par de nombreuses personnes à travers le monde.

C’est aussi pourquoi nous devons demander aux décideurs politiques de cesser de remettre aux calendes grecques les actions décisives concernant les discours haineux, l’émergence de groupes d’extrême droite, l’islamophobie réelle, la création d’une commission sur le racisme systémique, la mise sur pied d’initiatives et d’espaces citoyens prenant à bras le corps les défis d’une société pluraliste. Autant de dossiers pour lesquels une action parlementaire et une allocation de ressources, au-delà des divisions partisanes, est urgente.

L’attentat de Québec servira-t-il d’électrochoc afin que soit menée une réflexion en profondeur sur les conditions d’une véritable sécurité pour toutes et tous, et que des actions conséquentes soient prises? Il faut à tout prix qu’il en soit ainsi.

Centre justice et foi, 25, rue Jarry Ouest, Montréal, Québec H2P 1S6

Contact : Christiane Le Guen, cleguen@cjf.qc.ca tél.: 514-387-2541, p. 234

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Centre justice et  foi (CJF)

Le Centre justice et  foi (CJF) est un centre d’analyse sociale, un lieu de recherche et de réflexion qui pose un regard critique sur les structures sociales, politiques, économiques, culturelles et religieuses. Ce regard est inspiré par l’Évangile et par la spiritualité ignatienne. Le CJF a pour objectif de participer à la construction d’un monde commun fondé sur la justice. Pour ce faire, il tente de discerner les grands enjeux qui traversent la société québécoise et le monde à la lumière de valeurs fondamentales, comme la justice sociale, l’égalité et la solidarité. Le CJF fonde son analyse sur un parti pris pour les exclus.

Le CJF est constitué d’une équipe engagée dans l’analyse de l’actualité en vue de promouvoir, par ses publications et ses différentes activités publiques, un débat critique sur les choix qui fondent une société juste et démocratique. Le CJF participe à divers réseaux de solidarité et maintient des liens avec des organismes de la base qui poursuivent des objectifs semblables. En raison de ses options qui l’unissent étroitement à celles de la Compagnie de Jésus, le CJF est une œuvre reconnue et financée par les Jésuites du Canada français.

Le CJF est attentif aux « signes des temps » et aux grands courants qui marquent notre société, en vue d’explorer certaines pistes d’avenir. En lien avec sa mission et ses options fondamentales, il privilégie quatre champs :

– Un projet de société
– La lutte contre le néolibéralisme
– Pour un christianisme critique
– Une analyse féministe

(Source : http://www.cjf.qc.ca/fr/page_texte.php?id=3&title=mission)

Quelques heures de ski à Lac-Beauport.

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Photos prises le 22 janvier 2o17 par Roger Martel.

Lac-Beauport

Lac-Beauport est une municipalité voisine de Québec. C’est le ski qui l’a fait connaître.

Source : http://www.toponymie.gouv.qc.ca/ct/ToposWeb/Fiche.aspx?no_seq=228390

La présence de montagnes, de boisés et de lacs, à quelques minutes seulement de la ville de Québec, au nord de Charlesbourg et au nord-est de Lac-Saint-Charles, a consacré la vocation de lieu de détente et de loisir de Lac-Beauport, grande banlieue résidentielle dotée de bons établissements hôteliers. Lac-Beauport fait partie, en outre, de la MRC de La Jacques-Cartier tout comme Fossambault-sur-le-Lac, Lac-Delage, Lac-Saint-Joseph, municipalités à vocation touristique également. Depuis 1930, le ski constitue le sport qui établit la renommée municipale. Vers 1820, une toute petite agglomération répondant au nom de Waterloo Settlement voyait le jour sur le site présent de la municipalité de Lac-Beauport. Cette appellation se voulait l’évocation de la victoire des armées anglaise et prussienne sur Napoléon Ier, en 1815, à Waterloo (Belgique). Comme on donnait le nom de settlers aux immigrants anglais qui s’établissaient sur des terres, leur territoire était tout naturellement identifié comme un settlement. Dans ce cas-ci, l’appellation était d’autant plus indiquée que plusieurs parties du territoire étaient concédées à des fantassins anglais démobilisés. En 1853, l’endroit sera canoniquement érigé en paroisse sous le nom de Saint-Dunstan-du-Lac-Beauport, identique à celui de la municipalité de paroisse créée officiellement deux ans plus tard. Cette dernière avait toutefois été précédée, en 1845, par la municipalité de St-Dunstan, Lac Beauport, abolie en 1847. Le choix de saint Dunstan comme patron tutélaire s’est imposé par le fait que des Anglais, des Irlandais et des Écossais ont défriché le territoire. Ce saint ermite vécut de 924 à 988 et apporta de nombreuses réformes à la vie monastique en Angleterre. Le bénédictin fut nommé évêque de Worcester en 957 et archevêque de Canterbury en 960. Le voisinage du lac Beauport et l’inclusion du territoire dans la seigneurie de Beauport, concédée à Robert Giffard en 1634, que l’on appelait d’ailleurs monsieur de Beauport, justifient la présence de ce constituant, que le plan d’eau a reçu à une époque ancienne. Couramment, la municipalité était exclusivement désignée sous le nom de Lac-Beauport, usage plus que centenaire qui a incité les autorités municipales à demander au gouvernement le changement de nom de la municipalité en Lac-Beauport. Cette décision s’est concrétisée officiellement en 1989. D’ailleurs, le bureau de poste local était identifié sous la forme anglaise de Lake Beauport à compter de 1859 et ce, jusqu’en 1914 alors qu’on la francisa en Lac-Beauport. Depuis quelques années, Lac-Beauport est jumelée avec les communes françaises de Grand-Bornand et Sevrier situées en Haute-Savoie. Voir : Beauport (ville).

Source : Noms et lieux du Québec, ouvrage de la Commission de toponymie paru en 1994 et 1996 sous la forme d’un dictionnaire illustré imprimé, et sous celle d’un cédérom réalisé par la société Micro-Intel, en 1997, à partir de ce dictionnaire.

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Centre Le Relais

Source : http://www.skirelais.com/montagne/historique/

L’histoire du Centre Le Relais est intimement liée au développement de la municipalité de Lac-Beauport. Parmi les premiers centres de ski de l’est du Canada, Le Relais a des souvenirs qui valent la peine d’être partagés.

LES ORIGINES

Saison de blancheur et de froidure, l’hiver a pour ainsi dire créé la municipalité de Lac-Beauport. Jusqu’à la fondation du Relais en 1936, personne n’avait osé proposer aux touristes de Montréal, de Toronto et des États-Unis de venir prendre l’air dans cette petite localité où lac et montagnes se marient. Le tourisme était une activité estivale concentrée sur les deux rives du fleuve Saint-Laurent, du Cap-Diamant jusqu’à Tadoussac, de Lévis jusqu’à Cacouna. Mais, au milieu des années trente, une carte postale allait proposer aux gens d’apprivoiser l’hiver et d’y pratiquer les sports appropriés. Sur une photographie, près d’un poste de contrôle, des skieurs font la queue pour s’emparer d’un câble qui les tirera vers le sommet de la montagne. Le Relais venait de naître, l’hiver était vaincu…

Attentat de Québec, 29 janvier 2017 – Vigile de solidarité avec les personnes musulmanes le 30 janvier 2017, à 18 h, à Québec.

Message de la Ligue des droits et libertés

VIGILE DE SOLIDARITÉ AVEC LES PERSONNES MUSULMANES LE LUNDI 30 JANVIER 2017, À 18 H, À QUÉBEC

Hier soir, une tuerie à la mosquée de Sainte-Foy à Québec a fait six morts et blessé 19 personnes. La Ligue des droits et libertés tient à exprimer ses sympathies et sa solidarité aux familles et aux proches des victimes, ainsi qu’à toutes les personnes de religion musulmane de Québec et d’ailleurs.

La LDL invite ses membres et la population à participer à une des vigiles de solidarité qui se tiendront ce soir 30 janvier:

Montréal: Au coin Jean-Talon et Parc, à 18h

https://www.facebook.com/events/226743947787244/

Québec: Au 820 rue du Chanoine-Martin, à 18h

https://www.facebook.com/events/354065521646758/

Trois-Rivières: devant les cubes de l’UQTR à 17h00

https://www.facebook.com/events/1851896851766275/

 

 

Lévis, 30 janvier 2017

Mot destiné à des amis musulmans

Cher A.,

Je tiens à vous dire, à toi et à ta compagne, que l’acte meurtrier dont ont été victimes hier les citoyennes et les citoyens du Québec, au premier chef les membres de la communauté musulmane de Québec, nous a choqués et peinés, N. et moi. Que cet acte ait été commis dans une ville comme Québec surprend énormément, mais l’intelligence n’ignore pas qu’il est possible que la barbarie atterre n’importe quel lieu habité du monde : des fanatiques, des cerveaux détraqués capables du pire, si rares soient-ils, peuvent se rencontrer n’importe où.

Je tiens surtout à vous dire, à toi, à ta compagne, à vos enfants, que le Québec désire et veut que ses habitants, nés sur son sol ou à l’étranger, soient traités également, qu’ils jouissent des mêmes droits et qu’ils reçoivent la même protection de l’État.

L’attentat du 29 janvier 2017 survivra dans la mémoire des citoyennes et des citoyens du Québec. Il renforcera leur conviction qu’au Québec il faut absolument que tous aient les mêmes chances d’atteindre au bonheur.

Vous pouvez continuer d’aimer le Québec.

Amicalement,

Roger


Le Salon de la forêt 2017 au Pavillon Alphonse-Desjardins de l’Université Laval les 21 et 22 janvier. Entrée et stationnement gratuits.

Le salon de la forêt 2017« La forêt, à la racine de nos inspirations » Le Salon de la forêt 2017 aura lieu cette année durant la fin de semaine des 21 et 22 janvier prochains sous le thème de « La forêt, à la racine de nos inspirations ». Il s’agit d’un thème qui fait une place identitaire à la forêt pour cette 38e édition du Salon. En effet, cette année, l’équipe de la Semaine des sciences forestières veut mettre la forêt à la source des nouvelles idées et aux solutions pour les défis que nous faisons face présentement, comme celui de la valorisation de la forêt par d’autres moyens que la matière ligneuse. C’est notre façon de souligner l’importance de la forêt, non seulement au niveau économique, mais aussi au niveau social en misant sur cette ressource pour la mettre au cœur d’un développement qui serait plus durable.Le Salon de la forêt est un événement familial qui a pour mission de vulgariser et d’informer le grand public de façon interactive, afin qu’il puisse découvrir toute la diversité du domaine de la foresterie en rencontrant et en discutant avec des professionnels, des chercheurs, des étudiants et même des artistes. L’événement est une porte ouverte sur l’univers souvent mal connu qu’est la gestion et l’utilisation de la forêt québécoise. Cette année on vous attend au Pavillon Alphonse-Desjardins de l’Université Laval toute la fin de semaine !

Source : Semaine des sciences forestières » Le salon de la forêt 2017

Michel Chartrand, « critique sans compromis des pouvoirs, au nom des exploités ».

Source : Le Devoir, http://www.ledevoir.com/politique/quebec/487465/lettre-a-michel-chartrand
LIBRE OPINION
Lettre à Michel Chartrand
Par Suzanne-G. Chartrand
Le Devoir, 20 décembre 2016
Mon cher Michel, en février 1971, de prison, tu m’écrivais une très belle lettre. Je te réponds aujourd’hui en guise de cadeau pour tes 100 ans.
Tout l’automne, j’ai passé mes journées avec toi, belle façon de vivre mon deuil, de laisser émerger la sérénité à travers la tristesse. Les Innus disent qu’un être ne meurt jamais, qu’il vit dans le coeur et la pensée des autres. Grâce à mon petit livre hommage (À bas les tueurs d’oiseaux ! Michel Chartrand — Témoignages et réflexions sur son parcours militant, Éditions Trois-Pistoles) fait avec la complicité de ton vieux pote Jean Gladu, alias Leonardo, des centaines de personnes ont vibré à tes pensées, au rappel de tes actions, à l’évocation de tes valeurs, à ton espoir. Bonheur, beauté, dignité, démocratie, solidarité, socialisme…
Depuis que tu as quitté cette terre, il y a six ans, il s’en est passé des choses. Mobilisation sans précédent de la population pour soutenir le mouvement des étudiants qui, à partir d’une revendication simple, a réussi à canaliser les énergies contre les politiques néolibérales, dites d’austérité. Mais, toi, tu aurais compris qu’il s’agissait de bien plus que des mesures d’austérité budgétaire : le projet de nos gouvernements est de détruire les acquis sociaux arrachés par les mouvements syndical et populaire, de liquider ce qu’il reste de l’État « providence ». Comme tu l’avais constaté en 1968, cette fois encore, les jeunes ont réussi à mobiliser les moins jeunes et les personnes âgées. Tous marchaient ensemble dans les rues. Le 22 avril 2012, nous étions 250 000 à célébrer nos luttes, nos espoirs et notre Terre, formant un gigantesque arbre dans le parc Jeanne-Mance, à Montréal.
Indignation
En 1995, tu te disais profondément honteux que toi et les Québécois blancs ayez mis autant de temps à prendre conscience que ta ville, Montréal, était en territoire mohawk, que nous étions encore ignorants et insensibles à ce que vivaient nos soeurs et nos frères des nations et communautés amérindiennes dont nous occupions les terres. Idle No More, Wapikoni mobile, Présence autochtone et mille et une actions témoignent aujourd’hui de la détermination des Premiers Peuples d’être enfin respectés et de faire reconnaître leurs droits. On apprend enfin à les connaître et on commence à les respecter.
Toi qui as toujours vilipendé les guerres impérialistes et les coups d’État qui établissent des dictatures politiques (ou économiques) ; là où les peuples menacent le système d’exploitation et d’oppression, tu serais profondément meurtri par le carnage au Moyen-Orient organisé et entretenu par les grandes puissances qui alimentent les mouvements islamistes et xénophobes tous azimuts.
Mais tu aurais été heureux d’apprendre qu’une large coalition d’une gauche démocratique qui veut prendre les choses en main et convertir l’indignation en changement politique, Podemos, participe à la direction de plusieurs grandes villes espagnoles ; ce n’est qu’une partie du pouvoir, certes, mais cela permet d’améliorer sérieusement la vie des gens au quotidien, de faire de l’éducation politique et que tous, ensemble, grugent le pouvoir et expérimentent de nouvelles formes de démocratie.
Même le peuple chilien, dont tu as tant admiré l’imagination et le courage, se lève et des dizaines de milliers de jeunes ont déferlé comme les vagues du Pacifique à Santiago. Tu avais bien raison, vieux sage, il faut garder confiance dans la jeunesse et dans sa capacité de révolte.
Terre-Mère
Plus encore qu’hier, il nous faut prendre conscience qu’on ne peut plus vivre sans penser aux conséquences de nos actes, qu’on doit se mobiliser et convaincre que seules les luttes pourront limiter la barbarie : destruction de l’écosystème, des villes et villages, pillage légal et illégal des ressources, assassinats, génocides…
La Terre-Mère est à un point de non-retour. On l’a détruite et on continue, entre autres par l’exploitation minière et des énergies fossiles. Air, sol, eau, tout est en danger. Seules des mobilisations massives, et à l’échelle de la planète, pourront stopper l’inévitable, car le futur est maintenant.
Tu as fait ce que tu devais faire ; ta fille Hélène ajouterait que tu n’as fait que ton devoir. À nous de poursuivre. Nous, que tu surnommais souvent les « glorified slaves » mus par le désir de consommer davantage, de faire carrière, de se replier sur soi…
Tu disais qu’il y avait des coups de pied au cul qui se perdaient, nous en aurions bien besoin pour nous secouer un peu plus. Non seulement il faut faire plus, mais aussi autrement. Dans des médias alternatifs et dans Le Devoir, des voix se lèvent, argumentent et disent qu’il faut reconstruire le système de l’éducation, que c’est par l’instruction que les jeunes se socialiseront et découvriront la solidarité ; qu’il n’y a pas de santé publique sans prendre en considération les facteurs sociaux qui affectent la santé ; que 15 $ l’heure est une question de dignité ; qu’on ne construira jamais un pays sans les peuples et nations autochtones. Tu vois, on continue et tu nous inspires encore.
Tu as toujours prétendu que tu n’avais pas de leçons à nous donner, mais il demeure que plus on te connaît, plus ton exemple nous aide à avancer vers plus d’humanité et de démocratie.
Je te salue, vieux frère et mon cher petit papa.
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Michel Chartrand en quelques mots
Source : http://bilan.usherbrooke.ca/bilan/pages/evenements/23921.html
[13 avril 2010]
Michel Chartrand, une des figures de proue du syndicalisme québécois au cours de la deuxième moitié du XXe siècle, s’éteint à Montréal à l’âge de 93 ans. De nombreux témoins de cette époque profitent de l’occasion pour rendre hommage au dévouement indéfectible de cet homme public coloré et charismatique pour la cause des travailleurs.
Né en 1916, Michel Chartrand livre ses premières luttes syndicales au sein de la Confédération des travailleurs catholiques du Canada (CTCC), qui devient la Confédération des syndicats nationaux (CSN) en 1960. Sa fougue et son franc-parler sont particulièrement en évidence lors des grands conflits qui marquent cette période, notamment ceux d’Asbestos (1949) et de Murdochville (1957). Chartrand est également actif sur le plan politique, s’impliquant au sein de différentes formations de gauche qui tentent de se faire une place dans le débat public au cours des années 1950 et 1960. Une des périodes les plus mouvementées de sa carrière est son passage à la présidence du Conseil central de la CSN, entre 1968 et 1978. Le discours radical et le style enflammé de Michel Chartrand le propulsent à l’avant-scène de la vie publique québécoise et en font une véritable incarnation du syndicalisme de combat. Son discours et son style ne font pas l’unanimité, mais ils contribuent à le faire connaître sur toutes les tribunes, comme en octobre 1970 alors qu’il est incarcéré pendant quatre mois. Une des grandes causes de sa vie est la lutte pour les droits des accidentés du travail. Il participe à cet égard à la création de la Fondation pour l’aide aux travailleuses et travailleurs accidentés (FATA) en 1983. Ardent socialiste, activiste inépuisable, Chartrand a parcouru le Québec en long et en large et prononcé des milliers de discours devant des auditoires variés, défendant avec verve les causes qui lui tiennent à coeur. À 81 ans, il fait même face au premier ministre Lucien Bouchard dans Jonquière lors des élections générales provinciales du 30 novembre 1998. Sa vie, ainsi que celle de son épouse, l’auteure Simonne Monet-Chartrand, est immortalisée par un documentaire et une série télévisée réalisés par leur fils, Alain Chartrand.
En référence: La Presse, 14 avril 2010, p. A14-A16; Le Devoir, 14 avril 2010, p. A1 et al; Le Soleil, 14 avril 2010, p. 10 et al. http://www.radio-canada.ca/nouvelles/National/2010/04/13/001-chartrand.shtml http://archives.radio-canada.ca/societe/syndicalisme/dossiers/3765/
source : revue Relations, numéro 742, août 2019, http://www.cjf.qc.ca/fr/relations/article.php?ida=1295
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Michel Chartrand : prophète de notre temps
Par André Jacob
(L’auteur est coordonnateur de l’Observatoire international sur le racisme et les discriminations, un volet de la Chaire de recherche en immigration, ethnicité et citoyenneté de l’UQAM)
Il s’est révélé un critique sans compromis des pouvoirs, au nom des exploités. Ses paroles ont été des leviers pour lancer des notes d’espoir pour l’avenir.
Tout a déjà été dit, ou presque, au sujet de Michel Chartrand, mais un qualificatif ressort : il a été un prophète, au sens biblique du terme. En effet, il mérite ce titre en raison de son engagement sans relâche dans le syndicalisme de combat et les luttes sociales, dont la promotion des droits des locataires et des accidentés du travail. À cet égard, il a créé, dans les années 1980, la Fondation pour l’aide aux travailleurs et travailleuses accidentés (FATA). Ardent promoteur du coopératisme, il a aussi présidé la Caisse populaire de la Confédération des syndicats nationaux (CSN), sans oublier son engagement indéfectible au plan de la solidarité internationale (Centre international de solidarité ouvrière, Québec-Chili, Québec-Palestine, etc.).
Michel Chartrand s’est distingué comme un infatigable militant politique. « Tout est politique », répétait-il. Nationaliste souverainiste et socialiste, il a d’abord affronté le régime de Maurice Duplessis, dans les années 1950, et tenu tête au gouvernement de Pierre Elliott Trudeau, dans les années 1970-1980. Révolutionnaire souvent cloué au pilori par les différents tenants du pouvoir, il n’hésita jamais à démasquer les pharisiens et vendeurs du temple de l’économie, les banquiers et les spéculateurs financiers, et à dénoncer la vilenie de leurs promesses de paradis dorés. Pour lui, « créer la richesse » ne signifiait pas favoriser l’accumulation égoïste de grandes fortunes supposées générer des retombées bénéfiques pour l’ensemble de la population; au contraire, cela réclamait des politiques sociales équitables, un revenu minimum garanti et plus de droits sociaux pour les plus démunis.
Tout comme Martin Luther King et Nelson Mandela, Michel Chartrand n’a jamais hésité à mettre sa faconde au service de la recherche de la justice avec l’énergie vigoureuse d’un porte-étendard passionné par l’espoir d’un monde meilleur. Inspiré par les paroles évangéliques « aimez-vous les uns les autres », il les traduisait par un mot d’ordre politique : tous les êtres humains naissent libres et égaux en dignité et en droits. Son agir se fondait sur un jugement moral élevé et un niveau aigu de conscience critique au sens où Paulo Freire l’entendait, à savoir une solide capacité d’analyse et de lutte afin de changer les mentalités et les structures sociales opprimantes. En ce sens, sa parole et ses actions n’ont jamais trahi ses principes.
Sa principale force – son verbe – correspond à ce qu’on comprend d’un prophète. Ésaïe, prophète biblique, illustre bien la force de la parole publique : « Malheur! Nation pécheresse, peuple chargé de crimes, race de malfaisants, fils corrompus, […] apprenez à faire le bien, recherchez la justice, secourez l’opprimé, rendez justice à l’orphelin, défendez la veuve! » (1, 4.17). De la même manière, Michel Chartrand n’a jamais hésité à utiliser des mots percutants pour dénoncer la corruption et les collusions entre les différents niveaux de pouvoir, tout comme il ne s’est jamais privé de bousculer les vendeurs d’illusions comme les « lucides » du néolibéralisme économique. Ses réactions épidermiques et son indignation face aux injustices le portaient à clamer la vérité en des termes simples, directs, clairs et compréhensibles. Il questionnait et choquait mais toujours pour mieux ébranler les certitudes des pouvoirs en place, entrebâiller des portes sur des perspectives d’avenir et briser le conformisme idéologique, social et politique trop souvent porteur d’individualisme, de cynisme, d’aveuglement et de passivité.
Enfin, faut-il le souligner, malgré ses nombreux engagements publics, cet homme de parole se ressourçait par la lecture, la réflexion ainsi que dans la profondeur et la force du silence. N’est-ce pas, encore là, la caractéristique d’un véritable prophète?
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Michel Chartrand dans Internet :
http://classiques.uqac.ca/contemporains/foisy_fernand/michel_chartrand_dires/michel_chartrand_dires.pdf
MICHEL CHARTRAND. Les dires d’un homme de parole. Édition préparée et présentée par Fernand Foisy. Préface de Pierre Vadeboncoeur. Montréal : Lanctôt Éditeur et Fernand Foisy, 1997, 350 pp.
https://www.ababord.org/La-pensee-politique-de-Michel
La pensée politique de Michel Chartrand
À Bâbord! No 39 – avril / mai 2011
http://lautjournal.info/20131010/figures-marquantes-du-syndicalisme-québécois%C2%A0-michel-chartrand
Figures marquantes du syndicalisme québécois : Michel Chartrand, Par Fernand Foisy, L’Aut’ Journal, 2013/10/10
http://www.uquebec.ca/mag/mag2004_04/cult2004_04.pdf
Culture et société, Michel Chartrand Une magnifique tête dure, par Denise Proulx
http://www.lactualite.com/sante-et-science/le-robot-de-michel-chartrand/
Alain Vadeboncoeur, Le robot de Michel Chartrand, L’Actualité, 20 mai 2013
http://www.encyclopediecanadienne.ca/fr/article/michel-chartrand/
Michel Chartrand, par Michel Rioux.

 

https://jeanneemard.wordpress.com/2013/07/29/le-revenu-de-base-4-le-revenu-de-citoyennete-de-michel-chartrand/
Le revenu de base (4) – le revenu de citoyenneté de Michel Chartrand. Par Jeanne Émard, 29 juillet 2013.

 

http://classiques.uqac.ca/contemporains/foisy_fernand/michel_chartrand_colere/michel_chartrand_colere.html
Michel Chartrand, La colère du juste (2003). Une édition électronique réalisée à partir du livre de Fernand Foisy, MICHEL CHARTRAND LA COLÈRE DU JUSTE. Montréal: Lanctot Éditeur et Fernand Foisy, 2003, 319 pp. [Deuxième volet de la biographie de Michel Chartrand (initiée avec Les voies d’un homme de parole), La colère du juste retrace les événements marquants de la vie du célèbre syndicaliste de 1968 à nos jours.]

 

https://fr.wikipedia.org/wiki/Michel_Chartrand
Michel Chartrand, Wikipédia.

 

http://www.thecanadianencyclopedia.com/fr/article/michel-chartrand/
Michel Chartrand, Par Michel Rioux

 

http://www.lemalcommode.com
Michel Chartrand le malcommode, un film de Manuel Foglia

 

http://www.onf.ca/film/homme_de_parole/
Un homme de parole, documentaire réalisé par Alain Chartrand, 1991

Mon fils a eu un problème à l’école…


Bonté :
Disposition de quelqu’un à être bienveillant, compatissant, charitable : Un regard plein de bonté.

(Larousse, http://www.larousse.fr/dictionnaires/francais/bonté/10181

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Source : http://www.lapresse.ca/le-soleil/opinions/points-de-vue/201612/19/01-5052897-mon-fils-a-eu-un-probleme-a-lecole.php

Le Soleil, Publié le 19 décembre 2016 à 19h20 | Mis à jour le 19 décembre 2016 à 19h20

Mon fils a eu un problème à l’école…
Par Josée Trudel, Québec, lectrice du journal Le Soleil

 

Vendredi dernier, mon fils de 13 ans a eu un problème à l’école secondaire… Quand il m’a raconté son histoire, les larmes me sont montées aux yeux…
Ce midi-là, il est entré à la cafétéria avec sa boîte à lunch et s’est rendu compte que son jus avait coulé à l’intérieur. Il a vidé le liquide dans une poubelle, sauf que le jus a atterri sur le coin d’un contenant et a éclaboussé à l’extérieur. Il y avait du jus partout, par terre, autour de la poubelle. À ce moment, plusieurs jeunes se sont retournés vers lui et ce qui devait arriver arriva. Un grand s’est levé, pas mal plus vieux que lui, probablement en troisième ou quatrième secondaire, et s’est dirigé vers mon fils. À partir de là, c’est allé très vite…
L’autre jeune a ramassé des serviettes en papier et est venu aider mon fils à ramasser son dégât, en deux temps, trois mouvements. Il lui a dit que pareille situation lui était déjà arrivée, quand il était plus jeune, et que quelqu’un était aussi venu l’aider, alors il était content de lui donner ce coup de main.
Je parie que la plupart d’entre vous ont pensé, en lisant les premières lignes, que mon fils s’était fait écoeurer, niaiser, bousculer même. C’est normal, parce que les médias nous conditionnent depuis des années à penser que la violence en milieu scolaire est partout, tout le temps. On nous entre dans la tête qu’à part le nôtre, évidemment, tous les jeunes sont des intimidateurs en puissance, prêts à attaquer à la moindre faiblesse. Mais non; la norme, c’est encore l’altruisme, et l’exception, c’est l’intimidation.
Comprenons-nous bien : je ne cherche pas à minimiser l’intimidation ou la violence à l’école. Je sais, de par ma formation universitaire, que c’est un phénomène bien réel, grave, qui brise des vies. Mais c’est aussi un phénomène qui ne résume pas tout le vécu scolaire. La lunette grossissante à travers laquelle on nous informe des pires atrocités est une représentation d’une partie de la réalité, pas de tout le tableau. Demandez à n’importe quel enseignant ou enseignante : pour un jeune qui agresse, il y en a 100 qui donnent, appuient, soutiennent, contribuent, partagent, offrent et aiment.
Aujourd’hui, je veux rendre hommage à cette superbe jeunesse, bien souvent malmenée dans les bulletins de nouvelles ou les séries télévisées, décrite comme paresseuse, arrogante, revancharde, impolie et individualiste. Je souhaite éclairer l’autre côté de la médaille, celui qui est peu exposé dans la lumière des caméras et sur le papier journal. Je remercie ce jeune homme qui a donné au suivant, qui a contribué à inculquer à mon grand que le partage, l’altruisme, la compassion et le plaisir d’aider son prochain sont nettement plus productifs et satisfaisants que les ricanements et l’humiliation. Merci de lui avoir montré que son école secondaire peut, d’abord et avant tout, être un milieu où il fait bon vivre.