Dans les écoles du Québec, des toilettes attrayantes pour augmenter la rétention des élèves.

« Le lab-école: un mépris de la profession d’enseignant. » – Éclairons vite le ministre de l’éducation.

Source : Le Devoir, http://www.ledevoir.com/societe/education/495621/le-lab-ecole-un-mepris-de-la-profession-d-enseignant

LETTRE

Le lab-école: un mépris de la profession d’enseignant

Le Devoir, 5 avril 2017 | Gérard Lévesque

Notre sympathique ministre de l’Éducation, Sébastien Proulx, a décidé d’investir dans les travaux de trois vedettes, elles aussi fort bien intentionnées, qui offrent leurs services pour repenser nos écoles et en faire des milieux modernes et stimulants de réussite scolaire. Ces vedettes du monde culinaire, sportif et architectural ont présenté leur participation particulière à ce projet à l’émission 24/60 du lundi 3 avril. Pierre Thibault, architecte, se chargera de l’environnement physique de l’école moderne et des meilleures stratégies pour construire des écoles. Pierre Lavoie, de l’éducation physique des élèves, et Ricardo Larrivée, de leur alimentation à la cafétéria des écoles. Toutes ces intentions, certes louables, sont néanmoins étrangères aux conditions favorables au développement du désir de connaître, au fondement de l’apprentissage et de la réussite scolaire. C’est comme si on croyait que la réussite de la relation amoureuse d’un couple dépend de la beauté de leur appartement, de l’apparence physique des partenaires et de la qualité de leur alimentation. Cette façon de procéder s’inscrit dans le paradigme habituel et suranné du ministère de l’Éducation, qui croit que, pour parler sainement de l’éducation des élèves, il vaut mieux s’en remettre à ceux qui y sont étrangers. Le ministre de l’Éducation serait beaucoup mieux avisé de confier la réflexion aux praticiens qui s’acharnent sur le terrain avec l’insuffisance des moyens que son gouvernement leur alloue.

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Source : http://www.ledevoir.com/societe/actualites-en-societe/495584/quebec-inc-la-plaie

Québec inc., la plaie

Le Devoir, Francine Pelletier, 5 avril 2017

S’il y a une vache sacrée au Québec, elle se promène en veston cravate et s’appelle Québec inc. Depuis 50 ans que nous sommes maîtres chez nous, nous avons toujours salué bien bas les entrepreneurs qui ont contribué à rapatrier notre économie et à rehausser notre estime de soi. Jusqu’à dimanche dernier, du moins, alors que 200 manifestants ont craché sur le fleuron de la Couronne, l’intouchable Bombardier. À la suite des augmentations obscènes chez ses dirigeants, la mèche est désormais plus courte face aux bonzes qui se croient tout permis.

[…]

Bien sûr, il n’y a pas que Bombardier dans cette galère. Je pense ici à Pierre Lavoie, Ricardo Larrivée et l’architecte Pierre Thibault, qui ont récemment été adoubés par le ministre de l’Éducation pour « repenser » l’école. Grande et noble mission pour « trois vedettes » qui n’ont rien à voir avec l’école proprement dite, outre des prestations hypermédiatisées à l’occasion, qui ne savent pas ce qui s’y fait (vraiment), mais qui arrivent auréolés par l’entrepreneuriat avec un grand E, le marketing à gogo, le branding tous azimuts et la page Facebook qui explose. Les attributs du Québec inc., en veux-tu, en v’là !

« Ils vont venir nous dire que ça prend des écoles mieux aménagées, ouvertes sur la nature, où on crée des espaces de collaboration. On le sait, tout ça », disait cette semaine le président de la Fédération autonome des enseignants, Sylvain Mallette, en soulignant l’insulte faite ici à tous les professionnels de l’éducation qui ont beaucoup plus d’idées sur la question, qui ont longuement réfléchi sur ce que devait être la mission de l’école, mais qui n’ont aucunement été conviés par le ministre.

On boude les véritables artisans, les vrais producteurs de contenu, au profit du béton, des infrastructures et de la poudre aux yeux.

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CONTRIBUTION DU PASSEUR DE LA CÔTE

Au lieu de gaspiller de l’agent pour orner le pont Laporte d’ampoules, de lampions, de je ne sais quoi,

qu’on cherche donc des idées pour illuminer (éclairer, si vous préférez) le ministre de l’Éducation du Québec.

Que les vedettes choisies par le ministre Sébastien Proulx n’oublient pas les toilettes!

Ça ne prend pas grand-chose pour rendre des toilettes attrayantes; le besoin d’uriner, par exemple. Mais les vedettes du ministre Proulx devraient quand même plancher fort sur la façon de faire des toilettes scolaires l’un des principaux facteurs de rétention des élèves.

Une belle porte peut faire aimer l’école.

 

Un message drôle au-dessus d’un urinoir peut tout changer. L’humour fait aimer l’école.

 

Roger Martel