Le journaliste François Bourque provoque un séisme et un tsunami au journal Le Soleil, à Québec? Vrai ou faux?

( M. Bourque comprendra que c’est avec une certaine légèreté que j’aborde ici un sujet grave. )

Le journaliste François Bourque sera-t-il grondé par ses patrons? Le 24 avril 2017, il a osé parler du livre Acceptabilité sociale : sans oui, c’est non, écrit par Pierre Batellier et Marie-Ève Maillé, et que les Éditions Écosociété de Montréal ont publié cette année. Écosociété est une maison qui cherche à éclairer les hommes et les femmes et à les intéresser à la marche du monde. Serait-ce la première fois que Le Soleil, quotidien de la capitale « nationale », logé à une seconde de vol l’Assemblée nationale, mentionne l’existence d’un livre de la dangereuse (?) Écosociété?

Nous sommes le 30 avril 2017. Une édition du Soleil circule dans les rues. Comme c’est dimanche, jour de repos, le journal distrait ses lecteurs avec des articles sur des livres. Le premier article porte sur Les Indésirables, de Madame Diane Ducret; ce livre est un roman. Le deuxième article est consacré au Garçon, que signe Monsieur Marcus Malte; c’est un roman. Le troisième article fera découvrir à des lecteurs des livres qui « font vibrer les coeurs »; ces livres sont des romans.

Hier, 29 avril 2017, Le Soleil, parce que c’est samedi, jour de week-end, distrait ses lecteurs avec une page baptisée « Club de lecture ». Le « livre de la semaine », la seule publication dont il sera question dans la page, est Le Poids de la lumière; c’est un recueil de nouvelles. Le Soleil apprend à ses lecteurs que la page du 6 mai portera sur Pivot; celle du 13 mai sur Sélection officielle, celle du 20 mai sur Je ne suis pas de ceux qui ont un grand génie. Deux de ces livres sont des romans, l’autre est le « journal de bord » du délégué général du Festival de Cannes.

À la page 39 de son édition 30 avril 2017, Le Soleil apprend à ses lecteurs que « le cycle de la Lune en Cancer vit quelques travers, l’illogisme et le manque de planification de certaines personnes risquent de vous importuner. Vous épargnerez des ennuis et des pertes de temps à tout le monde si vous prenez une situation en charge avant que les autres ne puissent commettre d’erreurs. Après tout, le Soleil éclaire actuellement votre Signe! » Puisse Le Soleil mieux éclairer ses lectrices et ses lecteurs! Pourquoi n’utiliserait-il pas les pages qu’il réserve chaque semaine aux horoscopes pour offrir des comptes rendus d’essais? Il ferait le bien à peu de frais.

Roger Martel (lecteur de très nombreux de romans)

Quelques publications d’Écosociété (source : http://ecosociete.org/livres)

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Le piège Énergie Est

L’impasse des sables bitumineux

L’oléoduc Énergie Est n’est pas qu’un simple tuyau où couleraient 2 000 litres de pétrole à la seconde. Donner le feu vert au projet de TransCanada, c’est s’exposer à […]

ÉRIC PINEAULT| COLLECTION POLÉMOS |240 PAGES

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Une escroquerie légalisée

Précis sur les «paradis fiscaux»

Lorsque les écoles se détériorent, qu’une clinique ferme, qu’un viaduc s’effondre, qu’un festival perd une subvention, c’est à cause des paradis fiscaux. Source […]

ALAIN DENEAULT| COLLECTION POLÉMOS |128 PAGES

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L’Occident terroriste

D’Hiroshima à la guerre des drones

« Il y a assurément deux façons d[e] parler [du terrorisme], car le terrorisme n’est pas considéré comme tel lorsqu’il est pratiqué (et sous une forme nettement plus […]

NOAM CHOMSKY, ANDRÉ VLTCHEK| COLLECTION RÉGULIÈRE |176 PAGES

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La tyrannie de la valeur

Débats pour le renouvellement de la théorie critique

La crise économique de 2008 a suscité un « renouveau » du discours critique sur le capitalisme. Mais pour les auteur-e-s de La tyrannie de la valeur, cela n’a pas pour autant […]

ERIC MARTIN, MAXIME OUELLET| COLLECTION THÉORIE |280 PAGES

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On a raison de se révolter

Chronique des années 70

Dans le Québec des années 1970, comme partout ailleurs dans le monde, toute une génération se lance « à l’assaut du ciel ». Pressée par l’urgence de la révolte, il lui faut […]

PIERRE BEAUDET| COLLECTION RÉGULIÈRE |248 PAGES

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Paradis fiscaux: la filière canadienne

Barbade, Caïmans, Bahamas, Nouvelle-Écosse, Ontario…

** Prix Pierre-Vadeboncœur 2014 **Le Canada est un acteur central dans le processus d’offshorisation du monde. Dans cet essai choc, Alain Deneault démontre avec brio comment […]

ALAIN DENEAULT| COLLECTION RÉGULIÈRE |392 PAGES

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Une société à refaire

Vers une écologie de la liberté

Refaire la société dans une perspective écologique. Voilà bien l’urgence. Mais de quelle perspective parlons-nous ? Que l’on prône un contrôle impitoyable sur la nature – la […]

MURRAY BOOKCHIN| COLLECTION RETROUVAILLES |304 PAGES

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Planète jetable

Produire, consommer, jeter, détruire

Prendre-fabriquer-jeter, voilà résumé notre modèle économique tout entier. Nous prenons sans compter et dévalisons la planète ; nous produisons toujours plus, nous inventant […]

ANNIE LEONARD| COLLECTION RÉGULIÈRE |400 PAGES

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Les sables bitumineux: la honte du Canada

Comment le pétrole sale détruit la planète

En entrant dans l’ère du bitume dans les années 1990, le Canada a pris un virage pétrolier d’une capacité de destruction sans précédent. Les sables bitumineux de l’Alberta […]

ANDREW NIKIFORUK| COLLECTION RÉGULIÈRE |320 PAGES

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Luttes, oppressions et rapports sociaux de sexe

Nouveaux cahiers du socialisme n°4

Bien que l’oppression des femmes soit antérieure au capitalisme, il n’en reste pas moins que ce mode de production lui a imprimé des spécificités. En outre, les femmes sont […]

COLLECTIF D’ANALYSE POLITIQUE| |300 PAGES

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Désobéir et Grandir

Vers une société de décroissance

Quand 20% des humains s’approprient 86% des ressources disponibles sur Terre, parler de décroissance devient une nécessité. En effet, si les six milliards d’être humains […]

PAUL ARIÈS| COLLECTION ACTUELS |216 PAGES

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Quel commerce équitable pour demain?

Pour une nouvelle gouvernance des échanges

« Trade not aid » scandaient les pays du Tiers Monde dans les années 1960, pour réclamer une meilleure place dans le commerce international et non une aide paternaliste […]

VÉRONIQUE BISAILLON, CORINNE GENDRON, ARTURO PALMA TORRES| COLLECTION RÉGULIÈRE |232 PAGES

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Les dérives de l’industrie de la santé

Petit abécédaire

En écrivant L’envers de la pilule, J.-Claude St-Onge a ouvert une véritable boîte de Pandore. Tant de choses ne tournent pas rond dans notre système de santé, l’industrie […]

J.-CLAUDE ST-ONGE| COLLECTION RÉGULIÈRE |240 PAGES

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Non, je n’accepte pas

Autobiographie, tome I (1937-1979)

Depuis la publication de son livre La simplicité volontaire, plus que jamais… et le succès remporté (près de 30 000 exemplaires vendus), on associe Serge Mongeau à ce qui a […]

SERGE MONGEAU| COLLECTION RÉGULIÈRE |296 PAGES

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télé cannibale (La)

La télévision est sur la sellette depuis qu’elle existe. Tantôt décriée, tantôt louangée, elle a été l’objet d’innombrables études et d’incessants débats. Peu d’auteurs […]

MICHEL LEMIEUX| COLLECTION RÉGULIÈRE |146 PAGES

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Mondialisation de la pauvreté et nouvel ordre mondial

La première édition de La mondialisation de la pauvreté, de Michel Chossudovsky, publiée en 1998 et traduite en 11 langues, a eu un succès retentissant à travers le monde, […]

MICHEL CHOSSUDOVSKY| COLLECTION RÉGULIÈRE |384 PAGES

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Le commerce de la faim

La sécurité alimentaire sacrifiée sur l’autel du libre-échange

La nourriture n’est pas une marchandise comme les autres. Il en va de la sécurité alimentaire de milliards d’êtres humains, que les tractations libre-échangistes […]

JOHN MADELEY| COLLECTION ENJEUX PLANÈTE |260 PAGES

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Les vrais maîtres de la forêt québécoise

La forêt québécoise est immense, son rôle écologique primordial et l’activité économique qui en découle vitale pour une grande partie de la population. Mais comment se […]

PIERRE DUBOIS| COLLECTION RÉGULIÈRE |204 PAGES

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Le pouvoir mis à nu

Les États-Unis seraient engagés dans un processus historique visant l’émergence, à l’échelle mondiale, d’« une société tolérante, dans laquelle dirigeants et […]

NOAM CHOMSKY| COLLECTION RÉGULIÈRE |400 PAGES

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Les aliments trafiqués

Les dessous de la biotechnologie

Mues par la logique implacable du progrès, une poignée de multinationales sont en train de démanteler un système agricole séculaire pour assouvir leur soif de contrôle et de […]

BREWSTER KNEEN| COLLECTION RÉGULIÈRE |252 PAGES

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Le Soleil, Publié le 24 avril 2017 à 22h46 | Mis à jour le 25 avril 2017 à 06h55

«Acceptabilité sociale: sans oui, c’est non»

Avec le recul, on peut penser que la grande faiblesse du plan de mobilité durable dont est issu le SRB aura été de faire rapidement consensus.

FRANÇOIS BOURQUE, Le Soleil

(Québec) CHRONIQUE / Je rentre de quelques jours au fleuve à Notre-Dame-du-Portage, loin des bruits de la ville, de la politique et du SRB.

Par les fenêtres de l’auberge, je me suis nourri du paysage de la grève rocailleuse battue par l’eau glaciale, de l’horizon embrumé sur les montagnes de Charlevoix et du ciel maussade d’où filtrait une lumière chancelante.

Il y a avait dans ce tableau mouvant toutes les nuances de gris.

J’avais apporté un essai qui vient de paraître aux Éditions Écosociété : Acceptabilité sociale : sans oui, c’est non. (1)

Vous y reconnaissez peut-être les mots des campagnes contre les violences à caractère sexuel. Ce n’est pas un hasard.

Les auteurs Pierre Batellier et Marie-Ève Maillé ont cette «idée audacieuse» que «la notion de consentement devrait s’appliquer également au territoire».

«Si on veut développer le territoire, on doit appliquer le principe archisimple du consentement : sans oui, c’est non».

Leur thèse est née dans le contexte des débats sur l’exploitation et le transport des ressources naturelles (pétrole, gaz de schiste, éoliennes, etc.).

Je pense qu’elle permet aussi d’éclairer les débats sur l’aménagement et le développement urbain, dont celui du Service rapide par bus (SRB) que j’ai eu en tête tout au long de ma lecture.

Promoteurs et opposants ont d’ailleurs tous évoqué l’importance de l’acceptabilité sociale (ou de son absence) dans ce projet.

Ce fut le principal argument du maire de Lévis pour se retirer du SRB. Le maire de Québec l’avait aussi utilisé l’an dernier.

Qu’est-ce donc que l’acceptabilité sociale et comment la mesurer? L’essai y répond avec minutie et un brin de provocation.

Il aide à comprendre comment le projet de SRB, qui a déjà eu près de 75 % d’appuis lors de sondages, a fini par perdre (une partie) de ces appuis.

On pourrait reprocher à ses promoteurs d’avoir laissé le champ libre aux opposants ou d’avoir manqué de courage devant l’adversité, surtout à Lévis.

Mais la réalité est que les appuis étaient fragiles. Si on espère une meilleure acceptabilité sociale pour un projet de transport en commun, il faut comprendre pourquoi.

Il faut notamment se méfier de la majorité silencieuse qu’on croit souvent acquise, croient les auteurs de l’essai. Silence ne veut pas dire adhésion. Les citoyens peuvent avoir mille raisons de ne pas s’exprimer (ignorance, timidité, manque d’expertise, etc.).

Les promoteurs de grands projets (pas tous heureusement) tendent à en minimiser les impacts et coûts publics et à en gonfler les bénéfices (emplois, retombées, etc.).

Seuls les «chialeux professionnels» monteront aux barricades, ce qui fera conclure (à tort) à une «acceptabilité sociale» par la «majorité silencieuse».

Avec le recul, on peut penser que la grande faiblesse du plan de mobilité durable dont est issu le SRB aura été de faire rapidement consensus. Je fus de ceux qui s’en étaient réjouis à l’époque.

On a ainsi fait l’économie d’un débat entre tenants de la mobilité durable (densification, transport en commun, etc.) et tenants de l’automobile, des autoroutes et d’une occupation «lousse» du territoire.

Ce conflit vient de nous rattraper, plus émotif que s’il avait été pris en compte au départ et désormais plombé par le scénario d’un troisième lien.

Cette fois, il n’y a plus d’économie possible. Il faudra faire le débat.

Le maire Labeaume invite à une large consultation sur le transport en commun. C’est une bonne idée. Bien meilleure que celle de soumettre le SRB à un référendum, ce qui aurait tué toute recherche de solutions nouvelles et acceptables au plus grand nombre.

Si on suit la logique de l’Acceptabilité sociale, il faudrait avoir l’audace d’y associer des opposants au SRB et partisans du troisième lien.

On s’assurerait ainsi d’une vraie confrontation de faits et d’idées et non d’un consensus entre convaincus. Le résultat a des chances d’être plus solide.

«Le consensus doit découler du conflit et non le précéder», plaident les auteurs de l’essai.

L’unanimité est sans doute impossible à atteindre, conviennent-ils, mais ça ne doit pas empêcher de la viser quand même.

L’acceptabilité sociale la plus large viendra de notre capacité à bien saisir toutes les nuances de gris sur la mer et dans le ciel agités de l’opinion publique.

  1. Pierre Batellier et Marie-Ève Maillé. Acceptabilité sociale : sans oui c’est non, Éditions Écosociété, 2017, 301 pages.