L’islamisme radical et nos pudeurs de gazelle.

Christian Rioux, Nos «pudeurs de gazelles», Le Devoir, 26 mai 2017, p. 3, http://www.ledevoir.com/international/actualites-internationales/499657/nos-pudeurs-de-gazelles

[Après l’attentat de Manchester commis le 22 mai 2017]

EXTRAITS

Vingt-quatre heures avant le drame, Donald Trump prononçait un discours sur l’islam devant les représentants d’une cinquantaine de pays musulmans. À Riyad, ce président capable de toutes les excentricités et de toutes les vulgarités n’a pas eu deux mots pour mettre l’Arabie saoudite devant ses responsabilités. Elle qui propage à coups de milliards un islam barbare et rétrograde qui sert de terreau au terrorisme. L’angélisme d’Obama céderait-il la place au silence de Trump ?

Ailleurs domine ce que Jean-Luc Mélenchon appellerait des « pudeurs de gazelles ». Le leader de l’extrême gauche française désignait ainsi cette attitude qui consiste à refuser de nommer ce que tout le monde voit et qui nous saute aux yeux. Devant l’horreur de Manchester, on regarde ailleurs en se réfugiant derrière la sempiternelle « lutte contre LE terrorisme ». Comme si LE terrorisme était une bête inodore, incolore et sans saveur. Comme s’il ne s’agissait pas de combattre le terrorisme islamique. Un terrorisme qui ne pourrait pas se perpétuer s’il ne reposait pas sur une idéologie totalitaire et barbare ouvertement prêchée depuis des décennies un peu partout dans le monde.

Car pour que ce terrorisme puisse agir aussi impunément, il ne suffit pas de recruter quelques têtes brûlées. Il faut d’abord une idéologie, celle de l’islamisme radical formulée depuis des décennies et largement diffusée par une armée de disciples. Il faut ensuite un terreau de fidèles capable de produire sans cesse de nouveaux combattants, de les soutenir ou simplement de les tolérer. La lutte contre Daesh ne saurait donc s’exonérer du combat contre cette idéologie et ce terreau. Sans eux, pas de terrorisme.

On a évidemment raison de ne pas assimiler aux islamistes ces millions de musulmans qui pratiquent leur religion pacifiquement (ou qui ne la pratiquent pas). Mais la peur de l’« amalgame » ne peut justifier le silence ni le refus de questionner l’islam. Comment combattre en effet un ennemi qu’on ne nomme pas ?

[…]

S’il fallait tirer une leçon de ce dernier attentat, c’est qu’il montre bien que le terrorisme islamique n’est en aucun cas le résultat de la misère des banlieues, de l’islamophobie, et encore moins de la laïcité, comme tant de bonnes âmes font mine de le croire. Au contraire, malgré de rares excès, nos sociétés ne peuvent que se féliciter d’avoir su résister à toute forme de vengeance et de persécution à l’égard des musulmans. Cette fois, la terreur frappe d’ailleurs dans un pays qui pratique depuis toujours le communautarisme et où l’on tolère même l’existence de tribunaux islamiques, comme ceux que l’on voulait créer en Ontario. Preuve que les barbares ne font pas ces distinctions.

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Photo de Shirley Baker Hulme (1932-2014), 1965

Manchester Art Gallery

Friday 19 May 2017 – Monday 28 August 2017

Source : http://manchesterartgallery.org/exhibitions-and-events/exhibition/shirley-baker/

« Baker’s photography documented the poverty and resilience of communities under siege while conveying her compassionate affection, empathy and indignation for the plight of her subjects. Pioneering British photographer Shirley Baker (1932-2014) is thought to be the only woman practicing street photography in Britain during the post-war era. Baker’s humanist documentary work received little attention throughout her sixty-five years career. This exhibition includes previously unseen colour photographs by Baker alongside black and white images and ephemera such as magazine spreads, contact sheets and various sketches. It specifically focuses on her depictions of the urban clearance programmes of inner city Manchester and Salford. This intense period of study, spanning from 1961 – 1981, documents what Baker saw as the needless destruction of working class communities. »

Pour en savoir plus sur Shirley Baker Hulme (et voir un certain nombre de ses photos) :

http://www.bbc.com/news/in-pictures-29410300

Le monde regorge de beautés. Exemple : le « bonheur » des hirondelles de rivage dans des carrières.

Nom scientifique de l’hirondelle de rivage Riparia riparia.

Frasnes-lez-Couvin (Belgique) : inauguration d’une zone de préservation de l’hirondelle de rivage

Extrait d’un journal de la Radio Télévision Belge Francophone (RTBF) :

https://www.rtbf.be/auvio/detail_frasnes-lez-couvin-inauguration-d-une-zone-de-preservation-de-l-hirondelle-de-rivage?id=2217323

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L’Hirondelle de rivage

Synthèse

L’Hirondelle de rivage est un nicheur assez commun en Wallonie. A l’origine, elle nichait dans les berges des cours d’eau, mais la raréfaction de ces habitats l’a obligée à s’installer dans des carrières et autres sites artificiels, où elle trouve des talus de matériaux meubles.

Description morphologique

L’Hirondelle de rivage est la plus petite de nos hirondelles. Elle est entièrement brunâtre sur le dessus et possède un collier brun sur la poitrine, qui sépare la gorge et le ventre blancs.

Source : La biodiversité en Wallonie http://biodiversite.wallonie.be/fr/riparia-riparia.html?IDD=50334195&IDC=305 Auteur : Robin Gailly, Aves

 

Au Canada :

L’hirondelle de rivage est une espèce menacée au Canada, selon une évaluation du Comité sur la situation des espèces en péril au Canada (COSEPAC) faite en 2013.

Voir http://www.registrelep-sararegistry.gc.ca/species/speciesDetails_f.cfm?sid=1233.

COSEPAC http://www.cosepac.gc.ca/

hirondelle de rivage

Photo : Marc Delsalle

http://blog.aves.be/aves/2017/4/3/lhirondelle-de-rivage-en-wallonie-combien-reviendront-nicher-en-2017-

Usine de production d’eau potable Desjardins : la Ville de Lévis « n'[avait] ni les ressources, ni l’expertise nécessaires pour assurer la gouvernance d’un projet semblable ». Lettre au ministre des Affaires municipales.

Lévis (Québec), le 11 mai 2017

Monsieur Martin Coiteux, ministre

Ministère des Affaires municipales et de l’Occupation du Territoire (MAMOT)

10, rue Pierre-Olivier-Chauveau
, Québec, G1R 4J3

Courriel : communications@mamot.gouv.qc.ca 

Monsieur le ministre,

Au milieu des années 2000, la Ville de Lévis se serait lancée, si l’on se fie au rapport d’audit rendu public en 2017 par le vérificateur général de la Ville, Monsieur Yves Denis, dans une entreprise absurde, tout à fait insensée, et ce, après décision du conseil municipal et de la maire, Madame Danielle Roy-Marinelli. Le projet en question consistait à « agrandir […] moderniser l’usine de production d’eau potable Desjardins » (Yves Denis, « Usine de production d’eau potable Desjardins », mars 2017). L’entreprise était totalement folle pour au moins deux raisons, que donne Monsieur Denis : 1) « au moment d’entreprendre ce projet, la Ville […]  (ibidem); 2) les conseillers municipaux ont autorisé le financement du projet (deux emprunts totalisant 54,2 millions de dollars) malgré le fait que « les estimations [financières formulées en 2007] étaient […] trop préliminaires pour étayer [leur] décision » (ibidem).

Comment se fait-il que le conseil municipal et la maire de Lévis aient pu décider de réaliser un projet que la Ville n’avait pas la capacité de mener à bien, selon son vérificateur général ? (N’existait-il pas des dispositions législatives destinées à empêcher une telle éventualité ?) Comment se fait-il que les conseillers municipaux aient pu autoriser le financement du projet alors qu’ils ne disposaient pas de données d’aide à la décision suffisantes ? (N’existait-il pas des dispositions législatives destinées à empêcher une telle éventualité ?) Dans les années 2000, ne trouvait-on pas au Québec une organisation d’ingénierie gouvernementale centralisée formée de plusieurs équipes de spécialistes, à laquelle les Villes pouvaient avoir recours au besoin quand elles étaient dépassées par l’ampleur d’une question, d’un problème, d’un projet ? Si une telle organisation avait été créée, pourquoi la Ville de Lévis ne l’a-t-elle pas utilisée ? (N’existait-il pas des dispositions législatives l’obligeant à faire appel à plus compétent qu’elle quand c’était nécessaire ?) Si une telle organisation n’existait pas, ne faudrait-il pas blâmer le gouvernement d’avoir laissé les Villes se débrouiller seules avec des questions, problèmes ou projets dont elles n’étaient pas en mesure de s’occuper ? Et si une telle organisation n’existe toujours pas, Monsieur le ministre, ne faudrait-il pas la créer ? Ne pensez-vous pas que le gouvernement du Québec devrait la mettre sur pied rapidement pour éviter que ne se produise des désastres semblables à celui du projet d’agrandissement et de modernisation de l’usine de production d’eau potable Desjardins :

qui a coûté deux fois plus cher que prévu, selon le vérificateur général Denis;

qui a connu, au cours du déroulement des travaux, « une augmentation substantielle des coûts »; qui a exposé la Ville à « des risques en matière de gestion contractuelle […] sans que des mesures d’atténuation efficaces n’aient été mises en place », selon le vérificateur général Denis;

pour lequel « il était difficile pour la Ville d’effectuer une gestion proactive du projet avec tout le souci d’économie attendu » parce que « les besoins relatifs aux diverses composantes des ouvrages [n’avaient] pas été documentés et compilés au moment opportun et que les coûts qui leurs sont rattachés [n’avaient] pas été évalués », selon le vérificateur général Denis;

pour lequel la Ville a choisi, pour payer des firmes, d’utiliser une « méthode de rémunération » qui risquait d'[entraîner] un risque de conflit entre leurs intérêts financiers et les besoins du client pour la réalisation d’ouvrages; plus les projets sont d’envergure, plus les honoraires augmentent. Puisque les coûts de certains ouvrages ont pratiquement doublé, leurs honoraires ont également augmenté dans la même proportion, et ce, sans que des efforts supplémentaires pour réaliser les travaux d’ingénierie n’aient été justifiés », selon le vérificateur général Denis;

qui a obligé le vérificateurs général Yves Denis à écrire en 2017 dans son rapport d’audit « Usine de production d’eau potable Desjardins »: «  en l’absence d’une documentation à la Ville, l’audit ne permet pas de corroborer si les matériaux livrés sur les chantiers de construction sont conformes à ceux prévus aux plans et devis ».

(Yves Denis, « Usine de production d’eau potable Desjardins », Rapport d’audit Mars 2017, page 6)

Le désastre de l’agrandissement et de la modernisation de l’usine de production d’eau potable Desjardins soulève la question de la nécessité d’attribuer aux vérificateurs généraux municipaux toutes les ressources dont ils ont besoin pour faire leur travail correctement, en conformité avec la Loi sur les cités et villes et suivant des normes rigoureuses et reconnues.

Le vérificateur général municipal, vous le savez, Monsieur le ministre, est un fonctionnaire particulièrement important. En vertu de l’article 107 de la Loi sur les cités et villes, il est « responsable de l’application des politiques et normes de la municipalité relatives à la gestion des ressources humaines, matérielles et financières affectées à la vérification »; il « doit effectuer la vérification des comptes et affaires de la municipalité et des personnes morales qui « [font] partie du périmètre comptable défini dans les états financiers de la municipalité », entre autres.

Naturellement, il est essentiel que les citoyennes et citoyens aient l’assurance que les moyens qu’on donne vérificateur général municipal pour remplir sa mission sont adéquats, qu’ils lui permettent d’examiner, de vérifier efficacement la gestion des biens et de l’argent de la Ville.

Les ressources dont dispose le vérificateur général de la Ville de Lévis sont-elles suffisantes ? L’examen de quelques documents nous l’apprendra.

Depuis la création en 2002 du poste de vérificateur général municipal au Québec, tous les vérificateurs généraux de la Ville de Lévis (sauf Monsieur Michel Bélanger, décédé avant la fin de la première année de son mandat) ont fait des observations concernant l’insuffisance des ressources fournies au vérificateur général ou la nécessité de donner plus de moyens à ce dernier pour qu’il soit capable de faire son travail en conformité avec la Loi sur les cités et villes. Les passages suivants de leurs rapports annuels sont clairs :

RAPPORT ANNUEL 2002 (Jacques Leblanc)

Chapitre 2, p. 7

« La Loi sur les cités et villes fixe un seuil minimal de budget pour les opérations du vérificateur général. Ce seuil, pour la Ville de Lévis, est établi à 0,16 % des dépenses de fonctionnement […]. Pour l’année 2002, ce seuil minimal représentait une somme de 178 600 $ et c’est ce qui a été accordé au vérificateur général. Les montants accordés sont conformes au minimum prévu par la Loi. Cependant, force est d’admettre que le vérificateur général, par son budget, se voit limité dans la réalisation et l’étendue de ses mandats. Son équipe de travail se compose d’une seule personne à temps partiel et les montants disponibles pour des honoraires professionnels externes sont restreints. Les mandats du vérificateur général d’ordre financier, de conformité aux lois et règlements, d’optimisation des ressources, s’adressent non seulement à la Ville de Lévis mais également aux organismes comme la Société de transport de Lévis, la Régie intermunicipale de gestion des déchets des Chutes-de-la-Chaudière et l’Office municipal d’habitation de Lévis. Bien que le vérificateur général collabore avec les diverses instances, il va sans dire que les moyens et outils accordés sont à leurs plus simples expressions. »

RAPPORT ANNUEL 2003 (Jacques Leblanc)

Chapitre 1, p. 4-5

« La Ville accorde au vérificateur général le budget minimal fixé par l’article 107.5 de la Loi sur les cités et villes. Ce budget représente, pour l’année 2003, un montant de 178 429 $. Il est conforme à la Loi, mais inapproprié pour permettre au vérificateur général d’assumer à sa satisfaction la mission qui lui est confiée par le législateur. La réalisation des mandats de vérification et l’étendue de ceux-ci sont restreintes en raison des crédits budgétaires dont le vérificateur général dispose. De plus, le budget qui lui est accordé est basé sur un pourcentage des dépenses de fonctionnement de la Ville mais ne tient pas compte de celles de ses organismes assujettis à la vérification du vérificateur général. Des modifications législatives devraient être apportées afin que le budget du vérificateur général soit basé sur l’ensemble des dépenses de fonctionnement de la Ville et de ses organismes. »

RAPPORT ANNUEL 2004 (Jacques Leblanc)

Chapitre 1, p. 6-7

« Est-il utile de répéter que les ressources mises à la disposition du vérificateur général limitent ce dernier dans la réalisation et l’étendue de son mandat ? La structure présentée en 2002 pour le fonctionnement du bureau du vérificateur général (…) est toujours actuelle et mérite, de nouveau, l’attention du conseil de la Ville afin de doter le vérificateur général des outils et budget à la hauteur de son mandat. Il peut arriver qu’un mandat particulier du vérificateur général s’étende sur plus d’un exercice. Les principales raisons de ce délai s’expliquent par le manque de ressources humaines et financières. »

RAPPORT ANNUEL 2005 (Jacques Leblanc)

Chapitre, p. 5-6

« Le budget du vérificateur général est toujours limitatif relativement à l’étendue et à la réalisation de mandats, et spécifiquement à certains qui requièrent des ressources financières plus importantes comme ce fut le cas lors du mandat sur l’évaluation municipale où, pour un mandat simplement de conformité, celui-ci a dû être étendu sur deux exercices. Lors de ma dernière communication au conseil de la Ville pour l’élaboration du budget 2007 [sic] du vérificateur général, j’ai émis certains commentaires à l’effet que le conseil de la Ville, ayant l’obligation de verser annuellement au vérificateur général les crédits minimums requis par la loi, devrait reconduire l’année suivante les crédits budgétaires non utilisés. Les crédits budgétaires non utilisés pourraient être consacrés à la réalisation de mandats exigeant plus de ressources financières. Les crédits budgétaires mis à la disposition du vérificateur général étant déjà limités, la non reconduction de ceux-ci ne peut qu’entraver davantage la réalisation de sa mission. »

RAPPORT ANNUEL 2006 (Jacques Leblanc) 

Introduction, p. 1

« Je n’ai pu étendre ces travaux à l’ensemble des directions de la ville en raison de mes ressources budgétaires limitées. »

Chapitre 1, p. 5

« En 2007, la Ville a accordé au vérificateur général un budget de 235 000 $ pour effectuer les vérifications financières, celles de conformité aux lois et règlements et celles d’optimisation des ressources de la Ville de Lévis et de ses organismes : l’Office municipal d’habitation de Lévis, la Régie intermunicipale de gestion des déchets des Chutes-de-la-Chaudière, la Société de développement économique de Lévis et la Société de transport de Lévis. Un tel budget limite grandement le travail du vérificateur général et peut laisser entendre que l’on veut restreindre les contrôles exercés par ce dernier sur la gestion des fonds publics. Comme déjà mentionné dans mes rapports précédents, les ressources budgétaires non utilisées qui n’ont pas été reconduites l’année suivante, ne permettent pas au vérificateur général d’accumuler les crédits suffisants pour réaliser des mandats de vérification exigeant davantage de ressources. À titre d’exemple, certains argents pourraient dans l’exercice en cours ne pas être utilisés par rapport à l’insuffisance des fonds pour réaliser un mandat ou par rapport à certains délais. Il est donc évident que dans ces circonstances, certains mandats ne pourront jamais être réalisés, la mission du vérificateur général s’en trouve compromise. »

Chapitre 5, p. 83

« Tel que mentionné antérieurement, je rappelle que la hauteur des crédits budgétaires qui me sont alloués par le conseil de la Ville diminue de beaucoup l’envergure de mes travaux de vérification. »

RAPPORT ANNUEL 2007 (Jacques Leblanc)

Chapitre IV Rétrospective 2002-2008, p. 85-88

« La fonction de vérificateur général depuis son instauration dans la Loi sur les cités et villes le 1er janvier 2002, vient de vivre son premier septennat. À la lumière de l’expérience vécue, il convient de tirer certaines conclusions sur la mise en place de cette institution législative que représente le vérificateur général.

« Pour que la fonction de vérificateur général, une première dans le monde municipal, puisse prendre toute sa dimension, elle devait être accompagnée d’outils lui permettant d’atteindre les objectifs dévolus par le législateur. Ces outils avaient principalement deux grands axes, soit l’autonomie et l’indépendance du vérificateur général par rapport aux vérifiés et les ressources financières nécessaires pour assumer les responsabilités de la fonction. La Loi sur les cités et villes qui enchâsse la fonction de vérificateur général prévoyait effectivement ces deux grands axes.

« Aussi, tous les vérificateurs généraux municipaux ont uni leur voix pour affirmer que l’aboutissement du travail du vérificateur général doit se traduire par une gestion municipale améliorée, par une application correcte des lois, règlements et autres, par une meilleure utilisation des ressources et finalement, par un souci de transparence face aux citoyens.

« L’expérience de ces sept années a démontré que les grands axes représentant les assises de la fonction de vérificateur général, ne sont pas assurés. Certains des articles de loi régissant la fonction doivent être renforcés afin d’enlever des ambiguïtés de fond sur les pouvoirs accordés au vérificateur général. D’ailleurs, à cet effet, des interprétations basées sur des avis légaux font que dans la plupart des villes, le vérificateur général a le pouvoir de dépenser les fonds qui lui sont accordés par la loi pour exécuter ses mandats, alors qu’à Lévis, on ne lui reconnaît pas ce pouvoir. Malgré la loi, c’est le conseil municipal de la Ville de Lévis qui a donné à son vérificateur général la permission de dépenser avec une limitation de 20 000 $, par un règlement de délégation de pouvoir à même les fonds déjà autorisés par la loi. Ainsi, à n’importe quel moment, le conseil pourrait lui retirer ce pouvoir déjà limité, ou réduire ce montant. Si tel était le cas, le vérificateur général aurait l’obligation d’obtenir du conseil de la Ville, les autorisations nécessaires pour engager les crédits appropriés à la réalisation d’un mandat de vérification, ce qui serait alors contraire à l’esprit de la loi.

« D’autre part, comment règle-t-on de façon efficace et simple, le manque de collaboration d’un organisme ou d’une personne visée par un mandat du vérificateur général et qui refuse de fournir certains documents ? Comment règle-t-on une directive d’un haut fonctionnaire venant entraver de façon directe le travail du vérificateur général ?

« Concernant les budgets du vérificateur général qui sont alloués au pourcentage du budget total de la Ville, on sait que pour les villes de plus petite taille comme Lévis, cette méthode de calcul budgétaire limite le vérificateur général dans la réalisation et l’étendue de ses mandats.

« Il peut aussi arriver que le vérificateur général n’entreprenne pas certains mandats de crainte de dépasser son budget et que par le fait même, certaines sommes ne seront pas dépensées. Aussi, dans la conduite de mandats d’envergure, certains éléments ou constats peuvent nous amener à une vérification qui nécessitera plus de recherches et de ressources que prévues pour une réalisation adéquate de ceux-ci, ce qui signifie qu’il doit y avoir une certaine marge de manoeuvre. Pour ces raisons, le vérificateur général a déjà demandé de reporter ces sommes inutilisées lorsque c’est le cas, d’une année à l’autre, afin de lui permettre de réaliser ces mandats nécessitant plus de ressources financières ou permettant la souplesse nécessaire à leur exécution, ce qui n’est pas le cas actuellement.

« Qui plus est, il arrive fréquemment que le vérificateur général ait besoin d’être assisté légalement, surtout en regard des vérifications de conformité aux lois et dans ces cas, nous sommes quasi sans ressource. Le contentieux de la Ville, se retrouvant entre l’arbre et l’écorce, nous est pratiquement d’aucun secours à moins de questionnements techniques ne mettant pas en cause l’Administration pour qui il travaille.

« Depuis que les vérificateurs généraux municipaux existent, ces derniers, par le biais de leur association, font des représentations auprès du MAMR [ministère des Affaires municipales et des Régions] pour que celui-ci recommande à l’Assemblée nationale de modifier certains des articles de la Lois sur les cités et villes concernant le vérificateur général afin d’assurer davantage son autonomie et son indépendance. Cette demande est demeurée lettre morte.

Réalisation des mandats de 2002 à 2008

[…]

« Pendant la durée du mandat, les budgets étant limités, une adjointe administrative à temps partiel et le vérificateur général lui-même composaient le bureau de ce dernier. La structure minimale présentée par le vérificateur général réclamait plutôt une équipe composée de trois personnes dont un professionnel en vérification pour développer les modèles et l’expertise en vérification de la Ville et de ses organismes. Les frais fixes enlevés, le peu d’argent restant a été surtout utilisé pour garantir la faisabilité des mandats en s’associant des consultants spécialisés dans divers domaines. Bien que cette façon de faire soit efficace, les montants disponibles du vérificateur général pour l’utilisation de ces ressources ont nui à l’étendue et à la réalisation de ses mandats.

RAPPORT ANNUEL 2007 (Jacques Leblanc)

Chapitre 1, p. 5

« Le budget alloué au vérificateur général pour l’année 2008 était de l’ordre de 257 000 $ pour la réalisation de son mandat concernant la Ville de Lévis et les différents organismes soumis à sa vérification. Ce budget correspond au minimum prévu par la loi, ligne de conduite adoptée par le conseil municipal de la Ville de Lévis depuis la création de la fonction, le 1er janvier 2002. Il est évident que certains mandats demandant des ressources plus importantes, ne peuvent être réalisés dans ce contexte. »

RAPPORT ANNUEL 2008 (Michel Bélanger)

[Note  du soussigné : Le Rapport annuel 2008 est daté du 8 septembre 2009; le vérificateur général est entré en fonction le 7 avril 2009; le vérificateur général n’a pas eu le temps de se pencher sur autre chose que le volet « vérification financière », explique-t-il dans l’introduction du plus court rapport annuel présenté au conseil municipal de Lévis par un vérificateur général. – Monsieur Bélanger est décédé au début de septembre 2009.]

RAPPORT ANNUEL 2009 (André Matte)

Chapitre 1, p. 9

« À mon avis, le niveau de ressources dont peut disposer le bureau du vérificateur général avec le crédit minimum prévu par la loi s’avère nettement insuffisant, par rapport à l’ampleur de ses tâches tel qu’elles ressortent dans l’énoncé et l’esprit de la Loi. »

Chapitre 1, p. 9

« Dans le cas de la Ville de Lévis, en raison des ressources limitées dont dispose le bureau du vérificateur général, la majeure partie des travaux de vérification financière est effectuée par le vérificateur externe, contrairement à certaines villes du Québec beaucoup plus populeuses. »

RAPPORT ANNUEL 2010 (André Matte)

Chapitre 5, p. 115

« Il est à noter que ces procédés [utilisés par le vérificateur général] sont restreints, dans leur nombre et leur nature, par les ressources limitées dont dispose le vérificateur général, qui doit allouer ces dernières de façon à répondre en premier lieu aux obligations que lui impose la Loi. »

RAPPORT ANNUEL 2011 (André Matte)

Dans le premier rapport annuel (2009) de son mandat de cinq ans, Monsieur Matte a écrit : « le niveau de ressources dont peut disposer le bureau du vérificateur général avec le crédit minimum prévu par la loi s’avère nettement insuffisant, par rapport à l’ampleur de ses tâches tel qu’elles ressortent dans l’énoncé et l’esprit de la Loi » (Rapport annuel 2009, Chapitre 1, p. 9). Dans son Rapport annuel 2010, M. Matte affirme que les ressources dont il dispose sont limitées. Dans son Rapport annuel 2011, Monsieur Matte ne dit pas s’il a trouvé suffisantes ou insuffisantes les ressources qu’il pouvait utiliser pour faire son travail; il est permis de douter qu’il aurait pu les dire suffisantes compte tenu des opinions exprimées par les vérificateurs généraux, avant et après l’exercice financier 2011, au sujet de leurs ressources.

RAPPORT ANNUEL 2012 (André Matte)

Chapitre 1, page 7

« Étant donné les ressources limites dont dispose le vérificateur par rapport à la portée de son mandat, et l’importance de gérer l’étendue des travaux récurrents en fonction de leur valeur ajoutée… »

Annexe B, p. 111

« À mon avis, le niveau de ressources dont peut disposer le bureau du vérificateur général avec le crédit minimum prévu par la loi s’avère nettement insuffisant, par rapport à l’ampleur de ses tâches tel qu’elles ressortent dans l’énoncé et l’esprit de la Loi. »

RAPPORT ANNUEL 2013 (André Matte) 

Chapitre 5, p. 79

« Il est à noter que ces procédés [utilisés par le vérificateur général] sont restreints, dans leur nombre et leur nature, par les ressources limitées dont dispose le vérificateur général, qui doit allouer ces dernières de façon à répondre en premier lieu aux obligations que lui impose la Loi. »

Chapitre 5, p. 80

« J’estime que les éléments probants que j’ai obtenus sont suffisants et appropriés pour soutenir, avec un niveau d’assurance modéré, les évaluations exposées sous forme sommaire dans les tableaux 4 et 5. Ce niveau d’assurance fait en sorte que je ne peux certifier l’exactitude de ces évaluations… »

RAPPORT ANNUEL 2014 (Yves Denis)

Introduction, p. 8

Le vérificateur général actuel, Monsieur Yves Denis, souligne que son bureau manque de ressources; il précise qu’il n’est pas le premier vérificateur général de Lévis, et du Québec, à devoir subir cette insuffisance: « Tant mes prédécesseurs que mes collègues vérificateurs généraux municipaux ont mentionné publiquement les difficultés liées au manque de ressources de leur bureau. » Monsieur Denis soutient : « Je perçois clairement que les besoins que j’ai recensés depuis mon arrivée justifient une force d’intervention plus grande et structurée, afin d’assurer l’efficacité et la pérennité de la fonction de vérificateur général. En effet, nous pouvons considérer que le minimum prévu par la LCV [Loi sur les cités et villes] ne permet pas de créer une force d’intervention qui permettrait de fournir toute la valeur attendue de cette importante fonction. »

RAPPORT ANNUEL 2015 (Yves Denis)

Chapitre 6, p. 1-2

Le vérificateur général actuel, Monsieur Yves Denis, fait comprendre que les élus municipaux de Lévis devraient lui fournir davantage de ressources; il écrit : « La réalisation de mandats d’audit dans un cadre non financier requiert une expertise spécifique […]. Outre mon expérience de travail, cette expertise n’est pas disponible actuellement au bureau du vérificateur général de Lévis. Afin de réaliser mon mandat, je procède […] à l’embauche de ressources externes […] La gestion des contrats en semblable matière exige non seulement une définition précise des attentes du vérificateur général, mais également de sa part une surveillance étroite des travaux réalisés. »

Chapitre 6, p. 2

Monsieur Denis dit aussi : « Compte tenu des ressources disponibles, les projets d’audit que j’entreprends doivent être modestes, soit de l’ordre de 1 000 heures. À titre d’illustration, l’effort global de vérification pour les sept projets retenus au chapitre 2 [Acquisitions de biens et services – Stratégie d’audit] s’élèverait approximativement à 8 500 heures. Actuellement, environ 2 500 heures par année peuvent être consacrées directement aux activités d’audit. À ce rythme, la réalisation des projets envisagés pourrait s’échelonner sur une période de trois à quatre ans, si aucun autre mandat d’audit n’est entrepris. Or, d’autres secteurs de la Ville, ou d’autres organisations faisant partie du champ de compétence du vérificateur général, pourraient nécessiter des interventions. »

Depuis que la fonction de vérification générale municipale existe, la Ville de Lévis se fait dire par ses vérificateurs généraux qu’elle ne leur donne pas assez de ressources pour qu’ils fassent leur travail correctement. Ils ont affirmé ceci : « le vérificateur général, par son budget, se voit limité dans la réalisation et l’étendue de ses mandats »; « la hauteur des crédits budgétaires qui me sont alloués par le conseil de la Ville diminue de beaucoup l’envergure de mes travaux de vérification »; « le niveau de ressources dont peut disposer le bureau du vérificateur général avec le crédit minimum prévu par la loi s’avère nettement insuffisant, par rapport à l’ampleur de ses tâches »; « Il est à noter que ces procédés [utilisés par le vérificateur général] sont restreints, dans leur nombre et leur nature, par les ressources limitées dont dispose le vérificateur général, qui doit allouer ces dernières de façon à répondre en premier lieu aux obligations que lui impose la Loi »; « le minimum prévu par la LCV [Loi sur les cités et villes] ne permet pas de créer une force d’intervention qui permettrait de fournir toute la valeur attendue de cette importante fonction »; « Tant mes prédécesseurs que mes collègues vérificateurs généraux municipaux ont mentionné publiquement les difficultés liées au manque de ressources de leur bureau. » Un vérificateur général a même écrit cette phrase troublante: « Un tel budget limite grandement le travail du vérificateur général et peut laisser entendre que l’on veut restreindre les contrôles exercés par ce dernier sur la gestion des fonds publics. »

À moins qu’il ne soit démontré, Monsieur le ministre, que les vérificateurs généraux de la Ville Lévis ont toujours disposé de ressources suffisantes pour faire leur travail et que, par conséquent ils se trompent quand ils soutiennent le contraire (cela ne reviendrait-il pas à les déclarer incompétents), vous devriez mettre en oeuvre les modifications demandées par l’Association des vérificateurs généraux municipaux du Québec (AVGMQ) dans le mémoire qu’elle a présenté en 2014 à la Commission d’enquête sur l’octroi et la gestion des contrats publics dans l’industrie de la construction (Commission Charbonneau). L’Association juge qu’il faudrait que « les crédits minimums accordés aux vérificateurs généraux municipaux [soient] d’au moins 500 000 $, et [que] ce montant [soit] ajusté annuellement en fonction de l’indice des prix à la consommation »; l’AVGMQ préconise aussi « la modification de la méthode de calcul actuel basée sur des taux régressifs par palier » afin que « le budget accordé à un vérificateur général ne diminue pas lorsque le budget de la Ville passe à une strate supérieure ».

Pour l’exercice financer 2014, le vérificateur général de la Ville de Lévis disposait d’un budget de 345 000 $(Rapport annuel 2014 du vérificateur général, p. 45); pour 2015 son budget s’élevait aussi à 345 000 $ (Rapport annuel 2015 du vérificateur général, chapitre 6, p. 3); pour 2016, le budget total du bureau du vérificateur général est de 400 358 $ (source : Bureau du vérificateur général de la Ville de Lévis, communication écrite datée du 10 mai 2017); on est loin des 500 000 $ jugés nécessaires par l’Association des vérificateurs généraux municipaux du Québec. Serait-il donc avantageux pour quelqu’un que le budget du vérificateur général municipal soit insuffisant ? Voyez-vous pour qui cela serait avantageux ? Moi, il me semble que, pour les citoyennes et citoyens, il est très bon que les vérificateurs généraux municipaux aient les moyens requis pour examiner la gestion des biens et de l’argent des villes; l’oeil du vérificateur général rassure, il incite les villes à utiliser des bonnes pratiques de gestion, il incite les villes à prendre garde d’employer les fonds publics d’une manière correcte. Les citoyennes et citoyens ne sautent pas de joie quand ils lisent dans un rapport d’un vérificateur général municipal des choses comme : « En 2007, la Ville a accordé au vérificateur général un budget de 235 000 $ pour effectuer les vérifications financières, celles de conformité aux lois et règlements et celles d’optimisation des ressources de la Ville de Lévis et de ses organismes […] Un tel budget limite grandement le travail du vérificateur général et peut laisser entendre que l’on veut restreindre les contrôles exercés par ce dernier sur la gestion des fonds publics » (Jacques Leblanc, vérificateur général de la Ville de Lévis, Rapport annuel 2006, chapitre 1, p. 5).

Vous savez, Monsieur le ministre, que « Le budget de la municipalité doit comprendre un crédit pour le versement au vérificateur général d’une somme destinée au paiement des dépenses relatives à l’exercice de ses fonctions » et que « Sous réserve du troisième alinéa, ce crédit doit être égal ou supérieur au produit que l’on obtient en multipliant le total des autres crédits prévus au budget pour les dépenses de fonctionnement par… » (article 107.5 de la Loi sur les cités et villes) (le crédit en question doit être égal à un pourcentage établi en fonction du budget de la Ville). Les Villes ont le pouvoir d’ajouter de l’argent à celui que la Loi les oblige à fournir. Ne serait-il pas possible, Monsieur le ministre, que la Loi sur les cités et villes contienne des dispositions qui assureraient un budget vraiment suffisant aux vérificateurs généraux municipaux, des dispositions qui empêcheraient que les vérificateurs généraux soient soumis au bon vouloir des villes ? En 2014, l’Association des vérificateurs généraux municipaux du Québec a écrit, dans un mémoire destiné à la Commission Charbonneau, que « le vérificateur général doit jouir d’une protection financière totale »; elle a aussi écrit : « avec tous les scandales diffusés au grand jour [en 2013-2014], l’allocation d’un budget suffisant au vérificateur général municipal, pour lui permettre de bien faire son travail et ainsi de rassurer les citoyens, s’avère une nécessité ». J’ajouterais qu’il est urgent d’agir. Parce qu’il faut vite renforcer la confiance de la population dans l’administration gouvernementale et dans les administrations municipales.

Pour terminer, j’aimerais citer de nouveau le vérificateur général de la Ville de Lévis, Monsieur Yves Denis :

« Le stratagème de fixation collusoire des prix dans l’octroi des contrats n’est pas couvert dans le présent audit. » (« Usine de production d’eau potable Desjardins », Rapport d’audit Mars 2017, page 6).

« l’audit ne permet pas de corroborer si les matériaux livrés sur les chantiers de construction sont conformes à ceux prévus aux plans et devis » (« Usine de production d’eau potable Desjardins », Rapport d’audit Mars 2017, page 6).

« l’audit n’avait pas pour objectif de remettre en question les besoins de la Ville en matière de consommation d’eau potable » (« Usine de production d’eau potable Desjardins », Rapport d’audit Mars 2017, page 6).

« Afin de s’assurer qu’elle paie un juste prix la Ville doit aussi posséder une meilleure connaissance de l’état actuel du marché. Le degré de fiabilité des estimations des projets n’est pas suffisamment défini et aucune ressource n’est dédiée pour documenter et détecter d’éventuels stratagèmes de collusion ou encore pour connaître l’évolution des prix sur le territoire de la Ville de Lévis. (Source : communiqué du bureau du vérificateur général de la Ville de Lévis daté du 14 juin 2016, https://www.ville.levis.qc.ca/accueil/salle-presse/actualite/article/le-verificateur-general-depose-son-rapport-annuel-au-conseil-municipal/).

Cette lettre et votre réponse, Monsieur le ministre, seront publiées au www.lepasseurdelacote.com.

Je vous prie, Monsieur le ministre, d’agréer l’expression de mes sentiments les meilleurs.

Roger Martel, citoyen de Lévis

NOTE : La présente contient deux annexes :

Annexe A : courriel envoyé par Roger Martel à M. Simon Rousseau, directeur général de la ville de Lévis, le 9 mai 2017

Annexe B : lettre envoyée par Roger Martel, le 11 mai 2017, à Mme Danielle Roy-Marinelli, maire de Lévis de 2005 à 2013

P.-S. Le vérificateur général Yves Denis a écrit dans son rapport d’audit de mars 2017 : « comme la rémunération des firmes est indexée par rapport aux coûts réels des travaux, ceci entraîne un risque de conflit entre leurs intérêts financiers et les besoins du client pour la réalisation d’ouvrages; plus les projets sont d’envergure, plus les honoraires augmentent. Puisque les coûts de certains ouvrages ont pratiquement doublé, leurs honoraires ont également augmenté dans la même proportion, et ce, sans que des efforts supplémentaires pour réaliser les travaux d’ingénierie n’aient été justifiés. Notons que cette méthode de rémunération a été choisie par la Ville. » Votre ministère, Monsieur le ministre, pourrait-il vérifier et me dire si a) la façon de faire choisie par la Ville est illégale, b) si, tout en étant légale, elle n’est pas conforme aux normes généralement reconnues; c) si elle va à l’encontre des intérêts de la Ville et de ses citoyennes et citoyens ?

Copie conforme : Ville de Lévis, Parti québécois, Coalition Avenir Québec, Québec solidaire, etc.

ANNEXE A

COURRIEL ENVOYÉ PAR ROGER MARTEL

À MONSIEUR SIMON ROUSEAU,

DIRECTEUR GÉNÉRAL DE LA VILLE DE LÉVIS, LE 9 MAI 2017

Lévis, le 9 mai 2017

Monsieur Simon Rousseau

Directeur général

Ville de Lévis (Québec)

Monsieur le directeur général,

En vertu de la Loi sur les cités et villes [Loi], vous êtes, comme directeur général, « le fonctionnaire principal » de la Ville de Lévis; vous « [avez] autorité sur tous les autres fonctionnaires et employés de la municipalité, sauf sur le vérificateur général qui relève directement du conseil ». Conformément à la Loi, vous travaillez « Sous l’autorité du conseil ou du comité exécutif » et vous « [êtes] responsable de l’administration de la municipalité », vous êtes l’employé qui « planifie, organise, dirige et contrôle les activités de la municipalité ». La Loi vous attribue beaucoup de fonctions, dont les suivantes : « [préparer] le budget et le programme d’immobilisations de la municipalité et les plans, les programmes et les projets destinés à assurer son bon fonctionnement, avec la collaboration des directeurs de services et des autres fonctionnaires ou employés de la municipalité »; « [faire] rapport au conseil, au comité exécutif ou à une commission, selon le cas, sur tout sujet qu’il croit devoir porter à sa connaissance en vue de la saine administration des deniers publics, du progrès de la municipalité et du bien-être des citoyens, pourvu que ce rapport ne soit pas, de l’avis du directeur du service de police, de nature à révéler le contenu d’un dossier concernant une enquête policière ».

Dans l’édition du 28 mars 2017 du quotidien Le Soleil (page 5), la journaliste Patricia Cloutier, à qui vous avez parlé, Monsieur Rousseau, écrit : « Aucun fonctionnaire ne sera blâmé pour ces mauvaises pratiques [utilisées pour préparer et réaliser les projets relatifs à l’usine de production d’eau potable Desjardins], mais de la formation sera donnée »; Madame Cloutier enchaîne en vous citant : « C’est pas la faute d’individus. C’est l’organisation de travail à l’interne qui est en cause ».

Il y a sans doute des citoyennes et citoyens de Lévis qui aimeraient que vous éclairiez leur lanterne.

Le vérificateur général de la Ville de Lévis, M. Yves Denis, dans son rapport rendu public en mars 2017 (Usine de production d’eau potable Desjardins. Rapport d’audit), écrit : « au moment d’entreprendre ce projet, la Ville était mal préparée pour réaliser un chantier d’une telle envergure, n’ayant ni les ressources, ni l’expertise nécessaires pour assurer la gouvernance d’un projet semblable » [le projet était l’agrandissement et la modernisation de l’usine de production d’eau potable Desjardins]. Les Lévisiennes et Lévisiens doivent-ils comprendre, de votre déclaration, qu’aucun dirigeant de la Ville de Lévis, ou élu, n’était en mesure de se rendre compte que la Ville était incapable d’assurer la gouvernance du projet ? Et en quoi l’ « organisation de travail à l’interne » aurait-elle pu empêcher le trésorier (percepteur et dépositaire de tous les deniers de la municipalité, chargé de « tenir des livres de comptes dans lesquels il inscrit, par ordre de date, les recettes et les dépenses », selon la Loi sur les cités et villes) de constater que quelque chose n’allait pas et de donner l’alerte ? Et en quoi l’ « organisation de travail à l’interne » aurait-elle pu empêcher le vérificateur général (chargé d’effectuer la vérification des comptes et affaires de la Ville et des personnes morales visées dans la Loi sur les cités et villes) de constater que quelque chose clochait et de donner l’alerte ?

En juillet 2007, les conseillers municipaux (et la maire ?) ont autorisé le financement de la construction de l’usine de production d’eau potable Desjardins et d’ouvrages connexes (deux emprunts totalisant 54,2 millions de dollars) malgré le fait que « les estimations [financières formulées en 2007] étaient […] trop préliminaires pour étayer [leur] décision », selon le Rapport d’audit rendu public en mars 2017 par le vérificateur général de la Ville de Lévis (Usine de production d’eau potable Desjardins, Rapport d’audit, Mars 2017). Les Lévisiennes et Lévisiens doivent-ils comprendre que les conseillers n’ont commis aucune erreur ou faute en approuvant le financement d’ouvrages même s’ils ne pouvaient pas baser leur décision sur des renseignements et données solides ? En quoi l’ « organisation de travail à l’interne » aurait-elle pu empêcher les conseillers de se rendre compte que les renseignements et données dont ils disposaient n’avaient pas les qualités requises pour qu’ils puissent prendre une décision éclairée ?

Le vérificateur général Denis écrit, dans son rapport d’audit de mars 2017 : « comme la rémunération des firmes est indexée par rapport aux coûts réels des travaux, ceci entraîne un risque de conflit entre leurs intérêts financiers et les besoins du client pour la réalisation d’ouvrages; plus les projets sont d’envergure, plus les honoraires augmentent. Puisque les coûts de certains ouvrages ont pratiquement doublé, leurs honoraires ont également augmenté dans la même proportion, et ce, sans que des efforts supplémentaires pour réaliser les travaux d’ingénierie n’aient été justifiés. Notons que cette méthode de rémunération a été choisie par la Ville. » Les Lévisiennes et Lévisiens doivent-ils comprendre que les fonctionnaires qui ont choisi la méthode de rémunération décrite par M. Denis ont été victimes de l’ « organisation de travail à l’interne », et qu’ils ne sont pas responsables d’avoir choisi la méthode que n’approuve pas le vérificateur général Denis ?

Le vérificateur général Denis écrit, dans son rapport d’audit de mars 2017 : « En raison de l’absence d’une documentation suffisante des besoins et des coûts estimés des différentes composantes des ouvrages, l’audit ne permet pas de conclure si la Ville a obtenu un juste prix par rapport à ses besoins. » Reprocheriez-vous aux gens de Lévis, Monsieur Rousseau, de ne pas comprendre comment il se fait qu’aucun membre du personnel de la Ville, ou élu, ne s’est rendu compte que la « documentation des besoins et des coûts estimés des différentes composantes des ouvrage » n’était pas suffisante ? Comment cette lacune peut-elle être attribuée à l’ « organisation de travail à l’interne » ?

Vous, Monsieur Rousseau, fonctionnaire principal de la Ville, l’« organisation de travail à l’interne » a-t-elle déjà nui à l’accomplissement de vos tâches, a-t-elle nui au travail des directeurs généraux qui vous ont précédés, les directeurs généraux municipaux peuvent-ils être empêchés par l’« organisation de travail à l’interne » de leur employeur de se conformer à l’obligation suivante que leur impose le Code d’éthique proposé par l’Association des directeurs généraux des municipalités du Québec : « [soumettre] au conseil municipal les politiques administratives les plus saines » ?

Vous comprenez que vous rendriez service à vos concitoyennes et concitoyens en éclairant leur lanterne.

Je vous prie, Monsieur le directeur général, d’agréer l’expression de mes sentiments les meilleurs.

Roger Martel, citoyen de Lévis

P.-S. Cette lettre et votre réponse seront publiées au www.lepasseurdelacote.com.

ANNEXE B

LETTRE ENVOYÉE PAR ROGER MARTEL, LE 11 MAI 2017,

À MADAME DANIELLE ROY-MARINELLI,

MAIRE DE LÉVIS DE 2005 À 2013

Lévis, le 11 mai 2017

Madame Danielle Roy-Marinelli

Madame,

En 2007, vous étiez la maire de Lévis; en juillet 2007, le conseil municipal de Lévis a autorisé la réalisation d’un projet de la Ville : l’agrandissement et la modernisation de l’usine de production d’eau potable Desjardins, ainsi que le financement de ce projet. À propos de cette entreprise le vérificateur général de la Ville, M. Yves Denis, a écrit ceci dans un document rendu public cette année et intitulé Usine de production d’eau potable Desjardins – Rapport d’audit Mars 2017 :

« En juillet 2007, le conseil municipal de la Ville de Lévis (le conseil) autorisait le financement afin d’agrandir et de moderniser l’usine de production d’eau potable Desjardins (UPE Desjardins). Le montant du financement était justifié par les estimations financières et les hypothèses formulées en mars 2007, dans une étude d’avant-projet. […] Toutefois, au stade d’avant-projet, cette étude n’avait pas pour objectif d’effectuer une estimation précise du coût de construction des différents ouvrages. Cette estimation était donc trop préliminaire pour étayer le coût du projet et pour soutenir la décision du conseil d’autoriser deux emprunts totalisant 54,2 millions pour son financement.

« La construction des ouvrages a coûté environ deux fois plus que l’estimé d’avant-projet; en novembre 2016, le coût total du projet est de 100,5 millions.

[…]

« L’audit démontre qu’au moment d’entreprendre ce projet, la Ville était mal préparée pour réaliser un chantier d’une telle envergure, n’ayant ni les ressources, ni l’expertise nécessaires pour assurer la gouvernance d’un projet semblable. » (Usine de production d’eau potable Desjardins – Rapport d’audit Mars 2017, p. 1)

Vous admettrez avec moi qu’il est très étonnant, pour ne pas dire incompréhensible, que le conseil municipal ait approuvé le financement d’un projet (deux emprunts totalisant 54,2 millions de dollars) sans avoir toutes les données requises pour justifier sa décision, et sans avoir l’assurance ou en croyant à tort que la Ville avait les ressources et l’expertise nécessaires pour assurer la gouvernance du projet.

Comme vous étiez la maire au moment où le conseil municipal a pris les décisions mentionnées ci-dessus, vous êtes bien placée pour expliquer où tenter d’expliquer pourquoi les conseillers municipaux ont pris ces décisions que les Lévisiennes et Lévisiens ne peuvent que juger insensées après avoir lu le Rapport d’audit Usine de production d’eau potable Desjardins. Expliquer, c’est ce que je vous demande par la présente.

Je vous prie, Madame, d’agréer l’assurance de mes sentiments les meilleurs.

Roger Martel, citoyen de Lévis

P.-S. Cette lettre et votre réponse seront publiées au www.lepasseurdelacote.com.

À Lévis (Québec), grande soirée d’échanges avec la communauté musulmane le jeudi 18 mai 2017 au Patro (6150, rue Saint-Georges), de 19 h à 21 h

 

Enfin, à Lévis :

 Lévisiennes et Lévisiens, gens des alentours aussi, profitez-en !

C’est une occasion exceptionnelle de vous renseigner.

 Le jeudi 18 mai 2017

 

6150, rue St-Georges

Lévis, G6V 4J8

Tél : 418 833-4477

Pour une demande d’informations : renseignement@patrolevis.org  •  Facebook  •  Twitter

Le Mois de Marie au Québec

Source : Le Réseau de diffusion des archives du Québec (RDAQ), http://rdaq.banq.qc.ca/expositions_virtuelles/coutumes_culture/mai/mois_marie/a_propos.html

Le Mois de Marie

Pour les catholiques, le mois de mai est consacré à la Vierge Marie. Pendant tout le mois, les paroissiens se rassemblent pour faire des dévotions à la Vierge sous forme de prières collectives. Ils se réunissent à l’église tous les soirs vers 19 h 00 ou 19 h 30 pour des offices spéciaux où l’on récite le chapelet et les litanies et l’on entonne des chants religieux. On dit alors qu’on se rend à l’exercice du mois de Marie. Les paroissiens trop éloignés de l’église ont coutume de se réunir à la croix de chemin la plus proche où l’on prie régulièrement tous les soirs du mois de mai. Au Québec, la coutume du mois de Marie est pratique courante pendant une bonne partie du XXe siècle, jusqu’à la fin des années 1970.

Pour les écoliers, le mois de Marie se fait en sortant de l’école à 15 h 30 ou à 16 h 00 selon les paroisses. Les enfants se rendent en rang à l’église comme pour une procession. Il arrive qu’on leur demande de déposer une fleur aux pieds de la statue de la Vierge pour la décorer. Dans chaque maison, il est d’usage d’aménager un petit oratoire domestique, appelé aussi niche mariale, garni de couronnes de mai et de fleurs. Cette niche est destinée à accueillir la statue de la Vierge, hébergée d’une maison à l’autre pendant tout le mois de mai. Recevoir chez soi la statue est considéré comme un grand honneur pour chaque famille. Celle-ci peut se réunir tous les soirs devant la niche pour la récitation du chapelet et à l’occasion, on invite les voisins à se joindre aux prières. La récitation du chapelet est entrecoupée à chaque dizaine d’intentions particulières aux malades, aux semences et aux récoltes ou à la température en général. Les dévotions peuvent durer trois quarts d’heure à une heure chaque soir.

© Le Réseau de diffusion des archives du Québec

C’est le mois de Marie

Chanté au : http://gauterdo.com/ref/cc/c.est.le.mois.de.marie.html

Refrain
C’est le mois de Marie
C’est le mois le plus beau
À la Vierge chérie
Disons un chant nouveau.
– 1 –
Ornons le sanctuaire
De nos plus belles fleurs
Offrons à notre Mère
Et nos chants et nos coeurs.

– 2 –
De la saison nouvelle
Qui dira les attraits
Marie est bien plus belle
Plus doux sont ses bienfaits.

– 3 –
L’étoile bienfaisante
Qui scintille au matin
Est moins éblouissante
Que son front tout divin.
 – 4 –
Au vallon solitaire
Le lis en sa blancheur
De cette Vierge Mère
Retrace la candeur.

– 5 –
Aimable violette
Ta modeste beauté
Est l’image parfaite
De son humilité.

– 6 –
Et quand la dernière heure
Viendra finir nos ans
Dans la sainte demeure
Introduis tes enfants.

La Ruche écolière, mai 1928, page 405


LA RUCHE ÉCOLIÈRE, complément à L’ÉCOLE CANADIENNE 

En septembre 1927 paraît le premier numéro d’un complément à L’École canadienne, qui est intitulé La Ruche écolière. Cette revue bimensuelle s’adresse aux écoliers, un bassin de clientèle qui est beaucoup plus étendu que les enseignants. Une utilisation parallèle des deux revues est proposée sous forme d’exercices en classe. À la suite du départ d’Eugène Achard, ce complément est abandonné par L’École canadienne. Toutefois, Eugène Achard fonde une revue qui entre en compétition avec L’École canadienne, il s’agit de L’École primaire qui paraît dès septembre 1930. « Nous sommes donc en présence de deux périodiques concurrents qui s’adressent à une même clientèle : les enseignants des écoles primaires de Montréal. (5) » La nouvelle revue conserve le supplément. En 1934 le supplément change de nom, il devient la Ruche littéraire; la Librairie générale canadienne est désormais désignée comme éditeur. Il semblerait que le supplément ait survécu à la revue principale, puisque celle-ci aurait cessé de paraître en 1942 et le supplément en 1945 (6).