Croyances – Qu’ils sont bêtes, les hommes : ils croient à n’importe quoi, et si vous les contredisez, ils pourraient vous forcer à manger de la m…

(Le Passeur de la Côte n’emploie jamais, jamais, presque jamais le mot m… Il y a cependant des situations où il s’impose, malheureusement.)

 

« Le Chinois se fait scrupule, par respect pour l’expression humaine, d’employer le papier couvert d’écriture à un usage qu’il vaut mieux ne pas nommer. Un missionnaire ayant employé par mégarde, pour l’usage en question, un papier écrit, c’est-à-dire dont chaque caractère incarne un esprit, son forfait fut connu; le papier fut présenté au mandarin, porté processionnellement aux idoles; et le Père dut s’enfuir pour éviter d’être massacré. « Un catéchiste, assure le missionnaire Aubry, fut condamné, en réparation du forfait, à la place de son maître, à manger trois bols… Vous me comprenez et je n’insiste pas sur les détails de cet horrible supplice ! Le coupable obtint seulement d’ajouter à chaque bol une forte dose de sel : il en fut malade six mois (1) »

« Il n’est pas convenable de sortir quand il pleut : car les divinités satisfont alors un petit besoin. »

(1) Les Chinois chez eux [Livre d’Émile Bard], Lille, Desclée, de Brouwer et Cie, 1889.

Source : Charles Godard (1860-1912 – docteur ès-lettres, professeur agrégé d’histoire et de géographie), Les croyances chinoises et japonaises, Paris, Librairie Bloud et Cie, sans date, p. 60. (L’ouvrage a été publié en 1901, selon le catalogue collectif français du Système Universitaire de Documentation.)

 

Hommes, croyez à ce que vous voulez, mais n’essayez pas d’enfoncer vos croyances dans la gorge * des autres.

* To force something down someone’s throat : rabattre les oreilles de quelqu’un avec quelque chose.

Roger Martel