Malheur ! Les maires du Québec obtiennent plus de pouvoirs !

« LES MAIRES DU QUÉBEC OBTIENNENT PLUS DE POUVOIRS », cadeau du gouvernement de Philippe Couillard, premier ministre, et de Martin Coiteux, ministre des Affaires municipales. Lançons un concours : quelle ville va faire mieux que Lévis, septième plus « grande » ville de notre province, en matière de gestion de l’argent public ? Entre 2007 et 2016, Lévis a joué à agrandir et à moderniser son usine de production d’eau potable Desjardins; voyez certaines des affirmations qu’a faites son vérificateur général, dans un rapport d’audit, au sujet de la performance du parti politique Lévis Force 10 sous la direction de Danielle Roy-Marinelli d’abord, de Gilles Lehouillier ensuite :

Extraits de :

USINE DE PRODUCTION D’EAU POTABLE DESJARDINS

Rapport d’audit

Mars 2017

Vérificateur général de la Ville de Lévis (Yves Denis)

1 En juillet 2007, le conseil municipal de la Ville de Lévis (le conseil) autorisait le financement afin d’agrandir et de moderniser l’usine de production d’eau potable Desjardins (UPE Desjardins). Le montant du financement était justifié par les estimations financières et les hypothèses formulées en mars 2007, dans une étude d’avant-projet. L’ensemble du projet prévoyait les ouvrages requis pour accroître la capacité de traitement de l’UPE Desjardins, l’agrandissement et la modernisation du poste de pompage Saint-Laurent (poste de pompage), la construction d’une nouvelle prise d’eau au fleuve Saint-Laurent (prise d’eau) ainsi que la réalisation de divers travaux sur le réseau d’aqueduc. Toutefois, au stade d’avant-projet, cette étude n’avait pas pour objectif d’effectuer une estimation précise du coût de construction des différents ouvrages. Cette estimation était donc trop préliminaire pour étayer le coût du projet et POUR SOUTENIR LA DÉCISION DU CONSEIL D’AUTORISER DEUX EMPRUNTS TOTALISANT 54,2 MILLIONS POUR SON FINANCEMENT. (Faits saillants, page 1)

2 La construction des ouvrages a coûté environ deux fois plus que l’estimé d’avant-projet; en novembre 2016, le coût total du projet est de 100,5 millions. (page 3)

3 L’AUDIT DÉMONTRE QU’AU MOMENT D’ENTREPRENDRE CE PROJET, LA VILLE ÉTAIT MAL PRÉPARÉE POUR RÉALISER UN CHANTIER D’UNE TELLE ENVERGURE, N’AYANT NI LES RESSOURCES, NI L’EXPERTISE NÉCESSAIRES POUR ASSURER LA GOUVERNANCE D’UN PROJET SEMBLABLE. L’imprécision dans la définition, par la Ville, des besoins relatifs aux composantes des ouvrages a fait en sorte que différents acteurs ont dû revoir le projet au fur et à mesure de sa définition, rendant difficile une démonstration objective et suffisante des coûts. Cette imprécision, combinée à l’absence de ressources destinées à la gouvernance du projet, fait en sorte que celui-ci est devenu tributaire des aléas rencontrés, ENTRAÎNANT UNE AUGMENTATION SUBSTANTIELLE DES COÛTS. (Faits saillants, page 1)

4 IL ÉTAIT DONC DIFFICILE POUR LA VILLE D’EFFECTUER UNE GESTION PROACTIVE DU PROJET AVEC TOUT LE SOUCI D’ÉCONOMIE ATTENDU. Nos travaux font ressortir des conséquences majeures lors de la construction du poste de pompage. D’abord, des retards dans la construction de cet ouvrage ont fait en sorte que sans un apport additionnel en eau brute, la Ville n’a pu bénéficier pleinement de ses nouvelles installations que trois ans plus tard que prévu. Deuxièmement, la Ville a dû débourser 1,9 million pour acquérir un terrain et relocaliser une entreprise en exploitation; seulement 20 p. cent du prix de cette acquisition visait à répondre au besoin d’agrandissement du poste de pompage. Troisièmement, aux fins de l’obtention d’une aide financière, la Ville n’avait pas de données fiables sur les coûts de construction du poste de pompage, la privant ainsi d’une subvention possible de 1,9 million. Finalement, la gestion de deux lots de construction plutôt qu’un seul, tel que prévu initialement, a entraîné des dépenses supplémentaires de l’ordre de 300 000 dollars. (Faits saillants, page 1-2)

Les vérificateurs généraux des villes du Québec réclament plus d’argent pour faire leur travail correctement, mais c’est en vain : le gouvernement et les élus municipaux font la sourde oreille.

Après la Commission sur l’octroi et la gestion des contrats publics dans l’industrie de la construction (Commission Charbonneau), des « penseurs » des partis politiques provinciaux seront-ils tentés un jour de se servir des villes pour faire provision d’argent ? Les Québécoises et les Québécois, compte tenu de ce qu’ils savent du passé, sont en droit de se le demander, et d’être inquiets.

Roger Martel, 16 juin 2017

À venir :

Le ministre des Affaires municipales a-t-il une opinion au sujet des qualités de gestionnaire d’argent public de la Ville de Lévis ?