Lévis, 22 juin 2017. Finissantes, finissants, n’oubliez jamais que vous êtes plus libres que vous ne le pensez et que rien n’est moins innocent que le laisser-faire.

 

Trois finissantes et un finissant de l’École Pointe-Lévy de Lévis (Québec)

Photo prise sur la Terrasse du Chevalier de  Lévis le 22 juin 2017,

par Roger Martel


« MON IDÉE À MOI, C’EST QUE NOUS SOMMES PLUS LIBRES QUE NOUS NE LE PENSONS ;

C’EST PAS LA LIBERTÉ QUI MANQUE,

C’EST LE COURAGE

DE PRENDRE LES LIBERTÉS QUE L’ON A. »

 

Jean-Paul Desbiens (alias Le Frère untel), Les insolences du Frère untel, Montréal, Les Éditions de l’Homme, © 1960, p. 83) – Jean-Paul Desbiens, Les insolences du Frère untel, Texte annoté par l’auteur, Montréal, Les Éditions de l’Homme, © 1988, p. 86) (M. Desbiens a enseigné. A occupé le poste de directeur général de l’enseignement élémentaire et secondaire au ministère de l’Éducation et a été directeur général du campus Notre-Dame-de-Foy à Cap-Rouge.)

 

« Mon petit Frère Untel en or, mon petit lapin bleu, tu vas maintenant me dire pourquoi tu écris des choses comme ça, et à la face de la Province ?

« J’écris ces choses par charité. Et ne rigolez pas, s’il vous plaît. Pourquoi n’écrirais-je pas ces choses par charité ? Pourquoi n’aurais-je pas une étincelle de charité ? Quelqu’un aime la musique et il le dit et personne ne rigole ; quelqu’un aime les ouvrages de Camus et il le dit et personne ne rigole. Il est bien possible que moi, j’aime un peu les Canadiens français, et que je cherche à leur parler. Je vis au bout du monde et je m’ennuie de parler à des hommes.

« J’écris aussi pour bien établir qu’il est possible de dire ce que l’on pense. Pour bien établir que toute vérité est bonne à dire. Mon idée à moi, c’est que nous sommes plus libres que nous ne le pensons ; c’est pas la liberté qui manque, c’est le courage de prendre les libertés que l’on a. Nous pleurnichons sur la liberté absente et nous n’avons même pas essayé la liberté. Nous sommes un peu comme ce chien d’un conte de Jules Renard : nous flairons une chaîne qui ne nous retient peut-être plus. Ici je commets un canadianisme : tout d’un coup qu’on serait libres ? »

Jean-Paul Desbiens, Les insolences du Frère untel, Montréal : Les Éditions de l’Homme, 1960, 158 pages

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« Rien n’est moins innocent que le laisser-faire. »

« … ce que le monde social a fait, le monde social peut, armé de ce savoir, le défaire. Ce qui est sûr, en tout cas, c’est que rien n’est moins innocent que le laisser-faire : s’il est vrai que la plupart des mécanismes économiques et sociaux qui sont au principe des souffrances les plus cruelles, notamment ceux qui règlent le marché du travail et le marché scolaire, ne sont pas faciles à enrayer ou à modifier, il reste que toute politique qui ne tire pas pleinement parti des possibilités, si réduites soient-elles, qui sont offertes à l’action, et que la science peut aider à découvrir, peut être considérée comme coupable de non-assistance à personne en danger. »

[Pierre Bourdieu (réputé sociologue français), in Pierre Bourdieu (dir.), La misère du monde, Seuil, copyright 1993; coll. Points, p. 1453-1454) (Reproduit au https://lepasseurdelacote.com/2015/09/02/la-misere-du-monde-contre-le-laisser-faire/ le 2 septembre 2015]

J’ai envie de les revoir; pas vous? Souhaitons-leur une vie agréable.

finisants Ecole Pointe-Lévy 22-06-2017c

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Je remercie les finissants de m’avoir autorisé à les photogaphier et à publier les photos dans cet espace.

Roger Martel