La religion la plus simple ne serait-elle pas la meilleure ?

Le texte suivant a été écrit par Voltaire, né en 1694, décédé en 1778. Voltaire était un écrivain et un philosophe; ll est l’un des représentants de la philosophie des Lumières*.

« Après notre sainte religion [christianisme], qui, sans doute est la seule bonne, quelle serait la moins mauvaise ? Ne serait-ce pas la plus simple ? Ne serait-ce pas celle qui enseignerait beaucoup de morale et très peu de dogmes ? Celle qui tendrait à rendre les hommes justes sans les rendre absurdes ? celle qui n’ordonnerait point de croire des choses impossibles, contradictoires, injurieuses à la Divinité et pernicieuses au genre humain, et qui n’oserait point menacer des peines éternelles quiconque aurait le sens commun ? Ne serait-ce point celle qui ne soutiendrait pas sa créance par des bourreaux, et qui n’inonderait pas la terre de sang pour des sophismes inintelligibles ? Celle dans laquelle une équivoque, un jeu de mots, et deux ou trois chartes supposées ne feraient pas un souverain et un dieu d’un prêtre souvent incestueux, homicide et empoisonneur ? Celle qui ne soumettrait pas les rois à ce prêtre ? Celle qui n’enseignerait que l’adoration d’un Dieu, la justice, la tolérance et l’humanité ? ».

(Cité par Abderrazak SAYADI, Entre chrétiens et musulmans, quelles frontières ?, Gric* de Tunis,

21 mars 21 2008, https://gric-international.org/2008/dossiers/entre-chretiens-et-musulmans-quelles-frontieres/frontieres-entre-islam-et-christianisme/ )

* GRIC : Groupe de Recherches Islamo-Chrétien – Le GRIC est né en 1977 de l’initiative d’un petit groupe d’universitaires, chrétiens et musulmans. Ils étaient soucieux de rompre avec le dialogue de sourds aux accents trop souvent apologétiques et polémiques qui tendait à s’établir lors des rencontres entre intellectuels chrétiens et musulmans.)

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* « Le mouvement des Lumières tire son nom de la volonté des philosophes européens du xviiie siècle de combattre les ténèbres de l’ignorance par la diffusion du savoir. […] Confiants en la capacité de l’homme de se déterminer par la raison, les philosophes des Lumières exaltent aussi la référence à la nature et témoignent d’un optimisme envers l’histoire, fondé sur la croyance dans le progrès de l’humanité. L’affirmation de ces valeurs les conduit à combattre l’intolérance religieuse et l’absolutisme politique. » (Siècle des Lumières ou les Lumières, http://www.larousse.fr/encyclopedie/divers/si%C3%A8cle_des_Lumi%C3%A8res/130660)