À propos, encore une fois, de la Soirée d’échange avec la communauté musulmane tenue à Lévis (Québec)

Lévis (Québec), le 27 juillet 2018

Monsieur Elhadji Mamadou Diarra

Président du conseil d’administration

Le Tremplin Centre pour personnes immigrantes et leurs familles

Lévis (Québec)

Monsieur,

Permettez-moi de vous inviter à lire cette déclaration :

Pour le bien des citoyennes et des citoyens du Québec et du « pays » qu’ils forment, il est essentiel de dénoncer les faux dialogues entre les musulmanes et les musulmans, d’une part, et les non-musulmanes et les non-musulmans, d’autre part, de même que les affirmations inexactes, approximatives, inacceptables faites dans le cadre de ces dialogues ou dans d’autres contextes. Faux dialogues, demi-vérités et mensonges mènent à un cul-de-sac. La mauvaise foi n’est pas le fait d’amis.

Le 18 mai 2017, à Lévis, des citoyennes et des citoyens ont participé à une activité appelée « Vivre ensemble : Soirée d’échange avec la communauté musulmane », organisée par la Mosquée de Lévis et Le Tremplin Centre pour personnes immigrantes et leurs familles. L’imam de la Mosquée locale, M. Karim Elabed, et la porte-parole de la communauté musulmane de Québec, Mme Marie-Josée Coulombe (qui a dit être une Québécoise de souche convertie à l’islam), ont été les principaux protagonistes de cette soirée. Je vous ai déjà écrit au sujet de cette soirée.

Je vous ai rappelé que l’activité « Vivre-ensemble : Soirée d’échange avec la communauté musulmane » devait servir à M. Elabed et à Mme Coulombe, selon Le Tremplin, à atteindre le but suivant : « démystifier la religion musulmane et la culture islamique, faisant le rapprochement entre les valeurs islamiques et les valeurs de la société québécoise ».

Je vous ai dit que Le Tremplin et son conseil d’administration avaient commis une erreur en faisant appel uniquement à des musulmans pour « démystifier » l’islam et la culture des musulmanes et des musulmans (comme si l’islam était pratiqué de la même façon partout, comme si la culture des adeptes de l’islam français était identique à celle des musulmanes et des musulmans de l’Arabie saoudite), et ce, devant un auditoire qui ne pouvait pas savoir si ces musulmans avaient la formation requise pour remplir leur mission convenablement (que savaient ces musulmans de la théologie musulmane et de la théologie catholique, par exemple?), sans savoir s’ils étaient capables de faire l’examen du christianisme et des valeurs québécoises, et de faire l’examen de leur religion et de leurs valeurs, qu’ils vénèrent sans doute, sans les embellir, devant un auditoire probablement composé surtout de catholiques ou de personnes ayant grandi auprès de parents catholiques, des personnes, faut-il ajouter, qui n’avaient peut-être jamais tenu un exemplaire du Coran entre leurs mains, jamais lu un livre sur l’islam, et qui peuvent difficilement trouver quelque chose à redire à des musulmanes ou à des musulmans qui leur parlent, du haut d’une estrade, de points de doctrine, de dogmes, de droits humains islamiques, de la loi islamique (charia) présentée sous un très beau jour, le 18 mai 2017, par l’imam Elabed qui devait pourtant : savoir que la charia est la « Loi canonique islamique régissant la vie religieuse, POLITIQUE, SOCIALE et individuelle, appliquée de manière stricte dans certains États musulmans », écrit Larousse (https://www.larousse.fr/dictionnaires/francais/charia/14756); M. Elabed devait pourtant savoir que la charia est la traduction juridique du Coran (Mohammed Arkoun, professeur d’histoire de la pensée islamique à la Sorbonne, ABC de l’islam, Paris, Éditions Grancher, © 2007, p. 86); M. Elabed devait pourtant savoir que, en 2014, « La Tunisie tourne le dos à la charia », lit-on dans Le Monde, au https://www.lemonde.fr/international/article/2014/01/07/la-tunisie-officialise-le-renoncement-a-la-charia_4343892_3210.html, « La Tunisie s’affranchit de la charia », lit-on au https://www.lesechos.fr/08/01/2014/LesEchos/21600-030-ECH_la-tunisie-s-affranchit-de-la-charia.htm, « La Tunisie rejette la charia », lit-on dans le quotidien montréalais La Presse, au http://www.lapresse.ca/international/afrique/201401/04/01-4725613-constitution-la-tunisie-rejette-la-charia.phà.

– NOTE importante : « La grande majorité des Tunisiens sont des musulmans sunnites », écrit l’Observatoire de la liberté religieuse, au http://www.liberte-religieuse.org/tunisie/.

Servirait-il à quelque chose que nous dialoguions, vous et moi? Je pense que oui. Mais pas en tête-à-tête entre quatre murs, bien sûr; il y a beaucoup mieux à faire : je vous propose que nous nous exprimions tous les deux par écrit, que nous échangions des lettres, et que toutes nos paroles soient rendues publiques dans le site web du Tremplin ainsi que dans mon blogue, www.lepasseurdelacote.com; de cette façon, nos dires parviendraient à un certain nombre de nos concitoyennes et concitoyens (et à d’autres personnes, le web étant ce qu’il est), et ils pourraient leur être utiles; ils seraient beaucoup plus utiles que si nous les gardions pour nous deux. Qu’en pensez-vous?

Cette lettre et votre réponse, si vous me répondez, seront publiées au WWW.LEPASSEURDELACOTE.COM.

Recevez, Monsieur, mes salutations distinguées.

Roger Martel, citoyen de Lévis (Québec)

P.-S. Ce message sera transmis à des employés du Tremplin.