Il faut agir en faveur de la laïcité à l’école, au Québec.

 

https://www.ledevoir.com/opinion/idees/549944/monsieur-legault-agissez-en-faveur-de-la-laicite-a-l-ecole

Monsieur Legault, agissez en faveur de la laïcité à l’école

 

L’école accueille des enfants, par définition influençables,

et se doit de préserver les conditions d’acquisition des savoirs et de la culture universelle. 

Texte collectif*

15 mars 2019

Monsieur le Premier Ministre,

Vous vous apprêtez à présenter devant l’Assemblée nationale un projet de loi portant sur la laïcité de l’État. Nous vous soutenons dans cette initiative. D’emblée, nous pouvons vous dire que nos attentes sont élevées pour le milieu de l’éducation. S’agissant de l’école, le débat est trop souvent partiel. En effet, il tourne presque toujours autour de la question de l’interdiction de l’affichage des symboles religieux des enseignants. Cette façon de procéder nous semble réductrice, car elle omet l’essentiel : le rôle de l’école et le respect de la liberté de conscience des enfants. L’école accueille des enfants, par définition influençables, et se doit de préserver les conditions d’acquisition des savoirs et de la culture universelle.

Les Québécois ont eu à se pencher sur cette question à quelques moments phares de leur vie collective. Le rapport Parent est en ce sens un document fondateur. Inculquer une culture humaniste du monde et construire l’autonomie de jugement préparent les élèves à assumer le rôle qui deviendra, plus tard, le leur : habiter, construire, réenchanter le monde. Libérer l’école de l’emprise du clergé a constitué le point de départ d’une grande ambition.

Monsieur le Premier Ministre, vous êtes aujourd’hui confronté aux mêmes défis. En effet, comment accepter que des enseignants puissent exhiber des symboles religieux ostentatoires alors que leur fonction les oblige à se conformer à une certaine idée de la citoyenneté intimement liée à l’égalité entre les femmes et les hommes par exemple ?

L’enseignement ne consiste pas seulement à transmettre des savoirs et des savoir-faire, il véhicule, d’abord, une conception du monde, nécessairement inspirée par un choix de valeurs. Les deux impératifs doivent aller de pair. Il faut que les élèves apprennent à distinguer ce qui relève de la croyance et ce qui est de l’ordre de la connaissance. Ce qui peut avoir valeur d’universel et ce qui peut être lié à la particularité d’un individu. L’enseignant qui place ses croyances individuelles au-dessus de sa mission éducative se met dans une situation insurmontable. Évoquer cette exigence revient à considérer la liberté de conscience des élèves. Il est donc nécessaire d’interdire l’affichage des symboles religieux à l’école publique et d’imposer un seul et même régime à l’ensemble du corps enseignant. Ce n’est pas tout. Dans un souci de cohérence, cette exigence doit être étendue aux éducatrices en service de garde et à l’ensemble du personnel de l’école.

Quelques mots sur le voile puisqu’il fait l’objet, lui aussi, d’un débat intense. Le voile n’est pas une obligation religieuse. Par ailleurs, certains musulmans qui ont une lecture littéraliste des textes religieux en font une obligation. Il faut reconnaître que les musulmans sont divisés sur cette question. Ce qui est important à nos yeux, c’est d’évoluer avec son temps.

Avant de conclure, nous aimerions rappeler un simple fait, une évidence même, l’islam n’est pas une « race ». Mettre sur le même registre islam et « race » comme le font certains est dangereux. Surtout lorsque cette confusion est instrumentalisée de façon à jeter l’opprobre sur des personnes qui militent contre une approche fondamentaliste de l’islam en les traitant d’islamophobes, voire de racistes. L’islam est une religion pratiquée par des millions de personnes. Il y a des musulmans arabes, iraniens, chinois, russes, ouzbeks, maliens, soudanais, bosniaques, etc., et chacun pratique un islam en fonction de sa compréhension, de ses traditions, de sa culture et de son environnement institutionnel. Il existe plusieurs islams.

Au Québec, il s’agit de voir ce qui est compatible avec notre démocratie. Pour nous, il y a deux indicateurs pour mesurer ce degré de compatibilité : le respect des lois de notre pays d’adoption et la reconnaissance de leur primauté sur n’importe quelle autre considération.

 

*Ont signé ce texte :

Mohand Abdelli, ingénieur retraité ; Rachida Ait Tahar, enseignante ; Karim Akouche, poète, romancier et dramaturge ; Nadia Alexan, professeure retraitée ; Fatiha Attou, enseignante ; Amani Ben Ammar, comptable agréée ; Radhia Ben Amor, militante associative ; Djemila Benhabib, politologue et écrivaine ; Leila Bensalem, enseignante ; Djafer Bouchilawen, ingénierie Télécoms ; Ferid Chikhi, conseiller en emploi ; Kamal Codsi, entrepreneur ; Nadia El-Mabrouk, professeure à l’Université de Montréal ; Zabi Enayat-Zada, fiscaliste, auteur et conférencier ; Aziz Fares, auteur et journaliste ; Said Guerfi, professeur au collège ; Ensaf Haidar, présidente de la Fondation Raif Badawi ; Hassiba Idir, gestionnaire ; Nacere Irid, ingénieur ; Ali Kaidi, militant pour la laïcité, membre fondateur de l’Association québécoise des Nord-Africains pour la laïcité (AQNAL) ; Ferroudja Kaidi, enseignante ; Ammar Lakehal, maître de taekwondo ; Leila Lesbet, technicienne en éducation spécialisée, militante féministe ; Belkacem Nasri, militant associatif ; Farid Salem, Solidarité Québec Algérie ; Nacéra Si Serir, enseignante ; Nacera Zergane, conseillère en sécurité financière ; Nabila Ben Youssef, comédienne et humoriste.

Les sorcières de Salem étaient-elles originaires du Québec?

Aujourd’hui, Vicky Lapointe nous apprend, entre autres, qu’un site web a été créé pour faire connaître le patrimoine franco-américain de Salem, Massachusetts. En passant, les sorcières de Salem étaient-elles originaires du Québec?

https://tolkien2008.wordpress.com/2019/03/25/du-cote-des-franco-americains/

Comprenons-nous bien! Des définitions de quelques mots de l’islam.

On trouve des définitions de quelques mots de l’islam au http://www.thucydidebn.com/realisations/comprendre/actu/11sept2001/print.htm. On les lira avec profit.

Extraits :

Etre Musulman = être de confession musulmane, adhérer à la foi islamique. (ATTENTION : dans cette acception, « islamique » ne signifie pas extrémisme. « Islamique » est un adjectif devant lequel on peut faire figurer des noms tels « Loi », « Foi », « Droit », « Culture », « Art », mais également « Mouvement » ou « Parti » (politico-religieux généralement), « Terrorisme »… D’où une certaine confusion !)

Musulman équivaut donc pour les autres religions à Chrétien, Juif, Bouddhiste…

Rappelons également que, par souci d’honnêteté intellectuelle et de respect de chacun, on ne doit pas confondre les personnes qui adhèrent à une religion, quelle qu’elle soit, avec ceux qui, au sein de ces mouvements religieux, professent des discours extrémistes (Cf. Fondamentalisme) !

Un Musulman n’est pas un islamiste (au sens politico-religieux du terme), de même que les « islamistes » ne représentent pas les Musulmans du monde.

Un parallèle pourrait être fait avec certains mouvements extrémistes Chrétiens ou Juifs, qui ne représentent pas leurs religions respectives, mais seulement l’expression d’une minorité.

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Il est important de faire la différence entre l’esprit d’une foi religieuse (l’islam ou le christianisme) et ce qu’une société (la société musulmane ou la chrétienté) en fait dans la pratique.

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La charia est « interprétée » différemment selon les cultures et traditions ancestrales propres à chaque société islamisée. Ainsi, malgré la rigueur imposée en 1979 en Iran lors de la Révolution islamique, on n’a jamais atteint dans ce pays cette « somme d’interdits » imposés en Afghanistan par les Talibans depuis 1996-1997.

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L’intégrisme se caractérise par des conceptions intransigeantes, intolérantes et manichéistes (Occident = Satan), voire xénophobes ou meurtrières contre les Gens du Livre (Juifs et Chrétiens), pourtant respectés en Islam.

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RELIGION Ensemble de croyances ou de dogmes et de pratiques cultuelles qui constituent les rapports de l’homme avec la puissance divine (monothéisme) ou les puissances surnaturelles (polythéisme, panthéisme).

Proposition destinée à atténuer les craintes et les peurs que des religions et des sectes suscitent. Réaction du Centre culturel islamique de Québec.

Lévis (Québec), le 21 mars 2019

Le 28 février 2019, j’ai soumis à la Conférence des évêques catholiques du Canada et au Centre culturel islamique de Québec une proposition destinée à atténuer les craintes et les peurs que des religions et des sectes suscitent (on le sait : des religions et des sectes inquiètent, certaines plus que d’autres); je leur ai suggéré de fixer sur un mur, dans leurs lieux de culte, une plaque, une affiche, portant cette inscription ou une inscription équivalente :

« Moi qui entre dans ce lieu de culte, je tiens à faire savoir,

sans rien dissimuler,

que j’adhère sincèrement et entièrement

à la Charte universelle des droits de l’Homme,

à la Charte canadienne des droits et libertés

et à la Charte des droits et libertés de la personne du Québec. »

( On trouvera cette proposition au https://lepasseurdelacote.com/. )

Hier, 20 mars 2019, le président du Centre culturel islamique de Québec, Monsieur Boufeldja Benabdallah, m’a appris dans un courriel qu’il ne mettrait pas en oeuvre ma suggestion. Je lui ai répondu ceci :

« Je suis désolé de devoir vous dire que votre rejet de ma suggestion (afficher dans les mosquées une déclaration d’adhésion à la Charte canadienne des droits et libertés) me surprend et me déçoit grandement : il aurait été si facile et si peu coûteux de la mettre en œuvre, sa mise en oeuvre aurait joué un rôle positif dans l’établissement et le maintien de relations saines entre les musulmans et les non-musulmans du Canada.

« Je vous reparlerai de votre rejet plus tard. J’espère vous convaincre changer d’idée.

« Je publierai la présente au http://www.lepasseurdelacote.com, de même que votre réponse (si vous voulez bien que notre échange se poursuive). M’autorisez-vous à rendre public le courriel que vous m’avez envoyé cet après-midi? »

À suivre.

Roger Martel, citoyen de Lévis

Des musulmans indifférents aux événements qui secouent le monde; des musulmans favorables à la sécularisation de leur société et à la privatisation des pratiques religieuses…

N’oublions pas que des musulmans sont indifférents aux événements qui secouent le monde, que d’autres luttent pour la sécularisation de leur société et pour la privatisation des pratiques religieuses.

Extrait de Géo-histoire de l’Islam, ouvrage de Pascal Buresi, édition de poche, Belin, © Éditions Belin/Humensis 2018 (© Éditions Belin, 2005, pour la première édition), p. 497
[Pascal Buresi, directeur de recherche au Centre national de la recherche scientifique (France) et directeur d’études à l’École des hautes études en sciences sociales (France). Il dirige l’Institut d’études de l’Islam et des sociétés du monde musulman (Paris). Il a notamment écrit Les mondes de l’Islam. Une foi, des cultures (Larousse, 2006) et Histoire de l’Islam (La Documentation française, 2007); il a dirigé la publication de Histoire des pays d’Islam De la conquête de Constantinople à l’âge des révolutions ((2018)

La lecture religieuse des conflits mise en question

« …l’examen attentif des différentes régimes politiques dans les États où l’islam est la religion dominante et l’existence de troubles ou de problèmes similaires dans des régions ou des États non musulmans prouvent bien, d’une part que la religion musulmane n’est pas responsable de tous les maux politiques, sociaux ou économiques dont souffrent certains États musulmans, d’autre part qu’il faut chercher ailleurs les explications des problèmes que traversent les pays concernés. La violence au nom de Dieu ou de la religion n’est pas l’apanage des « islamistes ». Elle est aussi celle de tous les intégrismes religieux; elle ne doit pas non plus faire oublier que, dans le même temps, de nombreux musulmans vivent leur foi dans l’indifférence à l’égard des événements qui font la une des journaux et que d’autres luttent, contre les islamistes, pour la sécularisation de leur société et la privatisation des pratiques religieuses. Renoncer à la généralisation conduit à invoquer des héritages géographiques, sociaux, politiques ou anthropologiques bien plus nombreux et complexes que la seule religion musulmane qu’ils déterminent aussi en partie. »

Le monde regorge de beautés. Le Paris des arts, par exemple.

Le Paris des arts, l’émission de France 24

https://www.france24.com/fr/20190208-paris-arts-laurence-equilbey-insula-orchestra-chef-orchestre-seine-musicale-andre-wilms

Une balade culturelle dans Paris en compagnie d’un invité. Valérie Fayolle jette des ponts d’un art à un autre, d’un artiste à l’autre, de la France au reste du monde. Le samedi à 14h10 et dès le vendredi sur Internet !