Exploitation du manque de maturité des enfant au Québec: les caisses scolaires de l’entreprise Mouvement Desjardins dans les écoles primaires. Lettre à Véronique Hivon.

Lévis, le 8 novembre 2019

Madame Véronique Hivon, députée de Joliette

Porte-parole du troisième groupe d’opposition en matière d’éducation

Hôtel du Parlement, 1045, rue des Parlementaires, 3e étage, Bureau 3.143

Québec, G1A 1A4

Veronique.Hivon.JOLI@assnat.qc.ca

Madame,

ll y a près de neuf mois, le 18 janvier 2019, j’ai écrit au ministre de l’Éducation, M. Jean-François Roberge, je l’ai invité à prier l’entreprise Mouvement Desjardins de retirer rapidement ses caisses scolaires des écoles du Québec. M. Roberge n’a pas jugé bon de me répondre.

Si vous trouvez que ma demande est justifiée, vous serait-il possible de la rappeler à M. Roberge, à l’Assemblée nationale?

La communication que j’ai envoyée au ministre Jean-François Roberge en janvier dernier est reproduite ci-dessous.

Je publierai la présente et votre réponse au www.lepasseurdelacote.com.

Je vous prie, Madame, d’agréer l’expression de mes sentiments les meilleurs.

Roger Martel

www.lepasseurdelacote.com

Lévis, le 18 janvier 2019

Monsieur Jean-François Roberge

Ministre de l’Éducation et de l’Enseignement supérieur

Cabinet du ministre, Édifice Marie-Guyart

1035, rue De La Chevrotière, 16e étage

Québec (Québec) G1R 5A5

Monsieur le ministre,

En 2012, un historien à l’emploi de l’entreprise Mouvement Desjardins a écrit ceci : « À partir du constat que LA CAISSE SCOLAIRE PEUT S’AVÉRER UNE ŒUVRE AUXILIAIRE DES PLUS UTILES POUR LA CAISSE POPULAIRE, [Alphonse] Desjardins fait sien cet écrit de l’économiste français Léon Say : « La caisse agit sur les adultes, mais son action devra être lente à raison même de la force de résistance des habitudes prises; tandis que de son côté l’épargne scolaire, elle, s’empare de l’enfance et la façonne dès le berceau [!] à cette vertu sociale de l’économie. […] Par cette nouvelle activité, on préparera de nombreuses recrues qui viendront grossir plus tard les rangs des sociétaires des Caisses populaires. »

(Guy Bélanger, historien, employé de l’entreprise Mouvement Desjardins, Alphonse Desjardins 1854-1920, Septentrion, p. 380).

« Malgré ce qui prend l’allure d’un empiètement, Alphonse Desjardins n’hésite pourtant pas à promouvoir l’épargne scolaire et intégrer ces petites caisses au mouvement coopératif. Sans désespérer de l’épargne adulte, il espère davantage de la relève des futurs épargnants que préparera la caisse scolaire. »

(Paul Morency, Alphonse Desjardins et le catéchisme des caisses populaires,

Québec, Les Éditions du Septentrion, 2000, p. 55).

« L’enfant doit être protégé contre toute forme de négligence, de cruauté et d’exploitation… »

Déclaration des droits de l’enfant adoptée par l’Assemblée Générale des Nations Unies

https://www.humanium.org/fr/normes/declaration-1959/

Les Québécoises et les Québécoises ont raison de se demander ce que font l’entreprise Mouvement Desjardins et ses caisses scolaires dans les écoles du Québec fréquentées par des enfants de 4 à 12 ans. Apprennent-ils aux enfants à épargner ? Dans un document distribué à des écoliers en 2012, Desjardins dit : « Grâce à ce mode d’épargne [la caisse scolaire], les jeunes de niveau primaire s’habituent à épargner et apprennent des notions d’économie et de coopération »; dans le web, Desjardins admet que l’un des objectifs pédagogiques de ses caisses scolaires est de faire « connaître et comprendre » la « notion de coopération ». Le Mouvement Desjardins est fidèle à son fondateur : en 2013, il lorgne « la relève des futurs épargnants que préparera la caisse scolaire », comme le faisait consciemment, délibérément, Alphonse Desjardins il y a un siècle : « À partir du constat que la caisse scolaire peut s’avérer une œuvre auxiliaire des plus utiles pour la caisse populaire, a écrit en 2012 un historien à l’emploi de Desjardins, [Alphonse] Desjardins fait sien cet écrit de l’économiste français Léon Say : « La caisse agit sur les adultes, mais son action devra être lente à raison même de la force de résistance des habitudes prises; tandis que de son côté l’épargne scolaire, elle, s’empare de l’enfance et la façonne dès le berceau à cette vertu sociale de l’économie. […] Par cette nouvelle activité, on préparera de nombreuses recrues qui viendront grossir plus tard les rangs des sociétaires des Caisses populaires. » (Guy Bélanger, Alphonse Desjardins 1854-1920, Septentrion, p. 380). Vous pensez probablement comme moi, Monsieur le ministre : on ne doit pas accepter qu’un établissement financier, Desjardins ou n’importe quel autre, soit autorisé par le gouvernement et les commissions scolaires du Québec à s’installer dans les écoles pour « grossir plus tard les rangs des sociétaires des Caisses populaires » ou des clients des succursales d’une banque.

Vous avez compris, Monsieur le ministre, que je demande au gouvernement du Québec, à votre ministère, d’ordonner à l’entreprise Mouvement Desjardins de retirer rapidement ses caisses scolaires des écoles du Québec. Je ne crois pas qu’il y a beaucoup de Québécoises et de Québécois qui aiment que leurs enfants de 4 à 12 ans subissent l’influence de l’épargne scolaire qui « s’empare de l’enfance et la façonne dès le berceau [!] à cette vertu sociale de l’économie [la coopération] », ou qu’on expose leurs enfants aux vertus du capitalisme, du communisme ou de l’illibéralisme à l’école primaire, « dès le berceau » [!].

La présente et votre réponse seront publiées au www.lepasseurdelacote.com.

Je vous prie, Monsieur le ministre, d’agréer l’expression de mes sentiments les meilleurs.

Roger Martel, citoyen de Lévis

Membre de l’Ordre des traducteurs, terminologues et interprètes agréés du Québec (OTTIAQ) de 1981 à 2007. Ancien employé du Bureau de la traduction du Gouvernement du Canada. Principal artisan (bénévole) de la publication de huit numéros de la revue trimestrielle de la Société d’histoire régionale de Lévis (2006-2008). Pendant douze ans (1986-1998), principal artisan (bénévole), après les élèves, du journal de l’école primaire Saint-Dominique de Lévis en qualité de père d’élèves, puis de parent d’anciens élèves. Membre fondateur de la Société québécoise d’histoire de la pharmacie. Travailleur bénévole au Tremplin Centre pour personnes immigrantes et leurs familles de 2013 à 2018. Libre d’antécédents judiciaires.

Post-scriptum

I_Rappel – Le 3 février 2012, le quotidien montréalais La Presse a écrit ceci :

« Pour avoir contrevenu à l’interdiction de faire de la publicité destinée aux enfants, le Mouvement Desjardins s’est fait taper sur les doigts par l’Office de protection du consommateur (OPC), a appris La Presse. Dans le matériel scolaire qu’il offre aux écoles, le Mouvement a « fait la promotion de Desjardins avec un certain appétit de faire de la publicité », a expliqué Nathalie Jackson, avocate à l’OPC.

« C’est une commission scolaire qui a porté plainte à l’OPC en 2010, jugeant que le matériel didactique offert en lien avec les caisses scolaires devenait hors de proportion. Il y en avait tant que « ça faisait un bon dictionnaire Robert de haut », a décrit Me Jackson. » (https://www.lapresse.ca/actualites/education/201202/02/01-4492114-desjardins-a-fait-de-la-pub-dans-les-ecoles.php)

II_« Parce que le droit est au service de la Justice il est fondamental pour le juge de ne jamais tolérer que l’homme aliène* l’homme, l’exploite** ou le trompe sous le couvert de la loi ou du contrat et de toujours rechercher les points d’équilibre des droits ou des intérêts qui s’affrontent. »

(Jean Chazal [président de Chambre à la Cour d’appel de Paris, président d’honneur de l’Association des Juges des enfants], Les Droits de l’enfant, Paris, Presses universitaires de France, coll. Que Sais-Je? © 1959, p.117)

* aliéner : « Soumettre quelqu’un à des contraintes, lui enlever son libre arbitre », https://www.larousse.fr/dictionnaires/francais/ali%C3%A9ner/2258

** exploiter : « Tirer abusivement profit » http://www.cnrtl.fr/definition/exploiter

Membres de caisses scolaires, enfants de six ans ou plus. Les meilleurs coopérateurs sont probablement les enfants qui déposent le plus d’argent.

caisse scolaire Desjardins jeunes cooperateurs

Test des valeurs et mutilations sexuelles, au Canada (novembre 2019).

Test des valeurs et mutilations sexuelles

 

On comprend que les Canadiennes et les Canadiens parlent beaucoup ces temps-ci du projet gouvernemental québécois de création d’un test des valeurs; par contre, il est tout à fait incompréhensible que la population et les politiques se montrent aujourd’hui comme hier monstrueusement indifférents à la violation du Code criminel du Canada et de la Loi canadienne en matière de citoyenneté (qui exige que les personnes souhaitant obtenir la citoyenneté canadienne s’engagent par serment à « [observer] fidèlement les lois du Canada »). Au Canada, le livre sacré d’une religion ordonne de tuer les adeptes d’une autre religion… un autre livre sacré autorise la maltraitance des femmes… un autre brime la liberté de religion des personnes qui le vénèrent… On fait le silence sur ces infractions à des lois fondamentales, à ces crimes. Il y a vingt ans, en 1999, la publication québécoise La Gazette des femmes dénonçait « La loi du silence [qui] entoure la question des mutilations sexuelles pratiquées au Canada »; et « aucune poursuite pour MGF [mutilation génitale féminine] n’a jamais été engagée au Canada à ce jour », écrivaient en 2018 le mouvement Global Citizens et en 2015 le Canadian Medical Association Journal; pourtant, les mutilations génitales féminines ont été ajoutées au Code criminel canadien il y a vingt-deux ans, en 1997, et la population et les politiques n’ignorent pas que des fillettes canadiennes sont victimes d’une pratique religieuse ou culturelle, la barbare ablation du clitoris, qui, selon la Déclaration de principe numéro 272 de la Société des obstétriciens et gynécologues du Canada (https://www.jogc.com/article/S1701-2163(16)39640-2/pdf), peut avoir, à plus ou moins long terme, de très nombreuses conséquences, dont celles-ci : la mort, l’ulcération des organes génitaux, l’herpès génital, les infections de l’appareil génital, des complications liées à l’accouchement et la mise en péril du nouveau-né, la crainte des relations sexuelles, le syndrome de stress post-traumatique, des complications en raison d’interventions de désinfibulation et, peut-être, de réinfibulation, l’infertilité, et la mort, la mort, il faut le répéter, des conséquences dont ne peuvent se laver les mains les Canadiennes et les Canadiens qui ferment les yeux et se taisent. De grâce, parlons moins du test des valeurs, élevons la voix contre les mutilations génitales féminines, extrême sauvagerie!

Roger Martel, citoyen de Lévis


LA PRATIQUE DE L’EXCISION/

MUTILATION GÉNITALE FÉMININE,

UNE CONVENTION SOCIALE NÉFASTE

L’EXCISION, ÇA EXISTE AU CANADA

L’EXCISION, ÇA EXISTE AU CANADA

L’EXCISION, ÇA EXISTE AU CANADA, MAIS

LA LOI DU SILENCE ENTOURE CETTTE QUESTION

 

L’EXCISION, ÇA EXISTE

dans bien des pays dits civilisés 


EXCISION/MUTILATION GÉNITALE FÉMININE

 

CONSÉQUENCES POUR LA SANTÉ

DES FILLES ET DES FEMMES

 

L’E/MGF ne présente aucun avantage connu pour la santé des filles et des femmes. Puisque l’intervention est souvent pratiquée sans anesthésie par un praticien traditionnel à l’aide de ciseaux, de lames de rasoir ou de verre brisé, les conséquences et les risques immédiats pour la santé peuvent être graves et mettre la vie en danger. Ces conséquences comprennent, entre autres, une douleur intense, le choc, la rétention urinaire, l’ulcération des organes génitaux, des lésions aux tissus adjacents et, dans certains cas, la mort. Les complications à plus long terme comprennent les infections, la chéloïde, les infections de l’appareil génital et les infections transmissibles sexuellement (surtout l’herpès génital), un risque accru de contracter le VIH, les complications liées à l’accouchement et la mise en péril du nouveau-né. Cette pratique comporte aussi des conséquences psychologiques, notamment la crainte des relations sexuelles et le syndrome de stress posttraumatique. Qui plus est, les femmes qui ont subi une E/MGF de type III sont exposées au risque de connaître des complications en raison des nombreuses interventions de désinfibulation et, peut-être, de réinfibulation, ainsi qu’à celui de connaître des problèmes urinaires et menstruels, des relations sexuelles douloureuses et l’infertilité.