Il serait naturellement souhaitable que les croyantes musulmanes et les croyants musulmans, au Canada, au Québec, soient heureux. Mais jusqu’à quel point est-ce possible?

Lévis, 10 octobre 2020

EN GUISE D’INTRODUCTION

EXTRAIT DE «  Ils ont trahi Allah » ( Editions de l’Observatoire, 2020 ) – L’AUTEUR EST MUSULMAN.

« Pourquoi des croyantes et des croyants s’irritent, crient, dénoncent, jugent, blâment, haïssent bien trop souvent alors même qu’ils possèdent une richesse incommensurable : l’espérance d’une vie éternelle? Ne devraient-ils pas, au contraire, baigner dans la plénitude? Comment expliquer que cette merveilleuse perspective, celle de l’éternité, n’illumine pas leur âme trop souvent occupée à dresser des tribunaux pour demander des comptes à telle fille dont la robe est trop courte, à tel jeune homme écoutant de la musique au lieu de lire le Coran, ou encore à cette dame ne jeûnant pas en période de ramadan? Pourquoi ne jouissent-ils pas – ou si peu – de ce bonheur?

« N’est-ce pas plutôt le non-croyant qui, ruminant une forme de désespérance. aurait matière à se plaindre puisque pour lui, une fois mort la partie s’arrête, le rideau tombe et le spectacle se termine brutalement? Pourtant, lorsqu’on analyse les statistiques, rares sont les violences et autres attentats suicides commis au cri horrifiant de « Dieu n’est pas ». Derrière ces mots, une triste réalité : la foi est plus souvent synonyme d’austérité, de sermonade, voire de brutalité aveugle, que de joie illuminant les visages. »

Malik Bezouh, Ils ont trahi Allah. Blasphème. Homosexualité, masturbation, athéisme... Ces tabous qui tuent la religion musulmane, Paris, Éditions de l’Observatoire/Humensis, © 2020, p. 257-258

UNE SOURCE D’INCONFORT POUR LE MUSULMAN. QUE FAUT-IL POUR QUE L’ISLAM CONDUISE AU BONHEUR?

EXTRAITS DU LIVRE Le Bonheur et les morales des grandes religions. Regards de scientifiques, écrit par Michel Cabanac et Marie-Claude Bonniot-Cabanac, publié à Québec par les Presses de l’Université Laval, 2007, 227 p.

Le Coran est écrit essentiellement pour des hommes et des hommes musulmans, à l’exclusion des non-musulmans et des femmes. Les femmes y sont certes mentionnées de façon répétée, mais comme des personnes mineures, ce qui peut être générateur pour elles d’un certain inconfort.

[…]

Les commandements [donnés aux croyantes et aux croyants dans le Coran] sont assez facilement observables et conduisent donc bien au bonheur tel que défini au chapitre 1 du présent ouvrage.

Une nuance d’importance est néanmoins à apporter. Le Coran est au présent, il est une série de commandements de Dieu hic et nunc [ici et maintenant]. Il ne peut donc être question de les modifier ou de les interpréter. Comme nous l’avons déjà souligné, l’observance d’un bon nombre de commandements peut être malcommode en société sécularisée, car ils impliquent une organisation sociale. Sans même parler de la condamnation à mort des renégats, des amputations en punition des voleurs, ou des punitions corporelles, la simple pratique du Ramadan, ou de la prière plusieurs fois par jour, selon un rite bien défini, peut être incompatible avec certaines fonctions. De même, l’inégalité juridique et sociale entre les sexes et l’acceptation de l’esclavage peuvent entraîner des difficultés en société libérale. Le Coran prévoit le plus souvent des dispenses pour cas d’empêchement, mais on comprend néanmoins que des musulmans pieux à qui le Coran interdit de prendre pour amis des Juifs et des Chrétiens souhaitent vivre dans des sociétés régies par la charia, la loi islamique, car l’islam est à la fois un dogme (din) et une loi (sharia). Cette difficulté peut être source de malheur, tel que défini au chapitre 1, c’est-à-dire l’incapacité à satisfaire les commandements. On peut donc conclure raisonnablement que c’est seulement en société islamique, le dar al islam, que le Coran conduit au bonheur, tel que défini au chapitre 1.

C’est d’ailleurs le message du Coran lui-même :

« Voilà ceux qui suivent une Voie indiquée par leur Seigneur; Voilà ceux qui sont heureux! (S. II, v. 8)

[…]

comme les commandements portent sur tous les domaines de la vie, leur observance stricte implique une organisation de la société incompatible avec les notions occidentales de liberté et d’égalité. Cette incompatibilité peut êtres source d’inconfort pour le musulman.

FIN DES EXTRAITS DU LIVRE Le Bonheur et les morales des grandes religions. Regards de scientifiques

Qu’est-ce qui pourrait bien empêcher la croyante musulmane, le croyant musulman, au Québec, d’être heureux? Ceci, peut-être : l’Arabie saoudite, pays où les musulmans sont fortement majoritaires, interdit aux chrétiens de bâtir des églises. Les croyants musulmans au Québec monteraient certainement sur leurs grands chevaux, ils pousseraient sûrement des hauts cris si le Québec ou le Canada ne les autorisait pas à ouvrir des mosquées ou des salles de prière. Ne voudraient-ils pas tous, ou une partie d’entre eux ne voudraient-ils pas se mettre en quatre pour essayer de convaincre leurs frères musulmans de l’Arabie saoudite de cesser de brimer la liberté de religion des chrétiens? Leur religion les empêche-t-ils de le faire? Ou est-ce que ce sont des pressions familiales ou sociales? S’ils pouvaient aider les chrétiens persécutés en terre musulmane, ne seraient-ils pas heureux?

A-t-elle l’esprit tranquille, est-elle heureuse, la croyante musulmane, a-t-il l’esprit tranquille, est-il heureux, le croyant musulman établi au Québec ou ailleurs au Canada qui croise des concitoyens dans la rue ou dans un centre commercial, qui côtoie des non-musulmans (chrétiens, juifs, athées…) au travail? Pourquoi ne pourrait-il pas l’être, heureux?

Les non-musulmans du Québec qui connaissent peu de choses de l’islam sont nombreux (malheureusement, des musulmans tablent sur leur ignorance pour tenter de les tromper, il serait facile de le démontrer); mais il y en a plus qu’on le pense qui se sont renseignés et qui ont découvert, par exemple, l’existence de deux coquineries que le monde musulman ne condamne pas, pas à haute voix, en tout cas : la taqiya et l’esquive, des coquineries dont l’existence est ou devrait être d’autres causes d’inconfort, de gêne très embarrassante, de grand malaise, pour les adeptes de l’islam.

Qu’est-ce que la TAQIYA?

Réponse de Mohamed Louizi, Libérer l’islam de l’islamisme, publié par la Fondation pour l’innovation politique, janvier 2018, http://www.fondapol.org/etude/liberer-lislam-de-lislamisme/

« La Taqiya est une technique sophistiquée du double discours et de la dissimulation des vraies convictions, des vraies opinions et des vraies intentions. Elle est loin d’être la seule technique de communication utilisée par les islamistes. […] En phase de faiblesse, la Taqiya est utilisée de manière intense. En phase de force, le recours à la Taqiya diminue sensiblement. Le double discours chez les islamistes est surtout une combinaison de deux discours espacés dans le temps : un discours assurément trompeur, adapté à la phase de faiblesse, et un autre discours, le vrai, conçu pour la phase de force et de domination. Sans parler évidemment des canaux linguistiques qui révèlent également un discours dans les prêches en arabe bien différent, à bien des égards, de la traduction faite de ces mêmes prêches en français : une traduction biaisée, sélective, partielle, orientée, idéologique et souvent incomplète à dessein. »

[Mohamed Louizi est l’auteur de Pourquoi j’ai quitté les Frères musulmans : retour éclairé vers un islam apolitique (Michalon, 2016) et de Plaidoyer pour un islam apolitique (Michalon, 2017).]

Qu’est-ce que l’ESQUIVE?

Réponse donnée par Annie Laurent (https://www.atlantico.fr/decryptage/2445946/la-taqiya-ou-le-concept-coranique-qui-permet-aux-musulmans-radicaux-de-dissimuler-leurs-veritables-croyances-annie-laurent) :

« L’esquive consiste à utiliser un vocabulaire qui plaît aux Occidentaux pour décrire l’islam comme une religion inoffensive, apportant « la paix, la tolérance et l’amour ». Certaines personnalités musulmanes profitent de l’ignorance de leurs interlocuteurs non musulmans pour faire passer des messages tronqués quant à l’enseignement véritable de l’islam, en particulier sur certains sujets sensibles (violence, liberté de conscience, droits de l’homme, statut de la femme, respect des non-musulmans, égalité entre les hommes, etc.). Ces personnalités utilisent dans ce but les tribunes qui leur sont ouvertes dans la presse ou même les rencontres de dialogue interreligieux. Il s’agit en fait de rassurer les non-musulmans quant aux valeurs libérales et pacifiques de l’islam, en présentant des comportements moralement inacceptables comme des dérives, des déformations, voire des trahisons de la religion. »

(Annie Laurent est titulaire d’une maîtrise en droit international et docteur d’État en science politique. Elle a vécu cinq ans au Liban, où elle éditait le périodique Libanoscopie (1988-1992). Elle a été nommée par Benoît XVI experte au Synode spécial des évêques pour le Moyen-Orient, qui s’est tenu à Rome en octobre 2010. Elle a fondé en 2009 l’association Clarifier, qui vise à « éclairer sur les réalités de l’Islam, selon une approche pédagogique et respectueuse des personnes qui s’y référent », et à « promouvoir les conditions et les moyens d’une vie commune pacifique ». –

Source : https://fr.wikipedia.org/wiki/Annie_Laurent)

Un dieu, que l’on dit compatir à la misère des femmes et des hommes (ses créatures),

mais qui ordonne de tuer,

est-ce concevable?

A-t-elle l’esprit tranquille, est-elle heureuse, la croyante musulmane, a-t-il l’esprit tranquille, est-il heureux, le croyant musulman établi au Québec ou ailleurs au Canada? Une femme, un homme, peuvent-ils être heureux quand leur dieu, quel qu’il soit, leur ordonne de tuer les fidèles d’une autre religion?

DES VERSETS DU CORAN PEUVENT CRÉER UNE AMBIANCE PACIFIQUE ET D’AUTRES

UN CLIMAT TERRIBLE

Paroles de Meir Bar-Asher, auteur de « Les Juifs dans le Coran », Albin Michel

( Islamologue israélien, directeur du Département de langue et littérature arabe de l’Université Hébraïque de Jérusalem, Meir Bar-Asher publie un livre consacré aux juifs dans le Coran. )

( https://www.la-croix.com/Religion/Judaisme/Meir-Bar-Asher-place-juifs-Coran-ambivalente-2019-02-01-1200999495 )

« L’usage du terme « antisémitisme » renvoie à des périodes très spécifiques (le XIXe siècle et les suivants), et à des traditions auxquelles le Coran n’appartient pas. Dans le Coran et les hadiths [recueil de traditions relatives au Prophète], il y a certes des éléments qui peuvent nourrir une pensée antisémite. Ainsi, on cite toujours le hadith des « pierres et des arbres » (« Les rochers et les arbres diront : «  O musulman, ô serviteur de Dieu, il y a un juif derrière moi, viens le tuer! »). C’est un passage enfoui dans une litté­rature tellement immense que l’extraire de son contexte pour se focaliser dessus équivaut à tomber dans la propagande. Travers que j’essaie d’éviter, sans pour autant être naïf – comme je le souligne dans mon livre, les critiques violentes contre les Hébreux de la ­Bible, puis contre les juifs, y occupent une place plus importante que les jugements positifs, tels ces versets du Coran qui témoignent d’admiration pour le peuple juif. Ainsi dit-on d’eux qu’ils sont un peuple élu. »

Source : Meir Bar-Asher : « Quelques versets du Coran peuvent créer une ambiance pacifique et d’autres un climat terrible », Propos recueillis par Nicolas Weill, Le Monde, 5 juin 2019, https://www.lemonde.fr/livres/article/2019/06/05/meir-bar-asher-quelques-versets-du-coran-peuvent-creer-une-ambiance-pacifique-et-d-autres-un-climat-terrible_5471989_3260.html

QU’EST-CE QUI POURRAIT BIEN EMPÊCHER LA CROYANTE MUSULMANE ET LE CROYANT MUSULMAN, AU CANADA, AU QUÉBEC, D’ÊTRE HEUREUX?

Qu’est-ce qui pourrait bien empêcher la croyante musulmane et le croyant musulman au Québec, grand fief chrétien autrefois, aujourd’hui encore terre chrétienne et pays d’un grand nombre de femmes et d’hommes ayant grandi dans une famille catholique, d’être heureux? Ceci, peut-être : son Dieu dresse devant lui un gigantesque obstacle à son bonheur : son livre saint, le Coran (oeuvre de son Dieu, selon la Communauté religieuse musulmane), ordonne de tuer les chrétiens, ordonne de tuer les juifs. (De telles paroles sont contraires à la Charte canadienne des droits et libertés du Canada et au Code criminel du Canada, soit dit en passant.) Cet ordre devrait normalement faire ressentir aux adeptes de l’islam un gigantesque inconfort. Comment le croyant musulman au Québec peut-il être à l’aise quand il se montre au chrétien ou au juif que son Dieu lui ordonne de faire mourir – un chrétien ou un juif qui peut être un voisin, un confrère, un coéquipier dans une course de relais, comment le croyant musulman peut-il être heureux quand le livre saint qu’il lit et apprend par coeur ordonne de tuer les chrétiens et les juifs? Et comment doivent réagir les non-musulmans devant des croyants musulmans convaincus que le Coran est l’oeuvre intouchable de leur Dieu? Le Coran est censé être le livre saint des croyantes musulmanes et des croyants musulmans d’aujourd’hui comme il était celui de leurs prédécesseurs; s’il était destiné seulement aux femmes et aux hommes de l’Arabie qui vivaient au temps de Mahomet (fin du VIe siècle et début du VIIe siècle), pourquoi les femmes et les hommes du XXIe siècle qui vivent dans la principauté de Monaco, à Las Vegas, à Shirakawa-go,à Calcutta, à Rio ou à Saint-Jean-sur-Richelieu, pourraient-ils trouver une raison de lui attacher de l’importance et de le lire, et, surtout, de s’y soumettre?). Au Québec et ailleurs au Canada, les non-musulmanes et les non-musulmans, même celles er ceux qui sont convaincus qu’aujourd’hui la majorité des fervents de Mahomet aspirent d’abord et avant tout à vivre paisiblement dans une société paisible, auraient-ils tort de se demander parfois s’il n’y a pas, parmi leurs concitoyens de confession musulmane, des personnes qui utilisent la technique de la taqiya ou celle de l’esquive pour se faire accepter par les autres, pour ne pas être rejetés par eux?

Qu’est-ce qui pourrait bien empêcher la croyante musulmane et le croyant musulman au Québec d’être heureux? Ceci, certainement: la volonté de l’islam d’obliger ses enfants, dès qu’ils atteignent l’âge de quatre ans, à apprendre par coeur le Coran, toutes les paroles de leur Dieu, à leur faire mémoriser des paroles comme Tuez les chrétiens, tuez les juifs, des paroles comme « Ô vous qui croyez! Ne prenez pas pour amis les Juifs et les Chrétiens (Coran 5, 51; traduction de l’islamologue Denise Masson), des paroles comme… Belle façon de préparer les enfants au vivre-ensemble! Façon aussi de violer la liberté de conscience de ces enfants : le droit de l’enfant à la liberté de pensée, de conscience et de religion est reconnu en vertu de la Convention internationale des droits de l’enfant adoptée par les Nations Unies en 1989; les parents, précise la Convention, ne peuvent guider l’enfant dans l’exercice de ce droit que « d’une manière qui corresponde au développement de ses capacités ».

QU’EST-CE QUI POURRAIT BIEN EMPÊCHER LA CROYANTE MUSULMANE, LE CROYANT MUSULMAN, AU CANADA, AU QUÉBEC, D’ÊTRE HEUREUX? BIEN D’AUTRES CHOSES, HÉLAS! ON EN ÉNUMÈRE QUELQUES-UNES?

UnLe Québec dit non à la loi islamique. – La religion musulmane demandent à ses adeptes de faire tout ce qu’ils peuvent pour que la loi islamique (charia) soit appliquée un jour à tous les êtres humains, y compris bien sûr aux habitants du Canada, du Québec, du Québec dont l’Assemblée nationale a rejeté ladite loi en 2005, À L’UNANIMITÉ! (Imaginez : en 2017, au Québec, à Lévis plus précisément, un organisme communautaire, Le Tremplin, Centre pour personnes immigrantes et leurs familles, a joint ses efforts à ceux de la mosquée de Lévis (et de son imam, M. Karim Elabed) pour faire publiquement l’éloge de la charia. À noter que Le Tremplin recevait en 2017 et reçoit toujours des subventions de la Ville de Lévis, du gouvernement du Canada et du gouvernement du Québec. À noter aussi que la personne qui présidait le Conseil d’administration du Tremplin en 2017, M. Elhadji Amadou Diarra, un musulman, s’est établi au Canada avant 2005, l’année où l’Assemblée nationale à très fortement dit non à la charia.) (Mentionnons qu’en 2017 le conseil d’administration du Tremplin comprenait au moins deux musulmans.) (« le monde entier est censé se soumettre tôt ou tard à la charia et les musulmans sont invités à oeuvrer dans ce but », a écrit Annie Laurent dans L’Islam peut-il rendre l’homme heureux, Paris, Éditions Artège, © 2012, p. 38).

Deux – Pour les croyants musulmans, la plupart des juifs et des chrétiens sont des… Laissons le Coran dire ce qu’ils sont : « Vous formez (est-il dit aux croyants musulmans) la meilleure Communauté suscitée pour les hommes : vous ordonnez ce qui est convenable, vous interdisez ce qui est blâmable, vous croyez en Dieu. Si les gens du Livre [les juifs et les chrétiens] croyaient, ce serait meilleur pour eux. Parmi eux se trouvent des croyants, mais la plupart d’entre eux sont des pervers [ils se plaisent à faire le mal]. » (Coran 3, 110; traduction de l’islamologue Dense Masson) [À noter que le Coran, Dieu donc, dit que Dieu n’aime pas les infidèles : « Ceux [les hommes] qui auront accompli des oeuvres bonnes en recueilleront le bénéfice. Ainsi Dieu, par sa grâce, récompensera ceux qui ont cru et qui auront accompli des œuvres bonnes. – Il n’aime pas les incrédules – (Coran, 30, 44-45; traduction de l’islamologue Denise Masson), et il leur imposera de grands châtiments.] Les croyantes musulmanes et les croyants musulmans, au Canada, au Québec, sont-ils vraiment sincères quand ils prônent le vivre-ensemble? Il est raisonnable de leur poser cette question.

Trois – La religion musulmane autorise les croyants musulmans à épouser une non-musulmane; mais elle interdit aux femmes musulmanes d’unir leur destinée à celle d’un non-musulman. À noter que la femme non-musulmane (disons une chrétienne), qui met au monde des enfants dont le père est un croyant musulman doit se soumettre au monde musulman et accepter de ne pas élever ses enfants dans la religion chrétienne, à accepter qu’ils soient musulmans, à accepter qu’ils ne soient pas chrétiens comme elle. On comprend qu’interdire aux croyantes musulmanes d’épouser un non-musulman et qu’autoriser les hommes qui adhèrent à l’islam à épouser une femme non-musulmane, c’est favoriser l’expansion de l’islam (la chrétienne mariée à un musulman n’augmente pas la population des chrétiens, la croyante musulmane met au monde des musulmans et augmente la population des musulmans). [Rappel : il est dit dans le Coran : « Pas de contrainte en religion! » (2, 256;  traduction de l’islamologue Denise Masson) Pourtant, la communauté musulmane impose une grande contrainte aux croyantes musulmanes : leur époux doit obligatoirement être un croyant musulman…] (Les croyants musulmans accepteraient-ils que le Canada rendent illégaux les mariages entre un musulman et une non-musulmane?)

Quatre – La religion musulmane interdit aux musulmans de quitter leur religion [d’apostasier] et se montre ainsi, encore une fois, contraire à la Charte canadienne des droits et libertés) : « Ceux qui, parmi vous, s’écartent de leur religion et qui meurent incrédules : voilà ceux dont les actions seront vaines en ce monde et dans la vie future; voilà ceux qui seront les hôtes du Feu; ils y demeureront immortels » [Coran, 2, 217; traduction de l’islamologue Denise Masson) L’islam impose donc aux croyants musulmans une autre contrainte en matière de religion : il leur interdit d’apostasier. – Espérons que les croyantes musulmanes et les croyants musulmans du Canada, du Québec, comprennent et acceptent que les Canadiennes et les Canadiens de longue date (et d’autres sans doute) déplorent que le Coran soit contraire à la Charte canadienne des droits et libertés et au Code criminel du Canada.

Cinq – Le Coran impose des peines inhumaines aux voleurs : « Tranchez les mains du voleur et de la voleuse, y lit-on : ce sera une rétribution pour ce qu’ils ont commis et un châtiment de Dieu. – Dieu est puissant et juste – » (5, 38; traduction de l’islamologue Denise Masson). Il n’y a certainement pas un seul Québécois de longue date qui approuve des châtiments aussi cruels; je suis convaincu que les musulmans que j’ai côtoyés un peu au Québec se réjouiraient que cette cette sanction disparaisse du Coran.) N’y aurait-il pas moyen de retirer des parties du Coran?

Six – La condition féminine en islam a de quoi scandaliser le Canada, le Québec :

A) « L’émancipation de la femme à l’égard du carcan de coutumes éculées comme à l’égard des injonctions et des pratiques obscurantistes des traditionnaires et des néofondamentalistes demeure l’une des questions les plus ardentes et les plus controversées actuellement dans toutes les sociétés du vaste monde musulman. […] Question capitale en effet, qui renvoie bien évidemment au statut juridique de la femme et à sa place tant dans l’espace domestique que dans l’espace public. Mais plus généralement, elle conditionne immanquablement le moindre processus de démocratisation. Résoudre cette équation, c’est, pour les individus vivant en société, choisir les valeurs morales fondamentales qui organiseront leur existence : opter ou non en faveur de l’instauration d’une véritable justice sociale, et in fine, faire ou non un choix de civilisation.

« Or, que constate-on dans la plupart des pays arabes et musulmans en ce qui concerne le statut des femmes? C’est une situation sociale lamentable et le retour en force d’attitudes misogynes, sexistes, iniques et parfois violentes à leur égard, qui prédominent nonobstant d’incontestables avancées dues aux combats très anciens et ininterrompus livrés par des mouvements féministes. » (Abderrahim Lamchichi*, Le statut de la femme dans les sociétés musulmanes. Une bataille ardente et obstinée, revue Confluences méditerranée publiée à Paris par Harmattan Éditions, 2006/4, no 59 intitulé Femmes et Islamisme 2006, https://www.cairn.info/revue-confluences-mediterranee-2006-4-page-11.htm) * Abderrahim Lamchichi : maître de conférences de Science politique à l’Université Jules Verne de Picardie, membre du Centre universitaire de recherches administratives et politiques de Picardie (Unité mixte de recherche, Centre national de la recherche scientifique)

B) « … les grandes avancées juridiques des femmes en Europe sont loin d’être acquises dans la majorité des pays arabo-musulmans, où en général la situation juridique des femmes reste très fragile » (Asma Lamrabet, citée par Nadia Lamlili, Islam et femmes: les questions qui fâchent, dernière publication de Asma Lamrabet, http://www.asma-lamrabet.com/articles/islam-et-femmes-les-questions-qui-fachent-derniere-publication-de-asma-lamrabet/). (Asma Lamrabet, croyante musulmane marocaine, est médecin.)

C) « En France, la mentalité des musulmans est encore très traditionnelle. Ce qui me surprend le plus est le nombre de femmes qui se soumettent d’elles-mêmes à l’inégalité et aux interdits de la mixité. » (Pierre Lory, cité in Jeune Afrique, 2007, https://www.jeuneafrique.com/mag/489372/societe/islam-le-temps-des-femmes/) (P. Lory est un professeur et un islamologue français de renom, écrit la revue Jeune Afrique.)

D) Pays du golfe arabo-persique (Iran, Iraq, Koweït, Arabie saoudite, Qatar, Émirats arabes unis, Bahreïn)

« Très lentement, les législations dans les pays du Golfe se modifient. Mais la violence contre les femmes reste une réalité quotidienne et la combattre demande non seulement un renforcement de l’appareil juridique mais un combat au sein de sociétés conservatrices. […] Les lois relatives à la protection des femmes contre la violence restent sommaires. Elles sont loin d’être en conformité avec la Convention sur l’élimination de toutes les formes de discrimination à l’égard des femmes (Cedaw). […] La loi aux Émirats arabes unis tolère la violence au sein de la famille. L’article 53 du Code pénal autorise « le mari à corriger sa femme. Il autorise les pères à corriger les enfants mineurs » tant que cela se passe « dans les limites de la loi religieuse ». Quant au viol conjugal, il n’est pas considéré comme un crime. En 2010, le tribunal fédéral supérieur a émis une décision, basée sur le Code pénal, permettant aux maris de battre leurs épouses et de recourir à d’autres formes de punition et de contrainte à leur encontre, à la seule condition de ne pas laisser de traces physiques visibles, selon le rapport 2018 de Human Rights Watch. […] Au Koweït, aucune loi ne prohibe la violence domestique ou le viol conjugal. […] Il n’existe pas à Oman de loi sur les violences domestiques et le viol conjugal, les poursuites ne peuvent être engagées dans ces cas que sur la base d’accusations plus générales de violence. Le Code pénal omanais exclut explicitement l’idée qu’il puisse exister un viol conjugal et ne criminalise pas le harcèlement sexuel, constate Human Rights Watch (chapitre Oman). […] Au Qatar, le viol conjugal et les violences domestiques ne sont pas considérés comme des crimes. (Source : Nazeeha Said, Golfe. Ces violences quotidiennes contre les femmes,périodique Orient XXI, 10 janvier 2019,https://orientxxi.info/magazine/golfe-ces-violences-quotidiennes-contre-les-femmes,2846)

E) Récemment, l’Egypte a « [transformé] en délit le harcèlement dont les femmes sont victimes dans la rue ou dans les transports publics – attouchements sexuels, mais aussi viols. Il était temps : d’après une récente étude internationale de Thomson-Reuters, ce pays se classe en dernière position en matière de droits des femmes et plus de 99% s’y disent harcelées. » [Corinne Fortier, anthropologue, citée par Laure Cailloce (journaliste scientifique pour le Centre national de la recherche scientifique, France], Femmes dans le monde arabe : des progrès, mais..., 2014,https://lejournal.cnrs.fr/articles/femmes-dans-le-monde-arabe-des-progres-mais]

F) « … une nouvelle relecture réformiste des textes ainsi qu’une réforme du droit musulman, principale source de discriminations et d’inégalités envers les femmes, sont à ce stade essentiels et prioritaires afin que l’islam puisse accompagner les défis contemporains et être en phase avec son temps.

[…]

« La question des réformes religieuses, notamment celles concernant la thématique des femmes, reste fortement liée à l’exercice d’un véritable pouvoir démocratique et il serait certes illusoire de prétendre analyser la thématique des femmes sans tenir compte de la globalité des problèmes qui minent profondément les sociétés musulmanes. C’est en travaillant sur ces deux volets – démocratie et réformisme religieux – que les transformations sociales peuvent avoir des chances de véritablement se concrétiser au sein d’une réalité sociale où la religion demeure un référentiel incontournable. » (Asma Lamrabet, Les femmes et l’islam : une vision réformiste, publié par la Fondation pour l’innovation politique (Fondapol), Paris, mars 2015, p. 34-35. – Les femmes et l’islam : une vision réformiste fait partie de la série Valeurs d’islam, dont le conseil scientifique est assuré par Éric Geoffroy, islamologue à l’Université de Strasbourg. – « Asma Lamrabet est médecin, écrivaine et directrice du Centre d’études et de recherches féminines en islam (Cerfi) au sein de l’institution Rabita Mohammadia des Oulémas au Maroc » écrit Fondapol).

SeptMohamed Cherif Ferjani, professeur à l’Université de Lyon, écrit que la vie démocratique est absente dans la quasi-totalité des pays musulmans (Culture, magazine de l’Université de Liège, 2018, http://culture.uliege.be/jcms/prod_194968/fr/islam-politique-une-breve-comparaison-avec-la-democratie-chretienne). (M. Ferjani, a notamment écrit ces livres : Islamisme, laïcité et droits de l’Homme, 1992; Le politique et le religieux dans le champ islamique, 2005.)

Ômer Çaha, politologue à la Faculté de Sciences Politiques de l’Université de Fatih-Istanbul, se demande « pourquoi dans la plus grande partie du monde islamique ce sont les régimes despotiques qui se mirent en place au lieu des régimes démocratiques ? Pourquoi les régimes démocratiques ne parviennent-ils pas à s’implanter dans ce monde? » (Ômer Çaha, L’Islam et la démocratie, dans Autres Temps. Cahiers d’éthique sociale et politique, n° 74, 2002, pp. 28-35)

Vida Amirmokri, dans son livre L’islam et les droits de l’homme. L’Islamisme, le droit international et le modernisme islamique (Québec, Les Presses de l’Université Laval, © 2004, p. 164-165), écrit ceci ;

« … tout système politique qui [prétend] à une légitimité divine d’être démocratique » est empêché « d’être démocratique ». « Un tel système donnerait lieu à la création des institutions qui, n’ayant pas à répondre à l’opinion publique, constitueront autant de barricades parfaites pour la résistance à celle-ci. Cette résistance peut être suscitée par le souci de protéger et de préserver nombre de traditions historiques identifiées aux lois divines éternelles sans tenir compte de l’évolution de la société. Elle peut-être simplement le fait de ceux qui cherchent à profiter de ce moyen pour assurer cyniquement leurs propres intérêts, politiques ou autres. Dans tous les cas le problème fondamental est que ces institutions n’auront à répondre à personne. Le rôle de Dieu serait assumé par les hommes siégeant dans les conseils qui décident en son nom. »

L’ISLAM PEUT-IL RENDRE LA FEMME ET L’HOMME HEUREUX?

ON TROUVE LA RÉPONSE (OU UNE RÉPONSE) DANS LE CORAN :

« Ô VOUS QUI CROYEZ! CRAIGNEZ DIEU! RECHERCHEZ LES MOYENS D’ALLER À LUI! COMBATTEZ DANS SON CHEMIN! – PEUT-ÊTRE SEREZ VOUS HEUREUX – » (5, 34).

PEUT-ÊTRE, DIT DIEU… PEUT-ÊTRE…

La plupart des Canadiennes et des Canadiens de longue date souhaitent que toutes les femmes et tous les hommes soient traités avec respect et avec équité, avec bienveillance, ils veulent qu’ils soient bien protégés par leur État, qu’ils ne manquent jamais de nourriture, qu’ils vivent sous un toit agréable, qu’ils ont accès à d’excellents services d’éducation et de santé, qu’ils vivent dans un environnement culturel intéressant, qu’ils puissent s’amuser, se divertir, être heureux, et qu’ils jouissent de la liberté.

Selon un philosophe et professeur de philosophie contemporain africain :

aucun pays ne peut fonctionner de façon durable sans un minimum de confiance entre les individus, sans un minimum de règles admises par tous, sans un minimum de justice et sans un minimum de principes. Ceux du droit.

(Bonaventure Mve Ondo*, Le Gabon en danger de mort, The Conversation, 21-09-2016, https://theconversation.com/le-gabon-en-danger-de-mort-65061) – Bonaventure Mve Ondo, professeur, Université Omar Bongo (Libreville); chercheur associé au LAM (Laboratoire des Afriques dans le monde), Sciences Po Bordeaux

Mise en garde de Louis Massignon (1883-1962), dont on dit qu’il fut un très grand islamologue :

En 1962, après avoir invité les chrétiens, les juifs et les musulmans  à « prier ensemble pour l’avènement de cette Paix tant désirée, qui se fait attendre, » M. Massignon les met en garde : il leur dit qu’il faut absolument que « Toute tentative d’accord sur le terrain économique, et même culturel », soit fondé sur

« UN MOUVEMENT SINCÈRE DES COEURS ».

(cité dans Louis Masssignon, publication dirigée par Jan-François Six, Paris, Éditions de l’Herne, 1970, p. 520)

Il est manifeste que les coeurs ne sont pas tous sincères, au Canada, au Québec, à Lévis.

Roger Martel, citoyen de Lévis (Québec)

La religion la plus simple ne serait-elle pas la meilleure ?

Le texte suivant de Voltaire a été reproduit dans le web par le Groupe de Recherches Islamo-Chrétien, au sein duquel travaillent ensemble des universitaires musulmans et chrétiens.

« Après notre sainte religion [le christianisme], qui, sans doute est la seule bonne [selon l’auteur], quelle serait la moins mauvaise ? Ne serait-ce pas la plus simple ? Ne serait-ce pas celle qui enseignerait beaucoup de morale et très peu de dogmes ? Celle qui tendrait à rendre les hommes justes sans les rendre absurdes ? celle qui n’ordonnerait point de croire des choses impossibles, contradictoires, injurieuses à la Divinité et pernicieuses au genre humain, et qui n’oserait point menacer des peines éternelles quiconque aurait le sens commun ? Ne serait-ce point celle qui ne soutiendrait pas sa créance par des bourreaux, et qui n’inonderait pas la terre de sang pour des sophismes inintelligibles ? Celle dans laquelle une équivoque, un jeu de mots, et deux ou trois chartes supposées ne feraient pas un souverain et un dieu d’un prêtre souvent incestueux, homicide et empoisonneur ? Celle qui ne soumettrait pas les rois à ce prêtre ? CELLE QUI N’ENSEIGNERAIT QUE L’ADORATION D’UN DIEU, LA JUSTICE, LA TOLÉRANCE ET L’HUMANITÉ ? ».

Voltaire (1694-1778), écrivain et philosophe français, représentant de la philosophie des Lumières.

Cité par Abderrazak SAYADI, Entre chrétiens et musulmans, quelles frontières ? – Gric* de Tunis, 21 mars 2008, https://gric-international.org/2008/dossiers/entre-chretiens-et-musulmans-quelles-frontieres/frontieres-entre-islam-et-christianisme/ – GRIC : Groupe de Recherches Islamo-Chrétien – Le GRIC est né en 1977 de l’initiative d’un petit groupe d’universitaires, chrétiens et musulmans.

LE VIVRE ENSEMBLE

« La question du vivre ensemble se pose partout

et dans tous les temps. »

« Toute société est un système d’inégalités que des acteurs en compétition pour la conquête et l’exercice du pouvoir, s’efforcent de réduire avec des succès variables selon les régimes politiques en place. La question du vivre ensemble se pose partout et dans tous les temps. La modernité a ouvert de nouvelles possibilités pour construire un espace de citoyenneté où les critères d’appartenance ethnique, professionnelles, philosophique tendent à s’effacer. Les stratégies centralisatrices et unitaires des États-nations ont limité jusqu’ici les extensions de l’espace citoyen à tous les étrangers qui expriment le désir de s’installer dans les pays de leur choix. Cette tendance à la limitation s’est durcie avec les flux récents de migrants venant de tous les continents. Dans toute la sphère géopolitique et historique nommée Occident, on s’interroge inlassablement sur les possibilités de vivre avec un « islam » perçu comme une force dangereuse de soulèvement des peuples démographiquement prolifique et politiquement mobilisés par l’idéologie de combat depuis 1945. Les pressions grandissantes de l’histoire en cours marquée par les guerres de libération et les efforts de construction nationale, puis la multiplication des guerres civiles, les échecs politiques, sociaux, économiques et culturels des Partis-États postcoloniaux et bien d’autres facteurs encore, font apparaître plus de menaces que de promesses pour un vivre ensemble dans les espaces nationaux et internationaux ».

(Mohammed Arkoun*, ABC de l’islam. Pour sortir des clôtures dogmatiques, Édition revue et augmentée de l’ouvrage paru sous le tire L’Islam chez le même éditeur, Paris, Éditions Grancher, © 2007, p. 325-326)

* Philosophe et historien de l’islam, Mohammed Arkoun, né en 1928 en Algérie, décédé en 2010 à Paris, a été professeur émérite d’histoire de la pensée islamique à la Sorbonne (Paris-III).

Il serait infiniment malheureux

que cette femme et cet enfant

meurent ou souffrent

à cause de leur religion,

ou d’une autre.