Libération des camps : 75 ans après, comment ne pas oublier ? – Camp d’Auschwitz-Birkenau

https://www.franceculture.fr/emissions/la-grande-table-idees/liberation-des-camps-75-ans-apres-comment-ne-pas-oublier?actId=ebwp0YMB8s0XXev-swTWi6FWgZQt9biALyr5FYI13OqG6FtfvxjbOA&actCampaignType=CAMPAIGN_MAIL&actSource=564443#xtor=EPR-2-%5BLaLettre27012020%5D

Libération des camps : 75 ans après, comment ne pas oublier ?

27/01/2020

Comment faire mémoire d’un événement dont les survivants disparaissent peu à peu ? A l’occasion de la journée internationale dédiée à la mémoire des victimes de l’Holocauste et du 75ème anniversaire de la libération du camp d’Auschwitz-Birkenau, rendez-vous avec David Teboul et Ruth Zylberman.

 

Dangereux, les diplômes frauduleux.

Lévis, le 14 janvier 2020

Monsieur Guillaume Boivin, directeur

Le Tremplin, Centre pour personnes immigrantes et leurs familles

52, côte du Passage, Lévis (Québec)

Monsieur,

Un document que Le Tremplin, Centre pour personnes immigrantes et leurs familles a publié dans son son site web le 27 février 2018, contient ce passage :

« Après des études universitaires de 3e cycle en littérature française et une expérience de 7 années comme professeur de lettres dans son pays, le Sénégal, Aliou Gueye débarque à Montréal le 5 avril 2011 avec l’ambition d’y poursuivre sa carrière. Rapidement confronté à l’impossibilité de faire reconnaître ses diplômes et à la difficulté de travailler, malgré son trilinguisme, il tente sa chance en dehors de la Métropole et s’établit à Lévis à l’été 2012 avec l’idée de reprendre ses études. Il y trouve rapidement un emploi bien rémunéré [dans une usine – note du soussigné] et s’inscrit à l’université. » (http://www.letremplinlevis.com/actualite-le-tremplin/evenements/bibliotheque-vivante-raconte-moi-ton-histoire-un-succes-sur-toute-la-ligne)

À Lévis, s’il y a un organisme qui devrait comprendre pourquoi les pays qui accueillent des immigrants mettent parfois beaucoup de temps à déterminer s’ils peuvent reconnaître les diplômes présentés par des étrangers, c’est bien Le Tremplin. Parce que le Tremplin sait que les connaissances exigées aux examens dans les écoles ou facultés de Chine, du Congo ou du Venezuela, par exemple, peuvent ne pas être tout à fait les mêmes que celles des facultés du Canada, par exemple, et les agents de l’État, au Québec et ailleurs, doivent donc comparer les programmes d’études. Le Tremplin n’ignore pas non plus que les faux diplômes produits à l’étranger (peut-être même au Canada) se comptent par millions. Il s’en crée énormément en Chine : [Source : https://www.refworld.org/docid/527a38d74.html (Le document provient de la Commission de l’immigration et du statut de réfugié du Canada.)]

Malheureusement, le Sénégal produit lui aussi des diplômes frauduleux (l’ambassade du Canada au Sénégal a fait un signalement à ce sujet en 2014) :

https://www.leral.net/Trafic-de-faux-diplomes-Une-dizaine-d-etudiants-de-l-Ucad-en-garde-a-vue-a-la-Dic_a131465.html

On aurait tort de laisser entendre que les fonctionnaires du Québec se traînent les pieds. Les vérifications qu’ils effectuent sont souvent difficiles et laborieuses. Il faut qu’ils les fassent pour protéger tout le monde, au Québec. Évidemment, il ne faut pas exclure que des éléments québécois soient malheureusement plus intéressés par la défense de leurs intérêts égoïstes que par la recherche du bien commun, du mieux-être de la société.

Roger Martel, citoyen de Lévis

P.-S. Le Tremplin écrit que M. Aliou Gueye a fait des études universitaires de troisième cycle (hors du Canada), il écrit que l’État du Québec n’a pas reconnu les diplômes de M. Aliou Gueye. Le Tremplin pourrait suggérer à ce dernier de rendre public le diplôme qui a couronné ses études universitaires en littérature française. Le Tremplin pourrait aussi conseiller à M. Gueye de publier son mémoire ou sa thèse (dans le site web du Tremplin, peut-être).

Je ne puis savourer les fruits de la modernité en toute quiétude si je ne suis pas sûr que les générations à venir pourront les savourer tout autant.

Extrait du livre Le Dérèglement du monde écrit par Amin Maalouf.

(Le Dérèglement du monde, essai, Paris, Éditions Grasset & Fasquelle, © 2009; édition de mars 2018, p. 12-14)

QUI EST AMIN MAALOUF

Amin Maalouf est né au Liban en 1949. Il est l’auteur de romans (il a reçu le Prix Goncourt pouLe Rocher de Tanios, le Prix France-Liban pour Léon l’Africain, et plusieurs autres prix); il a aussi écrit des essais : Les Identités meurtrières, 1998; Origines, 2004; Un fauteuil sur la Seine : Quatre siècles d’histoire de France, 2016; Le Naufrage des civilisations, 2019. Journaliste, Amin Maalouf a été le rédacteur en chef du périodique Jeune Afrique. Enfin, Amin Maalouf est docteur honoris causa de plusieurs universités et a été élu à l’Académie française en 2011.

 

« Mon inquiétude […] est celle d’un adepte des Lumières, qui les voit vaciller, faiblir et, en certains pays, sur le point de s’éteindre; c’est celle d’un passionné de la liberté, qui la croyait en passe de s’étendre sur l’ensemble de la planète et qui voit à présent se dessiner un monde où elle n’aurait plus sa place; c’est celle d’un partisan de la diversité harmonieuse, qui se voit contraint d’assister, impuissant, à la montée du fanatisme, de la violence, de l’exclusion et du désespoir; et c’est d’abord, tout simplement, celle d’un amoureux de la vie, qui ne veut pas se résigner à l’anéantissement qui guette.

[…] je ne puis savourer les fruits de la modernité en toute quiétude si je ne suis pas sûr que les générations à venir pourront les savourer tout autant. […] le navire sur lequel nous sommes embarqués est désormais à la dérive, sans cap, sans destination, sans visibilité, sans boussole, sur une mer houleuse, et […] il faudrait un sursaut, d’urgence, pour éviter le naufrage. […] Le temps n’est plus notre allié, c’est notre juge, et nous sommes déjà en sursis.

[…] l’humanité est confrontée [aujourd’hui] à de nouveaux périls, sans équivalents dans l’Histoire, et qui exigent des solutions globales inédites; si celles-ci n’étaient pas trouvées dans un proche avenir, rien de ce qui fait la grandeur et la beauté de notre civilisation ne pourra être préservé; […] bien des signes donnent […] à penser que le dérèglement du monde est déjà à un stade avancé, et il […] sera difficile d’empêcher une régression.

 

En 2019, Amin Maalouf a dit :

Quel lien de cause à effet faites-vous entre le « naufrage » actuel du Levant (Proche-Orient) et celui des autres civilisations ?

Je suis persuadé que mon Levant natal avait vocation à offrir au reste de l’humanité un modèle de coexistence harmonieuse, de prospérité et de progrès. Cette région, où sont nées les trois grandes religions monothéistes et où se sont côtoyées pendant des siècles des populations venues d’Orient et d’Occident, était en quelque sorte une préfiguration de ce qu’aurait pu constituer l’humanité mondialisée d’aujourd’hui. La désintégration de ces sociétés plurielles a causé une dégradation morale qui affecte à présent toutes les sociétés humaines, et qui déchaîne sur notre monde des barbaries insoupçonnées.

Amin Maalouf, propos rapportés par Chantal Cabé, “L’humanité a les moyens d’avancer vers la liberté, mais elle fait l’opposé”, La Vie (périodique français membre du groupe auquel appartient aussi le prestigieux quotidien Le Monde, 23/04/2019, http://www.lavie.fr/medias/cartes/amin-maalouf-l-humanite-a-les-moyens-d-avancer-vers-la-liberte-mais-elle-fait-l-oppose-17-04-2019-97746_534.php

 

Que sont les Lumières ?

Le mouvement des Lumières tire son nom de la volonté des philosophes européens du xviiie siècle de combattre les ténèbres de l’ignorance par la diffusion du savoir. L’Encyclopédie, dirigée par Diderot et d’Alembert, est le meilleur symbole de cette volonté de rassembler toutes les connaissances disponibles et de les répandre auprès du public – d’un public éclairé.

[…]

Confiants en la capacité de l’homme de se déterminer par la raison, les philosophes des Lumières exaltent aussi la référence à la nature et témoignent d’un optimisme envers l’histoire, fondé sur la croyance dans le progrès de l’humanité. L’affirmation de ces valeurs les conduit à combattre l’intolérance religieuse et l’absolutisme politique.

(Larousse, https://www.larousse.fr/encyclopedie/divers/si%C3%A8cle_des_Lumi%C3%A8res/130660 )

La pensée du siècle des Lumières se développe autour de deux thèmes majeurs : le retour à la nature, la recherche du bonheur. Les philosophes dénoncent dans les religions et les pouvoirs tyranniques des forces obscurantistes responsables de l’apparition du mal, dans un monde où l’homme aurait dû être heureux. Ils réhabilitent donc la nature humaine, qui n’est plus entachée par un péché originel ou une tare ontologique ; ils substituent à la recherche chrétienne du salut dans l’au-delà la quête ici-bas du bonheur individuel. À la condamnation des passions succède leur apologie : l’homme doit les satisfaire, à condition qu’elles ne s’opposent pas au bonheur d’autrui.

(Larousse, https://www.larousse.fr/encyclopedie/divers/si%C3%A8cle_des_Lumi%C3%A8res/130660)

Sortir l’islam de l’impasse. Appel aux musulmans.

Le Monde des religions, http://www.lemondedesreligions.fr/chroniques/editorial/mauvaise-foi-07-01-2019-7704_161.php

La revue française LE MONDE DES RELIGIONS appartient au même groupe que le prestigieux quotidien français LE MONDE.

« Rédactrice en chef du magazine Le Monde des religions (groupe Le Monde), Virginie Larousse est spécialiste des religions, de la laïcité et de la spiritualité. Elle est diplômée de l’université Paris 4-Sorbonne et de l’École du Louvre. » (https://expertes.fr/expertes/67697-virginie-larousse).

Madame Larousse est l’auteure du livre La théologie chrétienne publié par les Éditions Garnier en 2013.

L’ÉDITO Mauvaise foi (extraits)

Virginie Larousse – publié le 07/01/2019

Il avait fui les talibans d’Afghanistan il y a une quinzaine d’années pour venir chercher une vie paisible en France. C’est pourtant sous les balles d’un islamiste que Kamal Naghchband est tombé lors de l’attentat de Strasbourg (…) Nous n’en avons pas encore terminé avec ce mal, cette mauvaise foi qui conduit certains individus à se prendre pour Dieu. Pour un Dieu vengeur et rageur, en l’occurrence.

(…) C’est précisément pour endiguer la diffusion d’idéologies religieuses violentes que le président Macron a annoncé vouloir réformer l’organisation de l’islam. (…) L’État ne peut dédiaboliser Dieu, extirper les pulsions meurtrières des fanatiques de cette « mauvaise foi » en un Dieu cruel et sanguinaire. Ce travail revient à tout un chacun – théologiens, philosophes, citoyens. Il revient surtout aux musulmans eux-mêmes.

J’ai la chance de côtoyer, au quotidien, des musulmans d’exception. Des musulmans ouverts à l’altérité, totalement acquis à la libre conscience, qui cultivent la beauté, l’intelligence sous toutes ses formes, qui donnent beaucoup d’eux-mêmes, avec courage, pour sortir l’islam de l’impasse. Lors d’un débat organisé au Monde en octobre dernier, l’écrivain Kamel Daoud avait eu ces mots à leur adresse. « L’espoir c’est vous, ici [en Europe, ndlr]. Si vous réussissez à humaniser, à universaliser, à relativiser une pratique, une approche du texte, vous pouvez être en Occident les vecteurs d’un possible changement, d’une réforme de l’autre côté [de la Méditerranée]. Vous serez l’incarnation de cette possibilité. Mais si vous échouez ici, la catastrophe sera immense de l’autre côté. » À l’aube de 2019, osons espérer, mais surtout oeuvrer, pour que la lumière parvienne à percer l’obscurité.