Le voile de l’islam. Parlons-en encore !

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« MA SŒUR NE PORTE PAS DE FOULARD.

MA FUTURE FEMME

NE PORTERA PAS DE FOULARD »,

déclare le mufti de la Grande mosquée de Marseille,

Soheib Bencheikh.

Mufti : interprète officiel de la loi musulmane. (Jurisconsulte, il rend des sentences, les fatwa.)

(Dictionnaire Larousse en ligne)

« Je ne suis pas pour le foulard. Ma sœur ne porte pas de foulard. Ma future femme ne portera pas de foulard. Si j’ai des filles, elles ne porteront pas le foulard. Je répète que le foulard n’est pas un signe religieux, mais une manifestation de pudeur. »

Cité par Martine Gozlan, L’Islam et la République. Des musulmans de France contre l’intégrisme, Paris, Belfond, 1994, pp. 103-104. La déclaration du mufti est reproduite par Pascal Buresi dans son livre Géo-histoire de l’Islam, © Éditions Belin 2005 pour la première édition, © Éditions Belin/Humensis 2018, p. 370. Pascal Buresi est directeur de recherche au Centre national de la recherche scientifique (France) et directeur d’études à L’École des hautes études en sciences sociales. Il dirige l’Institut d’études de l’Islam et des sociétés du monde musulman (France).


Il n’y a pas longtemps,

le voile…

Jusqu’à la fin des années 1960, c’est-à-dire avant que l’islamisme ne s’impose, le hidjab (le voile qui couvre les cheveux) était considéré comme une sorte d’archaïsme, provenant de traditions tribales et de coutumes plus anciennes que l’islam lui-même. Dans les villes, peu de femmes portaient le voile et celles qui le portaient le faisaient surtout par commodité, pour éviter que leur chevelure ne soit gâtée par la poussière. Dans les campagnes, il s’agissait d’un voile traditionnel qui n’avait pas la même signification que le hidjab actuel. Cela dit, et il s’agit d’une précision essentielle à mes yeux, ce n’est pas parce que le voile a été introduit pour des motifs fondamentalistes que les femmes qui le portent aujourd’hui le font pour ces motifs.

(Rachad Antonius *, in Bélisle, Mathieu & Roy, Alain, L’islam et L’occident : D’où vient le malentendu ? Entretien avec Rachad Antonius, L’Inconvénient, (61), 8–13, 2015)

*Professeur de sociologie à l’Université du Québec à Montréal. Affilié au Consortium Inter-universitaire pour les études arabes et du Proche-Orient (ICAMES).


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Vu d’Arabie Saoudite.

Femmes musulmanes en Occident, enlevez le voile !

Que Dieu me préserve ! Jamais je n’oserais dire une chose pareille. Car si je le faisais, je me ferais lapider. Et pourtant, il faudrait le dire. Seul pourrait le faire un homme de religion, expert des textes religieux et qui en connaisse les subtilités. Un tel homme existe. Il s’agit [du Saoudien] Mohamed Al-Issa, secrétaire général de la Ligue islamique mondiale [organisation saoudienne de promotion de l’islam à travers le monde]. Mohamed Al-Issa a auparavant été ministre de la Justice en Arabie Saoudite]. Il s’est penché sur la question du port du voile par des musulmanes en Occident et a donné son avis d’un point de vue de la charia lors d’une conférence devant des femmes voilées dans la capitale autrichienne :

« Quand un pays décide démocratiquement de ne pas autoriser le voile, il faut l’accepter. Si l’on veut rester, il faut enlever le voile. Sinon, il faut partir.”


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Le voile est devenu un signe ostentatoire d’adhésion

à l’islam le plus rigoriste.

Malek Chebel (1953-2016) : islamologue égyptien, anthropologue des religions, psychanalyste, auteur d’une traduction en français du Coran, du Manifeste pour un islam des Lumières, du Dictionnaire amoureux de l’islam et de nombreux autres ouvrages.

Malek Chebel (1953-2016) a écrit :

« Aujourd’hui, à la faveur de l’implantation de l’islam dans de nouvelles régions qui n’étaient pas musulmanes au départ, et du fait de la politisation extrême de cette religion, le voile est devenu un signe ostentatoire d’adhésion à l’islam le plus rigoriste, un signe religieux qui charrie autour de lui de nombreuses idéologies plus ou moins restrictives. La première est celle de l’affirmation sans équivoque des signes de foi par rapport à un univers politique neutre, aseptisé ou tout simplement laïc. La seconde est une idéologie de reconquête des terres musulmanes par le biais de la réislamisation des peuple qui, dans l’histoire, ont déjà été gagnés par la prédication mohammédienne. Enfin, dans une perspective messianique, ce sont les régions non musulmanes qui rentrent maintenant dans le champ de l’activisme idéologique et politique de tous les mouvements, associations, sectes et branches de l’islam des fondements. C’est dire que l’islam – ou ceux qui ont la charge de l’interpréter – fait jouer à la femme des rôles qui ne sont pas les siens, ou pas seulement les siens. »

(Malek Chebel, Manifeste pour un islam des Lumières, Hachette Littératures, 2004; Librairie Arthème Fayard, collection Pluriel, 2010, 2011, p. 82-83)


La sacralisation du hidjab est relativement récente et intimement liée à l’émergence de courants intégristes représentant l’extrême droite religieuse.

Yolande Geadah *, Le Devoir, Protéger les minorités ou le rigorisme religieux? 10 avril 2019, https://www.ledevoir.com/opinion/idees/551801/proteger-les-minorites-ou-le-rigorisme-religieux

* Auteure de Femmes voilées. Intégrisne démasqué et de La prostitution : un métier comme un autre ?– D’origine égyptienne, Yolande Geadah vit au Québec depuis quarante ans, écrit son éditeur (VLB). Elle travaille dans le domaine du développement international et des relations interculturelles.

Rappelons que la sacralisation du hidjab est relativement récente et intimement liée à l’émergence de courants intégristes représentant l’extrême droite religieuse. L’insistance sur le port du hidjab ou du niqab est justifiée par une lecture rigoriste des textes sacrés, selon laquelle le corps des femmes est awra, qui signifie honteux ou impudique, et qu’il doit être soustrait au regard des hommes pour éviter de susciter leur désir et de provoquer la fitna, qui désigne le chaos social.

C’est à partir des années 1970 que des groupes organisés, financés par les pétrodollars, ont martelé ce discours misogyne. Outre leur obsession pour le hidjab, ces groupes promeuvent, à travers les mosquées réelles et virtuelles, une vision réductrice du rôle des femmes et ils placent le religieux au coeur de tout système politique, ce qui nie les principes de démocratie et d’égalité.

Cette vision patriarcale, théocratique et liberticide est de plus en plus combattue au sein des sociétés musulmanes, avec l’appui de penseurs islamiques prônant une lecture ouverte des textes sacrés. Les conflits déchirant les sociétés à majorité musulmane découlent en grande partie de cette lutte idéologique, dont le symbole le plus visible est le hidjab, et qui se déroule au niveau transnational.


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https://lop.parl.ca/sites/PublicWebsite/default/fr_CA/ResearchPublications/201160E

Gouvernement du Canada, Liberté de religion et signes religieux dans l’espace public, Étude générale, par Laura Barnett, Division des affaires juridiques et législatives, 2011-07-25, révisé le : 2013-01-15

1 Introduction (extrait)

Le « voile islamique », ou hijab, est l’un des signes religieux les plus contestés dans les débats actuels. Porté par les femmes, ce voile couvre généralement les cheveux, les oreilles et le cou. Le mot hijab désigne aussi la modestie vestimentaire féminine et, pour certaines musulmanes, toutefois, signifie porter un grand vêtement ample qui couvre les mains et le visage – une burqa; ou un voile qui ne laisse qu’une fente pour les yeux – un niqab. Le hijab fait partie intégrante de l’enseignement coranique pour une grande partie du monde musulman, mais les opinions sont très divisées sur l’obligation qu’il entraîne1.

CONCLUSION (extrait)

« Il ressort clairement de cette analyse que, même si les questions de liberté de religion font l’objet de débats devant des tribunaux partout dans le monde et dans des contextes très différents, le foulard islamique semble avoir provoqué des tensions culturelles dans de nombreux pays européens. On pourrait soutenir que, soutenus par la CEDH [Commission européenne des droits de l’homme], de nombreux États se tournent vers la laïcité pour protéger la société des complexités du multiculturalisme, empêchant ainsi, dans les faits, l’expression libre d’un droit que garantissent des lois constitutionnelles internationales et nationales. »


L’APPLICATION DE LA CHARIA

DANS UN ÉTAT COMME LE CANADA

Les États du monde occidental où les populations identifiées comme musulmanes sont minoritaires, d’implantation récente, mais en forte progression démographique, sont de plus en plus régulièrement confrontés à des problématiques juridiques et des revendications qui mettent un jeu une normativité islamique. Ces États, de tradition laïque ou séculière, paraissent plus ou moins bien armés pour répondre à cette demande de normativité islamique, dans un contexte général de défiance à l’égard de la charia, entretenu par des représentations réductrices et simplificatrices du droit islamique, auxquelles les musulmans ne manquent d’ailleurs pas de contribuer eux-mêmes.

[]

… l’arrangement est impossible quand l’application de la charia (tout du moins celle qui découle des représentations que s’en font les acteurs communautaires du droit) conduit à des violations explicites du droit positif * , ce qui renvoie au cas de figure des mariages forcés, des mariages exclusivement religieux, sans procédures civiles, des mariages polygames, des répudiations ou des crimes d’honneur. Mais c’est dans les zones grises que surgissent de la manière la plus vive les affaires publiques, quand la liberté contractuelle est susceptible de constituer le défaut de virginité de l’épouse en cause d’annulation du mariage (l’affaire du mariage de Lille), quand les sharia councils britanniques sont suspectés de n’être rien d’autre que des sharia courts, formant un isolat judiciaire communautaire, avec les conséquences attendues sur la condition juridique des femmes et des enfants. Et d’en appeler au retour de la loi, à la restriction des libertés contractuelles ou du champ de l’arbitrage…

* « … ensemble des règles applicables dans un espace juridique déterminé qu’il s’agisse d’un Etat unitaire comme la France, ou d’un ensemble d’États comme la Communauté Européenne » (Serge Braudo, Définition de Droit positif, https://www.dictionnaire-juridique.com/definition/droit-positif.php)

(Jean-Philippe Bras*, in La charia aujourd’hui. Usages et référence au droit islamique, sous la direction de Baudoin Dupret **, Paris, La Découverte, 2012, p. 287 et 289-290)

* Professeur de droit à l’Université de Rouen. Ancien directeur de l’Institut de recherche sur le Maghreb contemporain)

** « Baudouin Dupret est le directeur du centre Jacques-Berque à Rabat (Maroc), directeur de recherche au Centre national de la recherche scientifique (France)


http://www.editionsladecouverte.fr/catalogue/index-La_charia-9782707174246.html 

LA CHARIA DANS LE MONDE.

CONSTATATIONS D’UNE ÉTUDE RÉALISÉE DE 2008 À 2012

PAR LE PEW RESEARCH CENTER.

« Une majorité des musulmans dans le monde veulent que la charia, la loi islamique, devienne la loi de leur pays, tout en montrant des opinions disparates sur ce qu’elle recouvre, indique mardi une étude de l’institut Pew.

« Cette vaste étude, réalisée de 2008 à 2012 auprès de 38 000 personnes dans 39 pays, porte sur le thème de Religion, politique et société dans la communauté musulmane, forte de 1,6 milliard d’individus, la deuxième religion au monde après la religion chrétienne.

« Une majorité des musulmans notamment en Asie, Afrique et Moyen-Orient, veulent l’établissement de la charia, avec des disparités géographiques – 8 % en Azerbaïdjan, mais 99 % en Afghanistan -, affirme Pew qui l’explique par l’histoire des pays et la séparation de l’Église et de l’État.

« L’étude montre que l’application de la charia est surtout souhaitée dans la sphère privée, pour régler les affaires familiales ou foncières, par les musulmans habitant des pays où siègent déjà des cours religieuses de ce type.

« L’exécution de musulmans convertis à une autre religion ou les supplices des coups de fouet ou des mains coupées pour les voleurs recueillent une minorité d’avis favorables, sauf pour une forte majorité en Afghanistan et Pakistan et un peu plus d’une personne sur deux au Moyen-Orient et Afrique du Nord.

Source : Agence France-Presse, Une étude de l’institut Pew – Une majorité des musulmans pour la charia, mais laquelle? 1 mai 2013, Le Devoir, https://www.ledevoir.com/monde/377020/une-majorite-des-musulmans-pour-la-charia-mais-laquelle

Pew Research Center is a nonpartisan fact tank that informs the public about the issues, attitudes and trends shaping the world. It conducts public opinion polling, demographic research, media content analysis and other empirical social science research. Pew Research Center does not take policy positions. It is a subsidiary of The Pew Charitable Trusts. (https://www.pewresearch.org/global/) – Pew Research Center, https://www.pewresearch.org/

The Pew Charitable Trusts est une organisation à but non lucratif indépendante et non gouvernementale fondée en 1948. Elle dispose aujourd’hui de plus de 5 milliards de dollars d’actifs. Sa mission est de se mettre au service de l’intérêt public pour « améliorer les politiques publiques, informer le public et stimuler la vie civique »1. (https://fr.wikipedia.org/wiki/The_Pew_Charitable_Trusts)


Ligue des droits humains (Belgique)

http://www.liguedh.be/position-de-la-ligue-des-droits-de-lhomme-concernant-le-voile-islamique/

L’article 18 de la DÉCLARATION UNIVERSELLE DES DROITS DE L’HOMME énonce :

Toute personne a droit à la liberté de pensée, de conscience et de religion ; ce droit implique la liberté de changer de religion ou de conviction [il est interdit aux musulmans de renoncer à leur religion] ainsi que la liberté de manifester sa religion ou sa conviction, seule ou en commun, tant en public qu’en privé, par l’enseignement, les pratiques, le culte et l’accomplissement des rites.”

Par ailleurs, si l’on se réfère à l’article 29 paragraphe 2 de cette Déclaration :

Dans l’exercice de ses droits et dans la jouissance de ses libertés, chacun n’est soumis qu’aux limitations établies par la loi exclusivement en vue d’assurer la reconnaissance et le respect des droits et libertés d’autrui et afin de satisfaire aux justes exigences de la morale, de l’ordre public et du bien-être général dans une société démocratique”.


Ligue des droits humains (Belgique)

http://www.liguedh.be/position-de-la-ligue-des-droits-de-lhomme-concernant-le-voile-islamique/

La CONVENTION EUROPÉENNE DE SAUVEGARDE DES DROITS DE L’HOMME, quant à elle, énonce en son article 9 :

  1. Toute personne a droit à la liberté de pensée, de conscience et de religion ; ce droit implique la liberté de changer de religion ou de conviction [il est interdit aux musulmans de renoncer à leur religion], ainsi que la liberté de manifester sa religion ou sa conviction individuellement ou collectivement, en public ou en privé, par le culte, l’enseignement, les pratiques et l’accomplissement des rites.
  2. La liberté de manifester sa religion ou ses convictions ne peut faire l’objet d’autres restrictions que celles qui, prévues par la loi, constituent des mesures nécessaires, dans une société démocratique, à la sécurité publique, à la protection de l’ordre, de la santé ou de la morale publiques, ou à la protection des droits et libertés d’autrui.»


Bruno Bertrand, magistrat, François Braize, Inspecteur général des affaires culturelles honoraire et Jean Petrilli, avocat, Les 4 principales questions que pose l’islam radical à notre Etat de droit, Marianne, 12/01/2017, https://www.marianne.net/debattons/tribunes/les-4-principales-questions-que-pose-l-islam-radical-notre-etat-de-droit

IV – Peut-on, au delà des interdictions existant déjà en France[9], prohiber davantage les signes religieux ostensibles afin de lutter contre le prosélytisme de l’islamisme radical ?

Notre Etat de droit (Déclaration des droits de l’Homme et du citoyen de 1789 et Convention européenne des Droits de l’Homme) nous interdit, du fait de la liberté de conscience et de la liberté individuelle, d’instaurer une prohibition générale des signes religieux dans l’espace public, ou, du fait des principes d’égalité et de non discrimination, de ne les interdire que pour certaines confessions et pas pour d’autres. […]

En revanche, notre Etat de droit nous autorise à étendre, en défense de nos principes fondamentaux, les interdictions qui existent déjà (aujourd’hui, dans les services publics et à l’école en conformité avec notre Etat de droit) à d’autres domaines pourvu que de nouvelles interdictions soient nécessaires et proportionnées aux objectifs et enjeux[10] *. De telles extensions pourront être envisagées d’autant mieux qu’on aura renforcés nos principes et valeurs fondamentaux en codifiant dans la Convention européenne des droits de l’homme la jurisprudence de la Cour de Strasbourg sur l’islam radical et la charia, ou, à défaut, en le faisant dans la loi française[11] **.

De la sorte, en conformité avec notre Etat de droit ainsi renforcé, la loi française pourrait :

faire prévaloir l’intérêt du petit enfant sur l’intérêt confessionnel des parents en interdisant les signes religieux ostensibles dans tout le cadre pré-scolaire, public ou privé,

faire prévaloir la protection de l’intérêt de l’enfant mineur vis-à-vis des idéologies contraires à nos valeurs démocratiques ou à nos principes fondamentaux en soumettant à autorisation d’exercice et à un contrôle par l’Etat les établissements d’enseignement privés et en prévoyant une exigence plus importante pour ceux bénéficiant d’un financement public,

considérer les parents accompagnateurs d’activités ou de sorties scolaires de l’enseignement public comme des collaborateurs du service public soumis aux mêmes obligations de neutralité que les agents publics,

donner aux universités, aux entreprises, aux affectataires des bâtiments des services publics, ainsi qu’aux associations, la faculté de prévoir dans leur règlement intérieur d’une part des limites à l’expression en leur sein des convictions notamment religieuses comme cela a été prévu pour les entreprises par la loi du 8 août 2016 (dite loi Travail) et, d’autre part, d’interdire l’expression des idéologies déclarées contraires aux valeurs démocratiques et à nos principes fondamentaux, identifier les signes religieux prosélytes, notamment vestimentaires, exprimant une idéologie récusant les valeurs démocratiques ainsi que nos principes fondamentaux (et notamment le principe d’égalité entre les femmes et les hommes) et interdire de tels signes dans l’espace public tout comme cela a été fait pour l’idéologie nazie (actuel article R 645-1 du code pénal).

* [10] Article 9-2 de la CEDH qui n’admet les restrictions à l’expression des convictions que si cette expression est contraire à « à la sécurité publique, à la protection de l’ordre, de la santé ou de la morale publiques, ou à la protection des droits et libertés d’autrui »

** [11] Codifier une jurisprudence consiste à inscrire dans un texte normatif (loi ou convention internationale), les principes posés par le juge pour l’interprétation et l’application de ce texte. Ici, en codifiant la jurisprudence de la CEDH sur l’islam radical et la charia, que cette Cour a déclaré contraires aux valeurs démocratiques et à nos principes fondamentaux, on habiliterait clairement les Etats à agir plus efficacement contre la propagation de cette idéologie.


« Des penseurs de la mouvance religieuse

ont expressément rejeté la nécessité du port du voile,

entre autres,

en Égypte, Rifaa Tahtaoui et Qasim Amin au XIXe siècle, ou au Maroc, le malékite Moulay Bel Arabi Al Alaoui au milieu du XXe siècle.

Parmi les contemporains, citons Jamal Al Banna et Hassan Al Tourabi ».

(Sami Aoun, Mots-clés de l’Islam, Montréal et Paris, Médiaspaul, © 2007, p. 62.)

Sami Aoun est politologue, professeur titulaire à l’École de politique appliquée à l’Université de Sherbrooke et directeur de recherche sur les questions liées au Moyen-Orient à la Chaire Raoul-Dandurand en études stratégiques et diplomatiques de l’Université du Québec à Montréal.


AUJOURD’HUI, IL EXISTE À INTÉRIEUR MÊME DU MONDE MUSULMAN UNE REMISE EN CAUSE FONDAMENTALE DE L’OBLIGATION DE SE VOILER POUR LES FEMMES.

« En terre d’Islam, le port du voile – sous des formes diverses et variées – est u fait historique avéré, une obligation sur laquelle les oulémas anciens sont quasiment unanimes, tant elle leur paraît aller de soi. La question [du port du voile] devient polémique à l’époque moderne au contact avec l’Occident, puis à l’époque contemporaine avec la montée en puissance des mouvements islamistes qui en font un enjeu politico-théologique.

« Aujourd’hui, il existe à intérieur même du monde musulman une remise en cause fondamentale de l’obligation de se voiler pour les femmes qui, pour s’exprimer, est allée au contact du texte fondateur de l’Islam, le Coran. De nombreux penseurs musulmans remettent en cause à la fois le sens et la portée des versets coraniques pris comme référence et comme source de justification théologique. »

(Mathieu Guidère, Au commencement était le Coran, Paris, Gallimard, collection Folio actuel, 2018, p. 212)

Mathieu Guidère est professeur des universités à Paris-VIII et agrégé d’arabe. Il est l’auteur de nombreux ouvrages, dont La Guerre des islamisme (Gallimard, 2017), Etat du monde arabe (De Boeck, 2015), Atlas des pays arabes. Des révolutions à la démocratie ? (Autrement, 2015).


LE PORT DU VOILE N’EST AUCUNEMENT LÀ

UNE PRESCRIPTION ABSOLUE DE LA LOI CORANIQUE.

« Il y eut, en Égypte par exemple, des « mouvements féministes » d’allure très occidentale, et les noms de plusieurs leaders féminins sont restés célèbre. Il y eut (il y a encore) des « Soeurs musulmanes », réplique des Frères musulmans, se déclarant attachées aux plus strictes lois de l’Islam. Et le voile sur le visage devient parfois un symbole d’attachement à la religion. Symbole trompeur, rétorquent les modernistes de toute tendance : ce n’est aucunement là une prescription absolue de la Loi coranique. Bien des États musulmans luttèrent contre le port du voile. En fait, il tend ou à disparaître, dans les milieux intellectuels surtout, ou du moins à laisser le visage découvert. Sur ce point, les coutumes varient encore selon les pays et les classes sociales. Mais on en fait de moins en moins. semble-t-il, une stricte obligation islamique. Il est caractéristique que les Soeurs musulmanes elles-mêmes, après avoir arboré un grand voile noir masquant le visage, se bornent souvent à porter un simple voile, blanc ou de couleur, sur la tête. »

Louis Gardet, Les Hommes de l’Islam. Approche des mentalités, © Librairie Hachette 1977, © 1984 Éditions Complexe, p. 371 – Louis Gardet, spécialiste de la pensée et de la civilisation islamiques, a enseigné l’islamologie au Collège international de Philosophie de Toulouse. On lui doit entre autres La cité musulmane, vie sociale et politique (1954), L’Islam, religion et communauté (1967), L’Islam : hier, demain (en collaboration avec Mohammed Arkoun, 1978).


« MA SŒUR NE PORTE PAS DE FOULARD.

MA FUTURE FEMME

NE PORTERA PAS DE FOULARD »,

déclare le mufti de la Grande mosquée de Marseille,

Soheib Bencheikh.

Mufti : interprète officiel de la loi musulmane. (Jurisconsulte, il rend des sentences, les fatwa.) (Dictionnaire Larousse en ligne)

« Je ne suis pas pour le foulard. Ma sœur ne porte pas de foulard. Ma future femme ne portera pas de foulard. Si j’ai des filles, elles ne porteront pas le foulard. Je répète que le foulard n’est pas un signe religieux, mais une manifestation de pudeur. »

Cité par Martine Gozlan, L’Islam et la République. Des musulmans de France contre l’intégrisme, Paris, Belfond, 1994, pp. 103-104. La déclaration du mufti est reproduite par Pascal Buresi dans son livre Géo-histoire de l’Islam, © Éditions Belin 2005 pour la première édition, © Éditions Belin/Humensis 2018, p. 370. Pascal Buresi est directeur de recherche au Centre national de la recherche scientifique (France) et directeur d’études à L’École des hautes études en sciences sociales. Il dirige l’Institut d’études de l’Islam et des sociétés du monde musulman (France).


LE VOILE ISLAMIQUE

Texte du sociologue québécois Jacques B. Gélinas

http://lautjournal.info/20140120/le-voile-islamique2014/01/20

Le voile dont se couvrent de nombreuses musulmanes dans le monde entier est une vieille tradition d’inspiration religioso-patriarcale qui n’est pas propre à l’Islam. (Il n’y a pas si longtemps, au Québec, les femmes devaient se couvrir la tête à l’église.) Mais pour les fondamentalistes de cette confession le port du voile a pris, ces dernières années, une telle importance qu’ils en font presque le sixième pilier de l’Islam.

Rappelons les principaux modèles de voiles islamiques : la burqa qui couvre le corps de la tête aux pieds, avec un grillage pour la vue ; le tchador portée surtout par les femmes chiites, qui couvre la tête et le corps mais non les mains ; le niqab, un voile intégral qui ne laisse qu’un fente pour les yeux ; le hidjab qui couvre les cheveux, les oreilles et le cou. La même philosophie de soumission et d’infériorisation de la femme traversent ces différents modèles ; ce qui les différencie n’est qu’une question de degré.

Un symbole d’infériorisation des femmes

Si l’on admet comme la plupart des mouvements et organisations féministes1 que « le voile est un symbole d’infériorisation des femmes », force est de reconnaître que le voile islamique est non seulement un signe religieux, mais aussi et surtout un marqueur social. Il s’agit d’une prescription patriarcale qui marque la place des femmes dans la société. Dans la conjoncture actuelle d’une montée notoire de l’Islam et de l’intégrisme islamique à l’échelle mondiale2, la symbolique socio-politique l’emporte sur la symbolique religieuse. C’est en raison de sa signification socio-politique et de l’idéologie militante qui la sous-tend, que le voile islamique soulève tant de polémiques, et cela, non seulement au Québec, mais partout dans le monde et même dans les pays à dominance musulmane. Dans les pays occidentaux, la stratégie des mouvements islamistes consiste à réclamer toujours plus d’espace social et juridique, au nom de la liberté religieuse.

Le port du voile évoque une vision de la société qui rejette le mode dit « occidental » d’émancipation des femmes. Or, il s’agit non pas d’un modèle occidental, mais d’un droit reconnu universellement fondé sur l’égalité absolue des sexes en droit, en devoir et en dignité. Ce droit se trouve inscrit dans de nombreuses déclarations et conventions internationales, dont la Convention sur l’élimination de toutes les formes de discrimination à l’endroit des femmes. Un document dûment signé par le Canada.

Dans la vision islamiste de la société, la femme est perçue non seulement comme séductrice et responsable des dérèglements libidi


aux des hommes, mais comme inférieure et soumise aux hommes. Les contraintes morales, sociales et familiales que cette idéologie contre-nature entraîne sont souvent imposées de façon violente. Car le discours qui prône la supériorité des hommes sur l’autre moitié de l’humanité s’accompagne nécessairement de violence et de mépris à l’égard des femmes. Aujourd’hui, sous nos yeux, partout dans le monde, un nombre saisissant de femmes sont brimées, battues, violées et même tuées pour refus de se soumettre.

L’obsession des dirigeants religieux et des fondamentalistes pour tout ce qui regarde, de près ou de loin, les affaires du sexe cache un objectif politique : réprimer l’énergie érotique pour la convertir en soumission et en obéissance.


Christian Rioux, Rupture anthropologique, Le Devoir, 9 octobre 2015, https://www.ledevoir.com/opinion/chroniques/452222/rupture-anthropologique

EXTRAITS

Pensons-y un peu. À Paris comme à Montréal, dans les dîners de chambres de commerce, le port de la cravate est obligatoire. Dans toutes les cérémonies un peu prestigieuses, à Cannes ou à l’ADISQ, la tenue de soirée est de rigueur. Dans n’importe quelle activité sportive, l’uniforme s’impose. Mais, dans ce qui est censé être l’une des cérémonies les plus solennelles, on pourrait se présenter le visage couvert. Le seul fait de poser une question aussi extravagante montre bien que le culte des minorités et le délire multiculturel sont sur le point de faire perdre tout sens des réalités à une partie de nos élites. Heureusement que le peuple, lui, garde encore un peu de sens commun, ainsi que l’illustre la déconvenue bien méritée du NPD dans les sondages.

Ce qui frappe en effet dans ce débat, ce n’est ni sa durée, ni le fait qu’il ait probablement été instrumentalisé, ni le petit nombre de ces femmes voilées. C’est plutôt qu’il ait été limité à un simple et banal débat sur les droits. Ainsi, a-t-on vu d’un côté les défenseurs tous azimuts des droits des minorités religieuses soutenir que, pour peu qu’une religion le prescrive, on devrait avoir le droit dans n’importe quelle cérémonie de marcher sur la tête ou de se présenter nu. Selon ces derniers, non seulement les minorités ont-elles tous les droits, mais les religions en ont un peu plus que les autres.

Pourtant, ce qui frappe aussi, c’est qu’en face, les opposants n’ont eu à la bouche que les droits, toujours les droits. Pour ces derniers en effet, se présenter en niqab dans une cérémonie de citoyenneté représenterait essentiellement un affront aux droits des femmes. Une façon de désigner la femme comme source du péché et de consacrer son infériorité.

Il n’est pas question de nier ce dernier argument qui a d’ailleurs ému Thomas Mulcair au point de le rendre « inconfortable » — et de lui faire perdre son français ! Pourtant, il ne permet pas à lui seul de justifier l’interdiction du niqab. Ce débat, entre les droits absolus des religions et ceux tout aussi absolus des femmes, ne mène qu’à un cul-de-sac. Surtout quand ces femmes choisissent volontairement de porter le niqab.

On ne peut en sortir qu’en se rappelant que nos sociétés ne sont pas fondées que sur des droits, mais aussi sur des traditions, des moeurs, des cultures sans lesquelles elles sont inévitablement vouées au délitement. Or, dissimuler son visage en public représente ce que j’appellerai une rupture anthropologique avec tout ce que nous sommes.

Dans nos sociétés, depuis toujours, on ne cache son visage que durant le carnaval. Pour le reste, se présenter à visage découvert est la condition sine qua non de toute civilité et donc de toute fraternité.

[…]

On parle ici de principes fondamentaux qui garantissent l’existence même de nos civilisations depuis toujours. Dans son tout dernier livre (Situation de la France, Desclée de Brouwer), le philosophe Pierre Manent propose une « alliance républicaine » avec l’islam — un projet par ailleurs très controversé. Mais il n’en refuse pas moins toute concession à l’égard du niqab. « Donner à voir le refus d’être vue est une agression permanente contre la coexistence humaine, écrit-il. Jamais les Européens n’ont caché leur visage, sauf celui du bourreau. » Face à une femme qui dissimule son visage, renchérissait la philosophe féministe Élisabeth Badinter, on est « condamné à s’adresser à cette personne humaine comme à un objet ».


https://www.franceculture.fr/emissions/revue-de-presse-internationale-14-15/liberation-ou-liberte-individuelle

REVUE DE PRESSE INTERNATIONALE par Cécile de Kervasdoué

LIBÉRATION OU LIBERTÉ INDIVIDUELLE 13/10/2009

Comme ceux de ses concurrents … à New York ou à Londres … les bureaux d’acier et de verre de la société Rotana grouillent de jeunes salariées maquillées … pomponnées … et … faut-il le préciser … victimes de la mode … Dans les couloirs aux allures de podiums … les assistantes défilent … et parfois même vacillent perchées sur des chaussures acquises à prix d’or … tandis que les cadres … elles … paradent … tailleurs pour les unes … jupes crayons pour les autres … une panoplie censée affirmer haut et fort leur statut hiérarchique … Seulement voilà … la dite société n’est pas basée à New York ou à Londres mais … à Ryad … écrit THE TIME MAGAZINE

… Ryad … capitale de l’Arabie Saoudite … autrement-dit … un pays où les femmes obéissent généralement à un code vestimentaire nettement plus stricte … et qui se résume pour l’essentiel en un long manteau noir … un foulard … et un voile agrémenté d’un simple filet pour les yeux. Et l’histoire ne s’arrête pas là écrit l’hebdomadaire américain … L’autre raison pour laquelle de nombreux saoudiens pourraient être choqués a priori par cette étrange compagnie … et bien c’est que les hommes et les femmes travaillent … tenez-vous bien … côte à côte … Or … un tel spectacle étant de nature à agacer généralement bon nombre de représentants de la gente masculine … et bien la responsable des ressources humaines … nous explique le journal … a dû mettre au point un stratagème afin de tester l’aptitude des candidats à travailler dans un bureau mixte … Lors de chaque entretien individuel … elle convient avec sa secrétaire du moment où celle-ci aura pour tâche d’interrompre brusquement la conversation … et … de là commence donc l’observation du mâle et de sa réaction … Perte de confiance … agacement … Parfois d’ailleurs il n’est pas besoin de pousser si loin la malice puisque bon nombre d’hommes se décomposent tout simplement … à l’idée même d’être interrogés par une femme … et de devoir qui plus est … comble de l’humiliation … lui réclamer un travail. Et pourtant … poursuit THE TIME MAGAZINE … les saoudiens feraient bien de s’habituer à vivre de telles expériences … Bien entendu … la société Rotana reste encore aujourd’hui une anomalie en Arabie Saoudite … grâce notamment aux idéaux progressistes de son directeur … Dans la société saoudienne … aucune femme n’a encore le droit de sortir seule … pour faire ses emplettes … ou même chercher du travail … sans l’autorisation formelle de l’un des membres de sa famille … issu … cela va de soit … du sexe fort … Mais … toujours est-il que sous la conduite de la famille royale … et en particulier de l’actuel monarque Abdallah … le Royaume évolue progressivement … Les lieux de travail mixtes sont de plus en plus fréquents … notamment dans les banques et les hôpitaux où il n’est pas rare désormais de rencontrer des femmes médecins … Le gouvernement a également lancé le mois dernier la première université mixte du Royaume précise l’article … Enfin … l’Etat c’est vrai … s’efforce à présent d’encourager l’entrée des femmes dans la vie active moderne … Qu’on se le dise … les femmes arrivent … déclare ainsi l’une des 6 représentantes nommées cette année au Conseil de la Shura … Alors c’est une première étape précise-t-elle dans les colonnes de l’hebdomadaire … Bien sûr il serait encore exagéré de parler d’un mouvement de libération de la femme … Nous ne sommes toujours pas libres mais … les saoudiennes peuvent aujourd’hui vivre et s’exprimer d’une manière totalement inédite jusqu’à présent … Et c’est ainsi … conclut THE TIME MAGAZINE que l’Arabie Saoudite perçue généralement comme l’antre de l’Islam radical est en train de changer. Non loin de là … au Koweït cette fois-ci … cette tendance semble … là encore se vérifier à l’aune d’une proposition d’amendement soumise dimanche dernier par une femme … Rula Dashti … laquelle non seulement refuse de porter le voile au Parlement … écrit THE DAILY TELEGRAPH … mais suggère également d’expurger un article de loi imposant aux femmes de se conformer à la charia … la loi islamique … Une proposition … précise le quotidien britannique … qui s’inscrit plus largement dans un vaste mouvement au sein du monde arabo-musulman … mouvement visant donc à réformer les codes vestimentaires imposées à la gente féminine. Le port du voile fait polémique … titrait d’ailleurs quelques jours plus tôt le site d’information arabe ELAPH en référence à une autre affaire … égyptienne celle-ci … C’était il y a tout juste une semaine … L’imam de la prestigieuse mosquée d’Al-Azhar effectuait une tournée dans un lycée pour s’assurer de l’application des mesures antigrippe … raconte le journaliste … lorsqu’il a été choqué de voir une collégienne coiffée d’un voile intégrale … alors qu’elle était en cours … Il lui a alors demandé d’ôter son voile … affirmant que le niqab n’était qu’une tradition … et qu’il n’avait pas de lien avec la religion ni de près ni de loin … Depuis … l’imam s’est dit déterminé à interdire officiellement à toute personne portant le voile d’entrer dans les lycées … Quant au ministre de l’Enseignement supérieur … il a décidé pour sa part d’interdire l’accès des cités universitaires aux étudiantes portant le voile. Alors pour terminer ce condensé de revendications favorables à l’émancipation … ou du moins … à la liberté de choix pour les femmes musulmanes je citerai un article paru récemment dans LE TEMPS en Suisse … Elle est apparue voilée à la mosquée … moitié décidée … moitié hésitante écrit le journaliste … Cette femme qui se serait mariée et convertie à l’Islam scandait autrefois avec appétit mais sans haine … son refus des catégories … son envie de n’être ni pute ni soumise … son ambition de faire jeu égal avec les hommes sans leur déclarer la guerre … Cette silhouette musulmane … c’est Diam’s … la rappeuse … Alors pour le pré-quinquagénaire helvétique que je suis écrit l’éditorialiste … cette chanteuse a réussi c’est vrai à empoigner l’air du temps … C’est une figure qui chante la rage comme toute résistance … N’empêche conclut le journaliste … les diamants qui prennent aujourd’hui le voile tirent à présent le rideau de nos espoirs bénévoles.


« En couverture toujours, Le Point se demande «comment chrétiens et juifs peuvent cohabiter avec « les musulmans ». « Que reproche-t-on à l’islam ? », questionne cette publication, avant de répondre: « Son intolérance, le peu de place qu’il laisse au libre-arbitre. Mais aussi ses contradictions, sa rigidité, son conservatisme et surtout sa violence. Violence du terrorisme aveugle. Violence contre les femmes. Violence des textes, aussi. Le Coran ne dit-il pas, à propos des non-musulmans: « Dieu n’aime pas les transgresseurs ! Tuez-les où que vous les rencontriez »? » Une historienne britannique d’origine égyptienne déclare ici: « L’Europe s’est soumise à l’islam sans se battre ».

Revue de presse des hebdomadaires du 13/3/2005, Radio France Internationale, http://www1.rfi.fr/actufr/articles/063/article_34715.asp


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Au pays du Québec

La musulmane croyante qui proteste depuis mille jours contre un projet de loi du gouvernement du Québec n’arrête pas de demander

qu’on la jette en prison.

Le premier ministre du Québec lui dit qu’il n’en est pas question, qu’elle a le droit de protester.


IMAGE (DRAPEAU DU QC)

Si un extraterrestre se voyait obligé de venir habiter la Terre, il choisirait, après une étude objective de la situation, le Québec.

Ça vous étonne ? C’est que vous prêtez trop l’oreille aux râleurs ou au maire de Hampstead. Le Québec, certes, n’est pas parfait. La pauvreté continue d’affecter trop de ses habitants, ses hivers sont trop longs et ses urgences d’hôpitaux, trop bondées. Il n’empêche que, quand on fait le portrait d’ensemble et qu’on le compare non pas à un idéal fantasmé mais aux réalités d’ailleurs, le Québec fait envie.

En 2012, en se fondant sur l’indice « Vivre mieux » de l’OCDE, qui mesure le bien-être des populations à partir de vingt indicateurs reliés aux conditions de vie matérielle et à la qualité de vie, les chercheurs Luc Godbout et Marcelin Joanis en arrivaient à la conclusion que le Québec était l’endroit qui offrait la meilleure qualité de vie au monde.

Louis Cornellier, Le Québec au cœur, Le Devoir,* 4 mai 2019 https://www.ledevoir.com/opinion/chroniques/553504/le-quebec-au-coeur* Chronique consacrée au livre de Josée Boileau, J’ai refait le plus beau voyage, Somme toute, Montréal, 2019, 144 p.


La Presse, https://www.lapresse.ca/debats/nos-collaborateurs/boucar-diouf/201402/21/01-4741330-ce-que-je-dirais-a-un-immigrant.phpPublié le 22 février 2014

Ce que je dirais à un immigrant      Extraits

BOUCAR DIOUF ( L’auteur est humoriste, conteur, biologiste et animateur. )

Avant de partir du Sénégal pour le Québec, en 1991, on m’avait parlé de choc culturel, de température, de liberté, d’ouverture, d’humour et de bien d’autres aspects de l’identité et de la culture des gens d’ici. Mais personne ne m’a informé de cette singulière relation que la majorité des Québécois entretiennent avec la religion. Pourtant, à mon avis, il est plus qu’important de mentionner aux gens qui veulent venir ici que s’expatrier au Québec n’est pas la même chose que de s’installer dans le reste du Canada. Le Québec a un rapport avec la religion, et l’égalité des sexes, que même l’Ouest du pays peine à comprendre. (…)

L’extrémisme religieux ne peut en aucun cas s’amalgamer avec la culture québécoise francophone. En fait, si je devais entretenir un candidat à l’immigration sur le sujet, je lui dirais ceci:

«Monsieur, avant de partir, vous devez savoir que depuis la désertion massive des églises, provoquée par la Révolution tranquille, les Québécois ont majoritairement un rapport particulier avec la religion. Le Québec afficherait peut-être même le plus haut taux de citoyens agnostiques en Amérique du Nord. Si bien qu’aujourd’hui, ce sont des missionnaires du Sud, principalement de l’Amérique latine et de l’Afrique, qui tentent timidement de rallumer la foi dans certaines contrées de la belle province.

«Autrefois très pieuse, cette nation est devenue le territoire des plus grands blasphémateurs de la galaxie. Ici, non content d’avoir transformé des églises en condos, on a aussi recyclé les accessoires liturgiques en autant de jurons et sacres qui rythment le langage populaire (…)

«Vous vous préparez à aller dans la nation la plus ouverte et pacifique de l’Amérique du Nord. Vous allez dans la nation où les femmes sont parmi les plus affirmées et égalitaristes du monde occidental; où la simple évocation de la droite religieuse provoque une crise générale d’urticaire; où le droit à l’avortement est un acquis non négociable; où les hommes ont droit à des congés de paternité; où le mariage n’est plus une institution sacrée et un couple sur deux divorce quand ça ne marche plus; où les adolescents, à la puberté, sont autorisés à s’embrasser et à se fréquenter; où gais et lesbiennes manifestent ostensiblement leur identité et ont le droit de se marier; où changer de sexe pour retrouver son homéostasie existentielle est aussi bien accepté.

«C’est toutes ces qualités qui font aussi du Québec, sans être parfait, une terre de liberté, d’ouverture et de tolérance, pour celui qui accepte de s’ouvrir. Si je vous raconte tout ça, c’est que certains de ces acquis sociaux très progressistes, qui cimentent fièrement notre identité collective, sont incompatibles avec une lecture rigoriste des dogmes religieux. Ce qui pourrait amener des extrémistes à nous regarder comme des représentants de Satan sur terre.

(…)

Oui, Fatima Houda-Pepin [politologue québécoise], vous avez raison de penser que les intégristes sont les véritables ennemis de la laïcité! Je rajouterai qu’ils sont aussi les ennemis de la grande majorité de croyants, à qui ils font beaucoup de tort par ricochet.


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Les croyances, mortelles ou non.

Lise Ravary, Turban: pourquoi ils ne l’enlèvent pas ? Journal de Montréal, 11 juin 2013, https://www.journaldemontreal.com/2013/06/11/turban-pourquoi-ils-ne-lenlevent-pas

EXTRAITS 

(Le texte de Lise Ravary a été publié le 11 juin 2013.)

C’était à prévoir, le Québec a été suspendu par l’Association canadienne du soccer pour ne pas avoir respecté sa consigne de permettre aux enfants sikhs de jouer au foot avec un bout de tissu sur la tête. []

Notre société, viscéralement anti-religion, peine à comprendre pourquoi ces enfants n’enlèvent pas leur ‘turban’ le temps d’une partie de ballon rond. Ou pourquoi les Juifs orthodoxes ne déplacent pas leurs autos pendant les fêtes et le sabbat. Ou ma préférée: pourquoi on laisse des parents ‘endoctriner’ leurs enfants []

On va quand même pas s’abaisser au niveau de pays comme l’Arabie saoudite qui interdisent toute manifestation de différence religieuse en public, non ?

[]

Le phénomène de la croyance n’est pas limité à des histoires d’amis imaginaires qui vivent dans le ciel. Malgré toutes les avancées scientifiques, nombre de Québécois ‘croient’ que les médecines douces peuvent guérir des cancer. []

Prenons l’homéopathie: il y a des parents qui vivent très bien avec leur bébé qui hurle de douleur à cause d’une infection aux oreilles, parce qu’ils lui ont donné des granules de sucre au lieu d’antibiotiques détestés. []

Les humains croient à toutes sortes de choses parce qu’ils espèrent en tirer un avantage: un mieux-être physique, mental, le paradis à la fin de leurs jours, le regard bienveillant d’un leader admiré, d’un être suprême, l’approbation du groupe d’appartenance, l’amour. Ce sont des carburants puissants qui défient la raison pure.

[]

Où tirer la ligne ? Quand la sécurité des personnes et de l’État sont menacés. Quand les lois de l’État et les droits humains (ce qui comprend l’égalité hommes-femmes et la liberté de conscience) sont bafoués. De manière démontrable. Dans le doute, je préfère protéger les libertés individuelles que de les limiter.

Saint-Michel-de-Bellechasse, la belle

Saint-Michel-de-Bellechasse

Origine et signification

Implantée entre Saint-Vallier et Beaumont sur la rive sud du Saint-Laurent, à la hauteur de l’île d’Orléans, se retrouve la municipalité de Saint-Michel-de-Bellechasse, appellation également du bureau de poste depuis 1876.La rivière Boyer coule presque au centre du territoire. D’abord érigée comme mission en 1672, Saint-Michel devenait paroisse en 1678, avant d’accéder au statut de paroisse civile en 1722.La municipalité de paroisse qui lui a emprunté son nom, en 1845, devait être abolie en 1847, pour renaître en 1855.En 1992, la municipalité de la paroisse de Saint-Michel devenait la municipalité de Saint-Michel-de-Bellechasse, afin d’établir clairement son identité en regard de la municipalité homonyme de Saint-Michel en Montérégie.Le constituant Bellechasse marque son appartenance tant à la région qu’à la MRC de Bellechasse.Cependant, jusqu’à 1842, le territoire répondait à l’appellation Saint-Michel-de-la-Durantaye.Si le nom évoque l’archange bien connu, le second membre de la dénomination rappelle Olivier Morel de La Durantaye (1640-1716).Né près de Nantes, il arrive à Québec en 1665 comme capitaine du régiment de Carignan-Salières et se voit concéder en 1672 la seigneurie qui porte son nom. Après avoir demandé à l’évêque qu’une paroisse soit érigée dans sa seigneurie sous le nom Saint-Laurent, on décide de retenir le patronyme de saint Michel, dont la fête coïncide avec l’érection canonique, car une paroisse de l’île d’Orléans porte déjà le nom suggéré.Cette modification intervient concrètement en 1698.La paroisse de Saint-Michel comprenait la moitié ouest de la seigneurie de La Durantaye, agrandie en profondeur en 1693.En 1754, on y établira un bourg, en espérant y attirer artisans, forgerons, menuisiers, charpentiers. Saint-Michel-de-Bellechasse fut occupée par les troupes anglaises en 1759, pendant toute la durée du siège de Québec.À l’hiver 1760, alors qu’on s’attendait à une contre-attaque des troupes françaises repliées en amont de Québec, les Michelois se préparaient, autant qu’ils le pouvaient, à chasser l’Anglais et, en particulier, à refuser de le nourrir.Jadis, le presbytère, construit en 1739, portait les traces malheureuses de cette période, qu’une restauration ultérieure devait effacer.La résistance des habitants de Saint-Michel se poursuivra jusqu’en 1775.Excommuniés par monseigneur Briand parce qu’ils avaient protesté en pleine église contre le jésuite Lefranc qui prêchait l’obéissance civile, cinq irréductibles ont vécu le reste de leur vie misérablement et ont été enterrés sur la terre Cadrain, leurs ossements étant transférés en 1880 dans la partie non bénite du cimetière.On dénombre plusieurs légendes orales sur ce thème.De vocation agricole axée sur l’industrie laitière, l’économie locale profite de la venue en masse des véliplanchistes et des amateurs de sports nautiques qui s’y donnent rendez-vous.La présence d’un théâtre d’été draine également en cet endroit bon nombre d’amateurs au cours de la période estivale. Les nombreux érables qu’on retrouve à cet endroit lui ont valu le titre de Village des arbres.Voir : Bellechasse, Île de.

Source :

http://www.toponymie.gouv.qc.ca/ct/ToposWeb/Fiche.aspx?no_seq=271136

Noms et lieux du Québec, ouvrage de la Commission de toponymie paru en 1994 et 1996 sous la forme d’un dictionnaire illustré imprimé, et sous celle d’un cédérom réalisé par la société Micro-Intel, en 1997, à partir de ce dictionnaire.


Photos prises en juin 2019 par Roger Martel

Tricentenaire de Saint-Michel 1678-1978

Site de la chapelle Notre-Dame-de-Lourdes

 

Site de la chapelle Notre-Dame-de-Lourdes

 

  1. Le curé J. B. N. Laliberté est le fondateur de la chapelle Notre-Dame-de-Lourdes.

 

Chapelle Notre-Dame-de-Lourdes

 

Chapelle Notre-Dame-de-Lourdes

 

Chapelle Notre-Dame-de-Lourdes

 

 

Site patrimonial de Saint-Michel-de-Bellechasse

Origine et signification

Le site patrimonial de Saint-Michel-de-Bellechasse est situé au cœur de l’agglomération de Saint-Michel-de-Bellechasse. Il est composé d’une cinquantaine de bâtiments érigés au XVIIIe et au XIXe siècles. Parmi ces constructions, on trouve notamment une chapelle, une église, un collège et plusieurs résidences.

Le site patrimonial de Saint-Michel-de-Bellechasse a été constitué le 6 octobre 2003 par la Municipalité de Saint-Michel-de-Bellechasse, puis est devenu un site patrimonial cité le 8 avril 2013. Pour plus de détails, consultez la fiche consacrée à ce bien patrimonial dans le Répertoire du patrimoine culturel du Québec.

Source :

http://toponymie.gouv.qc.ca/ct/ToposWeb/fiche.aspx?no_seq=436941

MINISTÈRE DE LA CULTURE ET DES COMMUNICATIONS. Répertoire du patrimoine culturel du Québec, [En ligne], 2016 [www.patrimoine-culturel.gouv.qc.ca] (Consulté le 18 septembre 2018)

Un retour du religieux, vraiment? – Montée en visibilité de l’islam, et montée en puissance de l’islamisme.

Heinich Nathalie, Pour en finir avec “le religieux” : vers une analyse fonctionnelle des religiosités actuelles, dans revue ¿ Interrogations ?, N°25. Retour du religieux ?, décembre 2017 [en ligne], https://www.revue-interrogations.org/Pour-en-finir-avec-le-religieux (Consulté le 7 juillet 2019). ISSN 1778-3747

Nathalie Heinich est sociologue, directrice de recherche au Centre national de la recherche scientifique (CNRS) (Paris). Outre de nombreux articles, elle a publié une trentaine d’ouvrages, traduits en quinze langues, portant sur le statut d’artis­te et d’auteur […]; les identités en crise (États de femme, L’Épreuve de la grandeur, Mères-filles, Les Ambivalences de l’émancipation féminine) ; l’histoire de la sociologie (La Sociologie de Norbert Elias, Ce que l’art fait à la sociologie, La Sociologie de l’art, Pourquoi Bourdieu, Le Bêtisier du sociologue, Dans la pensée de Norbert Elias, La Sociologie à l’épreuve de l’art) ; et les valeurs (La Fabrique du patrimoine, De la visibilité). Dernier ouvrage paru : Des valeurs. Une approche sociologique (2017). (https://www.revue-interrogations.org/_Heinich-Nathalie)

Introduction

Il serait tentant, à propos de ce « retour du religieux ? » proposé à la réflexion, de discuter de la pertinence du mot « retour » : dans quelle mesure est-il réel ou bien imaginaire ? Ne s’agit-il pas d’une simple montée en visibilité de ce qui n’avait jamais disparu sous l’effet du « désenchantement » (Weber, 1971 ; Gauchet, 1987), mais s’était simplement retiré de la sphère publique ? Ou bien, d’une sorte de retour du refoulé de ce que les élites intellectuelles et politiques ont longtemps préféré ignorer (Birnbaum, 2016) ? Ou bien encore, d’une sensibilité accrue aux manifestations religieuses en raison non de leur montée en légitimité mais, au contraire, de leur délégitimation, qui les rend plus visibles et pousse à les interpréter à tort comme l’effet d’une progression temporelle alors qu’il ne s’agit que d’une transformation axiologique, autrement dit d’un abaissement du seuil de tolérance (Heinich, 2007) ?

[…]

entre christianisme, judaïsme, islam, polythéisme, bouddhisme ou animisme, les différences sont telles que la mise en évidence de ce qui les rassemble peut s’avérer beaucoup plus complexe que ne le suggère la familiarité des termes « religion », « religieux ».

[…]

Dans le second cas – montée en visibilité de l’islam, et montée en puissance de l’islamisme –, nous assistons à une mobilisation d’au moins trois fonctions : la fonction politique, avec la prétention d’une religion à régir l’ensemble de la société ; la fonction communautaire, avec la réaffirmation – ou la revendication, selon – de l’appartenance de tous les musulmans à une même communauté religieuse, soudée autour d’un certain nombre de règles, et notamment de l’interdit de représentation du prophète ; et la fonction sacrificielle, qui pousse certains musulmans fanatisés à sacrifier leur vie dans des attentats terroristes. Nul doute que dans d’autres contextes, ce seraient d’autres fonctions qui pourraient prendre le pas dans l’exercice de la religion musulmane, comme le réclament d’ailleurs certains de ses membres : par exemple la fonction rituelle de la prière, la fonction éthique d’adhésion aux valeurs de tolérance, ou la fonction mystique que constitue l’épreuve individuelle de la relation avec une transcendance. Il faudrait bien sûr pouvoir expliquer l’activation de certaines de ces fonctions, plutôt que d’autres, par le contexte social, politique, économique, international – mais ce n’est pas le lieu ici.

« l’Europe n’assume pas qu’elle préfère laisser mourir les migrants » Le Québec, le Canada, eux…

Alternatives économiques, https://www.alternatives-economiques.fr/leurope-nassume-prefere-laisser-mourir-migrants/00089959?utm_campaign=NL_Quotidienne/05072019&utm_medium=email&utm_source=emailing

ENTRETIEN « l’Europe n’assume pas qu’elle préfère laisser mourir les migrants »

05/07/2019

EXTRAIT :

Pia Klemp, Carola Rackete : ces deux noms symbolisent aujourd’hui le courage et la solidarité avec les migrants en Méditerranée. La première, ancienne capitaine du navire Sea-Watch 3 puis du Luventa, est actuellement poursuivie par la justice italienne pour « suspicion d’aide et de complicité à l’immigration illégale ». Elle encourt vingt ans de prison et 15 000 euros d’amende par personne sauvée. La deuxième, arrêtée après avoir forcé le blocus italien pour débarquer les 43 passagers qu’elle transportait sur le Sea-Watch 3, dont elle était la capitaine, a vu son assignation à résidence levée par une juge italienne mardi soir. L’été dernier déjà, l’Italie refusait à l’Aquarius de débarquer dans ses ports, obligeant le navire, aujourd’hui à quai, à se rendre à Valence, en Espagne. Le droit de la mer et les conventions que l’Italie a signées et ratifiées sont pourtant clairs et, en agissant ainsi, le gouvernement italien y contrevient. Entretien avec Patrick Chaumette, professeur émérite de droit à l’université de Nantes.


Au Québec, les personnes âgées souffrent de la canicule dans les Centres hospitaliers de soins de longue durée (CHSLD) d’un autre âge qui ne peuvent pas résister à la grande chaleur de l’atmosphère.

Au Québec, des propriétaires de logements louent des appartements malsains sans être trop inquiétés par l’État.

Au Québec, des citoyennes et des citoyens, des enfants aux vieillards, sont atteints d’insécurité alimentaire et doivent compter (pas sur l’État, non !) sur les bénévoles de diverses organisations pour se nourrir suffisamment.

Au Canada, l’État assume-t-il qu’il préfère laisser des êtres humains souffrir, mourir, parfois?

Roger Martel, citoyen de Lévis, ville riche avec des CHSLD trop chauds, avec des logements insalubres, avec des adultes et des enfants qui doivent compter sur des bénévoles (pas sur l’État !) pour se nourrir suffisamment.

 

Au Québec – Des enseignantes musulmanes défendent le projet de loi sur la laïcité.

Radio-Canada, 17 avril 2019, https://ici.radio-canada.ca/nouvelle/1164904/enseignantes-musulmanes-non-voilees-projet-loi-laicite

EXTRAITS

Trois enseignantes musulmanes originaires d’Algérie et installées au Québec depuis plusieurs années se portent à la défense du projet de loi sur la laïcité de l’État (…)

Djamila Addar, Leïla Bensalem et Leïla Lesbet ont toutes les trois fui leur pays natal à la suite de la montée de l’intégrisme islamiste dans les années 80-90. Impliquées dans le milieu de l’enseignement, elles militent depuis plusieurs années pour l’interdiction des signes religieux dans les écoles (…)

« Je veux laisser les élèves libres de penser ce qu’ils veulent. Je respecte leur liberté de conscience. Pour moi, l’école n’est pas un lieu de culte, c’est un lieu d’apprentissage. » Leïla Bensalem, enseignante et militante pro-laïcité

(…)

« Je suis née musulmane. La foi n’est pas dans les apparences, elle est dans les gestes qu’on pose, et non pas dans un bout de tissu. » Djamila Addar, enseignante et militante berbère.

(…)

« Ce voile n’a jamais fait partie de notre culture et encore moins de notre religion », dit Mme [Leïla] Lesbet, qui précise être issue pourtant d’une famille « très pratiquante ». Selon elle, le foulard traditionnel « est apparu en réaction au colonialisme français […] mais toutes les filles qui allaient à l’école ou à l’université n’étaient pas voilées ».

(…)

Djamila Addar, quant à elle, soutient que le gouvernement Legault devrait aller plus loin, en incluant les écoles privées dans son projet de loi. « Il fallait aller plus loin que ça, dit-elle. Même les écoles privées doivent protéger les enfants non pas seulement du voile, mais aussi des enseignements religieux. »