Il serait naturellement souhaitable que les croyantes musulmanes et les croyants musulmans, au Canada, au Québec, soient heureux. Mais jusqu’à quel point est-ce possible?

Lévis, 10 octobre 2020

EN GUISE D’INTRODUCTION

EXTRAIT DE «  Ils ont trahi Allah » ( Editions de l’Observatoire, 2020 ) – L’AUTEUR EST MUSULMAN.

« Pourquoi des croyantes et des croyants s’irritent, crient, dénoncent, jugent, blâment, haïssent bien trop souvent alors même qu’ils possèdent une richesse incommensurable : l’espérance d’une vie éternelle? Ne devraient-ils pas, au contraire, baigner dans la plénitude? Comment expliquer que cette merveilleuse perspective, celle de l’éternité, n’illumine pas leur âme trop souvent occupée à dresser des tribunaux pour demander des comptes à telle fille dont la robe est trop courte, à tel jeune homme écoutant de la musique au lieu de lire le Coran, ou encore à cette dame ne jeûnant pas en période de ramadan? Pourquoi ne jouissent-ils pas – ou si peu – de ce bonheur?

« N’est-ce pas plutôt le non-croyant qui, ruminant une forme de désespérance. aurait matière à se plaindre puisque pour lui, une fois mort la partie s’arrête, le rideau tombe et le spectacle se termine brutalement? Pourtant, lorsqu’on analyse les statistiques, rares sont les violences et autres attentats suicides commis au cri horrifiant de « Dieu n’est pas ». Derrière ces mots, une triste réalité : la foi est plus souvent synonyme d’austérité, de sermonade, voire de brutalité aveugle, que de joie illuminant les visages. »

Malik Bezouh, Ils ont trahi Allah. Blasphème. Homosexualité, masturbation, athéisme... Ces tabous qui tuent la religion musulmane, Paris, Éditions de l’Observatoire/Humensis, © 2020, p. 257-258

UNE SOURCE D’INCONFORT POUR LE MUSULMAN. QUE FAUT-IL POUR QUE L’ISLAM CONDUISE AU BONHEUR?

EXTRAITS DU LIVRE Le Bonheur et les morales des grandes religions. Regards de scientifiques, écrit par Michel Cabanac et Marie-Claude Bonniot-Cabanac, publié à Québec par les Presses de l’Université Laval, 2007, 227 p.

Le Coran est écrit essentiellement pour des hommes et des hommes musulmans, à l’exclusion des non-musulmans et des femmes. Les femmes y sont certes mentionnées de façon répétée, mais comme des personnes mineures, ce qui peut être générateur pour elles d’un certain inconfort.

[…]

Les commandements [donnés aux croyantes et aux croyants dans le Coran] sont assez facilement observables et conduisent donc bien au bonheur tel que défini au chapitre 1 du présent ouvrage.

Une nuance d’importance est néanmoins à apporter. Le Coran est au présent, il est une série de commandements de Dieu hic et nunc [ici et maintenant]. Il ne peut donc être question de les modifier ou de les interpréter. Comme nous l’avons déjà souligné, l’observance d’un bon nombre de commandements peut être malcommode en société sécularisée, car ils impliquent une organisation sociale. Sans même parler de la condamnation à mort des renégats, des amputations en punition des voleurs, ou des punitions corporelles, la simple pratique du Ramadan, ou de la prière plusieurs fois par jour, selon un rite bien défini, peut être incompatible avec certaines fonctions. De même, l’inégalité juridique et sociale entre les sexes et l’acceptation de l’esclavage peuvent entraîner des difficultés en société libérale. Le Coran prévoit le plus souvent des dispenses pour cas d’empêchement, mais on comprend néanmoins que des musulmans pieux à qui le Coran interdit de prendre pour amis des Juifs et des Chrétiens souhaitent vivre dans des sociétés régies par la charia, la loi islamique, car l’islam est à la fois un dogme (din) et une loi (sharia). Cette difficulté peut être source de malheur, tel que défini au chapitre 1, c’est-à-dire l’incapacité à satisfaire les commandements. On peut donc conclure raisonnablement que c’est seulement en société islamique, le dar al islam, que le Coran conduit au bonheur, tel que défini au chapitre 1.

C’est d’ailleurs le message du Coran lui-même :

« Voilà ceux qui suivent une Voie indiquée par leur Seigneur; Voilà ceux qui sont heureux! (S. II, v. 8)

[…]

comme les commandements portent sur tous les domaines de la vie, leur observance stricte implique une organisation de la société incompatible avec les notions occidentales de liberté et d’égalité. Cette incompatibilité peut êtres source d’inconfort pour le musulman.

FIN DES EXTRAITS DU LIVRE Le Bonheur et les morales des grandes religions. Regards de scientifiques

Qu’est-ce qui pourrait bien empêcher la croyante musulmane, le croyant musulman, au Québec, d’être heureux? Ceci, peut-être : l’Arabie saoudite, pays où les musulmans sont fortement majoritaires, interdit aux chrétiens de bâtir des églises. Les croyants musulmans au Québec monteraient certainement sur leurs grands chevaux, ils pousseraient sûrement des hauts cris si le Québec ou le Canada ne les autorisait pas à ouvrir des mosquées ou des salles de prière. Ne voudraient-ils pas tous, ou une partie d’entre eux ne voudraient-ils pas se mettre en quatre pour essayer de convaincre leurs frères musulmans de l’Arabie saoudite de cesser de brimer la liberté de religion des chrétiens? Leur religion les empêche-t-ils de le faire? Ou est-ce que ce sont des pressions familiales ou sociales? S’ils pouvaient aider les chrétiens persécutés en terre musulmane, ne seraient-ils pas heureux?

A-t-elle l’esprit tranquille, est-elle heureuse, la croyante musulmane, a-t-il l’esprit tranquille, est-il heureux, le croyant musulman établi au Québec ou ailleurs au Canada qui croise des concitoyens dans la rue ou dans un centre commercial, qui côtoie des non-musulmans (chrétiens, juifs, athées…) au travail? Pourquoi ne pourrait-il pas l’être, heureux?

Les non-musulmans du Québec qui connaissent peu de choses de l’islam sont nombreux (malheureusement, des musulmans tablent sur leur ignorance pour tenter de les tromper, il serait facile de le démontrer); mais il y en a plus qu’on le pense qui se sont renseignés et qui ont découvert, par exemple, l’existence de deux coquineries que le monde musulman ne condamne pas, pas à haute voix, en tout cas : la taqiya et l’esquive, des coquineries dont l’existence est ou devrait être d’autres causes d’inconfort, de gêne très embarrassante, de grand malaise, pour les adeptes de l’islam.

Qu’est-ce que la TAQIYA?

Réponse de Mohamed Louizi, Libérer l’islam de l’islamisme, publié par la Fondation pour l’innovation politique, janvier 2018, http://www.fondapol.org/etude/liberer-lislam-de-lislamisme/

« La Taqiya est une technique sophistiquée du double discours et de la dissimulation des vraies convictions, des vraies opinions et des vraies intentions. Elle est loin d’être la seule technique de communication utilisée par les islamistes. […] En phase de faiblesse, la Taqiya est utilisée de manière intense. En phase de force, le recours à la Taqiya diminue sensiblement. Le double discours chez les islamistes est surtout une combinaison de deux discours espacés dans le temps : un discours assurément trompeur, adapté à la phase de faiblesse, et un autre discours, le vrai, conçu pour la phase de force et de domination. Sans parler évidemment des canaux linguistiques qui révèlent également un discours dans les prêches en arabe bien différent, à bien des égards, de la traduction faite de ces mêmes prêches en français : une traduction biaisée, sélective, partielle, orientée, idéologique et souvent incomplète à dessein. »

[Mohamed Louizi est l’auteur de Pourquoi j’ai quitté les Frères musulmans : retour éclairé vers un islam apolitique (Michalon, 2016) et de Plaidoyer pour un islam apolitique (Michalon, 2017).]

Qu’est-ce que l’ESQUIVE?

Réponse donnée par Annie Laurent (https://www.atlantico.fr/decryptage/2445946/la-taqiya-ou-le-concept-coranique-qui-permet-aux-musulmans-radicaux-de-dissimuler-leurs-veritables-croyances-annie-laurent) :

« L’esquive consiste à utiliser un vocabulaire qui plaît aux Occidentaux pour décrire l’islam comme une religion inoffensive, apportant « la paix, la tolérance et l’amour ». Certaines personnalités musulmanes profitent de l’ignorance de leurs interlocuteurs non musulmans pour faire passer des messages tronqués quant à l’enseignement véritable de l’islam, en particulier sur certains sujets sensibles (violence, liberté de conscience, droits de l’homme, statut de la femme, respect des non-musulmans, égalité entre les hommes, etc.). Ces personnalités utilisent dans ce but les tribunes qui leur sont ouvertes dans la presse ou même les rencontres de dialogue interreligieux. Il s’agit en fait de rassurer les non-musulmans quant aux valeurs libérales et pacifiques de l’islam, en présentant des comportements moralement inacceptables comme des dérives, des déformations, voire des trahisons de la religion. »

(Annie Laurent est titulaire d’une maîtrise en droit international et docteur d’État en science politique. Elle a vécu cinq ans au Liban, où elle éditait le périodique Libanoscopie (1988-1992). Elle a été nommée par Benoît XVI experte au Synode spécial des évêques pour le Moyen-Orient, qui s’est tenu à Rome en octobre 2010. Elle a fondé en 2009 l’association Clarifier, qui vise à « éclairer sur les réalités de l’Islam, selon une approche pédagogique et respectueuse des personnes qui s’y référent », et à « promouvoir les conditions et les moyens d’une vie commune pacifique ». –

Source : https://fr.wikipedia.org/wiki/Annie_Laurent)

Un dieu, que l’on dit compatir à la misère des femmes et des hommes (ses créatures),

mais qui ordonne de tuer,

est-ce concevable?

A-t-elle l’esprit tranquille, est-elle heureuse, la croyante musulmane, a-t-il l’esprit tranquille, est-il heureux, le croyant musulman établi au Québec ou ailleurs au Canada? Une femme, un homme, peuvent-ils être heureux quand leur dieu, quel qu’il soit, leur ordonne de tuer les fidèles d’une autre religion?

DES VERSETS DU CORAN PEUVENT CRÉER UNE AMBIANCE PACIFIQUE ET D’AUTRES

UN CLIMAT TERRIBLE

Paroles de Meir Bar-Asher, auteur de « Les Juifs dans le Coran », Albin Michel

( Islamologue israélien, directeur du Département de langue et littérature arabe de l’Université Hébraïque de Jérusalem, Meir Bar-Asher publie un livre consacré aux juifs dans le Coran. )

( https://www.la-croix.com/Religion/Judaisme/Meir-Bar-Asher-place-juifs-Coran-ambivalente-2019-02-01-1200999495 )

« L’usage du terme « antisémitisme » renvoie à des périodes très spécifiques (le XIXe siècle et les suivants), et à des traditions auxquelles le Coran n’appartient pas. Dans le Coran et les hadiths [recueil de traditions relatives au Prophète], il y a certes des éléments qui peuvent nourrir une pensée antisémite. Ainsi, on cite toujours le hadith des « pierres et des arbres » (« Les rochers et les arbres diront : «  O musulman, ô serviteur de Dieu, il y a un juif derrière moi, viens le tuer! »). C’est un passage enfoui dans une litté­rature tellement immense que l’extraire de son contexte pour se focaliser dessus équivaut à tomber dans la propagande. Travers que j’essaie d’éviter, sans pour autant être naïf – comme je le souligne dans mon livre, les critiques violentes contre les Hébreux de la ­Bible, puis contre les juifs, y occupent une place plus importante que les jugements positifs, tels ces versets du Coran qui témoignent d’admiration pour le peuple juif. Ainsi dit-on d’eux qu’ils sont un peuple élu. »

Source : Meir Bar-Asher : « Quelques versets du Coran peuvent créer une ambiance pacifique et d’autres un climat terrible », Propos recueillis par Nicolas Weill, Le Monde, 5 juin 2019, https://www.lemonde.fr/livres/article/2019/06/05/meir-bar-asher-quelques-versets-du-coran-peuvent-creer-une-ambiance-pacifique-et-d-autres-un-climat-terrible_5471989_3260.html

QU’EST-CE QUI POURRAIT BIEN EMPÊCHER LA CROYANTE MUSULMANE ET LE CROYANT MUSULMAN, AU CANADA, AU QUÉBEC, D’ÊTRE HEUREUX?

Qu’est-ce qui pourrait bien empêcher la croyante musulmane et le croyant musulman au Québec, grand fief chrétien autrefois, aujourd’hui encore terre chrétienne et pays d’un grand nombre de femmes et d’hommes ayant grandi dans une famille catholique, d’être heureux? Ceci, peut-être : son Dieu dresse devant lui un gigantesque obstacle à son bonheur : son livre saint, le Coran (oeuvre de son Dieu, selon la Communauté religieuse musulmane), ordonne de tuer les chrétiens, ordonne de tuer les juifs. (De telles paroles sont contraires à la Charte canadienne des droits et libertés du Canada et au Code criminel du Canada, soit dit en passant.) Cet ordre devrait normalement faire ressentir aux adeptes de l’islam un gigantesque inconfort. Comment le croyant musulman au Québec peut-il être à l’aise quand il se montre au chrétien ou au juif que son Dieu lui ordonne de faire mourir – un chrétien ou un juif qui peut être un voisin, un confrère, un coéquipier dans une course de relais, comment le croyant musulman peut-il être heureux quand le livre saint qu’il lit et apprend par coeur ordonne de tuer les chrétiens et les juifs? Et comment doivent réagir les non-musulmans devant des croyants musulmans convaincus que le Coran est l’oeuvre intouchable de leur Dieu? Le Coran est censé être le livre saint des croyantes musulmanes et des croyants musulmans d’aujourd’hui comme il était celui de leurs prédécesseurs; s’il était destiné seulement aux femmes et aux hommes de l’Arabie qui vivaient au temps de Mahomet (fin du VIe siècle et début du VIIe siècle), pourquoi les femmes et les hommes du XXIe siècle qui vivent dans la principauté de Monaco, à Las Vegas, à Shirakawa-go,à Calcutta, à Rio ou à Saint-Jean-sur-Richelieu, pourraient-ils trouver une raison de lui attacher de l’importance et de le lire, et, surtout, de s’y soumettre?). Au Québec et ailleurs au Canada, les non-musulmanes et les non-musulmans, même celles er ceux qui sont convaincus qu’aujourd’hui la majorité des fervents de Mahomet aspirent d’abord et avant tout à vivre paisiblement dans une société paisible, auraient-ils tort de se demander parfois s’il n’y a pas, parmi leurs concitoyens de confession musulmane, des personnes qui utilisent la technique de la taqiya ou celle de l’esquive pour se faire accepter par les autres, pour ne pas être rejetés par eux?

Qu’est-ce qui pourrait bien empêcher la croyante musulmane et le croyant musulman au Québec d’être heureux? Ceci, certainement: la volonté de l’islam d’obliger ses enfants, dès qu’ils atteignent l’âge de quatre ans, à apprendre par coeur le Coran, toutes les paroles de leur Dieu, à leur faire mémoriser des paroles comme Tuez les chrétiens, tuez les juifs, des paroles comme « Ô vous qui croyez! Ne prenez pas pour amis les Juifs et les Chrétiens (Coran 5, 51; traduction de l’islamologue Denise Masson), des paroles comme… Belle façon de préparer les enfants au vivre-ensemble! Façon aussi de violer la liberté de conscience de ces enfants : le droit de l’enfant à la liberté de pensée, de conscience et de religion est reconnu en vertu de la Convention internationale des droits de l’enfant adoptée par les Nations Unies en 1989; les parents, précise la Convention, ne peuvent guider l’enfant dans l’exercice de ce droit que « d’une manière qui corresponde au développement de ses capacités ».

QU’EST-CE QUI POURRAIT BIEN EMPÊCHER LA CROYANTE MUSULMANE, LE CROYANT MUSULMAN, AU CANADA, AU QUÉBEC, D’ÊTRE HEUREUX? BIEN D’AUTRES CHOSES, HÉLAS! ON EN ÉNUMÈRE QUELQUES-UNES?

UnLe Québec dit non à la loi islamique. – La religion musulmane demandent à ses adeptes de faire tout ce qu’ils peuvent pour que la loi islamique (charia) soit appliquée un jour à tous les êtres humains, y compris bien sûr aux habitants du Canada, du Québec, du Québec dont l’Assemblée nationale a rejeté ladite loi en 2005, À L’UNANIMITÉ! (Imaginez : en 2017, au Québec, à Lévis plus précisément, un organisme communautaire, Le Tremplin, Centre pour personnes immigrantes et leurs familles, a joint ses efforts à ceux de la mosquée de Lévis (et de son imam, M. Karim Elabed) pour faire publiquement l’éloge de la charia. À noter que Le Tremplin recevait en 2017 et reçoit toujours des subventions de la Ville de Lévis, du gouvernement du Canada et du gouvernement du Québec. À noter aussi que la personne qui présidait le Conseil d’administration du Tremplin en 2017, M. Elhadji Amadou Diarra, un musulman, s’est établi au Canada avant 2005, l’année où l’Assemblée nationale à très fortement dit non à la charia.) (Mentionnons qu’en 2017 le conseil d’administration du Tremplin comprenait au moins deux musulmans.) (« le monde entier est censé se soumettre tôt ou tard à la charia et les musulmans sont invités à oeuvrer dans ce but », a écrit Annie Laurent dans L’Islam peut-il rendre l’homme heureux, Paris, Éditions Artège, © 2012, p. 38).

Deux – Pour les croyants musulmans, la plupart des juifs et des chrétiens sont des… Laissons le Coran dire ce qu’ils sont : « Vous formez (est-il dit aux croyants musulmans) la meilleure Communauté suscitée pour les hommes : vous ordonnez ce qui est convenable, vous interdisez ce qui est blâmable, vous croyez en Dieu. Si les gens du Livre [les juifs et les chrétiens] croyaient, ce serait meilleur pour eux. Parmi eux se trouvent des croyants, mais la plupart d’entre eux sont des pervers [ils se plaisent à faire le mal]. » (Coran 3, 110; traduction de l’islamologue Dense Masson) [À noter que le Coran, Dieu donc, dit que Dieu n’aime pas les infidèles : « Ceux [les hommes] qui auront accompli des oeuvres bonnes en recueilleront le bénéfice. Ainsi Dieu, par sa grâce, récompensera ceux qui ont cru et qui auront accompli des œuvres bonnes. – Il n’aime pas les incrédules – (Coran, 30, 44-45; traduction de l’islamologue Denise Masson), et il leur imposera de grands châtiments.] Les croyantes musulmanes et les croyants musulmans, au Canada, au Québec, sont-ils vraiment sincères quand ils prônent le vivre-ensemble? Il est raisonnable de leur poser cette question.

Trois – La religion musulmane autorise les croyants musulmans à épouser une non-musulmane; mais elle interdit aux femmes musulmanes d’unir leur destinée à celle d’un non-musulman. À noter que la femme non-musulmane (disons une chrétienne), qui met au monde des enfants dont le père est un croyant musulman doit se soumettre au monde musulman et accepter de ne pas élever ses enfants dans la religion chrétienne, à accepter qu’ils soient musulmans, à accepter qu’ils ne soient pas chrétiens comme elle. On comprend qu’interdire aux croyantes musulmanes d’épouser un non-musulman et qu’autoriser les hommes qui adhèrent à l’islam à épouser une femme non-musulmane, c’est favoriser l’expansion de l’islam (la chrétienne mariée à un musulman n’augmente pas la population des chrétiens, la croyante musulmane met au monde des musulmans et augmente la population des musulmans). [Rappel : il est dit dans le Coran : « Pas de contrainte en religion! » (2, 256;  traduction de l’islamologue Denise Masson) Pourtant, la communauté musulmane impose une grande contrainte aux croyantes musulmanes : leur époux doit obligatoirement être un croyant musulman…] (Les croyants musulmans accepteraient-ils que le Canada rendent illégaux les mariages entre un musulman et une non-musulmane?)

Quatre – La religion musulmane interdit aux musulmans de quitter leur religion [d’apostasier] et se montre ainsi, encore une fois, contraire à la Charte canadienne des droits et libertés) : « Ceux qui, parmi vous, s’écartent de leur religion et qui meurent incrédules : voilà ceux dont les actions seront vaines en ce monde et dans la vie future; voilà ceux qui seront les hôtes du Feu; ils y demeureront immortels » [Coran, 2, 217; traduction de l’islamologue Denise Masson) L’islam impose donc aux croyants musulmans une autre contrainte en matière de religion : il leur interdit d’apostasier. – Espérons que les croyantes musulmanes et les croyants musulmans du Canada, du Québec, comprennent et acceptent que les Canadiennes et les Canadiens de longue date (et d’autres sans doute) déplorent que le Coran soit contraire à la Charte canadienne des droits et libertés et au Code criminel du Canada.

Cinq – Le Coran impose des peines inhumaines aux voleurs : « Tranchez les mains du voleur et de la voleuse, y lit-on : ce sera une rétribution pour ce qu’ils ont commis et un châtiment de Dieu. – Dieu est puissant et juste – » (5, 38; traduction de l’islamologue Denise Masson). Il n’y a certainement pas un seul Québécois de longue date qui approuve des châtiments aussi cruels; je suis convaincu que les musulmans que j’ai côtoyés un peu au Québec se réjouiraient que cette cette sanction disparaisse du Coran.) N’y aurait-il pas moyen de retirer des parties du Coran?

Six – La condition féminine en islam a de quoi scandaliser le Canada, le Québec :

A) « L’émancipation de la femme à l’égard du carcan de coutumes éculées comme à l’égard des injonctions et des pratiques obscurantistes des traditionnaires et des néofondamentalistes demeure l’une des questions les plus ardentes et les plus controversées actuellement dans toutes les sociétés du vaste monde musulman. […] Question capitale en effet, qui renvoie bien évidemment au statut juridique de la femme et à sa place tant dans l’espace domestique que dans l’espace public. Mais plus généralement, elle conditionne immanquablement le moindre processus de démocratisation. Résoudre cette équation, c’est, pour les individus vivant en société, choisir les valeurs morales fondamentales qui organiseront leur existence : opter ou non en faveur de l’instauration d’une véritable justice sociale, et in fine, faire ou non un choix de civilisation.

« Or, que constate-on dans la plupart des pays arabes et musulmans en ce qui concerne le statut des femmes? C’est une situation sociale lamentable et le retour en force d’attitudes misogynes, sexistes, iniques et parfois violentes à leur égard, qui prédominent nonobstant d’incontestables avancées dues aux combats très anciens et ininterrompus livrés par des mouvements féministes. » (Abderrahim Lamchichi*, Le statut de la femme dans les sociétés musulmanes. Une bataille ardente et obstinée, revue Confluences méditerranée publiée à Paris par Harmattan Éditions, 2006/4, no 59 intitulé Femmes et Islamisme 2006, https://www.cairn.info/revue-confluences-mediterranee-2006-4-page-11.htm) * Abderrahim Lamchichi : maître de conférences de Science politique à l’Université Jules Verne de Picardie, membre du Centre universitaire de recherches administratives et politiques de Picardie (Unité mixte de recherche, Centre national de la recherche scientifique)

B) « … les grandes avancées juridiques des femmes en Europe sont loin d’être acquises dans la majorité des pays arabo-musulmans, où en général la situation juridique des femmes reste très fragile » (Asma Lamrabet, citée par Nadia Lamlili, Islam et femmes: les questions qui fâchent, dernière publication de Asma Lamrabet, http://www.asma-lamrabet.com/articles/islam-et-femmes-les-questions-qui-fachent-derniere-publication-de-asma-lamrabet/). (Asma Lamrabet, croyante musulmane marocaine, est médecin.)

C) « En France, la mentalité des musulmans est encore très traditionnelle. Ce qui me surprend le plus est le nombre de femmes qui se soumettent d’elles-mêmes à l’inégalité et aux interdits de la mixité. » (Pierre Lory, cité in Jeune Afrique, 2007, https://www.jeuneafrique.com/mag/489372/societe/islam-le-temps-des-femmes/) (P. Lory est un professeur et un islamologue français de renom, écrit la revue Jeune Afrique.)

D) Pays du golfe arabo-persique (Iran, Iraq, Koweït, Arabie saoudite, Qatar, Émirats arabes unis, Bahreïn)

« Très lentement, les législations dans les pays du Golfe se modifient. Mais la violence contre les femmes reste une réalité quotidienne et la combattre demande non seulement un renforcement de l’appareil juridique mais un combat au sein de sociétés conservatrices. […] Les lois relatives à la protection des femmes contre la violence restent sommaires. Elles sont loin d’être en conformité avec la Convention sur l’élimination de toutes les formes de discrimination à l’égard des femmes (Cedaw). […] La loi aux Émirats arabes unis tolère la violence au sein de la famille. L’article 53 du Code pénal autorise « le mari à corriger sa femme. Il autorise les pères à corriger les enfants mineurs » tant que cela se passe « dans les limites de la loi religieuse ». Quant au viol conjugal, il n’est pas considéré comme un crime. En 2010, le tribunal fédéral supérieur a émis une décision, basée sur le Code pénal, permettant aux maris de battre leurs épouses et de recourir à d’autres formes de punition et de contrainte à leur encontre, à la seule condition de ne pas laisser de traces physiques visibles, selon le rapport 2018 de Human Rights Watch. […] Au Koweït, aucune loi ne prohibe la violence domestique ou le viol conjugal. […] Il n’existe pas à Oman de loi sur les violences domestiques et le viol conjugal, les poursuites ne peuvent être engagées dans ces cas que sur la base d’accusations plus générales de violence. Le Code pénal omanais exclut explicitement l’idée qu’il puisse exister un viol conjugal et ne criminalise pas le harcèlement sexuel, constate Human Rights Watch (chapitre Oman). […] Au Qatar, le viol conjugal et les violences domestiques ne sont pas considérés comme des crimes. (Source : Nazeeha Said, Golfe. Ces violences quotidiennes contre les femmes,périodique Orient XXI, 10 janvier 2019,https://orientxxi.info/magazine/golfe-ces-violences-quotidiennes-contre-les-femmes,2846)

E) Récemment, l’Egypte a « [transformé] en délit le harcèlement dont les femmes sont victimes dans la rue ou dans les transports publics – attouchements sexuels, mais aussi viols. Il était temps : d’après une récente étude internationale de Thomson-Reuters, ce pays se classe en dernière position en matière de droits des femmes et plus de 99% s’y disent harcelées. » [Corinne Fortier, anthropologue, citée par Laure Cailloce (journaliste scientifique pour le Centre national de la recherche scientifique, France], Femmes dans le monde arabe : des progrès, mais..., 2014,https://lejournal.cnrs.fr/articles/femmes-dans-le-monde-arabe-des-progres-mais]

F) « … une nouvelle relecture réformiste des textes ainsi qu’une réforme du droit musulman, principale source de discriminations et d’inégalités envers les femmes, sont à ce stade essentiels et prioritaires afin que l’islam puisse accompagner les défis contemporains et être en phase avec son temps.

[…]

« La question des réformes religieuses, notamment celles concernant la thématique des femmes, reste fortement liée à l’exercice d’un véritable pouvoir démocratique et il serait certes illusoire de prétendre analyser la thématique des femmes sans tenir compte de la globalité des problèmes qui minent profondément les sociétés musulmanes. C’est en travaillant sur ces deux volets – démocratie et réformisme religieux – que les transformations sociales peuvent avoir des chances de véritablement se concrétiser au sein d’une réalité sociale où la religion demeure un référentiel incontournable. » (Asma Lamrabet, Les femmes et l’islam : une vision réformiste, publié par la Fondation pour l’innovation politique (Fondapol), Paris, mars 2015, p. 34-35. – Les femmes et l’islam : une vision réformiste fait partie de la série Valeurs d’islam, dont le conseil scientifique est assuré par Éric Geoffroy, islamologue à l’Université de Strasbourg. – « Asma Lamrabet est médecin, écrivaine et directrice du Centre d’études et de recherches féminines en islam (Cerfi) au sein de l’institution Rabita Mohammadia des Oulémas au Maroc » écrit Fondapol).

SeptMohamed Cherif Ferjani, professeur à l’Université de Lyon, écrit que la vie démocratique est absente dans la quasi-totalité des pays musulmans (Culture, magazine de l’Université de Liège, 2018, http://culture.uliege.be/jcms/prod_194968/fr/islam-politique-une-breve-comparaison-avec-la-democratie-chretienne). (M. Ferjani, a notamment écrit ces livres : Islamisme, laïcité et droits de l’Homme, 1992; Le politique et le religieux dans le champ islamique, 2005.)

Ômer Çaha, politologue à la Faculté de Sciences Politiques de l’Université de Fatih-Istanbul, se demande « pourquoi dans la plus grande partie du monde islamique ce sont les régimes despotiques qui se mirent en place au lieu des régimes démocratiques ? Pourquoi les régimes démocratiques ne parviennent-ils pas à s’implanter dans ce monde? » (Ômer Çaha, L’Islam et la démocratie, dans Autres Temps. Cahiers d’éthique sociale et politique, n° 74, 2002, pp. 28-35)

Vida Amirmokri, dans son livre L’islam et les droits de l’homme. L’Islamisme, le droit international et le modernisme islamique (Québec, Les Presses de l’Université Laval, © 2004, p. 164-165), écrit ceci ;

« … tout système politique qui [prétend] à une légitimité divine d’être démocratique » est empêché « d’être démocratique ». « Un tel système donnerait lieu à la création des institutions qui, n’ayant pas à répondre à l’opinion publique, constitueront autant de barricades parfaites pour la résistance à celle-ci. Cette résistance peut être suscitée par le souci de protéger et de préserver nombre de traditions historiques identifiées aux lois divines éternelles sans tenir compte de l’évolution de la société. Elle peut-être simplement le fait de ceux qui cherchent à profiter de ce moyen pour assurer cyniquement leurs propres intérêts, politiques ou autres. Dans tous les cas le problème fondamental est que ces institutions n’auront à répondre à personne. Le rôle de Dieu serait assumé par les hommes siégeant dans les conseils qui décident en son nom. »

L’ISLAM PEUT-IL RENDRE LA FEMME ET L’HOMME HEUREUX?

ON TROUVE LA RÉPONSE (OU UNE RÉPONSE) DANS LE CORAN :

« Ô VOUS QUI CROYEZ! CRAIGNEZ DIEU! RECHERCHEZ LES MOYENS D’ALLER À LUI! COMBATTEZ DANS SON CHEMIN! – PEUT-ÊTRE SEREZ VOUS HEUREUX – » (5, 34).

PEUT-ÊTRE, DIT DIEU… PEUT-ÊTRE…

La plupart des Canadiennes et des Canadiens de longue date souhaitent que toutes les femmes et tous les hommes soient traités avec respect et avec équité, avec bienveillance, ils veulent qu’ils soient bien protégés par leur État, qu’ils ne manquent jamais de nourriture, qu’ils vivent sous un toit agréable, qu’ils ont accès à d’excellents services d’éducation et de santé, qu’ils vivent dans un environnement culturel intéressant, qu’ils puissent s’amuser, se divertir, être heureux, et qu’ils jouissent de la liberté.

Selon un philosophe et professeur de philosophie contemporain africain :

aucun pays ne peut fonctionner de façon durable sans un minimum de confiance entre les individus, sans un minimum de règles admises par tous, sans un minimum de justice et sans un minimum de principes. Ceux du droit.

(Bonaventure Mve Ondo*, Le Gabon en danger de mort, The Conversation, 21-09-2016, https://theconversation.com/le-gabon-en-danger-de-mort-65061) – Bonaventure Mve Ondo, professeur, Université Omar Bongo (Libreville); chercheur associé au LAM (Laboratoire des Afriques dans le monde), Sciences Po Bordeaux

Mise en garde de Louis Massignon (1883-1962), dont on dit qu’il fut un très grand islamologue :

En 1962, après avoir invité les chrétiens, les juifs et les musulmans  à « prier ensemble pour l’avènement de cette Paix tant désirée, qui se fait attendre, » M. Massignon les met en garde : il leur dit qu’il faut absolument que « Toute tentative d’accord sur le terrain économique, et même culturel », soit fondé sur

« UN MOUVEMENT SINCÈRE DES COEURS ».

(cité dans Louis Masssignon, publication dirigée par Jan-François Six, Paris, Éditions de l’Herne, 1970, p. 520)

Il est manifeste que les coeurs ne sont pas tous sincères, au Canada, au Québec, à Lévis.

Roger Martel, citoyen de Lévis (Québec)

La religion la plus simple ne serait-elle pas la meilleure ?

Le texte suivant de Voltaire a été reproduit dans le web par le Groupe de Recherches Islamo-Chrétien, au sein duquel travaillent ensemble des universitaires musulmans et chrétiens.

« Après notre sainte religion [le christianisme], qui, sans doute est la seule bonne [selon l’auteur], quelle serait la moins mauvaise ? Ne serait-ce pas la plus simple ? Ne serait-ce pas celle qui enseignerait beaucoup de morale et très peu de dogmes ? Celle qui tendrait à rendre les hommes justes sans les rendre absurdes ? celle qui n’ordonnerait point de croire des choses impossibles, contradictoires, injurieuses à la Divinité et pernicieuses au genre humain, et qui n’oserait point menacer des peines éternelles quiconque aurait le sens commun ? Ne serait-ce point celle qui ne soutiendrait pas sa créance par des bourreaux, et qui n’inonderait pas la terre de sang pour des sophismes inintelligibles ? Celle dans laquelle une équivoque, un jeu de mots, et deux ou trois chartes supposées ne feraient pas un souverain et un dieu d’un prêtre souvent incestueux, homicide et empoisonneur ? Celle qui ne soumettrait pas les rois à ce prêtre ? CELLE QUI N’ENSEIGNERAIT QUE L’ADORATION D’UN DIEU, LA JUSTICE, LA TOLÉRANCE ET L’HUMANITÉ ? ».

Voltaire (1694-1778), écrivain et philosophe français, représentant de la philosophie des Lumières.

Cité par Abderrazak SAYADI, Entre chrétiens et musulmans, quelles frontières ? – Gric* de Tunis, 21 mars 2008, https://gric-international.org/2008/dossiers/entre-chretiens-et-musulmans-quelles-frontieres/frontieres-entre-islam-et-christianisme/ – GRIC : Groupe de Recherches Islamo-Chrétien – Le GRIC est né en 1977 de l’initiative d’un petit groupe d’universitaires, chrétiens et musulmans.

LE VIVRE ENSEMBLE

« La question du vivre ensemble se pose partout

et dans tous les temps. »

« Toute société est un système d’inégalités que des acteurs en compétition pour la conquête et l’exercice du pouvoir, s’efforcent de réduire avec des succès variables selon les régimes politiques en place. La question du vivre ensemble se pose partout et dans tous les temps. La modernité a ouvert de nouvelles possibilités pour construire un espace de citoyenneté où les critères d’appartenance ethnique, professionnelles, philosophique tendent à s’effacer. Les stratégies centralisatrices et unitaires des États-nations ont limité jusqu’ici les extensions de l’espace citoyen à tous les étrangers qui expriment le désir de s’installer dans les pays de leur choix. Cette tendance à la limitation s’est durcie avec les flux récents de migrants venant de tous les continents. Dans toute la sphère géopolitique et historique nommée Occident, on s’interroge inlassablement sur les possibilités de vivre avec un « islam » perçu comme une force dangereuse de soulèvement des peuples démographiquement prolifique et politiquement mobilisés par l’idéologie de combat depuis 1945. Les pressions grandissantes de l’histoire en cours marquée par les guerres de libération et les efforts de construction nationale, puis la multiplication des guerres civiles, les échecs politiques, sociaux, économiques et culturels des Partis-États postcoloniaux et bien d’autres facteurs encore, font apparaître plus de menaces que de promesses pour un vivre ensemble dans les espaces nationaux et internationaux ».

(Mohammed Arkoun*, ABC de l’islam. Pour sortir des clôtures dogmatiques, Édition revue et augmentée de l’ouvrage paru sous le tire L’Islam chez le même éditeur, Paris, Éditions Grancher, © 2007, p. 325-326)

* Philosophe et historien de l’islam, Mohammed Arkoun, né en 1928 en Algérie, décédé en 2010 à Paris, a été professeur émérite d’histoire de la pensée islamique à la Sorbonne (Paris-III).

Il serait infiniment malheureux

que cette femme et cet enfant

meurent ou souffrent

à cause de leur religion,

ou d’une autre.

La liberté d’expression n’a pas de religion, affirment des responsables de lieu de culte catholiques, musulmans, juifs.

https://www.saphirnews.com/Le-pluralisme-au-service-de-nos-libertes_a20535.html

Le pluralisme au service de nos libertés

Proclamation sur la liberté d’expression

Rédigé par Reporters sans frontières (RSF) | Vendredi 13 Mars 2015

« Nul ne peut imposer sa conception du sacré à autrui. » Dans le cadre de sa campagne « La liberté d’expression n’a pas de religion », Reporters sans frontières a lancé en février une initiative nationale destinée aux responsables de lieux de culte de toutes religions afin de les inviter à signer la Proclamation sur la liberté d’expression. Ce manifeste que soutiennent Saphirnews*et Salamnews** est ici reproduit.

La liberté d’expression est garantie par la Déclaration des droits de l’homme et du citoyen de 1789, qui affirme que « la libre communication des pensées et des opinions est un des droits les plus précieux de l’homme : tout citoyen peut donc parler, écrire, imprimer librement, sauf à répondre de l’abus de cette liberté dans les cas déterminés par la loi ».

La loi française sanctionne l’injure, la diffamation et la provocation à la haine raciale, à la discrimination ou à la violence envers des personnes ou des groupes de personnes, mais non la critique des idées, des symboles et des représentations.

Elle ne reconnaît ni ne condamne le sacrilège ou le blasphème. Chacun est libre d’exprimer et de diffuser des critiques, même irrévérencieuses, envers tout système de pensée politique, philosophique ou religieux.

La liberté de conscience, qui est celle de croire, de pratiquer une religion, ou de ne pas croire, est aussi garantie par la Convention européenne des droits de l’homme et la Constitution. Elle doit naturellement s’appliquer sans discrimination.

Certains peuvent se sentir offensés ou blessés par la critique de leurs croyances, notamment sous la forme satirique. Mais la liberté d’information et d’expression, celle des journalistes comme des citoyens, ne saurait être contrainte ou limitée par les convictions ou les sensibilités des uns ou des autres.

Ce sont les conditions du respect du pacte républicain et des droits de tous dans une société démocratique pluraliste et tolérante.

Nul ne peut imposer sa conception du sacré à autrui.

Représentants des organisations religieuses soutenant l’initiative

Dalil Boubakeur, recteur de la Grande Mosquée de Paris, François Clavairoly, président de la Fédération protestante de France, Marie-Stella Boussemart, présidente de l’Union bouddhiste de France

Signataires

Foudil Benabadji, aumônier des prisons et des hôpitaux en Savoie, Joëlle Wetzstein, pasteure de l’Eglise Protestante Unie de France à Bagnols sur Cèze, Mohamed-Ali Bouharb, directeur de l’aumônerie musulmane française de l’armée de terre, Ali Jarroudi, président de la Grande Mosquée de Strasbourg, Mohamed Moussaoui, imam de la Grande Mosquée de Strasbourg, Cheikh Dhaou Meskine, Secrétaire général du Conseil des imams de France, Carine Frank, pasteur de la paroisse protestante de Montbéliard, Eglise Protestante Unie de France, Marcel Mbenga, pasteur aux temples de Chalon-Sur-Saône et Sornay, Eglise Protestante Unie de France, Stéphane Hervé, pasteur délégué pour l’œcuménisme en Région Parisienne, Eglise Protestante Unie de France, Corinne Scheele, pasteur de la paroisse protestante du Mont-Bart, Eglise Protestante Unie de France, Cheikh Khaled Bentounès, guide spirituel de la confrérie soufie Alâwiyya et fondateur des Scouts Musulmans de France, Larbi Kechat, recteur de la mosquée Adda’wa et directeur du Centre socio-culturel de Paris, Mohamed Bechari, président de la Fédération Nationale des Musulmans de France, Haidari Nassurdine, ancien imam et délégué du Conseil Représentatif des Associations Noires de France en région PACA, Tareq Oubrou, penseur musulman et grand imam de Bordeaux, Jonas Jacquelin, rabbin, Union libérale israélite de France, Philippe Haddad, rabbin, Union libérale israélite de France, Jean-François Bensahel, président de l’Union libérale israélite de France, Serge Herrbrech, président de l’Union d’assemblées protestantes en mission (UAPM), Marc Konczaty, président du Mouvement juif libéral de France, Yann Boissière, rabbin, Mouvement juif libéral de France, Delphine Horvilleur, rabbine, Mouvement juif libéral de France, Abdelali Mamoun, imam à Alfortville, Val-de-Marne, Roland Kauffmann, pasteur de l’Église protestante d’Alsace et de Lorraine au temple Saint-Étienne de Mulhouse, Vincent Scheffels, curé de la paroisse de Nanterre Nord, Jean-Jacques Bonsirven, pasteur, président de la Commission de l’aumônerie des Etablissements sanitaires et médico-sociaux de la Fédération Protestante de France, Guy Gilbert, prêtre et éducateur

Comité de soutien

Dany Nocquet, Doyen de la faculté de théologie de Montpellier, Huê Trinh Nguyen, rédactrice en chef du mensuel des cultures musulmanes Salamnews, Jean-Louis Bianco, président de l’Observatoire de la laïcité, Hanan Ben Rhouma, rédactrice en chef du site d’information sur le fait musulman Saphirnews.com, Jean-Paul Delevoye, président du Conseil économique, social et environnemental, Christine Lazerges, présidente de la Commission nationale consultative des droits de l’homme (CNCDH), Farid Abdelkrim, auteur et comédien, Elisabeth Badinter, essayiste, Robert Badinter, avocat et ancien Garde des Sceaux, Saïd Branine, responsable du site d’information Oumma.com, Abdennour Bidar, islamologue, Ghaleb Bencheikh, islamologue, président de Religions pour la Paix-France, Fethi Benslama, islamologue, Malek Chebel, anthropologue des religions, Cynthia Fleury, philosophe, Eric Geoffroy, islamologue et professeur d’université, Jacques Julliard, historien et journaliste, Philippe Labro, journaliste, Henri Leclerc, avocat, vice-président de la Commission nationale consultative des droits de l’homme (CNCDH), Richard Malka, avocat, Pierre-Emmanuel Moog, anthropologue et politologue, Philippe Portier, historien et sociologue des religions, Alain Touraine, sociologue, Catherine Teitgen-Colly, vice-présidente de la Commission nationale consultative des droits de l’homme (CNCDH), Cédric Villani, mathématicien…

Je suis responsable d’un lieu de culte, je veux signer. Reporters sans frontières met en place un dispositif d’authentification permettant de vérifier l’identité des responsables de lieux de culte souhaitant signer la proclamation. La copie d’une pièce d’identité pourra vous être demandée. Pour plus d’information et/ou pour devenir signataire, cliquez ici

* Saphirnews –

( L’auteure parle du site Saphirnews.com. ) « … ma lecture des principaux sites musulmans d’information me menait à considérer sa ligne éditoriale comme nettement plus pluraliste que l’orientation générale de l’UOIF [Union des organisations islamiques de France]. Il y distribuait son mensuel papier Salamnews dans lequel les femmes photographiées sont rarement voilées et dont la lecture de dossiers tels que « Tout est bon dans le cochon », avec un focus sur le réfrigérateur des couples mixtes, agrémentait les temps indéterminés d’attente à l’entrée du hall de conférences. Une investigation plus poussée a confirmé la pertinence de ce choix comme révélateur de la diversité intra-musulmane et comme analyseur d’un mode de fabrication du commun à partir du particulier. »

(Anne-Sophie Lamine, Média minoritaire, diversité intra religieuse et espace public. Analyse du site Saphirnews.com, dans la revue Sociologie, 2015/2 (Vol. 6). Madame Lamine est professeure de sociologie à l’Université de Strasbourg.)

** Salamnews

« Depuis 2008, Salamnews le « premier mensuel gratuit des cultures musulmanes » est distribué dans les commerces, les universités, sur les marchés. « 

( Stéphanie Le Bars dans le quotidien français Le Monde, 08 août 2011, Le Monde, https://www.lemonde.fr/actualite-medias/article/2011/08/08/salamnews-mensuel-des-cultures-musulmanes_1557270_3236.html)

Lettre au président du Conseil du trésor concernant l’agrandissement du Cégep Dawson (Québec)

EXTRAIT :

Monsieur le ministre, il est encore temps de renoncer à ce projet mal avisé, sans doute inscrit dans les plans du gouvernement en raison de sa volonté, fort compréhensible, de relancer l’activité économique paralysée par la pandémie de la covid-19. Nous osons penser que l’attachement à la langue française que vous et votre gouvernement ne cessez de redire vous conduira à revoir votre décision, et donc à retirer l’agrandissement du collège Dawson de la liste des projets mis en accélération, voire à suspendre le projet, même réalisé en mode normal. Après toutes les mesures de confinement qu’il a fallu prendre pour freiner des pans entiers de notre vie nationale, il serait malencontreux et funeste que la langue française subisse à son tour une forme de confinement par sa contraction dans l’enseignement supérieur au Québec. 

En espérant que vous saurez reconsidérer votre décision, nous vous prions, Monsieur le Ministre, d’agréer l’expression de nos sentiments les plus distingués.

Nicolas Bourdon,
professeur de littérature, Cégep Bois-de-Boulogne
Marc Chevrier,
professeur de science politique, Université du Québec à Montréal
Jacques Dufresne,
philosophe, éditeur de l’Encyclopédie de l’Agor

Le monde regorge de beautés. Les animaux de compagnie, par exemple.

Les animaux de compagnie et le bien qu’ils font autour d’eux.

Des animaux de compagnie, il y en avait un bon nombre au Domaine de Maizerets, à Québec, un jour de septembre 2020.

Photos prises par Roger Martel

Jean Ferrat, poète, chanteur, avait un chien appelé Oural.

La chanson OURAL OURALOU chantée par son auteur, Jean Ferrat :

https://www.youtube.com/watch?v=DChb5TFpF5I

SUR JEAN FERRAT :

https://www.youtube.com/watch?v=t5QjZQseKI4 (TV5, L’Invité)

– – – – – – – – – – – – – – – – – – – – – – –

PAROLES DE OURAL OURALOU

https://www.boiteachansons.net/Partitions/Jean-Ferrat/Oural-ouralou.php

OURAL OURALOU – Jean Ferrat

Paroles et musique : Jean Ferrat

Tonalité :E |F |Gb |G |Ab |A |Bb |B |C |Db |D |Eb |E

Intro : Am / Dm Am Am / Dm Am

Am C’est d / ans l’au Dm be chère à Ver Am laine

Am Que t / u cou Dm rais notre do Am maine

Am Humant / l’air Dm des quatre sai Am sons

Gm Odeurs de thym et de bru F yère

Gm Sous tes pattes fraîches, lé F gères

Gm S’élevaient comme une orai F son

Bb Berger des landes fami Am lières

Bb Tu vivais digne et soli Am taire

Bb Animal doué de rai Am son

Gm J’écris ce jour anniver F saire

Gm Où tu reposes sous la F terre

Gm A deux pas de notre mai E7 son

Am Hour / rah Dm ! Oural, G7 / Oura C lou

Am / Bb Oural, Oura Am lou

Am Hour / rah Dm ! Oural, G7 Ou / ra C lou

Am / Bb Oural, Oura Am lou Am

On voit souvent des souveraines

A la place des rois qui règnent

Rien qu’en posant leurs yeux dessus

Il faut se méfier du paraître

De nous deux qui était le maître

Nous ne l’avons jamais bien su

Tu vécus la vie parisienne

La nuit sur les quais de la Seine

Les music-halls et les tournées

Et cette vie qui fût la mienne

Il me semble que tu la traînes

A la semelle de tes souliers

Hourrah ! Oural, ouralou

Oural, ouralou

Hourrah ! Oural, ouralou

Oural, ouralou

Jour après jour, il faut l’admettre

Voir ceux qu’on aime disparaître

C’est ce qui fait vieillir trop tôt

Au paradis des chiens, peut-être

Ton long museau à la fenêtre

Tu nous accueilleras bientôt

Au triple galop, caracole !

Je vois tes pattes qui s’envolent

Chevauchant l’herbe et les nuées

Le vent siffle dans ton pelage

Vole, vole, mon loup sauvage

Comme au temps des vertes années

Hourrah ! Oural, Ouralou

Oural, ouralou

Hourrah ! Oural, Ouralou

Am / Bb Oural, Oura Am lou Fmaj7 Dm9 A(sus2)

Source :

https://www.boiteachansons.net/Partitions/Jean-Ferrat/Oural-ouralou.php


Normand Baillargeon, philosophe: réfléchir pour un monde meilleur

https://ici.radio-canada.ca/premiere/emissions/les-grands-entretiens/segments/entrevue/32664/entrevue-normand-baillargeon-marie-france-bazzo

Normand Baillargeon : réfléchir pour un monde meilleur

Publié le 27 juillet 2017 Audio fil du lundi 31 juillet 2017

21 h 06

Rencontre entre Marie-France Bazzo et le philosophe Normand Baillargeon

Durée : 54:00

L’éducation est une des valeurs les plus chères aux yeux du philosophe Normand Baillargeon. « C’est ce qui sert à faire des personnes libres, qui servent à faire vivre une démocratie. » Dans cette entrevue avec Marie-France Bazzo, le philosophe revient sur son enfance en Afrique et parle de son grand intérêt pour la poésie, la science et l’anarcho-syndicalisme. (Rediffusion du 7 mars 2017)

Les nouveaux penseurs de l’islam

Les nouveaux penseurs de l’islam

EXTRAIT DU LIVRE SUIVANT :

Rachid benzine, Les nouveaux penseurs de l’islam, Paris, Édition Albin Michel, collection Espaces libres, © 2008 (Première édition : © 2004) (La préface a été reproduite dans la revue La Pensée, numéro 384, 2015/4; on la trouve aussi au https://www.cairn.info/revue-la-pensee-2015-4-page-7.htm#.)

RACHID BENZINE : islamologue et historien, auteur notamment de Des mille et une façons d’être juif ou musulman avec la rabbin Delphine Horvilleur (Seuil) et de Finalement, il y a quoi dans le Coran ? (Journal français La Croix, https://www.la-croix.com/Religion/Islam/Rachid-Benzine-Lurgence-nest-pas-dexpurger-Coran-den-faire-lecture-critique-2018-04-23-1200933990

L’entreprise la plus audacieuse, la plus riche de promesses sans doute mais aussi la plus risquée parce que la moins facile à faire comprendre, en l’état, par les sociétés musulmanes, est tout cet effort de travail sur le texte coranique lui-même. Ainsi, pour Nasr Hamid Abu Zayd, qui concentre ses efforts sur l’analyse littéraire du Coran, si la forme finale du texte coranique reste bien Parole divine, elle n’en est pas moins humanisée, insérée dans l’histoire humaine. Cette Parole divine peut donc être étudiée comme tout objet d’étude historique : « Il s’agit d’un texte historique, affirme-t-il. Cela signifie qu’il a été révélé à une époque spécifique, en un lieu spécifique, en une langue spécifique – l’arabe- en somme dans un contexte culturel. Bien qu’il soit révélé par Dieu, comme nous tous, musulmans, nous le croyons, il est incarné en une langue humaine. » [5] Aussi réclame-t-il de pouvoir traiter le Coran comme un texte ouvert à l’interprétation.

Écouter ces nouvelles voix de l’islam

Tous ces penseurs sont préoccupés de penser la place de la religion dans un monde qui, malgré les apparences, se sécularise chaque jour davantage. Car la modernité a surgi dans les sociétés musulmanes qui n’y étaient pas préparées. Et cette modernité qui maintenant les touches n’est pas le fruit de leur mûrissement interne. Comment concilier ce qui est considéré comme immuable (la religion) avec le changement ? L’affirmation centrale du penseur iranien Abdul Karim Soroush est que toutes les sciences et tous les domaines de connaissances sont dans un état de transformation constante, et que des changements dans un domaine de l’érudition ne peuvent que provoquer des modifications dans les autres domaines, y compris dans la jurisprudence musulmane. Aussi a-t-il élaboré progressivement une « théorie de l’extension et de la contraction de la connaissance religieuse ». Il estime, à partir de celle-ci, que le cadre de développement du fiqh (jurisprudence musulmane) doit s’étendre constamment en prenant en compte les développements qui ont lieu dans d’autres sphères que le religieux.

Pour les nouveaux penseurs de l’islam, seule une nouvelle lecture des textes fondamentaux pourra permettre d’harmoniser les valeurs cardinales de l’islam avec les exigences de la modernité. Seule cette réformation-là permettra l’ouverture de la jurisprudence, l’adhésion véritable de la pensée politique de l’islam à la démocratie aux droits de l’Homme, la réalisation de l’égalité entre les hommes et les femmes, l’émancipation des sociétés musulmanes.

Ces voies nouvelles surgies du monde musulman ces dernières décennies ont beaucoup à nous dire. Leurs questionnements sont ceux d’un grand nombre, parmi les musulmans comme chez les non musulmans. Les réponses qu’ils apportent ne sont pas destinées à faire nécessairement l’unanimité, mais poser de bonnes questions est déjà faire œuvre utile.

(Pages 26-28 de l’édition de 2008)

Note [5] Entretien avec l’auteur, 2002.


Rachid Benzine : « L’URGENCE N’EST PAS D’EXPURGER LE CORAN MAIS D’EN FAIRE UNE LECTURE CRITIQUE »

https://www.la-croix.com/Religion/Islam/Rachid-Benzine-Lurgence-nest-pas-dexpurger-Coran-den-faire-lecture-critique-2018-04-23-1200933990

Plus que d’« épurer » le Coran, il est urgent selon lui [Rachid Benzine] : d’enseigner la « lecture critique » des textes. Une tâche qui incombe selon lui aussi aux responsables religieux musulmans.

Recueilli par Anne-Bénédicte Hoffner, le 23/04/2018

 

I AM WOMAN : chanson dédié aux femmes qui sont opprimées dans leur pays, dans leur société, dans leur famille, par une religion

 

I AM WOMAN : chanson dédié aux femmes qui sont opprimées dans leur pays, dans leur société, dans leur famille, par une religion

Helen Reddy a écrit et chante; « Je suis forte, je suis invincible, je suis une femme », « I am strong, I am invincible, I am woman ». « On me rabaissait, je plains le prochain qui m’infériorisera »

https://www.youtube.com/watch?v=xwK4kTUwxEI

I am woman, hear me roar

In numbers too big to ignore

And I know too much to go back and pretend

‘Cause I’ve heard it all before

And I’ve been down there on the floor

No one’s ever gonna keep me down again

Oh yes, I am wise

But it’s wisdom born of pain

Yes, I’ve paid the price

But look how much I gained

If I have to, I can do anything

I am strong, I am invincible, I am woman

You can bend but never break me

‘Cause it only serves to make me

More determined to achieve my final goal

And I come back even stronger

Not a novice any longer

‘Cause you’ve deepened the conviction in my soul

Oh yes, I am wise

But it’s wisdom born of pain

Yes, I’ve paid the price

But look how much I gained

If I have to, I can do anything

I am strong, I am invincible, I am woman

(Co-auteur de I AM WOMAN : Ray Burton)

 

PLUS JAMAIS ÇA ? L’homme, gloire et rebut de l’univers.

PLUS JAMAIS ÇA ?

Quelle chimère est ce donc que l’homme, quelle nouveauté, quel monstre, quel chaos, quel sujet de contradiction, quel prodige, juge de toutes choses, imbécile ver de terre, dépositaire du vrai, cloaque d’incertitude et d’erreur, gloire et rebut de l’univers !

(Blaise Pascal, Théologien, philosophe, mathématicien, physicien français, 1623-1662, Extrait de Pensées)


L’humanité qui devrait avoir six mille ans d’expérience retombe en enfance à chaque génération.

(Tristan Bernard, romancier et auteur dramatique français, 1866-1947, Extrait de Contes, Répliques et Bons Mots)


Extrait de La Plus Belle Histoire de l’Homme. Comment la Terre devint humaine

(C’est Dominique Simonnet, rédacteur en chef de L’Express, qui pose les questions; c’est André Langaney, géniticien, auteur de Le Sexe et l’Innovation, coauteur de Tous parents, tous différents, qui répond).

Simonnet :

Quand on regarde l’agitation de l’animal humain en cette fin de millénaire, on peut penser que nous ne sommes pas encore vraiment sortis de la préhistoire. Où en est-on aujourd’hui de cette étonnante histoire de l’homme? Quand vous la regardez avec un peu de recul, vous semble-t-elle toujours en progrès?

Langaney :

Aujourd’hui, grâce à nos techniques, notre capacité de transmettre notre culture s’est accrue de manière prodigieuse. Quand on parle de progrès, on y voit une intention, un jugement de valeur. Mais que signifie exactement « progrès »? Si l’on raisonne en termes de génétique, les algues et les papillons ont développé plus d’ADN que nous. S’il s’agit de la masse réalisée par les espèces. Alors les vers de terre ont mieux réussi que les humains.

Simonnet :

Parlons alors de la capacité de s’arracher à la nature et de la transformer…

Langaney :

Il n’est pas exclu qu’à certaines époques d’autres espèces aient transformé la nature plus que les humais ne l’ont fait. Les premières plantes ont changé la composition de l’atmosphère, y introduisant l’oxygène, ce qui a déclenché le foisonnement de la vie. Certes, nous faisons très fort, à l’heure actuelle, en saccageant la planète… La spécificité humaine, ce n’est pas seulement la double articulation et la faculté de se diversifier comme nous l’avons dit, c’est aussi la capacité de se projeter, d’anticiper. Le projet, ce n’est plus ne réponse aux contraintes biologiques ni aux nécessités de l’environnement. C’est le choix de rompre avec l’état de nature, de vivre autrement. Contrôler, décider, inventer la société. Encore faut-il que ce choix puisse être durable et accessible à l’ensemble des habitants de cette planète, ce qui est loin d’être le cas.

Simonnet :

Vous croyez que cela pourra arriver un jour?

Langaney :

J’ai un tempérament pragmatique. D’un côté on constate qu’indépendamment de leurs origines politiques, culturelles, biologiques, les humains ont tout ce qu’il faut pour communiquer entre eux, partager leurs ressources, leurs savoirs, leurs connaissances. Mais de l’autre, on sait que des morceaux de continents entiers ont été détruits, dépeuplés ou anéantis par nos semblables., et que la faculté humaine la plus répandue dans toutes les sociétés, dans toutes les cultures, c’est quand même la volonté d’attaquer son voisin et lui dérober ce qu’il possède. Les zones de prospérité sont pourtant souvent celles qui ont connu les paix les plus durables. Mieux comprendre les raisons pour lesquelles les humains cherchent plus souvent à se battre qu’à coopérer, et y remédier, voila un projet commun exaltant pour le nouveau millénaire.

Jean Clottes, Jean Guilaine, André Langaney, Dominique Simonnet, La Plus Belle Histoire de l’Homme. Comment la Terre devint humaine, Editions du Seuil, © 1998, p. 167-169


RIEN N’EST MOINS INNOCENT QUE LE LAISSER-FAIRE. *

(Pierre Bourdieu, in Pierre Bourdieu (dir.), La misère du monde, Paris, Seuil, © 1993; coll. Points, p. 1453-1454)

* “Porter à la conscience des mécanismes qui rendent la vie douloureuse, voire invivable, ce n’est pas les neutraliser; porter au jour les contradictions, ce n’est pas les résoudre. mais, pour si sceptique que l’on puisse être sur l’efficacité sociale du message sociologique, on ne peut tenir pour nul l’effet qu’il peut exercer en permettant à ceux qui souffrent de découvrir la possibilité d’imputer leur souffrance à des causes sociales et de se sentir ainsi disculpés; et en faisant connaître largement l’origine sociale, collectivement occultée, du malheur sous toutes ses formes, y compris les plus intimes et les plus secrètes.

« Constat, qui, malgré les apparences, n’a rien de désespérant : ce que le monde social a fait, le monde social peut, armé de ce savoir, le défaire. Ce qui est sûr, en tout cas, c’est que rien n’est moins innocent que le laisser-faire : s’il est vrai que la plupart des mécanismes économiques et sociaux qui sont au principe des souffrances les plus cruelles, notamment ceux qui règlent le marché du travail et le marché scolaire, ne sont pas faciles à enrayer ou à modifier, il reste que toute politique qui ne tire pas pleinement parti des possibilités, si réduites soient-elles, qui sont offertes à l’action, et que la science peut aider à découvrir, peut être considérée comme coupable de non-assistance à personne en danger. »

(Pierre Bourdieu, in Pierre Bourdieu (dir.), La misère du monde, Seuil, copyright 1993; coll. Points, p. 1453-1454) (Reproduit au https://lepasseurdelacote.com/2015/09/02/la-misere-du-monde-contre-le-laisser-faire/ le 2 septembre 2015)

MON IDÉE À MOI, C’EST QUE NOUS SOMMES PLUS LIBRES QUE NOUS NE LE PENSONS ; C’EST PAS LA LIBERTÉ QUI MANQUE, C’EST LE COURAGE DE PRENDRE LES LIBERTÉS QUE L’ON A. **

Jean-Paul Desbiens (alias Le Frère untel), Les insolences du Frère untel, Montréal, Les Éditions de l’Homme, © 1960, p. 83) – Jean-Paul Desbiens, Les insolences du Frère untel, Texte annoté par l’auteur, Montréal, Les Éditions de l’Homme, © 1988, p. 86)

** « Mon petit Frère Untel en or, mon petit lapin bleu, tu vas maintenant me dire pourquoi tu écris des choses comme ça, et à la face de la Province ?

« J’écris ces choses par charité. Et ne rigolez pas, s’il vous plaît. Pourquoi n’écrirais-je pas ces choses par charité ? Pourquoi n’aurais-je pas une étincelle de charité ? Quelqu’un aime la musique et il le dit et personne ne rigole ; quelqu’un aime les ouvrages de Camus et il le dit et personne ne rigole. Il est bien possible que moi, j’aime un peu les Canadiens français, et que je cherche à leur parler. Je vis au bout du monde et je m’ennuie de parler à des hommes.

« J’écris aussi pour bien établir qu’il est possible de dire ce que l’on pense. Pour bien établir que toute vérité est bonne à dire. Mon idée à moi, c’est que nous sommes plus libres que nous ne le pensons ; c’est pas la liberté qui manque, c’est le courage de prendre les libertés que l’on a. Nous pleurnichons sur la liberté absente et nous n’avons même pas essayé la liberté. Nous sommes un peu comme ce chien d’un conte de Jules Renard : nous flairons une chaîne qui ne nous retient peut-être plus. Ici je commets un canadianisme : tout d’un coup qu’on serait libres ? »

Jean-Paul Desbiens (alias Le Frère untel), Les insolences du Frère untel, Montréal : Les Éditions de l’Homme, 1960, 158 pp.

« Ce qui m’effraie, ce n’est pas l’oppression des méchants;

c’est l’indifférence des bons. »

(Martin Luther King (1929-1968), https://www.chrc-ccdp.gc.ca/fra/contenu/avons-nous-baisse-la-garde)

« Sur certaines prises de positions, la couardise pose la question : “Est-ce sans danger ?”, l’opportunisme pose la question : “Est-ce politique ?”, et la vanité les rejoint et pose la question : “Est-ce populaire ?”. Mais la conscience pose la question : “Est-ce juste ?”. Et il arrive alors un moment où quelqu’un doit prendre position pour quelque chose qui n’est ni sans danger, ni politique, ni populaire mais doit le faire parce que sa conscience lui dit que c’est juste. »

(Martin Luther King (1929-1968), https://fr.wikipedia.org/wiki/Martin_Luther_King#Pacifisme_et_engagement_personnel)

Les massages raffermissent les muscles.

Voici des pensées pour raffermir les cerveaux et les coeurs.

Si tu agis contre la justice que je le sache et que je te laisse faire, l’injustice c’est moi. (Gandhi; cité par le Père Gaston Dutil dans Vivre sa vie. Comment?, 2 éd., Paris, Centrale Saint-Jacques, 1977, p. 63)

Ne jamais laisser s’accomplir devant soi une méchanceté ou une injustice sans s’y opposer de toutes ses forces… Ne jamais laisser s’éloigner un malheureux sans avoir tout fait pour le soulager, pour qu’il soit moins seul… moins triste… (Alain; cité par le Père Gaston Dutil dans Vivre sa vie. Comment?, 2 éd., Paris, Centrale Saint-Jacques, 1977, p. 63)

Ne savez-vous pas ce qui me plaît? Rompre les chaînes injustes, délier les liens du joug, renvoyer libres les opprimés, briser tous les jougs, partager son pain avec l’affamé, héberger les malheureux sans asile, vêtir les gens déguenillés, au lieu de se détourner de son semblable. (Isaïe LVIII, 6-7; cité par le Père Gaston Dutil dans Vivre sa vie. Comment?, 2 éd., Paris, Centrale Saint-Jacques, 1977, p. 63)

La charité sociale conditionne, détermine, commande les actes de la justice sociale elle-même. (Pie X; cité par le Père Gaston Dutil dans Vivre sa vie. Comment?, 2 éd., Paris, Centrale Saint-Jacques, 1977, p. 70)

Donner aux indigents ce qui leur est nécessaire, c’est leur rendre leur dû, non donner du nôtre. Dès lors, nus payons une dette de justice plutôt que nous n’accomplissons une oeuvre de miséricorde. (saint Grégoire le Grand; cité par le Père Gaston Dutil dans Vivre sa vie. Comment?, 2 éd., Paris, Centrale Saint-Jacques, 1977, p. 70)

Ceux qui se croient chrétiens et qui se résignent mollement aux triomphes de l’injustice sont plus injustes que les injustes, car celui qui fait le mal a au moins le courage de le faire, celui qui s’en ait le complice par son silence en porte le même péché avec la lâcheté en plus. (Étienne Borne; cité par le Père Gaston Dutil dans Vivre sa vie. Comment?, 2 éd., Paris, Centrale Saint-Jacques, 1977, p. 63)

Ce n’est pas avec des velléitaires, mais avec des audacieux qu’on mène le monde et qu’on le sauve. (P. Bessières; cité par le Père Gaston Dutil dans Vivre sa vie. Comment?, 2 éd., Paris, Centrale Saint-Jacques, 1977, p. 201)

J’ai compris qu’il ne suffisait pas de dénoncer l’injustice. Il fallait donner sa vie pour la combattre. (Albert Camus; cité par le Père Gaston Dutil dans Vivre sa vie. Comment?, 2 éd., Paris, Centrale Saint-Jacques, 1977, p. 63)

Loin de croire que nous ne faisons rien, soyons plutôt confondus de la portée de nos actes; nous ne pouvons faire un pas sans peser sur l’univers. (A. Mahaut; cité par le Père Gaston Dutil dans Vivre sa vie. Comment?, 2 éd., Paris, Centrale Saint-Jacques, 1977, p. 151)

Le courage, c’est de dominer ses propres fautes, d’en souffrir, mais de ne pas en être accablé et de continuer son chemin. Le courage, c’est d’aimer la vie, de regarder la mort d’un regard tranquille; c’est d’aller à l’idéal et de comprendre le réel; c’est d’agir et de se donner aux grandes causes sans savoir quelle récompense réserve à notre effort l’univers entier. Le courage, c’est de chercher la vérité et de la dire; c’est de ne pas subir la loi du mensonge triomphant qui passe et de ne pas faire écho de notre âme, de notre bouche et de nos mains, aux applaudissements imbéciles et aux huées fanatiques. (Jean Jaurès; cité par le Père Gaston Dutil dans Vivre sa vie. Comment?, 2 éd., Paris, Centrale Sain-Jacques, 1977, p. 198)

Toute vie est une responsabilité, et nous sommes coupables non seulement du mal que nous faisons, mais du bien que nous ne faisons pas. (Élisabeth Leseur, cité par le Père Gaston Dutil dans Vivre sa vie. Comment?, 2 éd., Paris, Centrale Saint-Jacques, 1977, p. 231)

L’Évangile n’est pas un somnifère, mais de la dynamite. Regardez l’heure à votre montre. En ce moment meurent des milliers d’hommes. Quelques autres milliers souffrent quelque part sur une table d’opération. En ce moment aussi, sur les bords de la Seine ou autre part, des femmes au désespoir sont sur le point de se suicider. À l’Est, il y a des dizaines de milliers de gens qui fuient. Ailleurs, des centaines de milliers sont dans des camps. Tout cela pendant ces quelques minutes… Et je devrais vous dire : « Je vous souhaite une bonne nuit »? Non, si vous n’avez rien fait, si vous ne voulez pas aider vos frères… je vous souhaite une mauvaise nuit, une nuit pas tranquille… (P. Leppich; cité par le Père Gaston Dutil dans Vivre sa vie. Comment?, 2 éd., Paris, Centrale Saint-Jacques, 1977, p. 232)

On est responsable de ce qu’on fait, de ce qu’on ne fait pas, et de ce qu’on empêche de faire. (Cardinal Suhard; cité par le Père Gaston Dutil dans Vivre sa vie. Comment?, 2 éd., Paris, Centrale Saint-Jacques, 1977, p. 231)

Faisons le mieux possible notre tâche, convaincus que le plus petit de nos actes a une répercussion sur toute l’humanité. (P. Doumer; cité par le Père Gaston Dutil dans Vivre sa vie. Comment?, 2 éd., Paris, Centrale Saint-Jacques, 1977, p. 232)

Pour qui sait les recueillir et s’en nourrir, il y a des pensées qui sont sources de vie. (A. Valensin; cité par le Père Gaston Dutil dans Vivre sa vie. Comment?, 2 éd., Paris, Centrale Saint-Jacques, 1977, p. 510)

Les citations précédentes sont tirées de ce livre du Père Gaston Dutil :

Vivre sa vie. Comment?, deuxième édition, Paris, Centrale Saint-Jacques, 1977.

Les malheureuses Romy et Norah Carpentier, tuées par Martin Carpentier, leur pauvre père

7 Parc des Chutes Chaudière_Norah et Romy Carpentier_20-07-2020_

Le mémorial temporaire élevé pour marquer la mort tragique des enfants Norah et Romy Carpentier.

Parc des Chutes-de-la-Chaudière, Lévis. (Photo : Roger Martel, 20 juillet 2020)

 

LÉVIS (QUÉBEC), 24 JUILLET 2020

Je présente mes condoléances aux proches de Romy et de Norah. Je partage leur douleur.

Je présente mes condoléances aux proches de Martin Carpentier. Je partage leur douleur.

Roger Martel, citoyen de Lévis

 


 

6 Parc des Chutes Chaudière_Norah et Romy Carpentier_20-07-2020- 13