Normand Baillargeon, philosophe: réfléchir pour un monde meilleur

https://ici.radio-canada.ca/premiere/emissions/les-grands-entretiens/segments/entrevue/32664/entrevue-normand-baillargeon-marie-france-bazzo

Normand Baillargeon : réfléchir pour un monde meilleur

Publié le 27 juillet 2017 Audio fil du lundi 31 juillet 2017

21 h 06

Rencontre entre Marie-France Bazzo et le philosophe Normand Baillargeon

Durée : 54:00

L’éducation est une des valeurs les plus chères aux yeux du philosophe Normand Baillargeon. « C’est ce qui sert à faire des personnes libres, qui servent à faire vivre une démocratie. » Dans cette entrevue avec Marie-France Bazzo, le philosophe revient sur son enfance en Afrique et parle de son grand intérêt pour la poésie, la science et l’anarcho-syndicalisme. (Rediffusion du 7 mars 2017)

Les nouveaux penseurs de l’islam

Les nouveaux penseurs de l’islam

EXTRAIT DU LIVRE SUIVANT :

Rachid benzine, Les nouveaux penseurs de l’islam, Paris, Édition Albin Michel, collection Espaces libres, © 2008 (Première édition : © 2004) (La préface a été reproduite dans la revue La Pensée, numéro 384, 2015/4; on la trouve aussi au https://www.cairn.info/revue-la-pensee-2015-4-page-7.htm#.)

RACHID BENZINE : islamologue et historien, auteur notamment de Des mille et une façons d’être juif ou musulman avec la rabbin Delphine Horvilleur (Seuil) et de Finalement, il y a quoi dans le Coran ? (Journal français La Croix, https://www.la-croix.com/Religion/Islam/Rachid-Benzine-Lurgence-nest-pas-dexpurger-Coran-den-faire-lecture-critique-2018-04-23-1200933990

L’entreprise la plus audacieuse, la plus riche de promesses sans doute mais aussi la plus risquée parce que la moins facile à faire comprendre, en l’état, par les sociétés musulmanes, est tout cet effort de travail sur le texte coranique lui-même. Ainsi, pour Nasr Hamid Abu Zayd, qui concentre ses efforts sur l’analyse littéraire du Coran, si la forme finale du texte coranique reste bien Parole divine, elle n’en est pas moins humanisée, insérée dans l’histoire humaine. Cette Parole divine peut donc être étudiée comme tout objet d’étude historique : « Il s’agit d’un texte historique, affirme-t-il. Cela signifie qu’il a été révélé à une époque spécifique, en un lieu spécifique, en une langue spécifique – l’arabe- en somme dans un contexte culturel. Bien qu’il soit révélé par Dieu, comme nous tous, musulmans, nous le croyons, il est incarné en une langue humaine. » [5] Aussi réclame-t-il de pouvoir traiter le Coran comme un texte ouvert à l’interprétation.

Écouter ces nouvelles voix de l’islam

Tous ces penseurs sont préoccupés de penser la place de la religion dans un monde qui, malgré les apparences, se sécularise chaque jour davantage. Car la modernité a surgi dans les sociétés musulmanes qui n’y étaient pas préparées. Et cette modernité qui maintenant les touches n’est pas le fruit de leur mûrissement interne. Comment concilier ce qui est considéré comme immuable (la religion) avec le changement ? L’affirmation centrale du penseur iranien Abdul Karim Soroush est que toutes les sciences et tous les domaines de connaissances sont dans un état de transformation constante, et que des changements dans un domaine de l’érudition ne peuvent que provoquer des modifications dans les autres domaines, y compris dans la jurisprudence musulmane. Aussi a-t-il élaboré progressivement une « théorie de l’extension et de la contraction de la connaissance religieuse ». Il estime, à partir de celle-ci, que le cadre de développement du fiqh (jurisprudence musulmane) doit s’étendre constamment en prenant en compte les développements qui ont lieu dans d’autres sphères que le religieux.

Pour les nouveaux penseurs de l’islam, seule une nouvelle lecture des textes fondamentaux pourra permettre d’harmoniser les valeurs cardinales de l’islam avec les exigences de la modernité. Seule cette réformation-là permettra l’ouverture de la jurisprudence, l’adhésion véritable de la pensée politique de l’islam à la démocratie aux droits de l’Homme, la réalisation de l’égalité entre les hommes et les femmes, l’émancipation des sociétés musulmanes.

Ces voies nouvelles surgies du monde musulman ces dernières décennies ont beaucoup à nous dire. Leurs questionnements sont ceux d’un grand nombre, parmi les musulmans comme chez les non musulmans. Les réponses qu’ils apportent ne sont pas destinées à faire nécessairement l’unanimité, mais poser de bonnes questions est déjà faire œuvre utile.

(Pages 26-28 de l’édition de 2008)

Note [5] Entretien avec l’auteur, 2002.


Rachid Benzine : « L’URGENCE N’EST PAS D’EXPURGER LE CORAN MAIS D’EN FAIRE UNE LECTURE CRITIQUE »

https://www.la-croix.com/Religion/Islam/Rachid-Benzine-Lurgence-nest-pas-dexpurger-Coran-den-faire-lecture-critique-2018-04-23-1200933990

Plus que d’« épurer » le Coran, il est urgent selon lui [Rachid Benzine] : d’enseigner la « lecture critique » des textes. Une tâche qui incombe selon lui aussi aux responsables religieux musulmans.

Recueilli par Anne-Bénédicte Hoffner, le 23/04/2018

 

I AM WOMAN : chanson dédié aux femmes qui sont opprimées dans leur pays, dans leur société, dans leur famille, par une religion

 

I AM WOMAN : chanson dédié aux femmes qui sont opprimées dans leur pays, dans leur société, dans leur famille, par une religion

Helen Reddy a écrit et chante; « Je suis forte, je suis invincible, je suis une femme », « I am strong, I am invincible, I am woman ». « On me rabaissait, je plains le prochain qui m’infériorisera »

https://www.youtube.com/watch?v=xwK4kTUwxEI

I am woman, hear me roar

In numbers too big to ignore

And I know too much to go back and pretend

‘Cause I’ve heard it all before

And I’ve been down there on the floor

No one’s ever gonna keep me down again

Oh yes, I am wise

But it’s wisdom born of pain

Yes, I’ve paid the price

But look how much I gained

If I have to, I can do anything

I am strong, I am invincible, I am woman

You can bend but never break me

‘Cause it only serves to make me

More determined to achieve my final goal

And I come back even stronger

Not a novice any longer

‘Cause you’ve deepened the conviction in my soul

Oh yes, I am wise

But it’s wisdom born of pain

Yes, I’ve paid the price

But look how much I gained

If I have to, I can do anything

I am strong, I am invincible, I am woman

(Co-auteur de I AM WOMAN : Ray Burton)

 

PLUS JAMAIS ÇA ? L’homme, gloire et rebut de l’univers.

PLUS JAMAIS ÇA ?

Quelle chimère est ce donc que l’homme, quelle nouveauté, quel monstre, quel chaos, quel sujet de contradiction, quel prodige, juge de toutes choses, imbécile ver de terre, dépositaire du vrai, cloaque d’incertitude et d’erreur, gloire et rebut de l’univers !

(Blaise Pascal, Théologien, philosophe, mathématicien, physicien français, 1623-1662, Extrait de Pensées)


L’humanité qui devrait avoir six mille ans d’expérience retombe en enfance à chaque génération.

(Tristan Bernard, romancier et auteur dramatique français, 1866-1947, Extrait de Contes, Répliques et Bons Mots)


Extrait de La Plus Belle Histoire de l’Homme. Comment la Terre devint humaine

(C’est Dominique Simonnet, rédacteur en chef de L’Express, qui pose les questions; c’est André Langaney, géniticien, auteur de Le Sexe et l’Innovation, coauteur de Tous parents, tous différents, qui répond).

Simonnet :

Quand on regarde l’agitation de l’animal humain en cette fin de millénaire, on peut penser que nous ne sommes pas encore vraiment sortis de la préhistoire. Où en est-on aujourd’hui de cette étonnante histoire de l’homme? Quand vous la regardez avec un peu de recul, vous semble-t-elle toujours en progrès?

Langaney :

Aujourd’hui, grâce à nos techniques, notre capacité de transmettre notre culture s’est accrue de manière prodigieuse. Quand on parle de progrès, on y voit une intention, un jugement de valeur. Mais que signifie exactement « progrès »? Si l’on raisonne en termes de génétique, les algues et les papillons ont développé plus d’ADN que nous. S’il s’agit de la masse réalisée par les espèces. Alors les vers de terre ont mieux réussi que les humains.

Simonnet :

Parlons alors de la capacité de s’arracher à la nature et de la transformer…

Langaney :

Il n’est pas exclu qu’à certaines époques d’autres espèces aient transformé la nature plus que les humais ne l’ont fait. Les premières plantes ont changé la composition de l’atmosphère, y introduisant l’oxygène, ce qui a déclenché le foisonnement de la vie. Certes, nous faisons très fort, à l’heure actuelle, en saccageant la planète… La spécificité humaine, ce n’est pas seulement la double articulation et la faculté de se diversifier comme nous l’avons dit, c’est aussi la capacité de se projeter, d’anticiper. Le projet, ce n’est plus ne réponse aux contraintes biologiques ni aux nécessités de l’environnement. C’est le choix de rompre avec l’état de nature, de vivre autrement. Contrôler, décider, inventer la société. Encore faut-il que ce choix puisse être durable et accessible à l’ensemble des habitants de cette planète, ce qui est loin d’être le cas.

Simonnet :

Vous croyez que cela pourra arriver un jour?

Langaney :

J’ai un tempérament pragmatique. D’un côté on constate qu’indépendamment de leurs origines politiques, culturelles, biologiques, les humains ont tout ce qu’il faut pour communiquer entre eux, partager leurs ressources, leurs savoirs, leurs connaissances. Mais de l’autre, on sait que des morceaux de continents entiers ont été détruits, dépeuplés ou anéantis par nos semblables., et que la faculté humaine la plus répandue dans toutes les sociétés, dans toutes les cultures, c’est quand même la volonté d’attaquer son voisin et lui dérober ce qu’il possède. Les zones de prospérité sont pourtant souvent celles qui ont connu les paix les plus durables. Mieux comprendre les raisons pour lesquelles les humains cherchent plus souvent à se battre qu’à coopérer, et y remédier, voila un projet commun exaltant pour le nouveau millénaire.

Jean Clottes, Jean Guilaine, André Langaney, Dominique Simonnet, La Plus Belle Histoire de l’Homme. Comment la Terre devint humaine, Editions du Seuil, © 1998, p. 167-169


RIEN N’EST MOINS INNOCENT QUE LE LAISSER-FAIRE. *

(Pierre Bourdieu, in Pierre Bourdieu (dir.), La misère du monde, Paris, Seuil, © 1993; coll. Points, p. 1453-1454)

* “Porter à la conscience des mécanismes qui rendent la vie douloureuse, voire invivable, ce n’est pas les neutraliser; porter au jour les contradictions, ce n’est pas les résoudre. mais, pour si sceptique que l’on puisse être sur l’efficacité sociale du message sociologique, on ne peut tenir pour nul l’effet qu’il peut exercer en permettant à ceux qui souffrent de découvrir la possibilité d’imputer leur souffrance à des causes sociales et de se sentir ainsi disculpés; et en faisant connaître largement l’origine sociale, collectivement occultée, du malheur sous toutes ses formes, y compris les plus intimes et les plus secrètes.

« Constat, qui, malgré les apparences, n’a rien de désespérant : ce que le monde social a fait, le monde social peut, armé de ce savoir, le défaire. Ce qui est sûr, en tout cas, c’est que rien n’est moins innocent que le laisser-faire : s’il est vrai que la plupart des mécanismes économiques et sociaux qui sont au principe des souffrances les plus cruelles, notamment ceux qui règlent le marché du travail et le marché scolaire, ne sont pas faciles à enrayer ou à modifier, il reste que toute politique qui ne tire pas pleinement parti des possibilités, si réduites soient-elles, qui sont offertes à l’action, et que la science peut aider à découvrir, peut être considérée comme coupable de non-assistance à personne en danger. »

(Pierre Bourdieu, in Pierre Bourdieu (dir.), La misère du monde, Seuil, copyright 1993; coll. Points, p. 1453-1454) (Reproduit au https://lepasseurdelacote.com/2015/09/02/la-misere-du-monde-contre-le-laisser-faire/ le 2 septembre 2015)

MON IDÉE À MOI, C’EST QUE NOUS SOMMES PLUS LIBRES QUE NOUS NE LE PENSONS ; C’EST PAS LA LIBERTÉ QUI MANQUE, C’EST LE COURAGE DE PRENDRE LES LIBERTÉS QUE L’ON A. **

Jean-Paul Desbiens (alias Le Frère untel), Les insolences du Frère untel, Montréal, Les Éditions de l’Homme, © 1960, p. 83) – Jean-Paul Desbiens, Les insolences du Frère untel, Texte annoté par l’auteur, Montréal, Les Éditions de l’Homme, © 1988, p. 86)

** « Mon petit Frère Untel en or, mon petit lapin bleu, tu vas maintenant me dire pourquoi tu écris des choses comme ça, et à la face de la Province ?

« J’écris ces choses par charité. Et ne rigolez pas, s’il vous plaît. Pourquoi n’écrirais-je pas ces choses par charité ? Pourquoi n’aurais-je pas une étincelle de charité ? Quelqu’un aime la musique et il le dit et personne ne rigole ; quelqu’un aime les ouvrages de Camus et il le dit et personne ne rigole. Il est bien possible que moi, j’aime un peu les Canadiens français, et que je cherche à leur parler. Je vis au bout du monde et je m’ennuie de parler à des hommes.

« J’écris aussi pour bien établir qu’il est possible de dire ce que l’on pense. Pour bien établir que toute vérité est bonne à dire. Mon idée à moi, c’est que nous sommes plus libres que nous ne le pensons ; c’est pas la liberté qui manque, c’est le courage de prendre les libertés que l’on a. Nous pleurnichons sur la liberté absente et nous n’avons même pas essayé la liberté. Nous sommes un peu comme ce chien d’un conte de Jules Renard : nous flairons une chaîne qui ne nous retient peut-être plus. Ici je commets un canadianisme : tout d’un coup qu’on serait libres ? »

Jean-Paul Desbiens (alias Le Frère untel), Les insolences du Frère untel, Montréal : Les Éditions de l’Homme, 1960, 158 pp.

« Ce qui m’effraie, ce n’est pas l’oppression des méchants;

c’est l’indifférence des bons. »

(Martin Luther King (1929-1968), https://www.chrc-ccdp.gc.ca/fra/contenu/avons-nous-baisse-la-garde)

« Sur certaines prises de positions, la couardise pose la question : “Est-ce sans danger ?”, l’opportunisme pose la question : “Est-ce politique ?”, et la vanité les rejoint et pose la question : “Est-ce populaire ?”. Mais la conscience pose la question : “Est-ce juste ?”. Et il arrive alors un moment où quelqu’un doit prendre position pour quelque chose qui n’est ni sans danger, ni politique, ni populaire mais doit le faire parce que sa conscience lui dit que c’est juste. »

(Martin Luther King (1929-1968), https://fr.wikipedia.org/wiki/Martin_Luther_King#Pacifisme_et_engagement_personnel)

Les massages raffermissent les muscles.

Voici des pensées pour raffermir les cerveaux et les coeurs.

Si tu agis contre la justice que je le sache et que je te laisse faire, l’injustice c’est moi. (Gandhi; cité par le Père Gaston Dutil dans Vivre sa vie. Comment?, 2 éd., Paris, Centrale Saint-Jacques, 1977, p. 63)

Ne jamais laisser s’accomplir devant soi une méchanceté ou une injustice sans s’y opposer de toutes ses forces… Ne jamais laisser s’éloigner un malheureux sans avoir tout fait pour le soulager, pour qu’il soit moins seul… moins triste… (Alain; cité par le Père Gaston Dutil dans Vivre sa vie. Comment?, 2 éd., Paris, Centrale Saint-Jacques, 1977, p. 63)

Ne savez-vous pas ce qui me plaît? Rompre les chaînes injustes, délier les liens du joug, renvoyer libres les opprimés, briser tous les jougs, partager son pain avec l’affamé, héberger les malheureux sans asile, vêtir les gens déguenillés, au lieu de se détourner de son semblable. (Isaïe LVIII, 6-7; cité par le Père Gaston Dutil dans Vivre sa vie. Comment?, 2 éd., Paris, Centrale Saint-Jacques, 1977, p. 63)

La charité sociale conditionne, détermine, commande les actes de la justice sociale elle-même. (Pie X; cité par le Père Gaston Dutil dans Vivre sa vie. Comment?, 2 éd., Paris, Centrale Saint-Jacques, 1977, p. 70)

Donner aux indigents ce qui leur est nécessaire, c’est leur rendre leur dû, non donner du nôtre. Dès lors, nus payons une dette de justice plutôt que nous n’accomplissons une oeuvre de miséricorde. (saint Grégoire le Grand; cité par le Père Gaston Dutil dans Vivre sa vie. Comment?, 2 éd., Paris, Centrale Saint-Jacques, 1977, p. 70)

Ceux qui se croient chrétiens et qui se résignent mollement aux triomphes de l’injustice sont plus injustes que les injustes, car celui qui fait le mal a au moins le courage de le faire, celui qui s’en ait le complice par son silence en porte le même péché avec la lâcheté en plus. (Étienne Borne; cité par le Père Gaston Dutil dans Vivre sa vie. Comment?, 2 éd., Paris, Centrale Saint-Jacques, 1977, p. 63)

Ce n’est pas avec des velléitaires, mais avec des audacieux qu’on mène le monde et qu’on le sauve. (P. Bessières; cité par le Père Gaston Dutil dans Vivre sa vie. Comment?, 2 éd., Paris, Centrale Saint-Jacques, 1977, p. 201)

J’ai compris qu’il ne suffisait pas de dénoncer l’injustice. Il fallait donner sa vie pour la combattre. (Albert Camus; cité par le Père Gaston Dutil dans Vivre sa vie. Comment?, 2 éd., Paris, Centrale Saint-Jacques, 1977, p. 63)

Loin de croire que nous ne faisons rien, soyons plutôt confondus de la portée de nos actes; nous ne pouvons faire un pas sans peser sur l’univers. (A. Mahaut; cité par le Père Gaston Dutil dans Vivre sa vie. Comment?, 2 éd., Paris, Centrale Saint-Jacques, 1977, p. 151)

Le courage, c’est de dominer ses propres fautes, d’en souffrir, mais de ne pas en être accablé et de continuer son chemin. Le courage, c’est d’aimer la vie, de regarder la mort d’un regard tranquille; c’est d’aller à l’idéal et de comprendre le réel; c’est d’agir et de se donner aux grandes causes sans savoir quelle récompense réserve à notre effort l’univers entier. Le courage, c’est de chercher la vérité et de la dire; c’est de ne pas subir la loi du mensonge triomphant qui passe et de ne pas faire écho de notre âme, de notre bouche et de nos mains, aux applaudissements imbéciles et aux huées fanatiques. (Jean Jaurès; cité par le Père Gaston Dutil dans Vivre sa vie. Comment?, 2 éd., Paris, Centrale Sain-Jacques, 1977, p. 198)

Toute vie est une responsabilité, et nous sommes coupables non seulement du mal que nous faisons, mais du bien que nous ne faisons pas. (Élisabeth Leseur, cité par le Père Gaston Dutil dans Vivre sa vie. Comment?, 2 éd., Paris, Centrale Saint-Jacques, 1977, p. 231)

L’Évangile n’est pas un somnifère, mais de la dynamite. Regardez l’heure à votre montre. En ce moment meurent des milliers d’hommes. Quelques autres milliers souffrent quelque part sur une table d’opération. En ce moment aussi, sur les bords de la Seine ou autre part, des femmes au désespoir sont sur le point de se suicider. À l’Est, il y a des dizaines de milliers de gens qui fuient. Ailleurs, des centaines de milliers sont dans des camps. Tout cela pendant ces quelques minutes… Et je devrais vous dire : « Je vous souhaite une bonne nuit »? Non, si vous n’avez rien fait, si vous ne voulez pas aider vos frères… je vous souhaite une mauvaise nuit, une nuit pas tranquille… (P. Leppich; cité par le Père Gaston Dutil dans Vivre sa vie. Comment?, 2 éd., Paris, Centrale Saint-Jacques, 1977, p. 232)

On est responsable de ce qu’on fait, de ce qu’on ne fait pas, et de ce qu’on empêche de faire. (Cardinal Suhard; cité par le Père Gaston Dutil dans Vivre sa vie. Comment?, 2 éd., Paris, Centrale Saint-Jacques, 1977, p. 231)

Faisons le mieux possible notre tâche, convaincus que le plus petit de nos actes a une répercussion sur toute l’humanité. (P. Doumer; cité par le Père Gaston Dutil dans Vivre sa vie. Comment?, 2 éd., Paris, Centrale Saint-Jacques, 1977, p. 232)

Pour qui sait les recueillir et s’en nourrir, il y a des pensées qui sont sources de vie. (A. Valensin; cité par le Père Gaston Dutil dans Vivre sa vie. Comment?, 2 éd., Paris, Centrale Saint-Jacques, 1977, p. 510)

Les citations précédentes sont tirées de ce livre du Père Gaston Dutil :

Vivre sa vie. Comment?, deuxième édition, Paris, Centrale Saint-Jacques, 1977.

Les malheureuses Romy et Norah Carpentier, tuées par Martin Carpentier, leur pauvre père

7 Parc des Chutes Chaudière_Norah et Romy Carpentier_20-07-2020_

Le mémorial temporaire élevé pour marquer la mort tragique des enfants Norah et Romy Carpentier.

Parc des Chutes-de-la-Chaudière, Lévis. (Photo : Roger Martel, 20 juillet 2020)

 

LÉVIS (QUÉBEC), 24 JUILLET 2020

Je présente mes condoléances aux proches de Romy et de Norah. Je partage leur douleur.

Je présente mes condoléances aux proches de Martin Carpentier. Je partage leur douleur.

Roger Martel, citoyen de Lévis

 


 

6 Parc des Chutes Chaudière_Norah et Romy Carpentier_20-07-2020- 13

L’islam n’est pas tombé du ciel.

https://www.lescahiersdelislam.fr/L-islam-est-il-parfait-Reforme-islamiste–reforme-islamique–reforme-de-l-islam_a601.html

PAR Dr. Moreno Al Ajamî – Médecin, Docteur en Littérature et Langue arabe, Islamologue, Théologien

3 Avril 2014

L’islam est-il parfait ? – Réforme islamiste ; réforme islamique ; réforme de l’islam –EXTRAIT

L’islam serait-il parfait ?

Aussi, le syllogisme de la perfection [syllogisme de la perfection : « Dieu est parfait, l’islam provient de Dieu, donc l’islam est parfait. »] supposerait pour être valide que l’islam provienne de Dieu, exactement comme la perfection du Coran est présumée de son origine divine. Toutefois, cette perfection supposée de l’islam se heurte aux faits : l’historicité et la multiplicité.Il est historiquement possible de retracer la formation et l’évolution de l’islam religieux: le Droit musulman, le fiqh, tout comme le dogme, al ‘aqîda, ne connurent leurs formes actuelles que deux siècles après la disparition du Prophète ; le Hadîth dut attendre presque un siècle de plus pour être stabilisé ; l’Exégèse coranique, tafsîr, un siècle encore pour imposer une détermination paradigmatique du Coran, une herméneutique orthodoxe. Durant cette gestation de quasiment quatre siècles, les avis furent très divers, souvent opposés, parfois conflictuels, les Écoles ou madhâ’ib en sont toujours les témoins, les grands courants dogmatiques du kalâm de même. Cette diversité résiduelle ne fut jamais réduite, et les dernières tentatives d’éradication au nom de l’unitarisme totalitariste néo-wahhabite ne devraient pas non plus y parvenir. L’islam n’est donc pas un objet unique de définition unique, mais une somme complexe et riche de ses différences. Ce que nous appelons par habitude islam, à titre collectif et individuel, n’est ainsi qu’une simplification de cette entité multiforme destinée à rendre fonctionnelle une interface entre nous et Dieu. L’islam en tant qu’expression parfaite du rapport à Dieu est certes inscrit dans le Coran, mais, en tant que dessin religieux, il n’est qu’un produit de l’histoire inscrit en l’Histoire. L’islam est de toute évidence le fruit d’une élaboration humaine, il résulte d’une réflexion menée à partir de matériaux de la Révélation, le Coran, et de la tradition mêlée des hommes. L’islam ne pourrait donc avoir de perfection que de par la perfection humaine ; or l’homme n’est pas parfait. En conséquence, autre syllogisme, l’islam est à l’image de l’homme : perfectible.

La deuxième voie de démonstration épistémologique est l’expérimentation. Ici il s’agit de l’épreuve des faits historiques. Depuis mille ans, tout mouvement de réforme, toute tentative de retour à l’islam, s’est soldé par un échec. […] Inexorablement, l’islam s’est avéré incapable de redonner vitalité à ce grand corps malade. Aux temps présents, depuis plus d’un siècle, toutes les entreprises de réforme ont prôné un retour à un islam pur ou authentique ou théorique et toutes ont échoué à réaliser leurs objectifs […] le mythe du retour à la pureté originelle doit être abandonné en tant que paradigme majeur de la réforme de l’homme musulman. Rêver a un passé perdu est la manière la plus sûre de ne pas comprendre le présent et d’échouer l’avenir. Conséquemment, l’on en déduira que tout discours de type hanbalo-wahhabite est une démarche vouée à l’échec.

Si l’islam fut parfait, c’est en tant qu’expression parfaite d’une culture et d’un temps, mais ces facteurs civilisationnels sont par définition variables. Or, la sacralisation de l’islam, à moins que de figer le monde musulman, induit le décalage entre les musulmans et leurs réalités. C’est cette sacralisation qui a provoqué la non-évolution caractérisant la longue période de stagnation, puis de régression, du monde musulman.


Propagande religieuse à Lévis: le gouvernement du Québec doit cesser de subventionner le coupable.

Lévis, le 5 juillet 2020

Monsieur François Legault, premier ministre du Québec

Édifice Honoré-Mercier, 3e étage

835, boul. René-Lévesque Est

Québec (Québec) G1A 1B4

Monsieur le premier ministre,

Je veux porter à votre attention le fait suivant :

votre gouvernement donne de l’argent à un organisme de Lévis qui fait de la propagande en faveur d’une religion( très controversée un peu partout dans le monde) : l’islam. Cet organisme est Le Tremplin, Centre pour personnes immigrantes et leurs familles; son conseil d’administration est présidé depuis plusieurs années par M. Elhadjid Mamadou Diarra, qui est musulman (en 2017 une musulmane, Mme Nawel Bahria, siégeait aux cotés de M. Diarra).

C’est en 2017 que Le Tremplin a organisé, avec la Mosquée de Lévis et son imam, M. Karim Elabed, une activité qu’ils ont appelé « Soirée d’échange avec la communauté musulmane » et qui devait, selon eux, montrer l’islam tel qu’il est (pour montrer l’islam tel qu’il est, seules deux personnes avaient été invitées : l’Imam Elabed et une Québécoise convertie à l’islam, elle et lui très admiratifs de la charia (ils l’ont fait voir à leur auditoire !), la charia que l’Assemblée nationale du Québec a rejeté à l’unanimité en 2005, comme la rejettent l’Ontario, le Canada.

Je signale aussi que Le Tremplin, dont le directeur était en 2017 et est encore M. Guillaume Boivin, a expulsé l’un de ses bénévoles qui avaient reproché publiquement au Tremplin d’avoir fait de la propagande en faveur de l’islam. Il l’a expulsé sans l’en informer, sans lui donner la possibilité de s’adresser aux membres du conseil d’administration; il l’a expulsé et refuse de porter à sa connaissance les documents créés par Le Tremplin dans lesquels il est question de son expulsion (si Le Tremplin n’a pas établi de tels documents, ce n’est pas normal…). Je pourrais vous parler longuement de cette expulsion, Monsieur le premier ministre : j’ai l’honneur d’être l’expulsé.

Permettez-moi de vous demander, Monsieur le premier ministre, de bien vouloir charger l’un de vos subalternes de prendre connaissance des documents reproduits ci-dessous et de tenter ensuite de vous démontrer que j’ai raison ou tort d’affirmer que Le Tremplin a fait de la propagande religieuse, que j’ai raison ou tort de trouver tout à fait inacceptable, abominable, la façon dont Le Tremplin m’a mis à la porte, que j’ai raison ou tort de penser que LeTremplin, Centre pour personnes immigrantes et leurs familles a violé mes droits d’être humain et de citoyen du Canada et du Québec

Votre gouvernement doit cesser de subventionner Le Tremplin, Centre pour personnes immigrantes et leurs familles.

Je vous prie, Monsieur le premier ministre, d’agréer l’expression de mes sentiments les meilleurs.

Roger Martel, citoyen de Lévis

P.-S. La présente sera publiée au www.lepasseurdelacote.com

Roger Martel, citoyen de Lévis

Membre de la Société des traducteurs, terminologues et interprètes agréés du Québec de 1981 à 2007. Membre fondateur de la Société québécoise d’histoire de la pharmacie. Membres de plusieurs sociétés d’histoire, autrefois. Principal artisan bénévole de la publication de huit numéros de la revue trimestrielle de la Société d’histoire régionale de Lévis. Metteur en page bénévole du journal de l’école primaire Saint-Dominique de Lévis de 1986 à 1998 en qualité de père d’élèves, puis de parent d’anciens élèves. Entre 2013 et le jour de son expulsion (date inconnue), collaborateur bénévole au Tremplin, centre pour personnes immigrantes et leurs familles.

La communication datée du 14 novembre 2019 reproduite ci-dessous a été publiée en novembre 2019 au https://lepasseurdelacote.com/?s=Diarra

Communication destinée à M. Elhadjid Mamadou Diarra, président, Conseil d’administration du, (Ici, il est nécessaire de préciser que M. Diarra est musulman.)

– – – – – – – – – – – – –

[ « Soirée d’échanges » publique organisée par le Tremplin, Centre pour personnes immigrantes et leurs familles et la Mosquée de Lévis, présentée au Patro de Lévis en mai 2017 pour, ont prétendu les organisateurs, montrer l’islam tel qu’il est. ]

COMMUNICATION ÉCRITE PAR ROGER MARTEL

Soirée d’échanges entre musulmans et non musulmans, ou propagande religieuse, à Lévis (Québec).

Lévis, le 14 novembre 2019

Monsieur Elhadjid Mamadou Diarra, président, Conseil d’administration

Le Tremplin, Centre pour personnes immigrantes et leurs familles

52, côte du Passage, Lévis

Monsieur,

En 2017, vous avez organisé avec la Mosquée de Lévis et son imam, M. Karim Elabed, une activité publique appelée « soirée d’échanges ». Le but de cette soirée, avez-vous affirmé, était de démystifier l’islam, c’est-à-dire de le montrer tel qu’il est.

La soirée a eu lieu au Patro de Lévis le 17 ou le 18 mai 2017; j’étais présent, bien accompagné. Les conférenciers chargés de démystifier l’islam étaient l’imam Karim Elabed et une femme convertie à l’islam (Mme Marie-Josée Coulombe, porte-parole de la communauté musulmane de Québec, selon Le Tremplin), deux personnes très attachées à la confession musulmane, on le devine. Était également présente Mme Isabelle Potvin (probablement une croyante musulmane) dont le Tremplin a publié un « témoignage » dans son site web.

Voici un extrait du texte de Mme Potvin, qui parle des musulmans / musulmanes et des Québécoises / Québécois non-musulmans :

« Mais il n’y a pas que nos goûts culinaires qui se rejoignent. Nous sommes similaires à plusieurs niveaux, bien plus que nous le croyons! Lors de discussions avec l’Imam, celui-ci nous a confié que le Canada était un pays où les valeurs musulmanes étaient vraiment incarnées, de façon très concrète : la compassion, l’entraide, la solidarité, la tolérance, la fraternité, la paix, la justice, la liberté, etc. Nous avons alors pris conscience que les valeurs profondes qui sont prônées par les religions catholiques et musulmanes se ressemblent beaucoup! »

(On trouve le texte de Mme Potvin au http://www.letremplinlevis.com/actualite-le-tremplin/evenements/soiree-d-echange-avec-la-communaute-musulmane-beau-temoignage-d-une-participante?highlight=WyJwb3R2aW4iXQ)

Le soussigné peut-il vous poser des questions, Monsieur Diarra, et vous demander de les transmettre à Mme Potvin?

La TOLÉRANCE est une valeur musulmane, a écrit Mme Potvin. Comment expliquez-vous que les homosexuels soient persécutés dans des pays musulmans, et que l’Arabie saoudite interdise la construction d’églises, et que dans un tableau récent dans lequel sont énumérés les pays où les chrétiens sont persécutés dans le monde, neuf des dix plus grands persécuteurs sont des pays musulmans? Comment expliquez-vous que le Coran pousse à l’intolérance religieuse, ici : « Et quiconque désire une religion autre que l’Islam, ne sera point agréé, et il sera, dans l’au-delà, parmi les perdants » (III, 85, traduction de l’islamologue Denise Masson), et ici : « Combattez ceux qui ne croient pas en Dieu et au Jour dernier, ceux qui ne déclarent pas illicite ce que Dieu et son Prophète ont déclaré illicite; ceux qui, parmi les gens du Livre [croyants du judaïsme et du christianisme], ne pratiquent pas la vraie Religion »; (IX, 29, traduction de D. Masson)?

La PAIX est une valeur musulmane, a écrit Mme Potvin. Comment expliquez-vous que les membres des deux plus importantes branches de l’islam, les sunnites et les chiites, s’entretuent depuis le septième siècle (des musulmans qui s’entretuent…)? Comment expliquez-vous qu’à l’heure où vous me lisez les sunnites et les chiites s’affrontent au Yémen, armes aux poings? Comment expliquez-vous que l’islam, pour s’étendre, a mené de très nombreuses luttes armées aux 7e et 8e siècles, et après : « […] entre 632 et le milieu du VIIIe siècle, les musulmans s’emparèrent, du côté de la Méditerranée, de la Syrie et de l’Égypte byzantine, de la Tripolitaine, du Maghreb (Tunisie, Algérie, Maroc actuels), de l’Espagne wisigothe (d’où ils pénétrèrent en Gaule […]). Au nord et à l’est, ils soumirent la Mésopotamie (Irak), l’Arménie, la Perse (Iran), le Turkestan (à l’est de la mer Caspienne); ils atteignirent même la Chine. Par la suite, l’Islam s’installe aussi dans une partie de l’Inde et en Malaisie, tandis qu’en Europe les Arabes menaçaient de leurs raids l’Italie et la Gaule. » (Jean Monnier et Marcel Pacaut, Histoire. Rome – Le Moyen Age jusqu’au XIVe siècle, Paris, Fernand Nathan, ©1954, p. 180-181. Jean Monnier était inspecteur général d’histoire; Marcel Pacaut enseignait à la Faculté des Lettres de Lyon.) Je rappelle aussi qu’après la mort de Mahomet, « Les conflits sanglants, qui ont […] opposé les partisans de ‘Alî à ceux qui contestaient son autorité, continuent à traumatiser la conscience des musulmans. On les évoque encore sous le nom de « la grande discorde » ( al-fitna al-kubrâ) : des compagnons du prophète, « promis au paradis » et donnés comme modèle à suivre, se sont entretués, dressant les musulmans les uns contre les autres dans une guerre fratricide plus sanglante que toutes les guerres menées jusqu’alors contre des non musulmans ! La « grande discorde » marque, de façon tragique, la fin du Califat de Médine. Elle a débouché sur l’institution de la violence comme mode quasi exclusif de l’accès au pouvoir d’une dynastie, ou d’un autocrate. La violence devient le moyen principal d’exercer le pouvoir et de s’y maintenir pour ne le quitter que mort ou chassé par une action violente » (Mohamed Chérif Ferjani, Islam, paix et violence, in Revue Projet 2004/4, https://www.cairn.info/revue-projet-2004-4-page-47.htm).

[« Né en 1951, en Tunisie, Mohamed-Chérif Ferjani est professeur à l’Université Lyon-II. Auteur de travaux concernant l’islam et le monde arabe, il a notamment publié Les Voies de l’islam, approche laïque des faits islamiques (CRDP de Franche-Comté / Éditions du Cerf, 1996), Islamisme, laïcité et droits de l’homme (L’Harmattan, 1992) et Le Politique et le religieux dans le champ islamique (Fayard, 2005).]

La JUSTICE est une valeur musulmane, a écrit Mme Potvin. Comment expliquez-vous qu’en Iran les autorités jettent en prison les musulmanes qui manifestent pacifiquement contre le port du voile? Comment expliquez-vous que la justice musulmane puisse être inhumaine au point de punir le voleur de l’amputation de l’une de ses mains, au point de tuer à coups de pierres la femme adultère? Dites-nous si c’est agir d’une manière conforme à la justice que d’ordonner aux musulmans de tuer les chrétiens et les juifs (c’est écrit, dans le Coran, de les tuer) et d’autoriser les hommes musulmans à battre leur femme quand elle n’accepte pas d’obéir, de se soumettre (l’autorisation est donnée dans le Coran)?

La COMPASSION est une valeur musulmane, a écrit Mme Potvin. (Note : Selon la Charte de la compassion, le précepte de compassion implique « de s’abstenir d’infliger de la souffrance à autrui, en tout temps et en toutes circonstances, que ce soit dans la sphère publique ou privée » (http://agora.qc.ca/dossiers/La_Charte_de_la_compassion). Y-a-t-il de la compassion dans ce verset du Coran : « Quand vous rencontrerez les infidèles, tuez-les jusqu’en faire un grand carnage. Et serrez les entraves [chaînes ou liens] des captifs que vous aurez faits » (Coran 47, 4). Le musulman fait-il preuve de compassion quand il punit le vol à main armée ou le meurtre par décapitation par sabre (« Trois Iraniens, condamnés en Arabie saoudite pour trafic de drogue, ont été décapités au sabre à Damman ce dimanche », a écrit le quotidien Le Parisien le 8 novembre 2015), quand il oblige les enfants à apprendre le Coran par cœur, quand il persécute des chrétiens? Y-a-t-il de la compassion dans ces paroles du Coran : « La Géhenne [enfer représenté comme un feu éternel] aux aguets sera un refuge pour les rebelles. Ils y demeureront des siècles sans goûter ni fraîcheur, ni boisson – à part une eau bouillante et une boisson fétide – Ce sera une rétribution équitable […] Goûtez donc! Nous n’augmenterons, à votre intention, que le châtiment. » (Coran LXXVIII, 21-30; traduction de l’islamologue Denise Masson)

La LIBERTÉ est une valeur musulmane, a écrit Mme Potvin. Comment expliquez-vous que l’islam interdise aux musulmanes d’épouser une personne d’une autre religion que la leur? Comment expliquez-vous que l’on condamne à mort, en terres d’islam, les croyants musulmans qui abandonnent leur religion [en 2014, en Mauritanie, un musulman âgé de 30 ans, a été reconnu coupable d’apostasie et condamné à mort (https://www.france24.com/fr/20141225-mauritanie-musulman-condamne-a-mort-apostasie-islam-justice%5D? Comment expliquez-vous que « L’esclavage en terres d’Islam apparaît […] comme un fait important, qui toucha pendant des siècles des millions d’hommes et de femmes et brassa une très grande quantité d’argent » [Tatiana Pignon, L’Esclavage en terres d’islam (viie-xvie siècles), Revue Les Clés du Moyen-Orient, 26/12/2014, https://www.lesclesdumoyenorient.com/L-esclavage-en-terres-d-Islam-VIIe-XVIe-siecles)? Comment expliquez-vous que l’islam interdise aux musulmanes et aux musulmans de changer de religion e-prophete-peine-capitale-mohamed-cheikh-ould-mohamed)]? Il vaut la peine de dire un mot de la liberté de la presse : « De nombreux pays musulmans occupent les dernières places du classement mondial de la liberté de la presse établi par « Reporters sans frontières ». […] Dans de nombreux pays musulmans, les journalistes doivent systématiquement faire face à des menaces et sont exposés à des représailles. » (Human Rights Watch, https://www.humanrights.ch/fr/dossiers-droits-humains/islam/tensions/liberte-expression/

Les lignes précédentes démontrent que le texte de Mme Isabelle Potvin est trompeur; pourquoi, Monsieur Diarra, votre Tremplin l’a-t-il publié?

Il est bon que je mentionne ici que le 18 mars 2018 M. Mohamed Labidi (alors président du Centre culturel islamique de Québec) a prononcé une conférence dans un lieu appartenant à l’Église catholique de Québec, le Montmartre, une conférence destinée en particulier, selon le conférencier lui-même, à démontrer que les croyants musulmans et les catholiques sont « très proches [selon le journaliste Philippe Vaillancourt, M. Labidi a déclaré à son auditoire majoritairement catholique : « Vous allez voir que nous sommes très proches » (http://presence-info.ca/article/pour-une-relance-du-dialogue-islamo-chretien-a-quebec%5D. La conférence de M. Labidi a été trompeuse : les croyants musulmans et les catholiques ne sont pas « très proches » (je pense l’avoir prouvé au https://lepasseurdelacote.com/?s=Labidi).

Quel objectif visaient Mme Isabelle Potvin en écrivant dans le site web du Tremplin : « les valeurs profondes qui sont prônées par les religions catholiques et musulmanes se ressemblent beaucoup », et M. Mohamed Labidi en affirmant que les croyants musulmans et les catholiques sont « très proches »? Quand on veut vivre en harmonie avec ses voisins, on ne cherche pas à les induire en erreur.

POUR TERMINER, DES PAROLES SUR LA CHARIA :

Extraits du texte La charia est-elle compatible avec les droits de l’homme ? https://eclj.org/religious-freedom/pace/la-charia-est-elle-compatible-avec-les-droits-de-lhomme-?lng=fr)

(L’ECLJ est titulaire du statut consultatif spécial auprès des Nations Unies / ECOSOC depuis 2007. L’ECLJ agit dans les domaines judiciaires, législatifs et culturels et défend en particulier le droit à la liberté religieuse, la vie et la dignité des personnes devant la Cour européenne des droits de l’homme et à travers les autres mécanismes offerts par les Nations-Unies, le Conseil de l’Europe, le Parlement européen et l’Organisation pour la sécurité et la coopération en Europe.)

a) « Certains principes énoncés dans la loi islamique [charia] contreviennent aux principes ayant qualité de droits de l’homme, au premier rang desquels la liberté religieuse. Selon la charia, un musulman n’a pas le droit de quitter sa religion pour une autre ou pour l’athéisme. Il s’agit d’un acte d’apostasie qui engendre sa mort civile (ouverture de sa succession) et qui mérite la peine de mort. »

b) La charia est « une justice islamique contraire à la Déclaration universelle des droits de l’homme ».

Extrait du livre Le Retour turbulent de Dieu. Politique, religion et laïcité, auteur : Sami Aoun *, Médiaspaul, © 2011, p. 109-111

« … les conflits entre l’interprétation de la charia et les droits de l’homme sont multiples. La charia n’a pas permis d’abolir carrément et expressément l’esclavage, même si ses règles font de la libération d’un esclave converti un acte méritoire et récompensé. Les châtiments corporels (hudûd) vont à l’encontre des droits de l’homme, mais sont prescrits explicitement par la charia.

[…]

« La liberté de culte est également problématique dans ce contexte. En effet, le verset coranique édictant qu’il n’y a point de contrainte dans la religion ne peut pas faire oublier d’autres prescriptions coraniques discriminantes envers ceux considérés comme apostats, tel : « Quand vous rencontrerez les infidèles, tuez-les jusqu’en faire un grand carnage. Et serrez les entraves des captifs que vous aurez faits. » (Coran 47 : 4). Il en va de même de la situation de la femme qui comprend la légitimité religieuse du port du voile. Ce dernier est sujet de débat jusqu’à aujourd’hui entre une mouvance majoritaire soucieuse de préserver le voile de la femme comme un ordre divin, et une autre, religieuse aussi, mais dissidente, qui le rejette expressément. La polygamie perçue comme une injustice par la Déclaration des droits de l’homme de 1948, reste une pratique sauvegardée par les dispositions de la charia et perpétuée par le droit interne des pays de l’espace musulman. La même perception s’applique à la procédure du divorce par l’homme et la demande du divorce par la femme, ainsi qu’à la question de l’héritage où la charia a institué un droit de la femme à hériter la moitié de la part du garçon.

« En conclusion, il faut noter que les sujets de controverse, aussi bien du côté chrétien que du côté musulman, constituent un blocage sérieux pour le dialogue islamo-chrétien, qui exige de respecter la liberté de conscience de l’interlocuteur. Ce dialogue est appelé à englober les droits de l’homme, seul garant du « vivre ensemble ».

* Politologue, spécialiste du Moyen-Orient, Sami Aoun est professeur titulaire à l’École de politique appliquée de l’Université de Sherbrooke (Québec). Il a écrit : Aujourd’hui l’Islam Fractures, intégrisme et modernité; L’Islam entre tradition et modernité; Mots-clés de l’islam; etc.

Extrait de l’article « La version locale de la charia islamique légalise, légitime et sacralise l’esclavage », Le Point, 28.12.2017, https://lesobservateurs.ch/2017/12/28/islam-mauritanie-la-version-locale-de-la-charia-islamique-legalise-legitime-et-sacralise-lesclavage/

En 2017 et en 2018, qui commence, environ 20 % des Noirs mauritaniens sont possédés par des citoyens mauritaniens arabo-berbères, le plus légalement du monde. La version locale de la charia islamique légalise, légitime et sacralise cette pratique.

[…]

La loi fondamentale sacralise ainsi un code négrier, dont les visées esclavagistes dénient, de facto, l’égalité entre les races noire et blanche et autorise des musulmans à réduire en esclavage d’autres musulmans. »

Extrait du livre Chair et charia, auteure : Shereen El FekiL, http://www.revuedesdeuxmondes.fr/article-revue/chair-et-charia/, juin 215

… chaque jour, hélas, apporte son nouveau lot d’intolérances et de répressions sexuelles dans le monde musulman.

Extrait du texte L’État et la religion sur la scène internationale, auteure : Anne Saris,

publié dans le livre Les religions sur la scène mondiale sous la direction de : Solange Lefebvre, Robert Crépeau, Québec, Presses de l’Université Laval, © 2010, p. 39-57. Mme Saris est professeure au Département des sciences juridiques, Université du Québec à Montréal.

… la Déclaration islamique universelle sur les droits de l’homme prise par la Ligue arabe en 1981 (dont les articles 12 et13 posent le droit à la liberté de religion dans les limites de la shari’a [charia].

Extrait de l’article Entretien avec Malek Chebel, auteure : Léna Mauger, Revue des deux mondes, http://www.revue21.fr/zoom_sur/entretien-avec-malek-chebel

[C’est Malek Chebel, islamologue et auteur de nombreux livres, y compris une traduction en français du Coran, qui parle.]

Des prédicateurs affirment aujourd’hui qu’une femme non voilée n’est pas un être humain, mais une exhibitionniste, voire une hystérique. Soyons sérieux ! S’il faut voiler la femme pour en faire une musulmane, que faire des millions de femmes dévoilées pendant quatorze siècles ? Étaient-elles de mauvaises musulmanes ? Et les -Asiatiques non voilées, et les Africaines non -voilées, sont-elles encore musulmanes ? Je défends un islam du cœur, pas un islam du fichu.

Extrait de Faut-il avoir peur de la charia ? http://www.europe1.fr/international/faut-il-avoir-peur-de-la-charia-78681,9, 26 octobre 2011

« Au nom de la charia, l’Afghanistan tolère encore la lapidation des femmes adultères. »

Si vous pensez, Monsieur Diarra, ne pas avoir commis une faute en organisant, avec la Mosquée de Lévis et son imam (M. Karim Elabed), la « soirée d’échanges » de mai 2017, soirée de propagande en faveur d’une religion, l’islam, à laquelle vous appartenez, à laquelle appartient une musulmane qui était membre du conseil d’administration du Tremplin à l’époque où la « soirée d’échanges » a été organisée (j’ignore si cette personne, Mme Nawel Bahria, a voté en faveur de l’organisation de ladite soirée) (j’ignore si le conseil d’administration comptait d’autres personnes de religion musulmane dans ses rangs, en 2017), si vous pensez pas, Monsieur Diarra, ne pas avoir commis une faute en organisant, avec la Mosquée de Lévis et son imam (M. Karim Elabed), la « soirée d’échanges » de mai 2017, essayez de me convaincre que vous avez raison.

J’attends votre réponse avec impatience, Monsieur Diarra; je lirai celle de Mme Isabelle Potvin avec intérêt.

Je publierai la présente et votre réponse (ainsi que celle de Mme Isabelle Potvin) au http://www.lepasseurdelacote.com.

Bien à vous,

Roger Martel, citoyen de Lévis (Québec)

P.-S. Pour organiser et présenter la « soirée d’échanges » de mai 2017, le Tremplin a utilisé des fonds publics, de l’argent des citoyens du Québec et du reste du Canada, et de l’argent des citoyens de la Ville de Lévis. Cet argent n’avait pas été remis au Tremplin pour qu’il fasse de la propagande religieuse en faveur d’une religion.

La communication datée du 27 novembre 2019 reproduite ci-dessous a été publiée en novembre 2019 au https://lepasseurdelacote.com/?s=Diarra

Communication destinée à M. Elhadjid Mamadou Diarra, président, Conseil d’administration du Tremplin, Centre pour personnes immigrantes et leurs familles, (Ici, il est nécessaire de préciser que M. Diarra est musulman.)

– – – – – – – – – – – –

[ LE TREMPLIN, CENTRE POUR PERSONNES IMMIGRANTES ET LEURS FAMILLES, EXPULSE ROGER MARTEL SANS L’EN INFORMER, SANS LUI DIRE POURQUOI ]

Le Tremplin, Centre pour personnes immigrantes et leurs familles, expulse le corps de l’un de ses membres. Pourquoi? Lettre au président du CA.

Lévis, le 27 novembre 2019

Monsieur Elhadjid Mamadou Diarra, président, Conseil d’administration

Le Tremplin, Centre pour personnes immigrantes et leurs familles

52, côte du Passage, Lévis (Québec)

Monsieur,

J’ai été mis à la porte de votre Tremplin, Centre pour personnes immigrantes et leurs familles. Qui, au juste, a pris cette décision? Vous et M. Guillaume Boivin, directeur ou coordonnateur du Tremplin ? Vous seul, Monsieur Diarra ? Vous et le conseil d’administration de votre Tremplin que vous présidiez avant 2017, en 2017, en 2018, et présidez toujours ? A qui avez-vous fait savoir, Monsieur Diarra, que mon corps avait été expulsé de votre Tremplin ? À qui ? Pour le savoir, j’ai fouillé dans le web; j’ai consulté des procès-verbaux et des rapports annuels de votre Tremplin; je n’ai pas vu un seul mot sur mon expulsion, pas un ! Votre conseil d’administration doit bien créer des documents, des procès-verbaux de ses réunions, par exemple; y en a-t-il un qui parle de l’expulsion de mon corps de votre Tremplin, Monsieur Diarra ? Envoyez-moi donc les documents de votre Tremplin qui ont trait à la décision d’expulser mon corps de votre Tremplin, s’il en existe. Il ne serait pas normal qu’il n’en existe pas !

Je publierai la présente et votre réponse au http://www.lepasseurdelacote.com. Si vous ne me répondez pas, je le ferai savoir au même endroit.

J’aimerais aussi faire savoir à tout le monde pour quelle raison votre Tremplin, Monsieur Diarra, a expulsé mon corps. Dites-moi par écrit quelle est cette raison (je vous demande de bien vouloir utiliser le service Courrier recommandé de Postes Canada). (Bien sûr, je connais la raison de mon expulsion; mais il me faut vous entendre la donner.)

Bien à vous,

Roger Martel, citoyen de Lévis

P-S. Votre Tremplin a expulsé mon corps. Mon esprit ne l’a pas quitté.

La communication datée du 21 novembre 2019 reproduite ci-dessous a été publiée en novembre 2019 au https://lepasseurdelacote.com/?s=Diarra

Communication destinée à M. Elhadjid Mamadou Diarra, président, Conseil d’administration du Tremplin, Centre pour personnes immigrantes et leurs familles, (Ici, il est nécessaire de préciser que M. Diarra est musulman.)

– – – – – – – – – – –

[ DANS SON SITE WEB, LE TREMPLIN, CENTRE POUR PERSONNES IMMIGRANTES ET LEURS FAMILLES, NE DIT RIEN SUR L’ÉLOGE DE LA CHARIA FAIT EN PUBLIC PAR L’IMAM KARIM ELABED AU PATRO DE LÉVIS EN MAI 2017 ]

Le Tremplin, Centre pour personnes immigrantes et leurs familles, jette un voile sur un certain éloge de la charia prononcé pendant l’une de ses activités

Lévis, le 21 novembre 2019

Monsieur Elhadjid Mamadou Diarra, président, Conseil d’administration

Le Tremplin, Centre pour personnes immigrantes et leurs familles

52, côte du Passage, Lévis

Monsieur,

Dans le site web de votre Tremplin, vous avez publié en 2017 des petits textes relatifs à la « soirée d’échanges » organisée par le Tremplin et la Mosquée de Lévis (et son imam, M. Karim Elabed), soirée tenue en mai 2017. Au cours de cette soirée publique, l’imam de Lévis a fait l’éloge de la charia, ce qui a amené des personnes présentes dans l’auditoire à apprendre à M. Elabed que le Canada et le Québec sont des sociétés laïques et qu’il ne saurait être question qu’une loi dite divine soit mise en œuvre chez elles, ne serait-ce que pour une partie de la population.

Le Journal de Lévis a publié un article sur la « soirée d’échanges; voici un extrait de cet article :

Pourriez-vous dire aux gens de Lévis pourquoi votre Tremplin a choisi de ne pas joindre aux petits articles qu’il a publiés sur la « soirée d’échanges » un texte sur le clou de ladite soirée : l’éloge de la charia par l’imam de Lévis.

Je répète : Pourriez-vous dire aux gens de Lévis pourquoi votre Tremplin a choisi de ne pas joindre aux petits articles qu’il a publiés sur la « soirée d’échanges » un texte sur le clou de ladite soirée : l’éloge de la charia par l’imam de Lévis.

Il serait bon que vous répondiez pour éviter que des personnes croient que vous avez voulu cacher quelque chose aux Lévisiennes et aux Lévisiens, aux autres Canadiens et Québécois qui vous donnent de l’argent à titre de contribuables, et à vos fournisseurs d’argent (la Ville de Lévis, par exemple).

Bien à vous,

Roger Martel

ILS DISENT QUE L’ISLAMISME EST INDISSOCIABLE DE L’ISLAM.  QU’EN PENSEZ-VOUS?

INTRODUCTION :

LA VIOLENCE DANS LE CORAN, LIVRE SACRÉ DE L’ISLAM

EXTRAITS DU CORAN

Nous jetterons bientôt dans le Feu

ceux qui ne croient pas à nos Signes.

Chaque fois que leur peau sera consumée,

nous en leur donnerons une autre

afin qu’ils goûtent le châtiment.

– Dieu est, en vérité, puissant et juste –

(Coran 4, 56) (Traduction : Denise Masson, islamologue)

Telle sera la rétribution de ceux qui font la guerre contre Dieu et contre son prophète [Mahomet], et de ceux qui exercent la violence sur la terre : ils seront tués ou crucifiés, ou bien leur main droite et leur pied gauche seront coupés, ou bien ils seront expulsés du pays. (Coran 5, 33).1

Combattez ceux qui ne croient pas en Dieu et au Jour dernier : ceux qui ne déclarent pas illicite ce que Dieu et son prophète [Mahomet] ont déclaré illicite; ceux qui parmi les gens du Livre [juifs et chrétiens ou « Nazaréens »], ne pratiquent pas la vraie Religion [l’islam ]. Combattez-les, jusqu’à ce qu’ils paient directement le tribut après s’être humiliés. (Coran 9, 29)1

Ne faiblissez pas! Ne faites pas appel à la paix quand vous êtes les plus forts. Dieu est avec vous, il ne vous privera pas de la récompense due à vos œuvres. (Coran, 47,35)1

Quant à ceux qui ne croient pas,

je les châtierai d’un terrible châtiment,

en ce monde et dans la vie future.

– Ils ne trouveront pas d’auxiliaires [secoureurs].

(Coran,3, 56) (Traduction : Denise Masson, islamologue)

Ô Prophète, combats les hypocrites et les infidèles; traite-les avec rigueur. La géhenne  [lieu destiné au supplice des damnés] est leur demeure. Quelle détestable séjour!

(Coran 9, 74) (Traduction : Kasimirski)

Quant aux incrédules,

ils jouissent un certain temps des biens de ce monde,

ils mangent comme mangent les bestiaux;

leur lieu de séjour sera le Feu.

(Coran 47,12) (Traduction : Denise Masson, islamologue)

Nous avons préparé pour les incrédules

des chaînes, des carcans et un brasier.

(Coran 76,4) (Traduction : Denise Masson, islamologue)

Les Juifs disent : Ozaïr est fils de Dieu. Les Chrétiens disent : Moïse est le fils de Dieu. Telle sont les paroles de leurs bouches; elles ressemblent à celles des infidèles d’autrefois. Que Dieu leur fasse la guerre! Qu’ils marchent à rebours!

(Coran 9, 30) (Traduction : Kasimirski)

Combattez dans le chemin de Dieu

ceux qui luttent contre vous.

  • Ne soyez pas transgresseurs; Dieu n’aime pas les transgresseurs –
  • Tuez-les partout où vous les rencontrerez; chassez-les des lieux d’où ils vous auront chassés.
  • La sédition est pire que le meurtre –

(Coran 2, 190) (Traduction : Denise Masson, islamologue)

Ils [les hypocrites] aimeraient vous voir incrédules,

comme ils le sont eux-mêmes,

et que vous soyez ainsi semblables à eux.

Ne prenez donc aucun protecteur parmi eux,

jusqu’à ce qu’ils émigrent dans le chemin de Dieu.

S’ils se détournent, saisissez-les;

tuez-les partout où vous les trouverez.

(Coran 4, 89) (Traduction : Denise Masson, islamologue)

Ô vous qui croyez!

Ne prenez pas pour amis les Juifs et les Chrétiens;

ils sont amis les uns des autres.

(Coran 5, 51) (Traduction : Denise Masson, islamologue)

Telle sera la rétribution

de ceux qui font la guerre

contre Dieu et contre son prophète,

et de ceux qui exercent la violence sur la terre :

ils seront tués ou crucifiés,

ou bien,

leur main droite et leur pied gauche seront coupés,

ou bien ils seront expulsés du pays.

Tel sera leur sort :

la honte en ce monde

et le terrible châtiment dans la vie future;

(Coran 5, 33) (Traduction : Denise Masson, islamologue)

1. Cité par Annie Laurent, L’Islam pour tous ceux qui veulent en parler (mais ne le connaissent pas encore), Paris, Éditions Artège, © 2017

« IL EST ÉVIDENT QUE LES TERRORISTES SE RÉFÈRENT AU CORAN POUR JUSTIFIER LE REJET DE L’AUT ET LE RECOURS À LA VIOLENCE. »

(Annie Laurent, docteur d’État en sciences politiques, spécialiste reconnue du Proche-Orient depuis 1980,

L’Islam pour tous ceux qui veulent en parler (mais ne le connaissent pas encore), Paris, Éditions Artège, © 2017, p. 75)

ILS DISENT QUE L’ISLAMISME EST INDISSOCIABLE DE L’ISLAM.

ANNE-MARIE DELCAMBRE. Docteure de troisième cycle de l’Université Paris-IV en études islamiques

Anne-Marie Delcambre (1943-2016) était une islamologue française.Docteure de troisième cycle de l’Université Paris-IV en études islamiques, docteure d’État en droit et agrégée d’arabe classique. Elle a été professeur d’arabe au lycée Louis-le-Grand et a participé à la rédaction d’articles dans l’Encyclopædia of Islam. Elle est également l’auteur de nombreux livres et articles sur Mahomet et l’islam. (Source : https://fr.wikiquote.org/wiki/Anne-Marie_Delcambre)

[…] dans la langue française, islam et islamisme étaient synonymes, et cela depuis 1697, quand Barthélémy d’Herbelot de Molainville, professeur au Collège de France, ajouta le suffixe « isme » au mot arabe islam pour en faire un nom désignant une religion.

En effet, de tous les noms désignant des religions, « islam » était le seul qui ne fût pas terminé par « isme ». Or, dans l’édition de 1992 du Dictionnaire Le petit Larousse, on constate que le mot « islamisme » pour désigner la religion est considéré comme « vieilli ». En revanche, la définition de l’islamisme est devenue politique : « Mouvement politico-religieux préconisant l’islamisation complète, radicale, du droit, des institutions, du gouvernement dans les pays islamiques. […] une acception est dite « vieillie » quand elle n’est plus attestée depuis plus d’un siècle. Un sens qui vieillit en moins de dix ans, cela ne s’est vu dans aucun pays au monde. Et c’est ainsi que « islam » et « islamisme » ne sont plus synonymes. On ne s’étonnera pas de lire que, pour le professeur Khaled Dourane de l’université de Philadelphie, « l’islamisme est un genre de totalitarisme qui s’est répandu dans le monde à la fin du XXe siècle. Il est identique aux régimes fascistes ou communistes et aspire à dominer le monde. » En fait, cette distinction est en partie due au juriste égyptien Al-Achmâwi qui avait lancé : « Dieu voulait que l’islam fût une religion, mais les hommes ont voulu en faire une politique ».

Désavoué par ses coreligionnaires, considéré comme hétérodoxe, Achmâwi allait fournir à l’Occident la plus belle porte de sortie qu’on puisse imaginer. Désormais, il serait interdit de faire un amalgame entre l’islam et l’islamisme. D’un commun accord, religieux, politiques, journalistes se mirent à répéter que l’islam, ce n’était pas l’islamisme ; que les deux réalités étaient bien distinctes ; que l’islam ne pouvait être tenu pour responsable des crimes commis par les islamistes, assimilés à des terroristes.

Soufi ou mufti ? Quel avenir pour l’islam, Anne-Marie Delcambre, éd. Desclée de Brouwer, 2007, p. 141

Cité in https://fr.wikiquote.org/wiki/Anne-Marie_Delcambre


ANNE-MARIE DELCAMBRE. Docteure en études islamiques. Docteure d’État en droit. Agrégée d’arabe classique.

Anne-Marie Delcambre (1943-2016). Islamologue française, docteure en études islamiques.

Au risque de choquer, il faut avoir le courage de dire que l’intégrisme n’est pas la maladie de l’Islam. Il est l’intégralité de l’Islam. Il en est la lecture littérale, globale et totale de ses textes fondateurs. L’Islam des intégristes, des islamistes, c’est tout simplement l’Islam juridique qui colle à la norme.

L’Islam des interdits, Anne-Marie Delcambre, éd. Desclée de Brouwer, 2003, p. 11.

Cité in https://fr.wikiquote.org/wiki/Anne-Marie_Delcambre


ANNIE LAURENT. Docteure d’état en sciences politiques.

Annie Laurent est docteur d’État en sciences politiques. Spécialiste reconnue du Proche-Orient depuis 1980, ses recherches et publications portent sur toutes les questions politiques qui secouent cette région, sur l’Islam, les Chrétiens d’Orient et sur le dialogue interreligieux. Le pape Benoît XVI l’a nommée experte au Synode spécial des Évêques pour le Moyen-Orient qui s’est tenu à Rome en octobre 2010. Elle est l’auteur de nombreux articles publiés dans des revues spécialisées et d’ouvrages tels que :

L’Islam peut-il rendre heureux ? (Artège, 2012), Vivre avec l’Islam ? (Saint-Paul, 1996),

L’Europe malade de la Turquie (François-Xavier de Guibert, 2005),

Les chrétiens d’Orient vont-ils disparaître ? (Salvator, 2008), L’Islam, un danger pour l’Europe ? (La Nef, 2009), L’Islam pour tous ceux qui veulent en parler (mais ne le connaissent pas encore) (Artège, 2017).

Que penser de la recommandation à ne pas faire d’amalgame entre islam et islamisme? S’ll ne faut pas réduire l’islam à ses seules manifestations extrémistes, la lucidité impose de reconnaître qu’elles ne lui sont ni étrangères ni opposées. […] Entre islam et islamisme, il y a […] une différence de degré, mais pas de nature.

[…]

Il n’appartient […] pas aux Occidentaux et aux chrétiens de se prononcer sur ce qu’est le véritable islam. Mais leur regard sur les musulmans doit prendre en considération l’attitude concrète de ces derniers dans la vie quotidienne et dans les événements du monde.

Annie Laurent, L’Islam pour tous ceux qui veulent en parler (mais ne le connaissent pas encore), Paris, Éditions Artège, © 2017, p. 54-55


YVON QUINIOU. Docteur en philosophie.

Yvon Quiniou, agrégé et docteur en philosophie, est connu pour ses travaux sur le matérialisme, la morale et la politique qui lui ont souvent valu d’intervenir sur France Culture et même à la télévision. Il collabore à diverses revues et, citoyen engagé, il intervient dans divers journaux, comme L’Humanité, Le Monde ou Marianne. (Source : http://denis-collin.viabloga.com/news/pour-une-approche-critique-de-l-islam vu le 05-02-2017 Philosophie et politique Site de Denis Collin)

Je veux démontrer que, contrairement à une idée reçue,on ne peut pas séparer l’islamisme radical de l’islam tout court, qui ne serait pas violent. Or ce n’est pas vrai : le Coran comporte des appels multiples à la haine et au meurtre des infidèles ou des non-croyants. Il s’y ajoute d’autres défauts inadmissibles : l’obscurantisme, le dogmatisme, la Charia qui nie l’autonomie politique de l’homme. Il faut avoir le courage de le dire etinciter l’islam à se réformer profondément. (Manuel Rodriguez, Le philosophe lyonnais Yvon Quiniou sort un essai intitulé Pour une approche critique de l’islam, Pays de la Loire (le Journal du pays Yonnais), 20 juin 2016)

[…] il faut avoir l’audace de voir les choses en face : « Le sommeil de la raison engendre des monstres » disait Goya… même s’il est entendu que l’islamisme trouve sa source aussi, sinon surtout, dans des facteurs socio-politiques qui sont hors-raison. Mais dénier aux idées ou aux croyances irrationnelles et déraisonnables une causalité propre dans la genèse ou l’entretien du malheur du monde, relève d’un angélisme ou d’une intelligence impardonnables à mes yeux, et l’on sait depuis Pascal que « qui fait l’ange fait la bête », en l’occurrence s’aveugle et alimente « la bête immonde ». Je ne veux pas participer à cette défaite inédite aujourd’hui de la pensée critique. (Yvon Quiniou, cité in http://denis-collin.viabloga.com/news/pour-une-approche-critique-de-l-islam consulté le 05-02-2017, Philosophie et politique Site de Denis Collin)

Mais est-ce l’islam qui est en cause [l’auteur vient de parler de l’attentat contre Charlie Hebdo et des massacres de novembre 2015 à Paris], me dira-t-on, de façon à innocenter d’une manière subreptice le premier distingué artificiellement du second? Car telle est l’antienne que j’entends partout, avec l’appui irresponsable des médias […] : l’islam est une religion d’amour et de paix, proclame-t-on, et l’islamisme (radical) n’en est qu’une déformation ou une trahison. Or, soyons clair : étant entendu que ce que je vais dire ne concerne pas les musulmans dans leur pratique quotidienne, mais seulement la religion musulmane en elle-même, ignorée dans ses fondements par la majorité d’entre eux, ce propos est faux, totalement faux. Il faut le dire : j’entends avoir le courage, intellectuel et moral de le dire, comme Spinoza avait le courage, dans son traité théologico-politique de dénoncer les aberrations de toutes les religions, hormis leur message d’amour à l’égard de tout être humain – ce qui n’est pas le cas, précisément, de l’islam quoi qu’on prétende. (Yvon Quiniou, Pour une approche critique de l’islam, H&O éditions, © 2016, p.13-14)


BERNARD LEWIS. Historien.

Bernard Lewis, historien, est né à Londres en 1916, il est décédé en 2018.

« Mr. Lewis, who wrote or edited more than two dozen books and hundreds of articles, was regarded as perhaps the leading expert on interactions between the Christian and Islamic worlds. » (Douglas Martin, Bernard Lewis, Influential Scholar of Islam, Is Dead at 101, New York Times, 21 mai 2018, https://www.nytimes.com/2018/05/21/obituaries/bernard-lewis-islam-scholar-dies.html

On touche ici une question beaucoup plus vaste, celle de la position des religions vis-à-vis du recours à la force, à la violence et plus précisément au terrorisme. De nombreux mouvements ont, à un moment ou à un autre, invoqué leur religion pour justifier le meurtre pratiqué à petite ou grande échelle. Deux noms propres originaires d’Orient sont d’ailleurs entrés, sous forme de noms communs, dans l’anglais comme dans le français : « thug » de l’Inde, et « assassin » du Moyen-Orient, l’un et l’autre désignant à l’origine des sectes religieuses fanatiques qui s’étaient fait une spécialité d’assassiner ceux qu’elles tenaient pour des ennemis de la foi.

La pratique puis la théorie de l’assassinat sont apparues plus tôt dans l’histoire du monde musulman, à l’occasion de conflits autour de la direction politique de la communauté musulmane [des successeurs de Mahomet, appelés califes, ont été assassinés, etc.]. […]

La secte musulmane des « Assassins » […] est apparemment la première à avoir fait de l’acte dont elle tire son nom un système et une idéologie. Contrairement à la croyance populaire, ses attaques ne visaient pas tant les croisés que les dirigeants musulmans qu’elle tenait pour des usurpateurs impies. En ce sens […] les Assassins sont les véritables précurseurs des terroristes « islamistes » actuels, dont certains avancent précisément cet argument. […]

[…] les Assassins furent finalement vaincus par des expéditions militaires […] Il est fort possible que les assassins d’aujourd’hui soient eux aussi vaincus, mais la route sera longue et ardue. Les Assassins médiévaux étaient une secte extrémiste, très éloignée du courant principal de l’islam. Tel n’est pas le cas de leurs épigones [successeurs] actuels.

Bernard Lewis, L’Islam en crise, traduit de l’anglais par Jacqueline Carnaud, Paris, Gallimard, © 2003, passages tirés des pages 156, 157, 158 et 159. Titre original : The crisis of islam. Holy war and unholy terror, 2003)


SOHEIB BENCHEIKH. Docteur en Religions et systèmes de pensée (Sorbonne). Ancien interprète officiel de la loi musulmane, à Marseille.

Soheib Bencheikh, islamologue français, a étudié la théologie islamique à Alger et au Caire et a obtenu un doctorat en Religions et systèmes de pensée à la Sorbonne (Paris). Il a été nommé mufti ( interprète officiel de la loi musulmane) de Marseille par l’Institut musulman de la Grande Mosquée de Paris en 1995, poste qu’il a occupé 10 ans. (D’après le quotidien Le Devoir, http://www.ledevoir.com/politique/canada/483568/islam-la-modernite-ou-la-marginalite)

« Si on prend le texte fondateur de l’islam et on l’applique, on ne doit rien reprocher à Daech ! Alors, soit on combat une lecture littéraliste parce qu’il s’agit d’une convention d’un siècle qui n’est pas le nôtre, et qu’au nom de l’intelligence et de l’humanité, on fait face à cette lecture conquérante et dangereuse, soit on doit reconnaître qu’eux [Daech] sont plus musulmans que les autres ! »

Cité par Hélène Buzzetti, La modernité ou la marginalité. L’islamologue français invite les musulmans à vivre leur religion en phase avec l’époque, Le Devoir (quotidien de Montréal), 1 novembre 2016, http://www.ledevoir.com/politique/canada/483568/islam-la-modernite-ou-la-marginalite


KHADIYATOULAH FALL ET SAMIR AMGHAR

Khadiyatoulah Fall, Samir Amghar, respectivement de l’Université du Québec à Chicoutimi et de l’European Foundation for Democracy, à Bruxelles.

Qu’y a-t-il dans le Coran et dans la Sunna prophétique qui autorise les djihadistes à se réclamer de l’islam, à scander le nom d’Allah chaque fois qu’ils commettent un attentat meurtrier? Voilà une question légitime qui doit être posée et devant laquelle les communautés musulmanes ne peuvent se dérober.

[…] comment ne pas céder ni à l’amalgame qui fait de l’islam un problème en soi, ni à l’angélisme qui déconnecte le terroriste djihadiste de toute base idéologique religieuse ?

Les explications scientifiques du processus d’engagement violent au nom de l’islam ne s’entendent pas sur la place qu’il faut accorder à la religion musulmane dans l’équation de la radicalisation. Tantôt l’islam est présenté comme le vernis religieux, le prétexte facile pour justifier à postériori des positions violentes, tantôt il est analysé comme la matrice fondatrice des actions violentes.

[…]

Si l’on ne peut éviter d’interroger le Coran dans ses fondements, dans son passé et dans ce que l’islam apportait comme instrument d’émancipation ou de domination, il demeure cependant que la demande urgente de la forte majorité des musulmans, et surtout des musulmans de la diaspora, porte sur la capacité aujourd’hui du Coran d’autoriser une réflexion religieuse qui soit audible dans un contexte du vivre-ensemble fondé sur le respect de l’égalité des droits, de la liberté de croyance et sur le rejet sans ambiguïté de toute idéologie de la violence au nom de la foi. Il est demandé aux musulmans d’aujourd’hui de produire une interprétation du Coran qui ferme toute possibilité pour l’islamisme meurtrier de cheminer à côté du Livre saint.

L’islam est-il responsable de la violence islamiste? Le Devoir (quotidien du Québec), 8 juillet 2017, https://www.ledevoir.com/opinion/idees/502977/l-islam-est-il-responsable-de-la-violence-islamiste

——————————————-

ADRIEN CANDIARD. Membre de l’Institut dominicain d’études orientales au Caire.

Frère dominicain né en 1982. Ancien élève de l’École normale supérieure de Paris et de Sciences-Po Paris. Membre de l’Institut dominicain d’études orientales au Caire. Auteur de En finir avec la tolérance? (Presses universitaires de France, 2014) et Veilleur, où en est la nuit? (Cerf, 2016). (Source : Flammarion, quatrième page de couverture du livre Comprendre l’islam ou plutôt : pourquoi on n’y comprend rien, signé par Adrien Candiard, 2016)

« D’autres [des experts] […] nous disent que l’islam est évidemment une religion brutale, dont la violence n’est pas un accident de l’histoire ou l’effet de la folie de quelques-uns de ses adeptes, mais bien la conséquence nécessaire de ses textes sacrés. Pour ce faire, ils nous citent des passages insupportables tirés du même Coran, comme le célèbre « verset du sabre » : « Combattez ceux qui ne croient pas en Dieu et au Jour dernier; ceux qui ne déclarent pas illicite ce que Dieu et son prophète [Mahomet] ont déclaré illicite; ceux qui, parmi les gens du Livre [les juifs et les chrétiens], ne pratiquent pas la vraie Religion. Combattez-les jusqu’à ce qu’ils payent directement le tribut, après s’être humiliés » (Coran 9, 29).

On pourrait multiplier longuement les exemples et les citations, dans les deux sens., Vérification faite, tous ces versets aux accents si différend se trouvent bien dans le Coran. Alors qui a raison? Pourquoi ne peut-on pas les départager une bonne fois pour toutes, en ouvrant le livre? Pourquoi peut-on dire sur l’islam tant de choses contradictoires et apparemment fondées?

Adrien Candiard, Comprendre l’islam ou plutôt : pourquoi on n’y comprend rien, Flammarion, 2016, p. 14-15


ABDELWAHAB MEDDEB. Écrivain. Spécialiste du soufisme.

Écrivain (Prix François-Mauriac, 2002), directeur de la revue Dédale, spécialiste du soufisme, animateur de l’émission Cultures d’islam sur France Culture, essayiste en faveur d’un islam libéral. (Source : Wikipedia consulté le 7 juin 2020) (Soufisme : règles et pratiques ascétiques et mystiques d’un ensemble d’écoles, de sectes et de confréries musulmanes. – Source : Encyclopédie Larousse en ligne)

L’islamisme est la maladie de l’islam, mais les germes sont dans dans le texte [le Coran].

(Marc Semo et Christophe Boltanski, Abdelwahab Meddeb : L’islammisme est la maladie de l’islam, mais les germes sont dans dans le texte », journal français Libération, 23 septembre 2006)


ALEXANDRE ADLER. Historien. Journaliste.

Agrégé d’histoire, éditorialiste associé au quotidien français Le Monde, directeur de la rédaction de l’hebdomadaire Courriel international. (Source : quatrième page de couverture du livre d’Alexandre Adler intitulé J’ai vu finir le monde ancien, Paris, Grasset, © 2002)

« Quel est le discours du fondamentalisme religieux? En quoi est-il fidèle à la tradition du texte sacré? C’est la question que nous nous posons tous.

[…]

« Le problème politique majeur, c’est que ceux qui s’opposent [chez les musulmans] à l’intégrisme n’ont pas tout à fait la théorie adéquate. Tour ce que disent les islamistes est bien dans le texte [le Coran]. Les intégristes ne sont pas des hérétiques – en tout cas en ce qui concerne les sunnites, comme Oussama ben Laden. Ils ne développent pas des conception nouvelles de l’islam. Simplement, au nom de la guerre sainte, ils veulent créer un État pour tous les croyants [musulmans]. »

Alexandre Adle, J’ai vu finir le monde ancien, Paris, Bernard Grasset, © 2002, p. 109-110


EMMANUEL PISANI. Docteur en philosophie, docteur de théologie.

Directeur de l’Institut de Science et de Théologie des Religions (Paris). Frère dominicain, docteur en philosophie, docteur de théologie. Auteur notamment de :  Le dialogue islamo – chrétien à l’épreuve. Père Anawati-Dr Baraka, Une controverse au vingtième siècle, Paris, L’Harmattan, 2014; 100 questions sur l’Église, Perpignan, Artège, 2013; 100 questions sur Dieu, Perpignan, Artège, 2012. Il a reçu le prix Mohammed Arkoun de la thèse d’islamologie. (Source : https://www.icp.fr/a-propos-de-l-icp/decouvrez-l-icp/facultes-et-instituts/emmanuel-pisani–27474.kjsp)

EXTRAITS DE : Emmanuel Pisani, Islam et islamisme. Le défi de la question théologique, Revue Études, février 2018, https://www.revue-etudes.com/rubrique/societe-45 :

On peut distinguer l’islamisme, comme idéologie politique à l’origine des attentats, et l’islam, comme religion. On ne peut pourtant pas séparer complètement les deux. Il convient donc de déconstruire l’idéologie islamiste et de la rapporter aux textes fondateurs. […]

[…]

Il reste une question difficile mais incontournable : l’islam, la charia (« loi »), l’oumma (« communauté ») sont les ciments idéologiques du discours des islamistes et de la mise en œuvre d’une propagande efficace conduisant et justifiant les outrances criminelles en rupture totale avec le modèle occidental des droits de l’Homme. […]Les fous d’Allah n’ont rien d’esprits irrationnels ou dérangés, bien au contraire, leurs discours sont d’une logique implacable et c’est en se situant à la fois au niveau de la raison et de la foi, dans des contextes certes favorables, que l’on peut comprendre la propagation rapide de leurs idées.

[…]

Les causes économiques ou sociétales n’expliquent pas tout du phénomène islamiste. Il y a là une question incontournable. Qu’est-ce qui, dans l’islam, permet, nourrit, justifie l’islamisme ?

[…]

L’islamisme désigne, depuis les années 1970, l’idéologie religieuse qui s’inscrit dans le cadre du réformisme musulman et vise à purifier l’islam de ses « scories occidentales » en vue de contribuer à réislamiser le monde musulman et promouvoir la mission islamique pour rétablir le califat.

[…]

[…] les textes sacrés fondant les piliers de l’islamisme existent et ignorer l’acuité des lectures islamistes ne répond pas au problème. Ces textes gardent une capacité à définir et à préciser l’orthodoxie musulmane dans une perspective violente et antihumaniste. […]

[…] S’il n’y a pas en islam de magistère, il manque aujourd’hui une lecture consensuelle du Coran qui permettrait, par une historicisation, de neutraliser les versets qui appellent à l’usage concret de la violence sur le prochain.

[…] nonobstant les efforts de Tariq Ramadan pour présenter le visage de Muhammad sous les traits d’un homme moderne, les sources musulmanes le décrivent comme un chef de guerre, sans compassion pour l’apostat, combattant les tribus juives et les païens de La Mecque avec ardeur. Aujourd’hui, on hésite parfois à rappeler ces évidences car elles n’apparaissent pas « politiquement correctes » et renvoient à l’esprit de la polémique bien connue aux temps du Moyen Âge. Mais les récits des batailles sont toujours là et ils sont encore aujourd’hui convoqués. Sans l’enseignement explicite de leur historicisation et leur relativisation, ils peuvent à tout moment servir le pire. Sans ce travail historique et scientifique, légitimé par la raison, sur les dits qualifiés d’authentiques (sahih) et dont beaucoup justifient le meurtre ou les châtiments corporels, l’islam pourra toujours faire le lit de l’islamisme. L’enjeu théologique est donc incontournable.

Emmanuel Pisani, Islam et islamisme. Le défi de la question théologique, Revue Études, février 2018, https://www.revue-etudes.com/rubrique/societe-45


IBN WARRAQ.

Historien, « Islamic scholar and a leading figure in Qur’anic criticism » (https://secularhumanism.org/authors/ibn-warraq/). Auteur de l’«  ouvrage passionnant Pourquoi je ne suis pas musulman ? » (https://www.cairn.info/revue-cites-2002-1-page-3.htm). Auteur aussi de : The Origins of the Koran (1998), The Quest for the Historical Muhammad (2000), What the Koran Really Says: Language, Text and Commentary (2002).

 » He addressed the United Nations « Victims of Jihad » conference organized by the International Humanist and Ethical Union, alongside such speakers as Bat Ye’or, Ayaan Hirsi Ali, and Simon Deng. » (https://www.goodreads.com/author/show/3665.Ibn_Warraq)

CITATION 1

« … il n’existe pas de différence entre l’islam et l’intégrisme islamique. »

(Ibn Warraq, Pourquoi je ne suis pas musulman, 1999. Cité in http://fr.danielpipes.org/1825/pourquoi-je-ne-suis-pas-musulman)

CITATION 2

Il est temps, pour nous qui vivons en Occident et qui avons la chance de pouvoir nous exprimer librement, d’examiner calmement et avec le recul nécessaire les sources théoriques de l’islamisme, y compris le Coran dont de nombreux passages légitiment au nom de Dieu le recours à la violence:

[…]

IV.91: Ne prenez pas de patrons parmi eux [les incroyants], jusqu’à ce qu’ils soient revenus dans le sentier d’Allah. Mais s’ils tournent le dos, saisissez-les et tuez-les, partout où vous les trouverez.

VIII.12: Moi, je répandrai la terreur dans le cœur de ceux qui sont incroyants [en arabe: kafarû], et Je frapperai sur les nuques, et Je frapperai en eux toutes les extrémités des doigts.

[L’auteur cite d’autres passages violents du Coran.]

La vie du Prophète lui-même ne doit pas échapper à cet examen critique, lui qui ne reculait pas devant l’assassinat politique et le massacre des Juifs. «Ah, mais vous confondez l’islam avec le fondamentalisme islamique! Le véritable islam n’a rien à voir avec la violence», rétorquent les avocats inconditionnels de cette confession.

Certes, il existe des musulmans modérés mais l’islam en lui-même n’est pas modéré. Tous les principes qui inspirent les extrémistes viennent du Coran, de la Sunna et des Hadiths [recueil des actes et paroles de Mahomet et de ses compagnons, à propos de commentaires du Coran ou de règles de conduite, lit-on dans un dictionnaire Larousse en ligne]. L’islamisme est une construction totalitaire édifiée par des juristes musulmans sur la base des textes fondamentaux de l’islam. Ils ont fait de l’islam le fondement d’une idéologie radicale et utopique qui vise à se substituer au capitalisme et à la démocratie en tant que système universel. D’où l’apparition d’une profonde haine anti-américaine dans des endroits très éloignés du Moyen-Orient, tels le Nigeria ou l’Afghanistan, démontrant ainsi que le conflit israélo-arabe n’est pas la seule clé d’explication du phénomène nommé islamisme. Si un Palestinien avait été impliqué dans l’attentat du World Trade Center, il aurait été considéré comme un martyr de la cause palestinienne, mais plus encore comme un martyr de l’islam.

(Ibn Warraq, Contre l’islam militant, Revue Politique internationale, n° 95 – Printemps 2002, http://www.politiqueinternationale.com/revue/print_article.php?id=276&id_revue=10&content=texte)

CITATION 3

Tous les musulmans ne sont pas terroristes. Tous les musulmans ne sont pas impliqués dans les événements tragiques qui ont frappé l’Amérique [11 septembre 2001]. Et il serait effrayant que se développent contre eux, contre leurs mosquées et leurs institutions, des actes de vengeance infâmes. Cependant, déclarer que l’islam n’a rien à voir avec les attaques terroristes, c’est ignorer l’évidence. C’est refuser pour toujours de comprendre. Car enfin, qu’est-ce qui conduit des fanatiques à abandonner leur vie sur terre pour gagner un paradis où 72 vierges attendent les martyrs musulmans ? L’islam !

(Ibn Warraq, Une idéologie totalitaire, Marianne (revue française)321e, 4/09/2001, https://www.marianne.net/archive/une-ideologie-totalitaire)

FIN