Un éloge de la charia au Québec et la Ligue des droits et libertés (du Québec).

Lévis, le 20 mai 2019

Monsieur Christian Nadeau, président

Ligue des droits et libertés

Montréal (Québec)

christian.nadeau@umontreal.ca

Monsieur,

« La civilisation, c’est […] le seul combat qui vaille la peine. Celui qui détermine les caractères propres de la vie culturelle, morale et matérielle des nations. Les modernistes, attachés à la sécularité de l’État et de la société, à la démocratie, aux libertés individuelles, font face dans le monde arabo-musulman à des islamistes et à des fanatiques barbares et criminels, adeptes du califat et de la charia, institutions provenant du 7e siècle, qui font de la politique une religion, de la religion une arme criminelle, et de l’être humain un objet de sacrifice à Dieu comme les tribus vivant dans les forêts ou dans les cavernes qui faisaient des offrandes humaines aux divinités pour calmer leur colère). »

(Hatem M’rad, Révolutions arabes et jihadisme, Nirvana, © 2017, p. 173-174.) *

Le 18 mai 2017, à Lévis, se déroule une  « soirée d’échange » organisée par la Mosquée de Lévis et Le Tremplin, Centre pour personnes immigrantes et leurs familles, et destinée à démystifier l’islam, selon les organisateurs. Deux personnes s’adressent à quelques dizaines de Lévisiennes et Lévisiens; ce sont des musulmans : l’imam local et une Québécoise « pure laine » convertie à l’islam. L’imam, M. Karim Elabed, fait l’éloge de la charia, loi divine, la voie que doivent suivre tous les musulmans, dit l’imam.

Le Journal de Lévis, 19 mai 2017

J’ai reproché au Tremplin, dont j’étais membre (j’aidais bénévolement des immigrants à « naviguer » à Lévis : des Mexicains, des Africains, etc., des catholiques, des musulmans, mais leur religion ne m’importait pas), j’ai reproché au Tremplin, dis-je, d’avoir participé à l’organisation d’une activité au cour de laquelle la charia a été vantée. La charia dont l’application n’est pas autorisée au Canada, la charia clairement rejetée par l’Assemblée nationale du Québec :

La Ligue des droits et libertés n’a sans doute pas entendu parler de l’éloge de la charia fait par l’imam de Lévis le 18 mai 2017; si elle avait appris son existence, elle l’aurait certainement dénoncé vivement. Mais il n’est pas trop tard, Monsieur Nadeau, il n’est pas trop tard : je demande à la Ligue des droits et libertés de faire savoir aux citoyennes et citoyens du Québec qu’elle s’oppose à l’application de la charia et à la création de tribunaux islamiques au Québec, qu’elle fera obstacle à l’application de toute loi divine ou religieuse au Québec. Au Canada, on ne doit pas passer sous silence les éloges de la charia; il est du devoir des Canadiennes et Canadiens de les dénoncer; c’est le devoir de la Ligue des droits et libertés.

Veuillez recevoir, Monsieur, mes sentiments les meilleurs.

Roger Martel, citoyen de Lévis

6364, rue Fraser, Lévis, G6V 3S3

P.-S. Pour avoir profiter de sa liberté d’expression, pour avoir reproché au Tremplin d’avoir organisé une activité au cours de laquelle un imam a fait l’éloge de la charia, l’auteur de la présente a été expulsé du Tremplin, sans qu’on lui donne la possibilité de s’adresser aux membres du Tremplin (le président du conseil d’administration lui offert de discuter avec lui entre quatre murs, derrière une porte close). À l’époque et encore aujourd’hui, le directeur du Tremplin est M. Guillaume Boivin, le président du conseil d’administration du Tremplin est M. Elhadji Mamadou Diarra, qui est – l’information est pertinente, musulman; on peut le joindre à cette adresse presidence@letremplinlevis.com.

Ce message et la réponse de son destinataire seront publiés au http://www.lepasseurdelacote.com.

* L’éditeur, Nirvana, écrit que :

« Hatem M’rad est professeur agrégé de science politique à la Faculté des Sciences Juridiques, Politiques et Sociales de Tunis. Il est Président-fondateur de l’Association Tunisienne d’Etudes Politiques (ATEP), et ancien membre du Comité Exécutif de l’International Political Science Association (IPSA-AISP). Il est l’auteur de Place de la procédure dans la diplomatie de conférence (CPU, 2001), L’opinion publique mondiale (CPU, 2006), Libéralisme et Adversité (CPU, 2008), Libéralisme et liberté dans le monde arabo-musulman (Les Cygnes, Paris, 2011; Nirvana, Tunis, 2012), De la révolution à la Constitution (Nirvana 2014), Le déficit démocratique sous Bourguiba et ben Ali (Nirvana 2015), Le Dialogue national en Tunisie ( Nirvana 2015). D’autres publications ont paru sous sa direction. Il est collaborateur au journal numérique « Le Courrier de l’Atlas ».

 

 

Le Devoir, 17 décembre 2004

 

 

 

 

Charles Taylor, le projet de loi sur la laïcité et les violations des droits humains

Lévis, le 16 avril 2019

Charles Taylor, philosophe né en 1931, vient de manifester dans les rues de Montréal pour condamner le projet de loi 21 sur la laïcité de l’État. Selon, lui, le projet est « illégitime » : « Interdire d’enseigner à des personnes portant des signes religieux, soutient-il, est une discrimination » (https://ici.radio-canada.ca/info/videos/media-8068466/rojet-loi-sur-laicite-entrevue-avec-charles-taylor). M. Taylor devrait dire à ses compatriotes s’il pense que le droit de faire connaître sa religion par le port d’objets religieux est un droit absolu, que le port en classe par les enseignants d’objets religieux est conforme aux principes de conduite destinées à favoriser le vivre-ensemble et si le port d’objets religieux en classe par les enseignants est conforme à l’article 14 de la Convention relative aux droits de l’enfant : « Les Etats parties respectent le droit de l’enfant à la liberté de pensée, de conscience et de religion ». M. Taylor devrait aussi dire s’il a déjà manifesté par écrit, et dans la rue, sa désapprobation des violations des droits humains par des religions, lui qui a déclaré, au sujet du projet de loi 21 : « Ce n’est pas le langage des droits humains » (https://ici.radio-canada.ca/info/videos/media-8073993/ aicite-elus-et-citoyens-manifestent-contre-projet-loi); a-t-il déjà, par exemple, reprocher à l’islam d’interdire à ses adeptes de sexe féminin d’épouser un non-musulman, d’imposer des châtiments cruels à la femme musulmane adultère (lapidation), aux voleurs musulmans (amputation d’une main), d’interdire aux catholiques de construire des églises (en Arabie saoudite, par exemple)? Que M. Taylor explique sa pensée à ses compatriotes.

Roger Martel, citoyen de Lévis

Moments démocratiques dans le monde arabe au 20e siècle.

http://iremmo.org/rencontres/hors-les-murs/moments-democratiques-dans-le-monde-arabe/

RENCONTRES > HORS LES MURS

Moments démocratiques dans le monde arabe

Jeudi 18 Avril 1919 – 14h-20h30

Colloque – Institut du Monde arabe | Salle du Haut-Conseil

Au cours du XXème siècle et bien avant les révolutions arabes, le monde arabe a traversé des moments d’ouverture politique et populaire. Ces épisodes, souvent peu connus, méritent d’être mis en lumière, tout particulièrement à l’occasion du 100ème anniversaire de la Révolution de 1919 et du Parti Wafd, pilier de la lutte pour l’indépendance égyptienne.

À travers l’étude d’une série d’acteurs et d’événements historiques, l’objectif de ce colloque est donc de proposer un panorama différent de l’histoire de la région, à travers le prisme de l’ouverture démocratique. Si la répression massive qui touche aujourd’hui de nombreux pays arabes peut appeler au fatalisme et à la résignation face à la résilience des régimes autocratiques, ces derniers ne sauraient constituer la seule identité politique de la région. L’ébullition sociale de la Révolution de 1919 en Egypte a ainsi constitué un moment fondateur de l’histoire de la nation égyptienne, la Syrie post-indépendance a quant à elle été marquée par une vie parlementaire riche et pluraliste. L’Algérie, sans doute précurseur des printemps arabes et bien avant les mobilisations actuelles, avait connu dès 1988-1992 un épisode de revendications et d’ouverture démocratiques sans précédent, avant de sombrer dans la décennie noire.

À travers ces quelques exemples, du Caire à Damas, en passant par le Maghreb et jusqu’à l’espoir de la transition démocratique en cours en Tunisie, ce colloque ambitionne ainsi de penser ces « moments démocratiques » dans le monde arabe.

PROGRAMME

14h-16h : 1ère table-ronde

Egypte 1919 : une révolution manquée ?

Mounir Abdel Nour, ancien secrétaire général du parti Wafd, ancien député et ancien ministre du tourisme et ancien ministre du commerce et de l’industrie en Egypte.

Anne-Claire Gayffier Bonneville, historienne à l’Inalco, spécialiste de l’histoire contemporaine de l’Égypte et du Soudan, auteure notamment de L’échec de la monarchie égyptienne 1942-1952 (IFAO, 2010), Histoire de l’Egypte moderne. L’éveil d’une nation XIXe-XXIe siècle (Flammarion, 2016).

Dina Heshmat, professeure assistante de littérature arabe à l’université américaine du Caire, auteure de Egypt 1919: the Revolution in Literature and Film (Edinburgh University Press, à paraître).

Modération : Alain Gresh, directeur du journal en ligne Orient XXI, ancien rédacteur en chef du Monde diplomatique.

16h30-18h30 : 2ème table-ronde

La Syrie, de (l’espoir de) l’indépendance aux coups d’État.

Nadine Méouchy, historienne, chercheure spécialiste de l’histoire de la Syrie et du Liban contemporains, responsable des Presses de l’Ifpo (Beyrouth-Damas) et présidente d’une association libanaise qui travaille avec les femmes vulnérables libanaises et réfugiées.

Salam Kawakibi, directeur du Centre arabe de recherches et d’études politiques de Paris (CAREP Paris), chercheur en sciences politiques et relations internationales.

Ghaiss Jasser, docteure ès Lettres, compositrice de musique, pianiste et présidente du festival international des films de femmes de Créteil.

Modération : Mélanie Chalandon, journaliste à France Culture.

19h00-20h30 : Jeudi de l’IMA et 3ème table-ronde

Le Maghreb, des démocraties inachevées ?

Pierre Vermeren, professeur d’histoire contemporaine à l’Université Paris 1 Panthéon-Sorbonne, spécialiste du Maghreb et des mondes arabo-berbères, auteur notamment de Maghreb, les origines de la révolution démocratique (Pluriel, 2011), et Dissidents du Maghreb (avec Khadija Finan-Mohsen, Belin, 2019).

Akram Belkaïd, journaliste et écrivain, collaborateur d’Orient XXI, du Monde Diplomatique, d’Afrique Méditerranée Business, du site Maghreb émergent et chroniqueur au Quotidien d’Oran.

Selim Kharrat, président de l’ONG tunisienne Al Bawsala et co-fondateur des Cahiers de la liberté.

Modération : Rachida El Azzouzi, journaliste à Médiapart.

Colloque co-organisé par l’iReMMO et l’Institut du monde arabe

En partenariat avec Orient XXI

Avec le soutien de l’Institut français d’Egypte

Le Caire, 1919 – Une révolution manquée ?

 

Personne ne peut vous enlever vos droits de l’Homme (Article 30 de la Déclaration universelle des droits de l’Homme des Nations Unies)

Regardez cette vidéo sur l’Article 30 de la Déclaration universelle des droits de l’Homme des Nations Unies qui stipule que personne ne peut vous enlever vos droits de l’Homme et qu’aucune disposition de la présente Déclaration ne peut être interprétée comme donnant le droit à quiconque de détruire n’importe laquelle des libertés qui y sont énoncées.

Source : Vidéo sur l’Article 30 de la Déclaration universelle des droits de l’Homme des Nations Unies

Pourquoi le président du Centre culturel islamique de Québec a-t-il dit que les musulmans et les chrétiens sont très proches? Ce n’est pas vrai.

Mot de l’auteur

Depuis 2017, le spectacle La Perle est présenté aux Émirats arabes unis, à Dubai. Une soixantaine d’artistes provenant de plus de vingt pays y déploient leurs talents. Chacun a son bagage culturel; un certain nombre pratiquent une religion : islam, catholicisme… d’autres sont incroyants; dans les coulisses, on parle plusieurs langues. Leur spectacle est magnifique, dit-on. Leurs différences les ont-ils empêché de le créer? Non. Ensemble, ne forment-ils pas un instrument dont la justesse est bien réglée? On nous dit que oui. Plusieurs fois par semaine, ne parviennent-ils pas à ravir les spectatrices et les spectateurs? On nous dit que oui. La grande Terre des humains, immensément riche de beautés créées par ses habitants, pourrait être une plus belle scène, vous en conviendrez; les humains pourraient y jouer un plus beau spectacle, vous en conviendrez. Ces temps-ci, je parle de religions, surtout de l’islam et du christianisme; c’est parce que je compte sur les filles, c’est parce que je compte sur les gars, comme a dit le poète Paul Fort (Si tous les gars du monde, poème).

Roger Martel, citoyen de Lévis (Québec), août 2018


Lévis, le 30 août 2018

Monsieur Mohamed Labidi, président

Centre culturel islamique de Québec

Québec

Monsieur,

Le 18 mars 2018, vous avez prononcé une conférence au Montmartre canadien, propriété du Diocèse catholique de Québec que dirige le cardinal Gérald Cyprien Lacroix. Vous avez dit à votre auditoire : « Vous allez voir que nous sommes très proches » (le pronom nous désigne ici les musulmans et les chrétiens). (Philippe Vaillancourt, journaliste, http://presence-info.ca/article/pour-une-relance-du-dialogue-islamo-chretien-a-quebec)

Je ne comprends pas, pour une, deux ou trois raisons, comment vous pouvez affirmer que les musulmans et les chrétiens sont très proches. Je ne comprends pas que vous puissiez affirmer que les musulmans et les chrétiens sont très proches quand le Centre que vous présidez affirme que Jésus n’était pas le fils de Dieu, que Jésus n’a pas été crucifié, que Jésus est monté vivant au ciel et que Judas Iscariote a été crucifié à sa place (Le Vatican en panique…, http://cciq.org/2014/05/22/le-vatican-en-panique-levangile-de-barnabe-annoncait-la-venue-de-mohammed-monotheisme-tolerant/). Avez-vous dit aux chrétiennes et aux chrétiens venus vous entendre au Montmartre canadien que le Centre que vous présidez soutient que Jésus n’était pas le fils de Dieu, que Jésus n’a pas été crucifié, que Jésus est monté vivant au ciel et que Judas Iscariote a été crucifié à sa place? Leur avez-vous dit que l’apôtre Paul est un imposteur selon la « bible » que l’on dit avoir été trouvée en Turquie et dont parle le Centre dans son texte Le Vatican en panique? Si Paul est un imposteur, l’Église abuse-t-elle autrui par des mensonges, de fausses promesses (voyez la définition du mot imposteur)?

AFFIRMER QUE JÉSUS N’A PAS ÉTÉ CRUCIFIÉ ET QU’IL EST MONTÉ VIVANT AU CIEL, DONC QU’IL N’A JAMAIS RESSUSCITÉ, CE N’EST PAS BANAL, OH QUE NON  :

« LA RÉSURRECTION DU CHRIST EST AU CŒUR DE LA FOI CHRÉTIENNE. SANS RÉSURRECTION, DIT SAINT PAUL (1 CO 15, 17), LA FOI EST VAINE : RIEN DU CHRISTIANISME N’EXISTERAIT. »

(Théo, L’encyclopédie catholique pour tous, Paris, Éditions Droguet-Ardant\Fayard, dépôt légal mai 1993, imprimatur Paris le 6 février 1989, M. Vidal, vicaire épiscopal, p. 678)

Je ne comprends pas comment vous pouvez affirmer que les musulmans et les chrétiens sont très proches parce que : « Les pierres d’achoppement entre la religion musulmane et la religion catholique sont nombreuses. Qu’il s’agisse de la personne de Jésus, du dogme de La  Trinité, du concept de Révélation, de la liberté religieuse, de la prière, du statut de la femme etc. À la racine de toutes ces divergences, un rapport différent à nos « Écritures » respectives. » (Alain Feuvrier, jésuite et spécialiste de l’islam, Quelles différences entre l’islam et le christianisme? https://croire.la-croix.com/Definitions/Lexique/Islam/Quelles-differences-entre-l-islam-et-le-christianisme, 13 janvier 2015)

Je ne comprends pas, Monsieur Labidi, comment vous pouvez affirmer que les musulmans et les chrétiens sont très proches parce que : (François Jourdan, islamologue et théologien eudiste, est l’auteur de Islam et Christianisme, comprendre les différences de fond publié en 2015; il répond ici à cette question de la journaliste Eléonore de Vulpillières : « Une fois que le concile Vatican II a « ouvert les portes de l’altérité et du dialogue », écrivez-vous « on s’est installé dans le dialogue superficiel, le dialogue de salon, faussement consensuel ». Comment se manifeste ce consensualisme sur l’islam? ») (Réponse  de F. Jourdan« Par l’ignorance, ou par les connaissances vues de loin et à bon compte: c’est la facilité. Alors on fait accréditer que l’islam est ‘abrahamique’, que ‘nous avons la même foi’, que nous sommes les religions ‘du Livre’, et que nous avons le ‘même’ Dieu, que l’on peut prier avec les ‘mêmes’ mots, que le chrétien lui aussi doit reconnaître que Muhammad est « prophète » et au sens fort ‘comme les prophètes bibliques’ et que le Coran est ‘révélé’ pour lui au sens fort « comme la Bible » alors qu’il [le Coran] fait pourtant tomber 4/5e de la doctrine chrétienne… Et nous nous découvrons, par ce forcing déshonnête, que « nous avons beaucoup de points communs »! C’est indéfendable. » (Islam et christianisme : les impasses du dialogue interreligieux, http://www.lefigaro.fr/vox/religion/2016/01/22/31004-20160122ARTFIG00344-islam-et-christianisme-les-impasses-du-dialogue-interreligieux.php, 22/01/2016)

Je ne comprends pas comment vous pouvez affirmer que les musulmans et les chrétiens sont très proches parce que : « la charia est coranique, et l’islam doit supplanter toutes les autres religions (Coran 48,28; 3,19.85; et 2,286 récité dans les jardins du Vatican devant le Pape François et Shimon Pérès en juin 2014). D’ailleurs Boumédienne (président de l’Algérie (1932-1978), « il instaure un régime militaire qui provoque une opposition interne, réduite au silence (1967-1968) », écrit Larousse,) Kadhafi (Homme d’État libyen, 1942-2011) et Erdogan (homme d’état turc né en 1954), l’ont déclaré sans ambages ». (François Jourdan, islamologue et théologien eudiste, cité par la journaliste Eléonore de Vulpillières, http://www.lefigaro.fr/vox/religion/2016/01/22/31004-20160122ARTFIG00344-islam-et-christianisme-les-impasses-du-dialogue-interreligieux.ph,p, 22/01/2016)

Je ne comprends pas comment vous pouvez affirmer que les musulmans et les chrétiens sont très proches parce que : « L’un des plus douloureux malentendus concerne [] la personne de Jésus. Musulmans et chrétiens le revendiquent. Mais peut-on affirmer qu’il s’agit de la même personne ? En islam, Jésus (Aïssa) est l’un des nombreux prophètes musulmans envoyés par Dieu pour rappeler le pacte primordial entre Dieu et sa création. À l’instar des nombreux prophètes musulmans des temps passés (Adam, Abraham, Noé, Moïse etc.), Jésus (Aïssa) est lui aussi un grand prophète musulman, mais juste en dessous de Mohammed. Comme ce dernier, Jésus est prophète-envoyé : il a apporté un livre, l’Évangile (al-Indjîl), dont les chrétiens se réclament, mais qu’ils ont falsifié ; cette terrible accusation induit que, pour connaître l’authentique figure de Jésus, on doit recourir au Coran, seule révélation crédible. » (Alain Feuvrier, 13 janvier 2015)

Je ne comprends pas, Monsieur Labidi, comment vous pouvez affirmer que les musulmans et les chrétiens sont très proches parce que : « Enfin, le malentendu est redoublé puisque le Coran est, pour tout musulman, l’ultime Écriture donnée à Mohammed, sceau de toute prophétie. Or, il est impossible aux chrétiens de reconnaître Mohammed comme prophète, ni même comme l’exemple de toute fidélité à Dieu. Tout au plus peuvent-ils le voir comme un personnage des premiers âges de l’Ancien Testament, avant que la parole de Dieu n’ait policé les mœurs. Sur ce point, la distance entre chrétiens et musulmans est immense. Quant à Jésus, il est, entre chrétiens et musulmans, à la fois un lien très fort et « comme une pomme de discorde », écrit le penseur musulman Mohammed Talbi, qui poursuit : « L’islam le revendique et le glorifie. Mais, de ce fait, corollaire inévitable, Jésus est aussi un point focal des divergences qui opposent chrétiens et musulmans. Honnêtement, reconnaissons que nos divergences sont insurmontables. » (Alain Feuvrier, 13 janvier 2015)

Je ne comprends pas comment vous pouvez affirmer que les musulmans et les chrétiens sont très proches parce que : « De cette relation radicalement (au sens de « racine ») différente à leurs Écritures respectives découle, entre chrétiens et musulmans, le malentendu concernant le dogme chrétien de la Trinité. […] Ne nous arrêtons pas aux polémiques, bien présentes dans le Coran, concernant la « triade » chrétienne (un dieu « père », un dieu « fils » et Marie) (Coran 5, 116). Force est de constater que c’est là un point d’achoppement majeur. Les musulmans s’estiment en effet les seuls monothéistes authentiques. Puisque le Coran interdit formellement d’« associer » à Dieu d’autres dieux, les chrétiens sont taxés, en toute bonne foi, de polythéistes. Et le polythéisme est, en islam, le seul péché impardonnable ! » (Alain Feuvrier, 13 janvier 2015)

Je ne comprends pas comment vous pouvez affirmer que les musulmans et les chrétiens sont très proches parce que : « Pour les musulmans : Dieu ne peut pas être un en trois personnes (mystère chrétien de la Trinité). Par conséquent, Jésus ne peut pas être Dieu (mystère chrétien de l’Incarnation). Mais il est Verbe de Dieu, né de la Vierge Marie, Messie. Il n’est pas mort, on lui a substitué un sosie, il reviendra à la fin des temps. Dès lors, pas de salut en Jésus-Christ (mystère chrétien de la Rédemption); la notion de faute universelle et donc de Rédemption est d’ailleurs étrangère à l’islam; chacun sera jugé par Dieu selon ses oeuvres. Le Coran est l’expression définitive de la Révélation, la « récapitulation » et le « sceau » de toute prophétie; la Torah de Moïse  et l’Évangile de Jésus ne sont que l’expression de Révélations partielles, par surcroît déformées par les juifs et les chrétiens. » (Théo, L’Encyclopédie catholique pour tous, Paris, Éditions Droguet/Ardant, © 1992, Imprimatur Paris le 6 février 1989, p. 142)

Je ne comprends pas comment vous pouvez affirmer que les musulmans et les chrétiens sont très proches. Je ne comprends pas parce « c’est […] avec la chrétienté latine, sous l’égide de Rome, que l’islam aura eu ses démêlés les plus durs et, hélas, les plus sanglants. » (Youakim Moubarac, Islam et arabité. Le dialogue islamo-chrétien. Les questions que le catholicisme se pose au sujet de l’islam*, http://youakimmoubarac.org/textes/12_-_YM_-_Les_questions_que_le_catholicisme_se_pose_au_sujet_de_l%27islam%5B,%20dossier%20h,%20p%20221.pdf – Y. Moubarac était un prêtre maronite libanais; il a écrit Les Musulmans : consultation islamo-chrétienne, paru en 1971)

Je ne comprends pas comment vous pouvez affirmer que les musulmans et les chrétiens sont très proches parce que : « L’islam peut être […] considéré comme la plus grande tourmente qui se soit jamais abattue sur l’histoire de l’Église. » (Youakim Moubarac, La Pentalogie islamo-chrétienne, T. III, L’islam et le dialogue islamo-chrétien, Beyrouth, Cénacle libanais, 1972-73)

Je ne comprends pas, Monsieur Labidi, comment vous pouvez affirmer que les musulmans et les chrétiens sont très proches parce que : « Nigéria : montée des tensions entre chrétiens et musulmans. Après des attentats qui ont visé les chrétiens le soir de Noël et qui ont fait 50 morts, les tensions au Nigéria entre chrétiens et musulmans semblent plus fortes que jamais. En ce mardi 3 janvier, les islamistes de la secte Boko Haram viennent d’ailleurs de poser un ultimatum aux chrétiens du nord du pays. Analyse de la situation avec Daniel Bach, directeur de recherche au CNRS et spécialiste du Nigéria.

Que se passe-t-il entre chrétiens et musulmans aujourd’hui au Nigéria ?

Les sources de conflits potentiels entre chrétiens et musulmans ont toujours été nombreuses au Nigéria, qu’il s’agisse des débats autour du champ d’application de la loi islamique (sharia), de la création de nouveaux Etats ou du statut des populations dites ‘non indigènes’. (propos recueillis par Matthieu Mégevand – publié le 03/01/2012, http://www.lemondedesreligions.fr/actualite/nigeria-montee-des-tensions-entre-chretiens-et-musulmans-03-01-2012-2159_118.php)

Je ne comprends pas comment vous pouvez affirmer que les musulmans et les chrétiens sont très proches parce que : « Chrétiens en terre d’Islam : l’impossible cohabitation ? Flambées de violence au Nigeria, expulsions au Maroc, fusillades en Égypte, exode en Irak… Les conflits interreligieux et les persécutions contre les minorités chrétiennes se multiplient dans les pays musulmans. Enquête sur un phénomène planétaire inquiétant. (Elise Collette, revue Jeune Afrique, http://www.jeuneafrique.com/197831/societe/chr-tiens-en-terre-d-islam-l-impossible-cohabitation/, 30 mars 2010)

Je ne comprends pas, Monsieur Labidi, comment vous pouvez affirmer que les musulmans et les chrétiens sont très proches, je ne comprends pas parce que :  « Les relations entre les chrétiens et les juifs d’un côté, les musulmans de l’autre, traversent au Moyen Orient une phase critique et décisive. Critique parce que les tensions semblent s’intensifier. Les attaques meurtrières sont de plus en plus violentes, elles sont perpétrées au nom même d’une appartenance religieuse. Critique, mais aussi décisive en raison de la présence des chrétiens de plus en plus timide. Timide à cause des vexations et des dangers au quotidien. Timide également et surtout suite à la diminution numérique notable dans plusieurs pays. Dès qu’ils peuvent, les chrétiens quittent leur pays natal, pour trouver refuge dans des lieux plus sûrs, au moins sur le plan sécuritaire. C’est un des constats majeurs du synode spécial pour les chrétiens d’Orient qui souligne avec force cette réalité. » (Michel Younès, maître de conférences à l’université catholique de Lyon, Présence Mariste, N° 267, avril 2011,

http://www.presence-mariste.fr/Les-relations-des-chretiens-avec-les-Juifs-et-les-musulmans.html)

Les musulmans et les chrétiens ne sont pas très proches les uns des autres; on vient de le voir. Les musulmans eux-mêmes ne sont pas très proches les uns des autres. « Les musulmans sont divisés, en fait très divisés, écrit Jean Daniel (essayiste et créateur du magazine d’actualité Le Nouvel Observateur). On ne voit pas, a priori, comment, depuis leur sein, surgirait l’imagination d’une grande réforme qui entraînerait une fraternité réelle. En fait, comme il s’agit de ce fameux « vivre ensemble » à partager entre chrétiens, juifs et musulmans, la question ne peut échapper aux querelles théologales : dans quelle mesure les croyants des trois religions monothéistes pourraient-ils conclure des accords sans aggraver leurs propres désaccords ? C’est là un obstacle majeur, car mille difficultés peuvent surgir dès qu’il s’agit de sexe, d’héritage, ou de projets matrimoniaux. »  (Jean Daniel, A propos du débat avec l’islam : il faut savoir vivre ensemble, https://www.nouvelobs.com/edito/20180424.OBS5681/a-propos-du-debat-avec-l-islam-il-faut-savoir-vivre-ensemble.html, 25 avril 2018)

DERNIERS MOTS

Les musulmans refusent une religion réduite au for intérieur, ils refusent l’affirmation des droits de l’homme au détriment des droits de Dieu

« Ainsi ce qui distingue et oppose Christianisme et Islam, c’est d’abord l’affirmation de l’unicité divine et le refus de la divinité du Christ; le christianisme est sapé à sa base. C’est ensuite le refus des évolutions anthropologiques survenues en Occident, tant le refus d’une religion réduite au for intérieur, inimaginable en Islam, que le refus de l’humanisme. Ce qu’accepte l’Islam, c’est « une Déclaration de l’Homme musulman » d’après le Coran, mais certainement pas une Déclaration des Droits de l’homme à l’occidentale. De plus, dans le cas de l’Islam laïcité et sécularisation ne peuvent s’envisager sous la forme qu’elles ont revêtues contre l’Eglise catholique : l’Islam n’a pas de clergé sur lequel agir en le réduisant à des fonctions sans écho réel dans la société civile. Et s’il peut s’envisager des liens entre Christianisme et Islam, c’est peut-être, ou certainement, dans la direction de la spiritualité qu’on peut les établir – à condition que l’on n’insiste pas d’abord sur la spécificité de la mystique chrétienne. Ces diverses formes d’opposition entre les deux religions ne sont pas près d’être surmontées. »

(Bernard Chédozeau, Formes successives des conflits théologiques entre christianisme et islam, Académie des sciences et lettres de Montpellier, Séance du 21/06/2004, Conférence n° 3871. – Bernard Chédozeau est professeur d’université, agrégé de lettres, docteur ès lettres; il est l’auteur de La Bible et la liturgie en français : l’Eglise tridentine et les traductions bibliques et liturgiques, 1600-1789, Paris, Éditions du Cerf, 1990, 296 p.)

Les musulmans refusent une religion réduite au for intérieur, ils refusent l’affirmation des droits de l’homme au détriment des droits de Dieu. Cette situation présentera-t-elle un jour une issue favorable? Que répondez-vous, Monsieur Labidi?

Veuillez agréer, Monsieur, mes salutations distinguées.

Roger Martel, citoyen de Lévis (Québec), 30 août 2018

Qu’est-ce que la laïcité ?

Par le gouvernement de la France, https://www.gouvernement.fr/qu-est-ce-que-la-laicite

OBSERVATOIRE DE LA LAÏCITÉ

Qu’est-ce que la laïcité ?

La laïcité repose sur trois principes et valeurs : la liberté de conscience et celle de manifester ses convictions dans les limites du respect de l’ordre public, la séparation des institutions publiques et des organisations religieuses, et l’égalité de tous devant la loi quelles que soient leurs croyances ou leurs convictions.

La laïcité garantit aux croyants et aux non-croyants le même droit à la liberté d’expression de leurs convictions. Elle assure aussi bien le droit d’avoir ou de ne pas avoir de religion, d’en changer ou de ne plus en avoir.

Elle garantit le libre exercice des cultes et la liberté de religion, mais aussi la liberté vis-à-vis de la religion : personne ne peut être contraint au respect de dogmes ou prescriptions religieuses.

La laïcité suppose la séparation de l’Etat et des organisations religieuses. L’ordre politique est fondé sur la seule souveraineté du peuple des citoyens, et l’Etat —qui ne reconnaît et ne salarie aucun culte— ne régit pas le fonctionnement interne des organisations religieuses.

De cette séparation se déduit la neutralité de l’Etat, des collectivités territoriales et des services publics, non de ses usagers.

La République laïque assure ainsi l’égalité des citoyens face à l’administration et au service public, quelles que soient leurs convictions ou croyances.

La laïcité n’est pas une opinion parmi d’autres mais la liberté d’en avoir une. Elle n’est pas une conviction mais le principe qui les autorise toutes, sous réserve du respect de l’ordre public.

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Offert au https://www.gouvernement.fr/qu-est-ce-que-la-laicite

Vidéo n° 1 : Entretien avec Jean-Louis Bianco, Président de l’Observatoire de la laïcité
Vidéo n°2 : Vous avez dit laïcité ? Par Nicolas Cadène, Rapporteur général de l’Observatoire de la laïcité :
Vidéo n°3 : « La laïcité en trois minutes (ou presque) »
Film de l’association Coexister, lauréat d’une mention spéciale du Prix de la laïcité de la République française 2016
Vidéo n°4 : « La laïcité à l’école »
Le clip du ministère de l’Education nationale, de l’Enseignement supérieur et de la Recherche
Voir les autres vidéos réalisées en partenariat avec le CNFPT
Vidéo n°5 :#generationlaicité – Le port de signes distinctifs à l’école
Vidéo n°6 : #generationlaicite – Cours de sport et religion

Si vous avez plus de questions sur la laïcité en pratique, à l’école, au collège ou au lycée, rendez-vous sur : http://www.generationlaicite.fr