Pourquoi le président du Centre culturel islamique de Québec a-t-il dit que les musulmans et les chrétiens sont très proches? Ce n’est pas vrai.

Mot de l’auteur

Depuis 2017, le spectacle La Perle est présenté aux Émirats arabes unis, à Dubai. Une soixantaine d’artistes provenant de plus de vingt pays y déploient leurs talents. Chacun a son bagage culturel; un certain nombre pratiquent une religion : islam, catholicisme… d’autres sont incroyants; dans les coulisses, on parle plusieurs langues. Leur spectacle est magnifique, dit-on. Leurs différences les ont-ils empêché de le créer? Non. Ensemble, ne forment-ils pas un instrument dont la justesse est bien réglée? On nous dit que oui. Plusieurs fois par semaine, ne parviennent-ils pas à ravir les spectatrices et les spectateurs? On nous dit que oui. La grande Terre des humains, immensément riche de beautés créées par ses habitants, pourrait être une plus belle scène, vous en conviendrez; les humains pourraient y jouer un plus beau spectacle, vous en conviendrez. Ces temps-ci, je parle de religions, surtout de l’islam et du christianisme; c’est parce que je compte sur les filles, c’est parce que je compte sur les gars, comme a dit le poète Paul Fort (Si tous les gars du monde, poème).

Roger Martel, citoyen de Lévis (Québec), août 2018


Lévis, le 30 août 2018

Monsieur Mohamed Labidi, président

Centre culturel islamique de Québec

Québec

Monsieur,

Le 18 mars 2018, vous avez prononcé une conférence au Montmartre canadien, propriété du Diocèse catholique de Québec que dirige le cardinal Gérald Cyprien Lacroix. Vous avez dit à votre auditoire : « Vous allez voir que nous sommes très proches » (le pronom nous désigne ici les musulmans et les chrétiens). (Philippe Vaillancourt, journaliste, http://presence-info.ca/article/pour-une-relance-du-dialogue-islamo-chretien-a-quebec)

Je ne comprends pas, pour une, deux ou trois raisons, comment vous pouvez affirmer que les musulmans et les chrétiens sont très proches. Je ne comprends pas que vous puissiez affirmer que les musulmans et les chrétiens sont très proches quand le Centre que vous présidez affirme que Jésus n’était pas le fils de Dieu, que Jésus n’a pas été crucifié, que Jésus est monté vivant au ciel et que Judas Iscariote a été crucifié à sa place (Le Vatican en panique…, http://cciq.org/2014/05/22/le-vatican-en-panique-levangile-de-barnabe-annoncait-la-venue-de-mohammed-monotheisme-tolerant/). Avez-vous dit aux chrétiennes et aux chrétiens venus vous entendre au Montmartre canadien que le Centre que vous présidez soutient que Jésus n’était pas le fils de Dieu, que Jésus n’a pas été crucifié, que Jésus est monté vivant au ciel et que Judas Iscariote a été crucifié à sa place? Leur avez-vous dit que l’apôtre Paul est un imposteur selon la « bible » que l’on dit avoir été trouvée en Turquie et dont parle le Centre dans son texte Le Vatican en panique? Si Paul est un imposteur, l’Église abuse-t-elle autrui par des mensonges, de fausses promesses (voyez la définition du mot imposteur)?

AFFIRMER QUE JÉSUS N’A PAS ÉTÉ CRUCIFIÉ ET QU’IL EST MONTÉ VIVANT AU CIEL, DONC QU’IL N’A JAMAIS RESSUSCITÉ, CE N’EST PAS BANAL, OH QUE NON  :

« LA RÉSURRECTION DU CHRIST EST AU CŒUR DE LA FOI CHRÉTIENNE. SANS RÉSURRECTION, DIT SAINT PAUL (1 CO 15, 17), LA FOI EST VAINE : RIEN DU CHRISTIANISME N’EXISTERAIT. »

(Théo, L’encyclopédie catholique pour tous, Paris, Éditions Droguet-Ardant\Fayard, dépôt légal mai 1993, imprimatur Paris le 6 février 1989, M. Vidal, vicaire épiscopal, p. 678)

Je ne comprends pas comment vous pouvez affirmer que les musulmans et les chrétiens sont très proches parce que : « Les pierres d’achoppement entre la religion musulmane et la religion catholique sont nombreuses. Qu’il s’agisse de la personne de Jésus, du dogme de La  Trinité, du concept de Révélation, de la liberté religieuse, de la prière, du statut de la femme etc. À la racine de toutes ces divergences, un rapport différent à nos « Écritures » respectives. » (Alain Feuvrier, jésuite et spécialiste de l’islam, Quelles différences entre l’islam et le christianisme? https://croire.la-croix.com/Definitions/Lexique/Islam/Quelles-differences-entre-l-islam-et-le-christianisme, 13 janvier 2015)

Je ne comprends pas, Monsieur Labidi, comment vous pouvez affirmer que les musulmans et les chrétiens sont très proches parce que : (François Jourdan, islamologue et théologien eudiste, est l’auteur de Islam et Christianisme, comprendre les différences de fond publié en 2015; il répond ici à cette question de la journaliste Eléonore de Vulpillières : « Une fois que le concile Vatican II a « ouvert les portes de l’altérité et du dialogue », écrivez-vous « on s’est installé dans le dialogue superficiel, le dialogue de salon, faussement consensuel ». Comment se manifeste ce consensualisme sur l’islam? ») (Réponse  de F. Jourdan« Par l’ignorance, ou par les connaissances vues de loin et à bon compte: c’est la facilité. Alors on fait accréditer que l’islam est ‘abrahamique’, que ‘nous avons la même foi’, que nous sommes les religions ‘du Livre’, et que nous avons le ‘même’ Dieu, que l’on peut prier avec les ‘mêmes’ mots, que le chrétien lui aussi doit reconnaître que Muhammad est « prophète » et au sens fort ‘comme les prophètes bibliques’ et que le Coran est ‘révélé’ pour lui au sens fort « comme la Bible » alors qu’il [le Coran] fait pourtant tomber 4/5e de la doctrine chrétienne… Et nous nous découvrons, par ce forcing déshonnête, que « nous avons beaucoup de points communs »! C’est indéfendable. » (Islam et christianisme : les impasses du dialogue interreligieux, http://www.lefigaro.fr/vox/religion/2016/01/22/31004-20160122ARTFIG00344-islam-et-christianisme-les-impasses-du-dialogue-interreligieux.php, 22/01/2016)

Je ne comprends pas comment vous pouvez affirmer que les musulmans et les chrétiens sont très proches parce que : « la charia est coranique, et l’islam doit supplanter toutes les autres religions (Coran 48,28; 3,19.85; et 2,286 récité dans les jardins du Vatican devant le Pape François et Shimon Pérès en juin 2014). D’ailleurs Boumédienne (président de l’Algérie (1932-1978), « il instaure un régime militaire qui provoque une opposition interne, réduite au silence (1967-1968) », écrit Larousse,) Kadhafi (Homme d’État libyen, 1942-2011) et Erdogan (homme d’état turc né en 1954), l’ont déclaré sans ambages ». (François Jourdan, islamologue et théologien eudiste, cité par la journaliste Eléonore de Vulpillières, http://www.lefigaro.fr/vox/religion/2016/01/22/31004-20160122ARTFIG00344-islam-et-christianisme-les-impasses-du-dialogue-interreligieux.ph,p, 22/01/2016)

Je ne comprends pas comment vous pouvez affirmer que les musulmans et les chrétiens sont très proches parce que : « L’un des plus douloureux malentendus concerne [] la personne de Jésus. Musulmans et chrétiens le revendiquent. Mais peut-on affirmer qu’il s’agit de la même personne ? En islam, Jésus (Aïssa) est l’un des nombreux prophètes musulmans envoyés par Dieu pour rappeler le pacte primordial entre Dieu et sa création. À l’instar des nombreux prophètes musulmans des temps passés (Adam, Abraham, Noé, Moïse etc.), Jésus (Aïssa) est lui aussi un grand prophète musulman, mais juste en dessous de Mohammed. Comme ce dernier, Jésus est prophète-envoyé : il a apporté un livre, l’Évangile (al-Indjîl), dont les chrétiens se réclament, mais qu’ils ont falsifié ; cette terrible accusation induit que, pour connaître l’authentique figure de Jésus, on doit recourir au Coran, seule révélation crédible. » (Alain Feuvrier, 13 janvier 2015)

Je ne comprends pas, Monsieur Labidi, comment vous pouvez affirmer que les musulmans et les chrétiens sont très proches parce que : « Enfin, le malentendu est redoublé puisque le Coran est, pour tout musulman, l’ultime Écriture donnée à Mohammed, sceau de toute prophétie. Or, il est impossible aux chrétiens de reconnaître Mohammed comme prophète, ni même comme l’exemple de toute fidélité à Dieu. Tout au plus peuvent-ils le voir comme un personnage des premiers âges de l’Ancien Testament, avant que la parole de Dieu n’ait policé les mœurs. Sur ce point, la distance entre chrétiens et musulmans est immense. Quant à Jésus, il est, entre chrétiens et musulmans, à la fois un lien très fort et « comme une pomme de discorde », écrit le penseur musulman Mohammed Talbi, qui poursuit : « L’islam le revendique et le glorifie. Mais, de ce fait, corollaire inévitable, Jésus est aussi un point focal des divergences qui opposent chrétiens et musulmans. Honnêtement, reconnaissons que nos divergences sont insurmontables. » (Alain Feuvrier, 13 janvier 2015)

Je ne comprends pas comment vous pouvez affirmer que les musulmans et les chrétiens sont très proches parce que : « De cette relation radicalement (au sens de « racine ») différente à leurs Écritures respectives découle, entre chrétiens et musulmans, le malentendu concernant le dogme chrétien de la Trinité. […] Ne nous arrêtons pas aux polémiques, bien présentes dans le Coran, concernant la « triade » chrétienne (un dieu « père », un dieu « fils » et Marie) (Coran 5, 116). Force est de constater que c’est là un point d’achoppement majeur. Les musulmans s’estiment en effet les seuls monothéistes authentiques. Puisque le Coran interdit formellement d’« associer » à Dieu d’autres dieux, les chrétiens sont taxés, en toute bonne foi, de polythéistes. Et le polythéisme est, en islam, le seul péché impardonnable ! » (Alain Feuvrier, 13 janvier 2015)

Je ne comprends pas comment vous pouvez affirmer que les musulmans et les chrétiens sont très proches parce que : « Pour les musulmans : Dieu ne peut pas être un en trois personnes (mystère chrétien de la Trinité). Par conséquent, Jésus ne peut pas être Dieu (mystère chrétien de l’Incarnation). Mais il est Verbe de Dieu, né de la Vierge Marie, Messie. Il n’est pas mort, on lui a substitué un sosie, il reviendra à la fin des temps. Dès lors, pas de salut en Jésus-Christ (mystère chrétien de la Rédemption); la notion de faute universelle et donc de Rédemption est d’ailleurs étrangère à l’islam; chacun sera jugé par Dieu selon ses oeuvres. Le Coran est l’expression définitive de la Révélation, la « récapitulation » et le « sceau » de toute prophétie; la Torah de Moïse  et l’Évangile de Jésus ne sont que l’expression de Révélations partielles, par surcroît déformées par les juifs et les chrétiens. » (Théo, L’Encyclopédie catholique pour tous, Paris, Éditions Droguet/Ardant, © 1992, Imprimatur Paris le 6 février 1989, p. 142)

Je ne comprends pas comment vous pouvez affirmer que les musulmans et les chrétiens sont très proches. Je ne comprends pas parce « c’est […] avec la chrétienté latine, sous l’égide de Rome, que l’islam aura eu ses démêlés les plus durs et, hélas, les plus sanglants. » (Youakim Moubarac, Islam et arabité. Le dialogue islamo-chrétien. Les questions que le catholicisme se pose au sujet de l’islam*, http://youakimmoubarac.org/textes/12_-_YM_-_Les_questions_que_le_catholicisme_se_pose_au_sujet_de_l%27islam%5B,%20dossier%20h,%20p%20221.pdf – Y. Moubarac était un prêtre maronite libanais; il a écrit Les Musulmans : consultation islamo-chrétienne, paru en 1971)

Je ne comprends pas comment vous pouvez affirmer que les musulmans et les chrétiens sont très proches parce que : « L’islam peut être […] considéré comme la plus grande tourmente qui se soit jamais abattue sur l’histoire de l’Église. » (Youakim Moubarac, La Pentalogie islamo-chrétienne, T. III, L’islam et le dialogue islamo-chrétien, Beyrouth, Cénacle libanais, 1972-73)

Je ne comprends pas, Monsieur Labidi, comment vous pouvez affirmer que les musulmans et les chrétiens sont très proches parce que : « Nigéria : montée des tensions entre chrétiens et musulmans. Après des attentats qui ont visé les chrétiens le soir de Noël et qui ont fait 50 morts, les tensions au Nigéria entre chrétiens et musulmans semblent plus fortes que jamais. En ce mardi 3 janvier, les islamistes de la secte Boko Haram viennent d’ailleurs de poser un ultimatum aux chrétiens du nord du pays. Analyse de la situation avec Daniel Bach, directeur de recherche au CNRS et spécialiste du Nigéria.

Que se passe-t-il entre chrétiens et musulmans aujourd’hui au Nigéria ?

Les sources de conflits potentiels entre chrétiens et musulmans ont toujours été nombreuses au Nigéria, qu’il s’agisse des débats autour du champ d’application de la loi islamique (sharia), de la création de nouveaux Etats ou du statut des populations dites ‘non indigènes’. (propos recueillis par Matthieu Mégevand – publié le 03/01/2012, http://www.lemondedesreligions.fr/actualite/nigeria-montee-des-tensions-entre-chretiens-et-musulmans-03-01-2012-2159_118.php)

Je ne comprends pas comment vous pouvez affirmer que les musulmans et les chrétiens sont très proches parce que : « Chrétiens en terre d’Islam : l’impossible cohabitation ? Flambées de violence au Nigeria, expulsions au Maroc, fusillades en Égypte, exode en Irak… Les conflits interreligieux et les persécutions contre les minorités chrétiennes se multiplient dans les pays musulmans. Enquête sur un phénomène planétaire inquiétant. (Elise Collette, revue Jeune Afrique, http://www.jeuneafrique.com/197831/societe/chr-tiens-en-terre-d-islam-l-impossible-cohabitation/, 30 mars 2010)

Je ne comprends pas, Monsieur Labidi, comment vous pouvez affirmer que les musulmans et les chrétiens sont très proches, je ne comprends pas parce que :  « Les relations entre les chrétiens et les juifs d’un côté, les musulmans de l’autre, traversent au Moyen Orient une phase critique et décisive. Critique parce que les tensions semblent s’intensifier. Les attaques meurtrières sont de plus en plus violentes, elles sont perpétrées au nom même d’une appartenance religieuse. Critique, mais aussi décisive en raison de la présence des chrétiens de plus en plus timide. Timide à cause des vexations et des dangers au quotidien. Timide également et surtout suite à la diminution numérique notable dans plusieurs pays. Dès qu’ils peuvent, les chrétiens quittent leur pays natal, pour trouver refuge dans des lieux plus sûrs, au moins sur le plan sécuritaire. C’est un des constats majeurs du synode spécial pour les chrétiens d’Orient qui souligne avec force cette réalité. » (Michel Younès, maître de conférences à l’université catholique de Lyon, Présence Mariste, N° 267, avril 2011,

http://www.presence-mariste.fr/Les-relations-des-chretiens-avec-les-Juifs-et-les-musulmans.html)

Les musulmans et les chrétiens ne sont pas très proches les uns des autres; on vient de le voir. Les musulmans eux-mêmes ne sont pas très proches les uns des autres. « Les musulmans sont divisés, en fait très divisés, écrit Jean Daniel (essayiste et créateur du magazine d’actualité Le Nouvel Observateur). On ne voit pas, a priori, comment, depuis leur sein, surgirait l’imagination d’une grande réforme qui entraînerait une fraternité réelle. En fait, comme il s’agit de ce fameux « vivre ensemble » à partager entre chrétiens, juifs et musulmans, la question ne peut échapper aux querelles théologales : dans quelle mesure les croyants des trois religions monothéistes pourraient-ils conclure des accords sans aggraver leurs propres désaccords ? C’est là un obstacle majeur, car mille difficultés peuvent surgir dès qu’il s’agit de sexe, d’héritage, ou de projets matrimoniaux. »  (Jean Daniel, A propos du débat avec l’islam : il faut savoir vivre ensemble, https://www.nouvelobs.com/edito/20180424.OBS5681/a-propos-du-debat-avec-l-islam-il-faut-savoir-vivre-ensemble.html, 25 avril 2018)

DERNIERS MOTS

Les musulmans refusent une religion réduite au for intérieur, ils refusent l’affirmation des droits de l’homme au détriment des droits de Dieu

« Ainsi ce qui distingue et oppose Christianisme et Islam, c’est d’abord l’affirmation de l’unicité divine et le refus de la divinité du Christ; le christianisme est sapé à sa base. C’est ensuite le refus des évolutions anthropologiques survenues en Occident, tant le refus d’une religion réduite au for intérieur, inimaginable en Islam, que le refus de l’humanisme. Ce qu’accepte l’Islam, c’est « une Déclaration de l’Homme musulman » d’après le Coran, mais certainement pas une Déclaration des Droits de l’homme à l’occidentale. De plus, dans le cas de l’Islam laïcité et sécularisation ne peuvent s’envisager sous la forme qu’elles ont revêtues contre l’Eglise catholique : l’Islam n’a pas de clergé sur lequel agir en le réduisant à des fonctions sans écho réel dans la société civile. Et s’il peut s’envisager des liens entre Christianisme et Islam, c’est peut-être, ou certainement, dans la direction de la spiritualité qu’on peut les établir – à condition que l’on n’insiste pas d’abord sur la spécificité de la mystique chrétienne. Ces diverses formes d’opposition entre les deux religions ne sont pas près d’être surmontées. »

(Bernard Chédozeau, Formes successives des conflits théologiques entre christianisme et islam, Académie des sciences et lettres de Montpellier, Séance du 21/06/2004, Conférence n° 3871. – Bernard Chédozeau est professeur d’université, agrégé de lettres, docteur ès lettres; il est l’auteur de La Bible et la liturgie en français : l’Eglise tridentine et les traductions bibliques et liturgiques, 1600-1789, Paris, Éditions du Cerf, 1990, 296 p.)

Les musulmans refusent une religion réduite au for intérieur, ils refusent l’affirmation des droits de l’homme au détriment des droits de Dieu. Cette situation présentera-t-elle un jour une issue favorable? Que répondez-vous, Monsieur Labidi?

Veuillez agréer, Monsieur, mes salutations distinguées.

Roger Martel, citoyen de Lévis (Québec), 30 août 2018

Qu’est-ce que la laïcité ?

Par le gouvernement de la France, https://www.gouvernement.fr/qu-est-ce-que-la-laicite

OBSERVATOIRE DE LA LAÏCITÉ

Qu’est-ce que la laïcité ?

La laïcité repose sur trois principes et valeurs : la liberté de conscience et celle de manifester ses convictions dans les limites du respect de l’ordre public, la séparation des institutions publiques et des organisations religieuses, et l’égalité de tous devant la loi quelles que soient leurs croyances ou leurs convictions.

La laïcité garantit aux croyants et aux non-croyants le même droit à la liberté d’expression de leurs convictions. Elle assure aussi bien le droit d’avoir ou de ne pas avoir de religion, d’en changer ou de ne plus en avoir.

Elle garantit le libre exercice des cultes et la liberté de religion, mais aussi la liberté vis-à-vis de la religion : personne ne peut être contraint au respect de dogmes ou prescriptions religieuses.

La laïcité suppose la séparation de l’Etat et des organisations religieuses. L’ordre politique est fondé sur la seule souveraineté du peuple des citoyens, et l’Etat —qui ne reconnaît et ne salarie aucun culte— ne régit pas le fonctionnement interne des organisations religieuses.

De cette séparation se déduit la neutralité de l’Etat, des collectivités territoriales et des services publics, non de ses usagers.

La République laïque assure ainsi l’égalité des citoyens face à l’administration et au service public, quelles que soient leurs convictions ou croyances.

La laïcité n’est pas une opinion parmi d’autres mais la liberté d’en avoir une. Elle n’est pas une conviction mais le principe qui les autorise toutes, sous réserve du respect de l’ordre public.

  • – – – – –

Offert au https://www.gouvernement.fr/qu-est-ce-que-la-laicite

Vidéo n° 1 : Entretien avec Jean-Louis Bianco, Président de l’Observatoire de la laïcité
Vidéo n°2 : Vous avez dit laïcité ? Par Nicolas Cadène, Rapporteur général de l’Observatoire de la laïcité :
Vidéo n°3 : « La laïcité en trois minutes (ou presque) »
Film de l’association Coexister, lauréat d’une mention spéciale du Prix de la laïcité de la République française 2016
Vidéo n°4 : « La laïcité à l’école »
Le clip du ministère de l’Education nationale, de l’Enseignement supérieur et de la Recherche
Voir les autres vidéos réalisées en partenariat avec le CNFPT
Vidéo n°5 :#generationlaicité – Le port de signes distinctifs à l’école
Vidéo n°6 : #generationlaicite – Cours de sport et religion

Si vous avez plus de questions sur la laïcité en pratique, à l’école, au collège ou au lycée, rendez-vous sur : http://www.generationlaicite.fr

Lettre ouverte à un imam qui vante la charia à Lévis (Québec).

Lévis, le 17 août 2018

Monsieur Karim Elabed, imam

Mosquée de Lévis (Québec)

Monsieur,

Vous trouverez ci-dessous la lettre que j’ai envoyée le 16 août 2018 au président du conseil d’administration du Tremplin Centre pour personnes immigrantes et leurs familles (Lévis) et au directeur dudit Tremplin.

Auriez-vous la bonté de me dire si vous êtes d’accord avec les affirmations suivantes que contient la lettre mentionnée ci-dessus:

1) La charia est incompatible avec les droits de l’homme;

2) En matière pénale, les peines cruelles, inhumaines et dégradantes sont autorisées par la charia.

Pourriez-vous me dire également pourquoi les Québécoises et les Québécois devraient se réjouir que vous leur ayez présenté la charia sous un très beau jour?

Je serais heureux de vous donner la parole au www.lepasseurdelacote.com, où paraîtra la présente.

Veuillez agréer, Monsieur, mes salutations distinguées.

Roger Martel, citoyen de Lévis

P.-S. Vous n’avez pas répondu aux messages que je vous ai envoyés dans le passé. Un oubli, certainement.

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Lettre envoyée le 16 août 2018 au président du conseil d’administration du Tremplin Centre pour personnes immigrantes et leurs familles (Lévis) et au directeur dudit Tremplin :

Lévis, le 16 août 2018

Monsieur Elhadji Mamadou Diarra, président du conseil d’administration

Monsieur Guillaume Boivin, directeur

Le Tremplin , 52, Côte du passage, Lévis (Québec)

Messieurs,

Une activité appelée « Vivre ensemble : Soirée d’échange avec la communauté musulmane » a été organisée et offerte aux gens de Lévis par Le Tremplin Centre pour personnes immigrantes et leurs familles et la Mosquée de Lévis. Au cours de cette soirée, un marchand et imam, M. Karim Elabed, a vanté la charia. Or :

a) La charia est incompatible avec les droits de l’homme, écrit le Centre européen pour le droit et la justice, qui est titulaire du statut consultatif spécial auprès des Nations Unies / Conseil économique et social : « La charia est-elle compatible avec les droits de l’homme ? C’est une question concrète qui se pose de plus en plus en Europe […] et à laquelle l’Assemblée Parlementaire du Conseil de l’Europe (APCE) a décidé de chercher à répondre. En effet, au sein de la grande Europe, il est des territoires où la charia (ou « loi islamique ») est appliquée. Cela pose un problème au regard des droits de l’homme dans la mesure où ces États sont parties à la Convention européenne des droits de l’homme (CEDH) et en même temps appliquent ou respectent une justice islamique contraire à la Déclaration universelle des droits de l’homme (DUDH) et à la CEDH [Convention européenne des droits de l’homme]». (Source : https://eclj.org/religious-freedom/pace/la-charia-est-elle-compatible-avec-les-droits-de-lhomme-?lng=fr)

b) « En matière pénale, les peines cruelles, inhumaines et dégradantes sont autorisées par la charia [c’est la Commission des questions juridiques et des droits de l’homme du Conseil de l’Europe qui l’affirme], comme par exemple la lapidation à mort, la mort par décapitation ou pendaison, l’amputation d’un membre, la flagellation [la liste n’est pas complète]. De plus, l’apostasie [renonciation publique à une religion] de l’islam a pour effet d’une part, la mort civile de l’apostat ayant pour effet d’ouvrir sa succession, et d’autre part, sa mise à mort, s’il ne se rétracte pas. Enfin, les non-musulmans ne se voient pas reconnaître les mêmes droits que les musulmans en matière civile et pénale, ce qui constitue une discrimination fondée sur la religion, au sens de l’article 14 de la Convention » [Convention européenne des droits de l’homme]. (Source : http://www.assembly.coe.int/Committee/JUR/fjdoc282016.pdf)

Les gens du Québec apprécieraient, Monsieur Diarra, Monsieur Boivin, que vous leur expliquiez pourquoi Le Tremplin et la Mosquée de Lévis ont tenté de leur faire enfourcher l’idée que la charia est désirable. N’oubliez pas que vous avez des comptes à rendre à ceux qui vous donnent de l’argent : Ville de Lévis, Ministère de l’Immigration, de la Diversité et de l’inclusion, Mouvement Desjardins, Centraide, etc.

Je publierai la présente au www.lepasseurdelacote.com.

Bien à vous,

Roger Martel, citoyen de Lévis

Principal artisan, après les élèves, du journal de l’école primaire Saint-Dominique de Lévis, pendant douze ans (1986-1998)

Membre de l’Ordre des traducteurs, terminologues et interprètes agréés du Québec pendant vingt-six ans

Traducteur pour le Gouvernement du Canada pendant une vingtaine d’années, moitié comme pigiste, moitié comme employé

Bénévole pour Le Tremplin Centre pour personnes immigrantes et leurs familles entre 2013 et 2018

P.-S. Au cours de l’activité « Vivre ensemble » seuls deux musulmans se sont adressés au public. Pour éviter d’être soupçonné d’avoir fait de la propagande en faveur de l’islam, le Tremplin pourrait donner la parole à des universitaires rigoureux ferrés sur les religions, sur l’islam, que pourrait accompagner, pourquoi pas? une personne comme Mme Louise Arbour, autrefois juge à la Cour suprême du Canada et Haut Commissaire des Nations Unies aux droits de l’homme; ces personnes instruiraient des Lévisiennes et des Lévisiens sur les droits fondamentaux des êtres humains, sur le droit islamique. En 2008, Mme Arbour a déclaré que la Charte arabe des droits fondamentaux était « incompatible avec les normes internationales » (source : https://news.un.org/fr/story/2008/01/124852-hcdh-la-charte-arabe-des-droits-fondamentaux-incompatible-avec-les-normes#.V8A9SWX89Gg); il serait intéressant de l’écouter.

La charia présentée sous un beau jour au Québec. Lettre ouverte au prés. du Centre culturel islamique de Québec (août 2018)

Lévis, le 17 août 2018

Centre culturel islamique de Québec

Québec

Madame ou Monsieur,

Pourriez-vous transmettre le présent courriel à votre président, M. Mohamed Labidi?

Me permettrez-vous de vous faire remarquer que le Centre\M. Labidi n’a répondu à aucune de mes communications antérieures. Le Centre culturel islamique de Québec est-il réservé aux seuls musulmans? Si c’est le cas, pourriez-vous, par respect pour vos concitoyennes et concitoyens non-musulmans, l’indiquer dans les sites web du Centre?

Je vous remercie d’avance de votre collaboration.

Roger Martel, citoyen de Lévis

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Lévis, le 17 août 2018

M. Mohamed Labidi, président

Centre culturel islamique de Québec

Monsieur,

Vous trouverez ci-dessous la lettre que j’ai envoyée le 16 août 2018 au président du conseil d’administration du Tremplin Centre pour personnes immigrantes et leurs familles (Lévis) et au directeur dudit Tremplin.

Auriez-vous la bonté de me dire si vous êtes d’accord avec les affirmations suivantes :

1) La charia est incompatible avec les droits de l’homme;

2) En matière pénale, les peines cruelles, inhumaines et dégradantes sont autorisées par la charia.

Pourriez-vous me dire également si vous approuvez la présentation sous un très beau jour, par l’iman de Lévis, M. Karim Elabed, de la charia?

Vous et le Centre cultuel islamique de Québec n’avez jamais répondu à mes communications antérieures; je vais supposer que c’est un oubli malheureux. Cette fois-ci, j’espère que vous réagirez à mon message, que vous me répondrez.

Je serais heureux de vous donner la parole au www.lepasseurdelacote.com, où paraîtra la présente.

Je communiquerai bientôt avec l’iman de Lévis, M. Karim Elabed.

Veuillez agréer, Monsieur, mes salutations distinguées.

Roger Martel, citoyen de Lévis

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Lettre envoyée le 16 août 2018 au président du conseil d’administration du Tremplin Centre pour personnes immigrantes et leurs familles (Lévis) et au directeur dudit Tremplin :

Lévis, le 16 août 2018

Monsieur Elhadji Mamadou Diarra, président du conseil d’administration

Monsieur Guillaume Boivin, directeur

Le Tremplin , 52, Côte du passage, Lévis (Québec)

Messieurs,

Une activité appelée « Vivre ensemble : Soirée d’échange avec la communauté musulmane » a été organisée et offerte aux gens de Lévis par Le Tremplin Centre pour personnes immigrantes et leurs familles et la Mosquée de Lévis. Au cours de cette soirée, un marchand et imam, M. Karim Elabed, a vanté la charia. Or :

a) La charia est incompatible avec les droits de l’homme, écrit le Centre européen pour le droit et la justice, qui est titulaire du statut consultatif spécial auprès des Nations Unies / Conseil économique et social : « La charia est-elle compatible avec les droits de l’homme ? C’est une question concrète qui se pose de plus en plus en Europe […] et à laquelle l’Assemblée Parlementaire du Conseil de l’Europe (APCE) a décidé de chercher à répondre. En effet, au sein de la grande Europe, il est des territoires où la charia (ou « loi islamique ») est appliquée. Cela pose un problème au regard des droits de l’homme dans la mesure où ces États sont parties à la Convention européenne des droits de l’homme (CEDH) et en même temps appliquent ou respectent une justice islamique contraire à la Déclaration universelle des droits de l’homme (DUDH) et à la CEDH [Convention européenne des droits de l’homme]». (Source : https://eclj.org/religious-freedom/pace/la-charia-est-elle-compatible-avec-les-droits-de-lhomme-?lng=fr)

b) « En matière pénale, les peines cruelles, inhumaines et dégradantes sont autorisées par la charia [c’est la Commission des questions juridiques et des droits de l’homme du Conseil de l’Europe qui l’affirme], comme par exemple la lapidation à mort, la mort par décapitation ou pendaison, l’amputation d’un membre, la flagellation [la liste n’est pas complète]. De plus, l’apostasie [renonciation publique à une religion] de l’islam a pour effet d’une part, la mort civile de l’apostat ayant pour effet d’ouvrir sa succession, et d’autre part, sa mise à mort, s’il ne se rétracte pas. Enfin, les non-musulmans ne se voient pas reconnaître les mêmes droits que les musulmans en matière civile et pénale, ce qui constitue une discrimination fondée sur la religion, au sens de l’article 14 de la Convention » [Convention européenne des droits de l’homme]. (Source : http://www.assembly.coe.int/Committee/JUR/fjdoc282016.pdf)

Les gens du Québec apprécieraient, Monsieur Diarra, Monsieur Boivin, que vous leur expliquiez pourquoi Le Tremplin et la Mosquée de Lévis ont tenté de leur faire enfourcher l’idée que la charia est désirable. N’oubliez pas que vous avez des comptes à rendre à ceux qui vous donnent de l’argent : Ville de Lévis, Ministère de l’Immigration, de la Diversité et de l’inclusion, Mouvement Desjardins, Centraide, etc.

Je publierai la présente au www.lepasseurdelacote.com.

Bien à vous,

Roger Martel, citoyen de Lévis

Principal artisan, après les élèves, du journal de l’école primaire Saint-Dominique de Lévis, pendant douze ans (1986-1998)

Membre de l’Ordre des traducteurs, terminologues et interprètes agréés du Québec pendant vingt-six ans

Traducteur pour le Gouvernement du Canada pendant une vingtaine d’années, moitié comme pigiste, moitié comme employé

Bénévole pour Le Tremplin Centre pour personnes immigrantes et leurs familles entre 2013 et 2018

P.-S. Au cours de l’activité « Vivre ensemble » seuls deux musulmans se sont adressés au public. Pour éviter d’être soupçonné d’avoir fait de la propagande en faveur de l’islam, le Tremplin pourrait donner la parole à des universitaires rigoureux ferrés sur les religions, sur l’islam, que pourrait accompagner, pourquoi pas? une personne comme Mme Louise Arbour, autrefois juge à la Cour suprême du Canada et Haut Commissaire des Nations Unies aux droits de l’homme; ces personnes instruiraient des Lévisiennes et des Lévisiens sur les droits fondamentaux des êtres humains, sur le droit islamique. En 2008, Mme Arbour a déclaré que la Charte arabe des droits fondamentaux était « incompatible avec les normes internationales » (source : https://news.un.org/fr/story/2008/01/124852-hcdh-la-charte-arabe-des-droits-fondamentaux-incompatible-avec-les-normes#.V8A9SWX89Gg); il serait intéressant de l’écouter.

 

Le bilan de l’Arabie saoudite en termes de droits humains est désastreux. 30 mai 2018.

https://amnistie.ca/sinformer/communiques/international/2018/arabie-saoudite/larabie-saoudite-doit-investir-droits

29/03/2018 Communiqué

 

Ces derniers mois, des gros titres surprenants, comme « L’Arabie saoudite va autoriser les femmes à conduire », « L’élan anticorruption en Arabie saoudite » ou « L’Arabie saoudite sur la voie de la réforme », sont apparus dans la presse internationale. Dans le même temps, lorsque le prince héritier Mohammed bin Salman Al Saud s’est rendu au Royaume-Uni dernièrement, son arrivée était annoncée par des pleines pages dans des journaux et des panneaux commerciaux installés dans les rues de Londres annonçant « Il apporte le changement en Arabie saoudite ». La visite s’est soldée par la signature d’un protocole d’accord d’une valeur de 10 milliards de livres avec BAE Systems pour la vente d’avions à l’Arabie saoudite. Pendant les premiers jours de la visite du prince héritier aux États-Unis, un protocole d’accord de vente d’armes d’une valeur de plus de 12,5 milliards de dollars aurait été conclu entre les États-Unis et l’Arabie saoudite.

 

À première vue, on pourrait penser que l’Arabie saoudite est en train d’entreprendre d’importantes réformes. Cependant, depuis la nomination du prince héritier, peu d’éléments laissent à penser que ses ouvertures sont plus qu’un habile exercice de relations publiques. En réalité, le bilan de l’Arabie saoudite en termes de droits humains est désastreux et la situation n’a fait qu’empirer depuis que Mohammed bin Salman Al Saud a été officiellement nommé héritier du trône en juin 2017.

 

Au lieu de dépenser des millions de dollars pour des campagnes de relations publiques annonçant des mesures qui ne représentent qu’une infime partie de la refonte dont le pays a besoin, voici ce que l’Arabie saoudite devrait faire :

Cesser de réprimer les militants, les journalistes, les universitaires et les dissidents

Mettre fin à la discrimination systématique à l’encontre des femmes

Cesser de persécuter la minorité chiite

Cesser d’avoir recours à la peine de mort et à la torture

Cesser de tuer des civils au Yémen

 

Lire la suite au https://amnistie.ca/sinformer/communiques/international/2018/arabie-saoudite/larabie-saoudite-doit-investir-droits

Mis à jour le mardi, 3 avril 2018

 

CAMPAGNES D’AMNISTIE INTERNATIONAL : https://amnistie.ca/campagnes

Des partisans du président de la Turquie vivant en France osent bafouer la liberté d’expression en France !

 

Journal Le Monde 

 

https://www.lemonde.fr/societe/article/2018/05/27/des-militants-pro-erdogan-font-retirer-une-affiche-de-l-hebdomadaire-le-point_5305412_3224.html

Des militants pro-Erdogan font retirer une affiche de l’hebdomadaire « Le Point »

Au Pontet, dans le Vaucluse, une dizaine d’hommes ont exigé vendredi qu’un kiosquier ôte la « une » de l’hebdomadaire, qui qualifie le président turc de dictateur.

 

À voir – VIDÉO : https://www.francetvinfo.fr/monde/turquie/turquie-la-une-du-point-sur-erdo-an-fait-polemique_2772682.html


En France, le ministère ministère de l’Europe et des Affaires étrangères a écrit en avril 2018 :

« Nous sommes préoccupés par la condamnation hier de 14 journalistes et collaborateurs du quotidien turc Cumhuriyet. » (https://www.diplomatie.gouv.fr/fr/dossiers-pays/turquie/evenements/article/turquie-q-r-extrait-du-point-de-presse-26-04-18)

Amnesty International a écrit en 2018 :

TURQUIE 2017/2018

De nouvelles violations des droits humains ont été commises dans le contexte du maintien de l’état d’urgence. Les dissidents ont fait l’objet d’une répression sans merci visant en particulier les journalistes, les militants politiques et les défenseurs des droits humains. Des cas de torture ont cette année encore été signalés, mais dans une moindre mesure qu’au cours des semaines ayant suivi la tentative de coup d’État de juillet 2016. L’impunité généralisée faisait obstacle à ce que des enquêtes dignes de ce nom soient menées sur les violations des droits humains commises par des représentants de l’État. Des groupes armés ont continué de se livrer à des atteintes aux droits humains, avec notamment deux attaques perpétrées en janvier. (https://www.amnesty.org/fr/countries/europe-and-central-asia/turkey/report-turkey/)

 

Nations Unies Pacte international relatif aux droits civils et politiques

Distr. générale 13 novembre 2012

Comité des droits de l’homme

Observations finales concernant le rapport initial de la Turquie, adoptées par le Comité à sa 106e session (15 octobre-2 novembre 2012)

1. Le Comité des droits de l’homme a examiné le rapport initial de la Turquie (CCPR/C/TUR/1) à ses 2927e, 2928e et 2929e séances (CCPR/C/SR.2927, 2928 et 2929), les 17 et 18 octobre 2012. À sa 2944e séance (CCPR/C/SR.2944), le 30 octobre 2012, il a adopté les observations finales ci-après.

[…]

Le Comité constate avec préoccupation que les défenseurs des droits de l’homme et les professionnels des médias demeurent exposés au risque d’être condamnés pour avoir exercé leur métier, en particulier à cause de l’incrimination de la diffamation à l’article 125 du Code pénal et de l’application excessive des articles 214, 215, 216 et 220 (protection de l’ordre public), ou 226 (publication et diffusion de matériel obscène), 285 (confidentialité des enquêtes), 228 (pouvoir judiciaire), 314 (appartenance à une organisation armée) et 318 (interdiction de critiquer l’armée), ce qui décourage la formulation de commentaires critiques ainsi que tout regard critique de la part des médias sur des questions d’intérêt public légitime et a un effet préjudiciable sur la liberté d’expression dans l’État partie.

(Source : http://www.ohchr.org/FR/countries/ENACARegion/Pages/TRIndex.aspx consulté le 28 mai 2018)

 

 

Tahar Gaïd parle de l’islam, dont il est un spécialiste reconnu – Juin 2017

Source : article de Boualem Bouahmed, Tahar Gaïd. Islamologue « Ceux qui créent de nouveaux péchés se substituent au Créateur », El Watan (jounal algérien), 21.06.17, http://www.elwatan.com//actualite/ceux-qui-creent-de-nouveaux-peches-se-substituent-au-createur-21-06-2017-347655_109.php

EXTRAITS

NOTE Tahar Gaïd, né en Algérie en 1929, a écrit plusieurs ouvrages consacrés à l’islam. Il a participé à la lutte pour la libération nationale (l’Algérie française l’a gardé en prison pendant six ans). Diplomate, il a été ambassadeur dans plusieurs pays. On lui doit L’Encyclopédie thématique de l’Islam (Éditions Iqra).

1

[Tahar Gaïd dit :] Avec un milliard cinq cent millions de fidèles, soit 20% de la population mondiale, l’islam est la seconde religion de la planète. Au cours des prochaines décennies, sa croissance se poursuivra, ne serait-ce que sous l’effet mécanique de la démographie. Souhaitons la fin du radicalisme de l’islam qui devient une grande menace pour l’avenir de l’islam et des musulmans. Souhaitons aussi pour tous les pays musulmans l’instauration des Etats de droit, fondés sur les principes démocratiques et de la liberté d’expression.

2

[Question du journaliste] Dans vos livres qui, faut-il le rappeler, sont à forte tendance didactique, vous soulignez que les droits de l’homme, la fraternité, l’égalité, la justice, le respect de la femme, sont prônés et exigés par l’islam. Comment expliquez-vous alors qu’on ne trouve pas leur traduction sur le terrain dans les pays dits musulmans ?

[Réponse de Tahar Gaïd] Les valeurs de l’islam ont été ensevelies dans les méandres de l’histoire. Si le Prophète, que le salut de Dieu soit sur lui, devait revenir en ce monde, il ne reconnaîtrait plus la religion dont il avait eu la charge de communiquer à l’humanité. Nous observons de nombreuses déviations, particulièrement dans le domaine du statut de la femme. Nous allons donner quelques exemples.

La polygamie a été généralisée alors que le Coran la limite aux mariages des orphelines. Après la bataille d’Uhud, les musulmans ont perdu quelque soixante-dix hommes, laissant des veuves et des orphelines. Pour éviter à ces dernières un sombre avenir, le Coran règle le problème en recourant au mariage. De nos jours, ce n’est pas la religion qui est pratiquée mais une inclination à la jouissance charnelle pour certains. De toute façon, bien observé, le Coran recommande la monogamie tant il est difficile voire même impossible d’appliquer l’égalité sentimentale et même l’égalité sociale.

Le Coran prévoit le témoignage de deux femmes et un homme pour régulariser la question des dettes au cours des transactions commerciales. Les hommes ont, à tort, généralisé ce verset à toutes les questions et à tous les témoignages. Quoi qu’il en soit, comment peut-on aujourd’hui mettre en parallèle deux femmes économistes avec, par exemple, deux ouvriers ou même deux fonctionnaires étrangers aux systèmes financiers.

Comment a-t-on décidé arbitrairement de cloîtrer ainsi la femme musulmane, après le décès de son mari, pendant plus de quatre mois, sachant qu’Asma, la sœur d’Aïcha, est sortie de chez elle pour accomplir une omra après la mort de son mari Talha lors de la bataille dite du chameaux.

Sur un autre plan, rappelons que par le passé, la place de la femme dans la société n’était pas celle que nous lui connaissons aujourd’hui. Citons un exemple pour illustrer mon propos : lors de la mort d’Ibnu Hambal, un des fondateurs de l’une des quatre écoles juridiques, 600 000 personnes (chiffre énorme pour l’époque) ont assisté à son enterrement, dont 200 000 femmes. Celles-ci ont accompagné les hommes à l’intérieur même du cimetière. Mieux encore, l’oraison funèbre fut prononcée par une femme.

Quant à l’absence, entre autres, d’égalité et de justice sociale, il convient de signaler que nous avons combattu le colonialisme. Libérés des contraintes coloniales, au lieu d’appliquer les nobles enseignements de l’islam, nous avons repris à notre compte les mauvaises leçons de l’autorité coloniale. C’est ainsi que nous avons légalisé l’accumulation des richesses, légitimé la fraude et la corruption, instauré l’inégalité sociale, toléré l’atteinte à la dignité humaine.

3

[Question du journaliste] Dès l’âge inaugural de l’islam, plusieurs courants de pensée sont apparus. Aux sunnisme, chî’isme, kharédjisme, mu’tazilisme et soufisme des premiers temps de l’islam sont venus se greffer d’autres mouvements tardifs à l’image du bahaïsme et de l’ahmadisme. Qu’est-ce qui peut expliquer tout ce foisonnement de courants qui se réclament d’un seul Livre ?

[Extrait de la réponse de Tahar Gaïd] […] C’est la preuve que la liberté d’expression existait aux premiers temps de l’islam, bien qu’obtenue au prix de sacrifices sanglants. C’est un acquis précieux que nous cherchons aujourd’hui à obtenir. Il est à préciser que ces courants de pensée se sont manifestés différemment et à des dates historiques différentes, non sans quelques affrontements sanglants.

[…] Nous sommes aujourd’hui témoins de l’existence de certaines branches sectaires qui se réclament de l’islam.

[…] Aucune ne fait école. Au contraire, elles sont diverses et contradictoires. Il ne faut donc pas s’étonner que le salafisme, sous ses deux dernières formes, perdurera aussi longtemps qu’une école ou plusieurs écoles ne s’imposeront pas […].

4

[Tahar Gaïd dit :] Le Coran n’a pas tort de déclarer que Dieu ne change pas l’état d’un peuple si celui-ci ne change pas son comportement intérieur.