Glanures de lectures 28 avril 2013

LIVRE

« Je ne sais pas ce que c’est un livre. Personne ne le sait. Mais on sait quand il y en a un. Et quand il n’y a rien, on le sait comme on sait qu’on est pas encore mort. » (Marguerite Duras, cité au http://blogs.mediapart.fr/edition/bookclub/article/070313/une-gauche-de-gauche)

RAISON

On a toujours tort d’essayer d’avoir raison devant des gens qui ont toutes les bonnes raisons d’avoir tort. (Raymond Devos, cité par l’Institut québécois d’éthique appliquée dans son Bulletin réflexif – le 9 septembre 2008, www.ethique.net)

PLAN NORD

« Malgré un changement d’équipe gouvernementale en 2012, le « Plan Nord » reste la politique du gouvernement québécois en matière de « développement économique » du secteur minier. ([…] Le gouvernement entend financer un vaste réseau routier, fournir de l’électricité à bon marché ainsi qu’une main-d’oeuvre bien formée et soigné à même nos deniers publics, et ce, à des entreprises dont il sait qu’elles ne paieront leur « juste part ». (Alain Deneault, Minières et stratégies d’évitement fiscal, revue Relations, numéro 764, mai 20914, p. 16)

DÉMOCRATIE ET DÉMOCRATIE DÉLÉGUÉE

La démocratie, « c’est la base, je le dis dans toutes mes conférences. Les gens ne comprennent pas vraiment ce qu’est la démocratie. Ils ne sont pas conscients de tous les pouvoirs qu’ils ont. On doit toujours se battre pour une démocratie vivante où c’est encore la majorité qui décide des grandes orientations. Il faut se souvenir que le fait de déléguer le pouvoir à de petits groupes, c’est le commencement de la fin. » (Claude Béland : Quand le coeur sert de boussole !, entrevue réalisée par par Maryse Dubé en octobre 2009 et publiée par la Fédération des coopératives funéraires du Québec; on trouve cette entrevue au http://www.residence-funeraire.coop/chroniques/claude-beland-quand-coeur-sert-boussole-58/)

PROPAGANDE

« La propagande est à la démocratie ce que la violence est à un État totalitaire. » (Noam Chomsky)

VIEILLISSEMENT

Rares sont les créatures qui, en vieillissant, s’améliorent. Le plus souvent, presque toujours, ce que l’âge apporte avec lui, c’est la pétrification, la sclérose, l’être qui se ratatine. Jean-Jacques (Rousseau) ne suit pas la règle. La vie se retire de lui, et il se soucie d’être meilleur, plus courageux, moins égoïste. Quand la mort s’approche, écrit-il, « on pense à tout, hormis à cela ». Il y pense, lui, à sa mort. Il sait que l’heure solennelle n’est pas loin, et il songe à s’y préparer. (Henri Guillemin, préface aux Rêveries d’un promeneur solitaire de J.-J. Rousseau Lausanne, Éditions Rencontre, 1963, p. 27)

Glanures de lectures – 27 juillet 2012

« LE POLITIQUE S’EST AGENOUILLÉ DEVANT LES MARCHÉS POUR S’EN FAIRE LE LAQUAIS. »

 (Jean-Pierre Dupuy, philosophe, L’avenir de l’économie, Flammarion, 2012; cité par Denis Clerc et Christophe Fourel, « Le politique est devenu le laquais des marchés », Alternatives économiques (revue française), juin 2012, p.78) (Site web d’Alternatives économiques : http://www.alternatives-economiques.fr/)

« C’EST INCROYABLE DE VOIR À QUEL POINT LES INÉGALITÉS S’AGGRAVENT SANS QUE LES GENS RÉAGISSENT. »

 (Warren Buffet, milliardaire et philanthrope américain, propos rapportés dans The Economist, Londres, cité dans Courrier international, numéro 1125, du 24 au 30 mai 2012, p.8)

LE MOUVEMENT DESJARDINS, LA COOPÉRATION ET LE BRASSAGE D’AFFAIRES

« Capital régional et coopératif Desjardins injecte 26 millions $ dans le Groupe Filgo, un distributeur de produits pétroliers et gestionnaires de stations-service (…) Rappelons qu’une des filiales du Groupe Filgo, Philippe Gosselin et Associés, avait plaidé coupable en 2009 et payé une amende de 600 000 $ après avoir comploté pour fixer les prix de l’essence à la pompe à Thetford Mines et à Victoriaville. » (Pierre Couture, Desjardins investit 26 M$ dans le Groupe Filgo, Le Soleil (quotidien de Québec), 29 juin 2012, p. 23) – « À la suite de cette transaction, CRCD (Capital régional et coopératif Desjardins) devient actionnaire de l’entreprise… » (communiqué de CRCD daté du 28 juin 2012, http://www.capitalregional.com/Fr/communiques/527.html)

LES DROITS DES FEMMES

Le sommet de Rio + 20 n’est pas seulement décevant du point écologique. Il l’est aussi du point de vue des droits des femmes. Sous pression du Vatican, de plusieurs pays d’Amérique latine, de la Russie, de l’Egypte et – c’est une première – du Canada, le paragraphe qui prévoyait de reconnaître le droit de se reproduire ou non a été retiré. Les hommes du Vatican, si concernés, s’en félicitent.

(…)

Le nouveau président islamiste, Mohamed Morsi, ne risque pas de changer de cap, bien au contraire. L’une de ses premières déclarations a été d’encourager les femmes égyptiennes à faire plus d’enfants… C’est dire si l’alliance entre pays conservateurs et patriarcaux n’est pas éteinte. Surtout si le gouvernement canadien – sous l’influence d’ultralibéraux protestants proches de la droite religieuse américaine – se joint au club.

Source : Caroline Fourest, Croissez et polluez, journal Le Monde, 29.06.2012, http://www.lemonde.fr/idees/article/2012/06/29/croissez-et-polluez_1727003_3232.html

 FRÈRE

 Un frère est quelqu’un à qui on rend la dernière bille qu’on vient de lui gagner. (Joseph Joffo, Un sac de billes, 1973, éd. Le Livre de Poche, p. 12)

INÉGALITÉ

La saison approchait [à Nice], il allait y avoir du monde. Dans des lignes assez amères, papa nous apprenait que malgré « les malheurs qui s’étaient abattus sur la France » les places, le casino, les boîtes de nuit étaient pleins et que décidément, la guerre n’existait que pour les pauvres. (Joseph Joffo, Un sac de billes, 1973, éd. Le Livre de Poche, p. 181)

AU CANADA, DISCRIMINATION À L’ÉGARD DES ENFANTS DES PREMIÈRES NATIONS

Un jugement de la Cour fédérale ouvre enfin la voie à l’audition d’une cause décisive sur la discrimination à l’égard des enfants des Premières Nations (extraits)

Source : Assemblée des Premières nations, http://www.afn.ca/index.php/fr/nouvelles-et-medias/dernieres-nouvelles/un-jugement-de-la-cour-federale-ouvre-enfin-la-voie-a-laudition-dune-cause-decisive-sur-la-discrimination-a-legard-des-enfants-des-premieres-nations

Le 18 avril 2012

(Ottawa) Dans un jugement rendu aujourd’hui, la Cour fédérale a exhorté le Tribunal canadien des droits de la personne à examiner les preuves démontrant que les enfants des Premières Nations sont victimes de discrimination parce que les services d’aide à l’enfance offerts dans les réserves sont sous-financés par le gouvernement fédéral. Ce jugement confirme que le gouvernement fédéral peut être tenu responsable, en vertu de la Loi canadienne sur les droits de la personne, de veiller à ce que les membres des Premières Nations qui vivent dans les réserves bénéficient d’un accès juste et équitable aux services gouvernementaux.

Il y a plus de cinq ans que la Société de soutien à l’enfance et à la famille des Premières Nations du Canada (SSEFPNC) et l’Assemblée des Premières Nations (APN) ont déposé cette plainte pour discrimination. Toutefois, les preuves n’avaient jamais été examinées en raison d’une série d’objections techniques soulevées par les avocats du gouvernement fédéral.

[…]

Les lois et normes internationales en matière de droits de la personne indiquent clairement qu’aucune excuse n’est acceptable pour justifier une pratique discriminatoire », a déclaré Craig Benjamin, porte-parole d’Amnistie Internationale Canada. « Nous nous réjouissons du message clair que la Cour a adressé au gouvernement fédéral concernant son devoir de respecter ses obligations internationales en matière de droits de la personne. »

OÙ FAITES-VOUS VOS ACHATS ?

« Pour que le client de Wal-Mart soit comblé, le travailleur doit souffrir… Pour que les prix de Wal-Mart et de ses sous-traitants soient toujours les plus bas, il faut aussi que les conditions sociales se dégradent alentour. Et mieux vaut par conséquent que les syndicats n’existent pas. Ou que les produits viennent de Chine. »

Serge Halimi, Le Poumon du capitalisme américain, dans Manière de voir (Le Monde diplomatique), numéro 122, avril-mai 2012, p. 28

MANIÈRE DE VOIR DANS LE WEB : http://www.monde-diplomatique.fr/mav/

INÉGALITÉS ENTRE HOMMES ET FEMMES

La question des inégalités entre hommes et femmes est loin d’être réglée : quels que soient le domaine et la dimension de la vie sociale que l’on considère, la persistance des disparités, quelquefois importantes, entre la condition faite aux hommes et celle subie par les femmes est patente, en dépit du principe hautement affirmé de l’égalité entre les sexes.

[ … ] Comme les inégalités sociales auxquelles elles s’articulent, celles entre sexes se répètent et se cumulent : elles s’engendrent et se nourrissent mutuellement, en multipliant les avantages au profit des uns et les handicaps au détriment des autres. Ainsi la division inégalitaire du travail domestique dresse un sérieux obstacle à l’activité, à l’investissement dans une carrière professionnelle des femmes.

[ … ] S’attaquer directement à cette citadelle relève d’une mission presque impossible. On touche là au coeur de la vie privée des individus. Or toute notre civilisation, au moins depuis la Renaissance et plus encore à compter de l’établissement de régimes démocratiques, repose sur des principes intangibles tels que l’autonomie de l’intimité, garante de la liberté individuelle, à l’égard du champ public. Autrement dit, l’inégalité entre les sexes s’engendre à l’ombre de la vie privée, sous couvert de préserver les droits de la personne.

Alain BIHR et Roland PFEFFERKORN, Manière de voir ( Le Monde diplomatique), numéro 122, avril-mai 2012, p. 61, 62, 63

MANIÈRE DE VOIR DANS LE WEB : http://www.monde-diplomatique.fr/mav/

LE COUPLE MONDIALISATION ET PUBLICITÉ

«  La culture de la mondialisation, culture de l’abondance et de la répétition, ne peut exister que grâce aux bouches ouvertes des consommateurs. […]

« Pour entretenir le besoin, rien de tel que les messages publicitaire. Ils savent bien capter l’attention des enfants du Monde. Sont-ils la voix de la mère? La publicité décrète, c’est elle qui décide ce qu’il faut consommer, comment le consommer, quand et avec qui. La publicité pénètre les zones les plus intimes des enfants du Monde, utilisant les fragilités de la maturation pour les faire régresser dans les besoins du tout début de la vie. Se nourrissant des dernières idées en vogue sur l’inconscient, elle s’accroche avec beaucoup d’habilité aux pulsions, aux fantasmes et aux besoins narcissiques des enfants du Monde pour leur offrir les images crues de la sexualité, de la violence et elle se joue ainsi de la détresse humaine. Les fantasmes secrets et les expériences les plus personnelles se trouvent mis en images, banalisés, exposés à chaque coin de rue. C’est un viol du psychisme, un vol de la vie intérieure. »

(Kathleen Kelley-Laîné, psychanalyste, et Dominique Rousset, journaliste, Contes cruels de la mondialisation, Ed. Bayard, p. 67-68)

L’ÉCONOMIE, LES BESOINS, LE DÉSIR

« Tous les grands auteurs qui ont réfléchi à la place essentielle ou exorbitante que joue l’économie dans les sociétés moderneS – Adam Smith, Hegel, Tocqueville, Durkheim, Weber – ont été sensibles à ce paradoxe que l’économie, dans son étymologie même, c’est la mesure, la gestion prudente des choses de la maisonnée. Alors que l’économie réalisée, c’est la croissance sans bornes, le toujours plus, la démesure. Tous ont conclu que le moteur de économie avait à voir non avec les besoins mais avec le désir, non avec le matériel mais avec le spirituel. » (Jean-Pierre Dupuy, philosophe, propos recueillis par Denis Clerc et Christophe Fourel, « Le politique est devenu le laquais des marchés », Alternatives économiques (revue française), juin 2012, p.78)

(Site web d’Alternatives économiques : http://www.alternatives-economiques.fr/)

IL SERAIT TEMPS QUE SHORTS ET ROBES SOLEILS DISPARAISSENT

Par Georges de Montigny, commerçant de Saint-Romuald (Québec)

Texte paru dans Le Foyer, juin 1956 (Le périodique Le Foyer a été publié à Saint-Romuald, au Québec, de 1949 à 1972.)

« Petites ou grandes, blondes ou brunes, elles sont claires, nettes et saines, et Dieu lui-même doit sourire lorsqu’Il les voit passer. » 

Bien sûr qu’il avait raison Guy de Nigauderie. Seulement, ce jeune écrivain français ne devait pas se souvenir avoir débarqué sur le continent américain lorsqu’il écrivit ces lignes.

Dès juin, défilent dans les rues et sur les places publiques, des femmes affreusement attifées de shorts, de blue-jeans, de pedal pusher, de pantalons toréador, etc. En tout temps, d’ailleurs, on peut assister à la mascarade !

Dieu sourit-il du haut du ciel, en assistant au défilé de ces accoutrements hybrides ? J’en doute, parce qu’il est intelligent et que l’être humain a été créé à sa ressemblance ! Peut-être n’en veut-il pas surtout aux marchands juifs d’avoir popularisé comme vêtement féminin ces vulgaires culottes qu’on appelait autrefois ‘overalls’ – les pauvres diables, ils ont besoin d’argent ! – mais à la femme qui renverse ses plans d’ordre et de beauté. »

LES FILLES, par Guy de Larigaudie (1908-1940)

« Les jeunes filles sont l’image précieuse de notre mère lorsqu’elle avait notre âge. Petites ou grandes, blondes ou brunes, elles sont claires, nettes et saines, et Dieu lui-même doit sourire lorsqu’Il les voit passer. Plus tard seulement, lorsque tu seras plus mûri, tu découvriras parmi elles, ta femme de demain. Aujourd’hui, considère-les tout simplement comme de franches compagnes. Une éducation faussée nous a trop souvent appris à ne voir dans la femme qu’une occasion de péché, au lieu d’y déceler une source de richesses. Mais sœurs, cousines, amies, camarades ou cheftaines, les jeunes filles sont les compagnes de notre vie, puisque dans notre monde chrétien nous vivons, côte à côte, sur le même palier. Sans doute la camaraderie entre garçons et filles est chose infiniment délicate, qu’il faut mener avec prudence et régler chacun pour soi à sa propre mesure. Mais c’est un manque à gagner certain que de négliger ce don de Dieu que sont les vraies jeunes filles. […] Leur grâce nous allège et rétablit l’équilibre. Nous sommes trop cérébraux. Les jeunes filles comprennent d’un seul coup avec leur cœur ce que nous disséquons péniblement avec notre raison. Leur présence est un apaisement. Elles sont un sourire et une douceur dans notre cercle de luttes.

Mon Dieu, faites que nos sœurs les jeunes filles soient harmonieuses de corps, souriantes et habillées avec goût. Faites qu’elles soient saines et d’âme transparente. Qu’elles soient la pureté et la grâce de nos vies rudes. Qu’elles soient avec nous, simples, maternelles, sans détours ni coquetterie. Faites qu’aucun mal ne se glisse entre nous. Et que, garçons et filles, nous soyons, les uns pour les autres une source, non de fautes, mais d’enrichissement ».

Guy de Larigaudie (1908-1940) – Etoile au grand large

Publié dans : La Jeunesse de Dieu

Étoile au Grand Large – Suivi du Chant du vieux pays. Le testament spirituel de Larigaudie. Seuil, Paris, 1943.

« Guillaume Boulle de Larigaudie, connu sous le nom de Guy de Larigaudie, est un Routier Scout de France, écrivain, explorateur, conférencier et journaliste français, né à Paris, le 18 janvier 1908, et mort pour la France, tombé au champ d’honneur, le 11 mai 1940, à Musson, en Belgique. » (http://fr.wikipedia.org/wiki/Guy_de_Larigaudie)

Glanures de lectures – 6 juin 2012

Comme dans un champ où on glane, on s’en va d’épi en épi, il s’en allait de chose en chose.

(C. F. Ramuz, Aimé Pache, 1911)


Quand la participation citoyenne dérange une mairesse…

Le 15 novembre 2011, la mairesse de Lévis, Mme Danielle Roy Marinelli, prend la parole devant des promoteurs, des gestionnaires immobiliers, des membres de Institut de développement urbain du Québec. Le Journal de Lévis dit qu’elle « a parlé des projets majeurs à Lévis… et des contraintes qui retardent leur concrétisation, par exemple la plainte au MAM (ministère des Affaires municipales du Québec) pour le complexe aquatique ou le référendum qui a fait échoué le projet Roc Pointe. » La journaliste cite Mme Marinelli : « Moi je considère que c’est totalement inadmissible à partir du moment où une ville réussit à faire en sorte que plusieurs promoteurs bonifient leur projet pour faire un projet de développement durable, un projet avec des espaces parc, un projet avec un emplacement pour une future école, un projet qui correspond à 100% aux orientations gouvernementales, à la densification et que la loi permette qu’un petit groupe de citoyens réussissent à bloquer un projet majeur comme celui-là (Roc Pointe). Heureusement, la loi sur l’aménagement de l’urbanisme est en révision actuellement et on travaille très fort pour faire en sorte que les critères de signature des registres soient modifiés pour faire en sorte que les villes ne subissent pas ce genre de préjudice là à leur développement ». [] « Il y a certains citoyens qui requestionnent nos façons de faire et il y a une plainte actuellement au MAM, a-t-elle mentionné. On n’a aucune inquiétude sauf que ça met des bâtons dans les roues et ça fait en sorte que le projet est malheureusement retardé ». (Marie-Christine Patry, Journal de Lévis, http://www.icilevis.com/fr/archive.aspx?sortcode=1.34.39&id_article=5713)

MATIÈRE À RÉFLEXION

RÉSISTANCES CITOYENNES

LA FORCE DE PROPOSITION DES MOUVEMENTS CITOYENS

Paco Ignacio Taibo II et la résistance citoyenne

Source : http://altermondes.org/spip.php?article954, Altermondes, revue trimestrielle de solidarité internationale)

De la mobilisation des sociétés civiles en marge des sommets des G8 et G20, les médias ne recherchent et retiennent souvent que les images d’affrontement voire de violence. C’est négliger la force de proposition des mouvements citoyens et oublier que le progrès naît souvent de résistances citoyennes. Témoignage.

Il vit au Mexique, pays hôte du G20 en 2012, et écrit des polars (dont « Des morts qui dérangent » avec le Sous-commandant Marcos) qui sont lus dans le monde entier. Mais Paco Ignacio Taibo II est surtout un observateur sans concession du monde : « Pourquoi les médias ne montrent-ils que les violences lors des contre sommets ? Tout simplement, parce qu’ils sont une partie du système. La perception qu’ils essaient de transmettre est qu’il y a un ordre bien défini et qu’en dehors de cet ordre, c’est le chaos. C’est une vision fausse et perverse parce que ce qu’ils appellent l’ordre est en réalité le chaos.Les médias ont atteint un tel niveau de cynisme qu’ils présentent comme élégant ce qui est barbarie. Un jour, sur les instructions du dirigeant d’une banque internationale, 25 camions remplis de dollars et d’or ont traversé la frontière d’un pays. Illégalement. Du jour au lendemain, ce pays se transforme en un pays de 20 millions de pauvres. Créer 20 millions de pauvres en une nuit est l’un des actes de barbarie les plus profonds que j’ai vus dans ma vie. Le résultat de ces 25 camions, c’est aussi des centaines de suicides, des gens qui perdent leur maison, qui perdent leur emploi, qui dorment dans la rue, qui n’ont plus d’argent pour s’acheter à manger… Ce que je vous raconte, c’est la genèse de ce que l’on appelle el corralito, la grande crise économique qui a frappé l’Argentine en 2001 et qui a été produite par la finance internationale. C’est donc de la barbarie pure que l’on nous présente comme étant l’ordre. Le cynisme n’a plus de limite.Nous ne pouvons donc vivre que dans la résistance. Elle n’est pas plus nécessaire qu’avant : elle l’a toujours autant été. La résistance citoyenne est le seul espace de survie de la civilisation car elle rassemble les gens qui critiquent, les gens qui pensent, les citoyens responsables. C’est le monde de la solidarité contre le monde de la rapine. »

PROPOS RECUEILLIS PAR JULIE BARON ET DAVID ELOY

(« Revue de la solidarité internationale, du développement durable et des droits humains, Altermondes propose à ses lectrices et lecteurs un autre regard sur le monde, en donnant la parole aux sans voix, à celles et ceux qui, inlassablement et souvent dans l’ombre, oeuvrent à la construction d’un monde juste, durable et solidaire. »)

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IL NE FAUT JAMAIS LAISSER LE BIEN-ÊTRE ET LE BONHEUR DES GENS ENTRE LES MAINS DES FOUS DE L’ARGENT

« En Irak, les antiquités millénaires ne font pas le poids face à une industrie pétrolière en plein développement: malgré les protestations, un oléoduc traverse désormais le site archéologique mondialement connu de Babylone. « Le ministère du Pétrole a causé des dommages inestimables au site en creusant, sous les terrains archéologiques de Babylone, un tunnel de 1.550 mètres de long pour faire passer un oléoduc acheminant des produits pétroliers du sud du pays vers Bagdad », se lamente Qaïs Hussein Rachid, chef de la commission générale archéologique d’Irak. « Il y a des risques de pollution et cet ouvrage porte un coup mortel à tous nos efforts pour inscrire Babylone au Patrimoine mondial de l’Unesco », dit-il à l’AFP. » (Le Figaro, 17 mai 2012, http://www.lefigaro.fr/flash-actu/2012/05/17/97001-20120517FILWWW00404-irak-un-oleoduc-traverse-babylone.php)

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(Maintenant, détendons-nous, propose le Passeur de la Côte.)

Rimes riches à l’œil

Par Alphonse Allais

L’homme insulté‚ qui se retient
Est, à coup sûr, doux et patient.
Par contre, l’homme à l’humeur aigre
Gifle celui qui le dénigre.
Moi, je n’agis qu’à bon escient :
Mais, gare aux fâcheux qui me scient!
Qu’ils soient de Château-l’Abbaye
Ou nés à Saint-Germain-en-Laye,
Je les rejoins d’où qu’ils émanent,
Car mon courroux est permanent.
Ces gens qui se croient des Shakespeares !
Ou rois des îles Baléares!
Qui, tels des condors, se soulèvent !
Mieux vaut le moindre engoulevent.
Par le diable, sans être un aigle,
Je vois clair et ne suis pas bigle.
Fi des idiots qui balbutient !
Gloire au savant qui m’entretient!

(Le sourire, 7 décembre 1901)

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Glanures de lectures, 9 mai 2012

Comme dans un champ où on glane, on s’en va d’épi en épi, il s’en allait de chose en chose.

(C. F. Ramuz, Aimé Pache, 1911)

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VIE

« La vie m’était un cheval de race dont j’épousais tous les mouvements, mais c’était après l’avoir dressée. » (Marguerite Yourcenar, cité par Jacques Grand’Maison, Au nom de la conscience, une volée de bois vert. Montréal : Les Éditions Fides, 1999, 60 pp.)

SERVITUDE

Quand la terre est cultivée par des esclaves :

« La terre se resserre avec une sorte d’indignation sous ces pieds enchaînés et ces mains liées qui la touchent. » (Pline l’Ancien, Histoire naturelle, XVIII, 7), cité par Roger Grand et Raymond Delatouche, L’Agriculture au Moyen Age, De la fin de l’empire romain au XVIe siècle, 1950, p. 14)

IL N’Y A PAS DE SOTTES BONNES ACTIONS

Soreno est une entreprise pharmaceutique suisse que l’allemand Merck vient d’acquérir (on prévoit que Merck procédera à une « restructuraion saignante »). « Les premiers succès de Serono remontent aux années 1940-1950, écrit Lyonel Kaufmann. Son origine : un traitement contre l’infertilité fondé sur une hormone présente dans l’urine des femmes ménauposées. La banque vaticane, alors copropriétaire avisée de l’entreprise, avait mis à disposition la matière première des couvents, abondante et gratuite. » (http://www.politis.ch/carnets/2006/09/22/serono-de-lurine-de-nonne-menopausee-a-lopa-internationale/)

 

NOUS POUVONS (VRAIMENT) VIVRE ENSEMBLE

 « Si l’on refuse ces deux logiques – la loi du plus fort et la victoire des meilleurs – il nous reste à rendre possible la troisième dynamique, celle de la solidarité et du dialogue. » (G. Aurenche, C. Deltombe, P.-Y. Madignier, P.Peugeot et F. Soulage, Nous pouvons (vraiment) vivre ensemble, Paris, Éditions de l’Atelier, 2012, p. 75)

LE CRI DE L’ABBÉ PIERRE. APPEL À LA SOLIDARITÉ.

On trouve le texte suivant au http://www.editionsatelier.com/index.php?ID=1017766&contID=1015271. Il parle de ce livre : Nous pouvons (vraiment) vivre ensemble, Paris, Éditions de l’Atelier, date de parution : 05/04/2012, auteurs : G. Aurenche, C Deltombe, P.-Y. Madignier, P.Peugeot, F. Soulage.96 p. 12 euros.

En 1954, l’Abbé Pierre avait lancé un cri d’alarme qui avait réussit à mobiliser la France entière dans un grand élan de solidarité. Aujourd’hui, plus qu’un appel ponctuel, les présidents des cinq organisations engagées au quotidien auprès des plus démunis parlent d’une même voix, pour dire ensemble et fermement, la nécessité de repenser les logiques actuelles qui menacent l’essence même de notre démocratie. Le contexte de crise et l’angoisse qu’elle génère associé à un durcissement politique inquiétant déconstruisent de plus en plus notre pacte social en stigmatisant les plus fragiles. Par ce livre, ils entendent en appeler aux convictions et aux responsabilités de chacun et plus particulièrement à la responsabilité des gouvernants ou aspirants gouvernants. Les auteurs insistent sur l’urgence d’un véritable retournement des politiques pour que la France renoue avec ses valeurs d’humanisme. Au‐delà d’une simple interpellation aux candidats, ce livre s’appuie sur la réalité des faits, sur l’enseignement des pratiques de terrain et sur l’affirmation de valeurs communes pour proposer d’autres voies, d’autres modèles.


LA FORCE DU NOM

«On conseilla à un vieux juif russe de se choisir un nom bien américain que les autorités d’état civil n’auraient pas de mal à transcrire. Il demanda conseil à un employé de la salle des bagages qui lui proposa Rockfeller. Le vieux juif répéta plusieurs fois de suite Rockfeller, Rockfeller pour être sûr de ne pas l’oublier. Mais lorsque, plusieurs heures plus tard, l’officier d’état civil lui demanda son nom, il l’avait oublié et répondit, en yiddish : Schon vergessen (j’ai déjà oublié), et c’est ainsi qu’il fut inscrit sous le nom bien américain de John Fergus- son. » (Source : http://www.akadem.org/medias/programmes/0263.pdf)

« M. Katzmann change de nom en traduisant : Katz = chat, mann = l’homme. Il s’appelle désormais Chatlhomme. » (source : http://www.akadem.org/medias/programmes/0263.pdf)


LA COMMISSION DE TOPONYMIE DU QUÉBEC CÉLÈBRE SON CENTENAIRE EN 2012

Cliquez sur ce lien : http://www.toponymie.gouv.qc.ca/ct/100ans/index.html.

Mission et mandat de la Commission

Créée en 1977, en vertu de l’article 122 de la Charte de la langue française, la Commission de toponymie a pris le relais de la Commission de géographie (1912-1977).

La Charte définit la compétence, les devoirs et les pouvoirs de la Commission, qui est l’organisme responsable de la gestion des noms de lieux du Québec.

La Commission doit :

proposer au gouvernement les normes et les règles d’écriture à respecter dans la dénomination des lieux;

procéder à l’inventaire et à la conservation des noms de lieux;

établir et normaliser la terminologie géographique, en collaboration avec l’Office québécois de la langue française;

officialiser les noms de lieux;

diffuser la nomenclature géographique officielle du Québec;

donner son avis au gouvernement sur toute question que celui-ci soumet en matière de toponymie.

La Commission peut :

donner son avis au gouvernement et aux autres organismes de l’Administration sur toute question relative à la toponymie;

dans les territoires non organisés, nommer les lieux géographiques ou en changer les noms;

avec l’assentiment de l’organisme de l’Administration ayant une compétence concurrente sur le nom de lieu, déterminer ou changer le nom de tout lieu sur un territoire municipal local.

(Le texte précédent provient de http://www.toponymie.gouv.qc.ca/ct/a-propos-commission/mission-mandat/.)

CONSOMMATION

Les consommations des particuliers sont perpétuellement en rapport avec le caractère et les passions des hommes. Les plus nobles, les plus vils penchans y influent tour à tour; elles sont excitées par l’amour des plaisirs sensuels, par la vanité. (Jean-Baptiste Say, Traité d’économie politique ou simple exposition de la manière dont se forment, se distribuent ou se consomment les richesses, 1832, cité dans TLFI).


Glanures de lectures 1 mars 2012

Comme dans un champ où on glane, on s’en va d’épi en épi, il s’en allait de chose en chose.

(C. F. Ramuz, Aimé Pache, 1911)

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« HALTE-LÀ, ÇA SUFFIT ! » Dans un livre posthume, Danielle Mitterrand, résistante française, dit ce qu’elle n’accepte pas, elle dit entre autres ceci : « Le système a tellement exagéré dans la démesure, il a tellement pressuré non seulement la vie, les richesses humaines, mais aussi les richesses naturelles, qu’il existe aujourd’hui un mouvement qui dit : « Halte-là, ça suffit ! » Ce mouvement, j’y ai travaillé toute ma vie. Même quand François [François Mitterrand, son mari, président de la France de 1981 à 1995] était au pouvoir. Lorsque j’étais toute petite, ma mère me disait déjà : « Arrête de protester. » Aujourd’hui encore, on me dit : « Vous êtes un peu trop radicale. » Je réponds : « Il faut l’être. » Il faut toujours crier : « Vive l’avenir ! » ». – Danielle Miterrand (décédée le 22 novembre 2011 à l’âge de 87 ans), Ce que je n’accepte pas (livre d’entretiens avec Gilles Vanderpooten), Editions de l’Aube, 109 p., 2012.

JUGE « L’opinion de celui-là ne me plaît guère qui pensait, par la multitude des lois, brider l’autorité des juges, en leur taillant leurs morceaux. Il ne sait point qu’il y a autant de liberté et d’étendue à l’interprétation des lois qu’à leur façon » (Montaigne, Essais, L. III, Chap. XIII, « De l’expérience »; cité par Pierre Brunet, « Les juges européens au pays des valeurs », La Vie des idées, 9 juin 2009. ISSN : 2105-3030. URL : http://www.laviedesidees.fr/Les-juges-europeens-au-pays-des.html)

LA MORALE DES HOMMES

« La morale des hommes, tout simplement, c’est de ne pas faire ou laisser faire le mal, autant qu’il dépend d’eux. » (Pol Gaillard, Liberté et valeurs morales, Paris, Hatier, collection Profil, ©1978, p. 49)

PROVERBE

Ce que tu peux faire pour moi, si tu le fais sans moi, tu le fais contre moi. (Proverbe africain cité par Jean-Paul L’Allirer, ancien maire de Québec, rapporté par François Bourque dans Le Soleil, 13 février 2012, p. 5)

MINES CHINOISES EN TERRE QUÉBÉCOISE

Le Plan Nord québécois, qui semble être un instrument conçu d’abord et avant tout pour faire monter la popularité du politicien Jean Charest avant la prochaine campagne électorale, attire toutes sortes de monde, paraît-il, y compris des entreprises de l’État chinois. Comme il est bon de savoir comment se comportent les Chinois à l’extérieur de chez eux, je vous invite à lire ceci :

« Vent de révolte dans les mines de cuivre de Zambie. Depuis trois mois, les syndicats de mineurs de ce pays ont déclenché une vague de grèves pour protester contre leurs conditions de travail dans les mines exploitées par des entreprises d’Etat chinoises. Un rapport de l’ONG Human Rights Watch dénonçait en novembre dernier la violation des droits syndicaux, les horaires abusifs et les atteintes à l’hygiène et à la sécurité au travail. » (Texte paru dans la revue Alternatives économiques, février 2012, p. 94. Voir aussi ce site en anglais : http://www.hrw.org/reports/2011/11/03/you-ll-be-fired-if-you-refuse-0)

LES VALETS DE M. DESMARAIS

Le grand patron de la Caisse de dépôt et placement du Québec, M. Michael Sabia, et le premier minstre du Québec, M. Jean Charest, sont invités chez le richissime Paul Desmarais, homme d’affaires; ils vont chez M. Desmarais. Leur est-il déjà arrivé de décliner une invitation de M. Desmarais?

M. Desmarais appartient, on le voit, à une classe sociale privilégiée. Ce n’est pas un citoyen et un électeur comme un autre. Il a beaucoup, beaucoup, beaucoup plus de poids que vous et moi auprès de MM. Sabia et Charest, avec qui il peut discuter dans son salon, dans sa salle à manger, dans son écurie.

Les valets de M. Desmarais doivent savoir des choses intéressantes. On a hâte de lire leurs souvenirs.

De chose en chose

LE GOUVERNEMENT DU CANADA, LE CANADA ET LE DANGEREUX STEPHEN HARPER

STEPHEN HARPER ET SES PROJETS DE LOI DIGNES D’UN ÉTAT POLICIER.

LE PRÉSIDENT DE LA LIGUE DES DROITS ET LIBERTÉS PROTESTE ET INVITE À LA CONTESTATION.

Dans le numéro de février 2012 de la revue Relations, M. Dominique Peschard, président de la Ligue des droits et libertés (Québec), proteste avec force contre les projets de loi C-46 – Loi sur les pouvoirs d’enquête et C47 – Loi sur l’assistance au contrôle d’application des lois au 21e siècle, que le gouvernement Harper veut faire adopter. « Bien que ces lois permettraient une intrusion dans la vie privée sans commune mesure avec l’écoute électronique, le contrôle judiciaire auquel seront astreintes les autorités est beaucoup moindre », écrit M. Peschard.

M. Peschard fait une comparaison qui aide à comprendre la gravité de la menace que le gouvernement Harper fait peser sur les Canadiens : « C’est comme si on demandait à Postes Canada de photocopier toutes vos lettres… au cas où ».

M. Peschard conclut par ces mots : « Nous devons refuser ces projets de loi dignes d’un État policier ».

Si vous voulez que le gouvernement Harper renonce à faire adopter les projets de loi dont il est question ci-dessus, empressez-vous de signer la pétition que vous trouverez à cette adresse :

http://www.openmedia.ca/fr/ArretezLEspionnage

Pour lire la protestation de M. Peschard, allez au http://www.cjf.qc.ca/fr/relations/impr_article.php?ida=2810.

CHACUN A DROIT À LA PROTECTION CONTRE LES FOUILLES, LES PERQUISTIIONS OU LES SAISIES ABUSIVES. (Charte canadienne des droits et libertés, article 8)

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QUAND SARKOZY ET MERKEL RÊVENT

« Les choses qu’ils [Nicolas Sarkozy, Angela Merkel et compagnie] demandent au nom de leur vision romantique sont souvent cruelles, impliquant d’énormes sacrifices pour les salariés ordinaires et leurs familles…. Leurs visions sont mues par des rêves sur la façon dont les choses devraient être, plutôt que par une analyse rationnelle de ce qu’elles sont. » (Paul Krugman, économiste américain, cité par Guillaume Duval dans Alternatives Economiques n° 308 – décembre 2011) (Le texte de Krugman est tiré de Boring Cruel Romantics, The New York Times, 20 novembre 2011.)

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MONDIALISATION FINANCIÈRE ET TERRORISME

Livre de René Passet et Jean Liberman

Éditions Écosociété, Montréal / Collection Enjeux Planète / ISBN 2-921561-71-9 / 175 pages, 18 $

Le décryptage du nouveau terrorisme qui, pour la première fois, a frappé de plein fouet les États-Unis montre qu’il est inséparable de la mutation du monde et de l’instauration d’un type de pouvoir global plus inhumain que jamais. En effet, la politique économique néolibérale planétaire menée par la sphère financière, devenue maîtresse du globe, a complètement perverti les immenses promesses humaines de la mondialisation. La misère, l’exclusion de masse et l’humiliation sont la contrepartie de la marchandisation accélérée d’une part croissante des activités humaines: le fanatisme kamikaze, issu de populations en perdition, ne saurait se dissocier de la financiarisation du monde, de son information en réseaux et de son financement par un «argent sale» intégré au système.

Renonçant à prendre en compte ce diagnostic, le leadership néolibéral, au premier chef les États-Unis, se refuse toujours, malgré quelques faux-semblants, à prendre les mesures connues qui assécheraient le terreau de la barbarie hyperterroriste. Comment, donc, une mondialisation à finalité humaine pourrait parvenir à l’éradiquer en changeant les racines du pouvoir actuel, c’est le défi politique que propose René Passet dans cet ouvrage.

René Passet est professeur d’économie à l’Université Paris VII et a été président du conseil scientifique d’ATTAC jusqu’en décembre 2001. Il est l’auteur de nombreux ouvrages dont L’économique et le vivant (Économica), L’illusion néolibérale (Fayard) et Éloge de la mondialisation par un anti présumé (Fayard).

(Souce : http://www.ecosociete.org/tep04.php)

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LES TROIS TEMPS

 » Les choses passées et les choses futures ne sont point, et à proprement parler, on ne saurait dire qu’il y ait trois temps, le passé, le présent, le futur : mais peut être on pourrait dire avec vérité, qu’il y a trois temps :

le présent des choses passées

le présent des choses présentes

le présent des choses futures.

Et je trouve dans l’esprit ces trois choses que je ne trouve nulle part ailleurs :

le présent du passé, c’est la mémoire

le présent du présent, c’est l’attention

le présent du futur, c’est l’attente »

(Saint Augustin, Confessions)

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QUAND MENT-ON?

« On ne ment jamais autant qu’avant les élections, pendant la guerre et après la chasse. » (Bon mot attibué à Georges Clémenceau, homme politique français).

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MOTS ET ARSENIC

Les « mots peuvent être comme de minuscules doses d’arsenic : on les avale sans y prendre garde, ils semblent ne faire aucun effet, et voilà qu’après quelque temps l’effet toxique se fait sentir » (Victor Klemperer, LTI, la langue du IIIe Reich. Carnets d’un philologue, Paris, Albin Michel, Agora, Pocket, 2003 (réed.)p. 40).

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TORTURE

Tous les jours, des milliers d’hommes, de femmes et même d’enfants sont livrés à l’imagination des bourreaux.

En ce moment même, dans la majorité des pays du monde, l’usage de la torture est une pratique courante, voire routinière.

Le rapport Un monde tortionnaire 2011 fait suite à celui publié il y a un an par l’ACAT-France, avec une même ambition : rendre compte de l’ampleur et de la réalité des pratiques tortionnaires dans 23 nouveaux pays tout en poursuivant l’analyse des multiples dimensions de ce phénomène et des facteurs qui l’y encouragent.

(Texte de la Fédération internationale de l’Action des chrétiens pour l’abolition de la torture (FIACAT), organisation internationale non gouvernementale de défense des droits de l’homme. Pour en savoir plus, allez au http://www.unmondetortionnaire.com/La-Federation-internationale-de-l.)

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LE MYTHE DU DÉVELOPPEMENT

 Le mythe du développement. Les économies non viables du XXIe siècle

 Livre d’Oswaldo De Rivero

Édtions Écosociété, Montréal / Collection Enjeux Planète / ISBN 2-921561-86-7 / 241 pages, 18 $

Qu’arrive-t-il à la majorité des peuples du tiers-monde? Soyons honnêtes: ces peuples n’ont pas profité et ne profiteront pas des apports des projets de développement, promis depuis plus de cinquante ans. Les investissements nécessaires font défaut et les technologies modernes réduisent le besoin de main-d’œuvre au lieu de créer les emplois nécessaires aux multitudes des villes du Sud.

De nombreux pays s’effondrent en des «entités ingouvernables» contrôlées par des seigneurs de la guerre ou les mafias. Les modèles de développement fondés à la fois sur la régulation étatique et sur le libre marché ont failli. Il est erroné de qualifier de nombreux pays comme étant «en développement»: il vaudrait mieux les décrire comme des «économies nationales non viables».

Que faire? L’ordre du jour de la «richesse des nations» doit être remplacé par celui de «la survie des nations». Afin d’éviter l’accroissement de la misère humaine et du désordre politique, de nombreux pays doivent abandonner le rêve du développement et adopter des politiques de stabilisation de leur démographie et de survie nationale en assurant approvisionnement en eau, nourriture et énergie de base.

Oswaldo de Rivero a été ambassadeur du Pérou aux Nations Unies et a dirigé la délégation de son pays lors des négociations du GATT. Il vit aujourd’hui à Genève où il a travaillé comme consultant jusqu’à ce que le nouveau gouvernement péruvien le nomme ambassadeur auprès de l’Organisation mondiale du commerce (OMC).

(Source : http://www.ecosociete.org/tep06.php)

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LA VIE N’EST PAS UNE MARCHANDISE

La vie n’est pas une marchandise. Les dérives des droits de propriété intellectuelle

Livre de Vandana Shiva

Éditions Écosociété, Montréal / Collection Enjeux Planète / ISBN 2-921561-93-X / 159 pages, 18 $

 Qui ne connaît la brebis Dolly ? Mais qui sait comment le droit de propriété sur cet animal a été acquis ? Nouveauté des années 1980, des brevets sur les êtres vivants sont désormais accordés. Brevets exclusifs sur toutes les cellules du cordon ombilical des fœtus et des nouveau-nés, sur le gène du cancer du sein, sur le gène de l’obésité… Main basse sur les plantes médicinales indigènes, et 190 animaux transgéniques en attente d’être brevetés !

L’écologiste de renommée internationale et spécialiste en politiques scientifiques Vandana Shiva brosse dans cet ouvrage un tableau éloquent des lourdes conséquences pour l’humanité, tant sur le plan moral qu’écologique et économique, de l’extension des brevets à tous les domaines, y compris celui des êtres vivants (micro-organismes, semences, plantes, forêts, animaux et cellules -humaines).

Fournissant de nombreux exemples, l’auteure montre comment les géants du commerce mondial se servent du droit de propriété intellectuelle sur ces brevets pour légitimer leur propriété exclusive des ressources, produits et procédés biologiques utilisés depuis des siècles par des peuples de pays non industrialisés. Le brevetage par des transnationales de médicaments provenant de pharmacopées autochtones prend des proportions épidémiques dans les pays du Sud, et le savoir séculaire lui-même, appliqué depuis toujours aux besoins quotidiens des gens, court le danger imminent d’être breveté par l’Occident à des fins commerciales.

Cette scientifique défait aussi les mythes de ces brevets et explique les ravages de la biopiraterie légalisée. Mais elle ne se limite pas à démonter ce système. Elle propose une voie à suivre au sujet des lois, des brevets et des accords commerciaux internationaux, une voie qui respecte tous les êtres vivants, les droits fondamentaux des individus, notamment à la nourriture et aux médicaments, le patrimoine culturel et intellectuel des collectivités et des pays ainsi que la conservation de la biodiversité de la nature et de l’agriculture, indispensable à la survie des peuples.

Écologiste de renommée internationale, Vandana Shiva dirige la Research Foundation for Science, Technology and Ecology et est l’auteure de nombreux ouvrages dont La guerre de l’eau (Parangon), Le terrorisme alimentaire (Fayard) et La biopiraterie ou le pillage de la nature et de la connaissance (Alias etc.).

(Source : http://www.ecosociete.org/tep08.php)

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Glanures de lectures 20 décembre 2011

Comme dans un champ où on glane, on s’en va d’épi en épi,

il s’en allait de chose en chose.

(C. F. Ramuz, Aimé Pache, 1911)

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INTERNET ET LES ENFANTS

Vous avez des enfants qui naviguent sur Internet? Consultez http://www.internetsanscrainte.fr/accueil.

 Voici un extrait du texte que contient le site susmentionné :

 Comment aider mon enfant à développer son sens critique ?

 Conseils clés :

Remettre en cause le statut même de l’internet n’est pas forcément une mauvaise idée. Internet, c’est comme la météo ou les informations au télé-journal, ça peut se tromper ou n’être pas totalement objectif…

Aider l’enfant à identifier et vérifier ses sources, à questionner la pertinence des informations trouvées lors d’une recherche, à se forger une opinion en croisant les informations

Publier avec eux : publier en ligne est parfois la meilleure manière de prendre de la distance avec les informations trouvées

Vérifier qu’il sait bien qui il accepte comme « ami » en ligne, et les raisons d’être du forum/ groupe qu’il souhaite rejoindre

Lui apprendre à sélectionner et à contrôler les informations personnelles qu’il met en ligne sur les sites, blogs, ou au sein des réseaux sociaux, notamment en y contrôlant les options de vie privée

L’inviter, avant de donner des informations sur un site, à se poser la question de leur utilisation… voire à lire la politique de celui-ci en matière de protection des données.

CAPITALISME THÉRAPEUTIQUE

 […] comme c’est le cas de l’ensemble des avancées invincibles de ce qu’on appelle le néolibéralisme, les apparences n’ont même plus à être sauvegardées. Adaptation, motivation, coaching: le continuum entre la thérapeutique, la gestion de la main-d’oeuvre au travail et l’assistance sociale – destinée à ceux qui ont le devoir de se réintégrer, fût-ce imaginairement, dans les circuits du travail – est tel que l’on peut désormais parler d’un « capitalisme thérapeutique ». (Isabelle Stengers, récipiendaire du grand prix de philosophie de l’Académie française en 1993, préface au livre En finir avec le capitalisme thérapeutique. Soin, politique et communauté, écrit par Josep RAFANELL I ORRA, La Découverte, Collection : Les Empêcheurs de penser en rond, 2011.

DES TARIFS ENCORE PLUS ÉLEVÉS, TOUJOURS PLUS ÉLEVÉS CHEZ VIDEOTRON

« Des hausses justifiées? «Je ne crois pas que ces augmentations soient justifiées», soutient Richard Paradis, consultant en communications et télécommunications au Groupe CIC. Selon lui, les résultats financiers de Vidéotron au trimestre clos le 30 septembre 2011 parlent d’eux-mêmes. Sa marge de profit a été de 45 %, soit un bénéfice d’exploitation de 275 millions sur un chiffre d’affaires de 612 millions. Bref, l’entreprise semble très rentable. «Vidéotron est la vache à lait de Quebecor», dit M. Paradis.


«Les marges de profit dans ce secteur sont généralement de 30 à 40 %. C’est plus que chez les pétrolières et les banques», souligne Anthony Hémond, analyste d’Internet et des télécommunications à l’Union des consommateurs.

 (PROTÉGEZ-VOUS, 24 NOV. 2011, http://www.protegez-vous.ca/technologie/videotron-encore-une-hausse-de-tarifs.html)

CROISSANCE

« Ce que nous savons désormais est que si nous serrons les dents et continuons à avoir confiance dans la croissance, nous allons, comme on dit, « droit dans le mur ». (Isabelle Stengers, récipiendaire du grand prix de philosophie de l’Académie française en 1993, Au temps des catastrophes. Résister à la barbarie qui vient, Éditions La Découverte, Collection : Les Empêcheurs de penser en rond, 2009, p. 12)

EMPREINTE ÉCOLOGIQUE

Le consommateur est invité à mesurer son « empreinte écologique, c’est-à-dire le caractère irresponsable et égoïste de son mode de consommation ». (Isabelle Stengers, récipiendaire du grand prix de philosophie de l’Académie française en 1993, Au temps des catastrophes. Résister à la barbarie qui vient, Éditions La Découverte, Collection : Les Empêcheurs de penser en rond, 2009, p. 15)

ÉVOLUTION

 «Cessons de confondre évolution technologique à évolution biologique. En reculant dans le temps se dégage certes “une tendance qui va vers la bipédie toujours plus perfectionnée, un accroissement de la taille corporelle, une augmentation du volume cérébral et une réduction de la face”. Pourtant, tous ces caractères n’évoluent pas de concert. Il y a 60 000 ans à peine, les Néandertaliens, guère plus corpulents que nous, avaient un cerveau plus grand (de l’ordre de 200 cm3). Il en était de même pour les hommes de Cro-Magnon… L’homme de l’an 2000, utilisant Internet, n’est pas différent, et certainement pas plus intelligent que celui qui a peint Lascaux.»

(P. Picq, Les origines de l’homme, Paris, Tallandier, 2005, cité par Line Mc Murray, Les technologies et la vie, texte publié dans l’Encyclopédie de l’Agora (ce texte est extrait de La beauté des petites bêtes que personne n’aime, Coll. Figures libres, Montréal, Liber, 2006) : http://agora.qc.ca/Documents/Animal–Les_technologies_et_la_vie_par_Line_Mc_Murray)

LE MONDE REGORGE DE BEAUTÉS !

À Lévis, par exemple, très beau est l’acte de bravoure exceptionnel d’une jeune père de famille, M. Patrick Grondin. Ce citoyen, véritable héros, s’est porté avec succès à la défense d’une femme blessée et poursuivie par un homme muni d’une machette. Il a reçu la médaille du civisme à l’Assemblée nationale du Québec. Félicitations !