Je ne puis savourer les fruits de la modernité en toute quiétude si je ne suis pas sûr que les générations à venir pourront les savourer tout autant.

Extrait du livre Le Dérèglement du monde écrit par Amin Maalouf.

(Le Dérèglement du monde, essai, Paris, Éditions Grasset & Fasquelle, © 2009; édition de mars 2018, p. 12-14)

QUI EST AMIN MAALOUF

Amin Maalouf est né au Liban en 1949. Il est l’auteur de romans (il a reçu le Prix Goncourt pouLe Rocher de Tanios, le Prix France-Liban pour Léon l’Africain, et plusieurs autres prix); il a aussi écrit des essais : Les Identités meurtrières, 1998; Origines, 2004; Un fauteuil sur la Seine : Quatre siècles d’histoire de France, 2016; Le Naufrage des civilisations, 2019. Journaliste, Amin Maalouf a été le rédacteur en chef du périodique Jeune Afrique. Enfin, Amin Maalouf est docteur honoris causa de plusieurs universités et a été élu à l’Académie française en 2011.

 

« Mon inquiétude […] est celle d’un adepte des Lumières, qui les voit vaciller, faiblir et, en certains pays, sur le point de s’éteindre; c’est celle d’un passionné de la liberté, qui la croyait en passe de s’étendre sur l’ensemble de la planète et qui voit à présent se dessiner un monde où elle n’aurait plus sa place; c’est celle d’un partisan de la diversité harmonieuse, qui se voit contraint d’assister, impuissant, à la montée du fanatisme, de la violence, de l’exclusion et du désespoir; et c’est d’abord, tout simplement, celle d’un amoureux de la vie, qui ne veut pas se résigner à l’anéantissement qui guette.

[…] je ne puis savourer les fruits de la modernité en toute quiétude si je ne suis pas sûr que les générations à venir pourront les savourer tout autant. […] le navire sur lequel nous sommes embarqués est désormais à la dérive, sans cap, sans destination, sans visibilité, sans boussole, sur une mer houleuse, et […] il faudrait un sursaut, d’urgence, pour éviter le naufrage. […] Le temps n’est plus notre allié, c’est notre juge, et nous sommes déjà en sursis.

[…] l’humanité est confrontée [aujourd’hui] à de nouveaux périls, sans équivalents dans l’Histoire, et qui exigent des solutions globales inédites; si celles-ci n’étaient pas trouvées dans un proche avenir, rien de ce qui fait la grandeur et la beauté de notre civilisation ne pourra être préservé; […] bien des signes donnent […] à penser que le dérèglement du monde est déjà à un stade avancé, et il […] sera difficile d’empêcher une régression.

 

En 2019, Amin Maalouf a dit :

Quel lien de cause à effet faites-vous entre le « naufrage » actuel du Levant (Proche-Orient) et celui des autres civilisations ?

Je suis persuadé que mon Levant natal avait vocation à offrir au reste de l’humanité un modèle de coexistence harmonieuse, de prospérité et de progrès. Cette région, où sont nées les trois grandes religions monothéistes et où se sont côtoyées pendant des siècles des populations venues d’Orient et d’Occident, était en quelque sorte une préfiguration de ce qu’aurait pu constituer l’humanité mondialisée d’aujourd’hui. La désintégration de ces sociétés plurielles a causé une dégradation morale qui affecte à présent toutes les sociétés humaines, et qui déchaîne sur notre monde des barbaries insoupçonnées.

Amin Maalouf, propos rapportés par Chantal Cabé, “L’humanité a les moyens d’avancer vers la liberté, mais elle fait l’opposé”, La Vie (périodique français membre du groupe auquel appartient aussi le prestigieux quotidien Le Monde, 23/04/2019, http://www.lavie.fr/medias/cartes/amin-maalouf-l-humanite-a-les-moyens-d-avancer-vers-la-liberte-mais-elle-fait-l-oppose-17-04-2019-97746_534.php

 

Que sont les Lumières ?

Le mouvement des Lumières tire son nom de la volonté des philosophes européens du xviiie siècle de combattre les ténèbres de l’ignorance par la diffusion du savoir. L’Encyclopédie, dirigée par Diderot et d’Alembert, est le meilleur symbole de cette volonté de rassembler toutes les connaissances disponibles et de les répandre auprès du public – d’un public éclairé.

[…]

Confiants en la capacité de l’homme de se déterminer par la raison, les philosophes des Lumières exaltent aussi la référence à la nature et témoignent d’un optimisme envers l’histoire, fondé sur la croyance dans le progrès de l’humanité. L’affirmation de ces valeurs les conduit à combattre l’intolérance religieuse et l’absolutisme politique.

(Larousse, https://www.larousse.fr/encyclopedie/divers/si%C3%A8cle_des_Lumi%C3%A8res/130660 )

La pensée du siècle des Lumières se développe autour de deux thèmes majeurs : le retour à la nature, la recherche du bonheur. Les philosophes dénoncent dans les religions et les pouvoirs tyranniques des forces obscurantistes responsables de l’apparition du mal, dans un monde où l’homme aurait dû être heureux. Ils réhabilitent donc la nature humaine, qui n’est plus entachée par un péché originel ou une tare ontologique ; ils substituent à la recherche chrétienne du salut dans l’au-delà la quête ici-bas du bonheur individuel. À la condamnation des passions succède leur apologie : l’homme doit les satisfaire, à condition qu’elles ne s’opposent pas au bonheur d’autrui.

(Larousse, https://www.larousse.fr/encyclopedie/divers/si%C3%A8cle_des_Lumi%C3%A8res/130660)

Sortir l’islam de l’impasse. Appel aux musulmans.

Le Monde des religions, http://www.lemondedesreligions.fr/chroniques/editorial/mauvaise-foi-07-01-2019-7704_161.php

La revue française LE MONDE DES RELIGIONS appartient au même groupe que le prestigieux quotidien français LE MONDE.

« Rédactrice en chef du magazine Le Monde des religions (groupe Le Monde), Virginie Larousse est spécialiste des religions, de la laïcité et de la spiritualité. Elle est diplômée de l’université Paris 4-Sorbonne et de l’École du Louvre. » (https://expertes.fr/expertes/67697-virginie-larousse).

Madame Larousse est l’auteure du livre La théologie chrétienne publié par les Éditions Garnier en 2013.

L’ÉDITO Mauvaise foi (extraits)

Virginie Larousse – publié le 07/01/2019

Il avait fui les talibans d’Afghanistan il y a une quinzaine d’années pour venir chercher une vie paisible en France. C’est pourtant sous les balles d’un islamiste que Kamal Naghchband est tombé lors de l’attentat de Strasbourg (…) Nous n’en avons pas encore terminé avec ce mal, cette mauvaise foi qui conduit certains individus à se prendre pour Dieu. Pour un Dieu vengeur et rageur, en l’occurrence.

(…) C’est précisément pour endiguer la diffusion d’idéologies religieuses violentes que le président Macron a annoncé vouloir réformer l’organisation de l’islam. (…) L’État ne peut dédiaboliser Dieu, extirper les pulsions meurtrières des fanatiques de cette « mauvaise foi » en un Dieu cruel et sanguinaire. Ce travail revient à tout un chacun – théologiens, philosophes, citoyens. Il revient surtout aux musulmans eux-mêmes.

J’ai la chance de côtoyer, au quotidien, des musulmans d’exception. Des musulmans ouverts à l’altérité, totalement acquis à la libre conscience, qui cultivent la beauté, l’intelligence sous toutes ses formes, qui donnent beaucoup d’eux-mêmes, avec courage, pour sortir l’islam de l’impasse. Lors d’un débat organisé au Monde en octobre dernier, l’écrivain Kamel Daoud avait eu ces mots à leur adresse. « L’espoir c’est vous, ici [en Europe, ndlr]. Si vous réussissez à humaniser, à universaliser, à relativiser une pratique, une approche du texte, vous pouvez être en Occident les vecteurs d’un possible changement, d’une réforme de l’autre côté [de la Méditerranée]. Vous serez l’incarnation de cette possibilité. Mais si vous échouez ici, la catastrophe sera immense de l’autre côté. » À l’aube de 2019, osons espérer, mais surtout oeuvrer, pour que la lumière parvienne à percer l’obscurité.

La tragédie occultée des chrétiens en pays musulmans

La tragédie occultée

des chrétiens

en pays musulmans

Par Jean Mohsen Fahmy, 2010

Jean Mohsen Fahmy est l’auteur de Chrétiens d’Orient : le courage et la foi, essai, Médiaspaul, Montréal, 2015, 192 pages. Il est né au Caire, en Égypte, en 1942, il habite aujourd’hui en Ontario. Il a obtenu une licence en lettres de l’Université du Caire, un brevet en psychopédagogie de l’Université du Québec à Montréal, une maîtrise en lettres françaises de l’Université de Montréal et un doctorat en littérature et linguistique de l’Université McGill.

Sources :

1. Association des auteures et des auteurs de l’Ontario français (AAOF), https://aaof.ca/membres/repertoire/jean-mohsen-fahmy/

2. VLB Éditeur, http://www.edvlb.com/jean-mohsen-fahmy/auteur/fahm1000



Le Devoir (quotidien de Montréal), https://www.ledevoir.com/opinion/idees/285020/la-tragedie-occultee-des-chretiens-en-pays-musulmans

La tragédie occultée des chrétiens en pays musulmans

Jean Mohsen Fahmy – Écrivain 16 mars 2010

Au cours des derniers mois, un certain nombre d’incidents survenus dans des pays à majorité musulmane ont retenu l’attention. Rappelons certains d’entre eux:

– En août 2009, sept membres d’une famille chrétienne pakistanaise — dont deux jeunes enfants — sont enfermés par des islamistes dans leur maison et brûlés vifs.

– Le 6 janvier 2010, des chrétiens coptes égyptiens, sortant de la messe de minuit de Noël dans la ville de Nagaa Hamadi, sont mitraillés par des islamistes circulant en voiture. Bilan: six morts.

– Le 23 février dernier, dans la ville de Mossoul, au nord de l’Irak, un commando islamiste fait irruption dans la maison d’une famille chrétienne irakienne et tue le père et ses deux fils, sous les yeux horrifiés de sa femme et de sa fille. Ce massacre couronnait une semaine où huit chrétiens de cette ville avaient été assassinés.

Traitement des chrétiens

Cette sinistre litanie peut être poursuivie à l’infini. Si l’on élargit la zone d’investigation et si l’on recule de quelques décennies, le portrait se précise et s’étoffe: partout, des islamistes s’attaquent aux chrétiens, dont l’écrasante majorité est autochtone. En Algérie, sept moines trappistes, vivant dans le désert, ont été froidement assassinés à Tibhirine. En Égypte, les Coptes sont régulièrement mitraillés, leurs maisons et leurs commerces brûlés, leurs filles kidnappées et mariées de force à des musulmans.

Des musulmans égyptiens, convertis au christianisme, sont menacés de mort et dépouillés par l’État de tout statut légal. En Palestine et Israël, les chrétiens arabes sont laminés entre l’extrémisme musulman et l’extrémisme juif. Ils représentaient 25 % de la population au début du siècle dernier, ils n’en représentent plus que 2 % aujourd’hui.

Au Liban, 40 % des chrétiens ont quitté le pays. En Irak, 400 000 chrétiens irakiens (sur un million) ont dû fuir le pays à la suite des menaces et des assassinats (dont ceux de certains évêques et de nombreux prêtres) et végètent dans des camps de réfugiés. Au Pakistan, une «Loi du Blasphème» inique permet de condamner à tour de bras des membres de l’infime minorité chrétienne pakistanaise. En Malaisie, une loi récente durcit le traitement des chrétiens.

Indifférence

Le plus tragique dans tout cela est que cette persécution se fait dans la passivité presque totale des gouvernements de ces pays et dans l’indifférence ennuyée de la grande majorité des musulmans de ces pays — ou avec l’approbation active de certains d’entre eux.

Une conclusion s’impose, qui a d’ailleurs été déjà tirée par de nombreux observateurs: un rejet des chrétiens, quelquefois subtil, d’autres fois violent, est en train de s’opérer dans le monde musulman. On y accepte de plus en plus difficilement la présence de ceux que l’on juge «infidèles», même si ce sont des citoyens à plein titre, même si leurs communautés sont enracinées dans ces terres depuis des millénaires.

Pourquoi ce drame est-il ignoré, et pourquoi devrait-il nous intéresser, ici au Québec, ici au Canada? Pour plusieurs raisons:

a) Le silence général des médias (surtout anglophones) et de l’opinion publique sur cette tragédie est assourdissant. Si un traitement pareil était réservé à tout autre groupe religieux, juif, musulman, bouddhiste, on s’en émouvrait, on le dénoncerait — et à juste titre, car toute atteinte aux droits humains est intolérable. Mais on semble perplexe quand il s’agit de chrétiens, surtout de chrétiens aussi exotiques que des chrétiens «coptes» ou «irakiens» ou «arabes» ou «pakistanais».

b) Partout en Occident, et très particulièrement au Québec, on trouve incongru de parler de persécution des chrétiens. Pour certains milieux québécois, dès qu’on dit le mot «chrétien», on évoque des images négatives, on rappelle une Église qui a longtemps été puissante, on a presque une réaction allergique. On a une extrême difficulté à imaginer des chrétiens en situation minoritaire, menacés, frappés d’ostracisme, persécutés. On ignore donc le problème.

c) Nos concitoyens musulmans, qui demandent, à juste titre, le respect de tous leurs droits de citoyens canadiens, n’auraient-ils pas un message à transmettre à ceux des leurs qui sont restés dans leurs pays d’origine? N’auraient-ils pas un rôle à jouer pour que cesse cette tragédie?

Nettoyage religieux

Si l’on est un défenseur des droits de la personne, la tragédie des chrétiens dans les pays à majorité musulmane, pour peu spectaculaire, ou plutôt, pour peu médiatisée qu’elle soit, est aussi digne d’intérêt et de compassion que celle des minorités opprimées ailleurs.

Si, enfin, l’on souhaite que la paix règne dans le monde, si l’on veut éviter la confrontation entre blocs religieux ou entre les «civilisations» dont l’Américain Samuel Huntington s’est fait le théoricien, on voudra voir les gens de différentes confessions coexister pacifiquement, et l’on refusera la logique de ségrégation et d’homogénéité religieuse qui ne peut que nous ramener aux pires aberrations de l’histoire.

Notre temps a inventé l’expression «nettoyage ethnique». Un «nettoyage religieux» qui s’étend dans l’étouffante et insidieuse durée, qui se réalise grâce à un impitoyable laminage quotidien, avec de soudaines flambées de violence meurtrière, n’est ni moins terrible ni moins condamnable.

Jean Mohsen Fahmy – Écrivain

Islamophobie : l’intimidation de la population à propos d’une croyance religieuse fait le jeu de ses fidèles les plus sectaires.

Rassemblez des gens, envoyez-les crier dans les rues de Québec et de Montréal que les Québécois bafouent les droits des musulmans et qu’ils briment la liberté des musulmans, et vous réussirez à jeter des jeunes et des moins jeunes dans les bras des djihadistes ou des terroristes, même si votre cri est mensonger.

Tout un chacun a le droit de critiquer l’islam, le christianisme, le judaïsme, le Parti Républicain de Donald Trump, mère Teresa, le roi Pelé, le maire de sa ville, et de dire qu’il aime plus la Fanfare de Saint-Tite que celle de Maubeuge…

« … la religion n’est pas une personne et encore moins une race. Nous devrions pouvoir sans crainte, dans un pays libre, l’examiner, la critiquer, la dénoncer si besoin, la tourner en dérision et même l’insulter : aboli en France dès la Révolution, le blasphème est un droit démocratique élémentaire, constitutif et inséparable de la liberté d’expression, garanti par la Déclaration universelle des droits de l’homme et du citoyen de 1789. Vouloir intimider ou museler la population à propos d’une croyance religieuse, c’est faire le jeu de ses fidèles les plus sectaires et orthodoxes, au détriment de ceux et celles qui ont une pratique du culte beaucoup plus libérale. C’est aussi nous dire que l’héritage des Lumières mérite d’être abandonné. Si nous étions au XVIIIe siècle, les mêmes auraient cloué Voltaire, qui dénonçait l’intolérance religieuse et les crimes commis en son nom, au pilori. »

Alban Ketelbuters, Le concept d’islamophobie nous ramène deux siècles et demi en arrière, Le Monde des religions, 13/11/2019, http://www.lemondedesreligions.fr/une/le-concept-d-islamophobie-nous-ramene-deux-siecles-et-demi-en-arriere-13-11-2019-8375_115.php

( Alban Ketelbuters est coauteur de l’essai L’islamophobie (Dialogue Nord-Sud, 2016. De 2012 à 2017, il a publié des textes engagés relatifs à l’égalité des sexes, l’homosexualité et la laïcité, notamment dans Le Monde, Libération, Marianne, L’Humanité ou Le Devoir. Titulaire d’un master « Lettres, Arts et Pensée contemporaine » de l’Université Paris-Diderot – Paris VII, il prépare actuellement un doctorat en littérature et études féministes. – Source : Le Monde des religions, 13/11/2019 )

Pour Alban Ketelbuters*, l’intimidation de la population à propos d’une croyance religieuse fait le jeu de ses fidèles les plus sectaires.

Le Tremplin, Centre pour personnes immigrantes et leurs familles, expulse le corps de l’un de ses membres. Pourquoi? Lettre au président du CA.

Lévis, le 27 novembre 2019

Monsieur Elhadjid Mamadou Diarra, président, Conseil d’administration

Le Tremplin, Centre pour personnes immigrantes et leurs familles

52, côte du Passage, Lévis (Québec)

Monsieur,

J’ai été mis à la porte de votre Tremplin, Centre pour personnes immigrantes et leurs familles. Qui, au juste, a pris cette décision? Vous et M. Guillaume Boivin, directeur ou coordonnateur du Tremplin ? Vous seul, Monsieur Diarra ? Vous et le conseil d’administration de votre Tremplin que vous présidiez avant 2017, en 2017, en 2018, et présidez toujours ? A qui avez-vous fait savoir, Monsieur Diarra, que mon corps avait été expulsé de votre Tremplin ? À qui ? Pour le savoir, j’ai fouillé dans le web; j’ai consulté des procès-verbaux et des rapports annuels de votre Tremplin; je n’ai pas vu un seul mot sur mon expulsion, pas un ! Votre conseil d’administration doit bien créer des documents, des procès-verbaux de ses réunions, par exemple; y en a-t-il un qui parle de l’expulsion de mon corps de votre Tremplin, Monsieur Diarra ? Envoyez-moi donc les documents de votre Tremplin qui ont trait à la décision d’expulser mon corps de votre Tremplin, s’il en existe. Il ne serait pas normal qu’il n’en existe pas !

Je publierai la présente et votre réponse au www.lepasseurdelacote.com. Si vous ne me répondez pas, je le ferai savoir au même endroit.

J’aimerais aussi faire savoir à tout le monde pour quelle raison votre Tremplin, Monsieur Diarra, a expulsé mon corps. Dites-moi par écrit quelle est cette raison (je vous demande de bien vouloir utiliser le service Courrier recommandé de Postes Canada). (Bien sûr, je connais la raison de mon expulsion; mais il me faut vous entendre la donner.)

Bien à vous,

Roger Martel, citoyen de Lévis

P-S. Votre Tremplin a expulsé mon corps. Mon esprit ne l’a pas quitté.

Valeurs québécoises : Le Tremplin, Centre pour personnes immigrantes et leurs familles, ne respecte pas son engagement.

 

Lévis, le 26 novembre 2019

Monsieur Elhadjid Mamadou Diarra, président, Conseil d’administration

Le Tremplin, Centre pour personnes immigrantes et leurs familles

52, côte du Passage, Lévis (Québec)

Monsieur,

Le Tremplin, Centre pour personnes immigrantes et leurs familles, écrit, dans le procès-verbal de son assemblée générale annuelle tenue le 21 juin 2016, que je lui ai demandé de bien vouloir publier dans son site web la Déclaration sur les valeurs communes de la société québécoise (https://www.immigration-quebec.gouv.qc.ca/publications/fr/dcs/A-0520-VF.pdf); il ajoute ceci : « Ce document sera publié sur notre site web ». Trois ans plus tard, nous sommes en novembre 2019, le document n’a toujours pas été publié, malgré votre engagement, Monsieur Diarra.

Tremplin Valeurs comnunes societe quebecoise_demande de RM - Version 2

Extrait du procès-verbal de l’assemblée générale annuelle tenue le 21 juin 2016 par Le Tremplin, Centre pour personnes immigrantes et leurs familles

Le 20 juin 2019, je vous ai envoyé, à vous et à M. Guillaume Boivin, directeur ou coordonnateur du Tremplin, un document dans lequel je demande de nouveau la publication dans le site web du Tremplin de la Déclaration sur les valeurs communes de la société québécoise, ainsi que celle d’autres documents, dont la Charte des droits et libertés de la personne (http://legisquebec.gouv.qc.ca/fr/showdoc/cs/C-12) et le dépliant Connaître, respecter, partager les valeurs communes de la société québécoise (http://www.immigration-quebec.gouv.qc.ca/publications/fr/valeurs-communes/Depliant-Valeurs-Communes-Fr.pdf). Vous ne m’avez pas répondu.

On peut trouver étrange que vous refusiez, messieurs Diarra et Boivin, de déployer plus de moyens pour aider les immigrés à découvrir quels sont leurs droits et libertés au Canada, à les faire leur, à les intégrer; après tout, la mission du Tremplin consiste principalement, c’est écrit dans son site web, à « Favoriser l’accueil et l’intégration des personnes immigrantes » (http://www.letremplinlevis.com/organisme/mission-et-vision). Il faut aider le mieux possible les immigrés, en particulier ceux qui sont issus de pays très différents du Canada, à découvrir que leur nouveau lieu de vie possède des lois qu’ils doivent respecter comme les autres citoyennes et citoyens, y compris les lois qui contredisent une ou plusieurs de leurs valeurs ou même certains de leurs préceptes religieux. (Je sais : à l’impossible nul n’est tenu : si le Canada recrute des travailleurs dans un pays où sept femmes sur dix sont en faveur de l’excision des fillettes, les Canadiennes et les Canadiens doivent s’attendre à que le nombre des fillettes dont le clitoris sera coupé augmentera près de chez eux. En passant, pourquoi le Tremplin ne mènerait-il pas une campagne permanente de lutte contre la barbare excision, une autre contre la violation de la liberté religieuse, une autre contre… ? Les causes ne manquent pas.)

Je vous demande de respecter votre engagement à publier dans le site web du Tremplin la Déclaration sur les valeurs communes de la société québécoise.

Pourquoi n’avez-vous pas respecter votre engagement à publier dans le site web du Tremplin la Déclaration sur les valeurs communes de la société québécoise?

Bien à vous,

Roger Martel, citoyen de Lévis

M. l’archevêque G.-C. Lacroix, les chrétiens et les musulmans sont-ils « très proches » ?

Lévis, le 15 novembre 2019

Monsieur Gérald Cyprien Lacroix, archevêque

Archidiocèse catholique de Québec

1073, boulevard René-Lévesque Ouest

Québec (Québec), G1S 4R5

Monsieur,

J’attends toujours la réponse aux communications que je vous ai envoyées en 2018 au sujet de la conférence prononcée le 18 mars 2018 au Montmartre, Centre de culture et de foi (ce Centre est un bien de l’Église catholique) par M. Mohamed Labidi (alors président du Centre culturel islamique de Québec). Monseigneur Pelchat, votre collaborateur, m’a bien appelé, mais j’ai eu l’impression qu’il ne visait qu’à noyer le poisson.

Le message principal de M. Mohamed Labidi était celui-ci : les musulmans et les catholiques sont « très proches ». On peut en conclure que les catholiques pourraient facilement passer du christianisme à l’islam (mais les musulmanes et les musulmans… le Coran, œuvre de Dieu selon Mahomet et ses compagnons, leur interdit de renoncer à leur religion, donc pas question pour eux de porter l’habit catholique…). Diriez-vous, vous, M. Lacroix, que les catholiques et les musulmans sont « très proches » (malgré le fait que l’Arabie saoudite interdit la construction d’églises sur son territoire, malgré le fait que … etc.)?

La location d’une salle du Montmartre a coûté combien de dollars à M. Mohamed Labidi ou au Centre culturel islamique de Québec (qui gère la Grande Mosquée de Québec et la Mosquée Annour)?

Je publierai la présente et votre réponse (si vous me répondez) au www.lepasseurdelacote.com.

Je vous prie, Monsieur, d’agréer l’expression de mes sentiments les meilleurs.

Roger Martel, citoyen de Lévis

Membre de l’Ordre des traducteurs, terminologues et interprètes agréés du Québec (OTTIAQ) de 1981 à 2007. Ancien employé du Bureau de la traduction du Gouvernement du Canada. Principal artisan (bénévole) de la publication de huit numéros de la revue trimestrielle de la Société d’histoire régionale de Lévis (2006-2008). Pendant douze ans (1986-1998), principal artisan (bénévole), après les élèves, du journal de l’école primaire Saint-Dominique de Lévis en qualité de père d’élèves, puis de parent d’anciens élèves. Membre fondateur de la Société québécoise d’histoire de la pharmacie. Travailleur bénévole au Tremplin Centre pour personnes immigrantes et leurs familles depuis 2013. Libre d’antécédents judiciaires.


COMMUNICATIONS TRANSMISES AVANT NOVEMBRE 2019

Lévis, le 21 décembre 2018

Monsieur Gérald Cyprien Lacroix, archevêque

Archidiocèse catholique de Québec

1073, boulevard René-Lévesque Ouest

Québec (Québec), G1S 4R5

Monsieur,

Le 2 octobre 2018, je vous ai écrit (mon courriel est reproduit ci-dessous). Je pense qu’il serait important que vous me répondiez pour la raison suivante : des faits permettent de penser qu’il est vraisemblable que l’église catholique de Québec ait contribué à propager l’islam quand elle a ouvert les portes de son Montmartre, Centre de culture et de foi, le 18 mars 2018, afin que M. Mohamed Labidi (alors président du Centre culturel islamique de Québec) y prononce une conférence destinée en particulier, selon le conférencier lui-même, à démontrer que les musulmans et les catholiques sont « très proches », ce qui est faux comme une autre partie du présent envoi le démontre [selon le journaliste Philippe Vaillancourt, M. Labidi a déclaré à son auditoire : « Vous allez voir que nous sommes très proches » (http://presence-info.ca/article/pour-une-relance-du-dialogue-islamo-chretien-a-quebec].

Vous savez, Monsieur Lacroix, que l’islam proclame être la meilleure religion, vous avez lu ce que dit la Déclaration Islamique des Droits de l’Homme :

« … la Communauté islamique (oummah), la meilleure communauté que Dieu ait créée et qui a donné à l’humanité une civilisation universelle équilibrée, alliant la vie présente à l’au-delà, et la connaissance à la foi, et réaffirmant le rôle espéré que cette communauté devrait jouer aujourd’hui pour guider l’humanité plongée dans la confusion à cause de croyances et d’idéologies différentes et antagonistes, et pour apporter des solutions aux problèmes chroniques de cette civilisation matérialiste. » (La Déclaration Islamique des Droits de l’Homme Suivie de leurs spécificités dans la Charia Islamique, https://www.humanrights.ch/fr/droits-humains-internationaux/regionaux/arabe/ consulté le 18 mai 2018)

Dans le Coran (48, 28), vous avez lu, Monsieur Lacroix, que l’islam vise à devenir, doit devenir la religion dominante partout :

« C’est lui [Dieu] qui a envoyé son Prophète [Mahomet]

avec la Direction et la Religion vraie

pour la faire prévaloir sur toute autre religion. »

(Le Coran, traduction de Denise Masson, Folio Classique, tome II, p. 638)

Prétendre au Montmartre que les musulmans et les catholiques sont « très proches », c’est faire de la propagande, c’est chercher à propager l’islam, à faire accroire aux catholiques (en particulier à ceux qui, malheureusement, sont crédules ou ne connaissent pas ou très peu l’islam) qu’il n’y a presque pas de barrières à franchir pour passer du catholicisme à l’islam.

L’imam qui fait l’éloge au Québec de la charia (ou loi islamique) devant un auditoire composé principalement de catholiques ou de personnes ayant grandi dans une famille catholique, fait de la propagande (l’iman en question est celui de Lévis, M. Karim Elabed; il a prononcé son éloge le 18 mai 2017 au Patro, dans une chapelle dépouillée de son caractère sacré). [Des penseurs musulmans rejettent la charia. C’est le cas du célèbre islamologue, historien et professeur Mohamed Talbi : « Il n’y a que le Coran qui m’oblige », écrivait-il dans Penseur libre en islam (Albin Michel, 2002). « Je ne crois qu’au Coran et pas à la charia », déclarait-il à [la revue] Jeune Afrique en 2015. Le premier est l’œuvre de Dieu, la seconde n’est qu’une « production humaine » qui « n’a rien à voir avec l’islam » et dont les musulmans « doivent se délivrer », affirmait-il au Monde dès 2006. » [Le Monde, quotidien français] (https://www.lemonde.fr/afrique/article/2017/05/05/mohamed-talbi-l-eclaireur-du-coran_5123219_3212.html)

À mon avis, il est essentiel que vous disiez aux personnes qui habitent dans votre archidiocèse si l’idée du Montmartre de présenter la conférence de M. Mohamed Labidi était bonne, ou si le Montmartre a fait un faux pas.

La présente et votre réponse (si me me répondez) seront publiées au www.lepasseurdelacote.com.

L’appel téléphonique de M. Marc Pelchat, évêque auxiliaire à Québec, n’a pas répondu à ma question principale.

Je vous prie, Monsieur, d’agréer l’expression de mes sentiments les meilleurs.

Roger Martel

www.lepasseurdelacote.com

Membre de l’Ordre des traducteurs, terminologues et interprètes agréés du Québec (OTTIAQ) de 1981 à 2007. Ancien employé du Bureau de la traduction du Gouvernement du Canada. Principal artisan (bénévole) de la publication de huit numéros de la revue trimestrielle de la Société d’histoire régionale de Lévis (2006-2008). Pendant douze ans (1986-1998), principal artisan (bénévole), après les élèves, du journal de l’école primaire Saint-Dominique de Lévis en qualité de père d’élèves, puis de parent d’anciens élèves. Membre fondateur de la Société québécoise d’histoire de la pharmacie. Travailleur bénévole au Tremplin Centre pour personnes immigrantes et leurs familles de 2013 à 2018. Libre d’antécédents judiciaires.

P.-S. Est-ce le Montmartre, Centre de culture et de foi qui a invité M. Mohamed Labidi ou le Centre culturel islamique de Québec à prononcer une conférence chez lui, ou est-ce M. Mohamed Labidi ou le Centre culturel islamique de Québec qui a pris l’initiative de louer une salle au Montmartre?


Lévis, le 2 octobre 2018

Monsieur Gérald Cyprien Lacroix, archevêque

Archidiocèse catholique de Québec

1073, boulevard René-Lévesque Ouest

Québec (Québec) G1S 4R5

Téléphone : 418 688-1211- Télécopieur : 418 688-1399 – Courriel : info@ecdq.org

Monsieur,

Le 10 septembre 2018, j’ai écrit au Montmartre, Centre de culture et de foi, qui est un élément de l’Église catholique de Québec, au sujet de la conférence prononcée au Montmartre le 18 mars 2018 par le président du Centre culturel islamique de Québec, M. Mohamed Labidi (mon courriel était adressé à M. Édouard Shatov). Le 12 septembre 2018, M. Marcel Poirier, supérieur provincial des Augustins de l’Assomption de l’Amérique du Nord, a accusé réception de mon courriel. Le 12 septembre 2018, j’ai demandé à M. Poirier si son accusé  de réception était la réponse du Montmartre à mon courriel? M. Poirier ne m’a pas répondu.

Vous trouverez ci-jointes les communications mentionnées ci-dessus.

Je vous demanderais de bien vouloir réagir aux courriels que j’ai envoyés à MM. Shatov et Poirier, ainsi qu’à la réponse de M. Poirier. Mon petit doigt me dit que vous ne ferez pas comme le supérieur provincial des Augustins de l’Assomption de l’Amérique du Nord : traiter ma demande comme une pub de McDo.

[…]

Être xénophobe n’est pas bien. Être islamophobe n’est pas bien. Il est bien de faire obstacle à la mauvaise foi, au mensonge, à l’hypocrisie, à la tromperie, à la dissimulation.

Je vous prie, Monsieur, d’agréer l’expression de mes sentiments les meilleurs.

Roger Martel

Membre de l’Ordre des traducteurs, terminologues et interprètes agréés du Québec (OTTIAQ) de 1981 à 2007. Ancien employé du Bureau de la traduction du Gouvernement du Canada. Principal artisan (bénévole) de la publication de huit numéros de la revue trimestrielle de la Société d’histoire régionale de Lévis (2006-2008). Pendant douze ans (1986-1998), principal artisan (bénévole), après les élèves, du journal de l’école primaire Saint-Dominique de Lévis en qualité de père d’élèves, puis de parent d’anciens élèves. Membre fondateur de la Société québécoise d’histoire de la pharmacie. Travailleur bénévole au Tremplin Centre pour personnes immigrantes et leurs familles depuis 2013. Libre d’antécédents judiciaires.

P.-S. La présente sera publiée au www.lepasseurdelacote.com, de même que la réponse que le destinataire voudra bien lui donner.


Lévis, le 10 septembre 2018

Père Édouard Shatov

Le Montmartre, Centre de culture et de foi

1679, chemin St-Louis, Québec (Québec), G1S 1G5

culture-foi@lemontmartre.ca

Monsieur,

Auriez-vous l’amabilité de transmettre la présente à la direction du Montmartre?

Le 18 mars 2018, Monsieur Mohamed Labidi, président du Centre culturel islamique de Québec, a prononcé une conférence au Montmartre canadien. Selon le journaliste Philippe Vaillancourt, M. Labidi a dit à son auditoire : « Vous allez voir que nous sommes très proches » (le pronom nous désigne ici les musulmans et les chrétiens). (http://presence-info.ca/article/pour-une-relance-du-dialogue-islamo-chretien-a-quebec)

Avant d’accepter que M. Labidi s’adresse à des chrétiens et peut-être aussi à des non-chrétiens dans son enceinte, le Montmartre s’était-il assuré que M. Labidi avait les qualités requises pour traiter du sujet qu’il semble avoir choisi lui-même : la similitude, réelle ou non, entre les musulmans et les chrétiens. Pour parler d’un tel sujet, je suppose qu’il faut avoir de bonnes connaissances en théologie chrétienne et en théologie musulmane. M. Labidi en a-t-il? M. Labidi est présenté comme un homme d’affaires qui aurait été aussi fonctionnaire (on ne sait pas quel poste il occupait, quel métier il exerçait dans la fonction publique).

Dans l’auditoire de M. Labidi, y avait-il une ou plusieurs personnes en mesure de discuter de la question de la similitude, réelle ou non, entre les musulmans et les chrétiens? Ces personnes ont-elles pu interroger, dialoguer avec M. Labidi? Quelle formation avaient-elles?

Le Montmartre a-t-il écrit et publié un compte rendu de la conférence de M. Labidi?

Le Montmartre loue des salles. M. Labidi ou le Centre culturel islamique de Québec, présidé par M. Labidi, aurait-il loué une salle au Montmartre pour traiter de la similitude, réelle ou non, entre les musulmans et les chrétiens?

Je demanderais à la direction du Montmartre de lire le texte reproduit ci-dessous, que j’ai écrit et publié au http://www.lepasseurdelacote.

Je vous remercie de votre aide, M. Shatov, et vous prie d’agréer l’expression de mes sentiments les meilleurs.

Roger Martel, citoyen de Lévis

Membre de la Société des traducteurs, terminologues et interprètes agréés du Québec (OTTIAQ) de 1981 à 2007. Ancien employé du Bureau de la traduction du Gouvernement du Canada. Principal artisan de la publication de huit numéros de la revue trimestrielle de la Société d’histoire régionale de Lévis (2006-2008). Pendant douze ans (1986-1998), principal artisan, après les élèves, du journal de l’école primaire Saint-Dominique de Lévis en qualité de père d’élèves, puis de parent d’anciens élèves. Membre fondateur de la Société québécoise d’histoire de la pharmacie.


Réponse de M. Marcel Poirier reçue par Roger Martel le 12 septembre 2018

Monsieur Martel,

Nous accusons réception du document que vous avez envoyé au P. Édouard Shatov le 10 septembre dernier.

 Bonne journée !

 Marcel Poirier, a.a.

Montmartre

 

Réponse de Roger Martel au courriel de M. Marcel Poirier daté du 12 septembre 2018

Bonjour, Monsieur Poirier.

L’accusé  de réception du Montmartre est-il sa réponse à mon courriel?

Bonne journée.

Roger Martel

M. MARCEL POIRIER N’A PAS RÉPONDU À CE COURRIEL.


LETTRE À M. MOHAMED LABIDI, PRÉSIDENT

CENTRE CULTUREL ISLAMIQUE DE QUÉBEC

Introduction

Depuis 2017, le spectacle La Perle est présenté aux Émirats arabes unis, à Dubai. Une soixantaine d’artistes provenant de plus de vingt pays y déploient leurs talents. Chacun a son bagage culturel; un certain nombre pratiquent une religion : islam, catholicisme… d’autres sont incroyants; dans les coulisses, on parle plusieurs langues. Leur spectacle est magnifique, dit-on. Leurs différences les ont-ils empêché de le créer? Non. Ensemble, ne forment-ils pas un instrument dont la justesse est bien réglée? On nous dit que oui. Plusieurs fois par semaine, ne parviennent-ils pas à ravir les spectatrices et les spectateurs? On nous dit que oui. La grande Terre des humains, immensément riche de beautés créées par ses habitants, pourrait être une plus belle scène, vous en conviendrez; les humains pourraient y jouer un plus beau spectacle, vous en conviendrez. Ces temps-ci, je parle de religions, surtout de l’islam et du christianisme; c’est parce que je compte sur les filles, c’est parce que je compte sur les gars, comme a dit le poète Paul Fort (Si tous les gars du monde, poème).

Roger Martel, citoyen de Lévis (Québec), août 2018

Lévis, le 30 août 2018

Monsieur Mohamed Labidi, président

Centre culturel islamique de Québec, Québec

Monsieur,

Le 18 mars 2018, vous avez prononcé une conférence au Montmartre canadien, propriété du Diocèse catholique de Québec que dirige le cardinal Gérald Cyprien Lacroix. Vous avez dit à votre auditoire : « Vous allez voir que nous sommes très proches » (le pronom nous désigne ici les musulmans et les chrétiens). (Philippe Vaillancourt, journaliste, http://presence-info.ca/article/pour-une-relance-du-dialogue-islamo-chretien-a-quebec)

Je ne comprends pas, pour une, deux ou trois raisons, comment vous pouvez affirmer que les musulmans et les chrétiens sont très proches. Je ne comprends pas que vous puissiez affirmer que les musulmans et les chrétiens sont très proches quand le Centre que vous présidez affirme que Jésus n’était pas le fils de Dieu, que Jésus n’a pas été crucifié, que Jésus est monté vivant au ciel et que Judas Iscariote a été crucifié à sa place (Le Vatican en panique…, http://cciq.org/2014/05/22/le-vatican-en-panique-levangile-de-barnabe-annoncait-la-venue-de-mohammed-monotheisme-tolerant/). Avez-vous dit aux chrétiennes et aux chrétiens venus vous entendre au Montmartre canadien que le Centre que vous présidez soutient que Jésus n’était pas le fils de Dieu, que Jésus n’a pas été crucifié, que Jésus est monté vivant au ciel et que Judas Iscariote a été crucifié à sa place? Leur avez-vous dit que l’apôtre Paul est un imposteur selon la « bible » que l’on dit avoir été trouvée en Turquie et dont parle le Centre dans son texte Le Vatican en panique? Si Paul est un imposteur, l’Église abuse-t-elle autrui par des mensonges, de fausses promesses (voyez la définition du mot imposteur)?

AFFIRMER QUE JÉSUS N’A PAS ÉTÉ CRUCIFIÉ ET QU’IL EST MONTÉ VIVANT AU CIEL, DONC QU’IL N’A JAMAIS RESSUSCITÉ, CE N’EST PAS BANAL, OH QUE NON  : « LA RÉSURRECTION DU CHRIST EST AU CŒUR DE LA FOI CHRÉTIENNE. SANS RÉSURRECTION, DIT SAINT PAUL (1 CO 15, 17), LA FOI EST VAINE : RIEN DU CHRISTIANISME N’EXISTERAIT. »

(Théo, L’encyclopédie catholique pour tous, Paris, Éditions Droguet-Ardant\Fayard, dépôt légal mai 1993, imprimatur Paris le 6 février 1989, M. Vidal, vicaire épiscopal, p. 678)

Je ne comprends pas comment vous pouvez affirmer que les musulmans et les chrétiens sont très proches parce que : « Les pierres d’achoppement entre la religion musulmane et la religion catholique sont nombreuses. Qu’il s’agisse de la personne de Jésus, du dogme de La  Trinité, du concept de Révélation, de la liberté religieuse, de la prière, du statut de la femme etc. À la racine de toutes ces divergences, un rapport différent à nos « Écritures » respectives. » (Alain Feuvrier, jésuite et spécialiste de l’islam, Quelles différences entre l’islam et le christianisme? https://croire.la-croix.com/Definitions/Lexique/Islam/Quelles-differences-entre-l-islam-et-le-christianisme, 13 janvier 2015)

Je ne comprends pas, Monsieur Labidi, comment vous pouvez affirmer que les musulmans et les chrétiens sont très proches parce que : (François Jourdan, islamologue et théologien eudiste, est l’auteur de Islam et Christianisme, comprendre les différences de fond publié en 2015; il répond ici à cette question de la journaliste Eléonore de Vulpillières : « Une fois que le concile Vatican II a « ouvert les portes de l’altérité et du dialogue », écrivez-vous « on s’est installé dans le dialogue superficiel, le dialogue de salon, faussement consensuel ». Comment se manifeste ce consensualisme sur l’islam? ») (Réponse  de F. Jourdan 🙂 « Par l’ignorance, ou par les connaissances vues de loin et à bon compte: c’est la facilité. Alors on fait accréditer que l’islam est « abrahamique », que « nous avons la même foi », que nous sommes les religions « du Livre », et que nous avons le « même » Dieu, que l’on peut prier avec les « mêmes » mots, que le chrétien lui aussi doit reconnaître que Muhammad est « prophète » et au sens fort « comme les prophètes bibliques » et que le Coran est « révélé » pour lui au sens fort « comme la Bible » alors qu’il [le Coran] fait pourtant tomber 4/5e de la doctrine chrétienne… Et nous nous découvrons, par ce forcing déshonnête, que « nous avons beaucoup de points communs »! C’est indéfendable. » (Islam et christianisme : les impasses du dialogue interreligieux, http://www.lefigaro.fr/vox/religion/2016/01/22/31004-20160122ARTFIG00344-islam-et-christianisme-les-impasses-du-dialogue-interreligieux.php, 22/01/2016)

Je ne comprends pas comment vous pouvez affirmer que les musulmans et les chrétiens sont très proches parce que : « la charia est coranique, et l’islam doit supplanter toutes les autres religions (Coran 48,28; 3,19.85; et 2,286 récité dans les jardins du Vatican devant le Pape François et Shimon Pérès en juin 2014). D’ailleurs Boumédienne (président de l’Algérie (1932-1978), « il instaure un régime militaire qui provoque une opposition interne, réduite au silence (1967-1968) », écrit Larousse,) Kadhafi (Homme d’État libyen, 1942-2011) et Erdogan (homme d’état turc né en 1954), l’ont déclaré sans ambages ». (François Jourdan, islamologue et théologien eudiste, cité par la journaliste Eléonore de Vulpillières, http://www.lefigaro.fr/vox/religion/2016/01/22/31004-20160122ARTFIG00344-islam-et-christianisme-les-impasses-du-dialogue-interreligieux.ph,p, 22/01/2016)

Je ne comprends pas comment vous pouvez affirmer que les musulmans et les chrétiens sont très proches parce que : « L’un des plus douloureux malentendus concerne […] la personne de Jésus. Musulmans et chrétiens le revendiquent. Mais peut-on affirmer qu’il s’agit de la même personne ? En islam, Jésus (Aïssa) est l’un des nombreux prophètes musulmans envoyés par Dieu pour rappeler le pacte primordial entre Dieu et sa création. À l’instar des nombreux prophètes musulmans des temps passés (Adam, Abraham, Noé, Moïse etc.), Jésus (Aïssa) est lui aussi un grand prophète musulman, mais juste en dessous de Mohammed. Comme ce dernier, Jésus est prophète-envoyé : il a apporté un livre, l’Évangile (al-Indjîl), dont les chrétiens se réclament, mais qu’ils ont falsifié ; cette terrible accusation induit que, pour connaître l’authentique figure de Jésus, on doit recourir au Coran, seule révélation crédible. » (Alain Feuvrier, 13 janvier 2015)

Je ne comprends pas, Monsieur Labidi, comment vous pouvez affirmer que les musulmans et les chrétiens sont très proches parce que : « Enfin, le malentendu est redoublé puisque le Coran est, pour tout musulman, l’ultime Écriture donnée à Mohammed, sceau de toute prophétie. Or, il est impossible aux chrétiens de reconnaître Mohammed comme prophète, ni même comme l’exemple de toute fidélité à Dieu. Tout au plus peuvent-ils le voir comme un personnage des premiers âges de l’Ancien Testament, avant que la parole de Dieu n’ait policé les mœurs. Sur ce point, la distance entre chrétiens et musulmans est immense. Quant à Jésus, il est, entre chrétiens et musulmans, à la fois un lien très fort et « comme une pomme de discorde », écrit le penseur musulman Mohammed Talbi, qui poursuit : « L’islam le revendique et le glorifie. Mais, de ce fait, corollaire inévitable, Jésus est aussi un point focal des divergences qui opposent chrétiens et musulmans. Honnêtement, reconnaissons que nos divergences sont insurmontables. » (Alain Feuvrier, 13 janvier 2015)

Je ne comprends pas comment vous pouvez affirmer que les musulmans et les chrétiens sont très proches parce que : « De cette relation radicalement (au sens de « racine ») différente à leurs Écritures respectives découle, entre chrétiens et musulmans, le malentendu concernant le dogme chrétien de la Trinité. […] Ne nous arrêtons pas aux polémiques, bien présentes dans le Coran, concernant la « triade » chrétienne (un dieu « père », un dieu « fils » et Marie) (Coran 5, 116). Force est de constater que c’est là un point d’achoppement majeur. Les musulmans s’estiment en effet les seuls monothéistes authentiques. Puisque le Coran interdit formellement d’« associer » à Dieu d’autres dieux, les chrétiens sont taxés, en toute bonne foi, de polythéistes. Et le polythéisme est, en islam, le seul péché impardonnable ! » (Alain Feuvrier, 13 janvier 2015)

Je ne comprends pas comment vous pouvez affirmer que les musulmans et les chrétiens sont très proches parce que : « Pour les musulmans : Dieu ne peut pas être un en trois personnes (mystère chrétien de la Trinité). Par conséquent, Jésus ne peut pas être Dieu (mystère chrétien de l’Incarnation). Mais il est Verbe de Dieu, né de la Vierge Marie, Messie. Il n’est pas mort, on lui a substitué un sosie, il reviendra à la fin des temps. Dès lors, pas de salut en Jésus-Christ (mystère chrétien de la Rédemption); la notion de faute universelle et donc de Rédemption est d’ailleurs étrangère à l’islam; chacun sera jugé par Dieu selon ses oeuvres. Le Coran est l’expression définitive de la Révélation, la « récapitulation » et le « sceau » de toute prophétie; la Torah de Moïse  et l’Évangile de Jésus ne sont que l’expression de Révélations partielles, par surcroît déformées par les juifs et les chrétiens. » (Théo, L’Encyclopédie catholique pour tous, Paris, Éditions Droguet/Ardant, © 1992, Imprimatur Paris le 6 février 1989, p. 142)

Je ne comprends pas comment vous pouvez affirmer que les musulmans et les chrétiens sont très proches. Je ne comprends pas parce « c’est […] avec la chrétienté latine, sous l’égide de Rome, que l’islam aura eu ses démêlés les plus durs et, hélas, les plus sanglants. » (Youakim Moubarac, Islam et arabité. Le dialogue islamo-chrétien. Les questions que le catholicisme se pose au sujet de l’islam*, http://youakimmoubarac.org/textes/12_-_YM_-_Les_questions_que_le_catholicisme_se_pose_au_sujet_de_l%27islam%5B,%20dossier%20h,%20p%20221.pdf – Y. Moubarac était un prêtre maronite libanais; il a écrit Les Musulmans : consultation islamo-chrétienne, paru en 1971)

Je ne comprends pas comment vous pouvez affirmer que les musulmans et les chrétiens sont très proches parce que : « L’islam peut être […] considéré comme la plus grande tourmente qui se soit jamais abattue sur l’histoire de l’Église. » (Youakim Moubarac, La Pentalogie islamo-chrétienne, T. III, L’islam et le dialogue islamo-chrétien, Beyrouth, Cénacle libanais, 1972-73)

Je ne comprends pas, Monsieur Labidi, comment vous pouvez affirmer que les musulmans et les chrétiens sont très proches parce que : « Nigeria : montée des tensions entre chrétiens et musulmans. Après des attentats qui ont visé les chrétiens le soir de Noël et qui ont fait 50 morts, les tensions au Nigeria entre chrétiens et musulmans semblent plus fortes que jamais. En ce mardi 3 janvier, les islamistes de la secte Boko Haram viennent d’ailleurs de poser un ultimatum aux chrétiens du nord du pays. Analyse de la situation avec Daniel Bach, directeur de recherche au CNRS et spécialiste du Nigeria.

Que se passe-t-il entre chrétiens et musulmans aujourd’hui au Nigeria ?

Les sources de conflits potentiels entre chrétiens et musulmans ont toujours été nombreuses au Nigeria, qu’il s’agisse des débats autour du champ d’application de la loi islamique (sharia), de la création de nouveaux Etats ou du statut des populations dites ‘non indigènes’. (propos recueillis par Matthieu Mégevand – publié le 03/01/2012, http://www.lemondedesreligions.fr/actualite/nigeria-montee-des-tensions-entre-chretiens-et-musulmans-03-01-2012-2159_118.php)

Je ne comprends pas comment vous pouvez affirmer que les musulmans et les chrétiens sont très proches parce que : « Chrétiens en terre d’Islam : l’impossible cohabitation ? Flambées de violence au Nigeria, expulsions au Maroc, fusillades en Égypte, exode en Irak… Les conflits interreligieux et les persécutions contre les minorités chrétiennes se multiplient dans les pays musulmans. Enquête sur un phénomène planétaire inquiétant. (Elise Collette, revue Jeune Afrique, http://www.jeuneafrique.com/197831/societe/chr-tiens-en-terre-d-islam-l-impossible-cohabitation/, 30 mars 2010)

Je ne comprends pas, Monsieur Labidi, comment vous pouvez affirmer que les musulmans et les chrétiens sont très proches, je ne comprends pas parce que :  « Les relations entre les chrétiens et les juifs d’un côté, les musulmans de l’autre, traversent au Moyen Orient une phase critique et décisive. Critique parce que les tensions semblent s’intensifier. Les attaques meurtrières sont de plus en plus violentes, elles sont perpétrées au nom même d’une appartenance religieuse. Critique, mais aussi décisive en raison de la présence des chrétiens de plus en plus timide. Timide à cause des vexations et des dangers au quotidien. Timide également et surtout suite à la diminution numérique notable dans plusieurs pays. Dès qu’ils peuvent, les chrétiens quittent leur pays natal, pour trouver refuge dans des lieux plus sûrs, au moins sur le plan sécuritaire. C’est un des constats majeurs du synode spécial pour les chrétiens d’Orient qui souligne avec force cette réalité. » (Michel Younès, maître de conférences à l’université catholique de Lyon, Présence Mariste, N° 267, avril 2011,

http://www.presence-mariste.fr/Les-relations-des-chretiens-avec-les-Juifs-et-les-musulmans.html)

Les musulmans et les chrétiens ne sont pas très proches les uns des autres; on vient de le voir. Les musulmans eux-mêmes ne sont pas très proches les uns des autres. « Les musulmans sont divisés, en fait très divisés, écrit Jean Daniel (essayiste et créateur du magazine d’actualité Le Nouvel Observateur). On ne voit pas, a priori, comment, depuis leur sein, surgirait l’imagination d’une grande réforme qui entraînerait une fraternité réelle. En fait, comme il s’agit de ce fameux « vivre ensemble » à partager entre chrétiens, juifs et musulmans, la question ne peut échapper aux querelles théologales : dans quelle mesure les croyants des trois religions monothéistes pourraient-ils conclure des accords sans aggraver leurs propres désaccords ? C’est là un obstacle majeur, car mille difficultés peuvent surgir dès qu’il s’agit de sexe, d’héritage, ou de projets matrimoniaux. »  (Jean Daniel, A propos du débat avec l’islam : il faut savoir vivre ensemble, https://www.nouvelobs.com/edito/20180424.OBS5681/a-propos-du-debat-avec-l-islam-il-faut-savoir-vivre-ensemble.html, 25 avril 2018)

DERNIERS MOTS

Les musulmans refusent une religion réduite au for intérieur, ils refusent l’affirmation des droits de l’homme au détriment des droits de Dieu

« Ainsi ce qui distingue et oppose Christianisme et Islam, c’est d’abord l’affirmation de l’unicité divine et le refus de la divinité du Christ; le christianisme est sapé à sa base. C’est ensuite le refus des évolutions anthropologiques survenues en Occident, tant le refus d’une religion réduite au for intérieur, inimaginable en Islam, que le refus de l’humanisme. Ce qu’accepte l’Islam, c’est « une Déclaration de l’Homme musulman » d’après le Coran, mais certainement pas une Déclaration des Droits de l’homme à l’occidentale. De plus, dans le cas de l’Islam laïcité et sécularisation ne peuvent s’envisager sous la forme qu’elles ont revêtues contre l’Eglise catholique : l’Islam n’a pas de clergé sur lequel agir en le réduisant à des fonctions sans écho réel dans la société civile. Et s’il peut s’envisager des liens entre Christianisme et Islam, c’est peut-être, ou certainement, dans la direction de la spiritualité qu’on peut les établir – à condition que l’on n’insiste pas d’abord sur la spécificité de la mystique chrétienne. Ces diverses formes d’opposition entre les deux religions ne sont pas près d’être surmontées. »

(Bernard Chédozeau, Formes successives des conflits théologiques entre christianisme et islam, Académie des sciences et lettres de Montpellier, Séance du 21/06/2004, Conférence n° 3871. – Bernard Chédozeau est professeur d’université, agrégé de lettres, docteur ès lettres; il est l’auteur de La Bible et la liturgie en français : l’Eglise tridentine et les traductions bibliques et liturgiques, 1600-1789, Paris, Éditions du Cerf, 1990, 296 p.)

Les musulmans refusent une religion réduite au for intérieur, ils refusent l’affirmation des droits de l’homme au détriment des droits de Dieu. Cette situation présentera-t-elle un jour une issue favorable? Que répondez-vous, Monsieur Labidi?

Veuillez, Monsieur, agréer mes salutations distinguées.

Roger Martel, citoyen de Lévis (Québec)

FIN