Les élus ne doivent pas laisser les juges gouverner à leur place.

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Publié le 14 mai 2016 à 17h23 | Mis à jour le 14 mai 2016 à 17h23

Sous la tutelle des juges

Le Soleil, Carrefour des lecteurs

J’ai une certaine difficulté à comprendre comment fonctionne actuellement la démocratie au Canada. Il suffit en effet que des juges, des non-élus, donnent leur avis sur quelque projet de loi ou sur une loi en vigueur pour que des représentants élus courbent l’échine comme des écoliers pris en flagrant délit. Si les honorables magistrats qui les réprimandent font partie de la Cour suprême, c’est la panique. On est prêt à tout faire pour apaiser leur courroux, voire à légiférer à la hâte avec le risque de mal faire, comme cela adviendra possiblement dans le cas du projet de loi sur l’euthanasie, qualifiée d’aide médicale à mourir.

C’est sans doute plaisant pour des juges de gouverner à la place de députés timorés. Mais les auteurs de la Charte canadienne des droits et libertés avaient, semble-t-il, anticipé la possibilité d’une telle dérive, d’où l’insertion d’une clause dite de dérogation, laquelle réaffirme la primauté du pouvoir législatif dans l’élaboration des lois tout en respectant celle du pouvoir judiciaire quand il s’agit d’en faire l’interprétation à la lumière de principes constitutionnels fondamentaux. On voulait éviter que le pays ne soit gouverné par des juges, lesquels, tout honorables qu’ils soient, demeurent des non-élus.

Au fait, s’il existe chez des juges la tentation d’exercer une tutelle, c’est que prédomine trop souvent chez des représentants élus la peur d’assumer pleinement, dans des situations délicates, la charge de législateur. La tentation de la tutelle de la part des uns répond au vide juridique provoqué par l’inertie ou la pusillanimité des autres.

Louis O’Neill, Québec

Une fonction publique efficace au service de toute la collectivité, c’est vital pour toute société.

LA NOBLE CAUSE DU SERVICE PUBLIC

Journée pour la fonction publique : l’ONU célèbre la « noble cause » du service public

Source :

Organisation des Nations Unies (ONU), http://static.un.org/french/newscentre/pdf/2015/23062015Fr.pdf

23 juin – A l’occasion de la Journée des Nations Unies pour la fonction publique, le Secrétaire général des Nations Unies, Ban Ki-moon, a appelé mardi les jeunes du monde entier à contribuer à la construction d’un futur digne pour tous en se consacrant à la noble cause qu’est le service public.

« Nous célébrons aujourd’hui le dévouement dont font preuve les fonctionnaires du monde entier, qui s’emploient sans relâche à faire en sorte que chacun puisse bénéficier de services efficaces », a déclaré M. Ban dans un message.

La Journée célèbre chaque 23 juin la valeur et la vertu du service public pour la communauté, souligne sa contribution dans le processus de développement, reconnaît le travail des fonctionnaires et encourage les jeunes générations à poursuivre une carrière dans la fonction publique. Pour cette édition 2015, le Forum des Nations Unies sur le service public et la cérémonie de remise de prix de la Journée pour la fonction publique auront lieu à Medellin, en Colombie, du 23 au 26 juin 2015.

À une époque où le monde doit relever des défis sociaux, économiques et environnementaux immenses, le Secrétaire général a jugé « absolument indispensable » de pouvoir compter sur un service public responsable et sur des fonctionnaires à la hauteur de la tâche qui leur est confiée.

Rappelant cette année 2015 sera placée sous le signe d’une action concertée de la communauté internationale, M. Ban a évoqué les conférences des Nations Unies sur le financement du développement et l’adoption de nouveaux objectifs de développement durable qui se tiendront en juillet et en septembre, ainsi que la Conférence de Paris sur les changements climatiques qui aura lieu en décembre.

Le chef de l’ONU a affirmé que ces différents évènements sont susceptibles d’encourager le développement de l’esprit d’initiative dans la fonction publique.

« En effet, alors que les objectifs du Millénaire pour le développement font place aux objectifs de développement durable, tous les gouvernements vont devoir se doter de stratégies novatrices et intégrées promouvant le changement d’orientations, la coordination inter-institutions, la prise de décisions participative et la prestation, dans le respect du principe de responsabilité, de services efficaces, rapides et accessibles à tous », a expliqué M. Ban.

« Cette année, le Prix des Nations Unies pour la fonction publique récompense vingt-deux institutions publiques qui ont fait preuve d’innovation et d’esprit d’initiative », a-t-il déclaré, ajoutant que ces deux éléments permettent de fournir des services de meilleure qualité dans le respect du principe de responsabilité.

C’est notamment le cas, a poursuivi le Secrétaire général, des groupes marginalisés qui assistent à la manifestation organisée à Medellín, en Colombie, pour célébrer cette Journée internationale.

« Je saisis cette occasion pour remercier tous les fonctionnaires des efforts qu’ils déploient au quotidien pour faire oeuvre utile et j’invite les jeunes du monde entier à contribuer à la construction d’un futur digne pour tous en se consacrant à la noble cause qu’est le service public », a dit M. Ban.

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LETTRE

Quand la rigueur devient austère et discriminatoire

Le Devoir, 18 juin 2015 | | Québec

Par Marcel Perron, Neuville, 17 juin 2015

Récemment, M. Coiteux [Ministre du Québec responsable de l’Administration gouvernementale et de la Révision permanente des programmes et Président du Conseil du trésor] reprochait à PKP [Pierre-Karl Péladeau, chef du Parti québécois] d’appuyer les infirmières en revêtant un sarrau.

Il affirmait qu’un gouvernement doit représenter l’ensemble de la population. Pourquoi ce tout inclusif exclut-il les 650 000 employés et employées de l’État ?

Quelle réalité se cache derrière ces offres financières patronales (0 %, 0 %, 1 %, 1 % et 1 %), soit 3 % pour une durée de cinq ans ? De deux choses l’une : ou bien l’austérité va se prolonger pendant cinq ans, ou bien le secteur public va devenir le dindon de la farce de la reprise économique éventuelle.

Au minimum (c’est là où se situe le maximum gouvernemental…), les offres devraient s’aligner sur la projection de l’inflation pour les années à venir.

La CAQ [Coalition Avenir Québec, parti politique] devrait appuyer cette clause d’appauvrissement zéro. M. Legault [chef de la CAQ] clame ce principe d’indexation chaque fois que le gouvernement annonce des hausses de tarifs.

Les services publics sont donnés par des personnes respectables que l’on ne respecte pas dans cette négociation. Nous ne sommes plus dans la rigueur, l’attitude austère de ce gouvernement frôle le harcèlement envers ses employés et employées qui ne méritent pas un tel acharnement.

J’invite donc les Québécois et les Québécoises à revêtir le sarrau des travailleurs de la Santé, à partager la patience et l’engagement des enseignants et enseignantes et à apprécier le professionnalisme de tous ces employés et employées qui travaillent pour le bien-être de l’ensemble la population : oui, le secteur public est inclusif.

(Lettre parue dans le quotidien Le Devoir le 18 juin 2015, p. A6)

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OBJECTIFS DU MILLÉNAIRE POUR LE DÉVELOPPEMENT

Les huit objectifs du Millénaire pour le développement (OMD) forment un plan approuvé par tous les pays du monde et par toutes les grandes institutions mondiales de développement. Ils ont galvanisé des efforts sans précédent pour répondre aux besoins des plus pauvres dans le monde. L’ONU travaille avec les gouvernements, la société civile et les différents partenaires pour exploiter la dynamique dégagée par les OMD et poursuivre un programme ambitieux pour l’après-2015. (ONU, http://www.un.org/fr/millenniumgoals/)

OBJECTIFS DE DÉVELOPPEMENT DURABLE

Des progrès considérables ont été enregistrés pour atteindre la réalisation des OMD [objectifs du Millénaire pour le développement]. La pauvreté continue de diminuer à travers le monde, les enfants scolarisés en primaire n’ont jamais été aussi nombreux, les décès d’enfants ont diminué de façon spectaculaire, l’accès à l’eau potable a été très élargi et les investissements axés sur la lutte contre le paludisme, le sida et la tuberculose ont sauvé des millions de vies.

Les OMD font une vraie différence dans la vie des gens et avec une responsabilisation et un leadership massifs, ces progrès peuvent être étendus dans la plupart des pays du monde d’ici à l’échéance de 2015. Au-delà de 2015, les efforts engagés pour atteindre un monde de prospérité, d’équité, de liberté, de dignité et de paix seront poursuivis sans relâche.

Avec la conclusion des OMD à la fin de l’année 2015, les dirigeants du monde ont appelé à la mise en place d’un programme ambitieux et de long-terme pour améliorer la vie des populations et protéger la planète pour les générations futures. Ce programme de développement pour l’après-2015 abordera de nombreuses problématiques : mettre fin à la pauvreté et à la faim, améliorer la santé et l’éducation, bâtir des villes plus durables, combattre les changements climatiques et protéger les océans et les forêts.

Les gouvernements sont actuellement en pleines négociations et la société civile, les jeunes, l’industrie et tous les autres prennent part à la conversation mondiale. Les dirigeants mondiaux devraient adopter le programme lors du Sommet spécial sur le développement durable à New York en septembre 2015.

(http://www.un.org/fr/millenniumgoals/beyond2015.shtml)

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Message adressé au directeur des Musées de la civilisation (Québec). Objet : la « cage » dite de La Corriveau et un drôle de comité scientifique

Lévis, le 10 novembre 2014

 

Monsieur Michel Côté, directeur

Musées de la civilisation

Québec

 

Monsieur le directeur,

 

Il y a un certain temps, les Musées de la civilisation ont créé un comité scientifique (c’est ainsi que le service des relations de presse des Musées l’appelle) pour qu’il essaie de déterminer si la « cage » dite de La Corriveau trouvée aux États-Unis par Mme Claudia Mendez Ishii, membre de la Société d’histoire régionale de Lévis, est un artefact authentique. (Note 1) Selon Mme Catherine Ferland, docteure en histoire, la mission du comité consiste plus précisément à réaliser une « analyse combinée de l’histoire, de l’archivistique, de la chimie et des techniques de forge anciennes ». (Note 2)

 

Avant d’aller plus loin, je rappelle que la SHRL, en particulier deux de ses membres les plus importants : Mme Claudia Mendez Ishii et M. Claude Genest, soutient que la cage trouvée aux États-Unis par Mme Mendez Ishii à l’époque où elle était la vice-présidente de la SHRL, est un artefact authentique, la « vraie » cage, celle où Marie-Joseph Corriveau a été montrée en public en 1763. L’affirmation de Mme Mendez Ishii et de M. Genest est parfaitement infondée; à preuve : les Musées de la civilisation ont mis sur pied un comité scientifique pour établir si la « cage » américaine est un artefact authentique ou non…

 

Comme moi, Monsieur le directeur, vous devez penser que science et rigueur intellectuelle vont de pair et que la définition suivante du mot scientifique est correcte : « Qui, dans le domaine de la connaissance, présente les caractères de rigueur, d’exigence, d’objectivité caractéristiques de la science ou des sciences : Une enquête vraiment scientifique. » (Note 3) Vous ne vous étonnerez donc pas que je vous prie d’expliquer comment il se fait que les Musées de la civilisation aient commis l’erreur de choisir comme membres du comité scientifique Mme Claudia Mendez Ishii, M. Claude Genest et M. Clément Samson (ces deux derniers sont membres du conseil d’administration de la SHRL). La raison de ma demande? Mme Mendez Ishii et M. Genest se sont dérobés aux exigences de rigueur intellectuelle en faisant leur affirmation infondée (M. Genest, historien, a même montré son insuffisance professionnelle), et l’impartialité de M. Clément Samson peut être mise en doute raisonnablement comme je le démontrerai plus bas.

 

Parlons donc de la présence dans le comité scientifique de Mme Claudia Mendez Ishii, de M. Claude Genest et de M. Clément Samson.

 

Mme Mendez Ishii détient un diplôme en sociologie, on ne sait pas si elle a déjà travaillé longuement comme sociologue, on sait qu’elle exerce à Lévis le métier de guide touristique et qu’elle est la copropriétaire d’une entreprise qui organise des visites touristiques à Lévis, j’ai bien dit visites touristiques (l’autre propriétaire a déjà été membre du conseil d’administration de la SHRL); on sait aussi, on vient d’en parler, que Mme Mendez Ishii peut faire montre d’un manque de rigueur intellectuelle; et on comprend qu’il serait avantageux pour son entreprise et pour elle que la « cage » américaine soit déclarée artefact authentique étant donné qu’elle attirerait des visiteurs à Lévis (la notion de conflit d’intérêts transparaît).

 

M. Genest a un diplôme en histoire; il travaille pour une entreprise, la Société historique Alphonse Desjardins, qui est un élément du Mouvement Desjardins. On l’a vu : M. Genest a fait preuve de laisser-aller intellectuel en répandant une affirmation infondée. Dans son cas comme dans celui de Mme Mendez Ishii, la notion de conflit d’intérêts se montre : il serait en effet avantageux pour l’employeur de M. Genest, la Maison Alphonse Desjardins, située à Lévis, que la « cage » américaine soit déclarée artefact authentique étant donné qu’une partie des visiteurs qu’elle attirerait à Lévis prendrait certainement le temps de visiter cette maison historique, véhicule des résultats d’une partie du travail de l’historien Genest et bon instrument de propagande pour le Mouvement Desjardins, auquel la Maison Alphonse Desjardins appartient.

 

Notre nez est de nouveau agacé par un parfum de confit d’intérêts : M. Genest tirerait indirectement profit de l’exposition permanente à Lévis de la « cage » comme artefact authentique parce qu’il est le compagnon de vie de Mme Mendez Ishii, guide touristique pour qui la présence de la cage à Lévis serait indéniablement avantageuse. (Le conseil d’administration actuel de la SHRL comprend un autre guide touristique, M. Xavier Chambolle. Le parfum de conflit d’intérêts est insistant.)

 

Vous conviendrez avec moi, Monsieur Côté, que l’existence des conflits d’intérêts mentionnés ci-dessus interdisait la présence de Mme Mendez Ishii et de M. Genest au sein du comité scientifique. Les Musées de la civilisation n’auraient-ils pas pu découvrir ces conflits d’intérêts?

 

M. Clément Samson, enfin. – Qu’attend-on de la présence de cet avocat dans le comité scientifique? A-t-il des connaissances en histoire qui l’aideraient à déterminer si la cage trouvée par la Société dont il est l’un des dirigeants est un artefact authentique? Ou des connaissances en archivistique? Ou des connaissances en chimie? Ou des connaissances en techniques de forge anciennes? Il m’apparaît évident que les Musées de la civilisation auraient pu trouver facilement une personne beaucoup plus qualifiée que le juge Samson. Pourquoi l’avoir choisi? Et M. Samson, juge, n’a-t-il pas manqué de jugement en acceptant, en mai 2014, de devenir membre du conseil d’administration d’une société d’histoire controversée, la SHRL? (Note 4)

 

Autre chose : comment les Musées de la civilisation parviendraient-ils à convaincre les Lévisiens et les autres Québécois que M. Samson peut être un membre objectif du comité scientifique? M. Samson n’est-il pas un dirigeant de la société d’histoire qui a crié sur tous les toits que la cage trouvée par elle est un artefact authentique? M. Samson n’est-il pas un dirigeant de la Société qui refuse de se rétracter même s’il lui a été démontré que son affirmation est infondée et qu’elle a induit en erreur ses membres, les Lévisiens, tous les Québécois, le Canada anglais même?

 

Comment M. Clément Samson peut-il être objectif, lui qui a déjà présidé le conseil d’administration de la Caisse Desjardins de Lévis et qui a tenté d’accéder à la présidence du Mouvement Desjardins en 2008; peut-il être objectif quand l’image du Mouvement Desjardins ne peut que souffrir de l’affaire de l’affirmation infondée de la SHRL pour la raison suivante : plusieurs des acteurs de cette affaire sont des employés d’éléments du Mouvement Desjardins, et la caisse Desjardins de Lévis a été l’un des partenaires de la SHRL pour la réalisation et la présentation des deux expositions sur la « cage » de Marie -Josephte Corriveau tenues en 2013 (un partenaire qui, soit dit en passant, semble n’avoir rien de mieux à faire que de fermer les yeux devant la conduite de la SHRL). (Note 5)

 

Vous aurez beaucoup de mal, Monsieur le directeur, à empêcher les gens de penser que le comité dit scientifique ne peut pas être pris au sérieux, avec dans ses rangs des personnes qui ont démontré qu’elles peuvent manquer de rigueur intellectuelle, avec dans ses rangs des personnes qui ont la possibilité de favoriser leurs intérêts personnels plutôt que les intérêts de la collectivité.

 

Tentez, Monsieur Côté, de démontrer que les membres suivants du comité scientifique mentionnés dans la présente : Mme Claudia Mendez Ishii et M. Claude Genest, n’ont pas manqué de rigueur intellectuelle en soutenant que la « cage » trouvée par la première est l’authentique « cage » dite de La Corriveau.Tentez de démontrer que rien ne laisse penser ou craindre que le membre suivant du comité scientifique mentionné dans la présente : M. Clément Samson, pourrait être partial et favoriser la Société d’histoire régionale de Lévis.

 

Le comité scientifique créé par les Musées de la civilisation ne me semble pas plus crédible que le comité formé vers 2005 pour définir le contenu de la Fresque Desjardins de Lévis voulue par la Commission de la capitale nationale du Québec, la Ville de Lévis et la Caisse Desjardins de Lévis, à l’époque où le conseil d’administration de cette dernière était présidé par M. Clément Samson. (Note 6)

 

Je vous prie, Monsieur le directeur, d’agréer l’expression de mes sentiments les meilleurs.

 

Roger Martel, citoyen de Lévis

 

 

NOTE 1_Évidemment, les Musées n’auraient pas créé ce comité scientifique s’ils avaient eu la preuve que la « cage de fer » trouvée aux États-Unis est un artefact authentique. Conclusion : la Société d’histoire régionale de Lévis a commis une faute en présentant la « cage » comme un artefact authentique, et cette faute est grave.

 

NOTE 2_ Catherine Ferland, … et la cage de la Corriveau? Texte daté du 27 septembre 2014 et publié au http://mariejosephtecorriveau.com/2014/09/. Mme Ferland a dû obtenir son information des Musées eux-mêmes. Elle a écrit, avec M. Dave Corriveau, le livre La Corriveau, de l’histoire à la légende paru en 2014.

 

NOTE 3_Dictionnaire de français Larousse, http://www.larousse.fr/dictionnaires/francais/scientifique/71473?q=scientifique#70684).

 

Note 4_Le Conseil canadien de la magistrature, dans ses Principes de déontologie judiciaire, écrit ceci : « La confiance et le respect que le public porte à la magistrature sont essentiels à l’efficacité de notre système de justice… » (p. 7); « les juges doivent s’efforcer d’avoir une conduite qui leur mérite le respect du public et ils doivent cultiver une image d’intégrité, d’impartialité et de bon jugement. » (p. 14); « Les juges évitent toute participation à des causes ou à des organisations susceptibles d’être impliquées dans un litige. » (p. 28); « Avant d’accepter un poste d’administrateur [dans des « organismes à caractère philanthropique, charitable, religieux ou éducatif »] le juge doit peser avec soin les risques inhérents à la situation concernée.) (p. 38)

 

Note 5_Entre parenthèses, Monsieur Côté, vous ne devez pas être content de découvrir que trois personnes choisies par les Musées pour faire partie de votre comité scientifique ont violé la clause de confidentialité qu’elles s’étaient engagées à respecter. Vous vous demandez peut-être comment il se fait que je connaisse ladite clause? C’est simple : l’un des employés de votre service des relations de presse m’en a parlé (je suppose qu’il était autorisé à le faire). Vous vous demandez peut-être comment il se fait que je sache que Mme Claudia Mendez Ishii, M. Claude Genest et M. Clément Samson sont membres de votre comité scientifique? C’est simple : c’est écrit dans le numéro 133 (été 2014) de la revue de la SHRL; lisez : « Les membres du comité scientifique multidisciplinaire du projet d’authentification et de rapatriement de la « cage de la Corriveau » poursuivent leurs travaux cet été. Les représentants de la SHRL au comité sont Clément Samson, Claude Genest et Claudia Mendez. Des informations supplémentaires suivront cet automne [2014]. ». Vous ne devez pas être content de découvrir que trois des membres de votre comité scientifique se montrent incapables, devant l’affriolante « cage » américaine, de faire preuve de rigueur intellectuelle, l’indispensable rigueur intellectuelle.

 

NOTE 6_Le 19 septembre dernier, j’ai envoyé à la Société d’histoire régionale de Lévis un courriel destiné à M. Clément Samson; en voici un extrait (à noter que M. Samson n’a pas répondu à ce message) :

 

« Savez-vous comment il se fait que le comité ait oublié, « presque jusqu’à la dernière minute », de représenter dans la Fresque le premier colon de Lévis, Guillaume Couture, qui a été un personnage exceptionnel à plusieurs titres dans la seigneurie de Lauzon et ailleurs en Nouvelle-France, et dont la ville de Lévis vient de décider de rappeler la mémoire en rebaptisant son boulevard de la Rive-Sud boulevard Guillaume Couture (on ne saurait imaginer que le comité a délibérément écarté Guillaume Couture). C’est la personne qui présidait la SHRL à l’époque, M. Gilbert Samson, qui a sonné l’alerte : « Sans l’intervention de son président, écrit la SHRL, on aurait oublié de représenter le premier habitant de notre région, Guillaume Couture, sur la fresque ».

 

« Savez-vous pourquoi le comité a décidé que, dans la Fresque, le Mouvement Desjardins devait être représenté par deux personnages et trois édifices et que l’apport des ouvriers à la construction de Lévis, apport d’une importance capitale, devait être suggéré faiblement plutôt que représenté avec éclat. Savez-vous si ces choix sont ceux du comité, ou s’ils lui ont été imposés? Quand on sait que le comité chargé de choisir le contenu de la Fresque comptait des personnes comme l’historien professionnel Roch Samson, sous la direction de qui les 800 pages de l’Histoire de Lévis-Lotbinière ont été écrites, l’historien Jacques Lemieux et Madame Esther Normand, qui a autrefois occupé le poste de conseillère en conservation et administration à la Société historique Alphonse-Desjardins, n’est-il pas légitime que l’on doute que le comité ait eu le dernier mot dans la détermination du contenu de la Fresque? N’est-on pas justifié d’en douter quand on constate que le Mouvement Desjardins est représenté par deux personnages et trois édifices dans la Fresque? Il semble légitime d’être dans l’embarras devant les interrogations de celles et ceux qui se demandent si le comité censément chargé de l’élaboration du contenu de la Fresque a réellement travaillé librement, s’il n’a pas été qu’un comité bidon. »

 


Cette lettre sera publiée au lepasseurdelacote.com.

Le destinataire verra sa réponse publiée au même endroit, s’il répond.

 

Philippe Couillard, premier ministre (berger?) du Québec – La faute aux bergers, pas aux loups!

Par Philippe Desjardins

Opinion d’un lecteur publiée le mercredi 15 octobre 2014, Mise à jour: mercredi 15 octobre 2014, Journal de Montréal, http://www.journaldemontreal.com/2014/10/15/la-faute-aux-bergers-pas-aux-loups

Dans son premier discours comme premier ministre à l’Assemblée nationale, Philippe Couillard affirmait que «Le Québec a tous les atouts pour être de ces grands mouvements qui marquent l’histoire. Notre travail, c’est d’en libérer tout le potentiel et de combiner ces avantages dans un véritable élan vers la prospérité.»

Dans un contexte où la valeur des contrats de service en sous-traitance en informatique des ministères et organismes de la fonction publique québécoise explose littéralement, le premier ministre aurait été avisé de préciser sa pensée. L’élan de prospérité dont il parle profite surtout aux grandes firmes informatiques du Québec, mais pas aux finances publiques du Québec.

La donne ne risque pas de s’améliorer, car le nouveau grand patron du Centre de services partagés du Québec (CSPQ), le plus grand donneur de contrats informatiques du gouvernement, est nul autre que le frère du vice-président de la multinationale québécoise d’informatique CGI. Rien de moins!

M. Couillard, dans son premier discours, ajoutait que «Diriger un gouvernement, c’est un peu comme bâtir un édifice. Il faut des fondations solides, des colonnes robustes et un toit qui protège des intempéries.»

L’édifice dont parle M. Couillard semble fait de verre, car ses hauts fonctionnaires, lors d’une commission parlementaire sur l’informatique tenue fin juin 2014, étaient incapables de répondre aux questions des élus qui voulaient savoir combien avait coûté l’informatique durant la dernière année!

Toutefois, nous pouvons dormir tranquilles: le grand patron du CSPQ ne sera pas associé de près ou de loin aux appels d’offres ou à l’octroi de contrats reliés à la firme CGI et, en outre, son frère a signé le code d’éthique de CGI. Tout va bien!

Le Québec est un véritable bar ouvert pour les grandes firmes informatiques. Toutefois, il est inutile de leur en tenir rigueur. Lorsqu’un troupeau de brebis est dévoré par les loups, ce n’est pas la faute des loups, dont c’est la nature de manger les brebis. Les loups ne deviendront pas végétariens pour permettre aux bergers de se détendre. Le véritable fautif, c’est le berger qui a la garde du troupeau de brebis, c’est lui qui a failli à son devoir de surveillance.

Charte des valeurs québécoises, crucifix, fleur de lys et iris versicolore

Opinion du citoyen Antoine Baby de Saint-Antoine-de-Tilly

Lettre – La fleur de lys? Quatre trente sous pour une piastre!

Le Devoir, 15 octobre 2013 | Antoine Baby – Saint-Antoine-de-Tilly, le 10 octobre 2013 | Québec

http://www.ledevoir.com/politique/quebec/389934/la-fleur-de-lys-quatre-trente-sous-pour-une-piastre

Madame Françoise David,

Les journaux du 10 octobre 2013 nous apprennent que vous avez suggéré de remplacer le fameux crucifix de l’Assemblée nationale par la fleur de lys. « Plus rassembleuse », auriez-vous ajouté.

Tout à fait d’accord pour remiser le crucifix, mais de là à le remplacer par une fleur de lys, autant dire que nous allons changer « quatre trente sous pour une piastre ». Dois-je vous rappeler, à vous qui êtes « de souche », que la fleur de lys comme composante du drapeau fleurdelisé est une survivance ringarde du temps où le Québec était la colonie d’une France monarchique et catholique qui n’existe plus ?

S’il faut absolument remplacer le crucifix par un emblème rassembleur, c’est à l’iris versicolore qu’il faut s’adresser. Il est d’ici, il est du Québec d’aujourd’hui. Dois-je vous rappeler, à vous qui êtes de l’Assemblée nationale, qu’en l’adoptant comme emblème officiel, l’assemblée précisait qu’il remplace le lis blanc qui avait été adopté en 1963 ?

Et pendant qu’on en est aux substitutions rassembleuses, on pourrait demander au fleurdelisé d’accompagner le crucifix au Musée de la civilisation. Nous leur ferions de belles funérailles en brandissant bien haut le drapeau des Patriotes orné de l’iris du Québec. En 1838, à l’époque où ce drapeau tentait de faire surgir du Bas-Canada une république souveraine, Robert Nelson bien que n’étant pas de souche comme plusieurs autres patriotes, mettait en avant un projet de société d’une étonnante actualité. Se réclamant stratégiquement des « décrets de la Divine providence qui nous permet de renverser un Gouvernement », cette déclaration consacrait la séparation de l’Église et de l’État, assurait l’égalité de tous devant la loi et le droit de tous à l’éducation, assurait l’émancipation des autochtones et quoi encore.

Au regard du Québec d’aujourd’hui, il n’y manquait somme toute que la reconnaissance du droit de vote aux femmes. Mon propos n’est pas d’essayer de gommer le passé ; il est plutôt de savoir ce que nous en ferons. L’histoire n’est pas là pour qu’on y accroche nostalgiquement le présent. Elle nous dit plutôt ce que nous pouvons faire demain en nous rappelant ce que nous avons fait hier.

Antoine Baby – Saint-Antoine-de-Tilly, le 10 octobre 2013