À Lévis (Québec), 761 000 $ rien que pour les indemnités de départ et de transition des conseillers municipaux et de la maire en 2013.

(Le journal Le Soleil, publié dans la capitale nationale du Québec, n’a pas voulu publier cette opinion de l’un de ses abonnés.)

Les élections municipales de 2013 ont coûté cher aux gens de Lévis : 761 000 $ rien que pour les indemnités de départ et de transition données aux élus qui avaient décidé de ne pas se représenter; cette année, combien de dollars les élus qui quittent la politique librement retireront-ils des poches des contribuables?

En 2013, l’ancienne mairesse de Lévis, Danielle Roy Marinelli, a touché une indemnité de départ de (tenez-vous bien!) 115, 448 $, plus (tenez-vous plus solidement cette fois!) une allocation de transition de 137 187 $ malgré qu’elle avait 58 ans, un âge où beaucoup sont à la retraite, et qu’elle ne projetait probablement pas de réintégrer les rangs des infirmières, et qu’elle n’aspirait plus, peut-être, qu’à vivre désormais des jours heureux dans la propriété de 800 000 $ sans doute chère qu’elle et son mari ont le bonheur de posséder depuis une dizaine d’années dans le paisible village de Berthier-sur-Mer. (Pour rire, je rappelle que Monique Jérôme-Forget a encaissé, quand elle a quitté de son chef son poste de ministre des Finances à l’âge de 68 ans, emportant avec elle sa pleine pension de retraite, une indemnité de transition de près de 150 000 $, destinée, peut-être, à lui permettre de suivre des cours de confection de sacoches…)

Dans les prochaines semaines, les électrices et les électeurs devraient se faire un devoir de tenter d’arracher aux candidats la promesse de n’être pas ridiculement gourmands de l’argent des contribuables : s’ils sont élus, une grande partie de ces aspirants conseillers et maires jouiront de conditions de travail plus enviables que celles de la majorité des travailleurs du Québec.

Roger Martel, électeur de Lévis

Le Peuple Lévis, 4 décembre 2013

Les silencieux défectueux de Lévis. Aujourd’hui, le maire Gilles Lehouillier, l’opposition du gouvernement Charest à la création d’une commission d’enquête sur la construction et le silence du député Gilles Lehouillier.

(Nous sommes le 25 septembre 2017; le maire de Lévis, M. Gilles Lehouillier, n’a pas réagi publiquement au texte publié ci-dessous.)

22 NOVEMBRE 2016

LE PASSEUR DE LA CÔTE

Nathalie Normandeau, Gilles Lehouillier et Jean Charest, à l’époque… Comment qualifier cette époque?

Il arrive à Nathalie Normandeau, ex-vice-première ministre sous Jean Charest, de dire des choses qu’il vaut la peine de répéter. Le 6 septembre 2016, elle a déclaré :

« Philippe Couillard, lorsque je l’écoute parler, on dirait que pour lui, il y a deux Parti libéral du Québec. Mais ce qu’il oublie, c’est qu’il n’y a qu’un seul Parti libéral du Québec, a-t-elle insisté. C’est comme si Philippe Couillard essayait de nier, de mettre sous le tapis tout ce qui s’était passé avant qu’il devienne chef du Parti libéral du Québec. Mais il ne faut pas oublier que Philippe Couillard a fait partie d’un gouvernement où j’étais à l’époque, et il était ministre de la Santé. »*

À l’époque où elle faisait partie du gouvernement, Nathalie Normandeau avait aussi pour compagnons de travail Jean Charest, chef du Parti libéral du Québec, et Gilles Lehouillier, député libéral de la circonscription de Lévis.

M. Charest, M. Lehouillier et la plupart des autres députés libéraux se sont opposés pendant environ deux ans et demi à la création d’une commission d’enquête sur la construction (qui a entendu Gilles Lehouillier s’opposer à Jean Charest?)

« À l’Assemblée nationale, les libéraux ont voté 11 fois contre des motions réclamant qu’une commission d’enquête soit mandatée. »**

En mars 2016, Nathalie Normandeau a été accusée de sept chefs de complot, de corruption, d’abus de confiance et de fraude. (Il est important de rappeler que Mme Normandeau n’a pas été déclarée coupable de quoi que ce soit. Elle devrait se présenter en cour plus tard en 2017.

Roger Martel, citoyen de Lévis

*source : http://www.ledevoir.com/politique/quebec/479368/nathalie-normandeau-l-upac-m-a-declare-la-guerre?utm_source=feedburner&utm_medium=feed&utm_campaign=Feed%3A+fluxdudevoir+(Le+fil+de+presse+du+Devoirvu le 07-09-2016

** (http://ici.radio-canada.ca/sujet/elections-quebec-2014/2014/03/23/011-plq-commission-charbonneau-charest.shtml vu le 07-09-2016).

 

L’École d’été de l’Institut du Nouveau Monde, pour les 15-35 ans. Du 9 au 12 août 2017 à Montréal.

L’École d’été de l’Institut du Nouveau Monde (INM)

Du 9 au 12 août 2017 à Montréal (ÉNAP – Conservatoire de musique et d’art dramatique du Québec)

L’École d’été est un événement de 4 jours qui permet de développer ses compétences civiques en expérimentant diverses formes de participation citoyenne. C’est aussi aller à la rencontre d’actrices et d’acteurs diversifiés. En plus d’autres participant-e-s motivé-e-s, vous y côtoierez des personnalités publiques, des politiciens, des journalistes, des chercheurs et des artistes avec qui vous pourrez échanger des idées. C’est un moment festif et dynamique qui vous appartient!

Source : http://ecole.inm.qc.ca/presentation/

Présentation

L’École d’été de l’INM est une activité d’éducation à la citoyenneté s’adressant principalement aux jeunes de 15 à 35 ans du Québec. L’activité se déroule chaque année à la mi-août dans une institution académique québécoise. Les jeunes sont invités à assister à des conférences et des tables rondes pour s’informer sur les enjeux de notre société. Ils sont appelés ensuite à débattre et à réfléchir à ces enjeux, puis à formuler des propositions, des projets, des pistes d’action sur un thème choisi. Ils ont l’occasion de rencontrer d’autres participants, d’être inspirés par des citoyens modèles et de créer des réseaux.

Les objectifs poursuivis sont :

que les jeunes s’engagent et soient plus conscients des enjeux et des possibilités d’action;

de les outiller à exercer leur leadership;

de provoquer un éveil des consciences se traduisant par des actions citoyennes;

démontrer par l’École d’été l’importance et les retombées positives de l’éducation citoyenne.

Au fil des ans, plus de 6000 participants ont été interpellés par les différents thèmes de cet événement.

D’Apprendre pour rêver le Québec en 2004 à l’Édition spéciale Forum social mondial en 2016, l’INM y promeut une citoyenneté active.

L’édition 2017 de l’École d’été se déroulera du 9 au 12 août 2017 à l’ÉNAP – Conservatoire de musique et d’art dramatique du Québec.

Génération d’impact

Génération d’impact, le thème de l’édition 2017 de l’École d’été, se veut une invitation à la réflexion. Quelles sont les meilleures stratégies pour une transformation sociale, pour mobiliser un maximum de personne, pour devenir un acteur de changement ? Quel leadership les jeunes peuvent-ils exercer ? Comment un projet local peut-il avoir un impact global ? Doit-on concentrer les efforts sur une cause pour faire avancer les choses efficacement ?

Génération d’impact c’est aussi un appel à générer des actions, des projets, des idées, de l’innovation, des plaidoyers, des œuvres artistiques… 2017 a besoin de cet engagement de la part des citoyens et plus particulièrement des jeunes. Les défis à relever sont nombreux et complexes : changements climatiques, vivre ensemble, crise des réfugiés, accroissement des inégalités sociales… Le tout avec pour toile de fonds des révolutions technologiques et médiatiques aux impacts déjà bien sentis sur la façon de s’informer, de communiquer et de vivre notre démocratie.

Générer de l’impact demande aux jeunes d’occuper l’espace public, de faire entendre leurs voix, de pouvoir s’interroger et répondre à ces enjeux. Et ce n’est pas toujours évident à faire. Créer de nouveaux projets, faire adopter de nouvelles propositions demande beaucoup d’énergie et de détermination. Il faut bousculer les habitudes, investir les espaces de prise de décision existants, mais également inventer de nouvelles tribunes.

L’École d’été cherchera, avec les jeunes, des réponses pour maximiser l’impact de leurs engagements, actuels et à venir. L’École d’été est certes un lieu et un moment d’apprentissage, mais également et surtout un lieu d’engagement. C’est l’occasion pour des centaines de jeunes d’élaborer des projets collectifs, de délibérer d’enjeux de société et d’élaborer des propositions innovantes. Et surtout, de se commettre et de profiter de la tribune qui s’offre à eux pour laisser leur marque, être une génération d’impact !

Les profils de l’École d’été

Les profils permettent de vivre une implication citoyenne directement reliée au style du participant. Ceux-ci peuvent choisir de s’impliquer par le biais de l’entrepreneuriat, l’exploration, la mobilisation, la communication, la facilitation ou l’élaboration de propositions sociales innovantes. Dans tous les profils, les participants mettront à profit leurs expériences, leurs connaissances et leurs idées pour répondre à des enjeux de société.

Les sessions par profil sont des éléments clés de la programmation et donneront l’occasion de vivre une démarche collective de participation citoyenne de manière approfondie. Ce sont des séances de travail en groupe où des mentors passionnés transmettent leur expérience et leur expertise dans le domaine choisi en offrant une diversité de points de vue. Les profils visent l’échange, le partage du savoir, l’exercice de la créativité et la délibération en groupe pour formuler des propositions ou des engagements concrets.

Comme il existe plusieurs façons de vivre la participation citoyenne, les participants pourront choisir la leur!

Sept profils sont proposés :

La suite au http://ecole.inm.qc.ca/presentation/

Lévis, 22 juin 2017. Finissantes, finissants, n’oubliez jamais que vous êtes plus libres que vous ne le pensez et que rien n’est moins innocent que le laisser-faire.

 

Trois finissantes et un finissant de l’École Pointe-Lévy de Lévis (Québec)

Photo prise sur la Terrasse du Chevalier de  Lévis le 22 juin 2017,

par Roger Martel


« MON IDÉE À MOI, C’EST QUE NOUS SOMMES PLUS LIBRES QUE NOUS NE LE PENSONS ;

C’EST PAS LA LIBERTÉ QUI MANQUE,

C’EST LE COURAGE

DE PRENDRE LES LIBERTÉS QUE L’ON A. »

 

Jean-Paul Desbiens (alias Le Frère untel), Les insolences du Frère untel, Montréal, Les Éditions de l’Homme, © 1960, p. 83) – Jean-Paul Desbiens, Les insolences du Frère untel, Texte annoté par l’auteur, Montréal, Les Éditions de l’Homme, © 1988, p. 86) (M. Desbiens a enseigné. A occupé le poste de directeur général de l’enseignement élémentaire et secondaire au ministère de l’Éducation et a été directeur général du campus Notre-Dame-de-Foy à Cap-Rouge.)

 

« Mon petit Frère Untel en or, mon petit lapin bleu, tu vas maintenant me dire pourquoi tu écris des choses comme ça, et à la face de la Province ?

« J’écris ces choses par charité. Et ne rigolez pas, s’il vous plaît. Pourquoi n’écrirais-je pas ces choses par charité ? Pourquoi n’aurais-je pas une étincelle de charité ? Quelqu’un aime la musique et il le dit et personne ne rigole ; quelqu’un aime les ouvrages de Camus et il le dit et personne ne rigole. Il est bien possible que moi, j’aime un peu les Canadiens français, et que je cherche à leur parler. Je vis au bout du monde et je m’ennuie de parler à des hommes.

« J’écris aussi pour bien établir qu’il est possible de dire ce que l’on pense. Pour bien établir que toute vérité est bonne à dire. Mon idée à moi, c’est que nous sommes plus libres que nous ne le pensons ; c’est pas la liberté qui manque, c’est le courage de prendre les libertés que l’on a. Nous pleurnichons sur la liberté absente et nous n’avons même pas essayé la liberté. Nous sommes un peu comme ce chien d’un conte de Jules Renard : nous flairons une chaîne qui ne nous retient peut-être plus. Ici je commets un canadianisme : tout d’un coup qu’on serait libres ? »

Jean-Paul Desbiens, Les insolences du Frère untel, Montréal : Les Éditions de l’Homme, 1960, 158 pages

– – – – – – – – – –

« Rien n’est moins innocent que le laisser-faire. »

« … ce que le monde social a fait, le monde social peut, armé de ce savoir, le défaire. Ce qui est sûr, en tout cas, c’est que rien n’est moins innocent que le laisser-faire : s’il est vrai que la plupart des mécanismes économiques et sociaux qui sont au principe des souffrances les plus cruelles, notamment ceux qui règlent le marché du travail et le marché scolaire, ne sont pas faciles à enrayer ou à modifier, il reste que toute politique qui ne tire pas pleinement parti des possibilités, si réduites soient-elles, qui sont offertes à l’action, et que la science peut aider à découvrir, peut être considérée comme coupable de non-assistance à personne en danger. »

[Pierre Bourdieu (réputé sociologue français), in Pierre Bourdieu (dir.), La misère du monde, Seuil, copyright 1993; coll. Points, p. 1453-1454) (Reproduit au https://lepasseurdelacote.com/2015/09/02/la-misere-du-monde-contre-le-laisser-faire/ le 2 septembre 2015]

J’ai envie de les revoir; pas vous? Souhaitons-leur une vie agréable.

finisants Ecole Pointe-Lévy 22-06-2017c

finisants Ecole Pointe-Lévy 22-06-2017e

Je remercie les finissants de m’avoir autorisé à les photogaphier et à publier les photos dans cet espace.

Roger Martel

Malheur ! Les maires du Québec obtiennent plus de pouvoirs !

« LES MAIRES DU QUÉBEC OBTIENNENT PLUS DE POUVOIRS », cadeau du gouvernement de Philippe Couillard, premier ministre, et de Martin Coiteux, ministre des Affaires municipales. Lançons un concours : quelle ville va faire mieux que Lévis, septième plus « grande » ville de notre province, en matière de gestion de l’argent public ? Entre 2007 et 2016, Lévis a joué à agrandir et à moderniser son usine de production d’eau potable Desjardins; voyez certaines des affirmations qu’a faites son vérificateur général, dans un rapport d’audit, au sujet de la performance du parti politique Lévis Force 10 sous la direction de Danielle Roy-Marinelli d’abord, de Gilles Lehouillier ensuite :

Extraits de :

USINE DE PRODUCTION D’EAU POTABLE DESJARDINS

Rapport d’audit

Mars 2017

Vérificateur général de la Ville de Lévis (Yves Denis)

1 En juillet 2007, le conseil municipal de la Ville de Lévis (le conseil) autorisait le financement afin d’agrandir et de moderniser l’usine de production d’eau potable Desjardins (UPE Desjardins). Le montant du financement était justifié par les estimations financières et les hypothèses formulées en mars 2007, dans une étude d’avant-projet. L’ensemble du projet prévoyait les ouvrages requis pour accroître la capacité de traitement de l’UPE Desjardins, l’agrandissement et la modernisation du poste de pompage Saint-Laurent (poste de pompage), la construction d’une nouvelle prise d’eau au fleuve Saint-Laurent (prise d’eau) ainsi que la réalisation de divers travaux sur le réseau d’aqueduc. Toutefois, au stade d’avant-projet, cette étude n’avait pas pour objectif d’effectuer une estimation précise du coût de construction des différents ouvrages. Cette estimation était donc trop préliminaire pour étayer le coût du projet et POUR SOUTENIR LA DÉCISION DU CONSEIL D’AUTORISER DEUX EMPRUNTS TOTALISANT 54,2 MILLIONS POUR SON FINANCEMENT. (Faits saillants, page 1)

2 La construction des ouvrages a coûté environ deux fois plus que l’estimé d’avant-projet; en novembre 2016, le coût total du projet est de 100,5 millions. (page 3)

3 L’AUDIT DÉMONTRE QU’AU MOMENT D’ENTREPRENDRE CE PROJET, LA VILLE ÉTAIT MAL PRÉPARÉE POUR RÉALISER UN CHANTIER D’UNE TELLE ENVERGURE, N’AYANT NI LES RESSOURCES, NI L’EXPERTISE NÉCESSAIRES POUR ASSURER LA GOUVERNANCE D’UN PROJET SEMBLABLE. L’imprécision dans la définition, par la Ville, des besoins relatifs aux composantes des ouvrages a fait en sorte que différents acteurs ont dû revoir le projet au fur et à mesure de sa définition, rendant difficile une démonstration objective et suffisante des coûts. Cette imprécision, combinée à l’absence de ressources destinées à la gouvernance du projet, fait en sorte que celui-ci est devenu tributaire des aléas rencontrés, ENTRAÎNANT UNE AUGMENTATION SUBSTANTIELLE DES COÛTS. (Faits saillants, page 1)

4 IL ÉTAIT DONC DIFFICILE POUR LA VILLE D’EFFECTUER UNE GESTION PROACTIVE DU PROJET AVEC TOUT LE SOUCI D’ÉCONOMIE ATTENDU. Nos travaux font ressortir des conséquences majeures lors de la construction du poste de pompage. D’abord, des retards dans la construction de cet ouvrage ont fait en sorte que sans un apport additionnel en eau brute, la Ville n’a pu bénéficier pleinement de ses nouvelles installations que trois ans plus tard que prévu. Deuxièmement, la Ville a dû débourser 1,9 million pour acquérir un terrain et relocaliser une entreprise en exploitation; seulement 20 p. cent du prix de cette acquisition visait à répondre au besoin d’agrandissement du poste de pompage. Troisièmement, aux fins de l’obtention d’une aide financière, la Ville n’avait pas de données fiables sur les coûts de construction du poste de pompage, la privant ainsi d’une subvention possible de 1,9 million. Finalement, la gestion de deux lots de construction plutôt qu’un seul, tel que prévu initialement, a entraîné des dépenses supplémentaires de l’ordre de 300 000 dollars. (Faits saillants, page 1-2)

Les vérificateurs généraux des villes du Québec réclament plus d’argent pour faire leur travail correctement, mais c’est en vain : le gouvernement et les élus municipaux font la sourde oreille.

Après la Commission sur l’octroi et la gestion des contrats publics dans l’industrie de la construction (Commission Charbonneau), des « penseurs » des partis politiques provinciaux seront-ils tentés un jour de se servir des villes pour faire provision d’argent ? Les Québécoises et les Québécois, compte tenu de ce qu’ils savent du passé, sont en droit de se le demander, et d’être inquiets.

Roger Martel, 16 juin 2017

À venir :

Le ministre des Affaires municipales a-t-il une opinion au sujet des qualités de gestionnaire d’argent public de la Ville de Lévis ?

Nos élus, députés, maires, conseillers municipaux, commissaires d’écoles et conseils de fabriques jugés en 1910 par Jules Fournier.

Race de voleurs

Texte de Jules Fournier* publié dans L’Action, 27 février 1915.

* Jules Fournier (1884-1918) fut journaliste, propriétaire de journal (il a fondé L’Action, un « hebdomadaire de haute tenue ») et traducteur. En 1980, le Conseil de la langue française a créé un prix destiné à rendre hommage à un journaliste pour la qualité de son écriture : le Prix Jules-Fournier.

Les Canadiens français, la chose est notoire, sont gens à s’entendre sur bien peu de sujets (ce n’est d’ailleurs pas un reproche que je leur fais). Qu’il s’agisse d’instruction publique ou de colonisation, de défense nationale ou de tarifs douaniers, les débats entre eux ne sont jamais finis. Que n’ont-ils discuté, que ne discutent-ils encore, depuis la bravoure du docteur Mignault jusqu’à la question de savoir si 2 et 2 font 4 ? Il n’est qu’un point, à ma connaissance, sur lequel ils aient, depuis quelque temps déjà, fait l’unanimité – c’est la corruption presque universelle de leurs gouvernants et l’effroyable abaissement de leur vie publique.

Là-dessus par exemple, on peut le dire, l’accord est complet. Petit épicier du Faubourg Québec ou gros avocat de la rue Saint-Jacques, membre de la Chambre de Commerce ou pied-noir du Nord, n’ont là-dessus qu’une voix. Tous, au moins dans l’intimité, sont unanimes à reconnaître, voire à proclamer, que le bon peuple se fait tous les jours voler par tous ses mandataires à peu d’exceptions près ; que le péculat, le boodlage, le graft, sont de pratique courante non seulement dans nos parlements et nos conseils municipaux, mais encore jusque dans nos commissions scolaires et nos conseils de fabriques ; bref, que la morale publique chez nous n’est plus qu’un cadavre.

Sans compter les rédacteurs de l’Action, il s’est trouvé plus d’un publiciste pour mettre à jour cette plaie. Le directeur du Devoir notamment, en je ne sais plus combien d’articles, et avec un luxe de preuves dont on ne saurait exagérer la force, se chargeait l’an dernier de nous la faire voir dans ce qu’elle a de hideux et d’alarmant à la fois. Seulement, et c’est ici que nous nous séparerons de lui… seulement, nous l’ayant fait voir, M. Bourassa nous posait gravement cette question selon moi un peu naïve : Comment se peut-il que des hommes aussi honnêtes dans la vie privée, que le sont les Canadiens français, soient aussi corrompus dans la vie publique ?

Point en effet n’est besoin, pour expliquer la malhonnêteté de nos députés ou échevins, commissaires d’écoles ou syndics de paroisse, de leur supposer la conception d’une « double morale ». Nos gens ne sont pas si compliqués, et c’est chercher midi à quatorze heures que de leur prêter de ces subtiles distinctions. S’ils se conduisent comme des fripons dans la vie publique, c’est tout simplement qu’ils se conduisent comme des fripons dans la vie privée, et voilà tout.

Que M. Bourassa, un seul instant, ait pu s’y tromper, c’est ce qui dépasse l’imagination. N’a-t-il point assez vécu pour connaître ses compatriotes ? Ne les a-t-il jamais observés ? Ignore-t-il ce que sont et ce que font journellement la grande majorité des nôtres, dans le commerce, dans la finance, voire dans les professions libérales – surtout dans les professions libérales ? Ne sait-il pas enfin qu’aux yeux de quiconque a pu les voir à l’œuvre dans leurs affaires privées, leur conduite publique, loin d’étonner, paraît tout ce qu’il y a de plus naturel au monde ?

Il n’est pourtant que d’ouvrir les yeux pour s’en rendre compte. Depuis l’honnête habitant qui vous vend le gros prix un sac de pommes de terre additionnées de cailloux jusqu’au notaire de confiance qui se fait avec votre argent, prêté à 5 p.c., une commission de 3, – depuis le respectable épicier qui vous triche sur la pesée jusqu’au consciencieux architecte qui s’est entendu avec votre entrepreneur en bâtiments pour vous faire accepter des matériaux bons à rien, – depuis le courtier considéré qui vous vend à 500 piastres, sur de fausses représentations, des lots qui en valent bien 25, jusqu’à l’honorable avocat qui s’enrichit sur le dos de son client à coups de procédures inutiles, dans quel état, dans quel métier, dans quelle profession, je vous prie, ne trouvez-vous pas le Vol florissant et prospère, à tous les degrés de l’échelle ?

– Chez les médecins, direz-vous ? Puisque leur carrière est un véritable « sacerdoce », comme ils disent, sans doute auront-ils gardé plus que les autres, avec le sentiment de leur dignité, quelque conscience professionnelle et quelque honneur.

C’est ce que vous croyez, et sans doute n’avez-vous pas tort de le croire. Malgré tant d’autres désillusions sur tant d’autres hommes, je le croyais moi-même il n’y a pas longtemps encore. Si je ne crois plus, ce n’est en aucune sorte pour m’être fié aux racontars de la rue, c’est pour avoir eu du contraire les preuves dix fois, vingt fois répétées.

Est-ce à dire qu’il n’y a plus à Montréal, par exemple, de médecins consciencieux ? Non certes, il en est encore, et j’en connais. La vérité est pourtant qu’une très forte proportion d’entre eux (probablement plus du tiers) ne sont aujourd’hui que de vulgaires commerçants, et, qui pis est, des commerçants malhonnêtes, uniquement appliqués à voler leurs clients.

Ce commerce qu’ils font, vous l’avez peut-être entendu dire déjà, c’est proprement celui des « contre-spécialités ». On appelle entre autres choses « contre-spécialités », en langage d’apothicaire, tous ces médicaments de qualité plus ou moins inférieure, que fabriquent à pleins barils, en notre ville même, certaines personnes avisées, pour les revendre ensuite comme produits français, à des prix exorbitants. Voici par exemple, le Récalcificateur Lumina. C’est un quelconque mélange qui doit bien coûter au fabricant 15 sous la bouteille, et qui pourrait, comme produit canadien, se détailler raisonnablement à 50 ou 60 sous. Comme produit français il se vendra $1.75. Une simple étiquette, imitant plus ou moins bien la typographie française, aura suffi à lui donner ce supplément de valeur.

À supposer que, donné pour ce qu’il est, le médicament en question (soyons généreux !) pût se vendre 75 cents, c’est donc une piastre tout juste que l’acheteur paiera, non pas pour le médicament, non pas même pour le flacon, mais seulement pour l’étiquette. Que pensez-vous maintenant du médecin qui, lui-même intéressé dans la vente d’un pareil produit, n’hésite pas à le prescrire à ses clients ?

Or, les produits du genre de ce Récalcificateur, ce n’est plus par douzaines, à Montréal, qu’on les compte, ce n’est même plus par vingtaines… Il y en a bien à tout le moins cent cinquante à deux cents, chacun portant son étiquette faussement française, chacun patronné, favorisé, prescrit à tout propos par nombre de médecins. Cent cinquante à deux cents : peut-être pourrez-vous, par ce chiffre, vous faire quelque idée de la colossale exploitation pratiquée à cœur d’année, par nos bons docteurs, sur leurs trop naïfs clients.

– Et qui sont-ils, demanderez-vous, ces abominables morticoles ? Tous des hommes de second ordre, au moins, j’espère…

C’est ce qui vous trompe, mon cher lecteur. S’il en est parmi eux de relativement obscurs, il en est par contre de très connus, et des plus huppés. Oui, monsieur, des plus huppés. Jusques et y compris, s’il vous plaît, des professeurs de Laval. C’est comme je vous le dis.

*** Que conclure de tout cela, si ce n’est pour en revenir à ce que je disais en commençant, que l’immoralité du Canadien français dans la vie publique s’explique beaucoup plus simplement qu’il n’apparaît à M. Bourassa, puisqu’elle n’est en somme que le prolongement de son immoralité dans la vie privée ?

En d’autres termes, pourquoi voudrait-on que cet habitant de Laval ou de Jacques-Cartier de qui vous ne pouvez rien acheter sans vous faire voler fût, disons, plus scrupuleux au conseil municipal que dans son commerce ?

Pourquoi voudrait-on que cet avocat, ce notaire, cet architecte, notoirement voleurs dans leurs professions, se refissent subitement une probité en pénétrant à l’hôtel de ville ou dans les parlements ?

Pourquoi enfin voudrait-on que ce médecin-escroc, qui ne rougit pas de spéculer sur la confiance de ses clients pour leur coller sous des noms français, à des prix de fantaisie, des remèdes fabriqués rue Wolfe… pourquoi voudrait-on que ce médecin montrât dans les fonctions publiques plus de conscience et d’honneur que dans l’exercice de sa profession ?

Mandataires du peuple, les uns et les autres continueront tout simplement de suivre, sur un autre terrain, leur pente naturelle. Aussi est-ce bien à tort, selon moi, que le directeur du Devoir s’est jamais avisé de relever chez eux de prétendues contradictions. Un honnête homme, souvent, peut montrer dans son caractère des contradictions. Au contraire, rien de plus logique, de plus cohérent, rien de plus harmonieux que le caractère d’un coquin.

Voleurs dans les affaires privées, la plupart de nos hommes publics, jusqu’ici, ont simplement continué de l’être dans les affaires publiques, sans le moindre effort et comme d’instinct. C’est ce qui nous rend leurs vies si aisément intelligibles, et qui en fait la profonde unité.

Race de voleurs fait partie du recueil Mon encrier, offert gratuitement au https://beq.ebooksgratuits.com/pdf/Fournier-encrier.pdf.

 

Jules Fournier

MORTICOLE, subst. Masc.

Péj. et fam. [P. allus. au roman satirique de Léon Daudet, Les Morticoles] Médecin qui est réputé faire mourir les malades plutôt que les guérir; en partic., mandarin de Faculté caractérisé par l’amour de l’argent, des titres honorifiques. (Ds Nouv. Lar. ill.-Lar. Lang. fr., Rob.).

(Source : http://www.cnrtl.fr/definition/morticole)

Pour en apprendre plus sur Jules Fournier :

http://agora.qc.ca/dossiers/Jules_Fournier

http://www.biographi.ca/fr/bio/fournier_jules_14F.html

http://bilan.usherbrooke.ca/bilan/pages/biographies/350.html

———————————————————————————————-

« Appelés à vivre dans un pays de démocratie, nous entendons absolument à rebours l’esprit de parlementarisme. Après soixante ans de gouvernement responsable, il nous reste encore à apprendre que ce régime est avant tout le gouvernement du peuple par le peuple, que les ministres sont là seulement pour obéir à nos ordres, et que c’est à nous de leur dicter en tout temps, et non pas seulement une fois tous les cinq ans, les actes qu’ils doivent accomplir pour notre compte. […] Il semble que ce ne sont pas des ministres que nous possédons, mais bien des dictateurs à qui nous avons donné carte blanche pour la durée entière de leur terme d’office. »

— Jules Fournier

Source : http://www.luxediteur.com/catalogue/jules-fournier-journaliste-de-combat/

L’islamisme radical et nos pudeurs de gazelle.

Christian Rioux, Nos «pudeurs de gazelles», Le Devoir, 26 mai 2017, p. 3, http://www.ledevoir.com/international/actualites-internationales/499657/nos-pudeurs-de-gazelles

[Après l’attentat de Manchester commis le 22 mai 2017]

EXTRAITS

Vingt-quatre heures avant le drame, Donald Trump prononçait un discours sur l’islam devant les représentants d’une cinquantaine de pays musulmans. À Riyad, ce président capable de toutes les excentricités et de toutes les vulgarités n’a pas eu deux mots pour mettre l’Arabie saoudite devant ses responsabilités. Elle qui propage à coups de milliards un islam barbare et rétrograde qui sert de terreau au terrorisme. L’angélisme d’Obama céderait-il la place au silence de Trump ?

Ailleurs domine ce que Jean-Luc Mélenchon appellerait des « pudeurs de gazelles ». Le leader de l’extrême gauche française désignait ainsi cette attitude qui consiste à refuser de nommer ce que tout le monde voit et qui nous saute aux yeux. Devant l’horreur de Manchester, on regarde ailleurs en se réfugiant derrière la sempiternelle « lutte contre LE terrorisme ». Comme si LE terrorisme était une bête inodore, incolore et sans saveur. Comme s’il ne s’agissait pas de combattre le terrorisme islamique. Un terrorisme qui ne pourrait pas se perpétuer s’il ne reposait pas sur une idéologie totalitaire et barbare ouvertement prêchée depuis des décennies un peu partout dans le monde.

Car pour que ce terrorisme puisse agir aussi impunément, il ne suffit pas de recruter quelques têtes brûlées. Il faut d’abord une idéologie, celle de l’islamisme radical formulée depuis des décennies et largement diffusée par une armée de disciples. Il faut ensuite un terreau de fidèles capable de produire sans cesse de nouveaux combattants, de les soutenir ou simplement de les tolérer. La lutte contre Daesh ne saurait donc s’exonérer du combat contre cette idéologie et ce terreau. Sans eux, pas de terrorisme.

On a évidemment raison de ne pas assimiler aux islamistes ces millions de musulmans qui pratiquent leur religion pacifiquement (ou qui ne la pratiquent pas). Mais la peur de l’« amalgame » ne peut justifier le silence ni le refus de questionner l’islam. Comment combattre en effet un ennemi qu’on ne nomme pas ?

[…]

S’il fallait tirer une leçon de ce dernier attentat, c’est qu’il montre bien que le terrorisme islamique n’est en aucun cas le résultat de la misère des banlieues, de l’islamophobie, et encore moins de la laïcité, comme tant de bonnes âmes font mine de le croire. Au contraire, malgré de rares excès, nos sociétés ne peuvent que se féliciter d’avoir su résister à toute forme de vengeance et de persécution à l’égard des musulmans. Cette fois, la terreur frappe d’ailleurs dans un pays qui pratique depuis toujours le communautarisme et où l’on tolère même l’existence de tribunaux islamiques, comme ceux que l’on voulait créer en Ontario. Preuve que les barbares ne font pas ces distinctions.

– – – – –

Photo de Shirley Baker Hulme (1932-2014), 1965

Manchester Art Gallery

Friday 19 May 2017 – Monday 28 August 2017

Source : http://manchesterartgallery.org/exhibitions-and-events/exhibition/shirley-baker/

« Baker’s photography documented the poverty and resilience of communities under siege while conveying her compassionate affection, empathy and indignation for the plight of her subjects. Pioneering British photographer Shirley Baker (1932-2014) is thought to be the only woman practicing street photography in Britain during the post-war era. Baker’s humanist documentary work received little attention throughout her sixty-five years career. This exhibition includes previously unseen colour photographs by Baker alongside black and white images and ephemera such as magazine spreads, contact sheets and various sketches. It specifically focuses on her depictions of the urban clearance programmes of inner city Manchester and Salford. This intense period of study, spanning from 1961 – 1981, documents what Baker saw as the needless destruction of working class communities. »

Pour en savoir plus sur Shirley Baker Hulme (et voir un certain nombre de ses photos) :

http://www.bbc.com/news/in-pictures-29410300