Parution du numéro de mars-avril 2018 de la revue québécoise Relations. Décoder les temps présents.

http://cjf.qc.ca/revue-relations/publication/article/tumultes-politiques-decoder-les-temps-presents/

 

Revue québécoise Relations, numéro 795, mars-avril 2018   (Relations est publiée par le Centre Justice et Foi)

 

Tumultes politiques : décoder les temps présents

EXTRAIT

Par : Jean-Claude Ravet

 

Depuis un certain temps, un phénomène se répète à l’échelle du globe : l’élection de gouvernements autoritaires et populistes défendant un nationalisme ethnoculturel intolérant à l’égard des femmes, des minorités et des migrants. Pensons aux gouvernements de Narendra Modi en Inde, de Rodrigo Duterte aux Philippines, de Recep Tayyip Erdoğan en Turquie, de Viktor Orbán en Hongrie, de Beata Szydło en Pologne, de Vladimir Poutine en Russie et de Donald Trump aux États-Unis, pour ne nommer que ceux-là. Sans parler de la montée, un peu partout, de mouvements et de partis d’extrême droite.

On ne peut dissocier cette reconfiguration politique des effets radicalement déstructurants entraînés par les politiques néolibérales menées depuis les années 1980 au sein des sociétés happées par la globalisation capitaliste. Imposées comme incontournables, mais soi-disant porteuses de promesses de richesse et de bien-être collectifs, ces politiques – axées sur la privatisation des services publics, le démantèlement de l’État social, la délocalisation des entreprises, la fiscalité au profit des riches, la financiarisation de l’économie – et l’atomisation concomitante du tissu social ont dans les faits creusé les inégalités et sapé la souveraineté économique et politique des États, les transformant en de véritables vassaux au service des organisations financières et des multinationales. Et quand un parti de gauche arrive au pouvoir, que fait-il sinon appliquer servilement la marche à suivre dictée par une élite financière toujours plus gourmande et prédatrice, indifférente au sort de la société, dont elle ne se sent aucunement redevable ? Cette élite financière et libérale a toutefois su habilement récupérer et désamorcer les revendications émancipatoires des mouvements sociaux en faveur des femmes et des minorités sexuelles pour les mettre au service de l’atomisation de la société et d’une conception capitaliste du progrès, déconnectée de toute considération collective et éthique. Comment s’étonner dans ces conditions que, dans bien des pays, une bonne partie de la population – désœuvrée, dépossédée et abandonnée par les pouvoirs politiques – en vienne à se tourner vers une droite autoritaire qui lui promet de la défendre contre l’oligarchie, et de redonner à la nation sa grandeur perdue ? Carburant naturellement au ressentiment, à la colère et au cynisme, cette droite, comme le fascisme des années 1930, est habile à canaliser ces passions tristes contre des boucs émissaires tout désignés, lui permettant de continuer à servir en sous-main l’élite financière qu’elle prend pourtant pour cible…

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SOMMAIRE DU NUMÉRO D’AVRIL 2018 :

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Les lois s’appliquent, un officier de police judiciaire prive de liberté l’ancien président de la France : réjouissons, la démocratie fonctionne!

 Laurent Joffrin, Sarko le Libyen, 20 mars 2018,
http://www.liberation.fr/politiques/2018/03/20/sarko-le-libyen_1637565?xtor=EPR-450206&utm_source=newsletter&utm_medium=email&utm_campaign=quot
Laurent Joffrin est le Directeur de la publication du journal français Libération.

 

Sarkozy en garde à vue* [Nicolas Sarkozy, président de la France du 16 mai 2007 au 15 mai 2012], Sarkozy soupçonné, Sarkozy accusé. La routine, quoi… En butte à trois procédures judiciaires, dont ce dossier libyen qui lui vaut le désagrément d’une garde à vue, l’ancien président dénoncera bien sûr le «complot judiciaire et médiatique» [… En fait, la justice s’interroge sur des éléments troublants, à défaut d’être probants, pour l’instant en tout cas […]
Les journalistes dénoncent les turpitudes des puissants, souvent avec efficacité. […] Pourtant idéologues et démagogues continuent de dénoncer «la pensée unique» soi-disant en vigueur dans la presse, la «connivence» qui relierait les médias et la classe politique ou capitalistique. Alors qu’élus indélicats ou PDG fautifs doivent en permanence redouter le travail de la presse. Allez comprendre…
Dans cette affaire, aussi bien, comme dans tant d’autres, c’est le fonctionnement de la démocratie qui est en cause. […] On en brosse souvent un tableau horrifique, en dénonçant le pouvoir de la classe dirigeante, des multinationales, des puissants en général, qui viendrait miner, pervertir, annuler au bout du compte, les institutions chargées de lutter contre la corruption et d’assurer le respect des lois, y compris par «ceux d’en haut». La démocratie serait un leurre, une tromperie, un décor de Potemkine, qui cacherait la subreptice puissance des tireurs de ficelles de la classe dominante. Vaste blague… Si Nicolas Sarkozy, ancien président, leader de la droite, agent supposé de la bourgeoisie, est aujourd’hui dans le collimateur des magistrats […], c’est bien que la police enquête, que les juges font leur travail, que la presse en rend compte et que les lois s’appliquent. Autrement dit que le pluralisme des pouvoirs – et non l’unicité d’un pouvoir omnipotent – est bien à l’œuvre. Les populistes dénigrent jour et nuit la démocratie. Ce n’est pas pour en corriger les défauts. C’est parce qu’ils ne l’aiment pas.
* La garde à vue est une mesure de privation de liberté prise à l’encontre d’un suspect lors d’une enquête judiciaire. Le suspect a droit à un avocat. La durée de la garde à vue est limitée.

(https://www.service-public.fr/particuliers/vosdroits/F14837)

Femmes victimes de harcèlement sexuel.

 La femme, seule, peut accorder son intimité à l’autre.

 

Codex Manesse, http://www.danceshistoricalmiscellany.com/the-heidelberg-rapunzel/

 

 

2 février 2018

Opéra : des voix s’élèvent contre le sexisme

Après les milieux du cinéma, de la politique ou des médias, celui de l’opéra va-t-il être touché par le mouvement contre le sexisme ? En Suède, 653 chanteuses lyriques ont dénoncé le harcèlement sexuel dans leur profession. Mais ailleurs, peu d’écho. Et pourtant, l’opéra apparait comme un bastion de domination masculine avec un puissant plafond de verre. Pourquoi ? Comment y introduire plus d’égalité ?

À VOIR : France 24, émission Actuelles, http://www.france24.com/fr/20180202-actuelles-opera-sexisme-harcelement-nathalie-manfrino-soprano-arabie-saoudite-droits-femmes – Février 2018

 

Pour une insurrection non-violente

SOURCE : Revue québécoise Relations, numéro 794 – janvier-février 2018

http://cjf.qc.ca/revue-relations/publication/article/insurrection-non-violente/

Pour une insurrection non-violente

Par : Jean-Claude Ravet

 

Le 30 janvier 1948, deux semaines après avoir entrepris un jeûne illimité jusqu’à ce que cessent les violences communautaires entre musulmans et hindous déclenchées avec la partition de l’Inde et du Pakistan, Gandhi tombait sous les balles d’un fanatique hindou d’extrême droite, à l’âge de 78 ans.

 

Soixante-dix ans après sa mort, cette figure emblématique de la non-violence peut être une puissante source d’inspiration pour relever les défis de notre époque. Le 13 novembre dernier, en effet, plus de 15 000 scientifiques provenant de 184 pays publiaient un manifeste alarmant pour avertir que « l’humanité court à sa perte » si nous ne changeons pas radicalement notre mode de développement (Le Devoir, 14 novembre 2017). En clair, pendant que les gouvernements tergiversent sur les moyens à prendre, préférant servir les intérêts des multinationales avides de profits, nous sommes en train de scier la branche sur laquelle nous sommes assis, en détruisant nos conditions d’existence et en nous dirigeant à toute vitesse vers de « grandes misères humaines ».

 

En ces temps critiques, la non-violence que Gandhi a su mettre en pratique en tant que mode de vie et d’action pourrait être d’un grand secours pour s’attaquer de toute urgence aux structures de pouvoir qui maintiennent en place le système actuel, d’une extrême violence, et rompre avec celui-ci. Notamment grâce aux deux piliers sur lesquels elle repose : la non-coopération et la désobéissance civile. Gandhi avait compris que le colonialisme britannique ne pouvait tenir en Inde si la population, composée de centaines de millions de personnes, refusait de s’y soumettre. En retirant sa coopération au système, celui-ci s’effondrerait de lui-même. La longue lutte de Gandhi pour l’indépendance a reposé en grande partie sur cette stratégie. Étienne de la Boétie en donnait déjà les fondements dans le Discours de la servitude volontaire, en 1549, écrivant à propos des tyrans : « Soyez résolus de ne servir plus et vous voilà libres. Je ne veux pas que vous le poussiez ou l’ébranliez, mais seulement ne le soutenez plus, et vous le verrez, comme un grand colosse à qui on a dérobé sa base, de son poids même, fondre en bas et se rompre. »

 

Quant à la désobéissance civile, elle consiste pour Gandhi à affronter la répression en défiant ouvertement la loi et les institutions injustes, afin de révéler au grand jour l’injustice et signifier qu’elle n’est plus tenable. Martin Luther King, dont nous commémorerons le 50e anniversaire de l’assassinat en avril prochain, en a fait l’arme principale de sa lutte non-violente contre la ségrégation raciale aux États-Unis dans les années 1950-1960, notamment par des sit-in dans des lieux publics réservés aux Blancs. Aux leaders religieux qui lui reprochaient cette stratégie conflictuelle, il répond de la prison où il est incarcéré : « Je dois avouer que je ne crains pas le mot tension […], il est une sorte de tension constructive et non-violente, indispensable si l’on veut faire évoluer une situation. […] L’Histoire est la longue et tragique illustration du fait que les groupes privilégiés cèdent rarement leurs privilèges sans y être contraints. […] Jésus Christ était un extrémiste de l’amour, de la vérité et du bien, et s’était ainsi élevé au-dessus de son entourage. Aussi, après tout, peut-être le Sud, notre pays et le monde ont-ils grandement besoin d’extrémistes créateurs » (Lettre de Birmingham, 1963).

 

Mais si la non-violence est inspirante pour notre temps, c’est qu’elle était, chez Gandhi, plus qu’un simple mode d’action, fût-il révolutionnaire : c’était aussi une manière de vivre (satyagraha) et de s’organiser en société de façon radicalement démocratique et décentralisée (swaraj), fondée sur l’égalité de tous, le partage, la dignité humaine. Pour Gandhi, l’agir humain au service de la vie repose sur ce principe : la fin est dans les moyens comme l’arbre dans la semence. Tout le contraire du principe qui prédomine depuis trop longtemps dans la société voulant que la fin justifie les moyens. Ainsi, la force, le pouvoir, les inégalités sociales et la violence ont servi à déposséder les populations, à piller les ressources, à saccager la nature, à réduire la vie et les êtres au rang de marchandises au profit d’une ploutocratie prédatrice toujours plus gourmande, et ce, presque toujours sous le couvert… du « progrès » ! « La Terre, disait Gandhi, compte suffisamment de ressources pour répondre aux besoins de tous, mais pas assez pour satisfaire la cupidité de chacun. »

 

Il est temps, comme le rappelle à sa manière le mouvement #MoiAussi, de tourner résolument le dos aux rapports de pouvoir et de violence, tant à l’égard des êtres humains et des animaux que de la nature. Cela nous a menés à l’impasse dans laquelle nous sommes. Il est temps d’opter enfin collectivement pour des relations de réciprocité et de solidarité, de « vivre simplement pour que simplement d’autres puissent vivre » (Gandhi).

« Ce qui m’effraie, ce n’est pas l’oppression des méchants; c’est l’indifférence des bons. » (Martin Luther King)

« Ce qui m’effraie, ce n’est pas l’oppression des méchants; c’est l’indifférence des bons. »

(Martin Luther King (1929-1968), https://www.chrc-ccdp.gc.ca/fra/contenu/avons-nous-baisse-la-garde)

 


RIEN N’EST MOINS INNOCENT QUE LE LAISSER-FAIRE. *

(Pierre Bourdieu, in Pierre Bourdieu (dir.), La misère du monde, Paris, Seuil, © 1993; coll. Points, p. 1453-1454)

MON IDÉE À MOI, C’EST QUE NOUS SOMMES PLUS LIBRES QUE NOUS NE LE PENSONS ;

C’EST PAS LA LIBERTÉ QUI MANQUE, C’EST LE COURAGE DE PRENDRE LES LIBERTÉS QUE L’ON A. **

Jean-Paul Desbiens (alias Le Frère untel), Les insolences du Frère untel, Montréal, Les Éditions de l’Homme, © 1960, p. 83) – Jean-Paul Desbiens, Les insolences du Frère untel, Texte annoté par l’auteur, Montréal, Les Éditions de l’Homme, © 1988, p. 86)

* “Porter à la conscience des mécanismes qui rendent la vie douloureuse, voire invivable, ce n’est pas les neutraliser; porter au jour les contradictions, ce n’est pas les résoudre. mais, pour si sceptique que l’on puisse être sur l’efficacité sociale du message sociologique, on ne peut tenir pour nul l’effet qu’il peut exercer en permettant à ceux qui souffrent de découvrir la possibilité d’imputer leur souffrance à des causes sociales et de se sentir ainsi disculpés; et en faisant connaître largement l’origine sociale, collectivement occultée, du malheur sous toutes ses formes, y compris les plus intimes et les plus secrètes.

« Constat, qui, malgré les apparences, n’a rien de désespérant : ce que le monde social a fait, le monde social peut, armé de ce savoir, le défaire. Ce qui est sûr, en tout cas, c’est que rien n’est moins innocent que le laisser-faire : s’il est vrai que la plupart des mécanismes économiques et sociaux qui sont au principe des souffrances les plus cruelles, notamment ceux qui règlent le marché du travail et le marché scolaire, ne sont pas faciles à enrayer ou à modifier, il reste que toute politique qui ne tire pas pleinement parti des possibilités, si réduites soient-elles, qui sont offertes à l’action, et que la science peut aider à découvrir, peut être considérée comme coupable de non-assistance à personne en danger. »

(Pierre Bourdieu, in Pierre Bourdieu (dir.), La misère du monde, Seuil, copyright 1993; coll. Points, p. 1453-1454) (Reproduit au https://lepasseurdelacote.com/2015/09/02/la-misere-du-monde-contre-le-laisser-faire/ le 2 septembre 2015)

 

** « Mon petit Frère Untel en or, mon petit lapin bleu, tu vas maintenant me dire pourquoi tu écris des choses comme ça, et à la face de la Province ?

« J’écris ces choses par charité. Et ne rigolez pas, s’il vous plaît. Pourquoi n’écrirais-je pas ces choses par charité ? Pourquoi n’aurais-je pas une étincelle de charité ? Quelqu’un aime la musique et il le dit et personne ne rigole ; quelqu’un aime les ouvrages de Camus et il le dit et personne ne rigole. Il est bien possible que moi, j’aime un peu les Canadiens français, et que je cherche à leur parler. Je vis au bout du monde et je m’ennuie de parler à des hommes.

« J’écris aussi pour bien établir qu’il est possible de dire ce que l’on pense. Pour bien établir que toute vérité est bonne à dire. Mon idée à moi, c’est que nous sommes plus libres que nous ne le pensons ; c’est pas la liberté qui manque, c’est le courage de prendre les libertés que l’on a. Nous pleurnichons sur la liberté absente et nous n’avons même pas essayé la liberté. Nous sommes un peu comme ce chien d’un conte de Jules Renard : nous flairons une chaîne qui ne nous retient peut-être plus. Ici je commets un canadianisme : tout d’un coup qu’on serait libres ? »

Jean-Paul Desbiens (alias Le Frère untel), Les insolences du Frère untel, Montréal : Les Éditions de l’Homme, 1960, 158 pp.


« Sur certaines prises de positions, la couardise pose la question : “Est-ce sans danger ?”, l’opportunisme pose la question : “Est-ce politique ?”, et la vanité les rejoint et pose la question : “Est-ce populaire ?”. Mais la conscience pose la question : “Est-ce juste ?”. Et il arrive alors un moment où quelqu’un doit prendre position pour quelque chose qui n’est ni sans danger, ni politique, ni populaire mais doit le faire parce que sa conscience lui dit que c’est juste. »

(Martin Luther King (1929-1968), https://fr.wikipedia.org/wiki/Martin_Luther_King#Pacifisme_et_engagement_personnel)

Est-ce la fin des partis politiques ?

En France, l’homme politique Xavier Bertrand annonce en décembre 2017 qu’il quitte le parti Les Républicains; il dit « qu’il ne croit plus aux « partis politiques traditionnels ». Laurent Joffrin, du journal français Libération, réagit le 12 décembre 2017 : «  le rejet des vieux partis devient décidément le marqueur du «nouveau monde» inauguré par l’élection d’Emmanuel Macron (président du pays depuis le 14 mai 2017).

« Ce nouveau monde est-il si neuf ? Est-il meilleur que l’ancien ? L’effacement des partis classiques est une évidence. En marche est un mouvement, comme La France insoumise. Benoît Hamon cherche son salut dans un club juvénile rassemblé autour de sa personne. Le vieux PS est invisible, réduit comme peau de chagrin. Restent LR et le FN, ces survivants mal en point. (…) Seuls les socialistes ont conservé l’ancien rituel – un congrès, des motions, un vote à bulletins secrets. Ce sont les plus mal en point…

« Comme les vieilles chaussures, les vieux partis avaient pourtant leur vertu. Ils ne désignaient pas seulement les candidats. Ils étaient des écoles de formation civique. Le Parti communiste offrait une promotion à des ouvriers que leur origine sociale avait privés d’études ; les socialistes au temps de leur splendeur faisaient cohabiter militants, experts, énarques et élus locaux dans une camaraderie égalitaire qui n’était pas de façade. Le parti gaulliste rehaussait le peuple et le mettait en communication directe avec l’Histoire. Tous avaient une culture, une légende, un héritage et obligeaient les adhérents à se bonifier en compétence, en expérience, en influence. Les militants collaient des affiches mais ils débattaient aussi de l’avenir du pays et orientaient par leur vote la ligne générale. Ce sont aujourd’hui des suiveurs, des fans, des groupies, autrement dit des fantassins sans pouvoir, des «helpers», comme on dit chez Macron, qui remplissent les salles pour leur grand homme, lequel agit à sa guise sur la scène médiatique. C’est la modernité. Est-ce la démocratie ? »

(Source : Libération, 12 décembre 2017, http://www.liberation.fr/politiques/2017/12/12/bertrand-de-winterfell_1616149?xtor=EPR-450206&utm_source=newsletter&utm_medium=email&utm_campaign=quot)


Les partis politiques sont-ils en train de tomber en désuétude?

Facile de répondre par l’affirmative devant le résultat du premier tour des élections présidentielles en France, où républicains et socialistes ont été évacués du second tour.

Le candidat favori pour l’emporter, Emmanuel Macron, n’a pas de parti, il se dit ni de droite ni de gauche; il a déjà affirmé que tout le monde «se fout» des programmes des partis.

[…]

… ici [au Québec] aussi les partis politiques traditionnels montrent des signes d’essoufflement: nombre de membres en baisses, finan­ces difficiles, etc.

L’épisode de la commission Charbonneau et les changements des règles de financement ne les ont certainement pas aidés.

La réputation des partis est plombée.

[…]

Or, nos partis sont en phase de dévitalisation, comme l’a montré Alec Castonguay dans L’actualité du mois d’avril. L’ancien président de la Commission politique du PLQ, Jérôme Turcotte, l’a écrit dans un rapport l’an dernier: plusieurs militants du PLQ ont le sentiment que c’est là une «marque de commerce servant à faire élire une aile parlementaire qui a délais­sé le militantisme».

Du reste, il est loin d’être certain que, pour le bien de la démocratie, la multiplication des «mouvements» autour d’un seul homme, comme celui de M. Macron, soit vraiment l’idéal.

(source : Antoine Robitaille, La fin des partis? Journal de Montréal, 25 avril 2017, http://www.journaldemontreal.com/2017/04/25/la-fin-des-partis)


RÉGIME DE PARTIS ou PARTITOCRATIE [« système politique dans lequel les partis politiques détiennent la plupart ou la totalité des pouvoirs »]

Principales critiques faites aux « régimes des partis » :

alliances et partages du pouvoir entre partis politiques portant atteinte au suffrage universel ;

pouvoir des chefs de partis qui ne sont pas soumis au suffrage universel et dont l’impartialité n’est pas garantie ;

dérive vers la pensée unique avec l’apparition de partis politiques forts empêchant le développement de partis nouveaux ou contestataires ;

non respect du principe de séparation des pouvoirs, les mêmes partis détenant les différentes instances du pouvoir.

Les partisans de la démocratie participative, quant à eux, mettent en avant la nécessité de disposer d’organisations partisanes pour que les différents courants d’opinion puissent s’exprimer et que les citoyens puissent participer à la vie politique. Pour eux, la démocratie représentative s’oppose aux régimes de parti unique et aux dictatures.

(source : « Toupictionnaire » : le dictionnaire de politique, http://www.toupie.org/Dictionnaire/Partitocratie.htm)


 

Ils tuent au nom de leur religion.

« Toutes les religions sont susceptibles d’être violentes dans un contexte national, régional ou local particulier », explique le sociologue des religions Jean-Louis Schlegel. Aujourd’hui, les projecteurs sont braqués sur l’islam, en particulier sur les atrocités commises par des groupes terroristes comme Daech et Al-Qaïda. Pour autant, les autres religions ne sont pas en reste. En Israël, les juifs extrémistes qui colonisent les Territoires palestiniens pour reconstituer le « Grand Israël » biblique marquent clairement le conflit territorial israélo-palestinien du sceau religieux. Et même les traditions a priori les plus pacifistes peuvent faire preuve de violence, à l’instar de certains moines bouddhistes birmans qui s’attaquent à la minorité musulmane Rohingya. Depuis une trentaine d’années, l’Inde est également le théâtre de violents affrontements entre hindous et minorités religieuses. Chrétiens et musulmans y sont régulièrement la cible d’attaques, voire de lynchages. »

(Louise Gamichon, Ils tuent au nom de leur foi (dossier Le mal au nom de Dieu), Le Monde des religions, numéro 75, janvier-février 2016, p. 36, http://www.lemondedesreligions.fr/papier/2015/75/ils-tuent-au-nom-de-leur-foi-23-12-2015-5172_220.php)

Massacre de Haarlem (Pays-Bas), 1572 / Les troupes espagnoles catholiques massacrent des protestants.