Est-ce la fin des partis politiques ?

En France, l’homme politique Xavier Bertrand annonce en décembre 2017 qu’il quitte le parti Les Républicains; il dit « qu’il ne croit plus aux « partis politiques traditionnels ». Laurent Joffrin, du journal français Libération, réagit le 12 décembre 2017 : «  le rejet des vieux partis devient décidément le marqueur du «nouveau monde» inauguré par l’élection d’Emmanuel Macron (président du pays depuis le 14 mai 2017).

« Ce nouveau monde est-il si neuf ? Est-il meilleur que l’ancien ? L’effacement des partis classiques est une évidence. En marche est un mouvement, comme La France insoumise. Benoît Hamon cherche son salut dans un club juvénile rassemblé autour de sa personne. Le vieux PS est invisible, réduit comme peau de chagrin. Restent LR et le FN, ces survivants mal en point. (…) Seuls les socialistes ont conservé l’ancien rituel – un congrès, des motions, un vote à bulletins secrets. Ce sont les plus mal en point…

« Comme les vieilles chaussures, les vieux partis avaient pourtant leur vertu. Ils ne désignaient pas seulement les candidats. Ils étaient des écoles de formation civique. Le Parti communiste offrait une promotion à des ouvriers que leur origine sociale avait privés d’études ; les socialistes au temps de leur splendeur faisaient cohabiter militants, experts, énarques et élus locaux dans une camaraderie égalitaire qui n’était pas de façade. Le parti gaulliste rehaussait le peuple et le mettait en communication directe avec l’Histoire. Tous avaient une culture, une légende, un héritage et obligeaient les adhérents à se bonifier en compétence, en expérience, en influence. Les militants collaient des affiches mais ils débattaient aussi de l’avenir du pays et orientaient par leur vote la ligne générale. Ce sont aujourd’hui des suiveurs, des fans, des groupies, autrement dit des fantassins sans pouvoir, des «helpers», comme on dit chez Macron, qui remplissent les salles pour leur grand homme, lequel agit à sa guise sur la scène médiatique. C’est la modernité. Est-ce la démocratie ? »

(Source : Libération, 12 décembre 2017, http://www.liberation.fr/politiques/2017/12/12/bertrand-de-winterfell_1616149?xtor=EPR-450206&utm_source=newsletter&utm_medium=email&utm_campaign=quot)


Les partis politiques sont-ils en train de tomber en désuétude?

Facile de répondre par l’affirmative devant le résultat du premier tour des élections présidentielles en France, où républicains et socialistes ont été évacués du second tour.

Le candidat favori pour l’emporter, Emmanuel Macron, n’a pas de parti, il se dit ni de droite ni de gauche; il a déjà affirmé que tout le monde «se fout» des programmes des partis.

[…]

… ici [au Québec] aussi les partis politiques traditionnels montrent des signes d’essoufflement: nombre de membres en baisses, finan­ces difficiles, etc.

L’épisode de la commission Charbonneau et les changements des règles de financement ne les ont certainement pas aidés.

La réputation des partis est plombée.

[…]

Or, nos partis sont en phase de dévitalisation, comme l’a montré Alec Castonguay dans L’actualité du mois d’avril. L’ancien président de la Commission politique du PLQ, Jérôme Turcotte, l’a écrit dans un rapport l’an dernier: plusieurs militants du PLQ ont le sentiment que c’est là une «marque de commerce servant à faire élire une aile parlementaire qui a délais­sé le militantisme».

Du reste, il est loin d’être certain que, pour le bien de la démocratie, la multiplication des «mouvements» autour d’un seul homme, comme celui de M. Macron, soit vraiment l’idéal.

(source : Antoine Robitaille, La fin des partis? Journal de Montréal, 25 avril 2017, http://www.journaldemontreal.com/2017/04/25/la-fin-des-partis)


RÉGIME DE PARTIS ou PARTITOCRATIE [« système politique dans lequel les partis politiques détiennent la plupart ou la totalité des pouvoirs »]

Principales critiques faites aux « régimes des partis » :

alliances et partages du pouvoir entre partis politiques portant atteinte au suffrage universel ;

pouvoir des chefs de partis qui ne sont pas soumis au suffrage universel et dont l’impartialité n’est pas garantie ;

dérive vers la pensée unique avec l’apparition de partis politiques forts empêchant le développement de partis nouveaux ou contestataires ;

non respect du principe de séparation des pouvoirs, les mêmes partis détenant les différentes instances du pouvoir.

Les partisans de la démocratie participative, quant à eux, mettent en avant la nécessité de disposer d’organisations partisanes pour que les différents courants d’opinion puissent s’exprimer et que les citoyens puissent participer à la vie politique. Pour eux, la démocratie représentative s’oppose aux régimes de parti unique et aux dictatures.

(source : « Toupictionnaire » : le dictionnaire de politique, http://www.toupie.org/Dictionnaire/Partitocratie.htm)


 

Ils tuent au nom de leur religion.

« Toutes les religions sont susceptibles d’être violentes dans un contexte national, régional ou local particulier », explique le sociologue des religions Jean-Louis Schlegel. Aujourd’hui, les projecteurs sont braqués sur l’islam, en particulier sur les atrocités commises par des groupes terroristes comme Daech et Al-Qaïda. Pour autant, les autres religions ne sont pas en reste. En Israël, les juifs extrémistes qui colonisent les Territoires palestiniens pour reconstituer le « Grand Israël » biblique marquent clairement le conflit territorial israélo-palestinien du sceau religieux. Et même les traditions a priori les plus pacifistes peuvent faire preuve de violence, à l’instar de certains moines bouddhistes birmans qui s’attaquent à la minorité musulmane Rohingya. Depuis une trentaine d’années, l’Inde est également le théâtre de violents affrontements entre hindous et minorités religieuses. Chrétiens et musulmans y sont régulièrement la cible d’attaques, voire de lynchages. »

(Louise Gamichon, Ils tuent au nom de leur foi (dossier Le mal au nom de Dieu), Le Monde des religions, numéro 75, janvier-février 2016, p. 36, http://www.lemondedesreligions.fr/papier/2015/75/ils-tuent-au-nom-de-leur-foi-23-12-2015-5172_220.php)

Massacre de Haarlem (Pays-Bas), 1572 / Les troupes espagnoles catholiques massacrent des protestants.

Le fantasme transhumaniste : amélioration ou aliénation? Soirée Relations à Québec (26-09-2017) et à Montréal (25-09-2017).

Revue québécoise Relations

Soirée Relations à Montréal – Le fantasme transhumaniste : amélioration ou aliénation?

Confiné, il y a peu, à des cercles d’initiés, le transhumanisme, qui prône notamment l’augmentation de nos capacités physiques et mentales et l’amélioration de l’espèce humaine par le biais des technosciences, voit son influence croître dans la société. De grandes multinationales, mais aussi des fonds publics, subventionnent grassement de nombreuses recherches qui s’y apparentent. Il est urgent de réfléchir sur ce mouvement et sur cette idéologie ainsi que sur ses conséquences pour la vie et la société. Dans cette perspective, nous vous proposons deux Soirées Relations, à Montréal et à Québec.

À QUÉBEC :

le mardi 26 septembre 2017 de 19 h à 21 h 30

Centre culture et environnement Frédéric Back

870, avenue de Salaberry

Salle 322-324

Téléphone : 418 524 2744

 

À MONTRÉAL

Date : Lundi 25 septembre

Heure : de 19h à 21h30

Lieu : Maison Bellarmin (25, rue Jarry Ouest, Montréal)

Avec

Céline Lafontaine, professeure titulaire de sociologie à l’Université de Montréal

Nicolas Le Dévédec, professeur adjoint au Département de management de HEC Montréal

Jean-Claude Ravet, rédacteur en chef de Relations

Contribution suggérée : 5$

Pour plus de renseignements, communiquez avec Christiane Le Guen au 514-387-2541, poste 234 ou cleguen@cjf.qc.ca

Les musulmans et la condamnation de l’utilisation de l’islam pour justifier des actes de violence.

(Les textes suivants vous aideront peut-être à vous forger une opinion, si ce n’est pas déjà fait.)

1 Déclaration du premier ministre du Québec, Philippe Couillard, le 22 juin 2017

« M. Couillard a appelé les leaders des communautés musulmanes à désavouer sans équivoque toute instrumentalisation de l’islam à des fins violentes. La lutte contre le terrorisme constitue une « responsabilité partagée de la société », a-t-il insisté en marge d’une allocution au Domaine Cataraqui en vue de la fête nationale.

« Il y a une responsabilité, bien sûr, d’inclusion pour la société, de sécurité et de prévention, mais il y a également une responsabilité pour la communauté musulmane — partout, pas seulement chez nous, mais ailleurs également — de dénoncer la perversion de la religion que certains utilisent pour commettre des actes inexcusables, impardonnables, soi-disant au nom d’une religion qu’ils ont déformée d’une façon perverse », a-t-il affirmé à la presse. »

(journaliste Marco Bélair-Cirino. Couillard appelle la communauté musulmane à l’action, Le Devoir, 23 juin 2017, http://www.ledevoir.com/politique/quebec/501881/lutte-au-terrorisme-les-musulmans-ont-leur-part-de-responsabilite-dit-couillard)

2 Réaction d’un imam à la déclaration de Philippe Couillard, le 22 juin 2017

« M. Guillet [imam Hassan Guillet] est tombé des nues en lisant les comptes rendus de la mêlée de presse de M. Couillard.

« Ce que ces gens [les terroristes] font ne correspond pas aux enseignements de notre prophète. Ni au texte du Coran ni à l’esprit du Coran. Ils font plus de tort à l’islam que n’importe qui à travers l’Histoire. Je ne sais pas comment on peut être plus clair que ça », martèle-t-il à l’autre bout du fil. « Quand on s’adresse aux fidèles dans les mosquées, on le dit. Quand on est en famille, on le dit. […] Est-ce que tout le monde nous écoute ? Ça, c’est une autre chose. »

(journaliste Marco Bélair-Cirino. Couillard appelle la communauté musulmane à l’action, Le Devoir, 23 juin 2017, http://www.ledevoir.com/politique/quebec/501881/lutte-au-terrorisme-les-musulmans-ont-leur-part-de-responsabilite-dit-couillard)

3 Réaction d’un citoyen de Québec à la déclaration de Philippe Couillard, le 26 juin 2017

« L’approche essentialiste du premier ministre fait des musulmans des terroristes en puissance et en devenir. Il y a de quoi se sentir dépouillé d’une bonne partie de ce qui reste de citoyenneté, déjà fortement érodée par l’ostracisme et le rejet qui accompagnent régulièrement les poussées de fièvre identitaire savamment entretenue par la classe politique soutenue par des médias : ADQ [Action démocratique du Québec, ancien parti politique disparu en 2012] pour l’accommodement raisonnable de nature religieuse; PQ [Parti québécois] avec sa Charte des valeurs québécoises; PLQ [Parti libéral du Québec] et la déclaration de son chef à la veille des célébrations de la Saint-Jean, fête nationale d’où les Québécois musulmans se sentent ainsi exclus.

« Rien de mieux pour pousser ces derniers vers le ghetto… »

[] Les pouvoirs publics ont contribué par leur silence à la banalisation d’une islamophobie rampante qui a fini par se manifester au grand jour, dans le sang et dans les larmes le 29 janvier dernier. »

(Touhami Rachid Raffa, citoyen de Québec, Sommes-nous coupables d’être musulmans? Le Soleil, 26 juin 2017, http://www.lapresse.ca/le-soleil/opinions/points-de-vue/201706/26/01-5110974-sommes-nous-coupables-detre-musulmans.php)

4 Réaction d’un islamologue musulman à la déclaration de Philippe Couillard, le 28 juin 2017

« … les propos du premier ministre n’ont rien de faux. Il a dit tout simplement tout haut ce qu’une majorité de musulmans pensent tout bas. Il a dit ce que disent la plupart des intellectuels réformistes musulmans depuis des décennies, c’est-à-dire depuis que l’islamisme s’est imposé comme acteur sociopolitique dans toutes les vies politiques des pays musulmans, mais aussi en Occident.

« Ces intellectuels sont des musulmans eux-mêmes. Serait-il logique de les accuser de faire la promotion de leur propre stigmatisation ou de leur propre haine ? Monsieur Couillard n’a pas attaqué l’islam, ni en tant que dogme, ni en tant qu’expérience spirituelle, ni en tant que pratique individuelle. Il a tout simplement fait ce que nous faisions depuis des années. Il a appelé les musulmans d’ici et d’ailleurs à assumer leurs responsabilités pour lutter contre le détournement de leur dogme et de leur spiritualité pour justifier des actes de violence contre des innocents. En tant que musulman et en tant qu’islamologue, je souscris parfaitement et sans réserve à cet appel. Suis-je donc islamophobe ? Est-ce que je me déteste moi-même ?

« Dans une intervention très nuancée, Philippe Couillard a fait clairement la différence entre islam et dérives islamistes. Il a toujours mis en garde contre le danger de stigmatisation de l’ensemble des musulmans. Que peut-on reprocher à notre premier ministre quand il appelle les musulmans à prendre leurs responsabilités dans la critique de l’idéologie islamiste ?

« Or, monsieur Couillard a raison. Les actes de violence qu’il dénonçait sont effectivement faits au nom de l’islam. Il y a toute une industrie qui produit l’idéologie islamiste et qui s’exprime dans les mosquées et les autres institutions de transmission de la culture islamique dont les salafistes djihadistes ont pris le contrôle partout dans le monde. Il revient à nous, les musulmans, de contester et de combattre cette idéologie qui se propage dans nos pays d’origine et dans nos diasporas en situation d’immigration, plutôt que de rester dans le déni et de jouer la carte de la victimisation. Il faut se sortir la tête du sable et affronter la réalité de notre monde moderne. 

[] « L’islam a aujourd’hui besoin d’être réformé. »

(Noomane Raboudi, islamologue et politologue, Université d’Ottawa, Couillard dit tout haut ce qu’une majorité de musulmans pensent tout bas, Le Devoir, 28 juin 2017, http://www.ledevoir.com/politique/quebec/502204/philippe-couillard-a-dit-tout-haut-ce-qu-une-majorite-de-musulmans-pensent-tout-bas)

5 Réaction d’un éditorialiste à la déclaration de Philippe Couillard, le 29 juin 2017

« Mais, à l’instar de bien des Québécois de confession musulmane, l’universitaire s’insurge contre ce concept de communauté musulmane. Les immigrants musulmans viennent du Maghreb, de l’Iran, de l’Indonésie ; ils peuvent être d’obédience chiite ou sunnite ou encore sans obédience du tout, trop heureux de pouvoir vivre leur foi, ou encore leur non-croyance, en toute liberté dans un État démocratique. D’aucuns parmi eux sont outrés de découvrir dans la société d’accueil une « “communauté musulmane” aux relents islamistes, aussi glauques et étouffants que celle qu’ils avaient fuie », comme le soulignait dans Le Devoir Mahmoud Mezhoud.

« De fait, en s’adressant à cette prétendue communauté musulmane, Philippe Couillard fait le jeu des islamistes qui tentent justement de constituer au Québec une communauté qui pourrait soumettre à sa férule les musulmans. []

« Philippe Couillard est imprégné d’une vision communautariste de la société. []

« Or, nombre de musulmans de toutes origines établis au Québec veulent avant tout être considérés, au même titre que tous les Québécois, comme des citoyens à part entière représentés par leurs élus politiques. Non pas par des imams ou encore des porte-parole autoproclamés aux penchants islamistes. Mais c’est peut-être une vision un peu trop laïque au goût de Philippe Couillard.

(éditorialiste Robert Dutrisac, Couillard et la «communauté» musulmane, Le Devoir, 29 juin 2017, http://www.ledevoir.com/politique/quebec/502315/la-communaute-musulmane)


De belles épervières à Lévis.

(Photo prise par Roger Martel le 26 juin 2017)

Oh Bonne Mère ! Vous avez vu le drapeau européen ? On est obligé de supporter ça ?

« Le drapeau européen est le symbole non seulement de l’Union européenne, mais aussi de l’unité et de l’identité de l’Europe dans un sens plus large. Le cercle d’étoiles dorées représente la solidarité et l’harmonie entre les peuples d’Europe. […]  Les douze étoiles disposées en cercle symbolisent les idéaux d’unité, de solidarité et d’harmonie entre les peuples européens.» (http://publications.europa.eu/code/fr/fr-5000100.htm)

 

DRAPEAU EUROPÉEN

 

Le 20 juin 2017, en France, un nouveau député découvre l’Assemblée nationale et demande aussitôt, pointant le drapeau de l’Europe  : « On est obligé de supporter ça ? » Il ajoute : « C’est la République française ici, c’est pas… la Vierge Marie. » Ce député est Jean-Luc Mélenchon, chef du parti La France insoumise.

Explication :

Le drapeau européen a été conçu par Arsène Heitz. En 1989, Ce dernier révèle que « la petite médaille miraculeuse qui orne son cou est sa première source d’inspiration. L’objet – bien connu des fidèles de la chapelle Notre-Dame de la Médaille miraculeuse, lieu d’apparitions mariales situé rue du bac, à Paris – montre la Sainte Vierge couronnée d’un cercle d’étoiles qu’évoque l’Apocalypse de saint Jean. Arsène Heitz a aussi déclaré avoir été touché par un texte de la liturgie de la solennité de l’Assomption, célébrée le 15 août : « Un signe grandiose est apparu dans le ciel, une femme revêtue du soleil, la lune sous ses pieds, et sur la tête une couronne de douze étoiles. » (Sophie Lebrun, Drapeau européen et Vierge Marie : pourquoi Mélenchon a raison, La Vie, 21/06/2017, http://www.lavie.fr//debats/histoire/drapeau-europeen-et-vierge-marie-pourquoi-melenchon-a-raison-21-06-2017-83038_685.php)

 

Le drapeau européen été adopté en 1955 par le Conseil de l’Europe, le jour de la fête de l’Immaculée Conception… Depuis 1986, il représente aussi l’Union européenne.

 

Pas toujours facile de réaliser la nécessaire séparation de la religion et de l’État…


 

Levons notre chapeau à la reine du Royaume-Uni de Grande-Bretagne et d’Irlande, et du Canada,  Elizabeth II, qui n’a pas peur d’afficher ses couleurs.

Elizabeth II  en juin 2017

(Photo : https://mobile.twitter.com/MirrorPolitics/status/877487416050896896/photo/1?ref_src=twsrc%5Etfw&ref_url=http%3A%2F%2Fwww.bfmtv.com%2Finternational%2Froyaume-uni-le-chapeau-de-la-reine-elizabeth-aux-couleurs-de-l-europe-fait-reagir-1191900.htm)

Roger Martel, sujet d’Elizabeth II

Lévis, 22 juin 2017. Finissantes, finissants, n’oubliez jamais que vous êtes plus libres que vous ne le pensez et que rien n’est moins innocent que le laisser-faire.

 

Trois finissantes et un finissant de l’École Pointe-Lévy de Lévis (Québec)

Photo prise sur la Terrasse du Chevalier de  Lévis le 22 juin 2017,

par Roger Martel


« MON IDÉE À MOI, C’EST QUE NOUS SOMMES PLUS LIBRES QUE NOUS NE LE PENSONS ;

C’EST PAS LA LIBERTÉ QUI MANQUE,

C’EST LE COURAGE

DE PRENDRE LES LIBERTÉS QUE L’ON A. »

 

Jean-Paul Desbiens (alias Le Frère untel), Les insolences du Frère untel, Montréal, Les Éditions de l’Homme, © 1960, p. 83) – Jean-Paul Desbiens, Les insolences du Frère untel, Texte annoté par l’auteur, Montréal, Les Éditions de l’Homme, © 1988, p. 86) (M. Desbiens a enseigné. A occupé le poste de directeur général de l’enseignement élémentaire et secondaire au ministère de l’Éducation et a été directeur général du campus Notre-Dame-de-Foy à Cap-Rouge.)

 

« Mon petit Frère Untel en or, mon petit lapin bleu, tu vas maintenant me dire pourquoi tu écris des choses comme ça, et à la face de la Province ?

« J’écris ces choses par charité. Et ne rigolez pas, s’il vous plaît. Pourquoi n’écrirais-je pas ces choses par charité ? Pourquoi n’aurais-je pas une étincelle de charité ? Quelqu’un aime la musique et il le dit et personne ne rigole ; quelqu’un aime les ouvrages de Camus et il le dit et personne ne rigole. Il est bien possible que moi, j’aime un peu les Canadiens français, et que je cherche à leur parler. Je vis au bout du monde et je m’ennuie de parler à des hommes.

« J’écris aussi pour bien établir qu’il est possible de dire ce que l’on pense. Pour bien établir que toute vérité est bonne à dire. Mon idée à moi, c’est que nous sommes plus libres que nous ne le pensons ; c’est pas la liberté qui manque, c’est le courage de prendre les libertés que l’on a. Nous pleurnichons sur la liberté absente et nous n’avons même pas essayé la liberté. Nous sommes un peu comme ce chien d’un conte de Jules Renard : nous flairons une chaîne qui ne nous retient peut-être plus. Ici je commets un canadianisme : tout d’un coup qu’on serait libres ? »

Jean-Paul Desbiens, Les insolences du Frère untel, Montréal : Les Éditions de l’Homme, 1960, 158 pages

– – – – – – – – – –

« Rien n’est moins innocent que le laisser-faire. »

« … ce que le monde social a fait, le monde social peut, armé de ce savoir, le défaire. Ce qui est sûr, en tout cas, c’est que rien n’est moins innocent que le laisser-faire : s’il est vrai que la plupart des mécanismes économiques et sociaux qui sont au principe des souffrances les plus cruelles, notamment ceux qui règlent le marché du travail et le marché scolaire, ne sont pas faciles à enrayer ou à modifier, il reste que toute politique qui ne tire pas pleinement parti des possibilités, si réduites soient-elles, qui sont offertes à l’action, et que la science peut aider à découvrir, peut être considérée comme coupable de non-assistance à personne en danger. »

[Pierre Bourdieu (réputé sociologue français), in Pierre Bourdieu (dir.), La misère du monde, Seuil, copyright 1993; coll. Points, p. 1453-1454) (Reproduit au https://lepasseurdelacote.com/2015/09/02/la-misere-du-monde-contre-le-laisser-faire/ le 2 septembre 2015]

J’ai envie de les revoir; pas vous? Souhaitons-leur une vie agréable.

finisants Ecole Pointe-Lévy 22-06-2017c

finisants Ecole Pointe-Lévy 22-06-2017e

Je remercie les finissants de m’avoir autorisé à les photogaphier et à publier les photos dans cet espace.

Roger Martel

Tahar Gaïd parle de l’islam, dont il est un spécialiste reconnu – Juin 2017

Source : article de Boualem Bouahmed, Tahar Gaïd. Islamologue « Ceux qui créent de nouveaux péchés se substituent au Créateur », El Watan (jounal algérien), 21.06.17, http://www.elwatan.com//actualite/ceux-qui-creent-de-nouveaux-peches-se-substituent-au-createur-21-06-2017-347655_109.php

EXTRAITS

NOTE Tahar Gaïd, né en Algérie en 1929, a écrit plusieurs ouvrages consacrés à l’islam. Il a participé à la lutte pour la libération nationale (l’Algérie française l’a gardé en prison pendant six ans). Diplomate, il a été ambassadeur dans plusieurs pays. On lui doit L’Encyclopédie thématique de l’Islam (Éditions Iqra).

1

[Tahar Gaïd dit :] Avec un milliard cinq cent millions de fidèles, soit 20% de la population mondiale, l’islam est la seconde religion de la planète. Au cours des prochaines décennies, sa croissance se poursuivra, ne serait-ce que sous l’effet mécanique de la démographie. Souhaitons la fin du radicalisme de l’islam qui devient une grande menace pour l’avenir de l’islam et des musulmans. Souhaitons aussi pour tous les pays musulmans l’instauration des Etats de droit, fondés sur les principes démocratiques et de la liberté d’expression.

2

[Question du journaliste] Dans vos livres qui, faut-il le rappeler, sont à forte tendance didactique, vous soulignez que les droits de l’homme, la fraternité, l’égalité, la justice, le respect de la femme, sont prônés et exigés par l’islam. Comment expliquez-vous alors qu’on ne trouve pas leur traduction sur le terrain dans les pays dits musulmans ?

[Réponse de Tahar Gaïd] Les valeurs de l’islam ont été ensevelies dans les méandres de l’histoire. Si le Prophète, que le salut de Dieu soit sur lui, devait revenir en ce monde, il ne reconnaîtrait plus la religion dont il avait eu la charge de communiquer à l’humanité. Nous observons de nombreuses déviations, particulièrement dans le domaine du statut de la femme. Nous allons donner quelques exemples.

La polygamie a été généralisée alors que le Coran la limite aux mariages des orphelines. Après la bataille d’Uhud, les musulmans ont perdu quelque soixante-dix hommes, laissant des veuves et des orphelines. Pour éviter à ces dernières un sombre avenir, le Coran règle le problème en recourant au mariage. De nos jours, ce n’est pas la religion qui est pratiquée mais une inclination à la jouissance charnelle pour certains. De toute façon, bien observé, le Coran recommande la monogamie tant il est difficile voire même impossible d’appliquer l’égalité sentimentale et même l’égalité sociale.

Le Coran prévoit le témoignage de deux femmes et un homme pour régulariser la question des dettes au cours des transactions commerciales. Les hommes ont, à tort, généralisé ce verset à toutes les questions et à tous les témoignages. Quoi qu’il en soit, comment peut-on aujourd’hui mettre en parallèle deux femmes économistes avec, par exemple, deux ouvriers ou même deux fonctionnaires étrangers aux systèmes financiers.

Comment a-t-on décidé arbitrairement de cloîtrer ainsi la femme musulmane, après le décès de son mari, pendant plus de quatre mois, sachant qu’Asma, la sœur d’Aïcha, est sortie de chez elle pour accomplir une omra après la mort de son mari Talha lors de la bataille dite du chameaux.

Sur un autre plan, rappelons que par le passé, la place de la femme dans la société n’était pas celle que nous lui connaissons aujourd’hui. Citons un exemple pour illustrer mon propos : lors de la mort d’Ibnu Hambal, un des fondateurs de l’une des quatre écoles juridiques, 600 000 personnes (chiffre énorme pour l’époque) ont assisté à son enterrement, dont 200 000 femmes. Celles-ci ont accompagné les hommes à l’intérieur même du cimetière. Mieux encore, l’oraison funèbre fut prononcée par une femme.

Quant à l’absence, entre autres, d’égalité et de justice sociale, il convient de signaler que nous avons combattu le colonialisme. Libérés des contraintes coloniales, au lieu d’appliquer les nobles enseignements de l’islam, nous avons repris à notre compte les mauvaises leçons de l’autorité coloniale. C’est ainsi que nous avons légalisé l’accumulation des richesses, légitimé la fraude et la corruption, instauré l’inégalité sociale, toléré l’atteinte à la dignité humaine.

3

[Question du journaliste] Dès l’âge inaugural de l’islam, plusieurs courants de pensée sont apparus. Aux sunnisme, chî’isme, kharédjisme, mu’tazilisme et soufisme des premiers temps de l’islam sont venus se greffer d’autres mouvements tardifs à l’image du bahaïsme et de l’ahmadisme. Qu’est-ce qui peut expliquer tout ce foisonnement de courants qui se réclament d’un seul Livre ?

[Extrait de la réponse de Tahar Gaïd] […] C’est la preuve que la liberté d’expression existait aux premiers temps de l’islam, bien qu’obtenue au prix de sacrifices sanglants. C’est un acquis précieux que nous cherchons aujourd’hui à obtenir. Il est à préciser que ces courants de pensée se sont manifestés différemment et à des dates historiques différentes, non sans quelques affrontements sanglants.

[…] Nous sommes aujourd’hui témoins de l’existence de certaines branches sectaires qui se réclament de l’islam.

[…] Aucune ne fait école. Au contraire, elles sont diverses et contradictoires. Il ne faut donc pas s’étonner que le salafisme, sous ses deux dernières formes, perdurera aussi longtemps qu’une école ou plusieurs écoles ne s’imposeront pas […].

4

[Tahar Gaïd dit :] Le Coran n’a pas tort de déclarer que Dieu ne change pas l’état d’un peuple si celui-ci ne change pas son comportement intérieur.