La réforme de la curie romaine : vision, enjeux et perspectives. Soirée Relations à Québec le jeudi 20 avril 2017.

Le jeudi 20 avril 2017, de 19 h à 21 h 30

Services diocésains de Québec

1073, boulevard René-Lévesque Ouest

Salle 153

Les Soirées Relations sont organisées par le Centre justice et foi.

La réforme de la curie: vision, enjeux et perspectives

La réforme de la curie romaine entreprise par le pape François depuis le début de son pontificat commence à être visible. De nouveaux dicastères ont été créés : d’abord, celui concernant les communications et l’économie, en réponse aux scandales sur ces deux questions (notamment «l’affaire Vatileaks» et les malversations financières); ensuite, celui pour les laïques, la famille et la vie, faisant suite au Synode sur la famille ; enfin, celui pour le développement humain intégral, mis sur pied dans la foulée de l’encyclique Laudato Si’. Quel esprit et quelle vision animent cette réforme ? Que nous dit-elle sur les orientations et priorités du pape François à l’égard de la justice sociale ? Comment est-elle prise en compte par l’Église du Québec ?

NOUS ABORDERONS CES ENJEUX AVEC :

• Gilles Routhier, doyen de la Faculté de théologie et de sciences religieuses de l’Université Laval ;

• Nadia-Elena Vacaru, professeure adjointe à Faculté de théologie et de sciences religieuses

de l’Université Laval ;

• Marco Veilleux, délégué à l’apostolat social et adjoint aux communications de la Province

jésuite du Canada français.

Contribution suggérée : 5 $

 

RENSEIGNEMENTS : Christiane Le Guen : 514-387-2541, poste 234

ou cleguen@cjf.qc.ca | http://www.cjf.qc.ca/ap

 

Centre Justice et Foi :

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Revue Relations :

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Vivre ensemble :

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Usine de production d’eau potable Desjardins : 2 fois plus chère que prévu. – Demande au vérificateur général de Lévis.

COURRIEL ENVOYÉ PAR ROGER MARTEL À Monsieur Yves Denis, vérificateur général de la Ville de Lévis (Québec)

Lévis, le 6 avril 2017

Monsieur Yves Denis, vérificateur général
Ville de Lévis (Québec)

Monsieur le vérificateur général,

Selon votre rapport intitulé Usine de production d’eau potable Desjardins Rapport d’audit – Mars 2017, c’est en juillet 2007 que le conseil municipal de la Ville de Lévis a autorisé « le financement afin d’agrandir et de moderniser l’usine de production d’eau potable Desjardins (UPE Desjardins) » (page 3), et vos travaux d’audit « couvrent les transactions financières survenues entre janvier 2007 et novembre 2016 » (page 6).

Savez-vous si les vérificateurs généraux qui se sont succédés à la Ville de Lévis depuis l’autorisation du financement mentionné ci-dessus ont publié dans l’un ou dans plusieurs de leurs rapports annuels les résultats d’analyses des pratiques de gestion appliquées dans le cadre des travaux de construction de l’UPE Desjardins? Savez-vous s’ils se sont assurés que les règles d’octroi des contrats respectaient les lois et règlements en vigueur? Pourriez-vous me dire s’ils se sont assurés que la Ville de Lévis prenaient tous les moyens nécessaires pour acquérir les infrastructures relatives à l’UPE Desjardins avec un soucie d’économie? (1)

Savez-vous si les vérificateurs généraux qui se sont succédés à la Ville de Lévis depuis l’autorisation du financement mentionné ci-dessus ont parlé ailleurs que dans leurs rapports annuels présentés au conseil municipal du projet « Usine de production d’eau potable Desjardins » (projet qui comportait d’autres ouvrages, précisez-vous dans votre rapport Usine de production d’eau potable Desjardins Rapport d’audit – Mars 2017, page 1)?

Dans votre rapport Usine de production d’eau potable Desjardins Rapport d’audit – Mars 2017, Monsieur le vérificateur général, vous écrivez que les «infrastructures relatives à l’UPE Desjardins et à la distribution d’eau potable constituent le premier et le plus important investissement réalisé par la Ville depuis les fusions municipales » et que « la nouvelle Ville de Lévis en était à sa première expérience dans la réalisation de travaux d’une telle envergure » (page 3).

Étant donné que le projet « Usine de production d’eau potable Desjardins » était le plus important investissement réalisé par la Ville depuis les fusions, pensez-vous, Monsieur le vérificateur général, que la simple citoyenne et le simple citoyen de Lévis seraient justifiés d’être étonnés s’ils apprenaient que les vérificateurs généraux qui se sont succédés à la Ville de Lévis depuis l’autorisation du financement du projet « Usine de production d’eau potable Desjardins » n’ont pas effectué d’une manière suffisante la vérification des comptes, affaires, documents, etc., relatifs au projet « Usine de production d’eau potable Desjardins », n’ont jamais évalué d’une manière suffisante la rigueur de la gestion du projet? Ne pensez- vous pas qu’ils auraient d’autant plus raison d’être étonnés que, comme vous l’écrivez dans votre rapport Usine de production d’eau potable Desjardins Rapport d’audit – Mars 2017, « la Ville était mal préparée pour réaliser un chantier d’une telle envergure, n’ayant ni les ressources, ni l’expertise nécessaires pour assurer la gouvernance d’un projet semblable » (page 1)?

Je vous prie, Monsieur, d’agréer l’expression de mes sentiments les meilleurs.

 

Roger Martel, citoyen de Lévis 

 

P.-S. Cette lettre sera publiée au http://www.lepasseurdelacote.com. J’ai l’intention de publier votre réponse au même endroit.

(1) Extraits du rapport Usine de production d’eau potable Desjardins Rapport d’audit – Mars 2017 rédigé par Monsieur Yves Denis : « Le 27 septembre 2016, le conseil municipal de la Ville de Lévis […] mandatait le vérificateur général afin d’analyser les pratiques de gestion appliquées dans le cadre des travaux de construction de l’usine de production d’eau potable Desjardins (UPE Desjardins) […]. Le mandat visait également à s’assurer que les règles d’octroi des contrats respectaient les lois et règlements en vigueur à ce moment. […] L’objectif de l’audit consiste à déterminer si, afin de répondre à ses besoins en eau potable, la Ville de Lévis a acquis les infrastructures relatives à l’UPE Desjardins avec un souci d’économie. »

Dans les écoles du Québec, des toilettes attrayantes pour augmenter la rétention des élèves.

« Le lab-école: un mépris de la profession d’enseignant. » – Éclairons vite le ministre de l’éducation.

Source : Le Devoir, http://www.ledevoir.com/societe/education/495621/le-lab-ecole-un-mepris-de-la-profession-d-enseignant

LETTRE

Le lab-école: un mépris de la profession d’enseignant

Le Devoir, 5 avril 2017 | Gérard Lévesque

Notre sympathique ministre de l’Éducation, Sébastien Proulx, a décidé d’investir dans les travaux de trois vedettes, elles aussi fort bien intentionnées, qui offrent leurs services pour repenser nos écoles et en faire des milieux modernes et stimulants de réussite scolaire. Ces vedettes du monde culinaire, sportif et architectural ont présenté leur participation particulière à ce projet à l’émission 24/60 du lundi 3 avril. Pierre Thibault, architecte, se chargera de l’environnement physique de l’école moderne et des meilleures stratégies pour construire des écoles. Pierre Lavoie, de l’éducation physique des élèves, et Ricardo Larrivée, de leur alimentation à la cafétéria des écoles. Toutes ces intentions, certes louables, sont néanmoins étrangères aux conditions favorables au développement du désir de connaître, au fondement de l’apprentissage et de la réussite scolaire. C’est comme si on croyait que la réussite de la relation amoureuse d’un couple dépend de la beauté de leur appartement, de l’apparence physique des partenaires et de la qualité de leur alimentation. Cette façon de procéder s’inscrit dans le paradigme habituel et suranné du ministère de l’Éducation, qui croit que, pour parler sainement de l’éducation des élèves, il vaut mieux s’en remettre à ceux qui y sont étrangers. Le ministre de l’Éducation serait beaucoup mieux avisé de confier la réflexion aux praticiens qui s’acharnent sur le terrain avec l’insuffisance des moyens que son gouvernement leur alloue.

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Source : http://www.ledevoir.com/societe/actualites-en-societe/495584/quebec-inc-la-plaie

Québec inc., la plaie

Le Devoir, Francine Pelletier, 5 avril 2017

S’il y a une vache sacrée au Québec, elle se promène en veston cravate et s’appelle Québec inc. Depuis 50 ans que nous sommes maîtres chez nous, nous avons toujours salué bien bas les entrepreneurs qui ont contribué à rapatrier notre économie et à rehausser notre estime de soi. Jusqu’à dimanche dernier, du moins, alors que 200 manifestants ont craché sur le fleuron de la Couronne, l’intouchable Bombardier. À la suite des augmentations obscènes chez ses dirigeants, la mèche est désormais plus courte face aux bonzes qui se croient tout permis.

[…]

Bien sûr, il n’y a pas que Bombardier dans cette galère. Je pense ici à Pierre Lavoie, Ricardo Larrivée et l’architecte Pierre Thibault, qui ont récemment été adoubés par le ministre de l’Éducation pour « repenser » l’école. Grande et noble mission pour « trois vedettes » qui n’ont rien à voir avec l’école proprement dite, outre des prestations hypermédiatisées à l’occasion, qui ne savent pas ce qui s’y fait (vraiment), mais qui arrivent auréolés par l’entrepreneuriat avec un grand E, le marketing à gogo, le branding tous azimuts et la page Facebook qui explose. Les attributs du Québec inc., en veux-tu, en v’là !

« Ils vont venir nous dire que ça prend des écoles mieux aménagées, ouvertes sur la nature, où on crée des espaces de collaboration. On le sait, tout ça », disait cette semaine le président de la Fédération autonome des enseignants, Sylvain Mallette, en soulignant l’insulte faite ici à tous les professionnels de l’éducation qui ont beaucoup plus d’idées sur la question, qui ont longuement réfléchi sur ce que devait être la mission de l’école, mais qui n’ont aucunement été conviés par le ministre.

On boude les véritables artisans, les vrais producteurs de contenu, au profit du béton, des infrastructures et de la poudre aux yeux.

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CONTRIBUTION DU PASSEUR DE LA CÔTE

Au lieu de gaspiller de l’agent pour orner le pont Laporte d’ampoules, de lampions, de je ne sais quoi,

qu’on cherche donc des idées pour illuminer (éclairer, si vous préférez) le ministre de l’Éducation du Québec.

Que les vedettes choisies par le ministre Sébastien Proulx n’oublient pas les toilettes!

Ça ne prend pas grand-chose pour rendre des toilettes attrayantes; le besoin d’uriner, par exemple. Mais les vedettes du ministre Proulx devraient quand même plancher fort sur la façon de faire des toilettes scolaires l’un des principaux facteurs de rétention des élèves.

Une belle porte peut faire aimer l’école.

 

Un message drôle au-dessus d’un urinoir peut tout changer. L’humour fait aimer l’école.

 

Roger Martel

Il y a longtemps, on jouait à la balle au mur au Collège de Lévis et au Collège de La Pocatière.

Le 3 janvier 2017, le quotidien montréalais Le Devoir a publié un article de Jean-François Nadeau consacré à la pratique de la balle au mur à Montréal (http://www.ledevoir.com/sports/actualites-sportives/488278/375e-de-la-metropole-les-preaux-de-montreal). Autrefois, à Lévis et à La Pocatière, on jouait aussi à la balle au mur, au collège (la balle au mur « comptait parmi les sports les plus pratiqués dans les collèges », écrit Nadeau).

La balle au mur expliquée par l’Office québécois de la langue française :

Définition Sport qui se joue en simple ou en double et qui consiste pour les adversaires à s’échanger une petite balle de caoutchouc en la lançant contre un mur et en la retournant avant son second rebond sur le sol, en utilisant seulement les mains pour la frapper.

Notes À l’extérieur, le terrain ne compte généralement qu’un mur frontal, alors qu’à l’intérieur il est possible d’utiliser trois ou quatre murs pour certains rebonds.

Les joueurs de balle au mur doivent porter des lunettes de protection ainsi que des gants en cuir souple.

Une partie se joue en deux manches de 21 points et, en cas d’égalité, une troisième manche de 11 points s’ajoute à la rencontre.

(Source : http://gdt.oqlf.gouv.qc.ca/ficheOqlf.aspx?Id_Fiche=8354533)

Au Collège de Lévis

Source : Le Collège de Lévis : 150 ans d’éducation 1853-2003, ouvrage publié sous la direction de Pierre Bélanger, Roger Beaumont et Alphonse Tardif, Lévis, Collège de Lévis, 2003

Au Collège de La Pocatière

Source : Régis Michaud, Histoire du Collège de Sainte-Anne-de-la-Pocatière 1927-2000, Collège de Sainte-Anne-de-la-Pocatière, © Septembre 2001

Source : François Gagnon, À travers les archives, Collège de Sainte-Anne-de-la-Pocatière, © 1970

Le quotidien Le Soleil de Québec et l’une de ses journalistes, et la crédibilité des organes d’information.

Le 11 mars 2017, Madame Mylène Moisan publie, dans l’édition Internet de son journal, Le Soleil, une chronique intitulée La « petite liqueur » qui dérange (cette chronique paraîtra le lendemain dans l’édition papier). Elle écrit qu’ « Au CHSLD [L’auteure parle du Centre du Christ-Roi, situé à Québec. CHSLD : Centre d’hébergement et de soins de longue durée], neuf résidents avaient l’habitude, au souper, de boire une «petite liqueur ». Elle mentionne que ces neuf personnes « ont fait ça toute leur vie », « toute leur vie », boire une « petite liqueur » au souper; elle ajoute qu’une directive de 2016 a pour conséquence de les priver de ce bénéfice. Madame Moisan dit aussi que le président du comité des usagers du CHLSD a fait des démarches auprès de la direction et que cette dernière « [s’était] engagée à réévaluer la décision », et que, après, un «  comité de consultation, un autre, [avait] été créé pour donner son avis, le gros bon sens ayant visiblement été perdu en chemin », commente Madame Moisan, qui a manifestement estimé posséder assez d’informations pour pouvoir conclure que la direction avait manqué de bon sens.

Madame Moisan contrevient à des dispositions majeures du Guide de déontologie de la Fédération professionnelle des journalistes du Québec. Elle enfreint celle-ci : « Les journalistes basent leur travail sur des valeurs fondamentales telles que l’esprit critique qui leur impose de douter méthodiquement de tout, l’impartialité qui leur fait rechercher et exposer les divers aspects d’une situation »; elle enfreint cette autre : « Les journalistes ont l’obligation de s’assurer de la véracité des faits qu’ils rapportent au terme d’un rigoureux travail de collecte et de vérification des informations » (Note 1). Madame Moisan, dans son article, donne la version des faits que lui a livrée le président du comité des usagers; quels efforts a-t-elle déployés pour « s’assurer de la véracité des faits » ? Aucun, si l’on en juge par son article. Son devoir lui imposait pourtant d’interroger la direction du CHLSD et celle du CIUSSS, et de présenter à ses lectrices et lecteurs la version des faits de ces directions. (Le CHSLD du Christ-Roi relève du CIUSSS de la Capitale-Nationale.)

Le quotidien Le Soleil, avec son article La «petite liqueur» qui dérange, viole une autre disposition du Guide de déontologie de la FPJQ, celle qui stipule que « Les titres et présentations des articles et reportages ne doivent pas exagérer ni induire en erreur. » (Note 1)

La légende de la photo qui accompagne l’article La «petite liqueur» qui dérange dans Internet, et celle de l’édition papier du journal, contreviennent à la disposition susmentionnée.

Dans la Toile, la légende se lit ainsi : « Du jour au lendemain, au CHSLD du Christ-Roi, on a décidé d’abolir la « petite liqueur » que neuf résidents avaient l’habitude de recevoir au souper ». La lectrice et le lecteur comprennent qu’il est maintenant interdit au CLSC de boire de la boisson gazeuse au souper; or, ce n’est pas le cas : les résidents peuvent boire de la boisson gazeuse au CHSLD; ce qui a changé, c’est ceci : le CHSLD ne fournira plus de la boisson gazeuse aux résidents; ces derniers devront s’en procurer eux-mêmes (avec l’aide, au besoin, d’un parent, d’un ami, d’un autre résident, du Comité des usagers). La légende induit donc en erreur [mais l’article « a fait grand bruit dans les médias sociaux », écrit une compagne de travail de Madame Moisan dans Le Soleil, le 12 mars (note 2)], l’article a peut-être fait vendre davantage d’exemplaires du journal, au grand plaisir des annonceurs).

À la une de l’édition papier du journal publiée le 12 mars 2017, l’article La «petite liqueur» qui dérange est présenté ainsi : La « petite liqueur » qui dérange. Dans un souci d’uniformité, des résidents d’un CHSLD ont perdu l’un de leurs rares plaisirs : une liqueur au souper. Une chronique de Mylène Moisan. » La vérité est la suivante, je le répète : les résidents qui veulent boire de la boisson gazeuse au souper peuvent toujours le faire, mais ils doivent se procurer leur « petite liqueur » eux-mêmes ou avec l’aide de quelqu’un. La présentation induit donc en erreur (mais l’article a peut-être fait vendre davantage d’exemplaires du journal, au grand plaisir des annonceurs, et il « a fait grand bruit dans les médias sociaux »).

Le journalisme est-il malade?

En 2005, dans l’avant-propos de son livre Il ne faut pas toujours croire les journalistes, l’expérimenté journaliste Mario Cardinal écrit : « Si ce livre a un fil conducteur, il faut le chercher dans la crainte qui m’anime que le journalisme perde sa crédibilité »; page 262, la dernière, il dit :

« L’exigence éthique voudrait que le lecteur, l’auditeur, le téléspectateur trouve l’information dont il a besoin pour comprendre l’inhumanité des grands leaders politiques de ce monde et l’horreur qu’elle engendre.

« Pourtant, pas différente de celle qui se pratique dans la plupart des pays industrialisés, l’information canadienne et québécoise poursuit plutôt son petit bonhomme de chemin, avec très peu d’analyse, accrochée trop souvent à l’incendie du coin de la rue et à la hausse du prix de l’essence, péripatéticienne obligée entre l’amusement et le service à la clientèle. Dans ce dérapage voulu et contrôlé, où sont les journalistes? Que font-ils? Englués dans leur docilité, ont-ils encore le droit de rêver de crédibilité? » (Note 3)

En 2000, un autre journaliste, André Pratte, entré à La Presse en 1986, porte ce jugement sévère :

« Que faisons-nous [Pratte parle des médias, des journalistes] à part critiquer, dénoncer et accuser? Aidons-nous la population à comprendre la complexité des choses? Au contraire, nous renforçons ses préjugés. Aidons-nous ceux qui nous lisent et nous écoutent à dégager l’important de l’insignifiant? Rarement, puisque nous les inondons de tonnes de renseignements futiles, allant de sondages bidon aux élucubrations de nos vedettes en passant par les sports, auxquels nous accordons décidément une place démesurée. Contribuons-nous à aiguiser le sens critique du public? Non, car notre propre sens critique est détraqué, nous faisant passer sans crier gare de la dénonciation violente à l’admiration béate. » (Note 4)

L’an dernier, Josée Boileau, journaliste, trente ans de métier passés à La Presse, au Devoir (comme rédactrice en chef et directrice de l’information), a témoigné à son tour :

« Collectivement, les troupes [les journalistes] broient du noir, elles se préoccupent de ce qui attend la profession, inquiètes de la dégradation de l’information. J’ai beau avoir un tempérament qui me porte naturellement à l’enthousiasme, je ne peux pas faire abstraction de ce marasme.

« Je te l’ai dit [Josée Boileau s’adresse à une jeune journaliste], je ne veux pas te parler longuement de modèles d’affaires, car le contenu y compte pour trop peu : tu l’as compris, comme la chute des revenus publicitaires est la principale cause des problèmes des médias, bien des dirigeants d’entreprises de presse sont plus préoccupés de plaire aux annonceurs que de répondre aux besoins du public.

[…]

« Moi aussi, comme tant d’autres, je râle, et comme je suis accro à l’information, je râle beaucoup – tous les jours, ma foi! » (Note 5)

La maladie du journalisme est intolérable.

Ce n’est pas avec La «petite liqueur» que Le Soleil va remonter le moral des journalistes que Josée Boileau appelle « ces professionnels respectés qui quittent le métier par ras-le-bol, admis ou camouflé, de la pression et de la superficialité », ce n’est pas avec La «petite liqueur» que Le Soleil va requinquer les journalistes qui restent et qui « sont débordés, ne creusent plus ». (Note 5)

Dans toute société, la liberté d’expression et le droit des citoyennes et citoyens à l’information sont vitaux, la pratique du journalisme respectueuse de la liberté d’expression et du droit des citoyennes et citoyens à l’information est essentielle. Le signataire de ce texte en a la conviction; c’est pourquoi, aujourd’hui, il a fait grincer sa plume.

Roger Martel, citoyen de Lévis

 

Supplément

Le 14 mars 2017, Le Soleil revient sur le sujet de la «petite liqueur» qui dérange. Pourtant, Le Soleil n’est pas un journal qui parle beaucoup des adultes et des enfants qui, sur le territoire qu’il couvre, sont parfois ou souvent privés de « petite liqueur », mais aussi, surtout, de pain, de viande. Parlant de Lévis, j’aimerais demander quand Le Soleil, pour respecter le droit du public à l’information, fera connaître à ses lectrices et lecteurs certains mensonges publics que le maire et tout, oui, tout le conseil municipal de Lévis infligent aux Lévisiennes et aux Lévisiens, quand Le Soleil, pour respecter le droit du public à l’information, interrogera le maire de Lévis, M. Gilles Lehouillier, au sujet de ces affirmations troublantes du vérificateur général de sa ville, M. Yves Denis : a) « la ville [de Lévis] ne possède pas une connaissance suffisante de l’état actuel du marché afin de s’assurer qu’elle paie un juste prix »; b) Le degré de fiabilité des estimations des projets n’est pas défini et aucune ressource n’est dédiée pour documenter d’éventuels stratagèmes de collusion ou encore pour connaître l’évolution des prix sur le territoire de la Ville de Lévis »; c) « la ville se prive […] de possibilités d’obtenir de meilleurs prix » [Rapport annuel 2015, chapitre 3 (note 6)]. Le rapport du vérificateur a été rendu public le 13 juin 2016. Quels médias se sont attardés pour la peine sur le fait que le vérificateur avait écrit, dans ce rapport, que Lévis était incapable de « s’assurer qu’elle paie un juste prix », que Lévis était mal outillée pour détecter les stratagèmes de collusion?

Notes

1 https://www.fpjq.org/deontologie/guide-de-deontologie/#pt4

2 http://www.lapresse.ca/le-soleil/actualites/societe/201703/12/01-5078132-petite-liqueur-refusee-dans-un-chsld-une-decision-locale-juge-barrette.php

3 Mario Cardinal, Il ne faut pas toujours croire les journalistes, Bayard Canada Livres, © 2005, pages 8 et 262

4 André Pratte, Les Oiseaux de malheur. Essai sur les médias d’aujourd’hui, Montréal, VLB Éditeur, © 2000, pages 13-14

5 Josée Boileau, Lettre à une jeune journaliste, Montréal, VLB Éditeur, © 2016, p. 93

6 Rapport annuel du vérificateur général au conseil municipal 2015, https://www.ville.levis.qc.ca/fileadmin/documents/pdf/verificateur/2015/Rapport_annuel_2015_du_verificateur_general.pdf

 

Propos de François-Marc Bernier, professeur de journalisme et ancien journaliste, rapportés le 3 mars 2017 par un journaliste du quotidien Le Soleil, Jean-François Cliche :

« …. si les médias traditionnels avaient su garder leur crédibilité,

les Breitbart* et cie n’auraient jamais connu de succès.

Et pour cette perte de crédibilité,

les journalistes ne peuvent pas blâmer grand-monde

hormis eux-mêmes. »

(http://www.lapresse.ca/le-soleil/actualites/societe/201703/03/01-5075435-les-fake-news-ou-le-permis-de-mentir.php)

*Breitbart est le « média conservateur que dirigeait Stephen Bannon, le nouveau conseiller stratégique de Donald Trump »; ce média « est accusé d’être raciste, antisémite, suprémaciste ».

(En savoir plus sur http://www.lemonde.fr/elections-americaines/article/2016/11/16/qu-est-ce-que-breitbart-news-le-site-antisemite-que-dirigeait-le-nouveau-conseiller-de-trump_5032379_829254.html#zpLezCeiZqvfKRmK.99)

La Société des Alcools du Québec, une société d’État, déploie des drapeaux lacérés.

fleurdelisé SAQ Lévis Place Lévis 16-03-2017 - Version 2

Lévis, le 22 mars 2017

Madame Stéphanie Vallée, ministre

Ministère de la Justice du Québec

Édifice Louis-Philippe-Pigeon

1200, route de l’Église

Québec (Québec) G1V 4M1

Courriel: informations@justice.gouv.qc.ca

Madame,

Parce que vous êtes la ministre responsable de l’application de la Loi sur le drapeau et les emblèmes du Québec et des textes qui en découlent, je vous informe qu’au moins deux magasins d’une société d’État du Québec, la Société des alcools du Québec (SAQ), déploient sur leur façade extérieure, depuis un certain temps, peut-être depuis des mois, un fleurdelisé en lambeaux (voyez les photos ci-jointes, l’une prise à Lévis, l’autre à Sherbrooke). Or, en vertu de l’article 11 du Règlement sur le drapeau du Québec, « Tout drapeau déployé doit être conforme aux normes du Bureau de normalisation du Québec. Il doit aussi être exempt de déchirure ou de lacération. »

J’ai écrit au siège social de la SAQ il y a environ neuf jours, pour l’informer que le drapeau du Québec déployé par son magasin de la Place Lévis, à Lévis, était en lambeaux; la SAQ n’a pas répondu à mon courriel. Il y a quelques jours, j’ai constaté que le drapeau en lambeaux n’avait pas été retiré. Hier, le drapeau en lambeaux étant toujours en place, j’entre dans le magasin; le responsable des lieux me reçoit. J’apprends que le drapeau en lambeaux pourrait n’être retiré et remplacé que dans nombreuses semaines.

Les fleurdelisés des magasins de la SAQ dont il est question dans la présente sont en piteux état depuis très longtemps, peut-on penser : ils ne se sont pas détériorés à ce point en un jour, en une semaine, en un mois; il est incompréhensible, il faudrait peut-être dire : scandaleux, qu’on ne les ait pas remplacés rapidement. Il serait inacceptable, on peut dire : honteux, que la SAQ ne s’emploie pas, à la vitesse grand V, à les dérober à la vue des Québécoises et Québécois.

Vous avez compris, Madame, que je vous demanderais de bien vouloir intervenir auprès de la haute direction de la Société des alcools du Québec, pour la prier de s’assurer que tous ses magasin déploient notre premier emblème national en conformité avec le Règlement sur le drapeau du Québec.

Je vous prie, Madame, d ‘agréer l’expression de mes sentiments les meilleurs.

Roger Martel

P.-S. Si les magasins de la SAQ doivent déployer un fleurdelisé, qu’ils le fassent correctement. Mais je pense qu’il serait préférable qu’on leur interdise de le faire, parce qu’ils ne sont que des magasins, des établissements de vente au détail de bouteilles de vin, de bière, de sacs en coton pour quatre bouteilles, etc.

Drapeau du Québec, SAQ, Place Lévis, Lévis.

Photo prise par Roger Martel le 16 mars 2017.

Drapeau du Québec, SAQ, rue King Ouest, Sherbrooke.

Photo prise par un Sherbrookois, M. Gilles Robitaille, le 20 mars 2017.


Source : http://www.rcinet.ca/fr/2015/10/05/les-canadiens-fiers-de-leurs-symboles-canadiens-et-les-quebecois-un-peu-moins/, Par Stéphane Parent | francais@rcinet.ca – lundi 5 octobre, 2015

Les Canadiens fiers de leurs symboles canadiens, mais les Québécois un peu moins!

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Source : http://vigile.quebec/La-confiance-de-dire-oui

« Je n’ai jamais pensé que je pourrais être aussi fier d’être Québécois que ce soir », lançait René Lévesque le 15 novembre 1976, alors que le Parti Québécois venait d’accéder au pouvoir pour la première fois de son histoire.

À voir : https://www.youtube.com/watch?v=L9nTnpiZ4OA