Un comité au Musée de la civilisation de Québec. Le secrétaire savait-il écrire?

Lévis, 13 mai 2016

Monsieur Stéphan La Roche, directeur général

Musée de la civilisation

85, rue Dalhousie; C. P. 155, succursale B, Québec, G1K 8R2

Monsieur,

Le 21 février 2016, je vous ai écrit ceci :

 

Madame Sylviane Morrier, secrétaire générale adjointe et affaires juridiques, Secrétariat général, Musées

de la civilisation, m’a répété aujourd’hui que le comité de la cage de la Corriveau (appelons-le comme ça)

a tenu trois réunions au cours de son existence et qu’il n’a pas établi de procès-verbaux.

Pourriez-vous me dire si c’est la règle, aux Musées de la civilisation, de créer des conseils, des

commissions, des comités, et de leur dire qu’il est inutile de rédiger et de soumettre à Pierre, Jean ou

Jacques des comptes rendus de leurs discussions, délibérations, décisions, réunions? S’il arrive que les

Musées de la civilisation obligent leurs conseils, commissions et comités à présenter des procès-verbaux,

pourquoi a-t-on permis au comité de la cage de la Corriveau de ne pas en présenter? Vous ne faisiez pas

partie du comité de la cage de la Corriveau, Monsieur La Roche; comment avez-vous fait pour savoir ce

qui a été dit et fait pendant ses réunions? Vous avez demandé à chacun des nombreux membres du

comité de vous faire un compte rendu oral des réunions? Votre vie professionnelle vous a-t-elle appris

que cette façon de faire donne d’excellents résultats et permet facilement de consulter, au besoin, les

informations transmises par la voix et envolées?

Comment feront les historiens, demain, pour savoir quelle contribution a été apportée aux travaux du

comité par ses membres : Claudia Mendez, Claude Genest, Clément Samson…

Dans quels cas les procès-verbaux sont-ils utiles et faut-il en rédiger, dans quels cas sont-ils inutiles et ne

doit-on pas perdre son temps à en rédiger?

 

Malheureusement, vous ne m’avez pas répondu, Monsieur La Roche.

 

Une autre étrangeté pare d’une énième auréole de mystère le comité dit scientifique formé par la Société d’histoire régionale de Lévis (SHRL) et les Musées de la civilisation à Québec pour tenter de déterminer si la « cage » trouvée par Madame Claudia Mendez Ishii est bien la structure dans laquelle le cadavre de la criminelle Marie-Josephte Corriveau a été montré à la population : ledit comité, qui n’a pas établi le compte rendu officiel et écrit des délibérations d’aucune des trois réunions qu’il est censé avoir tenues, n’a pas rédigé non plus de rapport de mission, n’a pas soumis aux Musées de la civilisation, aux membres de la SHRL, aux citoyennes et citoyens de Lévis et du reste du Québec, un rapport officiel et écrit dans lequel il aurait rendu compte du résultat de son travail. Monsieur La Roche, vous n’avez pas demandé au comité de vous présenter un rapport écrit et officiel dans lequel il aurait rendu rendu du résultat de son travail? Votre vie professionnelle ne vous a-t-elle pas appris que cette façon de faire n’est pas recommandable? Il s’impose, ne pensez-vous pas, Monsieur le directeur général, que vous réagissiez à mon questionnement.

 

Veuillez, Monsieur, agréer l’expression de mes sentiments distingués.

Roger Martel, citoyen de Lévis

 

catalogue tupperware de 1963_photo Musée-civilisation-quebec

Image tirée du Catalogue Tupperware de 1963, diffusée par le Musée de la civilisation de la province de Québec.

Que faire contre les inégalités ?

La montée des inégalités menace notre démocratie. Quest-ce quon attend pour agir ? Lécart est trop grand entre les discours et les actes. L’Observatoire des inégalités lance une campagne dont lobjectif est de formuler des propositions concrètes. A un an de lélection présidentielle, nous devons mettre les partis politiques face à leurs responsabilités. Chacun dentre nous, sil se sent concerné, a les moyens dagir pour plus de justice sociale.Pour cela, nous vous proposons de participer à lédition dun ouvrage rassemblant un ensemble de propositions concrètes pour réduire les inégalités et à lélaboration dune campagne dinformation. Dès 5 euros, vous recevrez une invitation à la conférence de présentation de louvrage.Chaque soutien fait lobjet dune réduction dimpôt sur le revenu équivalente à 66 % du montant versé.LObservatoire des inégalités est une association indépendante. Depuis 13 ans, il existe grâce au soutien de ses donateurs.

Source : Que faire contre les inégalités ? – Ulule

Piste pour éviter d’être induit en erreur. Courte leçon que l’auteur doit à la Société d’histoire régionale de Lévis.

Autodéfense intellectuelle. La négligence de la Société d’histoire régionale de Lévis.

Piste pour éviter d’être induit en erreur. Courte leçon que l’auteur doit à la Société d’histoire régionale de Lévis.

Cette leçon m’a été inspirée par une réunion publique offerte à L’Anglicane de Lévis le 11 novembre 2015 par les Musées de la civilisation à Québec (MCQ) et la Société d’histoire régionale de Lévis (SHRL). Sur la scène étaient présents Mme Claudia Mendez Ishii, membre de la SHRL, et M. Clément Samson, membre du conseil d’administration de la SHRL, ainsi que Mme Sylvie Toupin, conservatrice aux MCQ, et M. Jérôme Morissette, consultant en conservation des métaux dont les services ont été retenus par les MCQ pour expertiser un artefact.

Roger Martel

Un certain nombre de femmes et d’hommes (il est raisonnable de penser que la plupart sont de simples amateurs d’histoire) sont réunis dans une salle (L’Anglicane).

Une personne, conférencière (Mme Mendez Ishii), entretient l’auditoire d’un produit québécois qui ne devrait pas faire l’objet d’un débat, encore moins d’une controverse : la « cage de la Corriveau ». Pendant son exposé, elle dit à l’auditoire, une fois, deux fois, trois fois, que le célèbre poète et conteur lévisien Louis Fréchette, qui a été primé par l’Académie française et qui a rencontré le génial écrivain Victor Hugo, a vu la cage de la Corriveau, oui, qu’il l’a vue, la « cage » ! La plupart des auditrices et des auditeurs sont impressionnés, peut-on imaginer : « Fréchette, écrivain primé par l’Académie française, qui a causé avec Victor Hugo, a vu la cage… C’est quelque chose! Fréchette est un témoin crédible », pensent-ils, pensent-ils qu’il est légitime de penser.

L’auditoire est surtout composé d’amateurs d’histoire, je le répète. Ces personnes bien correctes ne sont pas nécessairement membres d’une société d’histoire, leur dernière lecture d’un livre d’histoire remonte peut-être à plusieurs années. Quant à la littérature québécoise, il se peut  que beaucoup ne la connaissent pas bien étant donné qu’elle n’occupe pas une grande et belle place dans les écoles, ce qui est malheureux; certes, ces personnes connaissent Fréchette, surtout si elles habitent à Lévis ou aux alentours, elles ont sans doute lu au moins quelques-uns de ses contes, peut-être La Légende d’un peuple, mais que savent-elles de sa vie? Par exemple, quand une conférencière leur dit que Louis Fréchette a vu deux fossoyeurs exhumer une « cage en fer » dans le cimetière attenant à l’église de Saint-Joseph de Lévis en 1849, à quoi vont-elles penser? Vont-elles penser, par exemple, à chercher dans leur mémoire la date de naissance de Fréchette (s’ils sont certains de l’avoir déjà su)? S’il y en a qui le font, elles doivent être peu nombreuses. La femme et l’homme, par ailleurs, sont portés à faire confiance aux conférencières et aux conférenciers, surtout quand à côté d’eux se tient un juge de la Cour supérieure du Québec (M. Clément Samson, en l’occurrence) qui les applaudira, ces conférencières et conférenciers, à leur fin de leur prestation. Oui, Fréchette a écrit, en 1885, avoir vu deux fossoyeurs exhumer une « cage en fer »; il ne dit pas quel âge il avait, mais il écrit : « En 1849, année où je suivais les exercices préparatoires à la première communion dans l’église de Saint-Joseph de Lévis… » Fréchette, né le 16 novembre 1839, n’avait peut-être pas encore dix ans le jour de l’événement qu’il décrit. Neuf ans, à peine dix ans peut-être! C’est jeune! Et le texte a été écrit environ trente-cinq ans plus tard. Fréchette avait-il une mémoire exceptionnelle? Et l’enfant Fréchette était-il un observateur exceptionnel, bien informé?

Si la conférencière avait eu la bonne idée de révéler à son auditoire quel âge Louis Fréchette avait quand il a vu, selon ses dires, la « cage », pensez-vous qu’il y aurait eu des auditrices et des auditeurs qui se seraient écrié : « Fréchette, écrivain primé par l’Académie française, a vu la cage… C’est quelque chose! Fréchette est un témoin crédible!» Je ne le pense pas.

Fréchette est-il fiable?

Dans La cage de la Corriveau, Fréchette dit, à propos de la « cage » :

« Sur le sommet de la tête, un gros crochet à base pivotante avait dû servir à suspendre ce singulier cercueil.

Car c’était bien là un cercueil, puisqu’il contenait encore quelques ossements.

Sa forme indiquait à n’en pas douter que c’était celui d’une femme, – et, si ma mémoire ne me fait pas défaut –

d’une femme assez bien tournée, ma foi. »

( La cage de la Corriveau. (1), La Lyre d’Or, 1888, p. 398-401, https://books.google.ca/books?id=XxPnAAAAMAAJ&pg=PA398&lpg=PA398&dq )

Dans Une relique, Fréchette dit, à propos de la « cage » :

« Sur le sommet de la tête, un gros crochet à base pivotante avait dû servir à suspendre ce singulier cercueil.

Car c’était bien un cercueil, à n’en pas douter, puisqu’il contenait encore quelques ossements.

Et son ensemble indiquait celui d’une femme remarquable de ses formes, si je me rappelle bien ».

( Une relique, https://books.google.ca/books?id=ST9_idOEQLMC&pg=PA82&lpg=PA82&dq=«%C2%A0 )

Le petit bonhomme de 9 ou 10 ans découvre la cage dans laquelle la dépouille d’une personne a été mise environ quatre-vint-cinq ans plus tôt et est capable de constater que cette cage a été conçue pour une femme [au fait, qu’est-ce qui prouve que la « cage » a été fabriquée pour une femme?] et que cette femme avait des formes remarquables. Pas mal pour un p’tit gars de 9 ou 10 ans…

Ici, les déclarations suivantes ne dépareront pas le présent texte :

« Fréchette ne fut pas précisément un écolier modèle » [Laurent-Olivier David (journaliste, propriétaire de journaux, auteur, avocat, fonctionnaire et homme politique), cité dans Louis Fréchette (1839-1908), Masques et fantômes, Contes, La Bibliothèque électronique du Québec, collection Littérature québécoise. Volume 74 : version 2.1, https://beq.ebooksgratuits.com/pdf/Frechette-masques.pdf];

Fréchette « n’eut rien de l’élève prodige ni du fort en thème. Il fit un bon cours, qui n’eut rien de brillant. » [Henri d’Arles (pseudonyme de Henri Beaudet, prêtre, historien, essayiste et critique littéraire, lauréat de l’Académie française), cité dans Louis Fréchette (1839-1908), Masques et fantômes, Contes, La Bibliothèque électronique du Québec, collection Littérature québécoise. Volume 74 : version 2.1, https://beq.ebooksgratuits.com/pdf/Frechette-masques.pdf];

Louis Fréchette était « avide de réussite et de gloire » [Michel Dassonville (docteur ès lettres, professeur), Fréchette, Éditions Fides, collection Classiques canadiens, 1965, p. 7-8];

Louis Fréchette était « dominé par son admiration pour ce qui est excessif, extraordinaire, cyclopéen » (M. Dassonville, Fréchette, Éditions Fides, collection Classiques canadiens, 1965, p. 65 ;

« l’homme de sentiment et d’imagination l’emportait (en lui) sur l’homme de principes et de volonté» (L.-O. David, Souvenirs et biographies, cité par M. Dassonville, Fréchette, p. 8).

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Sur la scène de L’Anglicane le 11 novembre 2015, de gauche à droite, M. Jérôme Morissette, Madame Claudia Mendez Ishii, Madame Sylvie Toupin et Monsieur Clément Samson.

(Photo prise par Roger Martel)

Ce n’est pas tout.

Pendant la réunion à L’Anglicane, le nom de l’abbé et naturaliste Léon Provancher a été prononcé à quelques reprises; chaque fois, c’était pour rappeler l’un de ses textes, présenté comme important pour la démarche d’authentification de la « cage de la Corriveau »; on n’a pas manqué non plus de souligner que Léon Provancher était un homme de science. Mais… Mais on a tu des choses au sujet des écrits de Provancher.

Louis Fréchette a écrit ceci : « Mais, un beau matin, on s’aperçut que la cage de la Corriveau, tenue sous clef, cependant, dans le sous-sol de la sacristie [de la paroisse Saint-Joseph-de-Lévis], était de nouveau disparu. Le diable l’avait encore une fois enlevée. Mais le diable, cette fois, s’appelait P.-T. Barnum. Maintenant ceux qui visitent le Boston Museum peuvent apercevoir, dans un recoin peu fréquenté du public, une vitrine oblongue placée verticalement, où se trouve entassée en désordre, une masse de vieilles ferrailles brisées, tordues, enchevêtrées, rongées par la rouille et le feu » ( source : http://www.sylvestre.qc.ca/archives/genealogie/corriveau.htm). Léon Provancher, lui, a décrit le Boston Museum qu’il a visité dans les années 1860 (vous verrez ci-dessous que cet établissement ne l’a pas impressionné, au contraire). [Le sieur P.T Barnum mentionné par Fréchette est l’Américain qui, au dix-neuvième siècle, « par une réclame tapageuse, fondée sur des affirmations mensongères, d’invention souvent drolatique, conquiert, un demi-siècle durant, d’innombrables foules, parfois sceptiques, mais jamais déçues. Il exhibe successivement : la nourrice de George Washington, une vieille négresse aveugle et à moitié paralysée ; la sirène des îles Fidji, une tête de singe cousue sur un corps de poisson ; le général Tom Pouce « mesurant un peu plus de 0,60 mètres et ne pesant que 6,750 kilogrammes… », est-il écrit dans l’Encyclopédie Universalis (http://www.universalis.fr/encyclopedie/cirque-barnum/)].

En plus de celui de Fréchette, la Société d’histoire régionale de Lévis n’a pas manqué de faire retentir le nom de l’homme de science Provancher à quelques reprises, à L’Anglicane, le 11 novembre 2015. Curieusement, elle a oublié, et Claudia Mendez Ishii et Clément Samson ont oublié de parler de la description dévastatrice que Provancher a faite du Boston Museum à la fin des années 1860 : « De l’Athenaeum nous passons au Boston Museum, rue Trémont. Est-ce ici le Musée de la Société d’Histoire Naturelle de Boston, demandons-nous à l’imberbe qui veillait à l’entrée de ce musée? – Connais pas. – Mais cette Société a un musée, est-ce celui-ci? – Je ne connais pas cette société. – Voyant que notre homme ne pouvait pas être compté parmi les disciples de Linné ou de Buffon, nous nous dirigeons vers l’entrée, lorsqu’on nous cria : mais il faut payer 35 cts. – Nous comprenons de suite que nous n’avons pas affaire à une institution scientifique, mais bien à une association quelconque qui, pourvu qu’elle fasse de l’argent, se soucie aussi peu de servir la science en collectionnant des spécimens d’étude, que d’attirer le public en piquant sa curiosité. »

(Le dixhuitième [sic] Congrès annuel de l’Association américaine pour l’avancement de la science, Le Naturaliste canadien, volume 2 ) https://books.google.ca/books?id=1i0VAAAAYAAJ&pg=PA22&lpg=PA22&dq=%22naturaliste+canadien%22+Provancher+cage+Corriveau&source=bl&ots=VxWBJNhAsJ&sig=2dc8rXHJQNr9ze3qoYENelhlxeo&hl=fr&sa=X&ei=iDecVbvVKYzz-AHY0InYBw&ved=0CDUQ6AEwBA#v=onepage&q=%22naturaliste%20canadien%22%20Provancher%20cage%20Corriveau&f=false

Lectrices, lecteurs, comprenons-nous bien : la présente leçon n’a pas pour but de vous aider à induire en erreur vos semblables; elle vise à vous inciter à prendre garde : on pourrait vous induire en erreur et même abuser de votre confiance n’importe quand!

Roger Martel (le Passeur de la Côte), citoyen de Lévis

Toujours à propos de P. T. Barnum :

La « cage de la Corriveau » est passée entre les mains de l’homme de cirque Phineas Taylor Barnum (1810-1891), un personnage bien connu pour ses tromperies, des tromperies si bien connues que le psychologue américain Paul Meehl (1920-2003) a utilisé son patronyme pour nommer un biais cognitif et une technique de manipulation : l‘effet Barnum (source : http://www.toupie.org/Biais/Effet_barnum.htm).

Lecture recommandée

Petit cours d’autodéfense intellectuelle

Illustrations de Charb

Auteur : Normand Baillargeon

Lux Éditeur, Montréal

http://www.luxediteur.com/autodefenseintellectuelle

Normand Baillargeon a enseigné les fondements de l’éducation à l’université du Québec à Montréal. Il est l’auteur de L’ordre moins le pouvoir et de Les Chiens ont soif chez le même éditeur. Il collabore régulièrement au journal Le Couac et à la revue À bâbord!

Une mosquée et l’islam à Lévis (Québec). Des artisans de paix.

« Selon le spécialiste Christian Mellon, «  à tort ou à raison, bien des croyants pensent que leur tradition religieuse interdit la violence, même pour de justes causes ». C’est pourquoi tant « d’acteurs non-violents trouvent leur inspiration dans ces traditions ». Ainsi, « c’est du jaïnisme, confession indienne très minoritaire, que Gandhi a reçu son concept clé, l’ahimsa (litt. « non-nuisance ») ».

« Autre racine de la non-violence, le bouddhisme […]

« Et l’islam dira-t-on? Bien que moins connus, ses artisans de paix existent aussi. Du côté du soufisme tout d’abord, de certains grands maîtres médiévaux – Al Allaj et Ibn Arabi, par exemple – au chef de la résistance algérienne face à la conquête française, l’émir Abd el-Kader (1808-1883), qui devint une star (honorée à la fois par le pape et les francs-maçons!) pour avoir protégé, au péril de sa vie, les chrétiens persécutés à Damas en 1860. Et plus près de nous, le célèbre (en Inde) Abdul Ghaffar Khan (1890-1988), ami et disciple de Mahatma Gandhi; ou le théologien démocrate Mahmoud M. Taha (1909-1985), « le Gandhi soudanais », qui relativisait les extraits coraniques violents et infériorisant les femmes ou les « infidèles ». Les Balkans ont également « leur » Gandhi, avec l’écrivain non-violent Ibrahim Rugova (1944-2006), le premier président du Kosovo. »

 

(Éric Vinson, Quand les religions font (aussi) la paix, article paru dans la revue Le Monde des religions, janvier-février 2016, numéro 75, p. 53)

Christian Mellon a écrit La non-violence (Presses Universitaires de France, 1994) en collaboration avec Jacques Semelin.

Hommes et femmes politiques, ne mêlez pas vos enfants à vos histoires d’adultes.

Véronique Hivon, qui aspire à devenir la chef du Parti québécois, dit vouloir réinventer sa formation. Il semble toutefois qu’elle va faire sa campagne comme les vieux politiciens : en tenant son enfant par la main : aujourd’hui (10 mai 2016), le quotidien Le Soleil publie une photo de la famille de la députée : Madame Hivon marche avec son mari, entre eux leur fillette. Plus ça change, plus c’est pareil?

Hommes et femmes politiques, laissez donc vos enfants tranquilles, ne les mêlez pas à vos histoires d’adultes. Les assiettes r’volent chez vous, votre couple se brise, votre famille s’effondre, vous recourez à la médiation familiale, vous divorcez? N’allez pas en parler devant un million de téléspectateurs. Et si jamais vous quittez la politique, ne dites pas que c’est pour le bien de vos enfants: il sera difficile de vous croire.

Roger Martel

 

veronique-hivon pq candidate sa fille son mari 05-2016_c - Version 3

Photo de Graham Hughes, La Presse Canadienne

La chroniqueuse Mylène Moisan et son trois et demi, Claude Robillard et le Sommet des Amériques (Québec, 2001).

Lévis (Québec), dimanche 8 mai 2016

Mylène Moisan, chroniqueuse et vedette du quotidien Le Soleil publié dans la capitale de la province de Québec, a tenu à consacrer toute une chronique à la parution d’un livre de l’ancien journaliste Claude Robillard.

L’habile chroniqueuse suspend le lecteur à ses lèvres dès le début son texte : « La première fois que j’ai rencontré Claude Robillard, écrit-elle, c’était chez moi, dans un petit trois et demi qui jouxtait le périmètre de sécurité. »

« La première fois que j’ai rencontré Claude Robillard, c’était chez moi… » Le lecteur pense : Mylène n’avait jamais rencontré Claude… Savait-elle que Claude était dans son appartement quand elle l’a vu en chair et en os pour la première fois? Qu’est-ce qui avait amené Claude sous le toit de Mylène? Ses intentions étaient-elles avouables? Claude travaillait-il à Radio-Canada à l’époque?

« dans un petit trois et demi »… Le lecteur pense : Pourquoi la chroniqueuse précise-t-elle qu’elle habitait « dans un petit trois et demi »? Si cette information était sans importance, Madame Moisan ne l’aurait pas donnée. Pourquoi la livre-t-elle au lecteur, à la lectrice, peut-être plus au lecteur pervers qu’à la lectrice exempte de toute souillure morale? Et, surtout, pourquoi la chroniqueuse dit-elle que son trois et demi était petit? Les trois et demi sont petits, non? Elle voulait peut-être souligner avec insistance l’étroitesse des lieux, étroitesse propice au rapprochement des corps et au déferlement de déclarations folles : « Osez! Mes seins voluptueux sont friands de vos lèvres Et de larmes d’amour veulent être arrosés »? Encore une fois, Monsieur Robillard travaillait-il à Radio-Canada à l’époque?

« qui jouxtait le périmètre de sécurité »… Le lecteur pense : Pourquoi un périmètre de sécurité au pied de l’appartement de Madame Moisan? Voulait-on protéger la chroniqueuse contre la société ou la société contre la chroniqueuse? Chose certaine, le périmètre de sécurité n’avait certainement pas été créé pour protéger Madame Moisan contre Monsieur Robillard : à l’époque, on vient de le confirmer dans les réseaux sociaux, le journaliste Robillard ne travaillait pas à Radio-Canada.

Ah! l’habile chroniqueuse… Mais il faut absolument que j’ajoute quelque chose qui ne plaira pas à la chroniqueuse.

Je traverse une mauvaise passe : je ne résiste pas à la tentation d’être honnête. En ce limpide matin dominical, je dois, pour être honnête, faire un reproche à Madame Mylène Moisan, celui d’avoir reproduit dans son article, sans pousser un cri d’étonnement ou d’ahurissement, une opinion indéfendable de Monsieur Robillard, que l’on trouve dans ce passage de l’article : « Dans la perspective historique, on voit que cette liberté [de la presse] a été rendue possible par la disparition de contraintes et, aujourd’hui, on observe et on cautionne des tentatives pour lui en imposer de nouvelles. On tend vers une liberté d’expression qui serait accordée aux personnes qui se comportent bien, qui ont des opinions raisonnables, qui « méritent » d’avoir ce droit.» […] « C’est le même droit de pouvoir dire au roi : « Tu m’emmerdes! » que le droit de dire des niaiseries, des imbécilités, même de diffuser des fausses nouvelles. Ce n’est pas aux juges de déterminer ce qui est vrai ou faux, ce qui est de bon goût ou pas. T’as le droit de dire des niaiseries et j’ai le droit de dire que je pense que c’est des niaiseries. »

Évidemment, il ne devrait pas être nécessaire d’écrire dans les codes de conduite des journalistes qu’on les enverra paître en enfer s’ils mentent à leurs lecteurs… Le Guide de déontologie de la Fédération professionnelle du Québec (FPJQ) contient néanmoins une section intitulée Vérité et rigueur; « Les journalistes, y lit-on, ont l’obligation de s’assurer de la véracité des faits qu’ils rapportent au terme d’un rigoureux travail de collecte et de vérification des informations. Ils doivent corriger leurs erreurs avec diligence et de façon appropriée au tort causé » (la FPJQ sait que les conditions de travail des journalistes les rendent fragiles et vulnérables).

Après avoir lu ce qui précède, vous n’aurez sans doute pas envie d’ouvrir le livre de M. Claude Robillard, que Madame Mylène Moisan ne montre pas sous un jour défavorable.

Monsieur Claude Robillard était le secrétaire général de la Fédération professionnelle des journalistes du Québec quand cette dernière a décerné le prix Judith-Jasmin à Madame Mylène Moisan. Le président de la FPJQ était alors M. Bryan Milnes, depuis peu directeur du journal Le Devoir; le vice-président était M. Pierre Craig, qui vient de quitter l’émission radio-canadienne La Facture. Madame Moisan a reçu le prix Judith-Jasmin peu de temps après avoir écrit un article particulièrement médiocre qui montre sa capacité de manquer de rigueur intellectuelle.  (Pour comprendre,allez au :

https://lepasseurdelacote.com/2014/01/30/quand-la-federation-professionnelle-des-journalistes-du-quebec-fpjq-attribue-un-prix-a-un-journaliste-ca-ne-veut-pas-dire-que-ce-journaliste-est-competent-dit-la-fpjq-est-ce-vrai-m-brian-myles/ )

Roger Martel (le Passeur de la Côte), citoyen de Lévis

Le Sommet des Amériques à Québec, 20-22 avril 2001

Le 21 avril 2001, à Québec, j’ai participé à une manifestation contre le projet de Zone de libre-échange des Amériques (ZLEA). J’ai marché et pris des photos pacifiquement. Je ne ne souviens pas d’être entré dans le trois et demi de Madame Moisan.

Roger Martel

Sommet des Amériques a Qc 200109052016 - Version 3

 

Sommet des Amériques a Qc 2001_b - Version 5

 

Sommet des Amériques a Qc 2001_b - Version 3

 

Sommet des Amériques a Qc 200109052016 - Version 4

Photos prises le 21 avril 2001