L’image désastreuse que l’islam inspire, selon un penseur musulman.

Extrait du livre Manifeste pour un islam des Lumières, oeuvre de Malek Chebel publié en 2004.

Anthropologue de l’islam contemporain, historien et psychanalyste né en Égypte, Malek Chebel (mort en 2016) a écrit une quarantaine d’ouvrages, dont une traduction en français du Coran et le Dictionnaire amoureux de l’islam.

« L’une des conclusions pessimistes à laquelle aboutit ce livre, c’est le constat que tout paraît bloqué en terre d’islam. Face au réel, les musulmans eux-mêmes, qui ragent de intérieur, donnent l’impression d’être catatoniques [la catatonie se caractérise par une inertie et un négativisme, selon Vulgaris médical] et leurs dirigeants désarmés, ou plus exactement faussement désarmés, En effet, leur immobilisme structurel face à la rapidité des événements qui secouent la planète est sans commune mesure avec leur capacité à renforcer leur protection et à protéger par tous les moyens, légaux et illégaux, le régime qu’ils ont installé. Il faut garder en mémoire que l’univers musulman a subi coup sur coup les deux guerres du Golfe, la guerre d’Afghanistan, la situation au Proche-Orient et la déstabilisation américaine qui vise les supposés « États voyous », – l’ « axe du mal » – démoralisant ainsi les plus ascètes et les plus utopistes. Le monde musulman a dès lors pris conscience de l’image désastreuse qu’il inspire aux partenaires extérieurs. À l’annonce du danger, les régimes autoritaires arabes ou musulmans n’ont pas d’autre réflexe que de se calfeutrer encore plus, renforçant leur citadelle et attribuant plus de pouvoir à leurs proches., surtout leurs fils. Lorsque le passage aux urnes paraît nécessaire, les tenants actuels du pouvoir n’hésitent pas à bourrer avantageusement celles-ci au risque de saper durablement les chances de l’aspiration démocratique. »

– – – – –

https://www.fayard.fr/manifeste-pour-un-islam-des-lumieres-9782213676999

Malek Chebel

Manifeste pour un Islam des lumières

Manifeste pour un Islam des lumières

Parution : 18/12/2012 – 224 pages –

Associer l’islam aux Lumières peut paraître ambitieux et téméraire. Il n’en est rien. Cette relation est inscrite dans la dynamique amorcée au XIXe siècle et poursuivie par les nombreux réformistes qui ont voulu changer le visage de cette religion en s’appuyant sur le travail de la raison. Ces penseurs ont été taxés d’hérésie.

Aujourd’hui, le débat est plus que jamais d’actualité : l’islam est-il compatible avec la République ? Quelle est la place et le statut de la parole libre, de la laïcité, de l’égalité des sexes, de la tolérance ou de la démocratie ? Faut-il adapter l’islam à la modernité ou au contraire adapter la modernité à l’islam, ainsi que le prétendent les fondamentalistes ?

En vingt-sept propositions, Malek Chebel répond à ces interrogations sans masquer les contradictions de l’islam ni éluder les questions difficiles. Interprétation des textes, guerre sainte et fetwa, statut de la femme, corruption, châtiments corporels, crime d’honneur et assassinat politique, démocratie, liberté d’expression et de conscience… tels sont quelques-uns des thèmes qu’aborde l’auteur de ce manifeste appelé à devenir la charte d’un islam nouveau.

Malek Chebel se fait ici le théoricien de l’« autre islam », un islam fondé sur le réel, dynamique et moderne, tolérant et positif, mais surtout capable de s’insérer dans le monde d’aujourd’hui et de demain.

Le projet de loi du Québec sur la laïcité ne vise pas à contrer une menace ponctuelle.

Lévis (Québec), 30 avril 2019

Le 19 avril 2019, dans le quotidien Le Devoir, M. Alain Saulnier nous invite à lire un texte de son cru, dans lequel la question de la laïcité côtoie celle de la protection de la langue et de la culture françaises au Québec.

 

Le tire du texte, Quelle menace devons-nous contrer? n’est pas conforme à la réalité : le projet de loi sur la laïcité ne vise pas à contrer une menace ponctuelle, il « vise à affirmer la laïcité de l’État et à préciser les exigences qui en découlent ».

 

L’auteur consacre la moitié de son écrit à la protection de la langue et de la culture françaises du Québec. Il dit :  « cette langue et cette culture françaises sont actuellement menacées. Ce n’est toutefois pas par la religion des « autres » ni par les immigrants qui globalement s’intègrent bien à la société québécoise [aussi bien à Lévis qu’à Montréal, M. Saulnier?]. La menace, elle vient des géants du Web… pendant que cette lutte à armes inégales laisse des victimes tout au long de la conquête territoriale des géants du Web, que faisons-nous ? On se perd à agiter le foulard islamique comme un épouvantail qui n’a rien à voir avec la « menace qui gronde ». Il est curieux que l’auteur se déporte sur la question de la langue et de la culture françaises. Ne sait-il pas que la raison d’être du projet de loi sur la laïcité n’est pas de protéger la langue et la culture françaises? M. Saulnier veut-il dire qu’il faudrait que l’État du Québec se détourne de la question de la laïcité et utilise le temps et les ressources ainsi libérés à la question de la langue et de la culture? M. Saulnier pense-t-il que l’État du Québec n’est pas capable de mener de front plusieurs dossiers?

 

L’auteur convient que le projet de loi sur la laïcité « vise juste lorsqu’il s’agit d’assurer que l’État et ses institutions soient laïques ». Il dit même qu’il est d’accord avec l’objectif « de protéger les enfants d’un quelconque prosélytisme, d’une propagande religieuse dans les écoles », mais il voudrait que l’interdiction du prosélytisme soit inscrite dans « un règlement, une précision dans la loi de l’éducation, dans les conventions collectives », plutôt que dans une loi, ce qui éviterait, selon lui, de « stigmatiser les signes religieux ». L’auteur ne dit pas (ne peut pas savoir) si le port de symboles, de signes et de vêtements religieux serait interdit dans « son » « règlement » ou dans « sa » « précision » . L’auteur ne dit pas (ne sait pas) si « son » « règlement » ou « sa » « précision » interdirait le port d’objets religieux; il ne dit pas (ne peut pas savoir) si c’est le prosélytisme seul qui serait nommément interdit, l’auteur ne pourrait pas garantir aux Québécois que la définition du terme prosélytisme ne donnerait pas lieu à des interprétations différentes. Enfin, l’auteur ne doit pas ignorer qu’il est plus facile pour les députés de désavouer un règlement (en entier ou en partie) qu’une loi…

 

Roger Martel, citoyen de Lévis

 


M. Alain Saulnier est membre du conseil d’administration du journal Le Devoir. Pourrait-il dire aux gens du Québec pourquoi Le Devoir a caché et continue de cacher une information importante à ses lectrices et lecteurs : en mai 2017, devant quelques dizaines de Lévisiennes et Lévisiens, l’imam de Lévis déclare son amour de la charia (le chemin que tous les musulmans doivent suivre). La charia au nom de laquelle des musulmans imposent des châtiments corporels… La charia au nom de laquelle des musulmans violent des droits humains… Le Devoir n’en parle pas. Pourtant, il y a quelques semaines, Le Devoir a cru bon de faire savoir que la mosquée de Lévis avait reçu des menaces écrites… Il n’est pas trop tard pour que Le Devoir demande une entrevue à l’imam de Lévis.

 

Ces personnes ont fait du Québec leur pays d’adoption; leur message va de soi !

Le 15 mars 2019 des citoyennes et des citoyens du Québec ont rendu public dans le journal Le Devoir un texte intitulé Monsieur Legault, agissez en faveur de la laïcité à l’école; en voici les dernières lignes :

 

l’islam n’est pas une « race ». Mettre sur le même registre islam et « race » comme le font certains est dangereux. Surtout lorsque cette confusion est instrumentalisée de façon à jeter l’opprobre sur des personnes qui militent contre une approche fondamentaliste de l’islam en les traitant d’islamophobes, voire de racistes. L’islam est une religion pratiquée par des millions de personnes. Il y a des musulmans arabes, iraniens, chinois, russes, ouzbeks, maliens, soudanais, bosniaques, etc., et chacun pratique un islam en fonction de sa compréhension, de ses traditions, de sa culture et de son environnement institutionnel. Il existe plusieurs islams.

Au Québec, il s’agit de voir ce qui est compatible avec notre démocratie. Pour nous, il y a deux indicateurs pour mesurer ce degré de compatibilité : le respect des lois de notre pays d’adoption et la reconnaissance de leur primauté sur n’importe quelle autre considération.

Le Devoir, https://www.ledevoir.com/opinion/idees/549944/monsieur-legault-agissez-en-faveur-de-la-laicite-a-l-ecole, 15 mars 2019

 


 

TEXTE INTÉGRAL

Le Devoir, https://www.ledevoir.com/opinion/idees/549944/monsieur-legault-agissez-en-faveur-de-la-laicite-a-l-ecole

Monsieur Legault, agissez en faveur de la laïcité à l’école

L’école accueille des enfants, par définition influençables, et se doit de préserver les conditions d’acquisition des savoirs et de la culture universelle.

15 mars 2019

Monsieur le Premier Ministre,

Vous vous apprêtez à présenter devant l’Assemblée nationale un projet de loi portant sur la laïcité de l’État. Nous vous soutenons dans cette initiative. D’emblée, nous pouvons vous dire que nos attentes sont élevées pour le milieu de l’éducation. S’agissant de l’école, le débat est trop souvent partiel. En effet, il tourne presque toujours autour de la question de l’interdiction de l’affichage des symboles religieux des enseignants. Cette façon de procéder nous semble réductrice, car elle omet l’essentiel : le rôle de l’école et le respect de la liberté de conscience des enfants. L’école accueille des enfants, par définition influençables, et se doit de préserver les conditions d’acquisition des savoirs et de la culture universelle.

Les Québécois ont eu à se pencher sur cette question à quelques moments phares de leur vie collective. Le rapport Parent est en ce sens un document fondateur. Inculquer une culture humaniste du monde et construire l’autonomie de jugement préparent les élèves à assumer le rôle qui deviendra, plus tard, le leur : habiter, construire, réenchanter le monde. Libérer l’école de l’emprise du clergé a constitué le point de départ d’une grande ambition.

Monsieur le Premier Ministre, vous êtes aujourd’hui confronté aux mêmes défis. En effet, comment accepter que des enseignants puissent exhiber des symboles religieux ostentatoires alors que leur fonction les oblige à se conformer à une certaine idée de la citoyenneté intimement liée à l’égalité entre les femmes et les hommes par exemple ?

L’enseignement ne consiste pas seulement à transmettre des savoirs et des savoir-faire, il véhicule, d’abord, une conception du monde, nécessairement inspirée par un choix de valeurs. Les deux impératifs doivent aller de pair. Il faut que les élèves apprennent à distinguer ce qui relève de la croyance et ce qui est de l’ordre de la connaissance. Ce qui peut avoir valeur d’universel et ce qui peut être lié à la particularité d’un individu. L’enseignant qui place ses croyances individuelles au-dessus de sa mission éducative se met dans une situation insurmontable. Évoquer cette exigence revient à considérer la liberté de conscience des élèves. Il est donc nécessaire d’interdire l’affichage des symboles religieux à l’école publique et d’imposer un seul et même régime à l’ensemble du corps enseignant. Ce n’est pas tout. Dans un souci de cohérence, cette exigence doit être étendue aux éducatrices en service de garde et à l’ensemble du personnel de l’école.

Quelques mots sur le voile puisqu’il fait l’objet, lui aussi, d’un débat intense. Le voile n’est pas une obligation religieuse. Par ailleurs, certains musulmans qui ont une lecture littéraliste des textes religieux en font une obligation. Il faut reconnaître que les musulmans sont divisés sur cette question. Ce qui est important à nos yeux, c’est d’évoluer avec son temps.

Avant de conclure, nous aimerions rappeler un simple fait, une évidence même, l’islam n’est pas une « race ». Mettre sur le même registre islam et « race » comme le font certains est dangereux. Surtout lorsque cette confusion est instrumentalisée de façon à jeter l’opprobre sur des personnes qui militent contre une approche fondamentaliste de l’islam en les traitant d’islamophobes, voire de racistes.

L’islam est une religion pratiquée par des millions de personnes. Il y a des musulmans arabes, iraniens, chinois, russes, ouzbeks, maliens, soudanais, bosniaques, etc., et chacun pratique un islam en fonction de sa compréhension, de ses traditions, de sa culture et de son environnement institutionnel. Il existe plusieurs islams.

Au Québec, il s’agit de voir ce qui est compatible avec notre démocratie. Pour nous, il y a deux indicateurs pour mesurer ce degré de compatibilité : le respect des lois de notre pays d’adoption et la reconnaissance de leur primauté sur n’importe quelle autre considération.

*Ont signé ce texte :

Mohand Abdelli, ingénieur retraité ; Rachida Ait Tahar, enseignante ; Karim Akouche, poète, romancier et dramaturge ; Nadia Alexan, professeure retraitée ; Fatiha Attou, enseignante ; Amani Ben Ammar, comptable agréée ; Radhia Ben Amor, militante associative ; Djemila Benhabib, politologue et écrivaine ; Leila Bensalem, enseignante ; Djafer Bouchilawen, ingénierie Télécoms ; Ferid Chikhi, conseiller en emploi ; Kamal Codsi, entrepreneur ; Nadia El-Mabrouk, professeure à l’Université de Montréal ; Zabi Enayat-Zada, fiscaliste, auteur et conférencier ; Aziz Fares, auteur et journaliste ; Said Guerfi, professeur au collège ; Ensaf Haidar, présidente de la Fondation Raif Badawi ; Hassiba Idir, gestionnaire ; Nacere Irid, ingénieur ; Ali Kaidi, militant pour la laïcité, membre fondateur de l’Association québécoise des Nord-Africains pour la laïcité (AQNAL) ; Ferroudja Kaidi, enseignante ; Ammar Lakehal, maître de taekwondo ; Leila Lesbet, technicienne en éducation spécialisée, militante féministe ; Belkacem Nasri, militant associatif ; Farid Salem, Solidarité Québec Algérie ; Nacéra Si Serir, enseignante ; Nacera Zergane, conseillère en sécurité financière ; Nabila Ben Youssef, comédienne et humoriste.

Charles Taylor, le projet de loi sur la laïcité et les violations des droits humains

Lévis, le 16 avril 2019

Charles Taylor, philosophe né en 1931, vient de manifester dans les rues de Montréal pour condamner le projet de loi 21 sur la laïcité de l’État. Selon, lui, le projet est « illégitime » : « Interdire d’enseigner à des personnes portant des signes religieux, soutient-il, est une discrimination » (https://ici.radio-canada.ca/info/videos/media-8068466/rojet-loi-sur-laicite-entrevue-avec-charles-taylor). M. Taylor devrait dire à ses compatriotes s’il pense que le droit de faire connaître sa religion par le port d’objets religieux est un droit absolu, que le port en classe par les enseignants d’objets religieux est conforme aux principes de conduite destinées à favoriser le vivre-ensemble et si le port d’objets religieux en classe par les enseignants est conforme à l’article 14 de la Convention relative aux droits de l’enfant : « Les Etats parties respectent le droit de l’enfant à la liberté de pensée, de conscience et de religion ». M. Taylor devrait aussi dire s’il a déjà manifesté par écrit, et dans la rue, sa désapprobation des violations des droits humains par des religions, lui qui a déclaré, au sujet du projet de loi 21 : « Ce n’est pas le langage des droits humains » (https://ici.radio-canada.ca/info/videos/media-8073993/ aicite-elus-et-citoyens-manifestent-contre-projet-loi); a-t-il déjà, par exemple, reprocher à l’islam d’interdire à ses adeptes de sexe féminin d’épouser un non-musulman, d’imposer des châtiments cruels à la femme musulmane adultère (lapidation), aux voleurs musulmans (amputation d’une main), d’interdire aux catholiques de construire des églises (en Arabie saoudite, par exemple)? Que M. Taylor explique sa pensée à ses compatriotes.

Roger Martel, citoyen de Lévis

Moments démocratiques dans le monde arabe au 20e siècle.

http://iremmo.org/rencontres/hors-les-murs/moments-democratiques-dans-le-monde-arabe/

RENCONTRES > HORS LES MURS

Moments démocratiques dans le monde arabe

Jeudi 18 Avril 1919 – 14h-20h30

Colloque – Institut du Monde arabe | Salle du Haut-Conseil

Au cours du XXème siècle et bien avant les révolutions arabes, le monde arabe a traversé des moments d’ouverture politique et populaire. Ces épisodes, souvent peu connus, méritent d’être mis en lumière, tout particulièrement à l’occasion du 100ème anniversaire de la Révolution de 1919 et du Parti Wafd, pilier de la lutte pour l’indépendance égyptienne.

À travers l’étude d’une série d’acteurs et d’événements historiques, l’objectif de ce colloque est donc de proposer un panorama différent de l’histoire de la région, à travers le prisme de l’ouverture démocratique. Si la répression massive qui touche aujourd’hui de nombreux pays arabes peut appeler au fatalisme et à la résignation face à la résilience des régimes autocratiques, ces derniers ne sauraient constituer la seule identité politique de la région. L’ébullition sociale de la Révolution de 1919 en Egypte a ainsi constitué un moment fondateur de l’histoire de la nation égyptienne, la Syrie post-indépendance a quant à elle été marquée par une vie parlementaire riche et pluraliste. L’Algérie, sans doute précurseur des printemps arabes et bien avant les mobilisations actuelles, avait connu dès 1988-1992 un épisode de revendications et d’ouverture démocratiques sans précédent, avant de sombrer dans la décennie noire.

À travers ces quelques exemples, du Caire à Damas, en passant par le Maghreb et jusqu’à l’espoir de la transition démocratique en cours en Tunisie, ce colloque ambitionne ainsi de penser ces « moments démocratiques » dans le monde arabe.

PROGRAMME

14h-16h : 1ère table-ronde

Egypte 1919 : une révolution manquée ?

Mounir Abdel Nour, ancien secrétaire général du parti Wafd, ancien député et ancien ministre du tourisme et ancien ministre du commerce et de l’industrie en Egypte.

Anne-Claire Gayffier Bonneville, historienne à l’Inalco, spécialiste de l’histoire contemporaine de l’Égypte et du Soudan, auteure notamment de L’échec de la monarchie égyptienne 1942-1952 (IFAO, 2010), Histoire de l’Egypte moderne. L’éveil d’une nation XIXe-XXIe siècle (Flammarion, 2016).

Dina Heshmat, professeure assistante de littérature arabe à l’université américaine du Caire, auteure de Egypt 1919: the Revolution in Literature and Film (Edinburgh University Press, à paraître).

Modération : Alain Gresh, directeur du journal en ligne Orient XXI, ancien rédacteur en chef du Monde diplomatique.

16h30-18h30 : 2ème table-ronde

La Syrie, de (l’espoir de) l’indépendance aux coups d’État.

Nadine Méouchy, historienne, chercheure spécialiste de l’histoire de la Syrie et du Liban contemporains, responsable des Presses de l’Ifpo (Beyrouth-Damas) et présidente d’une association libanaise qui travaille avec les femmes vulnérables libanaises et réfugiées.

Salam Kawakibi, directeur du Centre arabe de recherches et d’études politiques de Paris (CAREP Paris), chercheur en sciences politiques et relations internationales.

Ghaiss Jasser, docteure ès Lettres, compositrice de musique, pianiste et présidente du festival international des films de femmes de Créteil.

Modération : Mélanie Chalandon, journaliste à France Culture.

19h00-20h30 : Jeudi de l’IMA et 3ème table-ronde

Le Maghreb, des démocraties inachevées ?

Pierre Vermeren, professeur d’histoire contemporaine à l’Université Paris 1 Panthéon-Sorbonne, spécialiste du Maghreb et des mondes arabo-berbères, auteur notamment de Maghreb, les origines de la révolution démocratique (Pluriel, 2011), et Dissidents du Maghreb (avec Khadija Finan-Mohsen, Belin, 2019).

Akram Belkaïd, journaliste et écrivain, collaborateur d’Orient XXI, du Monde Diplomatique, d’Afrique Méditerranée Business, du site Maghreb émergent et chroniqueur au Quotidien d’Oran.

Selim Kharrat, président de l’ONG tunisienne Al Bawsala et co-fondateur des Cahiers de la liberté.

Modération : Rachida El Azzouzi, journaliste à Médiapart.

Colloque co-organisé par l’iReMMO et l’Institut du monde arabe

En partenariat avec Orient XXI

Avec le soutien de l’Institut français d’Egypte

Le Caire, 1919 – Une révolution manquée ?

 

Demande à la Commission municipale du Québec – Déclarations extrêmement graves du maire de Hampstead.

L’accusé de réception/réponse de la Commission municipale du Québec est publié après la demande.

 

Lévis, le 5 avril 2019

Commission municipale du Québec

10, rue Pierre-Olivier-Chauveau, Mezzanine, aile Chauveau

Québec, (Québec) G1R 4J3

Objet : Déclarations extrêmement graves du maire de Hampstead, M. William Steinberg.

 

Madame ou Monsieur,

À propos du projet de loi 21 sur la laïcité déposé récemment à l’Assemblée nationale du Québec, le maire de la municipalité de Hampstead, M. William Steinberg, a dit, le 5 avril 2019, que le projet de loi  :

« est une tentative de faire partir ceux qui pratiquent des religions minoritaires, ne laissant que des non-croyants et des chrétiens au Québec. C’est du nettoyage ethnique – pas avec un fusil, mais avec une loi. C’est raciste et c’est ignoble. »1

« C’est raciste et méprisable », a ajouté M. Steinberg pour qualifier la volonté du gouvernement Legault de bannir les symboles religieux auprès des employés de l’État en position d’autorité.»2

Circonstance aggravante, les paroles de M. William Steinberg ont été prononcées lors d’une conférence de presse (donc devant des journalistes) à laquelle participaient, à Côte-Saint-Luc, des élus de tous les paliers de gouvernement opposés au projet de loi.

M. Simon Jolin-Barrette, ministre du gouvernement du Québec, a déclaré : « Des propos comme ceux-ci ne sont pas acceptables et des accusations comme celles-ci, elles n’ont pas leur place. »

Les affirmations du maire William Steinberg sont extrêmement graves (je laisse le soin aux experts de déterminer si M.William Steinberg a enfreint le Code criminel du Canada ou une autre loi) étant donné que « Les experts appréhendent le nettoyage ethnique comme une pratique contraire au droit international qui consiste à rendre une zone ethniquement homogène en utilisant la force ou l’intimidation pour faire disparaître de la zone en question des personnes appartenant à des groupes déterminés ».3

Je demande que la Commission municipale du Québec destitue M. William Steinberg de sa fonction de maire ou demande au gouvernement du Québec, si c’est lui qui a le pouvoir de destituer un maire, de faire les actions nécessaires pour priver M. William Steinberg de sa fonction de maire.

Recevez, Madame ou Monsieur, mes sentiments les meilleurs.

Roger Martel, citoyen de Lévis

 

1. Pierre Saint-Arnaud, Sidhartha Banerjee, Laïcité: le projet de loi qualifié de «nettoyage ethnique» par un élu, La Presse, 5 avril 2019, https://www.lapresse.ca/actualites/politique/201904/05/01-5221078-laicite-le-projet-de-loi-qualifie-de-nettoyage-ethnique-par-un-elu.php.

2. Projet de loi sur la laïcité: le maire de Hampstead évoque un «nettoyage ethnique», Le Journal de Montréal, https://www.journaldemontreal.com/2019/04/05/le-ministre-jolin-barrette-denonce-les-propos-inacceptables-du-maire-de-hampstead-1).

3. Émile Ouédraogo, Génocide et « nettoyage ethnique » : quelle différence en droit international pénal ? http://www.quidjustitiae.ca/blogue/genocide-et-nettoyage-ethnique-quelle-difference-en-droit-international-penal,

23 décembre 2014. M. Émile Ouédraogo est chercheur en études stratégiques et diplomatiques, Chaire Raoul-Dandurand, Université du Québec à Montréal.

 


Accusé de réception/réponse de la Commission municipale du Québec

5 Commission municipale_Plainte Maire de Hampstead Steinberg_04-2019 4 - Version 2