Le projet de loi du Québec sur la laïcité ne vise pas à contrer une menace ponctuelle.

Lévis (Québec), 30 avril 2019

Le 19 avril 2019, dans le quotidien Le Devoir, M. Alain Saulnier nous invite à lire un texte de son cru, dans lequel la question de la laïcité côtoie celle de la protection de la langue et de la culture françaises au Québec.

 

Le tire du texte, Quelle menace devons-nous contrer? n’est pas conforme à la réalité : le projet de loi sur la laïcité ne vise pas à contrer une menace ponctuelle, il « vise à affirmer la laïcité de l’État et à préciser les exigences qui en découlent ».

 

L’auteur consacre la moitié de son écrit à la protection de la langue et de la culture françaises du Québec. Il dit :  « cette langue et cette culture françaises sont actuellement menacées. Ce n’est toutefois pas par la religion des « autres » ni par les immigrants qui globalement s’intègrent bien à la société québécoise [aussi bien à Lévis qu’à Montréal, M. Saulnier?]. La menace, elle vient des géants du Web… pendant que cette lutte à armes inégales laisse des victimes tout au long de la conquête territoriale des géants du Web, que faisons-nous ? On se perd à agiter le foulard islamique comme un épouvantail qui n’a rien à voir avec la « menace qui gronde ». Il est curieux que l’auteur se déporte sur la question de la langue et de la culture françaises. Ne sait-il pas que la raison d’être du projet de loi sur la laïcité n’est pas de protéger la langue et la culture françaises? M. Saulnier veut-il dire qu’il faudrait que l’État du Québec se détourne de la question de la laïcité et utilise le temps et les ressources ainsi libérés à la question de la langue et de la culture? M. Saulnier pense-t-il que l’État du Québec n’est pas capable de mener de front plusieurs dossiers?

 

L’auteur convient que le projet de loi sur la laïcité « vise juste lorsqu’il s’agit d’assurer que l’État et ses institutions soient laïques ». Il dit même qu’il est d’accord avec l’objectif « de protéger les enfants d’un quelconque prosélytisme, d’une propagande religieuse dans les écoles », mais il voudrait que l’interdiction du prosélytisme soit inscrite dans « un règlement, une précision dans la loi de l’éducation, dans les conventions collectives », plutôt que dans une loi, ce qui éviterait, selon lui, de « stigmatiser les signes religieux ». L’auteur ne dit pas (ne peut pas savoir) si le port de symboles, de signes et de vêtements religieux serait interdit dans « son » « règlement » ou dans « sa » « précision » . L’auteur ne dit pas (ne sait pas) si « son » « règlement » ou « sa » « précision » interdirait le port d’objets religieux; il ne dit pas (ne peut pas savoir) si c’est le prosélytisme seul qui serait nommément interdit, l’auteur ne pourrait pas garantir aux Québécois que la définition du terme prosélytisme ne donnerait pas lieu à des interprétations différentes. Enfin, l’auteur ne doit pas ignorer qu’il est plus facile pour les députés de désavouer un règlement (en entier ou en partie) qu’une loi…

 

Roger Martel, citoyen de Lévis

 


M. Alain Saulnier est membre du conseil d’administration du journal Le Devoir. Pourrait-il dire aux gens du Québec pourquoi Le Devoir a caché et continue de cacher une information importante à ses lectrices et lecteurs : en mai 2017, devant quelques dizaines de Lévisiennes et Lévisiens, l’imam de Lévis déclare son amour de la charia (le chemin que tous les musulmans doivent suivre). La charia au nom de laquelle des musulmans imposent des châtiments corporels… La charia au nom de laquelle des musulmans violent des droits humains… Le Devoir n’en parle pas. Pourtant, il y a quelques semaines, Le Devoir a cru bon de faire savoir que la mosquée de Lévis avait reçu des menaces écrites… Il n’est pas trop tard pour que Le Devoir demande une entrevue à l’imam de Lévis.