Les Caisses populaires Desjardins : des sources d’enrichissement pour les grandes banques ?

Les Caisses populaires Desjardins sont des sources d’enrichissement pour les grandes banques, a dit Alphonse Desjardins

Écoutons M. Desjardins, qui a fondé la Caisse populaire de Lévis (Québec) en 1900 :

« Sans nous préoccuper outre mesure du sort des banques, sachant fort bien qu’elles sont d’humeur et en état de se protéger elles-mêmes, nous pouvons affirmer que la multiplication des Caisses Populaires leur serait très avantageuse en ce qu’elIes [sic]grossiraient [sic]le flot des épargnes, et par là même, la richesse globale du pays, ce qui accroîtrait l’activité économique, d’où il résulterait un profit incontestable pour les grandes banques. C’est le phénomène qui s’est produit ailleurs. Pourquoi n’en serait-il pas de même ici ? Depuis quand les écoles élémentaires ont-elles fait du tort aux Universités! Ne faut-il pas savoir lire et écrire pour fréquenter ces maisons d’enseignement supérieur? Or, la Caisse populaire est l’école élémentaire économique. Quoique l’on fasse, la grande banque ne recueillera jamais le sou, cela coûte trop, grâce à son organisation luxueuse et à son personnel largement payé — tandis que la Caisse locale le fera aisément, par devoir d’abord, et par suite de son mode même de fonctionnement basé sur le dévouement social. »

(discours prononcé par M. Alphonse Desjardins devant l’Association catholique de la jeunesse canadienne-française en juin 1908; reproduit au http://archive.org/stream/lecongrsdelaje00chap/lecongrsdelaje00chap_djvu.txt)

Madame Monique Leroux, qui préside depuis quelques années le Mouvement Desjardins et qui a fréquenté l’ « Université » appelée Banque royale du Canada avant de postuler un poste à l’« école élémentaire » Desjardins, trouvera sans doute que M. Alphonse Desjardins ne maîtrise pas bien l’art de comparer. Mais elle se réjouira que son prédécesseur salue le dévouement social du personnel de son entreprise, dans son temps.

Nous tenons la preuve que la réalité peut être aussi amusante que la fiction.

Roger Martel (le Passeur de la Côte)

(Le Mouvement Desjardins est un fleuron de l’économie du Québec, comme on dit; c’est le plus grand employeur privé au Québec.)

 

VIENNE LE MOUVEMENT DE REFONDATION ET DE MORALISATION DU MOUVEMENT DESJARDINS !

Alphonse Desjardins, Le pouvoir d’agir. Un document signé Monique Leroux.

Pour commencer, une petite note
Vous n’avez jamais entendu parler du Mouvement Desjardins et d’Alphonse Desjardins? – Alphonse Desjardins (1854-1920) est né au Québec, dans la ville de Lévis, où il a fondé la première Caisse populaire du Québec en 1900. Aujourd’hui, l’entreprise appelée Mouvement Desjardins est l’un des plus gros joueurs (acteurs, si vous préférez) financiers du Québec : selon un communiqué qu’elle a diffusé le 24 février 2012, elle a enregistré des excédents de 1 582 millions $ pour l’exercice financier 2011 (http://www.desjardins.com/fr/a_propos/salle_presse/la_une/communiques/2012022401.pdf).

Ajoutons que le Mouvement Desjardins est l’une des institutions financières les plus sûres au monde; en 2011, au Canada, seules la Banque Royale du Canada (1re), la Banque Toronto Dominion (2e) et la Banque Scotia (3e) l’ont surpassé.

(Source : http://www.conseiller.ca/nouvelles/des-institutions-canadiennes-parmi-les-plus-sures-au-monde-31663). Le Mouvement Desjardins est une réussite exceptionnelle sur le plan économique. – Attention, les Français! en janvier dernier, il a ouvert à Paris un-petit-bureau-deviendra-grand.

Alphonse Desjardins, Le pouvoir d’agir

La présidente de l’entreprise appelée Mouvement Desjardins, Mme Monique F. Leroux, vient de publier un document numérique intitulé Alphonse Desjardins, Le pouvoir d’agir. Ce document est composé essentiellement de courts extraits de textes de M. Desjardins et de propos que les écrits de M. Desjardins ont inspirés à Mme Leroux. Cette dernière souligne que « la pensée [de M. Desjardins] est encore novatrice ».

Il aurait été intéressant que Mme Leroux commente le texte suivant de M. Desjardins :

« La Caisse populaire est une organisation purement paroissiale, elle naît, elle grandit, elle se développe et prospère au milieu de la famille paroissiale. C’est son berceau tout naturel, c’est son foyer d’activité dont elle ne doit pas franchir les limites; elle est, en un mot, sur le terrain économique, le prolongement de la paroisse. »

Il aurait été intéressant que Mme Leroux commente le texte suivant de M. Desjardins :

« C’est vous dire que ce [la Caisse Populaire] n’est pas une banque, mais elle est mieux qu’une Banque. N’est pas membre qui veut de La Caisse Populaire. Il ne suffit pas de lui offrir des piastres pour obtenir son entrée dans ses rangs. Non, il faut posséder notoirement un capital bien plus précieux, mais que le plus humble travailleur ou ouvrier, peut avoir en abondance: l’honnêteté, l’intégrité, c’est-à-dire être un excellent citoyen et un bon chrétien. »

Il aurait été intéressant que Mme Leroux commente le texte suivant de M. Desjardins :

« Pourquoi La Caisse doit-elle restreindre ses activités au rayon de la paroisse? Parce que dans un pareil foyer chacun se connaît et, au cas de prêt, il est plus facile d’assurer la sécurité des fonds que si on avait affaire à des personnes plus ou moins étrangères ou inconnues, le prêt dans ce cas-là, ne reposant que sur des garanties matérielles. »

Il aurait été intéressant que Mme Leroux commente le texte suivant de M. Desjardins :

« L’administration d’une Caisse est toute locale et le contrôle, par conséquent, des intéressés est constant et facile à exercer. C’est aussi un superbe foyer de formation économique […]. Elles [les caisses] développent la mentalité sociale puisque tous les officiers doivent la servir gratuitement, à l’exception toutefois du gérant qui, seul, peut être indemnisé.

« Les bénéfices réalisés ne s’en vont pas ailleurs; non, ils sont répartis parmi les sociétaires et restent dans la paroisse. »

Les paroles de M. Alphonse Desjardins reproduites ci-dessus ont été prononcées le 15 février 1912, soit environ trois ans avant la fin de la vie active du fondateur de la Caisse populaire de Lévis. On les trouve dans la publication suivante :

M. Alphonse Desjardins, Président-Fondateur de « La Caisse Populaire de Lévis », Directeur Général de « L’Action Populaire Économique », Les Caisses Populaires, Conférence donnée devant les délégués de l’Association Canadienne Française d’Éducation d’Ontario le 15 février 1912. La Cie d’Imprimerie Ottawa, Rue Mosgrove, Ottawa.

Entre nous – Claude Béland, ancien président du Mouvement Desjardins, trouve que la cupidité occupe trop de place dans notre monde, y compris au sein du Mouvement Desjardins. Est-ce pour lui répondre que Mme Monique F. Leroux rappelle la générosité d’Alphonse Desjardins? « La fondation des caisses, écrit-elle en parlant de M. Desjardins, ne lui a pas rapporté un seul dollar. Au contraire, il y a investi de son temps, de son argent et sans doute sa santé. » Heureusement, Mme Monique F. Leroux touche une rémunération plus que raisonnable.

Entre nous – Le livre de la présidente du Mouvement Desjardins est publié par Les Éditions Dorimène. Dorimène est le prénom de l’épouse de M. Alphonse Desjardins. Si le Mouvement Desjardins avait voulu rappeler la mémoire de M. Alphonse Desjardins par la création d’une maison d’édition, pensez-vous qu’il aurait baptisé cette entreprise Les Éditions Alphonse?

Le Passeur de la Côte (Roger Martel), Lévis (Québec)

Rappel 

L’automne prochain (2012) aura lieu le Sommet international des coopératives, « organisé à l’initiative du Mouvement Desjardins en partenariat avec l’Alliance coopérative internationale et la Saint-Mary’s University de la Nouvelle-Écosse, qui se tiendra à Québec et à Lévis du 8 au 11 octobre 2012. Ce sommet accueillera des dirigeants de coopératives et mutuelles et proposera notamment 125 conférences autour des thèmes liés la place des coopératives et des mutuelles dans l’économie mondiale ». (source : http://www.desjardins.com/fr/votre_caisse/81530504/annee-internationale-des-cooperatives.pdf) La parution du document numérique de Madame Monique Leroux n’est pas étrangère à cet événement.

 

Le Mouvement Desjardins exagère

Mouvement Desjardins, tu ne trouves pas que tu exagères? Dans l’édition du 25 novembre 2011 d’un hebdomadaire de Lévis, il y a une photo de l’usine de filtration Desjardins (vous savez, celle qui est située dans l’arrondissement de Desjardins ou, si vous préférez, dans le pôle Desjardins, juste à côté des Appartements Desjardins et de la Cité Desjardins, pas très loin des statues de Dorimène Desjardins et d’Alphonse Desjardins, et à mille mètres de la Caisse populaire Desjardins de Lévis), il y a, dis-je, une photo dont la légende se lit ainsi : « L’usine Desjardins est située au coin du boulevard Alphonse-Desjardins et de la rue Dorimène-Desjardins ». Que le Mouvement Desjardins baptise Cité Desjardins le complexe que forment des immeubles qui lui appartiennent à Lévis, il n’y a rien rien à redire; que les caisses d’épargne et de crédit fondées par Alphonse Desjardins portent le nom de ce dernier, personne ne s’y oppose; le propriétaire des Appartements Desjardins avaient le droit de nommer son immeuble locatif comme il l’a fait. On comprend aussi que la ville de Lévis aient des gestes et des mots câlins pour le Mouvement Desjardins, si actif à Lévis. Mais il ne faudrait pas perdre la tête et répandre à Lévis le nom de Desjardins de façon obsessionnelle, comme le régime maoïste multipliait les exemplaires du Petits Livre rouge de Mao. Malheureusement, on peut craindre que le mal soit déjà fait (des citoyens ont déjà clamé dans le passé qu’il est répandu!) : depuis peu de jours, un autre gros drapeau portant le nom de Desjardins flotte désormais au-dessus du cerveau des citoyens : le nouveau Centre interdisciplinaire de lutte au cancer s’appelle Centre Desjardins. Ce nom s’ajoute à ceux mentionnés ci-dessus et à bien d’autres : Centre de santé et de services sociaux Alphonse-Desjardins, Repas Desjardins, Gala Victoria Desjardins, Club de marche Desjardins de Lévis, Fresque Desjardins de Lévis, Salle Caisse populaire Desjardins de Lévis (au Centre de congrès et d’expositions de Lévis), traversier Alphonse-Desjardins, École primaire Desjardins…

On n’aime pas que tu exagères, Mouvent Desjardins, on a l’impression que tu veux t’imposer à nous et on trouve que ce n’est pas poli. On n’aime pas non plus qu’il t’arrive d’employer, afin que ton nom résonne le plus souvent possible aux oreilles de nos cerveaux, des moyens que tu devrais juger indignes de toi. Crois-tu que j’exagère? Écoute donc ce qu’on a dit de toi à côté de Lévis, sur la Côte-du-Sud, l’an dernier.

En 2011, l’affaire du nouveau chapiteau permanent de Saint-Jean-Port-Joli a fait grand bruit. Je la présente rapidement. – Le 13 juillet 2011, Le Peuple Côte-Sud, journal de Montmagny, écrit ceci : « Ayant eu vent que le nom de Desjardins serait retenu pour désigner le chapiteau permanent en construction dans le parc des Trois-Bérets, deux citoyens de Saint-Jean-Port-Joli ont décidé de contester cette appellation […] Selon les informations, la Caisse populaire Desjardins des Trois-Saumons verserait une contribution de 100 000 $ au projet. Or, on craint que l’institution financière ne réduise le montant si le chapiteau ne porte pas le nom de Desjardins. » Le 14 novembre, le président du conseil d’administration de la Caisse Desjardins de L’Islet, M. Serge Kirouac, écrit ceci dans l’hebdo magnymontois L’Oie blanche : « S’il faut qu’il [le chapiteau] porte le nom de Desjardins uniquement pour s’assurer d’une contribution de la Caisse de $100 000, je suis dans l’incompréhension totale. […] Est-ce que le musée maritime du Québec, devrait s’appeler le musée maritime Desjardins du Québec à cause d’une contribution monétaire quelconque ? Je trouve ridicule qu’on aille même oser penser appeler cela, le Chapiteau Desjardins… » Moins d’un mois plus tard, M. Kirouac écrit : « Je ne suis plus le président de la Caisse de L’Islet et j’ai quitté volontairement ce poste. Je ne pouvais tout simplement pas tolérer de ne pas pouvoir émettre librement mon opinion. […] j’ai été surpris de lire dans ce journal que la Caisse des Trois-Saumons avait, semble-t-il, diminué de moitié sa contribution au projet du chapiteau. » [C’était dans L’Oie blanche, le 5 décembre 2011.] Comment l’affaire s’est-elle terminée? Dans Le Peuple Côte-Sud, le 23 novembre 2011, on a pu lire ceci : « Enfin, la Caisse populaire Desjardins Trois-Saumons, par la voix de son directeur général, Yvon Beaulieu, a annoncé une contribution de 50 000 $, déjà versée. Ce montant provient du Fonds d’aide du milieu, a insisté M. Beaulieu. « Bon an, mal an, on donne 100 000 $ dans le milieu grâce à ce fonds », s’est limité à dire le représentant de l’institution financière, qui visiblement ne voulait pas s’étendre sur le sujet. » Mouvement Desjardins, arrête-toi donc pour réfléchir à tes valeurs, je répète : pour réfléchir à tes valeurs.

Le Passeur de la Côte (Roger Martel, citoyen de Lévis)