L’argent qui roule ou Les prêteurs à la petite semaine

LES PRÊTEURS À LA PETITE SEMAINE

 par Roger Martel (le Passeur de la Côte)

 

On m’allait chasser de ma maison

Quand du ciel tomba un oisillon

De fort laid plumage

 

Que faisiez-vous dit-il au temps chaud

Pourquoi avez-vous sauté l’enclos

Et fui le pacage

 

Maintenant que la bise est venue

Comme un ver vous vous retrouvez nu

C’est vraiment dommage

 

Je suis nu il est vrai mais chez moi

Oiselet c’est moi qui fais la loi

Cesse ton ramage

 

Je ne souffrirai point ta pitié

Et non plus ta libéralité

Tourne donc la page

 

Mais le moineau était beau parleur

Il me prédit quinze ans de malheur

Un toit de nuages

 

Et pensez dit-il à votre dame

À vos enfants évitez un drame

Craignez les orages

 

Que ferez-vous durant les vacances

Sans une embarcation de plaisance

Adieu les voyages

 

Je vis seul dans moitié ni marmots

Et chez mon négrier les repos

Ne sont pas d’usage

 

Cela importe peu reprit-il

Il vous attend quand même un péril

Tout vous le présage

 

Le rat sut si bien manier la prose

Qu’en peu de temps je devins tout chose

J’étais tout en nage

 

Ne vous faites donc pas de soucis

Je suis là pour vous sauver la vie

Ayez du courage

 

Je suis naturellement prêteuse

De surcroît mon âme est généreuse

Tel est mon partage

 

Acceptez donc que je vous délivre

Croyez qu’il vous sera bon de vivre

Sous mon patronage

 

Je vous prêterai du pain du beurre

Empruntez donc la voie du bonheur

Goûtez mon fromage

 

Je goûtai mais digérai fort mal

Et l’intérêt et le principal

Mon dieu quel pillage

 

Je goûtai et c’est moi qu’on croqua

Car sa route du bonheur ah ça

Était à péage

 

Tous ces oiseaux-là je vous le jure

On devrait les jeter aux ordures

Ou du moins en cage

……………………………………………………………………………………

Il y a des pays où l’argent roule plus longtemps qu’ailleurs; ce sont des pays pauvres.

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gourde Haiti

Gourdes, Haïti

Les Caisses populaires Desjardins : des sources d’enrichissement pour les grandes banques ?

Les Caisses populaires Desjardins sont des sources d’enrichissement pour les grandes banques, a dit Alphonse Desjardins

Écoutons M. Desjardins, qui a fondé la Caisse populaire de Lévis (Québec) en 1900 :

« Sans nous préoccuper outre mesure du sort des banques, sachant fort bien qu’elles sont d’humeur et en état de se protéger elles-mêmes, nous pouvons affirmer que la multiplication des Caisses Populaires leur serait très avantageuse en ce qu’elIes [sic]grossiraient [sic]le flot des épargnes, et par là même, la richesse globale du pays, ce qui accroîtrait l’activité économique, d’où il résulterait un profit incontestable pour les grandes banques. C’est le phénomène qui s’est produit ailleurs. Pourquoi n’en serait-il pas de même ici ? Depuis quand les écoles élémentaires ont-elles fait du tort aux Universités! Ne faut-il pas savoir lire et écrire pour fréquenter ces maisons d’enseignement supérieur? Or, la Caisse populaire est l’école élémentaire économique. Quoique l’on fasse, la grande banque ne recueillera jamais le sou, cela coûte trop, grâce à son organisation luxueuse et à son personnel largement payé — tandis que la Caisse locale le fera aisément, par devoir d’abord, et par suite de son mode même de fonctionnement basé sur le dévouement social. »

(discours prononcé par M. Alphonse Desjardins devant l’Association catholique de la jeunesse canadienne-française en juin 1908; reproduit au http://archive.org/stream/lecongrsdelaje00chap/lecongrsdelaje00chap_djvu.txt)

Madame Monique Leroux, qui préside depuis quelques années le Mouvement Desjardins et qui a fréquenté l’ « Université » appelée Banque royale du Canada avant de postuler un poste à l’« école élémentaire » Desjardins, trouvera sans doute que M. Alphonse Desjardins ne maîtrise pas bien l’art de comparer. Mais elle se réjouira que son prédécesseur salue le dévouement social du personnel de son entreprise, dans son temps.

Nous tenons la preuve que la réalité peut être aussi amusante que la fiction.

Roger Martel (le Passeur de la Côte)

(Le Mouvement Desjardins est un fleuron de l’économie du Québec, comme on dit; c’est le plus grand employeur privé au Québec.)

 

VIENNE LE MOUVEMENT DE REFONDATION ET DE MORALISATION DU MOUVEMENT DESJARDINS !

Pourquoi faut-il que les États payent 600 fois plus cher que les banques ?

LE MONDE, 2 janvier 2012

http://www.lemonde.fr/idees/article/2012/01/02/pourquoi-faut-il-que-les-etats-payent-600-fois-plus-que-les-banques_1624815_3232.html#xtor=EPR-32280229-%5BNL_Titresdujour%5D-20120103-%5Btitres%5D

par Michel Rocard, ancien premier ministre, et Pierre Larrouturou, économiste

La Réserve fédérale a secrètement prêté aux banques en difficulté la somme de 1 200 milliards au taux incroyablement bas de 0,01 %.

Ce sont des chiffres incroyables. On savait déjà que, fin 2008, George Bush et Henry Paulson avaient mis sur la table 700 milliards de dollars (540 milliards d’euros) pour sauver les banques américaines. Une somme colossale. Mais un juge américain a récemment donné raison aux journalistes de Bloomberg qui demandaient à leur banque centrale d’être transparente sur l’aide qu’elle avait apportée elle-même au système bancaire.

Après avoir épluché 20 000 pages de documents divers, Bloomberg montre que la Réserve fédérale a secrètement prêté aux banques en difficulté la somme de 1 200 milliards au taux incroyablement bas de 0,01 %.

Au même moment, dans de nombreux pays, les peuples souffrent des plans d’austérité imposés par des gouvernements auxquels les marchés financiers n’acceptent plus de prêter quelques milliards à des taux d’intérêt inférieurs à 6, 7 ou 9 % ! Asphyxiés par de tels taux d’intérêt, les gouvernements sont « obligés » de bloquer les retraites, les allocations familiales ou les salaires des fonctionnaires et de couper dans les investissements, ce qui accroît le chômage et va nous faire plonger bientôt dans une récession très grave.

Est-il normal que, en cas de crise, les banques privées, qui se financent habituellement à 1 % auprès des banques centrales, puissent bénéficier de taux à 0,01 %, mais que, en cas de crise, certains Etats soient obligés au contraire de payer des taux 600 ou 800 fois plus élevés ? « Etre gouverné par l’argent organisé est aussi dangereux que par le crime organisé », affirmait Roosevelt. Il avait raison. Nous sommes en train de vivre une crise du capitalisme dérégulé qui peut être suicidaire pour notre civilisation. Comme l’écrivent Edgar Morin et Stéphane Hessel dans Le Chemin de l’espérance (Fayard, 2011), nos sociétés doivent choisir : la métamorphose ou la mort ?

Allons-nous attendre qu’il soit trop tard pour ouvrir les yeux ? Allons-nous attendre qu’il soit trop tard pour comprendre la gravité de la crise et choisir ensemble la métamorphose, avant que nos sociétés ne se disloquent ?

POUR LIRE LE RESTE DU TEXTE, ALLEZ AU http://www.lemonde.fr/idees/article/2012/01/02/pourquoi-faut-il-que-les-etats-payent-600-fois-plus-que-les-banques_1624815_3232.html#xtor=EPR-32280229-%5BNL_Titresdujour%5D-20120103-%5Btitres%5D

NOTES

Les auteurs sont Français.

BLOOMBERG – « Bloomberg L.P. est un groupe financier américain spécialisé dans les services aux professionnels des marchés financiers et dans l’information économique et financière aussi bien en tant qu’agence de presse que directement, via de nombreux médias (télévision, radio, presse, internet et livres) dont les plus connus sont probablement ses propres chaînes de télévision par câble/satellite.» (http://fr.wikipedia.org/wiki/Bloomberg_LP#Articles_connexes)

Réserve fédérale américaine : banque centrale des États-Unis.