Le monde regorge de beautés. Exemple : le beau qui agit en profondeur, qui redonne à l’homme dignité et espérance.

 

Source : http://www.congres-beaute.org/congres.php?na=3

 

Et si la beauté pouvait sauver le monde ?

… Une alternative au mythe du progrès.

 

Et si la beauté pouvait sauver le monde ? Quel monde me direz-vous ? Le nôtre, celui que nous refaisons si souvent dans nos conversations. Ce monde qui crie violence aux quatre coins de la planète. Notre monde, rationnel et organisé, déconcertant, ou décalé dirait-on, injuste autant que magnifique, contradictoire, que les spécialistes définissent comme ayant été moderne, et, devenu de nos jours postmoderne. On l’admire et on le déteste, il nous séduit et nous fait peur, cependant il nous envoûte. On voudrait le changer ce monde, qu’il soit écologique, équitable, en paix, que les pauvres ne soient plus pauvres, que s’arrête la frénésie du temps après lequel on court toujours, que le silence se fasse, un peu. On voudrait agir et on agit, et on s’agite et on s’épuise, on se sent impuissant. On travaille et on a, au fond de soi, le sentiment d’être voué à la rentabilité, à l’efficacité. Quel que soit l’environnement et les conditions apparemment idéales, il n’en faut pas moins produire toujours plus de richesses. On attend avec impatience nos temps libres, on aspire à débrancher comme on dit ! Mais encore là, impossible de sortir de cet engrenage. Pourtant, est-ce qu’on ne nous avait pas promis que la technique allait nous libérer, nous sauver ? On voudrait un peu d’air, briser cet espace étroit, angoissant du fini.

 

Et si tout commençait d’abord au-dedans ? Si nous pouvions être véritablement sujets des actes que nous posons plutôt qu’objets d’une société qui semble se jouer de nous ? Et si la beauté était bien plus profonde que l’esthétique ? Si c’était cette « chose » qui nous saisit parfois dans le plus banal de notre quotidien et ouvre jusqu’au plus profond de nous une brèche vers l’infini, nous engendre à notre être et à l’autre, aux autres, au monde ?

 

Et si les paroles de Dostoïevski étaient prophétiques ? Si la beauté pouvait sauver le monde ? Pas le changer, le sauver. Des pauvres il y en aura toujours, mais qu’est-ce que la pauvreté ? On la confond si souvent avec la misère. Et si la beauté prenait sa source dans nos pauvretés accueillies, traversées par la lumière ? Le beau et le don, qu’ont-ils en commun? Et le sacré ? Quelle place laissons-nous au symbole ? Et le temps ? Est-il possible de le créer, d’effacer les contours, d’entrer dans des espaces vibrants, de retrouver des rythmes profonds ? Et si c’était cela vivre l’instant présent ?

 

Blog du Congrès : http://blog.congres-beaute.org/

 

Et si la beauté pouvait sauver le monde ?
… Une alternative au mythe du progrès.

Congrès, Montréal 21-24 août 2014

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Le monde regorge de beautés – beautés naturelles, beautés artistiques.

Extraits de Denis Huisman et André Vergez, La Philosophie, tome 1, L’Action, Belgique, Marabout, © 1994, pages 236 à 241 :

Le sentiment du beau et du laid semble précéder l’activité artistique. Les hommes ont été sensibles à la beauté d’une fleur, d’un animal, d’un visage, d’un coucher de soleil avant qu’il existe de belles peintures ou de belles sculptures. Il existerait donc une beauté naturelle indépendamment de la beauté artistique. Quel est le critère de la beauté naturelle ? S’il s’agit d’un être vivant, sa « beauté » semble résulter de la parfaite adaptation de ses formes à ses fonctions. Voici plusieurs chevaux de course. Ceux que nous disons les plus beaux sont ceux dont les membres sont à la fois minces et puissants, dont les formes souples suggèrent le plis aisément la rapidité de la course. D’un façon plus générale, la beauté d’un être vivant semble liée à la jeunesse, à la santé, à l’exubérance vitale. Sans doute est-il plus difficile de donner le critère objectif de la beauté des êtres inanimés [] La beauté naturelle c’est donc que ce qui répond à un sentiment personnel, ce qui suscite la joie en nous. « Ce que nous appelons beau dans la nature, c’est avant tout l’être ou la chose avec qui nous sentons que nous formerions société avec le plus de bonheur. [Charles Lalo]

Et la beauté artistique? N’est-elle pas tout simplement l’image, l’expression de la beauté naturelle par des techniques humaines? « L’œil disait Léonard de Vinci, reçoit de la beauté peinte le même plaisir que de la beauté réelle » [Leonard de Vinci, Trattato de pittura, p. 23]. []

[] cette confusion entre beauté naturelle et beauté artistique n’est qu’un préjugé, le préjugé fondamental qu’il nous faut détruire avant d’être réellement introduit dans le domaine authentique de l’art.

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F. de Goya, Maja nue (fin du dix-huitième siècle)

[] la beauté artistique est autre chose que la beauté naturelle. [] Rodin n’a-t-il pas créé une œuvre admirable Celle qui fut Heaulmière avec pour thème une hideuse nudité de vieille femme usée par la débauche? Boileau, maître de l’esthétique classique, affirmait déjà: « il n’est pas de serpent, ni de monstre odieux Qui par l’art imité ne puisse plaire aux yeux ». []

[] l’art, dit Kant, « ce n’est pas «la représentation d’une belle chose mais la belle représentation d’une chose ». []

La vérité est que l’art n’est aucunement une imitation. L’imitation répond à d’autres besoins que les besoins artistiques. [] L’art est un autre monde que la nature. []

[…]

L’art, sous tous ses aspects, est une donc une transposition et non pas le reflet du réel. Il est la promotion, l’instauration d’un autre monde [].

Le monde regorge de beautés. Les diamants dans la gravelle, par exemple.

Extraits d’un article de Frédérique Doyon :

« Avec sa nouvelle pièce [Les mains dans la gravelle], Simon Boulerice rappelle aux enfants que la beauté est partout, même dans l’indigence. »

« Simon Boulerice puise dans ses souvenirs d’enfance pour aborder une réalité de l’ombre, la pauvreté, ou plutôt la perception parfois altérée qu’en ont les enfants. »

« J’avais surtout envie de parler de la perception de la pauvreté : quand on est enfant, on a souvent un regard biaisé sur les choses », dit celui qui, petit, se croyait riche avec sa maison et sa cour asphaltée, alors qu’« Isabelle vivait dans un logement avec sa mère avec une cour de gravelle que j’ai associée à la pauvreté. J’avais envie de rétablir la justice, alors j’ai inversé l’histoire ».

« Il y a une phrase de Vincent Van Gogh qui synthétise l’idée que j’ai envie de dire aux enfants : “Trouve beau tout ce que tu peux.”

Source : Frédérique Doyon, Des diamants dans la gravelle, Le Devoir, 15 avril 2013 –

http://www.ledevoir.com/culture/theatre/375715/des-diamants-dans-la-gravelle

Simon Boulerice est comédien-danseur et auteur. Les mains dans la gravelle, destinée aux enfants de 7 à 10 ans, mise en scène par Serge Marois, est présentée à la Maison Théâtre du 17 avril au 2 mai 2013 (c’est à Montréal).

Adresse de la Maison Théâtre : http://www.maisontheatre.com/fr/mains.php