La statue du chevalier de Lévis, à Lévis (Québec), et le mutisme de la Commission de la Capitale nationale du Québec

Une statue a été installée sur la Terrasse du Chevalier de Lévis au cours de l’été 2013. La Commission de la capitale nationale du Québec (CCNQ) et sa présidente, Mme Françoise Mercure, refusent, depuis le début de septembre 2013, de répondre au citoyen de Lévis qui leur a demandé de donner des raisons valables à la mention sur un panneau d’interprétation de l’existence d’un texte de Mme Claudia Mendez Ishii et de la Société d’histoire régionale de Lévis. Aujourd’hui, 23 janvier 2014, le citoyen dont la demande a été ignorée par la CCNQ invite la Caisse populaire Desjardins de Lévis, partenaire de la CCNQ, et le président de son conseil d’administration, M. René Bégin, à lui répondre à la place de la CCNQ. Après tout, s’il n’y a rien de mal à s’assurer qu’une personne ou une organisation ne déforme pas l’histoire par ses réalisations, il est tout aussi légitime de veiller à ce qu’elle ne véhicule pas des inexactitudes concernant le présent.

 

Lévis (Québec), le 23 janvier 2014

 

Monsieur René Bégin, CPA, CA, président

Conseil d’administration de la Caisse populaire Desjardins de Lévis

995, boulevard Alphonse-Desjardins
Lévis (Québec) , G6V 0M5

Adresse courriel : https://services.desjardins.com/formulaires/formcaisses.nsf/all/610EEAAFC9B75C4685257C69000C0B05?EditDocument&al=8541

 

Monsieur le président,

 

Le six septembre deux mille treize, il y a donc environ cent trente-cinq jours, j’ai envoyé à la Commission de la capitale nationale du Québec (CCNQ) et à sa présidente et directrice générale, Madame Françoise Mercure, un courriel concernant la Terrasse du Chevalier de Lévis, dans lequel je demandais ceci : « Comment la CCNQ a-t-elle pu en arriver à transmettre une inexactitude au moyen de l’une de ses réalisations, et de qui émane l’idée de mentionner l’existence du texte de Mme Claudia Mendez et de la Société d’histoire régionale de Lévis sur le panneau d’interprétation [installé sur la Terrasse du Chevalier de Lévis] : provient-elle de votre Commission, de la Ville de Lévis ou de la Caisse Desjardins de Lévis ?  » (Je reproduis ce courriel ci-dessous, que vous lirez à votre convenance, bien sûr, mais sans trop tarder, j’espère : il y a déjà 135 jours que je me suis adressé à la CCNQ la première fois.) La CCNQ ne m’a pas répondu. (J’ai relancé la CCNQ à la mi-octobre, en vain.)

 

Le très long mutisme de la CCNQ s’explique peut-être par l’incapacité de cette dernière de trouver des raisons valables à la mention sur un panneau d’interprétation de l’existence du texte de Mme Claudia Mendez et de la Société d’histoire régionale de Lévis. Comme la Caisse populaire Desjardins de Lévis a contribué à la réalisation de la Terrasse du Chevalier de Lévis, elle pourra peut-être m’apporter les réponses et les éclaircissements que j’attendais de la CCNQ; voilà pourquoi je vous écris aujourd’hui.

 

Si la CCNQ doit s’interdire de déformer l’histoire par ses réalisations, elle doit aussi éviter de véhiculer des inexactitudes concernant le présent. Comme vous êtes certainement d’accord avec moi, Monsieur Bégin, je ne doute pas que vous tâcherez de me répondre aussi bien que vous le pourrez.

 

Je vous prie, Monsieur le président, d’agréer mes salutations distinguées.

 

 

 

 

 

Roger Martel

Membre de plusieurs sociétés d’histoire du Québec

Membre de l’Ordre des traducteurs, terminologues et interprètes agréés du Québec de 1981 à 2007

 

72, rue Fraser, Lévis, G6V 3S3

 

 

Le présent courriel et la réponse attendue seront publiés dans le site web lepasseurdelacote.com.

 


COURRIEL ENVOYÉ LE 6 SEPTEMBRE 2013 À LA COMMISSION DE LA CAPITALE NATIONALE DU QUÉBEC ET À SA PRÉSIDENTE ET DIRECTRICE GÉNÉRALE, MADAME FRANÇOISE MERCURE :

 

 

Lévis, le 6 septembre 2013

 

Madame Françoise Mercure, présidente et directrice générale

Commission de la Capitale nationale du Québec

Édifice Hector-Fabre, 525, boul. René-Lévesque Est

Québec, G1R 5S9

Courriel : commission@capitale.gouv.qc.ca

 

Madame la présidente et directrice générale,

 

Je connais un certain nombre de réalisations de la Commission de la capitale nationale du Québec (CCNQ) : la Fresque de la Bibliothèque Lauréat-Vallière, située à Lévis, et la Fresque Desjardins de Lévis, par exemple.

 

La Fresque de la Bibliothèque Lauréat-Vallière « illustre plusieurs faits marquants de l’histoire de la région », peut-on lire au http://www.ruesprincipalessaintromuald.com/pages/fresque.html; elle est le « fruit d’une étroite collaboration de la Commission de la Capitale nationale (CCNQ) et de la Ville de Lévis », nous apprend la même source. Là où se trouve la Fresque de la Bibliothèque Lauréat-Vallière, la CCNQ et la Ville de Lévis n’ont pas cru bon de rappeler l’apport grandiose de Joseph-Edmond Roy, auteur de L’Histoire de la seigneurie de Lauzon (5 volumes, 2 300 pages plus de nombreux appendices), ni la contribution exceptionnelle de Roch Samson et de son équipe (Andrée Héroux, Diane Saint-Pierre, Martine Côté, Gaston Cadrin), auteurs de l’Histoire de Lévis-Lotbinière (812 pages), à la connaissance du passé de Lévis.

 

La Fresque Desjardins de Lévis a été « réalisée à l’initiative de la Commission de la capitale nationale du Québec », nous dit elle-même la Commission au http://www.capitale.gouv.qc.ca/medias/pdf/realisations/fresque-desjardins-levis.pdf. Elle « raconte en images les principaux épisodes de la riche histoire de Lévis et de ses grands personnages », dit encore la CCNQ (http://www.capitale.gouv.qc.ca/realisations/les-fresques/fresque-desjardins-de-levis.html). Là où se trouve la Fresque Desjardins de Lévis, la CCNQ et la Ville de Lévis n’ont pas cru bon de rappeler l’apport grandiose de Joseph-Edmond Roy, auteur de L’Histoire de la seigneurie de Lauzon (5 volumes, 2 300 pages plus de nombreux appendices), ni la contribution exceptionnelle de Roch Samson et de son équipe (Andrée Héroux, Diane Saint-Pierre, Martine Côté, Gaston Cadrin), auteurs de l’Histoire de Lévis-Lotbinière (812 pages), à la connaissance du passé de Lévis.

 

Je connais très bien une autre réalisation de la CCNQ : le monument François-Gaston de Lévis, installé sur la Terrasse du Chevalier de Lévis. On doit cette oeuvre à trois partenaires financiers : la Caisse Desjardins de Lévis (100 000 $ pour la fabrication de la statue et 10 000 $ pour son installation et l’aménagement paysager), la CCNQ et la Ville de Lévis (ces renseignements se trouvent dans la fiche technique du monument établie par la CCNQ et consultable au http://www.capitale.gouv.qc.ca/medias/projet/190_1_FicheTechnique_monumentLevis.pdf). La réalisation de la Terrasse se distingue des deux autres réalisations mentionnées ci-dessus par un trait qui n’est pas anodin : tandis que la CCNQ et la Ville de Lévis n’ont pas cru bon de rappeler l’apport d’historiens (j’ai dit historiens) à la connaissance du passé de Lévis sur les lieux où se trouvent la Fresque de la Bibliothèque Lauréat-Vallière et la Fresque Desjardins de Lévis, elles mettent en évidence, là où s’élève la statue de François-Gaston de Lévis, une amateure d’histoire (j’ai dit amateure d’histoire), Mme Claudia Mendez, auteure d’un texte de quatre pages consacré à la Terrasse de Lévis et basé presque uniquement sur des documents imprimés depuis longtemps (ce que je vais démontrer dans la présente).

 

Qu’a fait Mme Mendez pour mériter cette reconnaissance et cet honneur ? La CCNQ, la Caisse Desjardins de Lévis et la Ville de Lévis répondent à cette question sur un panneau d’interprétation installé sur la Terrasse : « Une recherche effectuée par Claudia Mendez et publiée par la Société d’histoire régionale de Lévis a permis de mieux connaître l’histoire de la Terrasse du Chevalier-de-Lévis. » Parlons-en de cette recherche. Je commencerai par une une mise en contexte.

 

Le 31 juillet 2013, le journal Le Soleil a publié un article sur Mme Claudia Mendez. J’ai réagi, j’ai écrit au quotidien, lequel a publié une version modifiée de ma lettre le 4 août (le journal n’a pas informé les lecteurs de la modification de ma lettre). Le 8 août, Le Soleil présente une réplique à ma lettre signée Claude Genest (M. Genest est un historien à l’emploi du Mouvement Desjardins, il a déjà siégé avec Mme Mendez au conseil d’administration de la Société d’histoire régionale de Lévis; M. Genest est aussi – Le Soleil ne l’a pas signalé aux lecteurs – le compagnon de vie de Mme Mendez). J’ai répliqué à M. Genest, mais Le Soleil a refusé de reproduire ma lettre.

 

Dans cette lettre non publiée par Le Soleil, je dis à M. Genest qu’il se trompe quand il affirme qu’un article de Mme Mendez portant sur la Terrasse de Lévis, publié en 2007 par la Société d’histoire régionale de Lévis dans le numéro 105 de sa revue (La Seigneurie de Lauzon), contient des « éléments inédits » sur la terrasse, et que ces éléments sont « substantiels ». Pour les lecteurs du Soleil, j’avais écrit ceci : « M. Claude Genest réplique à la lettre que j’ai écrite au sujet d’un texte de la chroniqueuse Mylène Moisan et que Le Soleil a publiée le 4 août 2013. Il fait une affirmation de première importance, que voici : l’article de Mme Claudia Mendez portant sur la Terrasse de Lévis, publié en 2007 par la Société d’histoire régionale de Lévis, contient des « éléments inédits » sur la terrasse, et ces éléments sont « substantiels ». Voyons voir. – Mme Mendez cite une vingtaine de sources de renseignements à la fin de son article. Les « Archives de la paroisse Saint-Joseph de Lévis, église Notre-Dame-de-la-Victoire (APSJNDV) » sont l’une de ces sources. Dans ces archives, Mme Mendez a trouvé un document concernant un concours paroissial dont parle M. Genest dans sa réplique; comme le résultat de ce concours « ne semble pas avoir eu de suite », écrit M. Genest, on peut soutenir que le document en question ne présente pas beaucoup d’intérêt. Mme Mendez cite un autre document des APSJNDV; il est signé Pierre-Georges Roy et s’intitule « La Terrasse de Lévis, Mémoire au curé Carrier ». Les passages de ce document que cite Mme Mendez se résument à ceci : la Terrasse de Lévis « est le plus bel ornement de notre ville », nombre de personnes « m’ont avoué qu’ils la trouvent très belle et même supérieure à la Terrasse Dufferin à plusieurs points de vue », le terrain sur lequel on l’a aménagée était « un ensemble de buttes, de trous et de rochers »; ces passages sont plutôt minces. Les autres sources de Mme Mendez, beaucoup plus nombreuses, sont des textes publiés dans des journaux ou périodiques (il y en a une quinzaine, auxquelles il faut ajouter un album souvenir publié à l’occasion du centenaire de Lévis). Comment M. Genest peut-il parler d’éléments inédits substantiels ? Je ne doute pas que M. Genest, formé en histoire, sache ce qu’est un élément ou un document inédit, mais il peut arriver qu’il l’oublie. Je rappelle que le mot « inédit » « s’emploie proprement pour désigner ce qui n’a point été imprimé, publié » (René Bailly, Dictionnaire des synonymes de la langue française, Larousse). »

 

Le 12 août 2013 j’ai inséré dans mon site web, lepasseurdelacote.com, un message que j’avais envoyé à Mme Mendez; voici ce message :

 

« Madame, Comme vous le savez, je conteste l’affirmation de certains selon laquelle vous auriez découvert des éléments d’information inédits sur la Terrasse Chevalier de Lévis. Un historien (M. Claude Genest, votre compagnon de vie, il n’est pas déplacé, ici, de le dire) est l’un de ceux qui diffusent cette affirmation. Malheureusement, M. Genest, comme l’autre source dont j’ai pris connaissance, ne donne aucun exemple d’élément d’information que l’on ne posséderait pas aujourd’hui sans votre travail. Comme vous aimeriez sans doute que l’on rende à César ce qui appartient à César, je vous demanderais de bien vouloir me dire quels sont les éléments d’information que vous avez été la première à découvrir, et que vous connaissez mieux que quiconque (si on ne vous en attribue pas la découverte faussement); je serais heureux de publier votre réponse dans mon site web (lepasseurdelacote.com). »

 

Le 12 août 2013, j’ai reçu la réponse de Mme Mendez; la voici intégralement :

 

J’ai bien reçu votre demande au sujet de mon article intitulé La terrasse de Lévis que vous avez publié (à titre de membre du comité du bulletin) dans le numéro 105 de La Seigneurie de Lauzon au printemps 2007.

 

Voici une liste brève des nouvelles informations que j’ai recueillies dans les archives de la paroisse Saint-Joseph de Lévis, église Notre-Dame-de-la-Victoire, ainsi que dans plusieurs journaux de la région publiés entre 1929 et 1963 :

 

– noms et rôles des personnes responsables de sa construction

– dates de construction

– main d’œuvre et organisation du travail

– budget, matériaux, délais et dimensions

– fonction de dépotoir municipal (1932-38)

– détails et circonstances du concours paroissial pour déterminer le nom de la terrasse en 1937

– photos inédites du chantier (Fonds Famille Joseph Lacombe).

 

Je vous conseille de relire l’article cela vous rafraîchira la mémoire et vous pourrez, par la même occasion, revoir vos magnifiques photos qui l’illustre si bien. En terminant, je vous remercie de l’intérêt soutenu que vous portez aux activités de la Société d’histoire régionale de Lévis et, à mon travail en particulier. C’est un plaisir de revoir mon article revenir dans l’actualité après six ans.

 

Voici ce que j’ai répondu à Mme Mendez :

 

« Dans mon message du 12 aout 2013 je vous ai dit ceci : « je conteste l’affirmation de certains selon laquelle vous auriez découvert des éléments d’information inédits sur la Terrasse Chevalier de Lévis ». Force m’est de constater que votre réponse confirme mon avancé. Vous écrivez en effet que vous avez recueilli des « informations nouvelles » dans « les archives de la paroisse Saint-Joseph de Lévis, église Notre-Dame-de-la-Victoire, ainsi que dans plusieurs journaux de la région publiés entre 1929 et 1963 ». Dans un texte que j’ai demandé au quotidien québécois Le Soleil de publier (ce qu’il a refusé de faire même si, à mon avis, il avait l’obligation morale d’acquiescer à ma demande), je démontre que les « informations nouvelles » dont vous parlez et que M. Claude Genest appelle « éléments inédits » ne sont pas des données inédites. Je reproduis ici une partie d’une lettre que j’ai transmise à M. Pierre-Paul Noreau, vice-président Information, journal Le Soleil, le 14 août 2013 » (cette lettre a été reproduite ci-dessus).

 

Le 29 août 2013, j’envoie ce message à M. Claude Genest :

 

« Je vous demanderais, Monsieur Genest, de bien vouloir dire aux Lévisiens quels sont les éléments d’information que Madame Claudia Mendez a été la première à découvrir et que vous appelez « éléments inédits substantiels »; je serais heureux de publier votre réponse dans mon site web (lepasseurdelacote.com). »

 

Le 2 septembre 2013, je reçois la réponse suivante de M. Genest :

 

J’ai bien reçu votre demande. Je suis heureux de constater que vous disposez de beaucoup de temps libre cet été. Nous n’avons pas tous ce privilège comme vous vous en doutez très certainement.

 

Pour ce qui est de l’objet de votre questionnement, je vous suggère de vous intéresser davantage à l’utilisation des sources historiques et au métier d’historien.

 

Pour moi, il ne fait aucun doute que le texte de Claudia Méndez que vous avez publié dans la Seigneurie de Lauzon en 2007, contient énormément d’informations nouvelles par rapport à l’historiographie antérieure. Ce débat est donc clos.

 

En terminant, je vous félicite pour votre site le passage de la côte. Je vous souhaite d’atteindre un lectorat éclairé.

 

 

Je dirai à M. Genest :

 

« Non, M. Genest, le texte de Madame Mendez ne contient pas d’éléments « inédits » « substantiels » concernant la Terrasse Chevalier de Lévis, contrairement à ce que vous écrivez. S’il en contenait, il est permis de supposer que vous vous seriez empressé de les énumérer dans votre réponse au lieu de battre en retraite en proclamant que « le débat est clos ». Comme la réponse de votre compagne datée du 12 août 2013, la vôtre confirme ce que j’avance : le texte de Madame Mendez ne contient pas d’ « éléments inédits » « substantiels ».

 

Considérant ce qui précède, Madame la présidente et directrice générale, je demanderais à la Commission de la capitale nationale du Québec de faire les actions requises pour que soit corrigé le panneau d’interprétation qu’elle a installé sur la Terrasse du Chevalier de Lévis en 2013 et qui contient la phrase suivante : « Une recherche effectuée par Claudia Mendez et publiée par la Société d’histoire régionale de Lévis a permis de mieux connaître l’histoire de la Terrasse-du-Chevalier-de-Lévis. » Vous conviendrez avec moi qu’il ne faut pas que la CCNQ manque à son devoir en véhiculant des exagérations, des inexactitudes, des mensonges. Il n’y a aucune raison pour que le nom de Mme Mendez et celui de la Société d’histoire régionale de Lévis figurent sur ce panneau, et qu’une recherche qui a abouti à un texte de quatre pages basé presque uniquement sur des documents imprimés depuis longtemps dans des journaux soit mise en évidence sur un panneau d’interprétation par la CCNQ, et la Ville de Lévis et la Caisse Desjardins de Lévis.

 

Il est évident que l’inexactitude dont il est question dans la présente est profitable à Mme Claudia Mendez, cofondatrice et copropriétaire d’une entreprise de visites touristiques oeuvrant à Lévis (son associée est Mme Manon Pelletier, qui a déjà siégé avec elle et avec M. Claude Genest au conseil d’administration de la Société d’histoire régionale de Lévis). Comment la CCNQ a-t-elle pu en arriver à transmettre une inexactitude au moyen de l’une de ses réalisations, et de qui émane l’idée de mentionner l’existence du texte de Mme Claudia Mendez et de la Société d’histoire régionale de Lévis sur le panneau d’interprétation : provient-elle de votre Commission, de la Ville de Lévis ou de la Caisse Desjardins de Lévis ? Il serait utile et intéressant, Madame Mercure, que vous nous éclaireriez.

 

Je vous prie, Madame la présidente et directrice générale, d’agréer l’assurance de mes sentiments les meilleurs.

 

 

Roger Martel

 

 

Post-scriptum

 

Je crois que personne ne s’objecterait à ce que le travail de Joseph-Edmond Roy, Roch Samson, Andrée Héroux, Diane Saint-Pierre, Martine Côté et Gaston Cadrin soit rappelé aux endroits où se trouvent la Fresque de la Bibliothèque Lauréat-Vallière et la Fresque Desjardins de Lévis.

 

La présente lettre et la réponse attendue seront publiées dans le site web lepasseurdelacote.com.

 

statue chevalier de Levis Terrrasse

Terrasse du Chevalier de Lévis, Lévis (Québec (Photo de Roger Martel, 2o13)


La Caisse populaire Desjardins de Lévis démontre par A + B que la démocratrie est une illusion au Mouvement Desjardins

LA CAISSE POPULAIRE DESJARDINS DE LÉVIS DÉMONTRE PAR A + B

QUE LA DÉMOCRATIE EST UNE ILLUSION AU MOUVEMENT DESJARDINS

Par Roger Martel (le Passeur de la Côte)

Selon le Conseil québécois de la coopération et de la mutualité (CQCM), la démocratie est l’une des « valeurs fondamentales des coopératives » (http://www.coopquebec.coop/fr/principes-cooperatifs.aspx). L’entreprise appelée Mouvement Desjardins dit être une coopérative et reposer sur des valeurs fondamentales ou piliers. (Quand un pilier d’un édifice ou d’une doctrine tombe, l’édifice ou la doctrine s’écroule, il ou elle ne fait pas que « s’appauvrir ».) Le Mouvement Desjardins dit encore : « Le principe d’un homme un vote, instauré par Alphonse Desjardins, est un des piliers de la doctrine démocratique de Desjardins. Mais au-delà du principe, ajoute le Mouvement Desjardins, le membre a besoin pour exercer pleinement ce droit, d’une information juste et pertinente et d’unesensibilisation certaine de son engagement envers la caisse. Car sans engagement, est-il besoin de le rappeler, il n’y a pas de participation possible; et sans participation, on assiste à un appauvrissement de la démocratie [note du Passeur de la Côte : l’auteur aurait dû dire que l’absence ou la pauvreté de la participation est incompatible avec la démocratie] » (Démocratie et participation, texte publié dans Ma caisse, Numéro spécial, septembre – octobre 1990, volume 27, numéro 5, p. 13). (Ma Caisse est une publication du Mouvement Desjardins.)

Voyons comment se vit la démocratie au Mouvement Desjardins.

 

Parlons de l’assemblée générale spéciale tenue par la Caisse populaire de Lévis en septembre 2012.

Cette assemblée portait sur une question importante : la fusion de deux caisses : la Caisse de Lévis et la Caisse de Bienville. Le Mouvement Desjardins avait appelé les membres des deux caisses à se réunir au même moment, mais séparément. Cent dix-neuf membres de la Caisse de Lévis ont voté; 119, avez-vous bien lu (et parmi eux, il y avait un nombre appréciable d’employés du Mouvement Desjardins). Or, la Caisse de Lévis compte plus de quarante quatre mille membres, plus de 44 000, vous avez bien lu. Calculons : MOINS DE LA MOITIÉ DE UN POUR CENT des membres de la Caisse de Lévis ont voté lors de l’assemblée générale spéciale de septembre 2012. Rappelez-vous ce que vous avez lu ci-dessus : « Le principe d’un homme un vote, instauré par Alphonse Desjardins, est un des piliers de la doctrine démocratique de Desjardins. […] sans participation, on assiste à un appauvrissement de la démocratie ».

 

Croyez-vous encore que le Mouvement Desjardins et les caisses populaires Desjardins sont des organisations démocratiques, comme l’a affirmé récemment le président actuel de la caisse populaire de Lévis, M. René Bégin ? Le prédécesseur de M. Bégin, M. Clément Samson, devrait vous dessiller les yeux. Lisez ce qu’il a écrit en 2009 :« La démocratie est l’EXERCICE du droit des membres de s’exprimer et de VOTER » (Clément Samson, Coopération à visage humain, texte paru dans le quotidien Le Soleil le 25 avril 2009). VOTER, dit M. Samson, VOTER.

Allons plus loin : étant donné que la démocratie est l’une des « valeurs fondamentales des coopératives », comme le dit le Conseil québécois de la coopération et de la mutualité (http://www.coopquebec.coop/fr/principes-cooperatifs.aspx), et que le Mouvement Desjardins ne peut pas prétendre reposer sur le principe de la démocratie parce que l’engagement et la participation de ses membres sont faibles, pour ne pas dire insignifiants, le Mouvement Desjardins ne peut pas prétendre être une coopérative.

 

La démonstration est claire.

Le Passeur de la Côte (Roger Martel), client de la Caisse populaire Desjardins de Lévis

Lévis (Québec)

 À propos de LA PAUVRETÉ EXTRÊME DE LA PARTICIPATION des clients du Mouvement Desjardins

 

Dans le livre Les Holdings coopératifs paru en 2001, on peut lire ceci : « Environ 140 000 personnes participent aux assemblées générales de leurs caisses (sur une possibilité d’environ cinq millions de personnes). » ( Les Holdings coopératifs, ouvrage réalisé sous la direction de Daniel Côté, Bruxelles, De Boeck Université, 1re édition, p. 323 )

 

Autre extrait du même livre : «  La participation des membres ne s’exprime que quasi essentiellement par l’assemblée générale. Le taux de participation est très faible, environ 1,5% du membership, malgré les efforts qui sont de plus en plus déployés en ce sens. Moins de 15 % des caisses consultent leurs membres sur divers sujets au moins une fois par année. » ( Les Holdings coopératifs, ouvrage réalisé sous la direction de Daniel Côté, Bruxelles, De Boeck Université, 1re édition, p. 324 ) (Les données sont basées sur une enquête menée auprès des caisses de la grande région de Montréal.)

 

LA PARTICIPATION ET L’ENGAGEMENT DES MEMBRES AUTREFOIS. Ils étaient faibles.

Extrait du livre In Whose Interest? Quebec’s Caisses Populaires 1900-1945 écrit par Ronald Rudin (alors professeur d’histoire à l’University Concordia) et publié par McGill – Queen’s University Press en 1990 

The caisses were established largely by the petite bourgeoisie, and there is considerable evidence that members of this class and other well-to-do citizens largely ran these co-operatives throughout the period up to the end of the Second World War. Members of the three bodies that ran each caisse – the conseil d’administration (board of directors), the commission de crédit (credit board) and the commission de surveillance – were elected annually by the members of the co-operative, with each casting one vote regardless of the number of shares in his possession. This structure was not always as democratic, however, as it appeared. At the very inception of many of the caisses, a slate of candidates, chosen in advance from the local élite, was put forward by the organizers, who also belonged to the petite bourgeoisie.

 

The organizers wanted respected members of he community to guide the caisse during the initial signing-up of members, but their methods effectively precluded spontaneous nominations from the floor. In practice, the list of possible administrators was short, since few members were competent to direct the affairs of a financial institution. This list was further narrowed by Desjardins’ insistence that the administrators be volunteers. […]

 

Once the caisse was off he ground, the initial administrators were normally re-elected, giving their standing in the community and their expertise in running the co-operative. Even if new candidates were put forward, they usually formed part of an official slate that rarely met with any opposition when presented to the members at the annual meeting. Attendance at this meeting was frequently poor : the leaders at St-Théophile du Lac announced in 1916 that « there would be surprises at the end of the annual assembly to attract members and to keep them at the meeting until the very end ». The problem of poor attendance had apparently not been resolved by the 1930s, as no more of than twenty-five of the roughly 125 members were present at the annual meeting in January 1936. Considering that the thirteen administrators were probably at the meeting, only 10 per cent of the total membership was in attendance […]. Even if more people had attended, it would have been their only involvement of the year. Under these circumstances, they were hardly going to challenge leaders of the community in public. Reflecting on this problem one inspector noted : ‘No one is going to stand up to nominate an opponent. » (p. 44-45)

 

( « Le travail de Rudin est […] novateur et présente des interprétations qui rompent avec l’historiographie officielle […] Son ouvrage est particulièrement significatif », écrit le professeur Paul-André Linteau du Département d’histoire de l’Université du Québec à Montréal.)

POURQUOI LA PARTICIPATION DES « SOCIÉTAIRES » DU MOUVEMENT DESJARDINS EST-ELLE INSIGNIFIANTE ?

La raison principale est probablement la suivante : aussi étonnant que cela paraisse, la majorité des « sociétaires » de Desjardins ne savent pas qu’ils sont membres d’une coopérative. Lisez ce qui suit.

En 1998, Laurent Laplante, journaliste et auteur québécois bien connu, a soutenu que « depuis quelque temps déjà, le mouvement coopératif québécois se préoccupe du nombre de ses membres plus que de leur formation, plus de ses résultats financiers que de l’adhésion des sociétaires à un ensemble de principes socioéconomiques. De la coopération, la plupart des coopérateurs en sont arrivés sans inquiétude tangible ni réaction des grands-prêtres du Mouvement, à ne connaître que ce qui l’apparente au système bancaire. On va dans une caisse comme dans une banque, on y ouvre un compte, on y dépose ou on y emprunte, on aime ou pas le service, on apprécie ou pas les heures d’ouverture, le service offert, l’emplacement choisi… On achète, il est vrai, une part sociale, mas comme on paie l’abonnement au Club Price [magasin Costco] ou à certains clubs vidéo. Et on ne cherche pas plus loin. Quand, avec des années de retard et de myopie paresseuse, le Mouvement Desjardins a enfin vérifié systématiquement ce que ses sociétaires savaient de la coopération, il en a pris pour son rhume. Non seulement les sociétaires ont étalé à qui mieux mieux leur ignorance totale de la coopération, mais ils ont confessé sans contrition ni ferme propos qu’ils demandent à une caisse la même chose qu’à une banque et qu’ils ont d’ailleurs des comptes à la fois dans une caisse et dans une banque. […] Le plus triste dans ces révélations est peut-être ce que révélèrent les sondages internes : la majorité des sociétaires des caisses populaires affirment haut et fort ne jamais avoir fait partie d’une coopérative… Venant d’un mouvement censément soucieux d’éducation, cela rend fier. » (Laurent Lapante, La Personne immédiate, Montréal, L’Hexagone, 1998, p. 127-128)

 

[ Laurent Laplante a été éditorialiste au quotidien montréalais Le Devoir et chroniqueur à la radio de Radio-canada. On lui doit plusieurs livres, dont Le Suicide (1985), L’Université – Questions et défis (1988), La Police et les valeurs démocratiques (1991), L’Information, un produit comme les autres ? (1992), L’Angle mort de la gestion (1995). ]

 

POURQUOI LE MOUVEMENT DESJARDINS DIT-IL ET RÉPÈTE-T-IL À SATIÉTÉ QU’IL EST UNE COOPÉRATIVE ? Vous trouverez peut-être la réponse dans le texte suivant :

 

« Les caisses populaires Desjardins n’ont de coopérative que le nom. […] Quand leurs dirigeants présentent leur institution à titre de coopérative, c’est simple, ils font preuve de dérision envers la population.

« Premièrement, les économistes de Desjardins […] tiennent un discours calqué sur celui des banques: réduction des dépenses gouvernementales, incluant la santé, l’éducation et la sécurité du revenu, mais accroissement des subventions aux entreprises, diminution radicale des impôts des entreprises et des nantis, allégement des lois sur le travail et sur l’environnement, remboursement de la dette, déficit zéro, etc. En passant, les caisses populaires Desjardins ne paient pratiquement pas d’impôt sur le revenu et de taxes sur le capital puisque le gouvernement les considère comme une coopérative en bonne et due forme. Quelle farce monumentale! » [Léo-Paul Lauzon, www.unites.uqam.ca/cese/pdf/chr_01_sept.pdf. M. Lauzon est professeur au département des sciences comptables de l’Université du Québec à Montréal, directeur du Laboratoire d’études socio-économiques depuis sa création en 1996, comptable agrée (C.A., 1er au Québec et 3e au Canada) et comptable en management accrédité (C.M.A., 1er au Canada), détenteur d’un doctorat en Sciences de Gestion de l’Université de Grenoble en France et d’une maîtrise en Administration des Affaires (M.B.A. Finance) des Hautes Études Commerciales de Montréal, auteur ou co-auteur de soixante-dix études et de près de vingt livres]

OPINIONS SUR LE MOUVEMENT DESJARDINS

« La coopération n’est digne de ce nom que si elle atteint à la fois la rentabilité et la démocratie, à la fois le mieux-être économique et la participation. Quand la coopération ne voit plus qu’un seul de ses objectifs, comme c’est le cas aujourd’hui chez Desjardins, elle reproduit servilement, paresseusement, gloutonnement, le modèle bancaire. »  (Laurent Laplante, Pauvre coopération !, 20 janvier 2000, http://www.cyberie.qc.ca/dixit/20000120.html)

« La vérité, c’est que le Mouvement Desjardins n’est plus un mouvement et que la coquille capitaliste qui le remplace achève de liquider la philosophie sociale du fondateur.

« Le pire, dans ce dérapage, c’est son hypocrisie. Comme si les relations publiques pouvaient tromper tout le monde indéfiniment à propos de tout. Comme s’il était possible de nier l’écart croissant entre le discours et les gestes. » (Laurent Laplante, Pauvre coopération !, 20 janvier 2000, http://www.cyberie.qc.ca/dixit/20000120.html)

« En fait, Claude Béland — président [du Mouvement Desjardins] de 1987 à 2000 — a affirmé au début du mois qu’il avait constaté l’émergence d’une philosophie plus près des banques au moment où les administrateurs et membres des conseils d’administration ont commencé à toucher une rémunération. «À ce moment, on a vu le bassin de candidats changer complètement. […] Des gens plus intéressés par l’argent, carriéristes, on les retrouve là. Alors, ce n’est pas étonnant que ça change la philosophie. […] On a introduit la semence de la cupidité et ça, c’est très mauvais», a dénoncé l’ancien président sur les ondes de RDI. «Ceci a beaucoup influencé les projets, qui visent des rendements maxima et à devenir aussi performants que les banques, etc.», a-t-il ajouté. » (Alexandre Shields , Le Devoir, 29 avril 201???, http://www.ledevoir.com/economie/actualites-economiques/322147/les-critiques-de-claude-beland

 

« Les caisses populaires Desjardins n’ont de coopérative que le nom. Elles sont mêmes pires que les banques parce qu’elles sont plus hypocrites et toutes aussi profiteuses. Quand leurs dirigeants présentent leur institution à titre de coopérative, c’est simple, ils font preuve de dérision envers la population.

« Premièrement, les économistes de Desjardins […] tiennent un discours calqué sur celui des banques: réduction des dépenses gouvernementales, incluant la santé, l’éducation et la sécurité du revenu, mais accroissement des subventions aux entreprises, diminution radicale des impôts des entreprises et des nantis, allégement des lois sur le travail et sur l’environnement, remboursement de la dette, déficit zéro, etc. En passant, les caisses populaires Desjardins ne paient pratiquement pas d’impôt sur le revenu et de taxes sur le capital puisque le gouvernement les considère comme une coopérative en bonne et due forme. Quelle farce monumentale! » – Léo-Paul Lauzon, comptable agréé, professeur au département des sciences comptables de l’Université du Québec à Montréal, directeur du Laboratoire d’études socio-économiques depuis sa création en 1996, comptable agrée (C.A., 1er au Québec et 3e au Canada) et comptable en management accrédité (C.M.A., 1er au Canada), détenteur d’un doctorat en Sciences de Gestion de l’Université de Grenoble en France et d’une maîtrise en Administration des Affaires (M.B.A. Finance) des Hautes Études Commerciales de Montréal, auteur ou co-auteur de soixante-dix études et de près de vingt livres.


Entre parenthèses :

[À ceux qui prient, M. Claude Béland, ancien président du Mouvement Desjardins, propose une nouvelle prière : le matin :] « Ce que je ferai aujourd’hui contribuera-t-il à créer un monde meilleur? » [Le soir :] « Ce que j’ai fait aujourd’hui a-t-il contribué à créer un monde meilleur? » (Claude Béland, Plaidoyer pour une économie solidaire, Montréal, Médiaspaul, © 2009, p. 123)




 

VIENNE LE MOUVEMENT DE REFONDATION ET DE MORALISATION DU MOUVEMENT DESJARDINS !