La Caisse populaire Desjardins de Lévis démontre par A + B que la démocratrie est une illusion au Mouvement Desjardins

LA CAISSE POPULAIRE DESJARDINS DE LÉVIS DÉMONTRE PAR A + B

QUE LA DÉMOCRATIE EST UNE ILLUSION AU MOUVEMENT DESJARDINS

Par Roger Martel (le Passeur de la Côte)

Selon le Conseil québécois de la coopération et de la mutualité (CQCM), la démocratie est l’une des « valeurs fondamentales des coopératives » (http://www.coopquebec.coop/fr/principes-cooperatifs.aspx). L’entreprise appelée Mouvement Desjardins dit être une coopérative et reposer sur des valeurs fondamentales ou piliers. (Quand un pilier d’un édifice ou d’une doctrine tombe, l’édifice ou la doctrine s’écroule, il ou elle ne fait pas que « s’appauvrir ».) Le Mouvement Desjardins dit encore : « Le principe d’un homme un vote, instauré par Alphonse Desjardins, est un des piliers de la doctrine démocratique de Desjardins. Mais au-delà du principe, ajoute le Mouvement Desjardins, le membre a besoin pour exercer pleinement ce droit, d’une information juste et pertinente et d’unesensibilisation certaine de son engagement envers la caisse. Car sans engagement, est-il besoin de le rappeler, il n’y a pas de participation possible; et sans participation, on assiste à un appauvrissement de la démocratie [note du Passeur de la Côte : l’auteur aurait dû dire que l’absence ou la pauvreté de la participation est incompatible avec la démocratie] » (Démocratie et participation, texte publié dans Ma caisse, Numéro spécial, septembre – octobre 1990, volume 27, numéro 5, p. 13). (Ma Caisse est une publication du Mouvement Desjardins.)

Voyons comment se vit la démocratie au Mouvement Desjardins.

 

Parlons de l’assemblée générale spéciale tenue par la Caisse populaire de Lévis en septembre 2012.

Cette assemblée portait sur une question importante : la fusion de deux caisses : la Caisse de Lévis et la Caisse de Bienville. Le Mouvement Desjardins avait appelé les membres des deux caisses à se réunir au même moment, mais séparément. Cent dix-neuf membres de la Caisse de Lévis ont voté; 119, avez-vous bien lu (et parmi eux, il y avait un nombre appréciable d’employés du Mouvement Desjardins). Or, la Caisse de Lévis compte plus de quarante quatre mille membres, plus de 44 000, vous avez bien lu. Calculons : MOINS DE LA MOITIÉ DE UN POUR CENT des membres de la Caisse de Lévis ont voté lors de l’assemblée générale spéciale de septembre 2012. Rappelez-vous ce que vous avez lu ci-dessus : « Le principe d’un homme un vote, instauré par Alphonse Desjardins, est un des piliers de la doctrine démocratique de Desjardins. […] sans participation, on assiste à un appauvrissement de la démocratie ».

 

Croyez-vous encore que le Mouvement Desjardins et les caisses populaires Desjardins sont des organisations démocratiques, comme l’a affirmé récemment le président actuel de la caisse populaire de Lévis, M. René Bégin ? Le prédécesseur de M. Bégin, M. Clément Samson, devrait vous dessiller les yeux. Lisez ce qu’il a écrit en 2009 :« La démocratie est l’EXERCICE du droit des membres de s’exprimer et de VOTER » (Clément Samson, Coopération à visage humain, texte paru dans le quotidien Le Soleil le 25 avril 2009). VOTER, dit M. Samson, VOTER.

Allons plus loin : étant donné que la démocratie est l’une des « valeurs fondamentales des coopératives », comme le dit le Conseil québécois de la coopération et de la mutualité (http://www.coopquebec.coop/fr/principes-cooperatifs.aspx), et que le Mouvement Desjardins ne peut pas prétendre reposer sur le principe de la démocratie parce que l’engagement et la participation de ses membres sont faibles, pour ne pas dire insignifiants, le Mouvement Desjardins ne peut pas prétendre être une coopérative.

 

La démonstration est claire.

Le Passeur de la Côte (Roger Martel), client de la Caisse populaire Desjardins de Lévis

Lévis (Québec)

 À propos de LA PAUVRETÉ EXTRÊME DE LA PARTICIPATION des clients du Mouvement Desjardins

 

Dans le livre Les Holdings coopératifs paru en 2001, on peut lire ceci : « Environ 140 000 personnes participent aux assemblées générales de leurs caisses (sur une possibilité d’environ cinq millions de personnes). » ( Les Holdings coopératifs, ouvrage réalisé sous la direction de Daniel Côté, Bruxelles, De Boeck Université, 1re édition, p. 323 )

 

Autre extrait du même livre : «  La participation des membres ne s’exprime que quasi essentiellement par l’assemblée générale. Le taux de participation est très faible, environ 1,5% du membership, malgré les efforts qui sont de plus en plus déployés en ce sens. Moins de 15 % des caisses consultent leurs membres sur divers sujets au moins une fois par année. » ( Les Holdings coopératifs, ouvrage réalisé sous la direction de Daniel Côté, Bruxelles, De Boeck Université, 1re édition, p. 324 ) (Les données sont basées sur une enquête menée auprès des caisses de la grande région de Montréal.)

 

LA PARTICIPATION ET L’ENGAGEMENT DES MEMBRES AUTREFOIS. Ils étaient faibles.

Extrait du livre In Whose Interest? Quebec’s Caisses Populaires 1900-1945 écrit par Ronald Rudin (alors professeur d’histoire à l’University Concordia) et publié par McGill – Queen’s University Press en 1990 

The caisses were established largely by the petite bourgeoisie, and there is considerable evidence that members of this class and other well-to-do citizens largely ran these co-operatives throughout the period up to the end of the Second World War. Members of the three bodies that ran each caisse – the conseil d’administration (board of directors), the commission de crédit (credit board) and the commission de surveillance – were elected annually by the members of the co-operative, with each casting one vote regardless of the number of shares in his possession. This structure was not always as democratic, however, as it appeared. At the very inception of many of the caisses, a slate of candidates, chosen in advance from the local élite, was put forward by the organizers, who also belonged to the petite bourgeoisie.

 

The organizers wanted respected members of he community to guide the caisse during the initial signing-up of members, but their methods effectively precluded spontaneous nominations from the floor. In practice, the list of possible administrators was short, since few members were competent to direct the affairs of a financial institution. This list was further narrowed by Desjardins’ insistence that the administrators be volunteers. […]

 

Once the caisse was off he ground, the initial administrators were normally re-elected, giving their standing in the community and their expertise in running the co-operative. Even if new candidates were put forward, they usually formed part of an official slate that rarely met with any opposition when presented to the members at the annual meeting. Attendance at this meeting was frequently poor : the leaders at St-Théophile du Lac announced in 1916 that « there would be surprises at the end of the annual assembly to attract members and to keep them at the meeting until the very end ». The problem of poor attendance had apparently not been resolved by the 1930s, as no more of than twenty-five of the roughly 125 members were present at the annual meeting in January 1936. Considering that the thirteen administrators were probably at the meeting, only 10 per cent of the total membership was in attendance […]. Even if more people had attended, it would have been their only involvement of the year. Under these circumstances, they were hardly going to challenge leaders of the community in public. Reflecting on this problem one inspector noted : ‘No one is going to stand up to nominate an opponent. » (p. 44-45)

 

( « Le travail de Rudin est […] novateur et présente des interprétations qui rompent avec l’historiographie officielle […] Son ouvrage est particulièrement significatif », écrit le professeur Paul-André Linteau du Département d’histoire de l’Université du Québec à Montréal.)

POURQUOI LA PARTICIPATION DES « SOCIÉTAIRES » DU MOUVEMENT DESJARDINS EST-ELLE INSIGNIFIANTE ?

La raison principale est probablement la suivante : aussi étonnant que cela paraisse, la majorité des « sociétaires » de Desjardins ne savent pas qu’ils sont membres d’une coopérative. Lisez ce qui suit.

En 1998, Laurent Laplante, journaliste et auteur québécois bien connu, a soutenu que « depuis quelque temps déjà, le mouvement coopératif québécois se préoccupe du nombre de ses membres plus que de leur formation, plus de ses résultats financiers que de l’adhésion des sociétaires à un ensemble de principes socioéconomiques. De la coopération, la plupart des coopérateurs en sont arrivés sans inquiétude tangible ni réaction des grands-prêtres du Mouvement, à ne connaître que ce qui l’apparente au système bancaire. On va dans une caisse comme dans une banque, on y ouvre un compte, on y dépose ou on y emprunte, on aime ou pas le service, on apprécie ou pas les heures d’ouverture, le service offert, l’emplacement choisi… On achète, il est vrai, une part sociale, mas comme on paie l’abonnement au Club Price [magasin Costco] ou à certains clubs vidéo. Et on ne cherche pas plus loin. Quand, avec des années de retard et de myopie paresseuse, le Mouvement Desjardins a enfin vérifié systématiquement ce que ses sociétaires savaient de la coopération, il en a pris pour son rhume. Non seulement les sociétaires ont étalé à qui mieux mieux leur ignorance totale de la coopération, mais ils ont confessé sans contrition ni ferme propos qu’ils demandent à une caisse la même chose qu’à une banque et qu’ils ont d’ailleurs des comptes à la fois dans une caisse et dans une banque. […] Le plus triste dans ces révélations est peut-être ce que révélèrent les sondages internes : la majorité des sociétaires des caisses populaires affirment haut et fort ne jamais avoir fait partie d’une coopérative… Venant d’un mouvement censément soucieux d’éducation, cela rend fier. » (Laurent Lapante, La Personne immédiate, Montréal, L’Hexagone, 1998, p. 127-128)

 

[ Laurent Laplante a été éditorialiste au quotidien montréalais Le Devoir et chroniqueur à la radio de Radio-canada. On lui doit plusieurs livres, dont Le Suicide (1985), L’Université – Questions et défis (1988), La Police et les valeurs démocratiques (1991), L’Information, un produit comme les autres ? (1992), L’Angle mort de la gestion (1995). ]

 

POURQUOI LE MOUVEMENT DESJARDINS DIT-IL ET RÉPÈTE-T-IL À SATIÉTÉ QU’IL EST UNE COOPÉRATIVE ? Vous trouverez peut-être la réponse dans le texte suivant :

 

« Les caisses populaires Desjardins n’ont de coopérative que le nom. […] Quand leurs dirigeants présentent leur institution à titre de coopérative, c’est simple, ils font preuve de dérision envers la population.

« Premièrement, les économistes de Desjardins […] tiennent un discours calqué sur celui des banques: réduction des dépenses gouvernementales, incluant la santé, l’éducation et la sécurité du revenu, mais accroissement des subventions aux entreprises, diminution radicale des impôts des entreprises et des nantis, allégement des lois sur le travail et sur l’environnement, remboursement de la dette, déficit zéro, etc. En passant, les caisses populaires Desjardins ne paient pratiquement pas d’impôt sur le revenu et de taxes sur le capital puisque le gouvernement les considère comme une coopérative en bonne et due forme. Quelle farce monumentale! » [Léo-Paul Lauzon, www.unites.uqam.ca/cese/pdf/chr_01_sept.pdf. M. Lauzon est professeur au département des sciences comptables de l’Université du Québec à Montréal, directeur du Laboratoire d’études socio-économiques depuis sa création en 1996, comptable agrée (C.A., 1er au Québec et 3e au Canada) et comptable en management accrédité (C.M.A., 1er au Canada), détenteur d’un doctorat en Sciences de Gestion de l’Université de Grenoble en France et d’une maîtrise en Administration des Affaires (M.B.A. Finance) des Hautes Études Commerciales de Montréal, auteur ou co-auteur de soixante-dix études et de près de vingt livres]

OPINIONS SUR LE MOUVEMENT DESJARDINS

« La coopération n’est digne de ce nom que si elle atteint à la fois la rentabilité et la démocratie, à la fois le mieux-être économique et la participation. Quand la coopération ne voit plus qu’un seul de ses objectifs, comme c’est le cas aujourd’hui chez Desjardins, elle reproduit servilement, paresseusement, gloutonnement, le modèle bancaire. »  (Laurent Laplante, Pauvre coopération !, 20 janvier 2000, http://www.cyberie.qc.ca/dixit/20000120.html)

« La vérité, c’est que le Mouvement Desjardins n’est plus un mouvement et que la coquille capitaliste qui le remplace achève de liquider la philosophie sociale du fondateur.

« Le pire, dans ce dérapage, c’est son hypocrisie. Comme si les relations publiques pouvaient tromper tout le monde indéfiniment à propos de tout. Comme s’il était possible de nier l’écart croissant entre le discours et les gestes. » (Laurent Laplante, Pauvre coopération !, 20 janvier 2000, http://www.cyberie.qc.ca/dixit/20000120.html)

« En fait, Claude Béland — président [du Mouvement Desjardins] de 1987 à 2000 — a affirmé au début du mois qu’il avait constaté l’émergence d’une philosophie plus près des banques au moment où les administrateurs et membres des conseils d’administration ont commencé à toucher une rémunération. «À ce moment, on a vu le bassin de candidats changer complètement. […] Des gens plus intéressés par l’argent, carriéristes, on les retrouve là. Alors, ce n’est pas étonnant que ça change la philosophie. […] On a introduit la semence de la cupidité et ça, c’est très mauvais», a dénoncé l’ancien président sur les ondes de RDI. «Ceci a beaucoup influencé les projets, qui visent des rendements maxima et à devenir aussi performants que les banques, etc.», a-t-il ajouté. » (Alexandre Shields , Le Devoir, 29 avril 201???, http://www.ledevoir.com/economie/actualites-economiques/322147/les-critiques-de-claude-beland

 

« Les caisses populaires Desjardins n’ont de coopérative que le nom. Elles sont mêmes pires que les banques parce qu’elles sont plus hypocrites et toutes aussi profiteuses. Quand leurs dirigeants présentent leur institution à titre de coopérative, c’est simple, ils font preuve de dérision envers la population.

« Premièrement, les économistes de Desjardins […] tiennent un discours calqué sur celui des banques: réduction des dépenses gouvernementales, incluant la santé, l’éducation et la sécurité du revenu, mais accroissement des subventions aux entreprises, diminution radicale des impôts des entreprises et des nantis, allégement des lois sur le travail et sur l’environnement, remboursement de la dette, déficit zéro, etc. En passant, les caisses populaires Desjardins ne paient pratiquement pas d’impôt sur le revenu et de taxes sur le capital puisque le gouvernement les considère comme une coopérative en bonne et due forme. Quelle farce monumentale! » – Léo-Paul Lauzon, comptable agréé, professeur au département des sciences comptables de l’Université du Québec à Montréal, directeur du Laboratoire d’études socio-économiques depuis sa création en 1996, comptable agrée (C.A., 1er au Québec et 3e au Canada) et comptable en management accrédité (C.M.A., 1er au Canada), détenteur d’un doctorat en Sciences de Gestion de l’Université de Grenoble en France et d’une maîtrise en Administration des Affaires (M.B.A. Finance) des Hautes Études Commerciales de Montréal, auteur ou co-auteur de soixante-dix études et de près de vingt livres.


Entre parenthèses :

[À ceux qui prient, M. Claude Béland, ancien président du Mouvement Desjardins, propose une nouvelle prière : le matin :] « Ce que je ferai aujourd’hui contribuera-t-il à créer un monde meilleur? » [Le soir :] « Ce que j’ai fait aujourd’hui a-t-il contribué à créer un monde meilleur? » (Claude Béland, Plaidoyer pour une économie solidaire, Montréal, Médiaspaul, © 2009, p. 123)




 

VIENNE LE MOUVEMENT DE REFONDATION ET DE MORALISATION DU MOUVEMENT DESJARDINS !