Les silencieux défectueux de Lévis. Aujourd’hui, le maire Gilles Lehouillier, l’opposition du gouvernement Charest à la création d’une commission d’enquête sur la construction et le silence du député Gilles Lehouillier.

(Nous sommes le 25 septembre 2017; le maire de Lévis, M. Gilles Lehouillier, n’a pas réagi publiquement au texte publié ci-dessous.)

22 NOVEMBRE 2016

LE PASSEUR DE LA CÔTE

Nathalie Normandeau, Gilles Lehouillier et Jean Charest, à l’époque… Comment qualifier cette époque?

Il arrive à Nathalie Normandeau, ex-vice-première ministre sous Jean Charest, de dire des choses qu’il vaut la peine de répéter. Le 6 septembre 2016, elle a déclaré :

« Philippe Couillard, lorsque je l’écoute parler, on dirait que pour lui, il y a deux Parti libéral du Québec. Mais ce qu’il oublie, c’est qu’il n’y a qu’un seul Parti libéral du Québec, a-t-elle insisté. C’est comme si Philippe Couillard essayait de nier, de mettre sous le tapis tout ce qui s’était passé avant qu’il devienne chef du Parti libéral du Québec. Mais il ne faut pas oublier que Philippe Couillard a fait partie d’un gouvernement où j’étais à l’époque, et il était ministre de la Santé. »*

À l’époque où elle faisait partie du gouvernement, Nathalie Normandeau avait aussi pour compagnons de travail Jean Charest, chef du Parti libéral du Québec, et Gilles Lehouillier, député libéral de la circonscription de Lévis.

M. Charest, M. Lehouillier et la plupart des autres députés libéraux se sont opposés pendant environ deux ans et demi à la création d’une commission d’enquête sur la construction (qui a entendu Gilles Lehouillier s’opposer à Jean Charest?)

« À l’Assemblée nationale, les libéraux ont voté 11 fois contre des motions réclamant qu’une commission d’enquête soit mandatée. »**

En mars 2016, Nathalie Normandeau a été accusée de sept chefs de complot, de corruption, d’abus de confiance et de fraude. (Il est important de rappeler que Mme Normandeau n’a pas été déclarée coupable de quoi que ce soit. Elle devrait se présenter en cour plus tard en 2017.

Roger Martel, citoyen de Lévis

*source : http://www.ledevoir.com/politique/quebec/479368/nathalie-normandeau-l-upac-m-a-declare-la-guerre?utm_source=feedburner&utm_medium=feed&utm_campaign=Feed%3A+fluxdudevoir+(Le+fil+de+presse+du+Devoirvu le 07-09-2016

** (http://ici.radio-canada.ca/sujet/elections-quebec-2014/2014/03/23/011-plq-commission-charbonneau-charest.shtml vu le 07-09-2016).

 

« Afin de se doter d’un Québec plus éthique et intègre, il appartient désormais aux Québécois de s’impliquer activement, notamment en dénonçant toute tentative de corruption et de collusion, et toute irrégularité liée à l’éthique. »

 

« Afin de se doter d’un Québec plus éthique et intègre, il appartient désormais aux Québécois de s’impliquer activement, notamment en dénonçant toute tentative de corruption et de collusion, et toute irrégularité liée à l’éthique. »

(Rapport final de la Commission d’enquête sur l’octroi et la gestion des contrats publics dans l’industrie de la construction [Commission Charbonneau], novembre 2015, https://www.ceic.gouv.qc.ca/fileadmin/Fichiers_client/fichiers/Rapport_final/Rapport_final_CEIC_Integral_c.pdf )

Au royaume de Roche. – Dans Charlevoix-Est, des hommages pour Marc-Yvan Côté, des cadeaux aux maires…

Source : Le Devoir, 20 avril 2016, http://www.ledevoir.com/politique/quebec/468572/au-royaume-de-roche

[La firme de génie-conseil Roche devient «Norda Stelo». Elle s’ajoute ainsi aux entreprises rebaptisées après la commission Charbonneau (source : http://www.journaldemontreal.com/2015/12/14/roche-groupe-conseil-devient-norda-stelo-1)

LIBRE OPINION

Au royaume de Roche

Le Devoir, 20 avril 2016

Par Serge Gauthier – Président de la Société d’histoire de Charlevoix

Savez-vous qu’en 2008, la MRC de Charlevoix-Est décernait le titre de « parrain de la MRC » à Marc-Yvan Côté ? En 2011, j’ai conservé une photo sur laquelle se trouve notamment le préfet de la MRC remettant un tableau pour services rendus à… Marc-Yvan Côté. Ce dernier, qui n’était plus un élu, travaillait alors pour Roche et associés et il recevait des hommages parce qu’il « avait été à l’origine de tous les projets de développements de la MRC des dernières années ». Un parrain ? On aurait au moins pu utiliser un autre titre d’honneur !

Il est vrai que Roche et associés est née dans Charlevoix. Ce fut longtemps un fleuron de notre économie régionale, qui n’a jamais quitté Charlevoix en fait. Et l’on en était fier. Une connaissance me disait que son père, quelque peu engagé en politique alors, dénonçait déjà les pratiques de Roche durant les années 1960. Sans doute s’est-il senti bien seul. À ce moment, Roche obtenait presque tous les contrats municipaux dans Charlevoix et personne ne s’en offusquait. Et cela a perduré jusqu’à nos jours. Pas étonnant qu’un chroniqueur de Radio-Canada constatait encore il y a quelque temps que dans Charlevoix, l’influence de Roche a toujours été présente.

Durant la décennie 1990, alors que l’organisme pour lequel je travaillais logeait dans le sous-sol miteux de la MRC de Charlevoix, nos bureaux côtoyaient alors la salle de la réunion de la MRC et je discutais quelquefois avec la secrétaire de cet organisme. Ce jour-là, quelque part en décembre, elle me paraissait radieuse et je lui demandais pourquoi. Elle me dit avec un sourire aux lèvres : « Ce soir, à la réunion, les maires vont être de bonne humeur… car demain c’est le party de Roche où ils sont invités. » Elle me dit ensuite que c’était « un gros party » fort bien arrosé et que c’était un événement marquant dans l’année. Aujourd’hui encore, je ne peux oublier cette révélation.

Depuis, il y a eu bien des voyages de pêche offerts aux maires, bien des contrats accordés, bien des élections où l’influence occulte des firmes se fit sentir. Dans une réunion mondaine, j’ai vu une épouse de maire se promener avec un parapluie de Roche en vantant la compagnie… et quoi d’autre encore. Dans une région au caractère géographique accidenté, les contrats sont nombreux et exigeants. Nous avons ainsi une côte des Éboulements bien rénovée, mais la route nationale (138) possède encore deux voies comme à l’époque de Duplessis sur une longue section entre Baie-Saint-Paul et La Malbaie. Pourquoi ? La côte des Éboulements c’était bien plus lucratif… Je l’ai dénoncé à l’époque, et que de pressions j’ai subies : lettres de menaces anonymes, appels agressants de maires, harcèlement de policiers !

Faut-il donc se taire ? Moi aussi, j’ai été fier de Roche et associés. Et il y a bien d’autres firmes pas mieux intentionnées, elles aussi tournées vers le profit et les sombres calculs. Et dans bien des contrats, on pourrait trouver la trace de ces influences. Plusieurs furent dans l’actualité, le dossier de l’alimentation en eau de Saint-Irénée par exemple. Mais tout cela ne change vraiment jamais totalement. Ça revient. Il y a « un petit peu de nous autres là-dedans ». Il est vrai que Roche et associés est issue de l’histoire de Charlevoix. Marc-Yvan Côté est-il encore le « parrain de notre MRC » ? Qui sait ? Ne faudrait-il pas reconnaître publiquement que cela fut une erreur ? Rien ne vient. Aucun remords, aucun changement. Une montagne de Charlevoix en l’honneur de Marc-Yvan Côté un jour ?

J’ai honte juste à penser que deux accusés sur huit de l’UPAC proviennent de Charlevoix. Mais je crains que nous ne sachions trop comment changer tout cela, et je sais bien que je subirai à nouveau des représailles si jamais cette lettre paraissait quelque part.

La Commission Charbonneau : pas d’chance, Renaud! Votre désaccord ne passe pas comme une enveloppe brune…

Lévis, le 26 novembre 2015

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Le Devoir, 26 novembre 2015, page A3

merci_Karine Otis PLQ_

La députée libérale Karine Otis exprime ses remerciements ce matin dans le site web du Parli libéral du Québec. Sa satisfaction est aussi grande que son sourire.

Le ministre Sam Hamad est aussi heureux que Madame Otis, mais il a un gros problème sur les épaules : il est déçu par la Commission des relations du travail. La solution, je l’ai : que son gouvernement remplace le président de la Commission par Renaud Lachance!

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Le Soleil (le seul quotidien de Québec avec Le Journal de Québec), 26 novembre 2015, une page

Le bureau du ministre Hamad vient tout juste de m’appeler… M. Hamad a un autre plan pour M. Renaud Lachance, une autre mission, plus digne de M. Lachance.

Récemment, beaucoup de Québécoises et de Québécois ont appris que l’honorable Hamad possède dans ses veines 5 à 6 litres de sang syrien. M. Hamad est en effet un ancien citoyen de la Syrie qui embouche une sourdine quand il doit dire qu’il est né en Syrie (on se demande pourquoi!). Changement de propos,  M. Hamad est aussi un ancien travailleur de la firme d’ingénieurs Roche (bien connue à Lévis), il est membre du Parti libéral du Québec, il est  l’un des ministres de M. Philippe Couillard. Surtout, M. Hamad aurait recommandé ce matin au président de la République arabe syrienne, M. Bachar el-Assad, de nommer M. Renaud Lachance président de la commission qu’il a mis sur pied pour enquêter sur ses prétendus crimes de guerre. M. Hamad aurait exploité la qualité du travail de M. Lachance au sein de la Commission d’enquête sur l’octroi et la gestion des contrats publics dans l’industrie de la construction (Commission Charbonneau ou CEIC) pour arracher à M. El-Assad la nomination de M. Lachance. Je pourrai vous en dire plus à ce sujet qand j’aurai joint mon correspondant de guerre.

Roger Martel, le Passeur de la Côte, citoyen de Lévis (Québec)

Politique et société au Québec – La Commission Charbonneau doit interroger les chefs des partis politiques sans mettre de gants blancs.

 Dit en juin 2014

Source : Le Soleil, 17 juin 2014, http://www.lapresse.ca/le-droit/chroniqueurs/gilbert-lavoie/201406/17/01-4776448-au-tour-des-generaux.php vu le 22 juin 2014

Au tour des généraux!

Par Gilbert Lavoie

EXTRAITS

Les audiences publiques de la commission Charbonneau tirent à leur fin. […]

Mais la question qui se pose, à la veille de la clôture de ces audiences publiques, est la suivante: après avoir écorché des politiciens du passé ou de moindre importance, tels Guy Chevrette et Julie Boulet, les commissaires Charbonneau et Lachance profiteront-ils des derniers jours pour demander des comptes aux patrons. Après avoir «brûlé» les soldats, il serait gênant de ne pas faire venir les généraux…

Le financement des partis politiques par l’entremise de prête-noms, confirmé la semaine dernière par Marc-Yvan Côté, était connu depuis près de deux décennies. Il est impossible que les chefs des partis politiques aient été à ce point ignorants de la situation. […]

Ceux à qui la commission Charbonneau devrait maintenant demander des comptes, ce sont les chefs des partis politiques qui ont toléré ou fermé les yeux sur ces gestes illégaux, sous prétexte que tout le monde le faisait. Puisque le mandat de la Commission remonte jusqu’à 1996, on parle donc, dans l’ordre, de Lucien Bouchard, Bernard Landry, André Boisclair, Pauline Marois et Jean Charest. On parle aussi de Mario Dumont pour l’ADQ et de François Legault pour la CAQ. Il serait également utile d’entendre le directeur des élections de l’époque pour comprendre pourquoi il n’a pas brassé la cage pour ramener tout le monde à l’ordre. […]

On sait déjà que les enquêteurs de la commission Charbonneau ont rencontré les chefs des partis politiques en privé. On ignore ce qu’ils ont dit, mais on peut présumer que la plupart ont nié avoir été informés. Cette version des faits n’est pas crédible. Un souci de l’équité devrait amener la Commission, s’il n’est pas trop tard, à forcer tout ce beau monde à s’expliquer dans le cadre des audiences publiques.

À défaut de quoi, il me faudra citer un extrait bien connu des Animaux malades de la peste, de La Fontaine: «Selon que vous serez puissant ou misérable, les jugements de Cour vous rendront blanc ou noir».

……………

 

Dit en septembre 2011

 

Éthique d’affaires – Les escrocs respectables

Source : Le Devoir, 17 septembre 2011, http://www.ledevoir.com/politique/quebec/331624/ethique-d-affaires-les-escrocs-respectables vu le 22 juin 2014

EXTRAITS

Jean-Robert Sansfaçon

Malgré ce qu’en pense le premier ministre Charest, le rapport de l’Unité anticollusion confirme sans détour que la corruption, la fraude et le favoritisme sont érigés en système dans l’une des plus importantes industries du Québec. Les escrocs sont des ingénieurs, des entrepreneurs, des fonctionnaires et même des politiciens. Une élite qui refuse encore d’admettre qu’elle a dépassé les bornes en sacrifiant ses principes sur l’autel du pouvoir et de l’argent.

Impossible de croire que le premier ministre Jean Charest n’a pas lu le rapport de l’Unité anticollusion du ministère des Transports et qu’il s’est contenté des manchettes des journaux, comme il l’affirmait hier. […]

Le premier ministre persiste et signe: malgré les conclusions accablantes de ce rapport, il n’y aura pas d’enquête publique sur l’industrie de la construction. […]

Une crise des valeurs très profonde atteint aujourd’hui une partie du monde des affaires québécois, qui, de son côté, ne semble même pas avoir conscience qu’une faute a été commise. […]

Que s’est-il donc passé pour que ces élites du Québec moderne perdent à ce point le sens des valeurs morales dans la conduite de leurs affaires, et ce, sans que personne autour d’eux le leur reproche? […]

Cette crise morale qui traverse l’industrie de la construction et le monde politique est devenue l’affaire de tous, médias, directeur général des élections, vérificateur général, système judiciaire, policiers, politiciens… et milieu des affaires, qui doit prendre conscience à son tour des risques que fait peser l’effritement des principes moraux d’honnêteté et d’intégrité parmi les siens. Car, dans nos sociétés modernes, le progrès économique repose largement sur la paix sociale et la confiance du peuple envers ses élites.

…………………………………..

 

Charbonneau reçoit Normandeau – L’échec de Normandeau (2)

 La coïncidence des intérêts

Chronique de Michel David, Le Devoir, 19 juin 2014 |

Source : Le Devoir, http://www.ledevoir.com/politique/quebec/411423/la-coincidence-des-interets

EXTRAITS

À première vue, 32 interventions [de la ministre Normandeau] pour imposer l’octroi ou la majoration d’une subvention sur un total de 708 dossiers semblent constituer un pourcentage très raisonnable, voire modeste. Le problème est que les bénéficiaires de ces subventions étaient presque toujours les mêmes firmes de génie-conseil, notamment le groupe Roche, dont les représentants fréquentaient assidûment les cocktails de financement de Mme Normandeau. […]

Elle [Mme Normandeau] n’est tout de même pas née de la dernière pluie. À l’en croire, son ancien chef de cabinet, Bruno Lortie, en qui elle avait une « confiance absolue », aurait tout manigancé derrière son dos avec l’ancien ministre Marc-Yvan Côté, alors vice-président au développement des affaires chez Roche et grand collecteur de fonds du PLQ.

Si elle ignorait que les deux hommes se considéraient comme père et fils, elle savait néanmoins qu’ils étaient bons amis, et la réputation de M. Côté, expulsé à vie du Parti libéral du Canada à la suite des révélations de la commission Gomery sur les commandites fédérales, n’était plus à faire. Dans les circonstances, un minimum de vigilance aurait dû s’imposer, mais Mme Normandeau n’a pas eu de « discussion spécifique » à ce sujet avec son chef de cabinet.

[…]

Elle a dit ignorer que les contributions des firmes de génie-conseil dans sa circonscription de Bonaventure, le groupe Roche au premier chef, avaient grimpé en flèche quand elle est devenue ministre des Affaires municipales et que les avantages obtenus par ces firmes avaient augmenté en proportion. Qui plus est, M. Côté participait activement à l’organisation de ses activités de financement.

 

Charbonneau reçoit Normandeau – L’échec de Nathalie Normandeau (I)

 

Le mur et les valises – Éditorial d’Antoine Robitaille, 19 juin 2014

Source : Le Devoir, http://www.ledevoir.com/politique/quebec/411375/normandeau-devant-charbonneau-le-mur-et-les-valises

EXTRAITS

Pour interpréter le témoignage tant attendu de Nathalie Normandeau devant la commission Charbonneau, il n’y a pas 10 hypothèses possibles. Deux suffisent : soit elle fut une ministre libérale naïve jusqu’à l’inconscience, soit elle a opté, dans son témoignage de mercredi, pour une technique fréquente chez certains élus lorsque leur conduite est remise en question : transformer l’entourage en bouc émissaire pour se disculper. Nous penchons vers la seconde. […]

Pour Mme Normandeau, son chef de cabinet était l’équivalent de ses bras « droit… et gauche ». Elle et lui étaient inséparables, mais elle n’a rien vu, rien entendu des pratiques de favoritisme de M. Lortie. Contradictoire. […]

Mme Normandeau semblait tomber des nues mercredi. Les « magouilles » de financement des firmes de génie ? Une découverte récente, qui la « révolte ». De 2009 à 2011 pourtant, d’innombrables faits lui ont été présentés par les oppositions, les médias, etc. […]

Que dire du « mur » éthique sur lequel l’ex-ministre a insisté hier ? Où était-il lorsqu’elle a accepté les faveurs d’entrepreneurs ?… lorsqu’elle laissait son M. Lortie piloter son financement politique ?… lorsqu’elle favorisait, grâce à son pouvoir discrétionnaire, les mêmes firmes de génie ? Le seul mur qu’on l’a vraiment vue défendre, à l’époque, c’est celui qui se dressait devant le vérificateur général (Renaud Lachance !) l’empêchant d’entrer à Hydro-Québec.

[…] On imagine même très bien Mme Normandeau dire (comme un intervenant l’a twitté hier) : « En tant qu’ancienne ministre du Tourisme, je suis habituée de prendre les gens pour des valises. »