« Ce qui m’effraie, ce n’est pas l’oppression des méchants; c’est l’indifférence des bons. » (Martin Luther King)

« Ce qui m’effraie, ce n’est pas l’oppression des méchants; c’est l’indifférence des bons. »

(Martin Luther King (1929-1968), https://www.chrc-ccdp.gc.ca/fra/contenu/avons-nous-baisse-la-garde)

 


RIEN N’EST MOINS INNOCENT QUE LE LAISSER-FAIRE. *

(Pierre Bourdieu, in Pierre Bourdieu (dir.), La misère du monde, Paris, Seuil, © 1993; coll. Points, p. 1453-1454)

MON IDÉE À MOI, C’EST QUE NOUS SOMMES PLUS LIBRES QUE NOUS NE LE PENSONS ;

C’EST PAS LA LIBERTÉ QUI MANQUE, C’EST LE COURAGE DE PRENDRE LES LIBERTÉS QUE L’ON A. **

Jean-Paul Desbiens (alias Le Frère untel), Les insolences du Frère untel, Montréal, Les Éditions de l’Homme, © 1960, p. 83) – Jean-Paul Desbiens, Les insolences du Frère untel, Texte annoté par l’auteur, Montréal, Les Éditions de l’Homme, © 1988, p. 86)

* “Porter à la conscience des mécanismes qui rendent la vie douloureuse, voire invivable, ce n’est pas les neutraliser; porter au jour les contradictions, ce n’est pas les résoudre. mais, pour si sceptique que l’on puisse être sur l’efficacité sociale du message sociologique, on ne peut tenir pour nul l’effet qu’il peut exercer en permettant à ceux qui souffrent de découvrir la possibilité d’imputer leur souffrance à des causes sociales et de se sentir ainsi disculpés; et en faisant connaître largement l’origine sociale, collectivement occultée, du malheur sous toutes ses formes, y compris les plus intimes et les plus secrètes.

« Constat, qui, malgré les apparences, n’a rien de désespérant : ce que le monde social a fait, le monde social peut, armé de ce savoir, le défaire. Ce qui est sûr, en tout cas, c’est que rien n’est moins innocent que le laisser-faire : s’il est vrai que la plupart des mécanismes économiques et sociaux qui sont au principe des souffrances les plus cruelles, notamment ceux qui règlent le marché du travail et le marché scolaire, ne sont pas faciles à enrayer ou à modifier, il reste que toute politique qui ne tire pas pleinement parti des possibilités, si réduites soient-elles, qui sont offertes à l’action, et que la science peut aider à découvrir, peut être considérée comme coupable de non-assistance à personne en danger. »

(Pierre Bourdieu, in Pierre Bourdieu (dir.), La misère du monde, Seuil, copyright 1993; coll. Points, p. 1453-1454) (Reproduit au https://lepasseurdelacote.com/2015/09/02/la-misere-du-monde-contre-le-laisser-faire/ le 2 septembre 2015)

 

** « Mon petit Frère Untel en or, mon petit lapin bleu, tu vas maintenant me dire pourquoi tu écris des choses comme ça, et à la face de la Province ?

« J’écris ces choses par charité. Et ne rigolez pas, s’il vous plaît. Pourquoi n’écrirais-je pas ces choses par charité ? Pourquoi n’aurais-je pas une étincelle de charité ? Quelqu’un aime la musique et il le dit et personne ne rigole ; quelqu’un aime les ouvrages de Camus et il le dit et personne ne rigole. Il est bien possible que moi, j’aime un peu les Canadiens français, et que je cherche à leur parler. Je vis au bout du monde et je m’ennuie de parler à des hommes.

« J’écris aussi pour bien établir qu’il est possible de dire ce que l’on pense. Pour bien établir que toute vérité est bonne à dire. Mon idée à moi, c’est que nous sommes plus libres que nous ne le pensons ; c’est pas la liberté qui manque, c’est le courage de prendre les libertés que l’on a. Nous pleurnichons sur la liberté absente et nous n’avons même pas essayé la liberté. Nous sommes un peu comme ce chien d’un conte de Jules Renard : nous flairons une chaîne qui ne nous retient peut-être plus. Ici je commets un canadianisme : tout d’un coup qu’on serait libres ? »

Jean-Paul Desbiens (alias Le Frère untel), Les insolences du Frère untel, Montréal : Les Éditions de l’Homme, 1960, 158 pp.


« Sur certaines prises de positions, la couardise pose la question : “Est-ce sans danger ?”, l’opportunisme pose la question : “Est-ce politique ?”, et la vanité les rejoint et pose la question : “Est-ce populaire ?”. Mais la conscience pose la question : “Est-ce juste ?”. Et il arrive alors un moment où quelqu’un doit prendre position pour quelque chose qui n’est ni sans danger, ni politique, ni populaire mais doit le faire parce que sa conscience lui dit que c’est juste. »

(Martin Luther King (1929-1968), https://fr.wikipedia.org/wiki/Martin_Luther_King#Pacifisme_et_engagement_personnel)

Lévis, 22 juin 2017. Finissantes, finissants, n’oubliez jamais que vous êtes plus libres que vous ne le pensez et que rien n’est moins innocent que le laisser-faire.

 

Trois finissantes et un finissant de l’École Pointe-Lévy de Lévis (Québec)

Photo prise sur la Terrasse du Chevalier de  Lévis le 22 juin 2017,

par Roger Martel


« MON IDÉE À MOI, C’EST QUE NOUS SOMMES PLUS LIBRES QUE NOUS NE LE PENSONS ;

C’EST PAS LA LIBERTÉ QUI MANQUE,

C’EST LE COURAGE

DE PRENDRE LES LIBERTÉS QUE L’ON A. »

 

Jean-Paul Desbiens (alias Le Frère untel), Les insolences du Frère untel, Montréal, Les Éditions de l’Homme, © 1960, p. 83) – Jean-Paul Desbiens, Les insolences du Frère untel, Texte annoté par l’auteur, Montréal, Les Éditions de l’Homme, © 1988, p. 86) (M. Desbiens a enseigné. A occupé le poste de directeur général de l’enseignement élémentaire et secondaire au ministère de l’Éducation et a été directeur général du campus Notre-Dame-de-Foy à Cap-Rouge.)

 

« Mon petit Frère Untel en or, mon petit lapin bleu, tu vas maintenant me dire pourquoi tu écris des choses comme ça, et à la face de la Province ?

« J’écris ces choses par charité. Et ne rigolez pas, s’il vous plaît. Pourquoi n’écrirais-je pas ces choses par charité ? Pourquoi n’aurais-je pas une étincelle de charité ? Quelqu’un aime la musique et il le dit et personne ne rigole ; quelqu’un aime les ouvrages de Camus et il le dit et personne ne rigole. Il est bien possible que moi, j’aime un peu les Canadiens français, et que je cherche à leur parler. Je vis au bout du monde et je m’ennuie de parler à des hommes.

« J’écris aussi pour bien établir qu’il est possible de dire ce que l’on pense. Pour bien établir que toute vérité est bonne à dire. Mon idée à moi, c’est que nous sommes plus libres que nous ne le pensons ; c’est pas la liberté qui manque, c’est le courage de prendre les libertés que l’on a. Nous pleurnichons sur la liberté absente et nous n’avons même pas essayé la liberté. Nous sommes un peu comme ce chien d’un conte de Jules Renard : nous flairons une chaîne qui ne nous retient peut-être plus. Ici je commets un canadianisme : tout d’un coup qu’on serait libres ? »

Jean-Paul Desbiens, Les insolences du Frère untel, Montréal : Les Éditions de l’Homme, 1960, 158 pages

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« Rien n’est moins innocent que le laisser-faire. »

« … ce que le monde social a fait, le monde social peut, armé de ce savoir, le défaire. Ce qui est sûr, en tout cas, c’est que rien n’est moins innocent que le laisser-faire : s’il est vrai que la plupart des mécanismes économiques et sociaux qui sont au principe des souffrances les plus cruelles, notamment ceux qui règlent le marché du travail et le marché scolaire, ne sont pas faciles à enrayer ou à modifier, il reste que toute politique qui ne tire pas pleinement parti des possibilités, si réduites soient-elles, qui sont offertes à l’action, et que la science peut aider à découvrir, peut être considérée comme coupable de non-assistance à personne en danger. »

[Pierre Bourdieu (réputé sociologue français), in Pierre Bourdieu (dir.), La misère du monde, Seuil, copyright 1993; coll. Points, p. 1453-1454) (Reproduit au https://lepasseurdelacote.com/2015/09/02/la-misere-du-monde-contre-le-laisser-faire/ le 2 septembre 2015]

J’ai envie de les revoir; pas vous? Souhaitons-leur une vie agréable.

finisants Ecole Pointe-Lévy 22-06-2017c

finisants Ecole Pointe-Lévy 22-06-2017e

Je remercie les finissants de m’avoir autorisé à les photogaphier et à publier les photos dans cet espace.

Roger Martel

Ne jamais élever la voix pour exiger des explications, c’est aussi devenir un peu complice…

Ce message d’intérêt public s’adresse en particulier aux hommes et aux femmes à qui il est arrivé de choisir de ne pas élever la voix quand ils auraient dû décider de s’exprimer.

Le Passeur de la Côte

 

Lise Payette, Les gros comiques seront démasqués

 Le Devoir, 17 mai 2013 | http://www.ledevoir.com/politique/quebec/378475/les-gros-comiques-seront-demasques

« Ce qu’il faut bien admettre que de nombreux citoyens avaient aussi choisi de faire (fermer les yeux). Fermer les yeux, ça dérange moins que de jouer le rôle de chien de garde de la démocratie. Ne jamais élever la voix pour exiger des explications, c’est aussi devenir un peu complice en choisissant le silence et l’indifférence. La fameuse phrase « je ne m’occupe pas de politique » a été entendue si souvent au cours des dernières années à tous les paliers de gouvernance que les citoyens devront bien admettre qu’ils ont renoncé au rôle qui leur est dévolu après des élections, c’est-à-dire celui de veiller au grain plutôt que d’accepter que les loups règnent dans la bergerie.

        « Nous serons tous meurtris au sortir de l’exercice de justice qui est en cours. Meurtris et sans doute furieux des découvertes que nous aurons faites. »

L’importance de l’action individuelle

JOURNÉE MONDIALE HUMANITAIRE : L’ONU SOULIGNE L’IMPORTANCE DE L’ACTION INDIVIDUELLE

Source : Actualités ONU (UNNews)

New York, 17 août 2012

À l’occasion de la Journée mondiale de l’aide humanitaire, le Secrétaire général des Nations Unies Ban Ki-moon a souligné vendredi l’importance des actions individuelles pour déclencher des changements et il a salué le travail des humanitaires qui fournissent une assistance aux personnes vulnérables dans le monde.

« Cette année la Journée mondiale de l’aide humanitaire offre une occasion historique de rassembler un milliard de personnes du monde entier pour soutenir une idée puissante : l’entraide des gens », a déclaré M. Ban dans son message à l’occasion de la Journée.

« Des efforts pour éviter la famine au Sahel à ceux pour apporter une assistance urgente aux civils en Syrie, ou encore d’un simple geste d’un voisin à un autre, l’esprit d’entraide améliore les conditions humaines pour tous. C’est la meilleure façon de rendre hommage aux nombreux travailleurs humanitaire tombés que nous commémorons et de célébrer les efforts de ceux qui poursuivent la noble mission en apportant une assistance à ceux qui souffrent », a-t-il ajouté.

La Journée mondiale de l’aide humanitaire a été proclamée par l’Assemblée générale de l’ONU en 2008 afin de sensibiliser l’opinion publique au travail humanitaire dans le monde. Le 19 août a été choisi comme date pour rendre hommage aux victimes de l’attaque perpétrée contre les bureaux de l’ONU à Bagdad en 2003. Cet attentat a tué 22 employés de l’ONU, dont l’Envoyé de l’ONU, Sergio Vieira de Mello, et a blessé plus de 150 personnes.

La campagne lancée par les Nations Unies pour sensibiliser l’opinion publique internationale à l’importance des activités humanitaires dans le monde permet aux participants de transmettre des messages de soutien dans lesquels ils s’engagent en faveur d’une action humanitaire, quelle que soit son envergure. Les personnes intéressées sont encouragées à s’enregistrer avant le 19 août sur le site Internet : http://www.whd-iwashere.org.

Coordonnée par le Bureau de la coordination des affaires humanitaires (OCHA), la campagne a pris de l’élan au cours des derniers jours à la suite du tournage, vendredi dans la salle de l’Assemblée générale à New York, d’une vidéo de la chanteuse Beyoncé devant un public de 1 200 personnes.

Le lancement de cette vidéo, dont Beyoncé et l’auteur de la chanson, Dianne Warren, ont fait don à la campagne, aura lieu le 19 août sur des écrans géants dans les rues de Dubaï, Genève, Addis-Abeba ou encore New York.

« Chacun d’entre nous peut être un humanitaire. Tout ce qu’il faut faire, c’est aider quelqu’un d’autre », a résumé vendredi la Secrétaire générale adjointe aux affaires humanitaires, Valerie Amos, lors d’une manifestation animée par le journaliste américain Anderson Cooper.

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Veuillez consulter le site du Centre de nouvelles ONU pour plus d’information http://www.un.org/french/newscentre/

Le Cri d’Edvard Munch et celui d’inconnus miséreux et humiliés

Extrait du journal intime d’Alfred Pellerin

Aujourd’hui, 3 mai 2012

Chers lecteurs de mon journal intime,

Le 2 mai 2012, une Madame ou un Monsieur qui ne veut pas dire son nom a acheté l’aquarelle Le Cri d’Edvard Munch; pour ce faire, elle ou il a dû retirer près de 120 millions de dollars de son ridicule de satin sang de bœuf ou de sa poche garnie d’un passepoil (j’espère qu’elle ou il lui reste de l’argent pour manger).

Le Cri de Munch

En primeur, je vous annonce que la Madame ou le Monsieur, poussé par le réveil de sa conscience sociale, dit-elle ou dit-il, n’a pas tardé à entreprendre une tournée médiatisée des pays où vivent les enfants les plus miséreux et les plus humiliés de la Terre, et qu’elle ou il est déjà rendue ou rendu en Afrique sous-alimentée. Elle ou il a expliqué que les enfants miséreux ne vivent pas que de bonne soupe, qu’ils ont aussi besoin de belles images, donc de regarder des choses comme le Cri, une œuvre qui, grâce à elle ou à lui, vaut maintenant 120 millions de dollars, une somme énorme. (Pour vous donner une idée de l’éléphantesquerie de cette somme, je vous apprends qu’elle permettrait de libérer exactement des millions de personnes de la misère. C’est formidable, n’est-ce pas? Ça vous aide à comprendre jusqu’à quel point est baleineresque la richesse de la Madame ou du Monsieur. Je n’en reviendra jamais!)

Drelin, drelin, me dit mon ordinateur. Permettez que j’aille voir le message qui arrive. Il est signé La Madame ou Le Monsieur. C’est des images. Ouais, c’est pas ragoûtant. Pauvres enfants! C’est incroyable! Faut que je vous en montre un couple avant d’aller dîner (je choisirai pas les pires):

C’est sûr que de voir autre chose que leurs faces d’affamés, ça va leur faire du bien, à ces pauvres petits. À part de ça, regarder le Cri de Munch, ça va leur faire découvrir que l’angoisse existe aussi ailleurs que dans leur cour; ça console; un peu.

Aujourd’hui, 4 mai 2012

Chers lecteurs de mon journal intime,

Vous savez ce que je vous ai confié hier. Pour terminer ce que j’ai dit, il faut que je vous raconte une anecdote. – Mon père, il est vieux, il souffre aussi de sensibilité. Quand je lui ai raconté l’histoire du Cri de Munch, du prix qu’une Madame ou un Monsieur avait payé pour devenir l’heureuse ou l’heureux propriétaire de cette œuvre d’art que personne dans ma rue ne connaissait avant qu’elle ou il l’achète, quand je lui ai montré les photos des enfants miséreux d’Afrique, vous savez comment il a réagi? Il n’a rien dit, il a rien que fait cette tête-là :

Le Cri de Rodin

Pauvre papa!

SI VOUS AVEZ DE L’ARGENT DONT VOUS NE SAVEZ PAS TROP QUOI FAIRE, QUÊTEZ DONC DES IDÉES AUPRÈS DE :

OXFAM QUÉBEC

https://oxfam.qc.ca/fr/civicrm/contribute/transact?reset=1&id=1

MÉDECINS SANS FRONTIÈRES CANADA

http://www.msf.ca/fr/faire-un-don/

Le Passeur de la Côte (Roger Martel)