« Afin de se doter d’un Québec plus éthique et intègre, il appartient désormais aux Québécois de s’impliquer activement, notamment en dénonçant toute tentative de corruption et de collusion, et toute irrégularité liée à l’éthique. »

 

« Afin de se doter d’un Québec plus éthique et intègre, il appartient désormais aux Québécois de s’impliquer activement, notamment en dénonçant toute tentative de corruption et de collusion, et toute irrégularité liée à l’éthique. »

(Rapport final de la Commission d’enquête sur l’octroi et la gestion des contrats publics dans l’industrie de la construction [Commission Charbonneau], novembre 2015, https://www.ceic.gouv.qc.ca/fileadmin/Fichiers_client/fichiers/Rapport_final/Rapport_final_CEIC_Integral_c.pdf )

Deux mots que l’on devrait entendre plus souvent dans les villes et villages du Québec ces années-ci : caciquisme et cacique. Qu’est-ce qu’ils signifient?

Source : Encyclopédie de L’Agora, http://agora.qc.ca/documents/republicanisme_contre_caciquisme_quatre_vingts_ans_plus_tard vu le 01-11-2014

Extrait :

Le caciquisme n’est pas un parti, ni une doctrine politique; c’est tout simplement un état d’esprit découlant d’un mauvais penchant de la nature humaine et portant l’individu à s’emparer de ce qui appartient à la masse. Je range parmi les caciques tous les gens qui semblent n’avoir aucune conception du fait que les biens de la cité appartiennent à une autre entité que celle constituée par les chercheurs de sinécures, de contrats publics ou d’aides financières gouvernementales non justifiables sous titres d’octrois divers, de secours directs ou sous toute autre forme.

 

Républicanisme contre caciquisme, quatre-vingts ans plus tard

 

Télesphore-Damien Bouchard [1881-1962 – Qui était M. Bouchard? Réponse : journaliste et propriétaire de journaux; président de la Chambre de commerce de Saint-Hyacinthe en 1911; maire de Saint-Hyacinthe de 1917 à 1930 et de 1932 à 1944; président de l’Union canadienne des municipalités en 1918; président de l’Union des agriculteurs de la province de Québec en 1918; président de la Ligue des consommateurs d’électricité en 1932; député libéral de Saint-Hyacinthe à l’Assemblée législative du Québec : élu en 1912, réélu en 1916, 1923, 1927, 1931, 1935, 1936 et 1939; ministre des Affaires municipales, de l’Industrie et du Commerce; ministre des Travaux publics de novembre 1939 à novembre 1942; chef de l’opposition de 1936 à 1939; président du Bureau de reconstruction économique de 1939 à 1944; ministre de la Voirie du 8 novembre 1939 au 3 mars 1944; fondateur de l’Institut démocratique canadien (1942); président d’Hydro-Québec en 1944.]

 

Dans notre histoire, la corruption a marqué les époques; or, une tradition politique méconnue a toujours dénoncé la corruption du pouvoir et de l’argent, la tradition républicaine. Là où il y avait du républicanisme, nos historiens n’ont souvent vu que du libéralisme radical ou progressiste, alors que les républicains québécois des XIX et XXe siècles, issus de tous les horizons, ont combattu les méfaits d’une politique libérale ou conservatrice oublieuse des vertus civiques et des libertés du peuple. Parmi ces républicains figure Télesphore-Damien Bouchard, député et ministre sous Taschereau et Godbout, maire coloré de Saint-Hyacinthe, anticlérical affirmé, inspiré des idéaux de la Révolution de 1789. Il fut aussi, au temps de Duplessis, chef de l’opposition de 1936 à 1939. En pleine crise, en 1933, il prononce le discours « Républicanisme contre caciquisme », où il soutient que la chose publique est menacée par le « caciquisme », l’opportunisme des ambitieux sans scrupules qui drainent les biens publics à leur profit avec la complicité des banquiers et trésoriers des partis. Dans ce portrait des caciques qui gangrènent particulièrement les institutions municipales, on reconnaîtra peut-être beaucoup de ceux qui ont défilé devant la commission Charbonneau. Outre Bouchard, la tradition républicaine compte des noms fameux comme Papineau, Arthur Buies, Ève Circé-Côté, Honoré Beaugrand, André Laurendeau, et des noms moins connus, qui gagnent à être lus, comme Clément Dumesnil, Godfroy Langlois et Edmond Turcotte. L’anthologie des textes républicains que nous venons de publier chez Septentrion, De la République en Amérique française*, propose une redécouverte de cette veine politique qui a défendu la liberté et la souveraineté du peuple, la vertu publique, l’indépendance et l’instruction du citoyen. Cette anthologie présente une autre façon de lire l’histoire du Québec, par-delà les clivages conventionnels : fédéralistes contre souverainistes, libéraux contre conservateurs. Laissons parler, quatre-vingts ans plus tard, Télesphore-Damien Bouchard.

 

Marc Chevrier, professeur de science politique à l’UQAM

Louis-Georges Harvey, professeur d’histoire à l’Université Bishop

Stéphane Kelly, professeur de sciences sociales au cégep de Saint-Jérôme

Samuel Trudeau, professeur d’histoire au cégep de Maisonneuve

 

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TD-Bouchard1942_député et maire St-Hyacinthe

Télesphore-Damien Bouchard

Source : Centre d’histoire de Saint-Hyacinthe, http://www.chsth.com/histoire/histoire-regionale/histoire-d-ici/article/l-honorable-t-d-bouchard-son


Télesphore-Damien Bouchard a écrit :

 

Il faudra donc entendre le républicanisme dont je parlerai au cours de mes remarques dans le sens étymologique de son idée mère, république, la res publica des Latins, la chose publique, c’est-à-dire l’entité nationale, l’ensemble des êtres et des choses qui constituent la nation, indépendamment de la forme du gouvernement et des partis politiques qui peuvent se disputer le pouvoir.

[…]. L’esprit républicain est celui du citoyen qui se reconnaît des devoirs primordiaux envers la société alors que l’esprit individualiste est celui de l’homme égoïste qui pense et agit comme si l’état n’existait que pour son utilité personnelle.

Le caciquisme, ce qu’il est

C’est cette doctrine que j’ai désignée dans le titre de ma conférence sous le terme « Caciquisme », doctrine malheureusement si répandue dans le monde et qui est en train de faire périr tant d’institutions qui pourraient survivre si ceux qui prétendent les sauver étaient imbus d’un véritable républicanisme.

[…]

Le mot caciquisme est certes nouveau mais il représente un esprit qui est presque aussi vieux que le monde et qui a pris une ampleur formidable en ce dernier siècle. […] J’ai fait découler ce terme du mot cacique qui est d’origine caraïbe.

Le cacique était anciennement, au Mexique et dans les républiques de l’Amérique du Sud, le chef de petites tribus et aujourd’hui ce nom y est attribué aux chefs de bandes et de cliques qui prétendent à faire et défaire les administrations publiques. Par analogie j’applique ce terme, dans notre société, à tous nos chefs de faubourgs, de quartiers et de bouts de rues qui s’attribuent, quelquefois avec raison mais la plupart du temps sans raisons, la gloire d’élire les représentants du peuple dans toutes les sphères administratives à partir du simple marguillier à aller jusqu’au chef suprême des gouvernements.

Nous ne manquons pas de caciques dans notre province et si le caciquisme ne règne pas en maître dans toutes nos administrations municipales il n’est en pas moins présent partout et il est un des pires fléaux qui puissent atteindre un corps public. Le caciquisme n’est pas un parti, ni une doctrine politique; c’est tout simplement un état d’esprit découlant d’un mauvais penchant de la nature humaine et portant l’individu à s’emparer de ce qui appartient à la masse. Je range parmi les caciques tous les gens qui semblent n’avoir aucune conception du fait que les biens de la cité appartiennent à une autre entité que celle constituée par les chercheurs de sinécures, de contrats publics ou d’aides financières gouvernementales non justifiables sous titres d’octrois divers, de secours directs ou sous toute autre forme. Les caciques sont ceux qui croient au droit de pillage du patrimoine municipal par l’individu parce que ce patrimoine appartient à tous. Les caciques sont ces individus, à courte vue, qui pensent que ce patrimoine est inépuisable parce que ses administrateurs peuvent apparemment le renouveler sans cesse en puisant dans la fortune d’un chacun.

[…]

Le petit cacique est le chef de bouts de rangs, de bouts de rues ou d’ateliers. Il se contente de miettes qui tombent de la table des grands caciques qui sont, pour lui, ce que sont les généraux pour les capitaines. A l’inverse du grand cacique le petit, lui, a une couleur. […] Il est l’éternel mécontent toujours prêt à faire volte-face au moindre changement de parti politique, au plus léger froissement de son intérêt personnel.

Le mobile unique du cacique c’est l’égoïsme individuel; à ses yeux la société a été établie exclusivement pour servir son intérêt particulier. Il est un être qui n’a que des droits; il ne se reconnaît aucune obligation envers les autres; la chose publi-que, la république, la société n’existe que comme canal par lequel la masse de ses concitoyens doit alimenter ses exigences privées.

Le cacique est grouillant et turbulent; il paraît légion alors qu’il n’est en réalité qu’infime minorité parmi la masse des hommes sages et prudents qui forment la nation. En raison de son activité débordante, mais vaine comme celle de la mouche du coche pour les observateurs sérieux, le cacique, grand ou petit, a une influence très souvent prépondérante pour certains chefs de nos municipalités, surtout lorsque ces derniers sont caciques eux-mêmes.

*De la République en Amérique française, Anthologie pédagogique des discours républicains au Québec, 1703-1967, Éditions du Septentrion, Sillery (Québec), 2013, 538 p. Pour un aperçu de l’introduction et de la table des matières, voire la vitrine de l’Entrepôt du livre numérique : http://vitrine.entrepotnumerique.com/publications/17785-de-la-republique-en-amerique-francaise .

Politique et société au Québec – La Commission Charbonneau doit interroger les chefs des partis politiques sans mettre de gants blancs.

 Dit en juin 2014

Source : Le Soleil, 17 juin 2014, http://www.lapresse.ca/le-droit/chroniqueurs/gilbert-lavoie/201406/17/01-4776448-au-tour-des-generaux.php vu le 22 juin 2014

Au tour des généraux!

Par Gilbert Lavoie

EXTRAITS

Les audiences publiques de la commission Charbonneau tirent à leur fin. […]

Mais la question qui se pose, à la veille de la clôture de ces audiences publiques, est la suivante: après avoir écorché des politiciens du passé ou de moindre importance, tels Guy Chevrette et Julie Boulet, les commissaires Charbonneau et Lachance profiteront-ils des derniers jours pour demander des comptes aux patrons. Après avoir «brûlé» les soldats, il serait gênant de ne pas faire venir les généraux…

Le financement des partis politiques par l’entremise de prête-noms, confirmé la semaine dernière par Marc-Yvan Côté, était connu depuis près de deux décennies. Il est impossible que les chefs des partis politiques aient été à ce point ignorants de la situation. […]

Ceux à qui la commission Charbonneau devrait maintenant demander des comptes, ce sont les chefs des partis politiques qui ont toléré ou fermé les yeux sur ces gestes illégaux, sous prétexte que tout le monde le faisait. Puisque le mandat de la Commission remonte jusqu’à 1996, on parle donc, dans l’ordre, de Lucien Bouchard, Bernard Landry, André Boisclair, Pauline Marois et Jean Charest. On parle aussi de Mario Dumont pour l’ADQ et de François Legault pour la CAQ. Il serait également utile d’entendre le directeur des élections de l’époque pour comprendre pourquoi il n’a pas brassé la cage pour ramener tout le monde à l’ordre. […]

On sait déjà que les enquêteurs de la commission Charbonneau ont rencontré les chefs des partis politiques en privé. On ignore ce qu’ils ont dit, mais on peut présumer que la plupart ont nié avoir été informés. Cette version des faits n’est pas crédible. Un souci de l’équité devrait amener la Commission, s’il n’est pas trop tard, à forcer tout ce beau monde à s’expliquer dans le cadre des audiences publiques.

À défaut de quoi, il me faudra citer un extrait bien connu des Animaux malades de la peste, de La Fontaine: «Selon que vous serez puissant ou misérable, les jugements de Cour vous rendront blanc ou noir».

……………

 

Dit en septembre 2011

 

Éthique d’affaires – Les escrocs respectables

Source : Le Devoir, 17 septembre 2011, http://www.ledevoir.com/politique/quebec/331624/ethique-d-affaires-les-escrocs-respectables vu le 22 juin 2014

EXTRAITS

Jean-Robert Sansfaçon

Malgré ce qu’en pense le premier ministre Charest, le rapport de l’Unité anticollusion confirme sans détour que la corruption, la fraude et le favoritisme sont érigés en système dans l’une des plus importantes industries du Québec. Les escrocs sont des ingénieurs, des entrepreneurs, des fonctionnaires et même des politiciens. Une élite qui refuse encore d’admettre qu’elle a dépassé les bornes en sacrifiant ses principes sur l’autel du pouvoir et de l’argent.

Impossible de croire que le premier ministre Jean Charest n’a pas lu le rapport de l’Unité anticollusion du ministère des Transports et qu’il s’est contenté des manchettes des journaux, comme il l’affirmait hier. […]

Le premier ministre persiste et signe: malgré les conclusions accablantes de ce rapport, il n’y aura pas d’enquête publique sur l’industrie de la construction. […]

Une crise des valeurs très profonde atteint aujourd’hui une partie du monde des affaires québécois, qui, de son côté, ne semble même pas avoir conscience qu’une faute a été commise. […]

Que s’est-il donc passé pour que ces élites du Québec moderne perdent à ce point le sens des valeurs morales dans la conduite de leurs affaires, et ce, sans que personne autour d’eux le leur reproche? […]

Cette crise morale qui traverse l’industrie de la construction et le monde politique est devenue l’affaire de tous, médias, directeur général des élections, vérificateur général, système judiciaire, policiers, politiciens… et milieu des affaires, qui doit prendre conscience à son tour des risques que fait peser l’effritement des principes moraux d’honnêteté et d’intégrité parmi les siens. Car, dans nos sociétés modernes, le progrès économique repose largement sur la paix sociale et la confiance du peuple envers ses élites.

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La corruption tue et nuit au respect des droits de l’homme

La Haut Commissaire des Nations Unies aux droits de l’homme, Navi Pillay affirme que la corruption tue et nuit au respect des droits de l’homme

 

New York, 13 mars 2013

 source : Centre de nouvelles ONU, http://www.un.org/french/newscentre/

Rappelant mercredi que la corruption tue, puisqu’elle détourne des fonds de projets humanitaires et de développement, la Haut Commissaire des Nations Unies aux droits de l’homme, Navi Pillay, a exhorté les agences onusiennes et leurs partenaires à adopter une approche coordonnée et respectueuse des droits de l’homme pour lutter contre ce fléau.

« La corruption est un immense obstacle à la réalisation des droits de l’homme, en particulier les droits politiques, économiques, sociaux et culturels, ainsi que le droit au développement », a plaidé Mme Pillay devant le Conseil des droits de l’homme.

Entre 2000 et 2009, les pays en développement on perdu 8,44 milliards de dollars dans des flux financiers illicites, soit dix fois plus que le montant de l’aide publique au développement qu’ils ont perçu au cours de la même période.

L’argent englouti dans la corruption chaque année suffirait, selon Mme Pillay, à nourrir 80 fois l’ensemble des personnes faisant face à l’insécurité alimentaire dans le monde. Les pots de vin et les vols font augmenter parfois jusqu’à 40% les coûts des projets de développement, tel que l’approvisionnement en eau potable ou l’accès à l’assainissement.

Cependant, les liens intrinsèques entre droits de l’homme et lutte anticorruption font l’objet d’une sensibilité accrue de l’opinion publique. Dénonçant « les impacts négatifs de la corruption sur les droits de l’homme », la Haut Commissaire a estimé qu’il était urgent de « renforcer les synergies » pour mieux lutter contre le fléau.

Selon Mme Pillay, il est nécessaire de renforcer la coordination pour mieux mettre en oeuvre la Convention de l’ONU contre la corruption, un instrument international contraignant promu par l’Office des Nations Unies contre la drogue et le crime (ONUDC). Actuellement, 165 États sont parties à cet instrument juridiquement contraignant.

Grâce à l’attention de plus en plus marquée accordée par l’ONU et la communauté internationale à la formulation des objectifs de développement post-2015, la Haut Commissaire s’est déclarée « convaincue que les efforts de lutte contre la corruption sont plus efficaces lorsqu’ils s’inscrivent dans une approche respectueuse des droits de l’homme, y compris des droits des individus accusés de corruption ».

« Alors que les liens entre corruption et droits de l’homme sont mis en évidence, les groupes engagés dans la lutte contre la corruption aux niveaux local et international trouveront plus facilement de valeur ajoutée à travailler avec les agences de l’ONU dans le domaine des droits de l’homme », a assuré Mme Pillay en précisant que cette dynamique fonctionnait dans les deux sens.

Le mal et la lâcheté

Commission Charbonneau – Coupables par lâcheté

 Éditorial de Jean-Robert Sansfaçon

Source : Le Devoir, 30 janvier 2013, http://www.ledevoir.com/politique/quebec/369562/coupables-par-lachete

Après l’entrepreneur Lino Zambito et l’ingénieur Michel Lalonde, non seulement il est devenu évident que la collusion et la corruption sont pratiques courantes dans l’industrie des travaux publics, mais on se demande s’il sera possible de briser ce moule compte tenu du fait qu’elles font partie des moeurs d’un grand nombre d’élus et de dirigeants d’entreprise.

(…)

Pendant des décennies, des dizaines de notables respectés, maires, conseillers, députés, ministres, entrepreneurs, fournisseurs, ont participé à cette escroquerie de fonds publics (ou en ont été témoins) sans trouver à y redire.

(…)

La question qui se pose n’est plus de savoir si Genivar, Dessau, Cima, SNC-Lavalin, BPR ont participé au complot puisque la réponse est connue, mais plutôt si ces firmes sont devenues à ce point puissantes et indispensables au monde politique qu’elles peuvent espérer s’en sortir indemnes ?

(…)

Comment se fait-il que nous soyons si tolérants à l’endroit des patrons d’entreprise, au point où ceux-ci ne trouvent rien d’anormal dans le fait d’agir en criminel ? Est-ce à cause de la rareté des moyens accordés aux organismes de contrôle et aux forces policières pour créer ce sentiment de peur dont bien des individus ont besoin pour respecter les règles de la vie en société ?

À l’évidence, le monde des affaires a autant besoin que tout autre groupe social de se savoir surveillé pour se comporter honnêtement. N’hésitons plus à lui fournir ce dont il a besoin !

Changer les mentalités pour enrayer la corruption ?

Faut-il changer la mentalité des citoyens pour que le Québec arrête la corruption, paralyse les corrupteurs, convainc ses citoyens de ne pas se laisser corrompre ?

Le journal algérien El Watan a publié un texte, le 21 janvier 2013, qui parle de l’Algérie mais que les Québécois peuvent lire avec profit. Ce texte est signé Abdelhak Lamiri, docteur science de gestion; on le trouve au http://www.elwatan.com/chroniques/repereseco/changer-les-mentalites-une-idee-fausse-et-dangereuse-21-01-2013-200350_175.php. En voici des extraits :

«Changer les mentalités» : une idée fausse et dangereuse

Il est question de changer la mentalité des citoyens pour que l’Algérie réussisse son pari de se redresser et de rejoindre le rang des pays émergents. De nombreux PDG, walis, responsables de départements administratifs, ministériels et même chercheurs universitaires et prestigieux conseillers d’institutions publiques et privées ne jurent que par le changement des mentalités pour améliorer le mode de fonctionnement de nos entreprises et de nos entités publiques.

Heureusement qu’il y a une minorité d’analystes éclairés qui ont compris que «changer les mentalités» est une idée fausse et très dangereuse. Pourquoi ? En premier lieu, si le problème résidait dans les mentalités, les décideurs n’ont donc aucune responsabilité sur les résultats de leurs décisions. Malgré tous les efforts et la pertinence de leurs choix si judicieux, les mentalités des citoyens font déraper leurs projets. Il faut donc les absoudre de toute responsabilité, car malgré leurs compétences et leurs perspicacités ils ne peuvent obtenir des résultats probants. La faute incombe aux mentalités. []

Qu’est-ce que c’est changer les mentalités ? Apparemment, ses adeptes pensent au mode de pensée des personnes. Celles-ci doivent commencer à apprécier le travail, le civisme, l’honnêteté, l’assistance à autrui pour pouvoir les appliquer dans les entreprises et les institutions. Par la suite, les directives des décideurs vont s’appliquer et donner des résultats satisfaisants sur le terrain. Ainsi, l’école et l’environnement global y sont interpellés. Les managers vont donc essayer de communiquer intensément pour renforcer ces qualités. Mais puisque pour le moment ces caractères n’existent pas, alors inutile d’essayer d’obtenir des performances acceptables tant que les «mentalités n’ont pas changé».

[] les mentalités changent exceptionnellement et très rarement. On réserve ce genre de traitement aux personnes «déséquilibrées». [] En management, on sait changer les comportements pas les mentalités ; et c’est suffisant.

Abdelhak Lamiri : PH et Dr en science de gestion

source : El Watan (journal algérien), http://www.elwatan.com/chroniques/repereseco/changer-les-mentalites-une-idee-fausse-et-dangereuse-21-01-2013-200350_175.php

Corruption : le citoyen qui décide de ne rien faire pour la combattre, décide de laisser faire.

Blogue de Stéphane Maestro | Nouvelle publiée le 13 novembre 2012 à 21:09.

source : L’Oie blanche (hebdo de Montmagny, au Québec), http://www.oieblanc.com/nouvelles/lire/dehors-le-maire-de-mascouche?utm_medium=email&utm_campaign=L%5C%27AFFICHE+DU+OUI+A+ÉTÉ+ARRACHÉE&utm_source=YMLP&utm_term=6a01156f944385970b017ee514ee2f

Extraits

DEHORS LE MAIRE DE MASCOUCHE!

Stéphane Maestro – BLOGUEUR

Ce qui me renverse, c’est que malgré des accusations longues comme le bras, le maire de Mascouche continue de siéger comme si de rien n’était.

[] Après un an et demi d’enquête, on l’a accusé en juin dernier de fraude, de complot pour fraude, d’actes de corruption, d’abus de confiance et de deux chefs de fraude contre le gouvernement. C’était à la suite de l’opération gravier, menée par l’Unité permanente anticorruption (UPAC).

[]

CESSEZ DE CHIALER, VOTEZ DONC, À LA PLACE

Vous avez vu, hier, dans le cas de cette élection partielle pour le poste de conseiller d’arrondissement de Rivière-des-Prairies[c’est à Montréal] . C’est Cindy Leclerc, de Vision Montréal, qui a défait par seulement 99 voix le candidat d’Union Montréal, Nino Colavecchio. Je retiens deux choses de ce scrutin. C’est qu’en dépit de ce qu’on a colporté sur le parti de l’ex-maire Tremblay, on ne peut pas dire que le porte-étendard d’Union Montréal ait mordu la poussière tant que ça. Mais surtout, ce qui me frappe énormément, c’est le très faible taux de participation. Seulement 21,16 % des électeurs se sont prévalus de leur droit de vote.

C’est quand même renversant de voir que ça chiale tant contre les politiciens, mais que lorsque vient le temps d’exprimer concrètement sa colère, coucou! plus personne ne se pointe à l’horizon. De grâce, allez voter ou bien continuez à laisser le monde de la corruption faire sa sale besogne à votre santé. On a les élus qu’on mérite.