Les croyances, mortelles ou non.

Lise Ravary, Turban: pourquoi ils ne l’enlèvent pas ? Journal de Montréal, 11 juin 2013, https://www.journaldemontreal.com/2013/06/11/turban-pourquoi-ils-ne-lenlevent-pas

EXTRAITS 

(Le texte de Lise Ravary a été publié le 11 juin 2013.)

C’était à prévoir, le Québec a été suspendu par l’Association canadienne du soccer pour ne pas avoir respecté sa consigne de permettre aux enfants sikhs de jouer au foot avec un bout de tissu sur la tête. []

Notre société, viscéralement anti-religion, peine à comprendre pourquoi ces enfants n’enlèvent pas leur ‘turban’ le temps d’une partie de ballon rond. Ou pourquoi les Juifs orthodoxes ne déplacent pas leurs autos pendant les fêtes et le sabbat. Ou ma préférée: pourquoi on laisse des parents ‘endoctriner’ leurs enfants []

On va quand même pas s’abaisser au niveau de pays comme l’Arabie saoudite qui interdisent toute manifestation de différence religieuse en public, non ?

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Le phénomène de la croyance n’est pas limité à des histoires d’amis imaginaires qui vivent dans le ciel. Malgré toutes les avancées scientifiques, nombre de Québécois ‘croient’ que les médecines douces peuvent guérir des cancer. []

Prenons l’homéopathie: il y a des parents qui vivent très bien avec leur bébé qui hurle de douleur à cause d’une infection aux oreilles, parce qu’ils lui ont donné des granules de sucre au lieu d’antibiotiques détestés. []

Les humains croient à toutes sortes de choses parce qu’ils espèrent en tirer un avantage: un mieux-être physique, mental, le paradis à la fin de leurs jours, le regard bienveillant d’un leader admiré, d’un être suprême, l’approbation du groupe d’appartenance, l’amour. Ce sont des carburants puissants qui défient la raison pure.

[]

Où tirer la ligne ? Quand la sécurité des personnes et de l’État sont menacés. Quand les lois de l’État et les droits humains (ce qui comprend l’égalité hommes-femmes et la liberté de conscience) sont bafoués. De manière démontrable. Dans le doute, je préfère protéger les libertés individuelles que de les limiter.

RELIGIONS et CROYANCES : la société ne peut pas tout accepter !

https://www.ledevoir.com/opinion/idees/555330/vacciner-contre-les-religions

Vacciner contre les religions

 

«La tolérance de la diversité des croyances ne doit pas mener à accepter, voire à encourager,

des comportements qui contribuent à balkaniser la société.»

Yves Gingras, Historien, sociologue, professeur et auteur de L’impossible dialogue, sciences et religion

27 mai 2019

Dans le débat qui fait rage actuellement autour du projet de loi sur la laïcité, les opposants ne cessent de promouvoir la liberté de religion et de conscience des individus, comme si une société n’était qu’une somme arithmétique de personnes sans autres liens collectifs. Dans leur défense des croyances religieuses, ces critiques semblent aussi considérer que les « croyances sincères » ne peuvent avoir aucun effet néfaste sur la vie en société. Une telle opinion paraît curieuse, car comment croire que l’attachement à des convictions religieuses ne puisse pas avoir des effets sociaux ?

 

Que des croyances religieuses puissent mettre des sociétés en danger, cela a été rappelé récemment par la décision de la Ville de New York d’imposer la vaccination obligatoire à la suite de l’éruption d’une épidémie de rougeole dans certains quartiers. Il appert, selon la revue Science (19 avril 2019, p. 216) que les 329 personnes infectées, étaient presque toutes des juifs orthodoxes non vaccinés du quartier Williamsburg de Brooklyn. Considérant comme sacré tout choix individuel, certaines familles ont aussitôt poursuivi le Commissaire à la santé de la Ville de New York afin de faire annuler l’obligation de vaccination en invoquant, entre autres arguments, le droit au libre exercice de leur religion ! On a là un cas patent de conflit entre la sécurité d’une communauté et les croyances religieuses d’individus. Suffit-il de croire « sincèrement » que Jésus, Jéhovah ou n’importe quel autre Dieu est le meilleur des médecins et que les prières peuvent empêcher la circulation des maladies, pour que cela justifie de mettre en danger toute une communauté, et tout spécialement des enfants en bas âge, plus susceptibles de porter les séquelles d’une épidémie de rougeole ?

 

Cet épisode dramatique permet de rappeler que les promoteurs du droit à la libre pratique des religions ne peuvent se contenter d’énoncés de principe généraux et généreux, mais doivent tenir compte des conséquences sociales de ces croyances.

 

La laïcité — sans adjectif comme le rappelait récemment le président français, Emmanuel Macron, dans son grand débat avec des intellectuels —

est le meilleur garant de la vie en société, et les croyances religieuses doivent demeurer dans le domaine privé

et céder le pas quand la vie collective est en jeu.

La tolérance de la diversité des croyances ne doit pas mener à accepter, voire à encourager,

des comportements qui contribuent à balkaniser la société en créant des ghettos religieux au sein desquels,

comme le cas de New York le montre, des normes sociales alternatives se mettent en place.

Et encore moins à tolérer la propagation d’épidémies engendrées par l’ignorance ou la superstition.

 

Certes, il n’existe pas de « vaccins » contre les religions, mais les croyances religieuses ne peuvent, dans le monde contemporain, justifier de mettre des individus à l’abri des vaccins.

 

La naissance de la religion.

Source : Théo, L’encyclopédie catholique pour tous

Nihil obstat Paris le 4 février 1989 C. Chopin

Imprimatur Paris le 6 février 1989 M. Vidal, vicaire épiscopal

Paris, Éditions Droguet-Ardant/Fayard, 1992, p. 136

On considère aujourd’hui que l’homme (homo habilis) est apparu en Afrique orientale il y a 2 à 3 millions d’années, mais on ignore quand et comment la vie religieuse a pris naissance; on s’accorde aujourd’hui sur le fait que les Paléoanthropiens, dont on sait qu’ils avaient déjà domestiqué le feu 700 à 600 millénaires avant J.-C., avaient une religion; mais il est difficile et sans doute impossible d’en préciser le contenu. Les plus anciennes sépultures connues ne datent que de 100 millénaires, et sont le fait de l’homo sapiens; elles révèlent la pratique des rites funéraires (offrandes à côté des corps, parures, etc.) qui font supposer la croyance en une forme de survie.

Les multiples croyances des peuples primitifs, telles qu’on les connaît actuellement peuvent être ramenées à quelques catégories fondamentales, plus ou moins combinées entre elles selon les religions :

croyance en l’âme (âme-souffle ou âme-ombre, le plus souvent considérée comme indestructible, d’où le culte des morts;croyance aux esprits, bienveillants ou hostiles, qui peuplent la nature et l’univers, et peuvent être influencés par les actes du culte ou de la magie;personnification de la nature;

animalisme (forme particulière de la croyance aux esprits);

croyance en une force mystérieuse, soit impersonnelle et magique, soit émanant d’êtres spirituels supérieurs;

croyance en n dieu suprême, personnel et spirituel, créateur de l’homme et du monde, parfait et éternel, placé au-dessus de tous les esprits, et recevant parfois le titre de Père;

polythéisme, croyance en une multitude d’êtres supérieurs, souvent hiérarchisés, souvent aussi rattachés aux forces de la nature, aux classes sociales, aux professions.

La croyance en la poursuite de l’existence humaine après la mort étant pratiquement partagée par toutes les religions…

 


 

Avoir une religion rend-il meilleur? Pour Platon, la vraie piété passe par une critique des croyances religieuses.

Source : Le Devoir, 17 juin 2017, http://www.ledevoir.com/societe/le-devoir-de-philo/501501/avoir-une-religion-rend-il-meilleur

– François Doyon – L’auteur est professeur de philosophie au cégep de Saint-Jérôme et il a publié «Les philosophes québécois et leur défense des religions» aux Éditions Connaissances et Savoirs (2017). –

EXTRAITS

Dans un Québec où l’on associe encore l’éthique à la culture religieuse, il est pertinent de se rappeler que, pour le philosophe grec Platon, la religion est capable d’inspirer le meilleur comme le pire. Le plus célèbre élève de Socrate écrit que la croyance dans les dieux peut et doit servir à nous rendre meilleurs, mais elle doit auparavant être expurgée de tous ses éléments qui pourraient inciter à commettre l’injustice.

[…]

Pour Platon, la vraie piété passe par une critique des croyances religieuses traditionnelles.

[…]

Le Coran contient un certain nombre de passages susceptibles de justifier théologiquement le djihadisme. Plusieurs passages de l’Ancien Testament sont aussi très violents, de même que certaines déclarations du Jésus des Évangiles, qui dit ne pas être venu apporter la paix, mais le glaive (Matthieu 10, 34). Platon nous dirait qu’il faut améliorer les religions du Livre. Platon voulait purifier la tradition religieuse de son temps. Dans une cité juste, on ne laisse pas « les enfants écouter les premières fables venues, forgées par les premiers venus, et recevoir dans leurs âmes des opinions le plus souvent contraires à celles qu’ils doivent avoir, à notre avis, quand ils seront grands » (La République, 377 b). Il faut au contraire « veiller sur les faiseurs de fables, choisir leurs bonnes compositions et rejeter les mauvaises »(La République, 377b-c). Les jeunes, insiste Platon, doivent être exposés à des modèles de vertu et non pas de débauche ; les premiers modèles qui leur sont donnés laissent des traces permanentes sur leur caractère moral. « Mais qu’on raconte l’histoire d’Héra enchaînée par son fils, d’Héphaïstos précipité du ciel par son père, pour avoir défendu sa mère que celui-ci frappait, et les combats des dieux qu’Homère imagina, voilà ce que nous n’admettons pas dans la cité, que ces fictions soient allégoriques ou non » (La République, 378d). Platon reconnaît que les fables religieuses, y compris celles qu’il faut comprendre au sens figuré, peuvent inspirer des crimes.

[…]

Si le christianisme et l’islam étaient des religions respectant l’exigence de moralité de Platon, leurs adeptes les plus radicaux ne trouveraient pas dans la religion des justifications à leurs crimes. Or nous savons que les extrémistes chrétiens et musulmans peuvent aisément puiser dans la Bible ou le Coran des passages pour justifier des actes abominables. Que les passages soient mal compris par les auteurs de crimes n’est pas une excuse. Un texte sacré ne peut pas se permettre d’être équivoque en ce qui concerne la morale. Refuser d’admettre que les religions inspirent des comportements parfois inacceptables, c’est sombrer dans un angélisme naïf. Il reste plus sage de postuler que certaines religions peuvent inspirer le bien comme le mal. La foi est certes incapable de déplacer des montagnes, mais elle peut aussi lancer des pierres sur une femme sans défense ou jeter un homosexuel du haut d’un édifice.

Croyances – Qu’ils sont bêtes, les hommes : ils croient à n’importe quoi, et si vous les contredisez, ils pourraient vous forcer à manger de la m…

(Le Passeur de la Côte n’emploie jamais, jamais, presque jamais le mot m… Il y a cependant des situations où il s’impose, malheureusement.)

 

« Le Chinois se fait scrupule, par respect pour l’expression humaine, d’employer le papier couvert d’écriture à un usage qu’il vaut mieux ne pas nommer. Un missionnaire ayant employé par mégarde, pour l’usage en question, un papier écrit, c’est-à-dire dont chaque caractère incarne un esprit, son forfait fut connu; le papier fut présenté au mandarin, porté processionnellement aux idoles; et le Père dut s’enfuir pour éviter d’être massacré. « Un catéchiste, assure le missionnaire Aubry, fut condamné, en réparation du forfait, à la place de son maître, à manger trois bols… Vous me comprenez et je n’insiste pas sur les détails de cet horrible supplice ! Le coupable obtint seulement d’ajouter à chaque bol une forte dose de sel : il en fut malade six mois (1) »

« Il n’est pas convenable de sortir quand il pleut : car les divinités satisfont alors un petit besoin. »

(1) Les Chinois chez eux [Livre d’Émile Bard], Lille, Desclée, de Brouwer et Cie, 1889.

Source : Charles Godard (1860-1912 – docteur ès-lettres, professeur agrégé d’histoire et de géographie), Les croyances chinoises et japonaises, Paris, Librairie Bloud et Cie, sans date, p. 60. (L’ouvrage a été publié en 1901, selon le catalogue collectif français du Système Universitaire de Documentation.)

 

Hommes, croyez à ce que vous voulez, mais n’essayez pas d’enfoncer vos croyances dans la gorge * des autres.

* To force something down someone’s throat : rabattre les oreilles de quelqu’un avec quelque chose.

Roger Martel

Voici dieux.

 

Voici dieux

 

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Zeus, chef des dieux olympiens

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Dieu créant le ciel et la terre

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Anake, déesse de l’inévitable

Comus dieu_Lorenzo Costa_Regne de Comus detail_dieu des fetes

Comus, assis

Esus dieu artisan_Pilier_des_Nautes_01

Esus, dieu artisan

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Hermes, dieu du voyage

Hypnos_Thanatos_dieu du sommeil_BM_Vase_D56

Hypnos, dieu du sommeil

papillon galactique Hunab Ku_symbole  du dieu suprême

Symbole d’Hunab Ku, un dieu suprême

Shamash, dieu_Tablette de Shamash_relief

Dieu Shamash

Sucellus dieu au maillet

Sucellus, dieu au maillet

Telesphoros_dieu de la convalescence_Nimes

Telephoros, dieu de la convalescence

viracocha  dieu inca_dieu de la pluie

Viracocha, dieu de la pluie

Héra_deesse du mariage

Héra, déesse du mariage

Charites deesse du charme et de la beaute_Trois Grâces

Les Charités, déesses du charme, de la beauté, etc.

Hygie deesse de la propreté et de la bonne sante

Hygie, déesse de la propreté et de la bonne santé

 

D'après Jiulo Gippi, dit Jules Romain_Chute des géants_dieu

Chute des géants, d’après Giulo Pippi, surnommé Romano