Les lois s’appliquent, un officier de police judiciaire prive de liberté l’ancien président de la France : réjouissons, la démocratie fonctionne!

 Laurent Joffrin, Sarko le Libyen, 20 mars 2018,
http://www.liberation.fr/politiques/2018/03/20/sarko-le-libyen_1637565?xtor=EPR-450206&utm_source=newsletter&utm_medium=email&utm_campaign=quot
Laurent Joffrin est le Directeur de la publication du journal français Libération.

 

Sarkozy en garde à vue* [Nicolas Sarkozy, président de la France du 16 mai 2007 au 15 mai 2012], Sarkozy soupçonné, Sarkozy accusé. La routine, quoi… En butte à trois procédures judiciaires, dont ce dossier libyen qui lui vaut le désagrément d’une garde à vue, l’ancien président dénoncera bien sûr le «complot judiciaire et médiatique» [… En fait, la justice s’interroge sur des éléments troublants, à défaut d’être probants, pour l’instant en tout cas […]
Les journalistes dénoncent les turpitudes des puissants, souvent avec efficacité. […] Pourtant idéologues et démagogues continuent de dénoncer «la pensée unique» soi-disant en vigueur dans la presse, la «connivence» qui relierait les médias et la classe politique ou capitalistique. Alors qu’élus indélicats ou PDG fautifs doivent en permanence redouter le travail de la presse. Allez comprendre…
Dans cette affaire, aussi bien, comme dans tant d’autres, c’est le fonctionnement de la démocratie qui est en cause. […] On en brosse souvent un tableau horrifique, en dénonçant le pouvoir de la classe dirigeante, des multinationales, des puissants en général, qui viendrait miner, pervertir, annuler au bout du compte, les institutions chargées de lutter contre la corruption et d’assurer le respect des lois, y compris par «ceux d’en haut». La démocratie serait un leurre, une tromperie, un décor de Potemkine, qui cacherait la subreptice puissance des tireurs de ficelles de la classe dominante. Vaste blague… Si Nicolas Sarkozy, ancien président, leader de la droite, agent supposé de la bourgeoisie, est aujourd’hui dans le collimateur des magistrats […], c’est bien que la police enquête, que les juges font leur travail, que la presse en rend compte et que les lois s’appliquent. Autrement dit que le pluralisme des pouvoirs – et non l’unicité d’un pouvoir omnipotent – est bien à l’œuvre. Les populistes dénigrent jour et nuit la démocratie. Ce n’est pas pour en corriger les défauts. C’est parce qu’ils ne l’aiment pas.
* La garde à vue est une mesure de privation de liberté prise à l’encontre d’un suspect lors d’une enquête judiciaire. Le suspect a droit à un avocat. La durée de la garde à vue est limitée.

(https://www.service-public.fr/particuliers/vosdroits/F14837)

Nos élus, députés, maires, conseillers municipaux, commissaires d’écoles et conseils de fabriques jugés en 1910 par Jules Fournier.

Race de voleurs

Texte de Jules Fournier* publié dans L’Action, 27 février 1915.

* Jules Fournier (1884-1918) fut journaliste, propriétaire de journal (il a fondé L’Action, un « hebdomadaire de haute tenue ») et traducteur. En 1980, le Conseil de la langue française a créé un prix destiné à rendre hommage à un journaliste pour la qualité de son écriture : le Prix Jules-Fournier.

Les Canadiens français, la chose est notoire, sont gens à s’entendre sur bien peu de sujets (ce n’est d’ailleurs pas un reproche que je leur fais). Qu’il s’agisse d’instruction publique ou de colonisation, de défense nationale ou de tarifs douaniers, les débats entre eux ne sont jamais finis. Que n’ont-ils discuté, que ne discutent-ils encore, depuis la bravoure du docteur Mignault jusqu’à la question de savoir si 2 et 2 font 4 ? Il n’est qu’un point, à ma connaissance, sur lequel ils aient, depuis quelque temps déjà, fait l’unanimité – c’est la corruption presque universelle de leurs gouvernants et l’effroyable abaissement de leur vie publique.

Là-dessus par exemple, on peut le dire, l’accord est complet. Petit épicier du Faubourg Québec ou gros avocat de la rue Saint-Jacques, membre de la Chambre de Commerce ou pied-noir du Nord, n’ont là-dessus qu’une voix. Tous, au moins dans l’intimité, sont unanimes à reconnaître, voire à proclamer, que le bon peuple se fait tous les jours voler par tous ses mandataires à peu d’exceptions près ; que le péculat, le boodlage, le graft, sont de pratique courante non seulement dans nos parlements et nos conseils municipaux, mais encore jusque dans nos commissions scolaires et nos conseils de fabriques ; bref, que la morale publique chez nous n’est plus qu’un cadavre.

Sans compter les rédacteurs de l’Action, il s’est trouvé plus d’un publiciste pour mettre à jour cette plaie. Le directeur du Devoir notamment, en je ne sais plus combien d’articles, et avec un luxe de preuves dont on ne saurait exagérer la force, se chargeait l’an dernier de nous la faire voir dans ce qu’elle a de hideux et d’alarmant à la fois. Seulement, et c’est ici que nous nous séparerons de lui… seulement, nous l’ayant fait voir, M. Bourassa nous posait gravement cette question selon moi un peu naïve : Comment se peut-il que des hommes aussi honnêtes dans la vie privée, que le sont les Canadiens français, soient aussi corrompus dans la vie publique ?

Point en effet n’est besoin, pour expliquer la malhonnêteté de nos députés ou échevins, commissaires d’écoles ou syndics de paroisse, de leur supposer la conception d’une « double morale ». Nos gens ne sont pas si compliqués, et c’est chercher midi à quatorze heures que de leur prêter de ces subtiles distinctions. S’ils se conduisent comme des fripons dans la vie publique, c’est tout simplement qu’ils se conduisent comme des fripons dans la vie privée, et voilà tout.

Que M. Bourassa, un seul instant, ait pu s’y tromper, c’est ce qui dépasse l’imagination. N’a-t-il point assez vécu pour connaître ses compatriotes ? Ne les a-t-il jamais observés ? Ignore-t-il ce que sont et ce que font journellement la grande majorité des nôtres, dans le commerce, dans la finance, voire dans les professions libérales – surtout dans les professions libérales ? Ne sait-il pas enfin qu’aux yeux de quiconque a pu les voir à l’œuvre dans leurs affaires privées, leur conduite publique, loin d’étonner, paraît tout ce qu’il y a de plus naturel au monde ?

Il n’est pourtant que d’ouvrir les yeux pour s’en rendre compte. Depuis l’honnête habitant qui vous vend le gros prix un sac de pommes de terre additionnées de cailloux jusqu’au notaire de confiance qui se fait avec votre argent, prêté à 5 p.c., une commission de 3, – depuis le respectable épicier qui vous triche sur la pesée jusqu’au consciencieux architecte qui s’est entendu avec votre entrepreneur en bâtiments pour vous faire accepter des matériaux bons à rien, – depuis le courtier considéré qui vous vend à 500 piastres, sur de fausses représentations, des lots qui en valent bien 25, jusqu’à l’honorable avocat qui s’enrichit sur le dos de son client à coups de procédures inutiles, dans quel état, dans quel métier, dans quelle profession, je vous prie, ne trouvez-vous pas le Vol florissant et prospère, à tous les degrés de l’échelle ?

– Chez les médecins, direz-vous ? Puisque leur carrière est un véritable « sacerdoce », comme ils disent, sans doute auront-ils gardé plus que les autres, avec le sentiment de leur dignité, quelque conscience professionnelle et quelque honneur.

C’est ce que vous croyez, et sans doute n’avez-vous pas tort de le croire. Malgré tant d’autres désillusions sur tant d’autres hommes, je le croyais moi-même il n’y a pas longtemps encore. Si je ne crois plus, ce n’est en aucune sorte pour m’être fié aux racontars de la rue, c’est pour avoir eu du contraire les preuves dix fois, vingt fois répétées.

Est-ce à dire qu’il n’y a plus à Montréal, par exemple, de médecins consciencieux ? Non certes, il en est encore, et j’en connais. La vérité est pourtant qu’une très forte proportion d’entre eux (probablement plus du tiers) ne sont aujourd’hui que de vulgaires commerçants, et, qui pis est, des commerçants malhonnêtes, uniquement appliqués à voler leurs clients.

Ce commerce qu’ils font, vous l’avez peut-être entendu dire déjà, c’est proprement celui des « contre-spécialités ». On appelle entre autres choses « contre-spécialités », en langage d’apothicaire, tous ces médicaments de qualité plus ou moins inférieure, que fabriquent à pleins barils, en notre ville même, certaines personnes avisées, pour les revendre ensuite comme produits français, à des prix exorbitants. Voici par exemple, le Récalcificateur Lumina. C’est un quelconque mélange qui doit bien coûter au fabricant 15 sous la bouteille, et qui pourrait, comme produit canadien, se détailler raisonnablement à 50 ou 60 sous. Comme produit français il se vendra $1.75. Une simple étiquette, imitant plus ou moins bien la typographie française, aura suffi à lui donner ce supplément de valeur.

À supposer que, donné pour ce qu’il est, le médicament en question (soyons généreux !) pût se vendre 75 cents, c’est donc une piastre tout juste que l’acheteur paiera, non pas pour le médicament, non pas même pour le flacon, mais seulement pour l’étiquette. Que pensez-vous maintenant du médecin qui, lui-même intéressé dans la vente d’un pareil produit, n’hésite pas à le prescrire à ses clients ?

Or, les produits du genre de ce Récalcificateur, ce n’est plus par douzaines, à Montréal, qu’on les compte, ce n’est même plus par vingtaines… Il y en a bien à tout le moins cent cinquante à deux cents, chacun portant son étiquette faussement française, chacun patronné, favorisé, prescrit à tout propos par nombre de médecins. Cent cinquante à deux cents : peut-être pourrez-vous, par ce chiffre, vous faire quelque idée de la colossale exploitation pratiquée à cœur d’année, par nos bons docteurs, sur leurs trop naïfs clients.

– Et qui sont-ils, demanderez-vous, ces abominables morticoles ? Tous des hommes de second ordre, au moins, j’espère…

C’est ce qui vous trompe, mon cher lecteur. S’il en est parmi eux de relativement obscurs, il en est par contre de très connus, et des plus huppés. Oui, monsieur, des plus huppés. Jusques et y compris, s’il vous plaît, des professeurs de Laval. C’est comme je vous le dis.

*** Que conclure de tout cela, si ce n’est pour en revenir à ce que je disais en commençant, que l’immoralité du Canadien français dans la vie publique s’explique beaucoup plus simplement qu’il n’apparaît à M. Bourassa, puisqu’elle n’est en somme que le prolongement de son immoralité dans la vie privée ?

En d’autres termes, pourquoi voudrait-on que cet habitant de Laval ou de Jacques-Cartier de qui vous ne pouvez rien acheter sans vous faire voler fût, disons, plus scrupuleux au conseil municipal que dans son commerce ?

Pourquoi voudrait-on que cet avocat, ce notaire, cet architecte, notoirement voleurs dans leurs professions, se refissent subitement une probité en pénétrant à l’hôtel de ville ou dans les parlements ?

Pourquoi enfin voudrait-on que ce médecin-escroc, qui ne rougit pas de spéculer sur la confiance de ses clients pour leur coller sous des noms français, à des prix de fantaisie, des remèdes fabriqués rue Wolfe… pourquoi voudrait-on que ce médecin montrât dans les fonctions publiques plus de conscience et d’honneur que dans l’exercice de sa profession ?

Mandataires du peuple, les uns et les autres continueront tout simplement de suivre, sur un autre terrain, leur pente naturelle. Aussi est-ce bien à tort, selon moi, que le directeur du Devoir s’est jamais avisé de relever chez eux de prétendues contradictions. Un honnête homme, souvent, peut montrer dans son caractère des contradictions. Au contraire, rien de plus logique, de plus cohérent, rien de plus harmonieux que le caractère d’un coquin.

Voleurs dans les affaires privées, la plupart de nos hommes publics, jusqu’ici, ont simplement continué de l’être dans les affaires publiques, sans le moindre effort et comme d’instinct. C’est ce qui nous rend leurs vies si aisément intelligibles, et qui en fait la profonde unité.

Race de voleurs fait partie du recueil Mon encrier, offert gratuitement au https://beq.ebooksgratuits.com/pdf/Fournier-encrier.pdf.

 

Jules Fournier

MORTICOLE, subst. Masc.

Péj. et fam. [P. allus. au roman satirique de Léon Daudet, Les Morticoles] Médecin qui est réputé faire mourir les malades plutôt que les guérir; en partic., mandarin de Faculté caractérisé par l’amour de l’argent, des titres honorifiques. (Ds Nouv. Lar. ill.-Lar. Lang. fr., Rob.).

(Source : http://www.cnrtl.fr/definition/morticole)

Pour en apprendre plus sur Jules Fournier :

http://agora.qc.ca/dossiers/Jules_Fournier

http://www.biographi.ca/fr/bio/fournier_jules_14F.html

http://bilan.usherbrooke.ca/bilan/pages/biographies/350.html

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« Appelés à vivre dans un pays de démocratie, nous entendons absolument à rebours l’esprit de parlementarisme. Après soixante ans de gouvernement responsable, il nous reste encore à apprendre que ce régime est avant tout le gouvernement du peuple par le peuple, que les ministres sont là seulement pour obéir à nos ordres, et que c’est à nous de leur dicter en tout temps, et non pas seulement une fois tous les cinq ans, les actes qu’ils doivent accomplir pour notre compte. […] Il semble que ce ne sont pas des ministres que nous possédons, mais bien des dictateurs à qui nous avons donné carte blanche pour la durée entière de leur terme d’office. »

— Jules Fournier

Source : http://www.luxediteur.com/catalogue/jules-fournier-journaliste-de-combat/

Les élus ne doivent pas laisser les juges gouverner à leur place.

Source : Sous la tutelle des juges | Point de vue | Points de vue

Publié le 14 mai 2016 à 17h23 | Mis à jour le 14 mai 2016 à 17h23

Sous la tutelle des juges

Le Soleil, Carrefour des lecteurs

J’ai une certaine difficulté à comprendre comment fonctionne actuellement la démocratie au Canada. Il suffit en effet que des juges, des non-élus, donnent leur avis sur quelque projet de loi ou sur une loi en vigueur pour que des représentants élus courbent l’échine comme des écoliers pris en flagrant délit. Si les honorables magistrats qui les réprimandent font partie de la Cour suprême, c’est la panique. On est prêt à tout faire pour apaiser leur courroux, voire à légiférer à la hâte avec le risque de mal faire, comme cela adviendra possiblement dans le cas du projet de loi sur l’euthanasie, qualifiée d’aide médicale à mourir.

C’est sans doute plaisant pour des juges de gouverner à la place de députés timorés. Mais les auteurs de la Charte canadienne des droits et libertés avaient, semble-t-il, anticipé la possibilité d’une telle dérive, d’où l’insertion d’une clause dite de dérogation, laquelle réaffirme la primauté du pouvoir législatif dans l’élaboration des lois tout en respectant celle du pouvoir judiciaire quand il s’agit d’en faire l’interprétation à la lumière de principes constitutionnels fondamentaux. On voulait éviter que le pays ne soit gouverné par des juges, lesquels, tout honorables qu’ils soient, demeurent des non-élus.

Au fait, s’il existe chez des juges la tentation d’exercer une tutelle, c’est que prédomine trop souvent chez des représentants élus la peur d’assumer pleinement, dans des situations délicates, la charge de législateur. La tentation de la tutelle de la part des uns répond au vide juridique provoqué par l’inertie ou la pusillanimité des autres.

Louis O’Neill, Québec

Aujourd,hui, 19 oct. 2015, les Canadiens votent. Élections, piège à cons ?

Éditorial du numéro 61, octobre-novembre 2015

Élections, piège à cons ?

Le Collectif de la revue À bâbord !

Source : revue québécoise À Bâbord !, https://www.ababord.org/Elections-piege-a-cons

Surgie dans la foulée de Mai 1968, cette question en forme d’affirmation était et demeure provocatrice. Elle signale toutefois un problème réel, celui de la démocratie en tant qu’exercice de la souveraineté politique du peuple. Les élections et les péripéties souvent peu glorieuses qui les accompagnent favorisent-elles effectivement l’idéal démocratique ou n’en sont-elles que la caricature ? Quelques exemples récents incitent à se poser à nouveau la question.

 

En Grèce, Syriza a abruptement détruit les rêves immenses qu’il avait suscités. Élu avec un fort appui populaire pour mettre fin aux plans d’austérité qui ont saigné le pays pendant les cinq dernières années, il paraissait se battre avec courage. Devant les institutions européennes et l’Allemagne, qui exigeaient de nouvelles compressions, il a recouru à un référendum qui devait permettre de trancher la question. La population du pays, on le sait, a rejeté à 61 % les mesures que voulaient imposer ces instances. Pourtant, à la surprise générale, le gouvernement issu de ce même parti s’est soumis de la façon la plus complète et la plus désolante aux volontés impitoyables des institutions européennes. Et cela même si, selon un avis largement partagé, les solutions retenues plongeront davantage le pays dans la misère.

 

Chez nous, le NPD ne se donne même pas la peine de créer l’espoir d’un véritable changement. Plus il se rapproche du pouvoir, plus il vise le centre. Il a rayé le terme « socialiste » de son vocabulaire. Il refuse de prendre clairement position sur des enjeux fondamentaux, comme le libre-échange ou les projets d’oléoducs. Il veut atteindre le déficit zéro dès la première année d’exercice du pouvoir, alors que les libéraux – c’est le monde à l’envers ! – promettent davantage d’investissements pour relancer l’économie. Le chef du parti Thomas Mulcair a même réprimandé l’une de ses plus prestigieuses candidates, Linda McQuaig, pour avoir affirmé qu’il fallait laisser une grande quantité du pétrole des sables bitumineux sous terre !

 

Ces exemples, et on pourrait en évoquer bien d’autres, montrent une fois de plus à quel point la politique a souvent tendance à devenir une farce cynique. Dans le genre, la campagne de Donald Trump dans les primaires républicaines représente un sommet de bouffonnerie. Le spectacle que la politique nous offre n’est pas toujours aussi débilitant, mais il reste qu’elle s’avère trop souvent mauvaise et décevante, bien loin de l’idéal démocratique. D’autant plus que les décisions des élu·e·s sont de plus en plus limitées par des forces plus grandes qui viennent bousiller le système démocratique lui-même : le lobbyisme qui soumet leur travail à des intérêts très restreints et les accords internationaux – de libre-échange, entre autres –, qui contraignent les interventions des gouvernements en leur enlevant de plus en plus de souveraineté politique Ce dont nous avons d’ailleurs été témoins dans le cas navrant de la Grèce.

 

Si bien qu’on se demande quoi faire pour que le pouvoir politique se consacre un tant soit peu aux intérêts des citoyen·ne·s et respecte les décisions démocratiques. Pour échapper aux jeux d’influence qui minent la démocratie, faudrait-il promouvoir un tout autre système ? Certains en viennent même à envisager dans cette optique l’hypothèse d’une « lotocratie », qui permettrait de choisir la classe gouvernante au hasard parmi la population, un peu comme on le fait pour les jurys. Des personnes honnêtes, sans famille politique ou financière, ne seraient-elles pas les mieux placées pour prendre des décisions courageuses et avantageuses dont on prive systématiquement les populations ?

 

Les errements de la démocratie aujourd’hui soulèvent une série de problèmes très difficiles à résoudre. Il devient alors tentant de se réfugier dans un grand cynisme, de rejeter d’emblée un système politique qui ne permet que d’accumuler les déceptions. Il s’ensuit une apathie générale pour tout ce qui touche le politique, à un moment où les besoins de mobilisation sont pourtant immenses. Le grand refus et la désillusion, bien que très compréhensibles, ne règlent cependant rien. On aurait tort de laisser tout le champ politique à des intérêts qui pourront alors se réjouir d’avoir atteint ce qui représente pour eux la réussite suprême : celle d’avoir éliminé une fois pour de bon tous leurs adversaires.

 

Les trahisons successives que permet notre système politique nous mettent dans la position du funambule. Comment conserver nos idéaux face aux manipulations minables de ceux et celles qui nous gouvernent ? Comment, dans ce contexte, continuer à défendre des valeurs que nous considérons incontournables, mais auxquelles on accorde si peu d’importance ? Ce qui est sûr, c’est qu’il ne faut pas baisser pavillon. Il sera nécessaire de surveiller attentivement de près le prochain gouvernement, quel qu’il soit, même si les conservateurs sont chassés du pouvoir. Il faudra continuer à travailler au renouvellement du processus démocratique, malgré tout. Il faudra surtout garder les luttes bien vivantes et s’assurer qu’elles débouchent sur de véritables victoires. Ce sont là sûrement les plus grands défis qui nous attendent dans les prochaines années.

 

Le Collectif de la revue À bâbord !

Pour un mode de scrutin proportionnel-mixte au Québec

Pour un mode de scrutin proportionnel-mixte au Québec.

Cliquez sur le lien ci-dessus si vous en avez assez du mode de scrutin utilisé au Québec.

 

 

 

Pour un mode de scrutin proportionnel-mixte au Québec

Pourquoi c’est important

La réforme du mode de scrutin était inscrite en 1976 au programme du Parti québécois. En 2012, elle en était retirée. L’ADQ est disparu au profit de la CAQ et, avec elle, sa promesse de réformer le mode de scrutin. Quant au Parti libéral, il n’a tout simplement jamais eu l’intention d’améliorer le mode de scrutin.

Les élections de 2012 et de 2014 obligent encore une fois un bon nombre d’électeurs et électrices à exercer un vote, non pas de conviction, mais dit « stratégique ».

Il est temps que le Québec modernise son mode de scrutin pour un autre plus représentatif, plus parcimonieux et plus démocratique. Le nouveau mode de scrutin visé par cette pétition permettra de représenter plus fidèlement la volonté populaire. Ce mode de scrutin, qui est utilisé par de nombreux États démocratiques à travers le monde, se nomme le mode de scrutin proportionnel-mixte.

En plus de signer cette pétition, vous êtes invités à soutenir la campagne Solution démocratique menée par le Mouvement pour une démocratie nouvelle (MDN). Cette campagne concrétise la réforme du mode de scrutin par une proposition précise: un mode de scrutin proportionnel mixte compensatoire pourvu de mécanismes pour améliorer la représentation sous toutes ses facettes. Le MDN a formulé sa proposition en rassemblant les demandes citoyennes des dernières années.
http://www.democratie-nouvelle.qc.ca

Cette pétition a été composée et lancée par le Parti de la Réforme Proportionnelle-Mixte (PRPM).
http://www.votons-prpm.org
courriel@votons-prpm.org
http://www.facebook.com/Votons.PRPM

Plus d’informations :
http://www.democratie-nouvelle.qc.ca
http://www.voir.ca/jepenseque/2012/05/28/la-paix-sociale-par-la-proportionnelle
http://www.institutions-democratiques.gouv.qc.ca/reforme-des-institutions/mode_scrutin.htm

http://www.radio-canada.ca/emissions/medium_large/2011-2012/chronique.asp?idChronique=240975

 

La démocratie disparaît chez Desjardins, déplore un citoyen de Loretteville

La démocratie disparaît chez Desjardins

IMPOLITESSE EXTRÊME

Comme l’a dit Claude Béland, ancien président [du Mouvement Desjardins], la démocratie disparaît chez Desjardins. En effet, il y a dix ans, la caisse de Loretteville décidait de fermer son bureau au centre-ville pour aller à Neufchâtel. Ceci, sans égard pour les membres qui l’ont mise au monde et l’ont fait grandir. Nous avions une pétition de 2 300 noms qui s’opposaient à la fermeture. Mais ça n’a rien donné, et, à l’assemblée générale, comme toujours, on n’a pu avoir un vote sur le sujet. C’est pourtant à nous, les caisses, et on n’a rien à dire… Cette année, avec une impolitesse extrême, on a fermé le guichet qui restait au centre-ville de Loretteville, et ce, sans aucun avis. Encore là, un manque de reconnaissance pour les personnes âgées qui leur ont permis de se développer.

Raymond Martel, Québec (Loretteville)

Opinion émise dans le quotidien Le Soleil de Québec, 30 novembre 2013, page 39

 

………………..

 

Pour la refondation du Mouvement Desjardins

Un expert de l’ONU demande une protection renforcée pour les lanceurs d’alerte et les défenseurs des droits de l’homme

Texte provenant de Centre d’actualités de l’ONU: http://www.un.org/french/newscentre/

 

ONU, New York, 11 septembre 2013

Le Rapporteur spécial pour la promotion d’un ordre international démocratique et équitable, Alfred de Zayas, a exhorté mercredi les gouvernements du monde entier à assurer la protection des groupes et des individus de la société civile qui interviennent pour renforcer la transparence et garantir la reddition de comptes par les décideurs.

 

« Un système international démocratique et équitable ne peut être réalisé tant que les acteurs de la société civile continuent d’être victimes d’intimidation, de harcèlement et de violences et les individus privés de leur droit de participer à la conduite des affaires publiques », a affirmé M. de Zayas devant le Conseil des droits de l’homme.

Selon l’expert indépendant de l’ONU, l’accès à des informations fiables de sources diverses, publiées ou mises en ligne par des médias indépendants, est essentiel pour permettre aux gens de former leurs propres opinions et de prendre part à la vie publique.

« Des mesures de protection spécifiques doivent être prises pour les défenseurs des droits de l’homme et les lanceurs d’alertes qui sont dans certains cas accusés d’être des ennemis de l’État, alors qu’en réalité, ils rendent un service démocratique à leur pays et contribuent au respect des droits de l’homme de leurs compatriotes », a souligné M. de Zayas.

« En dépit de leur soutien de façade à la démocratie, trop de gouvernements oublient qu’en démocratie, le peuple est souverain », a-t-il ajouté, en précisant que de nombreux gouvernements sont plus attentifs aux lobbys et aux intérêts particuliers qu’aux aspirations de leurs propres populations.

Le rapporteur a exprimé sa préoccupation devant la tendance de certains gouvernements à vouloir défendre les intérêts de l’industrie militaire, des banques et des multinationales plutôt que ceux de leur propre population, ce qui crée souvent des troubles aux plans national et international.

« À cet égard, les Cours constitutionnelles ont un rôle primordial pour lancer des poursuites judiciaires à l’encontre des dirigeants d’un pays en cas de manquements à leurs responsabilités », a indiqué M. de Zayas.

Dans son rapport, l’expert a fait plusieurs recommandations pour mieux protéger les voix émanant des groupes marginalisés et encourager la participation de tous les individus aux décisions ayant un impact direct sur eux.

« Les mouvements populaires qui ont récemment vu le jour dans plusieurs régions du monde mettent en évidence la nécessité d’encourager la participation directe aux processus de décisions nationales et internationales », a indiqué M. de Zayas.

« Il est également nécessaire de réformer le système des Nations Unies, le Conseil de sécurité, les institutions issues de Bretton Woods et l’Organisation mondiale du commerce afin d’ouvrir la voie à un nouvel ordre international plus démocratique et équitable », a-t-il ajouté, préconisant également la création d’une Cour mondiale des droits de l’homme et d’une Assemblée parlementaire mondiale.

« Un ordre international plus démocratique et plus équitable n’est pas une utopie. C’est possible si les gouvernements et la société civile oeuvrent ensemble à réaliser les objectifs et principes de la Charte des Nations Unies pour nous et les générations futures », a affirmé M. de Zayas.