UN EXPERT DE L’ONU RAPPELLE QUE LE DÉVELOPPEMENT ET LE RESPECT DES DROITS DE L’HOMME SONT INSÉPARABLES

Source : Centre d’actualités de l’ONU: http://www.un.org/french/newscentre/

 

New York, 28 octobre 2013

 

Le Rapporteur spécial de l’ONU sur la promotion de la vérité, de la justice, de la réparation et des garanties de non-répétition, Pablo de Greiff, a affirmé lundi que la justice, la sécurité et le développement sont liés et ne peuvent pas être atteints de façon séparée.

 

« L’objectif principal de ce rapport est de souligner la place de la justice et des considérations relatives aux droits dans le programme de développement de l’après-2015 », a expliqué M. de Greiff lors d’une conférence de presse au siège de l’ONU à New York, après avoir présenté son rapport à l’Assemblée générale.

 

L’expert indépendant de l’ONU a rappelé qu’un certain nombre d’obligations juridiquement contraignantes se rapportaient à la justice et aux droits, comme en témoignent les mouvements en cours en Afrique du Nord et au Moyen-Orient, il a précisé que l’intérêt manifesté par les populations pour le respect de la justice et des droits devait être pris en compte.

 

M. de Greiff a rappelé que la Tunisie prérévolutionnaire avait été saluée comme un exemple de réussite en termes de réalisation des objectifs du Millénaire pour le développement (OMD). « L’encadrement des objectifs de développement pour l’après-2015 ne doit pas conduire à nouveau à une situation dans laquelle les gens dans les pays qui réalisent ces objectifs sont prêts à touts les risques pour réaliser des changements fondamentaux ».

 

« Les citoyens de Tunisie et ailleurs savent que les opportunités économiques et le progrès social sont fondamentaux pour le bien-être, tout comme la sécurité personnelle, la bonne gouvernance et l’accès à la justice », a affirmé M. de Greiff.

 

Dans son rapport, l’expert suggère d’appliquer le « test tunisien » au nouveau cadre de développement post-2015. Les objectifs et les indicateurs établis ne doivent pas permettre l’apparition de « bons exemples » de développement dans les sociétés où le développement n’est pas accompagné par des réalisations en matière de sécurité, de justice et de respect des droits humains.

 

« La justice et le développement sont encore trop souvent considérées comme des objectifs différents et indépendants. Nous ne pouvons pas avoir une situation où le financement du développement est disponible pour construire des écoles, mais que les enfants ne puissent pas se rendre à l’école en sécurité », a déclaré le Rapporteur spécial.

LES OPPOSANTS À DES PROJETS DE DÉVELOPPEMENT, DE PLUS EN PLUS SOUVENT STIGMATISÉS COMME «ANTIGOUVERNEMENTAUX»

Source : Centre d’actualités de l’ONU: http://www.un.org/french/newscentre/

New York, 29 octobre 2013

Les militants des droits de l’homme qui s’opposent à de vastes projets de développement sont de plus en plus considérés comme étant « antigouvernementaux » ou « ennemis d’État », a mis en garde mardi une experte indépendante des Nations Unies.

Les individus qui cherchent à aider les communautés directement impactées par des projets de construction de centrales hydroélectriques, de barrages et de voie routières sont en effet souvent « harcelés, stigmatisés et criminalisés pour avoir fait leur travail », dénonce la Rapporteuse spéciale sur les défenseurs des droits de l’homme, Margaret Sekaggya, dans son dernier rapport à l’Assemblée générale, qu’elle a présenté hier.

Ces militants sont également en butte à des menaces, y compris de mort et des agressions physiques. « Mais plutôt que de s’opposer au développement, ils jouent un rôle important dans sa promotion », a déclaré Mme Sekaggya.

« Il est essentiel que les communautés et ceux qui défendent leurs droits soient en mesure de participer activement, librement et de façon significative, à l’évaluation, l’analyse, la conception, la planification, l’exécution, le suivi et l’évaluation des projets de développement qui les concernent. »

Mme Sekaggya a appelé à une approche fondée sur les droits de l’homme qui inclurait les principes d’égalité et de non-discrimination, de participation, de protection, de transparence et de reddition de comptes, et les moyens de saisir des voies juridiques.

La participation, ainsi que l’accès à des informations relatives aux projets de développement, peuvent contribuer de manière significative à désamorcer les tensions, a plaidé la Rapporteuse spéciale.

En revanche, un manque de transparence pourrait non seulement accroître la vulnérabilité des militants et des communautés touchées, mais aussi remettre gravement en question la crédibilité et la légitimité de l’État et la participation du secteur privé à ces projets.

« Les États ont l’obligation de protéger ceux qui revendiquent leur droit légitime à participer au processus de décision et d’exprimer leur opposition aux projets de développement à grande échelle », souligne-t-elle. « Il est crucial que le signalement des violations des droits de l’homme puisse se faire en toute sécurité. »

Un expert de l’ONU demande une protection renforcée pour les lanceurs d’alerte et les défenseurs des droits de l’homme

Texte provenant de Centre d’actualités de l’ONU: http://www.un.org/french/newscentre/

 

ONU, New York, 11 septembre 2013

Le Rapporteur spécial pour la promotion d’un ordre international démocratique et équitable, Alfred de Zayas, a exhorté mercredi les gouvernements du monde entier à assurer la protection des groupes et des individus de la société civile qui interviennent pour renforcer la transparence et garantir la reddition de comptes par les décideurs.

 

« Un système international démocratique et équitable ne peut être réalisé tant que les acteurs de la société civile continuent d’être victimes d’intimidation, de harcèlement et de violences et les individus privés de leur droit de participer à la conduite des affaires publiques », a affirmé M. de Zayas devant le Conseil des droits de l’homme.

Selon l’expert indépendant de l’ONU, l’accès à des informations fiables de sources diverses, publiées ou mises en ligne par des médias indépendants, est essentiel pour permettre aux gens de former leurs propres opinions et de prendre part à la vie publique.

« Des mesures de protection spécifiques doivent être prises pour les défenseurs des droits de l’homme et les lanceurs d’alertes qui sont dans certains cas accusés d’être des ennemis de l’État, alors qu’en réalité, ils rendent un service démocratique à leur pays et contribuent au respect des droits de l’homme de leurs compatriotes », a souligné M. de Zayas.

« En dépit de leur soutien de façade à la démocratie, trop de gouvernements oublient qu’en démocratie, le peuple est souverain », a-t-il ajouté, en précisant que de nombreux gouvernements sont plus attentifs aux lobbys et aux intérêts particuliers qu’aux aspirations de leurs propres populations.

Le rapporteur a exprimé sa préoccupation devant la tendance de certains gouvernements à vouloir défendre les intérêts de l’industrie militaire, des banques et des multinationales plutôt que ceux de leur propre population, ce qui crée souvent des troubles aux plans national et international.

« À cet égard, les Cours constitutionnelles ont un rôle primordial pour lancer des poursuites judiciaires à l’encontre des dirigeants d’un pays en cas de manquements à leurs responsabilités », a indiqué M. de Zayas.

Dans son rapport, l’expert a fait plusieurs recommandations pour mieux protéger les voix émanant des groupes marginalisés et encourager la participation de tous les individus aux décisions ayant un impact direct sur eux.

« Les mouvements populaires qui ont récemment vu le jour dans plusieurs régions du monde mettent en évidence la nécessité d’encourager la participation directe aux processus de décisions nationales et internationales », a indiqué M. de Zayas.

« Il est également nécessaire de réformer le système des Nations Unies, le Conseil de sécurité, les institutions issues de Bretton Woods et l’Organisation mondiale du commerce afin d’ouvrir la voie à un nouvel ordre international plus démocratique et équitable », a-t-il ajouté, préconisant également la création d’une Cour mondiale des droits de l’homme et d’une Assemblée parlementaire mondiale.

« Un ordre international plus démocratique et plus équitable n’est pas une utopie. C’est possible si les gouvernements et la société civile oeuvrent ensemble à réaliser les objectifs et principes de la Charte des Nations Unies pour nous et les générations futures », a affirmé M. de Zayas.

La Haut Commissaire des Nations Unies aux droits de l’homme demande à l’Iran de libérer la militante des droits de l’homme Nasrin Sotoudeh

Source : Centre de nouvelles ONU, http://www.un.org/french/newscentre/

New York, 4 décembre 2012

La Haut Commissaire des Nations Unies aux droits de l’homme, Navi Pillay, a exhorté mardi le gouvernement iranien à libérer une avocat et militante des droits de l’homme, Nasrin Sotoudeh, en grève de la faim depuis dix semaines, alors que son état de santé se détériorerait gravement.

« La Haut Commissaire a exhorté le gouvernement iranien à relâcher M. Sotoudeh dans les meilleurs délais, ainsi que tous les activiste arrêtés et détenus pour avoir promu de manière pacifique le respect des droits humains en Iran », a déclaré le porte-parole du HCDH, Rupert Colville, lors d’une conférence de presse donnée à Genève.

« Les droits à la liberté d’expression et d’opinion et au rassemblement pacifique sont des droits humains fondamentaux qui doivent être respectés et protégés », a-t-il rappelé. « Mme Sotoudeh a été arrêtée le 4 septembre 2010 et purge actuellement une peine de six ans de prison. Elle a également été déchue du barreau pour dix ans en raison de ses activités de défense des droits de l’homme.

Le 17 octobre, elle a entamé une grève de la faim afin de protester contre ses conditions de détention et contre l’interdiction de voyager imposée à son mari et à leur fille de 12 ans. Peu après, elle a été placée en cellule d’isolement et privée de visites familiales pendant plusieurs semaines.

Navi Pillay s’est déclarée extrêmement préoccupée du sort de Mme Sotoudeh. Alors que les autorités iraniennes prétendent qu’elle est en bonne santé, son mari, qui a été récemment autorisé à lui rendre visite, affirme qu’elle se trouve à un stade limite. « La Haut Commissaire exhorte le gouvernement iranien à réagir de toute urgence à la situation de Mme Sotoudeh en levant l’interdiction de voyager et toutes les autres sanctions imposées à sa famille, qui ne peuvent être justifiées au regard du droit international », a expliqué M. Colville.

Les mécanismes pertinents des Nations Unies en matière de droits de l’homme, parmi lesquels des comités spécifiques qui surveillent la mise en oeuvre par les Etats parties des différentes conventions, ainsi que les experts qui font rapport au Conseil des droits de l’homme au titre de « procédures spéciales », considèrent l’emprisonnement de Mme Sotoudeh comme arbitraire, y voyant une violation des dispositions de la Déclaration universelle des droits de l’homme et du Pacte international relatif aux droits civils et politiques, auquel adhère l’Iran.

D’autres activistes et leurs familles se sont vus également imposés des contraintes similaires, reflets d’une tendance de plus en plus préoccupante qui juguler à limiter la liberté d’expression, d’opinion et d’association en Iran, a déploré M. Colville.

« La Haut Commissaire est préoccupée que les membres des familles de militants des droits de l’homme et des avocats soient souvent pris pour cible par les autorités iraniennes », a-t-il ajouté. Il a cité le cas de Massumeh Dehghan, la femme de l’avocat et défenseur des droits de l’homme d’Abdolfattah Soltani, actuellement emprisonné, qui vient d’être condamné à un an de prison et à cinq ans d’interdiction de voyager à l’étranger alors qu’elle devait recevoir, au nom de son mari, le Prix international des droits de l’homme Nuremberg.

Les violences contre les femmes et l’impact des industries extractives préoccupent les autochtones

Source : Actualités ONU (UNNews)

New York, 18 septembre 2012

Les violences à l’égard des femmes et des filles et l’impact des industries extractives sont au nombre des préoccupations premières des populations autochtones, a déclaré mardi le Rapporteur spécial sur la situation des droits de l’homme et des libertés fondamentales de ces peuples, James Anaya.

« Une question récurrente portée à mon attention est celle des violences perpétrées à l’encontre de femmes et des filles autochtones », a indiqué M. Anaya au Conseil des droits de l’homme, actuellement en session à Genève.

L’an dernier, le Rapporteur spécial a coopéré avec divers pays, agences des Nations Unies et peuples autochtones dans le cadre d’une série de missions visant à évaluer les défis auxquels sont confrontés quotidiennement ces peuples. Dans ce cadre, il a fait des recommandations aux États en matière de pratiques optimales et s’est penché sur les allégations de violations des droits de l’homme.

M. Anaya a déclaré qu’au cours de ses consultations avec des représentants d’organisations autochtones, ceux-ci avaient souligné le besoin d’une approche holistique pour mettre fin aux violences à l’égard des femmes et filles autochtones. La mise œuvre de la Déclaration sur les droits des peuples autochtones est selon lui déterminante pour répondre à cette question.

Adoptée par l’Assemblée générale en septembre 2007 après plus de deux décennies de délibérations, cette Déclaration couvre les droits individuels et collectifs des peuples autochtones dans tous les domaines : culture, identité, langue, accès à l’emploi, santé ou encore éducation.

« L’autodétermination des autochtones et leur intégrité culturelle doivent être renforcées, de même que la répression des violences contre les femmes et les filles de ces communautés », a indiqué le Rapporteur spécial.

Abordant ensuite le problème des relations tendues avec les industries extractives, M. Anaya a rappelé que celles-ci prenaient rarement la peine de consulter les populations autochtones établies sur un territoire donné avant de commencer à prospecter.

« L’accent est maintenant mis sur des principes très clairs de consultation et de consentement libre, préalable et éclairé », a-t-il relevé, avant de dire qu’une approche constructive consisterait à s’aligner sur les droits fondamentaux des autochtones pouvant être touchés par l’extraction des ressources naturelles.

Ces droits comprennent en particulier les droits de propriété sur les terres et les ressources naturelles qui s’y trouvent, les droits culturels et religieux, le droit à la santé et le droit des peuples autochtones à définir et poursuivre leur propre développement, dans le cadre de leur droit fondamental à l’autodétermination.

Le Rapporteur spécial a annoncé qu’il préparait une étude sur les industries extractives, qui contiendra un éclairage sur plusieurs modèles d’exploitation des ressources naturelles accordant une plus grande place aux populations autochtones.

Au cours de son intervention, M. Anaya a également présenté ses rapports sur la situation des peuples autochtones en Argentine et aux États-Unis, réitérant qu’en dépit de mesures positives prises par les gouvernements de ces deux pays pour améliorer leurs conditions de vie, il restait encore beaucoup à faire.

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 Veuillez consulter le site du Centre de nouvelles ONU pour plus d’information http://www.un.org/french/newscentre/