Éducation : prenons les jeunes au sérieux !

Prendre la jeunesse au sérieux

 

Louis Cornellier, le Devoir, 2 décembre 2017

http://www.ledevoir.com/culture/livres/514379/prendre-la-jeunesse-au-serieux

 

On veut les divertir, même à l’école, mais les jeunes méritent mieux et plus que ça. Souvent, sous le prétexte qu’ils sont encore à l’âge de l’insouciance, on ne leur réserve que des nourritures intellectuelles insignifiantes. Les choses sérieuses, croit-on, viendront bien assez vite.

 

Alors qu’on refuse de laisser les enfants se gaver de n’importe quoi en avançant l’idée qu’ils doivent bien se nourrir pour croître sainement, on tolère, on encourage même, leur consommation de produits culturels commerciaux et insipides. Pourtant, la croissance intellectuelle est certainement aussi importante que la croissance physique, et les jeunes, avant d’être corrompus par la malbouffe culturelle, restent ouverts à des stimulations plus substantielles. Il suffit parfois de leur en offrir pour constater qu’ils aiment ça.

 

À une époque où l’on a érigé l’estime de soi en culte, il est étonnant qu’on ne se rende pas compte des pouvoirs de la culture à cet égard. Avoir des connaissances, être cultivé, nous permet de mieux lire notre environnement, nous donne une prise sur le monde qui nous entoure, et cela rend fier et fort, en nous fournissant une armature intellectuelle inébranlable.

Dans les écoles du Québec, des toilettes attrayantes pour augmenter la rétention des élèves.

« Le lab-école: un mépris de la profession d’enseignant. » – Éclairons vite le ministre de l’éducation.

Source : Le Devoir, http://www.ledevoir.com/societe/education/495621/le-lab-ecole-un-mepris-de-la-profession-d-enseignant

LETTRE

Le lab-école: un mépris de la profession d’enseignant

Le Devoir, 5 avril 2017 | Gérard Lévesque

Notre sympathique ministre de l’Éducation, Sébastien Proulx, a décidé d’investir dans les travaux de trois vedettes, elles aussi fort bien intentionnées, qui offrent leurs services pour repenser nos écoles et en faire des milieux modernes et stimulants de réussite scolaire. Ces vedettes du monde culinaire, sportif et architectural ont présenté leur participation particulière à ce projet à l’émission 24/60 du lundi 3 avril. Pierre Thibault, architecte, se chargera de l’environnement physique de l’école moderne et des meilleures stratégies pour construire des écoles. Pierre Lavoie, de l’éducation physique des élèves, et Ricardo Larrivée, de leur alimentation à la cafétéria des écoles. Toutes ces intentions, certes louables, sont néanmoins étrangères aux conditions favorables au développement du désir de connaître, au fondement de l’apprentissage et de la réussite scolaire. C’est comme si on croyait que la réussite de la relation amoureuse d’un couple dépend de la beauté de leur appartement, de l’apparence physique des partenaires et de la qualité de leur alimentation. Cette façon de procéder s’inscrit dans le paradigme habituel et suranné du ministère de l’Éducation, qui croit que, pour parler sainement de l’éducation des élèves, il vaut mieux s’en remettre à ceux qui y sont étrangers. Le ministre de l’Éducation serait beaucoup mieux avisé de confier la réflexion aux praticiens qui s’acharnent sur le terrain avec l’insuffisance des moyens que son gouvernement leur alloue.

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Source : http://www.ledevoir.com/societe/actualites-en-societe/495584/quebec-inc-la-plaie

Québec inc., la plaie

Le Devoir, Francine Pelletier, 5 avril 2017

S’il y a une vache sacrée au Québec, elle se promène en veston cravate et s’appelle Québec inc. Depuis 50 ans que nous sommes maîtres chez nous, nous avons toujours salué bien bas les entrepreneurs qui ont contribué à rapatrier notre économie et à rehausser notre estime de soi. Jusqu’à dimanche dernier, du moins, alors que 200 manifestants ont craché sur le fleuron de la Couronne, l’intouchable Bombardier. À la suite des augmentations obscènes chez ses dirigeants, la mèche est désormais plus courte face aux bonzes qui se croient tout permis.

[…]

Bien sûr, il n’y a pas que Bombardier dans cette galère. Je pense ici à Pierre Lavoie, Ricardo Larrivée et l’architecte Pierre Thibault, qui ont récemment été adoubés par le ministre de l’Éducation pour « repenser » l’école. Grande et noble mission pour « trois vedettes » qui n’ont rien à voir avec l’école proprement dite, outre des prestations hypermédiatisées à l’occasion, qui ne savent pas ce qui s’y fait (vraiment), mais qui arrivent auréolés par l’entrepreneuriat avec un grand E, le marketing à gogo, le branding tous azimuts et la page Facebook qui explose. Les attributs du Québec inc., en veux-tu, en v’là !

« Ils vont venir nous dire que ça prend des écoles mieux aménagées, ouvertes sur la nature, où on crée des espaces de collaboration. On le sait, tout ça », disait cette semaine le président de la Fédération autonome des enseignants, Sylvain Mallette, en soulignant l’insulte faite ici à tous les professionnels de l’éducation qui ont beaucoup plus d’idées sur la question, qui ont longuement réfléchi sur ce que devait être la mission de l’école, mais qui n’ont aucunement été conviés par le ministre.

On boude les véritables artisans, les vrais producteurs de contenu, au profit du béton, des infrastructures et de la poudre aux yeux.

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CONTRIBUTION DU PASSEUR DE LA CÔTE

Au lieu de gaspiller de l’agent pour orner le pont Laporte d’ampoules, de lampions, de je ne sais quoi,

qu’on cherche donc des idées pour illuminer (éclairer, si vous préférez) le ministre de l’Éducation du Québec.

Que les vedettes choisies par le ministre Sébastien Proulx n’oublient pas les toilettes!

Ça ne prend pas grand-chose pour rendre des toilettes attrayantes; le besoin d’uriner, par exemple. Mais les vedettes du ministre Proulx devraient quand même plancher fort sur la façon de faire des toilettes scolaires l’un des principaux facteurs de rétention des élèves.

Une belle porte peut faire aimer l’école.

 

Un message drôle au-dessus d’un urinoir peut tout changer. L’humour fait aimer l’école.

 

Roger Martel

Dans mon coffre aux souvenirs : l’école Saint-Dominique de Lévis (Québec) et Le Trouve-Tout (journal des élèves).

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L’école Saint-Dominique le 4 novembre 2011. (Photo de Roger Martel)

L’école Saint-Dominique est située tout près de l’Hôtel-Dieu, rue Wolfe, et de la communauté apostolique des Soeurs de la Charité de Saint-Louis, rue Saint-Louis de France. Elle se trouve sur le territoire de l’ancien village de Bienville, créé en 1863 et annexé en 1924 à Lauzon, Lauzon qui forma avec Lévis, en 1989, une nouvelle ville, Lévis-Lauzon (rebaptisée Lévis en 1991).

L’école « [reçoit] « 400 élèves du quartier, du préscolaire à la 6e année ainsi que des élèves du territoire de la commission scolaire [des Navigateurs] en Classe d’Intégration Scolaire et Sociale (CISS) » (http://web.csdn.qc.ca/ecole-fiche/245 vu le 19-08-2015).

L’école Saint-Dominique, pour moi, c’est avant tout le lieu où mes enfants ont longtemps fréquenté plusieurs « jardiniers en intelligences humaines » (le mot est de Victor Hugo), c’est-à-dire des maîtres d’école (comme disait Hugo), des enseignants (si l’on préfère). C’est aussi le lieu où j’ai collaboré pendant douze ans, de 1986 à 1998, à la réalisation du journal des élèves, Le Trouve-Tout. Pendant ces années, des centaines d’élèves ont eu entre les mains leur Trouve-Tout, publié quatre fois par année; beaucoup ont écrit pour Le Trouve-Tout, aidés par les enseignants, encouragés par la direction de l’école. J’étais convaincu, je le suis toujours, qu’il faut chercher à tout prix à faire naître chez les enfants l’amour de la lecture et de l’action d’écrire, il faut leur offrir souvent des raisons et des occasions de lire et d’écrire, et, cela va de soi, le temps de lire et d’écrire. Les journaux d’école invitent, portent, poussent à écrire et à lire.

Roger Martel (le Passeur de la Côte)

4 1988-09 Eveline Martel en classe, ecole St-Dominique

Une classe de l’année 1988-1989. (Photo de l’école Saint-Domoinique)

1 Le trouve-Tout Ecole S t-Dominique 1986-98

La première page de quelques numéros de Le Trouve-Tout.

3 Le Trouve-Tout Mars 1991

2 Le Trouve-Tout Avril 1988

Une page du numéro d’avril 1988 de Le Trouve-Tout.

6 Ecole St-Dominique 2014-09-17 Recreation

La récréation le 17 septembre 2014. (Photo de Roger Martel)

7 Levis Bd de l Entente_École St-Dominique_03-12-26 - 1

L’école Saint-Dominique le 26 décembre 2003. (Photo de Roger Martel)

Note – En 1986, l’année où j’ai commencé à collaborer au journal Le Trouve-Tout, j’ai acquis mon premier ordinateur. La capacité de son disque dur était de vingt millions d’octets (20 millions !).

L’humiliation OU L’éducation d’étudiants en droit et du ministre de l’Éducation du Québec

Dans sa chronique du 25 août 2014, Jean-François Nadeau parle de l’« activité d’intégration » des étudiants en droit, à Québec : « M’as t’la fourrer dans le cul », raconte la chanson promise à l’accompagnement des célébrations de la rentrée de l’Université Laval. « Cours avant qu’j’te fourre avec ma grosse graine d’ours. » Des « chanteurs » de la cohorte deviendront peut-être juge ou ministre de l’Éducation…

 

Dans sa chronique, Jean-François Nadeau porte justement un jugement sévère sur le ministre de l’Éducation actuel du Québec, cadeau du premier ministre Philippe Couillard : « Le ministre Yves Bolduc, médecin de son État, est un bel exemple des jolis produits de notre système d’éducation. Après avoir minimisé le fait que, bien que salarié à titre de député, il engrangeait aussi des primes généreuses comme médecin, le voilà à plaider qu’aucun enfant ne mourra si on achète encore moins de livres dans les écoles. Rien de grave, pour un ministre de l’Éducation pareil, à ce que les bibliothèques scolaires soient à nouveau plongées la tête sous l’eau. Seul compte que la révolution conservatrice à laquelle il participe continue de tout avaler pour mieux engraisser quelques individus dans son genre. »

 

On lit Nadeau dans le journal Le Devoir. On trouve sa chronique du 25 août 2014, intitulée L’humiliation, au http://www.ledevoir.com/societe/actualites-en-societe/416766/l-humiliation.

 

 

Roger Martel (le Passeur de la Côte)