Mokaïesh et Lavilliers: avec les ouvriers, les précaires et les migrants en chanson | Le Club de Mediapart

La vidéo d’une chanson interprétée par Cyril Mokaïesh et Bernard Lavilliers, qui prend aux tripes : « La loi du marché » inspirée du film de Stéphane Brizé, avec un clip tourné par le réalisateur et mettant l’accent sur les migrants…

Mokaïesh et Lavilliers: avec les ouvriers, les précaires et les migrants en chanson | Le Club de Mediapart

 

La loi du marché (chanson)

Un bel exemple de raison critique sensible ! Une belle leçon d’internationalisme des opprimés contre la pénétration à gauche d’imaginaires nationaux-étatistes!

Paroles de La loi du marché

On vous laisse la tribune

Les honneurs du pouvoir

On vous laisse voler la victoire

On vous laisse le soin de bien ingurgiter

Notre part de votre marché

On vous laisse notre âme sur le bas-côté

Endetté, endetté, en détresse

A genoux de chagrin

D’avoir fait le baisemain

A l’austérité, son altesse

On vous laisse nos hivers

On vous laisse nos étés

De quoi vous distraire

Et nous faire tomber

On vous laisse libéral démocratisé

Chômage à volonté

On vous laisse nos destins s’ouvrirent les veines

En commission européenne

On vous laisse s’allonger la peur dans votre lit

Mais faut pas toujours croire ce qu’on dit

A Athènes Apollon a raison de chanter

Ma liberté

On vous laisse nos hivers

On vous laisse nos étés

De quoi vous distraire

Et nous faire tomber

On vous laisse nos hivers

Et notre dignité

De quoi vous distraire

Pour quelques années

On vous laisse Arcelor Mittalisés

Par Florange, l’or et l’acier

On vous laisse cet étrange capitaliser

Sur la précarité

On vous laisse à vos super hyper profits

Oh la belle vie

Chez Lidl le pack de bières

A des pulsions suicidaires

On vous laisse nos hivers

On vous laisse nos étés

De quoi vous distraire

Et nous faire tomber

On vous laisse nos hivers

Et notre dignité

De quoi vous distraire

Pour quelques années

On vous laisse nos frontières

Se refermer

Homme à la mer, émigré

Cap sur l’Angleterre

Depuis la Guinée

T’as le temps d’apprendre à nager

On vous laisse nos frontières

Se refermer

Sur la Méditerranée

Enfant de la guerre

Cherche un bout de terre

Pour apprendre à marcher

De quoi vous distraire

Pour quelques années

De quoi vous distraire

Et vous en aller

De quoi vous distraire

Et vous en aller

De quoi vous distraire

Et vous en aller

La loi du marché est une chanson de Cyril Mokaïesh, tirée de son nouvel album Blanc cassé qui devrait sortir en janvier 2017. Elle est inspirée du film du même nom de Stéphane Brizé et aussi de la situation des migrants. Elle est interprétée avec Bernard Lavilliers, dans ce clip réalisé par Stéphane Brizé et mis sur YouTube le 9 septembre 2016. Ce clip a déjà été mis en ligne sur Mediapart par Gabas le 12 septembre 2016 : https://blogs.mediapart.fr/gabas/blog/120916/la-loi-du-marche.

Source : https://blogs.mediapart.fr/philippe-corcuff/blog/150916/mokaiesh-et-lavilliers-avec-les-ouvriers-les-precaires-et-les-migrants-en-chanson

Oncle Bernard – L’anti-leçon d’économie. À Voir le dimanche 27 mars au Canal Savoir à 19 h 30.

Un documentaire de Richard Brouillette avec Bernard Maris, alias Oncle Bernard

Source : Oncle Bernard – Lanti-leçon déconomie – accueil

« Bernard Maris, alias Oncle Bernard, fut assassiné lors de l’attentat à Charlie Hebdo, le 7 janvier 2015. Tournée en mars 2000, dans le contexte du film L’encerclement – La démocratie dans les rets du néolibéralisme, cette fascinante entrevue avec Oncle B., constitue une véritable «anti-leçon d’économie». Sans fard ni artifice, le réalisateur laisse toute la place à la parole riche, dissidente, acérée et mutine de Maris. En toute liberté, celui-ci assène à loisir des vérités percutantes qui renversent les dogmes sempiternellement ressassés par le chœur vibrant de la valetaille de la «science» économique. Formidable vulgarisateur dont la verve, l’éloquence, l’érudition et l’alacrité parviennent à rendre passionnants les sujets les plus arides, Oncle Bernard déploie au fil de cet entretien une pensée courageuse en son originalité, qui se révèle d’autant plus précieuse en ces temps de démission intellectuelle et d’austérité économique. »

La Conférence des Nations Unies sur le commerce et le développement (CNUCED) invite les pays développés à stimuler leurs économies par une hausse des dépenses publiques et des salaires.

La Conférence des Nations Unies sur le commerce et le développement (CNUCED) invite les pays développés à stimuler leurs économies par une hausse des dépenses publiques et des salaires.

 

Source : http://www.un.org/apps/newsFr/storyF.asp?NewsID=35788#.VhRl3UuK_6g vu le 06-10-2015

6 octobre 2015 – Confrontés à une faiblesse persistante de la demande, les pays riches devraient accroître les dépenses publiques, augmenter les salaires et stimuler la demande afin de revigorer leurs économies et les mettre sur le chemin d’une croissance stable, affirme la Conférence des Nations Unies sur le commerce et le développement (CNUCED) dans son rapport annuel sur l’économie mondiale publié mardi.

Le rapport souligne l’existence d’un phénomène de « stagnation séculaire », par lequel la croissance des économies les plus avancées ralentit pendant une longue période sans rapport avec les cycles économiques normaux. Ce phénomène est connu, poursuit le texte, mais ce qui l’est moins est le fait qu‘il est « essentiellement dû au déclin de la rémunération du travail salarié (d’environ 10% depuis les années 1980) et à l’inégalité croissante des revenus, qui réduisent la demande de consommation et affectent négativement l’investissement privé ».

Selon le rapport, la croissance de l’économie mondiale en 2015 devrait rester à peu près inchangée par rapport à 2014, à 2,5%, reflétant une légère accélération dans les économies développées, un ralentissement modéré dans les pays en développement et un déclin plus marqué dans les économies en transition. Ce taux de croissance est nettement inférieur à la moyenne de 4% qui prévalait dans les années précédant la crise de 2007-2008.

Le fait que la croissance dans de nombreux pays développés ne parvienne pas à retrouver ses niveaux d’avant la crise, en dépit de politiques monétaires accomodantes pendant plusieurs années, a créé ce que la CNUCED appelle une « nouvelle anomalie », indique encore le rapport.

« Dans le monde hyper financialisé d’aujourd’hui, la stimulation de l’économie repose indûment sur un accroissement de la dette et des bulles de capital et les pays sont obligés à un compromis difficile entre une croissance molle qui perdure et leur stabilité financière ». Selon le Secrétaire général de la CNUCED, Mukhisa Kituyi, « huit ans après la crise financière, il est clair que le monde n’a pas trouvé comment changer de vitesse pour parvenir à un développement économique mondial inclusif et durable ».

Cependant, ajoute le rapport, « les hausses de dépenses publiques, par exemple dans le domaine des infrastructures, ont prouvé qu’elles avaient un effet multiplicateur très positif sur les économies en stagnation, par conséquent l’investissement public devrait être un instrument essentiel pour faire face à la ‘stagnation séculaire’ à laquelle on assiste dans les pays développés ».

En outre, « une politique progressive en matière de revenus conduit à une hausse de la demande, créant des occasions pour l’investissement privé », selon le rapport. « Une hausse des salaires réduit les pressions financières sur les systèmes de retraite et permet aux ménages d’accroître leurs dépenses de consommation sans alourdir leur dette ». A l’inverse, souligne la CNUCED, « si la ‘stagnation durable’ a son origine du côté de la demande, le gel des revenus du travail et la réduction des dépenses publiques peut aggraver le problème, au lieu de le résoudre ».

Le rapport prédit que la croissance se situera en 2015 autour de 1,9% dans les pays développés, contre 1,4% en 2014. Cela est dû, explique-t-il, à « une demande intérieure plus forte, la consommation des ménages étant stimulée par la baisse des prix de l’énergie et la hausse des prix dans le secteur immobilier ». La croissance de l’emploi dans certains pays, notamment l’Allemagne, le Japon, le Royaume-Uni et les Etats-Unis, aura aussi été un facteur, selon la CNUCED.

Le devoir de vigilance des entreprises | Amnesty International France

France : adoption de la loi sur le L devoir de vigilance des entreprises | Amnesty International France.

17 avril 2015

Extrait :

Source : Amnistie Internationale, http://www.amnesty.fr/Nos-campagnes/Entreprises-et-droits-humains/Actualites/France-adoption-de-la-loi-sur-le-devoir-de-vigilance-des-entreprises-14719

Après des années de mobilisation de la société civile en France comme à l’international, les grandes entreprises françaises pourront enfin être reconnues légalement responsables des violations de droits humains et des dommages environnementaux que peuvent provoquer leurs activités ainsi que celles de leurs filiales, sous-traitants et fournisseurs à l’étranger.

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LE COMBAT NE DOIT PAS S’ARRÊTER À CE VOTE

Pour autant, et en dépit des demandes de la société civile française, le contenu du texte n’a malheureusement pas pu être renforcé à l’Assemblée nationale. En effet, la loi ne visera que les grands groupes (5 000 salariés en France ou 10 000 en France et à l’étranger), et ne concernera donc pas certaines entreprises similaires à celles qui ont été impliquées dans des drames humains tels que celui du Rana Plaza.

L’exploitation de l’homme par l’homme? Plus jamais! – Le blogue de Léo-Paul Lauzon

Aie! Ça fera les leçons de politesse | Le blogue de Léo-Paul Lauzon.

 

Faudrait faire preuve de politesse envers ceux qui nous exploite?

Par Léo-Paul Lauzon – 1 octobre 2014

Source : Le Journal de Montréal, http://blogues.journaldemontreal.com/lauzon/politique/aie-ca-fera-les-lecons-de-politesse/

Extraits

 

L’Association canadienne de la paie, un organisme patronal, a mentionné que : «46% des salariés québécois vivent d’une paie à l’autre». (Journal de Montréal, 10 septembre 2014). En 2012, l’ONU a signalé qu’au Canada, il y avait 2 millions de personnes souffrant d’insécurité alimentaire et où tous les mois 900 000 personnes, dont de plus en plus de travailleurs, fréquentaient des banques alimentaires pour joindre les deux bouts. (La Presse, 10 mai 2012). La même année, l’ONU a critiqué le Québec et le Canada pour l’aggravation de la pauvreté infantile au cours des dix dernières années. (La Presse, 8 décembre 2012).

Tiens, il y a aussi cet autre titre d’article de journal du 31 juillet 2013 : «Un ménage sur huit ne mange pas à sa faim au Canada». Et celui-ci du 14 août 2014:«Les 86 plus riches au pays détiennent autant d’avoirs que les 11,4 millions les plus pauvres». Je pourrais continuer longtemps, mais terminons pour ces trois dernières :

-«OCDE. Au Canada, les inégalités de revenu se creusent, les plus riches accaparant une part disproportionnée(sic) de la richesse créée». (Le Devoir, 1er mai 2014)

[…]

Et il y a aussi Statistique Canada et d’autres qui nous disent que le salaire réel des travailleurs n’a pas augmenté au cours des trente dernières années: «Aucun gain salarial pour les travailleurs en 30 ans». (Le Devoir, 1er mai 2010). Ces inégalités ignobles et cette pauvreté odieuse, je suppose que ça découle de phénomènes tout à fait naturels et qu’il n’y a absolument personne de responsable de ces infamies. Et nos politiciens comme Harper et Couillard qui en rajoutent à ces inégalités par leurs politiques sociales et fiscales. […]

Couillard et sa gang qui, en grands effrontés qu’il sont, essaient de nous faire accroire que le Québec est en crise très sérieuse et qu’il faut par conséquent couper dans les services publics, taxer la classe moyenne et tarifier leurs programmes sociaux. […]

Crise mon œil. Le «Québec inc. touche les 300 milliards en Bourse». (La Presse, 30 octobre 2013). et aussi : «Québec inc. Un rendement à faire rougir d’envie les Américains». (La Presse, 27 mai 2014). Allô crise! Puis : «Entreprises québécoises. Des milliards conservés à l’étranger». (Le Presse, 30 août 2014). À l’étranger comme dans des paradis fiscaux, par exemple. Enfin : «Compétitivité fiscale. Le Québec se classe parmi les premiers, selon KPMG». (Le Devoir, 18 juin 2014). Gros profits, peu imposés au Québec, côtoient grosses inégalités économiques, pleins de pauvres et appauvrissement continue de la classe moyenne. […] Quand il n’y a pas d’enrichissement de la majorité, mais seulement d’une minorité, à quoi peut ben servir la croissance sans répartition équitable de la richesse qui est accaparée par le 1%?

Crise budgétaire aiguë selon monsieur Couillard et son trio de ministre économistes banquiers (Leitao, Daoust et Coiteux), mais ça n’empêche pas que:« Le nombre de millionnaires nettement en hausse au Québec». (La Presse, 21 septembre 2012) et «Les super-riches québécois s’enrichissent plus vite que leurs homologues canadiens». (Journal de Montréal, 22 novembre 2013). […]

Merde, les deux problèmes majeurs au Québec et au Canada sont le réchauffement climatique et la montée criminelle des inégalités sociales. Avez-vous déjà entendu Couillard et Harper promettent de s’attaquer à ces fléaux? Ben non, au contraire, leurs politiques viennent amplifier le réchauffement de la planète et les inégalités économiques par le biais, entre autres, de sauvages coupures en santé, en éducation et autres services publics. Des lâches au service des nababs et des sultans de la société. […]

POUR LIRE TOUT L’ARTICLE, ALLEZ AU HTTP://BLOGUES.JOURNALDEMONTREAL.COM/LAUZON/POLITIQUE/AIE-CA-FERA-LES-LECONS-DE-POLITESSE/.

Le pape François dit non à l’économie de l’exclusion et de la disparité sociale.

« Les revendications sociales qui ont un rapport avec la distribution des revenus, l’intégration sociale des pauvres et les droits humains ne peuvent pas être étouffées sous prétexte de construire un consensus de bureau ou une paix éphémère, pour une minorité heureuse. La dignité de la personne humaine et le bien commun sont au-dessus de la tranquillité de quelques-uns qui ne veulent pas renoncer à leurs privilèges. […] Non à l’économie de l’exclusion et de la disparité sociale. Une telle économie tue ».

(Pape François, Evangelii Gaudium (La joie de l’Evangile), cité par Léo-Paul Lauzon, Le Journal de Montréal, http://blogues.journaldemontreal.com/lauzon/politique/aie-ca-fera-les-lecons-de-politesse/)

 

Le pape François dit oui à une redistribution des revenus.

« La croissance dans l’équité exige quelque chose de plus que la croissance économique, bien qu’elle la suppose ; elle demande des décisions, des programmes, des mécanismes et des processus spécifiquement orientés vers une meilleure distribution des revenus, la création d’opportunités d’emplois, une promotion intégrale des pauvres qui dépasse le simple assistanat. »(Pape François, Evangelii Gaudium (La joie de l’Evangile), cité dans La Tribune, http://www.latribune.fr/actualites/economie/20131126trib000797883/le-pape-s-attaque-a-la-tyrannie-des-marches.html)

L’économie est au service de la société et non le contraire.

 

Extrait d’un article intitulé Entre l’identité et les affaires : la politique et publié dans le numéro de juin 2014 de la revue québécoise Relations. Pour le lire en entier, on va au http://www.cjf.qc.ca/fr/relations/article.php?ida=3375&title=entre-lidentite-et-les-affaires-la-politique.

 

Par Jean-Claude Ravet, rédacteur en chef de Relations

 

Devant ces gestionnaires du réalisme capitaliste qui banalisent les profits éhontés, les paradis fiscaux, les inégalités sociales et la dilapidation des ressources naturelles, ne faudrait-il pas redonner ses droits à l’utopie dans sa fonction de subversion de l’état des choses existant afin de contrer la vaste entreprise d’imposition du sens et la servitude volontaire? Affirmer que l’économie est au service de la société et non le contraire, que le bien commun prime sur l’intérêt privé et la solidarité sur le rendement, c’est vouloir rompre avec la fatalité entretenue médiatiquement à coup de millions. La valeur marchande n’est pas la mesure de toute chose, tout comme la politique n’est pas la pure gestion des intérêts d’une élite.

 

On ne peut céder à la dépolitisation rampante de la société par dépit. La politique doit devenir une tâche collective pour aménager une manière de vivre attentive à la vie, à la dignité humaine et à la suite du monde. L’indépendance du Québec pourrait très bien être un pas dans cette direction.

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Pour sortir (enfin !) de la crise du néolibéralisme, il faut réhabiliter l’État social.

Le texte suivant est tiré de L’Âge de faire, http://www.lagedefaire-lejournal.fr/vive-la-depense-publique/

Vive la dépense publique !

Par Christophe Ramaux – Université de Paris, auteur de L’Etat social pour sortir du chaos néolibéral (Mille et une nuit), membre des Economistes atterrés

La crise qui n’en finit pas est clairement celle du néolibéralisme. Finance libéralisée, libre-échange, austérité salariale et endettement privé des ménages : ce régime a explosé en 2007. Les néolibéraux sont pourtant à l’offensive. Ils prennent prétexte des conséquences de leur modèle – la hausse des dettes publiques et les différentiels de compétitivité (fruit de la concurrence sociale et fiscale mortifère entre pays de l’Union européenne elle-même) – pour aller plus loin dans l’application de leur politique.

La dépense publique est désignée comme une galeuse. Ce n’est pas nouveau : c’est sous un angle accusateur qu’elle est traditionnellement désignée et même nommée (« charges sociales », « prélèvements obligatoires »). L’idée communément répandue est la suivante : le public supposé improductif serait financé par un prélèvement sur le privé, ce qui étranglerait celui-ci, alors même qu’il créerait, seul, la richesse.

La dépense publique joue pourtant un rôle irremplaçable en termes de bien être social (population mieux formée, soignée, etc.), mais aussi, ce qui est moins connu, en termes de production et de revenu des ménages.

En France, elle s’élève à 1119 milliards d’euros (en 2011), soit 56 % du PIB. Mais cela ne signifie pas que « plus de la moitié de la richesse va aux fonctionnaires ».

Rien ne se perd

La moitié (576 milliards) est constituée de prestations sociales en espèces (retraites, allocations chômage et familiales, etc.) et en nature (remboursement des médicaments, des consultations, etc.) qui sont directement versées aux ménages. Et cela soutient leur dépense auprès du privé.

L’autre moitié sert principalement à payer les services publics non marchands. Tous les fonctionnaires contribuent au PIB au même titre que les travailleurs du privé. Mais leur production n’est pas vendue : elle est délivrée gratuitement (éducation, hôpital…). Or il faut bien la payer. L’impôt stricto sensu sert justement à cela, tout comme le prix sert à payer la production privée.

Au total, 42 % du revenu des ménages est constitué de prestations sociales ou de consommation de services publics individualisables (éducation, hôpital, etc.). En comptant les services publics non individualisables (police, justice, infrastructures…), on arrive à 46 %. Rien ne se perd.

Aux Etats-Unis, les prélèvements obligatoires sont plus faibles. Mais les prélèvements destinés au privé (fonds de pension, assurances privées…) sont plus élevés. Est-ce plus juste et plus efficace ? Clairement non : ce pays dépense bien plus pour la santé (18 % du PIB) que la France (13 %), pour des performances médicales moindres.

Pour sortir (enfin !) de la crise du néolibéralisme, il faut réhabiliter l’Etat social.