Le regard de Michel Lessard sur la Fresque Desjardins de Lévis. Une explication ?

Les Lévisiens connaissent la Fresque Desjardins de Lévis, réalisée sur un mur du gymnase du Collège de Lévis, rue Mgr-Gosselin. Le 6 octobre 2006, jour de son inauguration, l’historien Michel Lessard a prononcé une allocution. Peu après, dans le numéro 104 de La Seigneurie de Lauzon, revue de la Société d’histoire régionale de Lévis, j’ai signé un texte consacré à des réserves émises par des citoyennes et des citoyens au sujet de ladite œuvre; dans ce texte, j’ai aussi lancé une flèche à M. Lessard : « Le docteur Michel Lessard, historien de l’art chargé de présenter [la Fresque] par les bailleurs de fonds, ai-je écrit, n’a pas tari d’éloges à son égard ».
Au nombre des réserves figurent celles-ci : « Guillaume Couture, le premier colon de la seigneurie de Lauzon, n’est pas représenté avec éclat »; «  L’histoire ferroviaire n’est que chuchotée; or, c’est le chemin de fer qui « donne naissance à la première ville de la région, Lévis » (Roch Samson et al., Histoire de Lévis-Lotbinière) »; «  Les élites, les intellectuels, sont bien représentés; où est l’ouvrier de l’industrie? ».
Guillaume Couture, qui exploitait une terre au dix-septième siècle, ne devait pas trouver nécessaire de s’occuper trop trop de son apparence, contrairement aux professeurs d’université de 1964. Les travailleurs manuels qui construisaient des chemins de fer au dix-neuvième siècle devaient juger superflu de soigner leur apparence avant d’aller déchirer leur chemise au chantier, ce qui n’était pas le cas des professeurs d’université de 1964; les ouvriers de l’industrie n’ont jamais éprouvé le besoin de soigner leur apparence avant d’aller suer des aisselles, des pieds, du visage, de tout le corps, un problème que ne connaissaient pas les professeurs d’université de 1964.
Or, un passage d’un texte publié le 25 mars 2018 dans Le Soleil de Québec nous donne peut-être la raison pour laquelle M. Lessard n’a pas remarqué certaines des failles de la Fresque : «  Dès mon premier cours au Département d’histoire de l’Université Laval en septembre 1964, lit-on, le professeur m’a immédiatement séduit par son érudition et sa maîtrise du métier d’historien. L’homme m’a d’abord conquis par son élégance. Au Collège de Lévis, j’étais habitué à un corps professoral en soutane. Claude Galarneau arrivait d’un séjour d’études à Paris. Ce jour-là, il portait un complet coupé à la française d’un bleu royal flamboyant, chemise blanche et cravate harmonisée donnant dans le plus chic de la mode européenne. J’ai toujours été sensible aux gens soignant leur apparence et mon nouveau maître a toujours été un peu une carte de mode, comme on dit, une carte de mode classique. » Le texte en question, vous l’avez compris, est l’oeuvre de M. Lessard.
Guillaume Couture, les constructeurs des chemins de fer, les ouvriers de l’industrie n’étaient pas des cartes de mode… Vous pensez sans doute que ce n’est pas une raison pour les rayer de l’histoire. Je pense comme vous. Je suis sûr que M. Lessard pense comme nous. Mais alors pourquoi n’a-t-il pas vu les imperfections, notables, de la Fresque Desjardins de Lévis?

 

Roger Martel, citoyen de Lévis

 

P.-S. Que pensent les élèves du Collège de Lévis quand ils découvrent que leur maison d’enseignement met sous leurs yeux, tous les jours, un ouvrage trompeur?

 

Détail de la Fresque Desjardins de Lévis. Photo prise en 2013.
La Fresque Desjardins de Lévis montre un Alphonse Desjardins très très bien habillé (sa conjointe le disait très dépensier); son complet me semble être coupé à l’ontarienne (M. Desjardins a occupé un modeste emploi à Ottawa); sa conjointe est élégante, mais on voit (difficilement, tout de même) qu’elle ne dépensait pas sans compter.
Dans la Fresque, que le passage du temps et le soleil effacent, le Mouvement Desjardins est représenté par deux personnages et trois édifices.

Voici pourquoi la crédibilité de la Société d’histoire régionale de Lévis a encore chuté quand un ancien président du C.A. de la Caisse Desjardins de Lévis est devenu membre de son C.A.

En 2014, l’honorable juge Clément Samson, ancien président du conseil d’administration (C.A.) de la Caisse Desjardins de Lévis, est devenu membre du C.A. de la Société d’histoire régionale de Lévis (c’est un fait facilement vérifiable). Or, c’est à l’époque où M. Samson présidait le C.A. de la Caisse Desjardins de Lévis que le contenu de la Fresque Desjardins de Lévis a été déterminé par un comité dit scientifique (au sein duquel la Société historique Desjardins, élément du Mouvement Desjardins, était représentée), que la Fresque a été élaborée, composée et peinte par les artistes, puis inaugurée en présence de M. Clément Samson (ces faits sont facilement vérifiables). Or, la Fresque Desjardins de Lévis déforme la réalité historique. Par exemple, la place destinée dans la Fresque au premier colon de Lévis, Guillaume Couture, est ridiculement petite.

Aussi incroyable que cela puisse paraître, le comité dit scientifique avait oublié, a-t-il été raconté, l’existence d’un personnage de la Nouvelle-France, Guillaume Couture, qui « [a exercé] tour à tour ou [cumulé] les charges les plus importantes de la seigneurie [de Lauzon] », qui « aurait fait aussi office de notaire », que l’ « on sent [avoir été] l’âme de la seigneurie naissante » (voyez la note ci-dessous); c’est un ancien président de la Société d’histoire régionale de Lévis qui l’a affirmé. Pour réparer l’oubli, on a transformé un personnage dont la présence avait été prévue sur la Fresque; ce personnage était un Amérindien; il figurait en compagnie d’autres Amérindiens, dans un campement; on a modifié son apparence, il est devenu Guillaume Couture. (Le petit campement se trouve à l’extrémité gauche de la Fresque.) Couture a été un personnage exceptionnel de la seigneurie de Lauzon et de la Nouvelle-France; colon, il a aussi joué d’autres rôles. Comparez la place qu’il occupe dans la Fresque à celles qui ont été réservées à Dorimène Desjardins, à Alphonse Desjardins, fondateur de la Caisse Desjardins de Lévis de Lévis, et au trio formé de la Maison Alphonse-Desjardins, de l’Édifice Desjardins 1 et de l’Édifice Desjardins II.

(On peut lire une courte biographie de Guillaume Couture au http://www.biographi.ca/fr/bio/couture_guillaume_1701_2F.html.)

On comprendra que la crédibilité de la Société d’histoire régionale de Lévis ne soit pas devenue plus grande depuis que cette dernière compte dans son C.A. la personne qui présidait le C.A. de la Caisse Desjardins de Lévis qui a approuvé le contenu de la Fresque Desjardins de Lévis. Une robe ne peut pas tout dérober à nos yeux.

Fresque Desjardins de Lévis 2013-05-03 - A. et D. Desjardins

Alphonse Desjardins, Dorimène Desjardins, etc.

Fresque Desjardins de Lévis Couture 2013-05-03 - 1

Guillaume Couture, dans son coin.

Fresque Desjardins Levis_Photo CCNQ

Fresque Desjardins de Lévis (photo de la Commission de la Capitale nationale du Québec)

NOTE

Les trois citations proviennent d’un texte de Raymond Douville publié dans le Dictionnaire biographique du Canada / Dictionary of Canadian Biography, un ouvrage réalisé par l’Université Laval et l’Université de Toronto. Pour lire le texte, allez au http://www.biographi.ca/fr/bio/couture_guillaume_1701_2F.html.

Autres citations

« Voilà donc […] la vie improbable d’un être exceptionnel, celle de Guillaume Couture, le menuisier normand, le père de la lignée de tous les Couture d’Amérique, le passeur de cultures, Couture le Ouendat, Couture l’Iroquois, l’ambassadeur auprès des Algonquiens, l’alter ego de Des Groseilliers, de Nicolas Perrot, le grand explorateur de la forêt boréale, le coureur des bois et le colon, l’entrepreneur, l’exemple parfait de l’homme du Nouveau Monde, qui eût pu être vraiment un monde nouveau si la France précieuse avait mieux apprécié la valeur de ceux et celles qui tentèrent sans compromis l’aventure américaine. « 

(Serge Bouchard, Un homme du Nouveau Monde, in L’Actualité.com, http://www.lactualite.com/20081027_112415_25820, 27 octobre 2008)

«  Guillaume Couture, le bon Guillaume, comme l’appellent toujours les vieux récits, fut un des plus remarquables voyageurs-interprètes des premiers temps. Il se voua au service de sa religion et de son roi. Compagnon du martyr Jogues, camarade de René Goupil et de Lalande, ll est l’émule de Nicolet, et les Sauvages lui décernèrent ce nom.

« Et si Québec s’enorgueillit de la probité et du dévouement d’hommes de bien comme Hébert et Couillard, ses premiers habitants, une des plus vieilles paroisses du pays, celle de la Pointe de Lévy, est heureuse de pouvoir mettre en pleine lumière le nom de Guillaume Couture, son premier colon, premier juge sénéchal et premier capitaine de milice. »

(Joseph-Edmond Roy, Le premier colon de Lévis, Guillaume Couture, Lévis, Mercier & Cie, Libraires-Imprimeurs, 1884, p. 11.)

« On peut affirmer que Guillaume Couture, ce «seigneur» de la terre, fut pendant 50 ans l’âme de la Seigneurie de Lauzon. » (Abbé Georges-Étienne Proulx, Guillaume Couture, le pionnier, in La Seigneurie de Lauzon, numéro spécial 65-66, printemps-été 1997)

Que pense M. Clément Samson, administrateur de la Société d’histoire régionale de Lévis, du résultat du travail du Comité de la Fresque Desjardins de Lévis?

Lévis, le 15 octobre 2014

Monsieur Clément Samson, administrateur de la Société d’histoire régionale de Lévis et ancien président du conseil d’administration de la Caisse Desjardins de Lévis

Aux bons soins de la Société d’histoire régionale de Lévis

Lévis (Québec)

Objet : Le résultat du travail du Comité de la Fresque Desjardins de Lévis (aujourd’hui dissous)

Monsieur,

Depuis 2006, la ville de Lévis présente aux Lévisiens et aux visiteurs la Fresque Desjardins de Lévis, située au 9, rue Mgr Gosselin. Cette réalisation de la Commission de la capitale nationale du Québec, de la Ville de Lévis et de la Caisse Desjardins de Lévis a été critiquée; la revue de la Société d’histoire régionale de Lévis (SHRL) a émis des réserves majeures à son sujet1. Pour élaborer le contenu de la Fresque, un comité a été formé. Le résultat du travail de ce comité étant très décevant, il serait intéressant que vous nous disiez quel rôle au juste le comité a joué dans l’élaboration du contenu de la Fresque; vous devez en savoir long sur le sujet étant donné que vous présidiez, à l’époque de la création de la Fresque, le conseil d’administration de l’une des organisations qui ont payé l’ouvrage : la Caisse Desjardins de Lévis.

Il serait intéressant et certainement utile que vous nous appreniez, si vous le savez, comment il se fait que le comité ait oublié, « presque jusqu’à la dernière minute », de représenter dans la Fresque le premier colon de Lévis, Guillaume Couture, qui a été un personnage exceptionnel à plusieurs titres dans la seigneurie de Lauzon et ailleurs en Nouvelle-France, et dont la ville de Lévis vient de décider de rappeler la mémoire en rebaptisant son boulevard de la Rive-Sud boulevard Guillaume Couture (on ne saurait imaginer que le comité a délibérément écarté Guillaume Couture). C’est la personne qui présidait la SHRL à l’époque, M. Gilbert Samson, qui a sonné l’alerte : « Sans l’intervention de son président, écrit la SHRL, on aurait oublié de représenter le premier habitant de notre région, Guillaume Couture, sur la fresque »2.

 

Fresque Desjardins Levis_Photo CCNQ

Guillaume Couture est représenté à l’extrême gauche de la Fresque.

 

Il serait également intéressant et certainement utile que vous nous appreniez, si vous le pouvez, pourquoi le comité a décidé que, dans la Fresque, le Mouvement Desjardins devait être représenté par deux personnages et trois édifices et que l’apport des ouvriers à la construction de Lévis, apport d’une importance capitale, devait être suggéré faiblement plutôt que représenté avec éclat. Savez-vous si ces choix sont ceux du comité? Quand on sait que le comité chargé de choisir le contenu de la Fresque comptait des personnes comme Monsieur Roch Samson, l’historien professionnel qui a dirigé la création des 800 pages de l’Histoire de Lévis-Lotbinière, l’historien Jacques Lemieux, Madame Esther Normand, qui a autrefois occupé le poste de conseillère en conservation et administration à la Société historique Alphonse-Desjardins, et Madame Pauline Dumont, ancienne vice-présidente de la SHRL, n’est-il pas légitime que l’on doute que le comité ait eu le dernier mot dans la détermination du contenu de la Fresque? N’est-on pas justifié d’en douter quand on constate que le Mouvement Desjardins est représenté par deux personnages et trois édifices dans la Fresque? Il semble légitime d’être dans l’embarras devant les interrogations de celles et ceux qui se demandent si le comité censément chargé de l’élaboration du contenu de la Fresque a réellement pu accomplir sa tâche, s’il n’a pas été un comité factice.

 

Fresque Desjardins de Lévis 2013-05-03 - A. et D. Desjardins

À peu près au centre de la Fresque, Alphonse Desjardins et son épouse, Dorimène Desjardins, n’échappent pas au regard des visiteurs. Idem pour le capitaine Joseph-Elzéar Bernier qui ne peut pas être considéré comme un personnage historique de Lévis.

 

Une dernière question, Monsieur Samson : savez-vous si les membres du comité censément chargé de l’élaboration du contenu de la Fresque avaient pris l’engagement de ne pas commenter publiquement leur travail et celui du comité, avant d’être choisis? J’ai écrit à chacun d’eux et aucun ne m’a répondu (je précise, l’avocat que vous êtes appréciera sans doute ma rigueur, que l’envoi de ma dernière communication remonte à quelques jours seulement). Ce silence général est étrange, il intrigue, ne trouvez-vous pas?

Je suis convaincu qu’il est utile de soulever aujourd’hui des questions concernant l’élaboration du contenu de la Fresque Desjardins de Lévis. Remuer le passé peut éclairer le présent, ainsi que nous aider à préparer l’avenir et, comme on dit (naïvement?), à éviter de répéter des erreurs.

Je ne pense pas que vous vous objectiez à ce que nos communications soient rendues publiques. Cette communication sera publiée au lepasseurdelacote.com; votre réponse le serait.

Veuillez, Monsieur, agréer l’assurance de mes sentiments les meilleurs.

Roger Martel, Lévisien

Membre de la Société d’histoire régionale de Lévis (SHRL) pendant environ vingt ans, membre du conseil d’administration de la SHRL pendant environ deux ans, responsable de la publication de huit numéros de la revue trimestrielle de la SHRL, membre des sociétés d’histoire suivantes depuis des années : Société d’histoire de Saint-Romuald, Société historique de Bellechasse, Société d’histoire de Montmagny, Société historique de Québec, Société d’histoire de la Côte-du-Sud; membre fondateur de la Société québécoise d’histoire de la pharmacie; membre de la Société des traducteurs, terminologues et interprètes agréés du Québec (OTTIAQ) de 1981 à 2007; collaborateur du journal de l’école primaire Saint-Dominique de Lévis pendant douze ans (1986-1998).

Note 1. Le texte de la SHRL se lit ainsi : « Des réserves ont été émises au sujet de la fresque : 1. Le berceau de Lévis est pratiquement absent : l’église de Saint-Joseph-de-Lauzon est difficilement visible; le Couvent de Lauzon a été oublié… 2. Aucun des seigneurs de la seigneurie de Lauzon n’est représenté, si ce n’est par le manoir Caldwell, habité par le dernier seigneur, qui fut aussi receveur général et grand voleur de fonds publics… 3. Guillaume Couture, le premier colon de la seigneurie de Lauzon, n’est pas représenté avec éclat; de plus, c’est son rôle d’interprète auprès des Amérindiens qui est mis en évidence. 4. Le Mouvement Desjardins est représenté par deux personnages et trois édifices (est-ce trop ?). 5. L’histoire ferroviaire n’est que chuchotée; or, c’est le chemin de fer qui «donne naissance à la première ville de la région, Lévis» (Roch Samson et al., Histoire de Lévis-Lotbinière). 6. Quatre communautés de sœurs sont représentées; on a oublié les frères. 7. Les élites, les intellectuels, sont bien représentés; où est l’ouvrier de l’industrie? 8. Le capitaine J.-E. Bernier occupe une belle place dans l’oeuvre, qui montre aussi sa maison; mais il ne s’est pas illustré à Lévis. Sa présence dans la fresque a amené un hebdo régional, dans un texte sur la fresque, à ranger l’explorateur du grand nord canadien parmi ceux qui « ont forgé l’histoire de Lévis ». 10. Dans le titre de la fresque, le nom Lévis devrait être replacé par Arrondissement de Desjardins. » (La Seigneurie de Lauzon, numéro 104)

Note 2. La Seigneurie de Lauzon, numéro 103, Automne 2006, p. 17

Lettre à M. Roch Samson, historien, concernant la Fresque Desjardins de Lévis.

Lévis, le 13 octobre 2014

 

Monsieur Roch Samson, historien

Membre du Comité de la Fresque Desjardins de Lévis (aujourd’hui dissous)

 

Monsieur,

 

Depuis 2006, la ville de Lévis présente aux Lévisiens et aux visiteurs la Fresque Desjardins1 de Lévis, située au 9, rue Mgr Gosselin. Cette réalisation de la Commission de la capitale nationale du Québec, de la Ville de Lévis et de la Caisse Desjardins de Lévis a été critiquée; la revue de la Société d’histoire régionale de Lévis (SHRL) a émis des réserves majeures à son sujet2. Pour élaborer le contenu de la Fresque, un comité a été formé, a-t-on dit à la population ; selon la fiche descriptive de la Fresque publiée par la Commission de la capitale nationale du Québec, qui est à l’origine de la Fresque, ce comité était composé des personnes suivantes : « Anne Carrier, architecte; Pauline Dumont, Société d’histoire régionale de Lévis; Jacques Lemieux, historien, aujourd’hui décédé; Esther Normand, Société historique Alphonse-Desjardins; Nathalie Ouellet, Service des arts et de la culture, Ville de Lévis; Luc Paquet, Collège de Lévis; Suzanne Rochefort, Service des bibliothèques, Ville de Lévis; Roch Samson, historien. » On l’a vu : vous faisiez partie du comité, Monsieur Samson. Il serait intéressant que vous nous disiez quel rôle que vous avez joué, vous, et quel rôle a joué le comité dans l’élaboration du contenu de la Fresque.

     Il serait intéressant et certainement utile que vous nous appreniez, si vous le savez, comment il se fait que le comité ait oublié, « presque jusqu’à la dernière minute », de représenter dans la Fresque le premier colon de Lévis, Guillaume Couture, qui a été un personnage exceptionnel à plusieurs titres dans la seigneurie de Lauzon et ailleurs en Nouvelle-France, et dont la ville de Lévis vient de décider de rappeler la mémoire en rebaptisant son boulevard de la Rive-Sud boulevard Guillaume Couture (on ne saurait imaginer que le comité a délibérément écarté Guillaume Couture). C’est la personne qui présidait la SHRL à l’époque, M. Gilbert Samson, qui a sonné l’alerte : « Sans l’intervention de son président, écrit la SHRL, on aurait oublié de représenter le premier habitant de notre région, Guillaume Couture, sur la fresque »3.

     Il serait également intéressant et certainement utile que vous nous fassiez savoir, si vous le savez, pourquoi le comité a décidé que, dans la Fresque, le Mouvement Desjardins devait être représenté par deux personnages et trois édifices et que l’apport des ouvriers à la construction de Lévis, apport d’une importance capitale, devait être suggéré faiblement plutôt que représenté avec éclat. Si ces choix ne sont pas ceux du comité, pourriez-vous nous le dire? Quand on sait que le comité chargé de choisir le contenu de la Fresque comptait des personnes comme l’historien Jacques Lemieux et Madame Esther Normand, qui a autrefois occupé le poste de conseillère en conservation et administration à la Société historique Alphonse-Desjardins, et vous-même, Monsieur Samson, historien professionnel, directeur de la création des 800 pages de l’Histoire de Lévis-Lotbinière, n’est-il pas légitime que l’on doute que le comité ait eu le dernier mot dans la détermination du contenu de la Fresque? N’est-on pas justifié d’en douter quand on constate que le Mouvement Desjardins est représenté par deux personnages et trois édifices dans la Fresque? Il semble légitime d’être dans l’embarras devant les interrogations de celles et ceux qui se demandent si le comité censément chargé de l’élaboration du contenu de la Fresque a réellement travaillé, s’il n’a pas été qu’un comité bidon. Les membres de ce comité avaient-ils pris l’engagement de ne pas commenter publiquement leur travail et celui du comité? Vous devez le savoir. En passant, pourriez-vous dire si la participation des membres du comité était bénévole?

        Je suis convaincu qu’il est utile de soulever aujourd’hui des questions concernant l’élaboration du contenu de la Fresque Desjardins de Lévis. Remuer le passé peut éclairer le présent, ainsi que nous aider à préparer l’avenir et, comme on dit (naïvement?), à éviter de répéter des erreurs.

     Je ne pense pas que vous vous objectiez à ce que nos communications soient rendues publiques. Cette communication sera publiée au lepasseurdelacote.com; votre réponse le serait.

 

Veuillez, Monsieur, agréer l’assurance de mes sentiments les meilleurs.

 

Roger Martel, Lévisien

 

Membre de la Société d’histoire régionale de Lévis (SHRL) pendant environ vingt ans, membre du conseil d’administration de la SHRL pendant environ deux ans, responsable de la publication de huit numéros de la revue trimestrielle de la SHRL, membre des sociétés d’histoire suivantes depuis des années : Société d’histoire de Saint-Romuald, Société historique de Bellechasse, Société d’histoire de Montmagny, Société historique de Québec, Société d’histoire de la Côte-du-Sud; membre fondateur de la Société québécoise d’histoire de la pharmacie; membre de la Société des traducteurs, terminologues et interprètes agréés du Québec (OTTIAQ) de 1981 à 2007; collaborateur du journal de l’école primaire Saint-Dominique de Lévis pendant douze ans (1986-1998).

 

Note 1. Le Mouvement Desjardins a défrayé une partie du coût de la Fresque et est mis fortement en évidence dans l’ouvrage.

 

Note 2. Le texte de la SHRL se lit ainsi : « Des réserves ont été émises au sujet de la fresque : 1. Le berceau de Lévis est pratiquement absent : l’église de Saint-Joseph-de-Lauzon est difficilement visible; le Couvent de Lauzon a été oublié… 2. Aucun des seigneurs de la seigneurie de Lauzon n’est représenté, si ce n’est par le manoir Caldwell, habité par le dernier seigneur, qui fut aussi receveur général et grand voleur de fonds publics… 3. Guillaume Couture, le premier colon de la seigneurie de Lauzon, n’est pas représenté avec éclat; de plus, c’est son rôle d’interprète auprès des Amérindiens qui est mis en évidence. 4. Le Mouvement Desjardins est représenté par deux personnages et trois édifices (est-ce trop ?). 5. L’histoire ferroviaire n’est que chuchotée; or, c’est le chemin de fer qui «donne naissance à la première ville de la région, Lévis» (Roch Samson et al., Histoire de Lévis-Lotbinière). 6. Quatre communautés de sœurs sont représentées; on a oublié les frères. 7. Les élites, les intellectuels, sont bien représentés; où est l’ouvrier de l’industrie? 8. Le capitaine J.-E. Bernier occupe une belle place dans l’oeuvre, qui montre aussi sa maison; mais il ne s’est pas illustré à Lévis. Sa présence dans la fresque a amené un hebdo régional, dans un texte sur la fresque, à ranger l’explorateur du grand nord canadien parmi ceux qui « ont forgé l’histoire de Lévis ». 10. Dans le titre de la fresque, le nom Lévis devrait être replacé par Arrondissement de Desjardins. » (La Seigneurie de Lauzon, numéro 104)

 

Note 3. La Seigneurie de Lauzon, numéro 103, Automne 2006, p. 17

Lettre à M. Luc Paquet, prêtre, au sujet de la Fresque Desjardins de Lévis (Québec)

Lévis, le 19 septembre 2014

Monsieur Luc Paquet, Curé, Paroisse catholique de Saint-Flavien, diocèse de Québec

Saint-Agapit

 

Monsieur,

 

Depuis 2006, la ville de Lévis présente aux Lévisiens et aux visiteurs la Fresque Desjardins1 de Lévis, située au 9, rue Mgr Gosselin. Cette réalisation de la Commission de la capitale nationale du Québec, de la Ville de Lévis et de la Caisse Desjardins de Lévis a été critiquée; la revue de la Société d’histoire régionale de Lévis (SHRL) a émis des réserves majeures à son sujet2. Pour élaborer le contenu de la Fresque, un comité a été formé, a-t-on dit à la population ; selon la fiche descriptive de la Fresque publiée par la Commission de la capitale nationale du Québec, qui est à l’origine de la Fresque, ce comité était composé des personnes suivantes : « Anne Carrier, architecte; Pauline Dumont, Société d’histoire régionale de Lévis; Jacques Lemieux, historien, aujourd’hui décédé; Esther Normand, Société historique Alphonse-Desjardins; Nathalie Ouellet, Service des arts et de la culture, Ville de Lévis; Luc Paquet, Collège de Lévis; Suzanne Rochefort, Service des bibliothèques, Ville de Lévis; Roch Samson, historien. » On l’a vu : vous faisiez partie du comité, Monsieur Paquet. Il serait intéressant que vous nous disiez quel rôle que vous avez joué, vous, et quel rôle a joué le comité dans l’élaboration du contenu de la Fresque.

 

Il serait intéressant et certainement utile que vous nous appreniez, si vous le savez, comment il se fait que le comité ait oublié, « presque jusqu’à la dernière minute », de représenter dans la Fresque le premier colon de Lévis, Guillaume Couture, qui a été un personnage exceptionnel à plusieurs titres dans la seigneurie de Lauzon et ailleurs en Nouvelle-France, et dont la ville de Lévis vient de décider de rappeler la mémoire en rebaptisant son boulevard de la Rive-Sud boulevard Guillaume Couture (on ne saurait imaginer que le comité a délibérément écarté Guillaume Couture). C’est la personne qui présidait la SHRL à l’époque, M. Gilbert Samson, qui a sonné l’alerte : « Sans l’intervention de son président, écrit la SHRL, on aurait oublié de représenter le premier habitant de notre région, Guillaume Couture, sur la fresque »3.

 

Il serait également intéressant et certainement utile que vous nous fassiez savoir, si vous le savez, pourquoi le comité a décidé que, dans la Fresque, le Mouvement Desjardins devait être représenté par deux personnages et trois édifices et que l’apport des ouvriers à la construction de Lévis, apport d’une importance capitale, devait être suggéré faiblement plutôt que représenté avec éclat. Si ces choix ne sont pas ceux du comité, pourriez-vous nous le dire? Quand on sait que le comité chargé de choisir le contenu de la Fresque comptait des personnes comme l’historien professionnel Roch Samson, sous la direction de qui les 800 pages de l’Histoire de Lévis-Lotbinière ont été écrites, l’historien Jacques Lemieux et Madame Esther Normand, qui a autrefois occupé le poste de conseillère en conservation et administration à la Société historique Alphonse-Desjardins, et vous-même, Monsieur Paquet, qui connaissez bien Lévis, n’est-il pas légitime que l’on doute que le comité ait eu le dernier mot dans la détermination du contenu de la Fresque? N’est-on pas justifié d’en douter quand on constate que le Mouvement Desjardins est représenté par deux personnages et trois édifices dans la Fresque? Il semble légitime d’être dans l’embarras devant les interrogations de celles et ceux qui se demandent si le comité censément chargé de l’élaboration du contenu de la Fresque a réellement travaillé, s’il n’a pas été qu’un comité bidon. Les membres de ce comité avaient-ils pris l’engagement de ne pas commenter publiquement leur travail? Vous devez le savoir. La participation des membres du comité était-elle bénévole? Vous devez le savoir.

 

Je suis convaincu qu’il est utile de soulever aujourd’hui des questions concernant l’élaboration du contenu de la Fresque Desjardins de Lévis. Remuer le passé peut éclairer le présent, ainsi que nous aider à préparer l’avenir et, comme on dit (naïvement?), à éviter de répéter des erreurs.

 

Je ne pense pas que vous vous objectiez à ce que nos communications soient rendues publiques. Ce courriel sera publié au lepasseurdelacote.com; votre réponse le serait.

 

Veuillez, Monsieur, agréer l’assurance de mes sentiments les meilleurs.

 

Roger Martel, Lévisien

 

Membre de la Société d’histoire régionale de Lévis (SHRL) pendant environ vingt ans, membre du conseil d’administration de la SHRL pendant environ deux ans, responsable de la publication de huit numéros de la revue trimestrielle de la SHRL, membre des sociétés d’histoire suivantes depuis des années : Société d’histoire de Saint-Romuald, Société historique de Bellechasse, Société d’histoire de Montmagny, Société historique de Québec, Société d’histoire de la Côte-du-Sud; membre fondateur de la Société québécoise d’histoire de la pharmacie; membre de la Société des traducteurs, terminologues et interprètes agréés du Québec (OTTIAQ) de 1981 à 2007; collaborateur du journal de l’école primaire Saint-Dominique de Lévis pendant douze ans (1986-1998).

 

Note 1. Le Mouvement Desjardins a défrayé une partie du coût de la Fresque et est mis fortement en évidence dans l’ouvrage.

 

Note 2. Le texte de la SHRL se lit ainsi : « Des réserves ont été émises au sujet de la fresque : 1. Le berceau de Lévis est pratiquement absent : l’église de Saint-Joseph-de-Lauzon est difficilement visible; le Couvent de Lauzon a été oublié… 2. Aucun des seigneurs de la seigneurie de Lauzon n’est représenté, si ce n’est par le manoir Caldwell, habité par le dernier seigneur, qui fut aussi receveur général et grand voleur de fonds publics… 3. Guillaume Couture, le premier colon de la seigneurie de Lauzon, n’est pas représenté avec éclat; de plus, c’est son rôle d’interprète auprès des Amérindiens qui est mis en évidence. 4. Le Mouvement Desjardins est représenté par deux personnages et trois édifices (est-ce trop ?). 5. L’histoire ferroviaire n’est que chuchotée; or, c’est le chemin de fer qui «donne naissance à la première ville de la région, Lévis» (Roch Samson et al., Histoire de Lévis-Lotbinière). 6. Quatre communautés de sœurs sont représentées; on a oublié les frères. 7. Les élites, les intellectuels, sont bien représentés; où est l’ouvrier de l’industrie? 8. Le capitaine J.-E. Bernier occupe une belle place dans l’oeuvre, qui montre aussi sa maison; mais il ne s’est pas illustré à Lévis. Sa présence dans la fresque a amené un hebdo régional, dans un texte sur la fresque, à ranger l’explorateur du grand nord canadien parmi ceux qui « ont forgé l’histoire de Lévis ». 10. Dans le titre de la fresque, le nom Lévis devrait être replacé par Arrondissement de Desjardins. » (La Seigneurie de Lauzon, numéro 104)

 

Note 3. La Seigneurie de Lauzon, numéro 103, Automne 2006, p. 17

L’aspect mystérieux de la Fresque Desjardins de Lévis – Lettre à un membre bien connu du conseil d’administration de la Société d’histoire régionale de Lévis

 

Lévis (Québec), le 15 juin 2014

Monsieur Clément Samson, ancien président du conseil d’administration de la Caisse Desjardins de Lévis, membre du conseil d’administration de la Société d’histoire régionale de Lévis

Aux bons soins de la Société d’histoire régionale de Lévis

9, rue Mgr Gosselin, Lévis, Local R-1, G6V 5K1

Monsieur,

Avant votre nomination à un poste de juge à la Cour supérieure du Québec, vous présidiez le conseil d’administration de la Caisse Desjardins de Lévis. Permettez-moi de vous ramener à cette époque.

Depuis huit ans, la ville de Lévis présente aux Lévisiens et aux visiteurs la Fresque Desjardins de Lévis, située au 9, rue Mgr Gosselin. Cette fresque « est le fruit d’un partenariat réussi liant la Caisse populaire Desjardins de Lévis, la Ville de Lévis et la Commission de la capitale nationale du Québec » (CCNQ), peut-on lire aujourd’hui encore dans une page web de la CCNQ (http://ccnq.org/commission/nouvelles/ANCIEN53.html). Vous êtes l’une des quatre personnes qui ont inauguré la Fresque le 6 octobre 2006.

La Fresque Desjardins de Lévis a été critiquée; la revue de la Société d’histoire régionale de Lévis (SHRL) a émis des réserves majeures à son sujet (vous avez écrit à la SHRL, vous vous en souvenez? pour lui dire votre étonnement; il aurait été bon que vous preniez le temps de tenter de détruire les réserves de la SHRL par une savante critique)1.

Pour élaborer le contenu de la Fresque, un comité dit scientifique a été formé, a-t-on affirmé à la population (source : http://www.capitale.gouv.qc.ca/realisations/les-fresques/fresque-desjardins-de-levis.html). Selon la fiche descriptive de la Fresque publiée par la Commission de la capitale nationale du Québec, ce comité était composé des personnes suivantes : « Anne Carrier, architecte; Pauline Dumont, Société d’histoire régionale de Lévis; Jacques Lemieux, historien; Esther Normand, Société historique Alphonse-Desjardins; Nathalie Ouellet, Service des arts et de la culture, Ville de Lévis; Luc Paquet, Collège de Lévis; Suzanne Rochefort, Service des bibliothèques, Ville de Lévis; Roch Samson, historien. »

Il serait intéressant que vous fassiez connaître à la population le rôle que la Caisse Desjardins de Lévis a joué dans l’élaboration du contenu de la Fresque, ainsi que celui qu’a assumé le comité scientifique.

Il serait intéressant et certainement utile que vous disiez à la population comment il se fait que le comité scientifique ait oublié, « presque jusqu’à la dernière minute », de représenter dans la Fresque le premier colon de Lévis, Guillaume Couture, qui a été un personnage exceptionnel à plusieurs titres dans la seigneurie de Lauzon et ailleurs en Nouvelle-France, et dont la mémoire sera rappelée pendant longtemps par la ville de Lévis, qui vient de décider de rebaptiser son boulevard de la Rive-Sud boulevard Guillaume Couture (on ne saurait imaginer que le comité a délibérément écarté Guillaume Couture). C’est la personne qui présidait la Société d’histoire régionale de Lévis à l’époque, M. Gilbert Samson, qui a sonné l’alerte : « Sans l’intervention de son président, écrit la SHRL, on aurait oublié de représenter le premier habitant de notre région, Guillaume Couture, sur la fresque »2.

Il serait également intéressant et certainement utile que vous fassiez savoir à la population pourquoi le comité a décidé que, dans la Fresque, le Mouvement Desjardins devait être représenté par deux personnages et trois édifices et que l’apport des ouvriers à la construction de Lévis, apport d’une importance capitale, devait être suggéré faiblement plutôt que représenté avec éclat. Si ces choix ne sont pas ceux du comité scientifique, pourriez-vous le dire à la population? Quand on sait que le comité chargé de choisir le contenu de la Fresque comptait des personnes comme Monsieur Jacques Lemieux, géographe, historien et professeur (décédé en 2014), Monsieur Roch Samson, l’historien qui a dirigé la publication des 800 pages de l’Histoire de Lévis-Lotbinière, Madame Pauline Dumont, ancienne vice-présidente de la Société d’histoire régionale de Lévis, et Madame Esther Normand, qui occupe ou a occupé dans le passé le poste de conseillère en conservation et administration à la Société historique Alphonse-Desjardins, n’est-il pas légitime que l’on doute que le comité ait eu le dernier mot dans la détermination du contenu de la Fresque? N’est-on pas justifié d’en douter quand on constate que le Mouvement Desjardins est représenté par deux personnages et trois édifices dans la Fresque? Il semble légitime d’être dans l’embarras devant les interrogations de celles et ceux qui se demandent si le comité censément chargé de l’élaboration du contenu de la Fresque a réellement travaillé, s’il n’a pas été qu’un comité bidon. Les membres de ce comité avaient-ils pris l’engagement de ne pas commenter publiquement leur travail? La participation des membres du comité était-elle bénévole? La Caisse Desjardins de Lévis et ses dirigeants d’hier et d’aujourd’hui ne devraient-ils pas être en mesure de répondre à ces questions (je rappelle que la Caisse Desjardins de Lévis a été l’un des trois partenaires de la réalisation de la Fresque)?

Je suis convaincu qu’il est utile de soulever aujourd’hui des questions concernant l’élaboration du contenu de la Fresque Desjardins de Lévis. Remuer le passé peut éclairer le présent, ainsi que nous aider à préparer l’avenir et, comme on dit (naïvement?), à éviter de répéter des erreurs.

Veuillez, Monsieur le juge, agréer l’assurance de mes sentiments les meilleurs.

Roger Martel, Lévisien

Membre de la Société d’histoire régionale de Lévis (SHRL) pendant environ vingt ans, membre du conseil d’administration de la SHRL pendant deux ans, responsable de la publication de huit numéros de la revue trimestrielle de la SHRL, membre des sociétés d’histoire suivantes depuis des années : Société d’histoire de Saint-Romuald, Société historique de Bellechasse, Société d’histoire de Montmagny, Société historique de Québec, Société d’histoire de la Côte-du-Sud; membre fondateur de la Société québécoise d’histoire de la pharmacie; membre de la Société des traducteurs, terminologues et interprètes agréés du Québec (OTTIAQ) de 1981 à 2007; membre de la Caisse Desjardins de Lévis.

Note 1.

Le texte de la SHRL se lit ainsi : « Des réserves ont été émises au sujet de la fresque : 1. Le berceau de Lévis est pratiquement absent : l’église de Saint-Joseph-de-Lauzon est difficilement visible; le Couvent de Lauzon a été oublié… 2. Aucun des seigneurs de la seigneurie de Lauzon n’est représenté, si ce n’est par le manoir Caldwell, habité par le dernier seigneur, qui fut aussi receveur général et grand voleur de fonds publics… 3. Guillaume Couture, le premier colon de la seigneurie de Lauzon, n’est pas représenté avec éclat; de plus, c’est son rôle d’interprète auprès des Amérindiens qui est mis en évidence. 4. Le Mouvement Desjardins est représenté par deux personnages et trois édifices (est-ce trop ?). 5. L’histoire ferroviaire n’est que chuchotée; or, c’est le chemin de fer qui «donne naissance à la première ville de la région, Lévis» (Roch Samson et al., Histoire de Lévis-Lotbinière). 6. Quatre communautés de sœurs sont représentées; on a oublié les frères. 7. Les élites, les intellectuels, sont bien représentés; où est l’ouvrier de l’industrie? 8. Le capitaine J.-E. Bernier occupe une belle place dans l’oeuvre, qui montre aussi sa maison; mais il ne s’est pas illustré à Lévis. Sa présence dans la fresque a amené un hebdo régional, dans un texte sur la fresque, à ranger l’explorateur du grand nord canadien parmi ceux qui « ont forgé l’histoire de Lévis ». 10. Dans le titre de la fresque, le nom Lévis devrait être replacé par Arrondissement de Desjardins. » (La Seigneurie de Lauzon, numéro 104)

Note 2.

La Seigneurie de Lauzon, numéro 103, Automne 2006, p. 17

Lettre à Madame Nathalie Ouellet, chef du Service des arts et de la culture de la Ville de Lévis, au sujet de la Fresque Desjardins de Lévis

 

Lévis, le 11 juin 2014

Madame Nathalie Ouellet, Chef du Service des arts et de la culture de la Ville de Lévis

Ville de Lévis

 

Madame,

Depuis 2006, la ville de Lévis présente aux Lévisiens et aux visiteurs la Fresque Desjardins1 de Lévis, située au 9, rue Mgr Gosselin. Cette réalisation a été critiquée; la revue de la Société d’histoire régionale de Lévis (SHRL) a émis des réserves majeures à son sujet2. Pour élaborer le contenu de la Fresque, un comité a été formé, a-t-on dit à la population ; selon la fiche descriptive de la Fresque publiée par la Commission de la capitale nationale du Québec, qui est à l’origine de la Fresque, ce comité était composé des personnes suivantes : « Anne Carrier, architecte; Pauline Dumont, Société d’histoire régionale de Lévis; Jacques Lemieux, historien; Esther Normand, Société historique Alphonse-Desjardins; Nathalie Ouellet, Service des arts et de la culture, Ville de Lévis; Luc Paquet, Collège de Lévis; Suzanne Rochefort, Service des bibliothèques, Ville de Lévis; Roch Samson, historien. » On l’a vu, Madame : vous faisiez partie du comité. Il serait intéressant de connaître le rôle que vous avez joué, vous, et celui qu’a joué le comité dans l’élaboration du contenu de la Fresque.

Il serait intéressant et certainement utile que vous disiez comment il se fait que le comité ait oublié, « presque jusqu’à la dernière minute », de représenter dans la Fresque le premier colon de Lévis, Guillaume Couture, qui a été un personnage exceptionnel à plusieurs titres dans la seigneurie de Lauzon et ailleurs en Nouvelle-France, et dont la ville de Lévis vient de décider de rappeler la mémoire en rebaptisant son boulevard de la Rive-Sud boulevard Guillaume Couture (on ne saurait imaginer que le comité a délibérément écarté Guillaume Couture). C’est la personne qui présidait la SHRL à l’époque, M. Gilbert Samson, qui a sonné l’alerte : « Sans l’intervention de son président, écrit la SHRL, on aurait oublié de représenter le premier habitant de notre région, Guillaume Couture, sur la fresque »3.

Il serait également intéressant et certainement utile que vous fassiez savoir pourquoi le comité a décidé que, dans la Fresque, le Mouvement Desjardins devait être représenté par deux personnages et trois édifices et que l’apport des ouvriers à la construction de Lévis, apport d’une importance capitale, devait être suggéré faiblement plutôt que représenté avec éclat. Si ces choix ne sont pas ceux du comité, pourriez-vous le dire? Quand on sait que le comité chargé de choisir le contenu de la Fresque comptait des personnes comme l’historien professionnel Roch Samson, sous la direction de qui les 800 pages de l’Histoire de Lévis-Lotbinière ont été écrites, Madame Esther Normand, qui a autrefois occupé le poste de conseillère en conservation et administration à la Société historique Alphonse-Desjardins, et vous-même, Madame Ouellet, chef du Service des arts et de la culture de la Ville de Lévis, n’est-il pas légitime que l’on doute que le comité ait eu le dernier mot dans la détermination du contenu de la Fresque? N’est-on pas justifié d’en douter quand on constate que le Mouvement Desjardins est représenté par deux personnages et trois édifices dans la Fresque? Il semble légitime d’être dans l’embarras devant les interrogations de celles et ceux qui se demandent si le comité censément chargé de l’élaboration du contenu de la Fresque a réellement travaillé, s’il n’a pas été qu’un comité bidon. Les membres de ce comité avaient-ils pris l’engagement de ne pas commenter publiquement leur travail? La participation des membres du comité était-elle bénévole?

Je suis convaincu qu’il est utile de soulever aujourd’hui des questions concernant l’élaboration du contenu de la Fresque Desjardins de Lévis. Remuer le passé peut éclairer le présent, ainsi que nous aider à préparer l’avenir et, comme on dit (naïvement?), à éviter de répéter des erreurs.

Veuillez, Madame, agréer l’assurance de mes sentiments les meilleurs.

Roger Martel, Lévisien

Membre de la Société d’histoire régionale de Lévis (SHRL) pendant environ vingt ans, membre du conseil d’administration de la SHRL pendant environ deux ans, responsable de la publication de huit numéros de la revue trimestrielle de la SHRL, membre des sociétés d’histoire suivantes depuis des années : Société d’histoire de Saint-Romuald, Société historique de Bellechasse, Société d’histoire de Montmagny, Société historique de Québec, Société d’histoire de la Côte-du-Sud; membre fondateur de la Société québécoise d’histoire de la pharmacie; membre de la Société des traducteurs, terminologues et interprètes agréés du Québec (OTTIAQ) de 1981 à 2007.

Note 1. Desjardins est l’entreprise appelée Mouvement Desjardins, qui a défrayé une partie du coût de la Fresque et qui est mise fortement en évidence dans l’ouvrage.

Note 2. Le texte de la SHRL se lit ainsi : « Des réserves ont été émises au sujet de la fresque : 1. Le berceau de Lévis est pratiquement absent : l’église de Saint-Joseph-de-Lauzon est difficilement visible; le Couvent de Lauzon a été oublié… 2. Aucun des seigneurs de la seigneurie de Lauzon n’est représenté, si ce n’est par le manoir Caldwell, habité par le dernier seigneur, qui fut aussi receveur général et grand voleur de fonds publics… 3. Guillaume Couture, le premier colon de la seigneurie de Lauzon, n’est pas représenté avec éclat; de plus, c’est son rôle d’interprète auprès des Amérindiens qui est mis en évidence. 4. Le Mouvement Desjardins est représenté par deux personnages et trois édifices (est-ce trop ?). 5. L’histoire ferroviaire n’est que chuchotée; or, c’est le chemin de fer qui «donne naissance à la première ville de la région, Lévis» (Roch Samson et al., Histoire de Lévis-Lotbinière). 6. Quatre communautés de sœurs sont représentées; on a oublié les frères. 7. Les élites, les intellectuels, sont bien représentés; où est l’ouvrier de l’industrie? 8. Le capitaine J.-E. Bernier occupe une belle place dans l’oeuvre, qui montre aussi sa maison; mais il ne s’est pas illustré à Lévis. Sa présence dans la fresque a amené un hebdo régional, dans un texte sur la fresque, à ranger l’explorateur du grand nord canadien parmi ceux qui « ont forgé l’histoire de Lévis ». 10. Dans le titre de la fresque, le nom Lévis devrait être replacé par Arrondissement de Desjardins. » (La Seigneurie de Lauzon, numéro 104)

Note 3. La Seigneurie de Lauzon, numéro 103, Automne 2006, page 17

 

Fresque Desjardins Levis_Photo CCNQ

La Fresque Desjardins de Lévis. Guillaume Couture est dans le coin inférieur gauche, en compagnie d’Amérindiens.

(Photo de la Commission de la capitale nationale du Québec)

 

Fresque Desjardins de Lévis 2013-05-03 - A. et D. Desjardins

La Fresque Desjardins de Lévis. À peu près au centre, on voit (très bien) Alphonse Desjardins et Dorimène Desjardins;

on voit aussi (très bien) le capitaine J. Elzéar Bernier,

dont le rôle dans l’histoire de Lévis n’arrive pas à la cheville de celui de Guillaume Couture.

(Photo de Roger Martel)

 

Curieusement, la Fresque Desjardins de Lévis ne montre pas le chevalier de Lévis,

en l’honneur de qui la ville de Lévis, la Commission de la capitale nationale du Québec

et la Caisse Desjardins de Lévis, avec l’appui de la Société d’histoire régionale de Lévis,

ont pourtant cru nécessaire,

quelques années plus tard,

d’élever une copie (produite à l’aide d’une imprimante) de la statue (créée par un artiste) érigée

sur la colline parlementaire, à Québec,

à quelque 75 minutes seulement, à pied et en traversier, de l’endroit où l’oeuvre originale se trouve (la colline parlementaire).

 

Roger Martel, 11 juin 2014

 

 

 

Lettre ouverte à Madame Pauline Dumont, membre du comité chargé d’élaborer le contenu de la Fresque Desjardins de Lévis

 

Lévis (Québec), le 11 juin 2014

Madame Pauline Dumont

Ancienne vice-présidente de la Société d’histoire régionale de Lévis

Madame,

Depuis 2006, la ville de Lévis présente aux Lévisiens et aux visiteurs la Fresque Desjardins1 de Lévis, située au 9, rue Mgr Gosselin. Cette réalisation a été critiquée; la revue de la Société d’histoire régionale de Lévis (SHRL) a émis des réserves majeures à son sujet2. Pour élaborer le contenu de la Fresque, un comité a été formé, a-t-on dit à la population ; selon la fiche descriptive de la Fresque publiée par la Commission de la capitale nationale du Québec, qui est à l’origine de la Fresque, ce comité était composé des personnes suivantes : « Anne Carrier, architecte; Pauline Dumont, Société d’histoire régionale de Lévis; Jacques Lemieux, historien; Esther Normand, Société historique Alphonse-Desjardins; Nathalie Ouellet, Service des arts et de la culture, Ville de Lévis; Luc Paquet, Collège de Lévis; Suzanne Rochefort, Service des bibliothèques, Ville de Lévis; Roch Samson, historien. » On l’a vu, Madame : vous faisiez partie du comité. Il serait intéressant de connaître le rôle que vous avez joué, vous, et celui qu’a joué le comité dans l’élaboration du contenu de la Fresque.

 

Il serait intéressant et certainement utile que vous disiez comment il se fait que le comité ait oublié, « presque jusqu’à la dernière minute », de représenter dans la Fresque le premier colon de Lévis, Guillaume Couture, qui a été un personnage exceptionnel à plusieurs titres dans la seigneurie de Lauzon et ailleurs en Nouvelle-France, et dont la ville de Lévis vient de décider de rappeler la mémoire en rebaptisant son boulevard de la Rive-Sud boulevard Guillaume Couture (on ne saurait imaginer que le comité a délibérément écarté Guillaume Couture). C’est la personne qui présidait la SHRL à l’époque, M. Gilbert Samson, qui a sonné l’alerte : « Sans l’intervention de son président, écrit la SHRL, on aurait oublié de représenter le premier habitant de notre région, Guillaume Couture, sur la fresque »3.

 

Il serait également intéressant et certainement utile que vous fassiez savoir pourquoi le comité a décidé que, dans la Fresque, le Mouvement Desjardins devait être représenté par deux personnages et trois édifices et que l’apport des ouvriers à la construction de Lévis, apport d’une importance capitale, devait être suggéré faiblement plutôt que représenté avec éclat. Si ces choix ne sont pas ceux du comité, pourriez-vous le dire? Quand on sait que le comité chargé de choisir le contenu de la Fresque comptait des personnes comme l’historien professionnel Roch Samson, sous la direction de qui les 800 pages de l’Histoire de Lévis-Lotbinière ont été écrites, Madame Esther Normand, qui a autrefois occupé le poste de conseillère en conservation et administration à la Société historique Alphonse-Desjardins, et vous-même, Madame Dumont, ancienne vice-présidente de la Société d’histoire régionale de Lévis, n’est-il pas légitime que l’on doute que le comité ait eu le dernier mot dans la détermination du contenu de la Fresque? N’est-on pas justifié d’en douter quand on constate que le Mouvement Desjardins est représenté par deux personnages et trois édifices dans la Fresque? Il semble légitime d’être dans l’embarras devant les interrogations de celles et ceux qui se demandent si le comité censément chargé de l’élaboration du contenu de la Fresque a réellement travaillé, s’il n’a pas été qu’un comité bidon. Les membres de ce comité avaient-ils pris l’engagement de ne pas commenter publiquement leur travail? La participation des membres du comité était-elle bénévole?

 

Je suis convaincu qu’il est utile de soulever aujourd’hui des questions concernant l’élaboration du contenu de la Fresque Desjardins de Lévis. Remuer le passé peut éclairer le présent, ainsi que nous aider à préparer l’avenir et, comme on dit (naïvement?), à éviter de répéter des erreurs.

 

Veuillez, Madame, agréer l’assurance de mes sentiments les meilleurs.

 

Roger Martel, Lévisien

 

Membre de la Société d’histoire régionale de Lévis (SHRL) pendant environ vingt ans, membre du conseil d’administration de la SHRL pendant environ deux ans, responsable de la publication de huit numéros de la revue trimestrielle de la SHRL, membre des sociétés d’histoire suivantes depuis des années : Société d’histoire de Saint-Romuald, Société historique de Bellechasse, Société d’histoire de Montmagny, Société historique de Québec, Société d’histoire de la Côte-du-Sud; membre fondateur de la Société québécoise d’histoire de la pharmacie; membre de la Société des traducteurs, terminologues et interprètes agréés du Québec (OTTIAQ) de 1981 à 2007.

 

Note 1. Desjardins est l’entreprise appelée Mouvement Desjardins, qui a défrayé une partie du coût de la Fresque et qui est mise fortement en évidence dans l’ouvrage.

 

Note 2. Le texte de la SHRL se lit ainsi : « Des réserves ont été émises au sujet de la fresque : 1. Le berceau de Lévis est pratiquement absent : l’église de Saint-Joseph-de-Lauzon est difficilement visible; le Couvent de Lauzon a été oublié… 2. Aucun des seigneurs de la seigneurie de Lauzon n’est représenté, si ce n’est par le manoir Caldwell, habité par le dernier seigneur, qui fut aussi receveur général et grand voleur de fonds publics… 3. Guillaume Couture, le premier colon de la seigneurie de Lauzon, n’est pas représenté avec éclat; de plus, c’est son rôle d’interprète auprès des Amérindiens qui est mis en évidence. 4. Le Mouvement Desjardins est représenté par deux personnages et trois édifices (est-ce trop ?). 5. L’histoire ferroviaire n’est que chuchotée; or, c’est le chemin de fer qui «donne naissance à la première ville de la région, Lévis» (Roch Samson et al., Histoire de Lévis-Lotbinière). 6. Quatre communautés de sœurs sont représentées; on a oublié les frères. 7. Les élites, les intellectuels, sont bien représentés; où est l’ouvrier de l’industrie? 8. Le capitaine J.-E. Bernier occupe une belle place dans l’oeuvre, qui montre aussi sa maison; mais il ne s’est pas illustré à Lévis. Sa présence dans la fresque a amené un hebdo régional, dans un texte sur la fresque, à ranger l’explorateur du grand nord canadien parmi ceux qui « ont forgé l’histoire de Lévis ». 10. Dans le titre de la fresque, le nom Lévis devrait être replacé par Arrondissement de Desjardins. » (La Seigneurie de Lauzon, numéro 104)

 

Note 3. La Seigneurie de Lauzon, numéro 103, Automne 2006, page 17

 

Lettre à Mme Esther Normand concernant la Fresque Desjardins de Lévis

Lévis, le 26 mai 2014

Madame Esther Normand, présidente

Tourisme Chaudière Appalaches

800, autoroute Jean-Lesage

Lévis (Québec), G7A 1E3

Courriel : info@chaudiereappalaches.com

 

Madame la présidente,

Depuis 2006, la ville de Lévis présente aux Lévisiens et aux visiteurs la Fresque Desjardins1 de Lévis, située au 9, rue Mgr Gosselin. Cette réalisation a été critiquée; la revue de la Société d’histoire régionale de Lévis (SHRL) a émis des réserves majeures à son sujet2. Pour élaborer le contenu de la Fresque, un comité a été formé, a-t-on dit à la population ; selon la fiche descriptive de la Fresque publiée par la Commission de la capitale nationale du Québec, qui est à l’origine de la Fresque, ce comité était composé des personnes suivantes : « Anne Carrier, architecte; Pauline Dumont, Société d’histoire régionale de Lévis; Jacques Lemieux, historien; Esther Normand, Société historique Alphonse-Desjardins; Nathalie Ouellet, Service des arts et de la culture, Ville de Lévis; Luc Paquet, Collège de Lévis; Suzanne Rochefort, Service des bibliothèques, Ville de Lévis; Roch Samson, historien. » On l’a vu, Madame : vous faisiez partie du comité. Il serait intéressant de connaître le rôle que vous avez joué, vous, et celui qu’a joué le comité dans l’élaboration du contenu de la Fresque.

 

Il serait intéressant et certainement utile que vous disiez comment il se fait que le comité ait oublié, « presque jusqu’à la dernière minute », de représenter dans la Fresque le premier colon de Lévis, Guillaume Couture, qui a été un personnage exceptionnel à plusieurs titres dans la seigneurie de Lauzon et ailleurs en Nouvelle-France (on ne saurait imaginer que le comité a délibérément écarté Guillaume Couture). C’est la personne qui présidait la SHRL à l’époque, M. Gilbert Samson, qui a sonné l’alerte : « Sans l’intervention de son président, écrit la SHRL, on aurait oublié de représenter le premier habitant de notre région, Guillaume Couture, sur la fresque »3.

 

Il serait également intéressant et certainement utile que vous fassiez savoir pourquoi le comité a décidé que, dans la Fresque, le Mouvement Desjardins devait être représenté par deux personnages et trois édifices et que l’apport des ouvriers à la construction de Lévis, apport d’une importance capitale, devait être suggéré faiblement plutôt que représenté avec éclat. Si ces choix ne sont pas ceux du comité, pourriez-vous le dire? Quand on sait que le comité chargé de choisir le contenu de la Fresque comptait des personnes comme l’historien professionnel Roch Samson, sous la direction de qui les 800 pages de l’Histoire de Lévis-Lotbinière ont été écrites, Pauline Dumont, ancienne vice-présidente de la Société d’histoire régionale de Lévis, et vous-même, Madame Esther Normand, qui avez autrefois occupé le poste de conseillère en conservation et administration à la Société historique Alphonse-Desjardins, n’est-il pas légitime que l’on doute que le comité ait eu le dernier mot dans la détermination du contenu de la Fresque? N’est-on pas justifié d’en douter quand on constate que le Mouvement Desjardins est représenté par deux personnages et trois édifices dans la Fresque? Il semble légitime d’être dans l’embarras devant les interrogations de celles et ceux qui se demandent si le comité censément chargé de l’élaboration du contenu de la Fresque a réellement travaillé, s’il n’a pas été qu’un comité bidon. Les membres de ce comité avaient-ils pris l’engagement de ne pas commenter publiquement leur travail? La participation des membres du comité était-elle bénévole?

 

Je suis convaincu qu’il est utile de soulever aujourd’hui des questions concernant l’élaboration du contenu de la Fresque Desjardins de Lévis. Remuer le passé peut éclairer le présent, ainsi qu’à nous aider à préparer l’avenir et, comme on dit (naïvement?), à éviter de répéter des erreurs.

 

Veuillez, Madame la présidente, agréer l’assurance de mes sentiments les meilleurs.

 

Roger Martel, Lévisien

 

Membre de la Société d’histoire régionale de Lévis (SHRL) pendant environ vingt ans, membre du conseil d’administration de la SHRL pendant environ deux ans, responsable de la publication de huit numéros de la revue trimestrielle de la SHRL, membre des sociétés d’histoire suivantes depuis des années : Société d’histoire de Saint-Romuald, Société historique de Bellechasse, Société d’histoire de Montmagny, Société historique de Québec, Société d’histoire de la Côte-du-Sud; membre fondateur de la Société québécoise d’histoire de la pharmacie; membre de la Société des traducteurs, terminologues et interprètes agréés du Québec (OTTIAQ) de 1981 à 2007.

 

Note 1. Desjardins est l’entreprise appelée Mouvement Desjardins, qui a défrayé une partie du coût de la Fresque et qui est mise fortement en évidence dans l’ouvrage.

 

Note 2. Le texte de la SHRL se lit ainsi : « Des réserves ont été émises au sujet de la fresque : 1. Le berceau de Lévis est pratiquement absent : l’église de Saint-Joseph-de-Lauzon est difficilement visible; le Couvent de Lauzon a été oublié… 2. Aucun des seigneurs de la seigneurie de Lauzon n’est représenté, si ce n’est par le manoir Caldwell, habité par le dernier seigneur, qui fut aussi receveur général et grand voleur de fonds publics… 3. Guillaume Couture, le premier colon de la seigneurie de Lauzon, n’est pas représenté avec éclat; de plus, c’est son rôle d’interprète auprès des Amérindiens qui est mis en évidence. 4. Le Mouvement Desjardins est représenté par deux personnages et trois édifices (est-ce trop ?). 5. L’histoire ferroviaire n’est que chuchotée; or, c’est le chemin de fer qui «donne naissance à la première ville de la région, Lévis» (Roch Samson et al., Histoire de Lévis-Lotbinière). 6. Quatre communautés de sœurs sont représentées; on a oublié les frères. 7. Les élites, les intellectuels, sont bien représentés; où est l’ouvrier de l’industrie? 8. Le capitaine J.-E. Bernier occupe une belle place dans l’oeuvre, qui montre aussi sa maison; mais il ne s’est pas illustré à Lévis. Sa présence dans la fresque a amené un hebdo régional, dans un texte sur la fresque, à ranger l’explorateur du grand nord canadien parmi ceux qui « ont forgé l’histoire de Lévis ». 10. Dans le titre de la fresque, le nom Lévis devrait être replacé par Arrondissement de Desjardins. » (La Seigneurie de Lauzon, numéro 104)

 

Note 3. La Seigneurie de Lauzon, numéro 103, Automne 2006, p. 17

COMMUNICATION ENVOYÉE PAR ROGER MARTEL, LE 20 NOVEMBRE 2012, À M. RENÉ BÉGIN, PRÉSIDENT DE LA CAISSE POPULAIRE DESJARDINS DE LÉVIS :

Lévis, le 20 novembre 2012

Monsieur René Bégin, président

Caisse populaire Desjardins de Lévis

Centre financier Les Galeries Chagnon

1200, boulevard Alphonse-Desjardins

Lévis (Québec), G6V 6Y8

Monsieur le président,

Monsieur Clément Samson n’étant plus le président de la Caisse populaire Desjardins de Lévis, le temps est venu, pour cette dernière, de s’excuser auprès des membres de la Société d’histoire régionale de Lévis (SHRL) et de chacune des personnes qui formaient le conseil d’administration de cette dernière aux alentours du dernier trimestre de 2006 et du premier trimestre de 2007. Comme je n’ai pas le pouvoir de prendre la parole au nom de la SHRL et de son conseil d’administration, je ne parlerai ici qu’en mon nom.

 

En 2006 et 2007, j’étais l’un des administrateurs de la SHRL. À cette époque, M. Clément Samson, alors président de la Caisse populaire Desjardins de Lévis, a réagi à un article du numéro 104 (Hiver 2007) de la revue de la SHRL dans lequel des réserves très importantes étaient émises au sujet de la Fresque Desjardins de Lévis (l’article soutenait entre autres que le Mouvement Desjardins et Alphonse Desjardins étaient trop présents dans la Fresque). M. Clément Samson, dans sa lettre, qui m’a stupéfié et qui a semblé stupéfier tous ceux qui la découvraient en même temps que moi, mentionne que la Caisse populaire Desjardins de Lévis apporte une contribution financière importante au milieu lévisien pour favoriser la diffusion des connaissances sur l’histoire locale; il ajoute – et là, il commet une faute, il ajoute ne pas comprendre que la SHRL critique la Caisse populaire Desjardins de Lévis.

 

M. Clément Samson avait le droit de ne pas aimer l’article dont il n’a pas pu s’empêcher de parler à la SHRL, mais rien ne l’autorisait à écrire à la SHRL elle-même qu’il ne comprenait pas qu’elle l’ait publié dans sa revue, La Seigneurie de Lauzon, et ce, même si la Caisse populaire Desjardins de Lévis était le commanditaire le plus important de cette revue. M. Clément Samson aurait dû savoir que son intervention pouvait être perçue comme un avertissement sévère du… commanditaire.

 

La SHRL avait-t-elle abusé de sa liberté d’expression? Absolument pas! La SHRL avait et a toujours le droit d’exprimer son opinion sur la Fresque Desjardins de Lévis comme le journal Le Soleil a le droit de publier un compte rendu de lecture comme celui dans lequel le chroniqueur Didier Fessou écrit qu’ « Alphonse Desjardins était affreusement dépensier », qu’ « Alphonse Desjardins était ambitieux, voire carriériste », qu’ « Alphonse Desjardins n’était pas hostile au « bon » patronage », qu’ « Alphonse Desjardins s’opposait catégoriquement au droit de votre des femmes » et, enfin, qu’ « Alphonse Desjardins utilisait du papier à en-tête de la Chambre des communes dans ses relations épistolaires », que, pour cette raison, « ses correspondants européens croyaient avoir affaire à un parlementaire » et que, « Évitant de la dissiper, il (Alphonse Desjardins) sut tirer partie de cette… méprise », tous des passages dommageables à la réputation du cofondateur de la Caisse populaire de Lévis et qui, pourtant, n’ont probablement pas poussé un personnage important du Mouvement Desjardins à protester auprès du journal Le Soleil (il aurait été bizarre qu’on blâme M. Fessou étant donné que ce dernier recensait une biographie d’Alphonse Desjardins écrite par un historien à l’emploi de la Société historique Alphonse-Desjardins, créée par le Mouvement Desjardins).

Maintenant que Maître Clément Samson a quitté la présidence de la Caisse populaire Desjardins de Lévis pour aller jouer le rôle de juge à la Cour supérieure du Québec, je compte sur le nouveau président, vous, M. René Bégin, pour faire savoir que la Caisse populaire Desjardins de Lévis regrette l’intervention de M. Clément Samson et présente ses excuses à l’ensemble des membres de la SHRL, aux autres administrateurs de la SHRL directement concernés et au signataire de la présente.

 

Je vous prie, Monsieur le président, d’agréer l’expression de mes sentiments les meilleurs.

 

Roger Martel

 

Lévis

 

P.-S. Cette lettre sera publiée dans le web. Je rendrai votre réponse publique, si vous voulez bien me répondre.

 

 

COMMUNICATION ENVOYÉE LE 26 NOVEMBRE 2012 PAR M. RENÉ BÉGIN, PRÉSIDENT DE LA CAISSE POPULAIRE DESJARDINS DE LÉVIS, À M. ROGER MARTEL :

Desjardins

Caisse populaire de Lévis

 

Monsieur Roger Martel

Lévis

 

Objet : Réponse à votre courriel du 20 novembre 2012

 

Monsieur,

 

Nous avons bien reçu votre courriel du 20 novembre dernier dans lequel vous demandez des excuses de la part de la Caisse populaire Desjardins de Lévis concernant un article publié dans la revue de la Société d’histoire régionale Lévis (SHRL) et rédigé par notre président de l’époque, M. Clément Samson.

 

Dans un premier temps, j’aimerais préciser, au nom du conseil d’administration de la Caisse populaire Desjardins de Lévis, que l’événement dont il est question dans votre requête remonte à cinq ans et que, conséquemment, nous pensions que le sujet était clos.

 

Vous comprendrez sans doute notre surprise de recevoir à nouveau une communication au sujet d’un incident dont la nature réside dans une interprétation bien personnelle des faits.Nous jugeons que, dans cette affaire, les allégations « d’avertissement » que vous émettez à l’égard de l’article composé par M. Samson ne sont nullement fondées et, par conséquent, ne requièrent aucune justification de notre part.

 

Nous sommes également surpris que vous réclamiez des excuses pour les dirigeants de la SHRL qui ne vous ont pas officiellement mandaté pour le faire et qui ne semblent aucunement informés de vos démarches.

 

Pour conclure, vous comprendrez sans doute que nous ne pouvons tolérer des allégations publiques basées sur des perceptions et ayant pour conséquence de mettre en doute l’intégrité des dirigeants de la Caisse ou de son personne, ainsi que l’action démocratique de notre organisation.

 

En souhaitant que cette réponse puisse clore, une fois pour toutes, ce dossier, je vous prie d’agréer, Monsieur, l’expression de mes salutations distinguées.

 

René Bégin,

président

COMMUNICATION ENVOYÉE PAR ROGER MARTEL, LE 30 JANVIER 2013, À M. RENÉ BÉGIN, PRÉSIDENT DE LA CAISSE POPULAIRE DESJARDINS DE LÉVIS :

Lévis, le 30 janvier 2013

Monsieur René Bégin, président

Caisse populaire Desjardins de Lévis, Lévis

Monsieur,

Je réponds à votre lettre datée du 26 novembre 2012.

 

Dans la communication que je vous ai envoyée le 20 novembre 2012, je vous parle d’une LETTRE écrite par la personne à laquelle vous avez succédé à la présidence de la Caisse populaire Desjardins de Lévis, M. Clément Samson; cette lettre était destinée à la Société d’histoire régionale de Lévis. Dans le premier paragraphe de votre lettre, Monsieur Bégin, vous écrivez que la démarche que j’ai faite auprès de vous et de la Caisse populaire Desjardins de Lévis « [concerne] un ARTICLE publié dans la revue de la Société d’histoire régionale de Lévis (SHRL) en 2007 et rédigé par notre président de l’époque, M. Clément Samson ». L’article publié en 2007 dont vous parlez, Monsieur Bégin, N’EXISTE PAS. Dans ma communication du 20 novembre 2012, c’est bien d’une LETTRE dont il est question, une lettre qui n’a pas été rendue publique; je vous ai en effet écrit ceci : «  M. Clément Samson, DANS SA LETTRE, qui m’a stupéfié… ». Il y a une différence entre un article paru dans la revue de la SHRL et une lettre adressée au conseil d’administration de la SHRL : l’article peut être lu par tous les membres de l’organisation, la lettre n’est destinée qu’aux yeux d’un petit nombre de personnes de l’organisation. Est-ce bien la lettre dont je vous ai parlé que vous avez lue avant de me répondre ? Je vais continuer ce message en supposant que votre réponse serait oui.

 

Vous m’avez écrit, Monsieur Bégin, que ma communication du 20 novembre 2012 avait trait à « un incident dont la nature réside dans une interprétation bien personnelle des faits ». Ce que vous écrivez ne signifie pas, bien sûr, que d’autres personnes ne pourraient pas avoir la même interprétation que moi, ni que votre interprétation n’est pas moins personnelle que la mienne. QUE DIRIEZ-VOUS SI NOUS DONNIONS AUX LÉVISIENS (AU MOINS AUX MEMBRES DE LA SHRL) LA POSSIBILITÉ DE FAIRE SUR EUX-MÊMES L’EXPÉRIENCE DE LA LECTURE DE LA LETTRE DE M. CLÉMENT SAMSON ? JE SERAIS HEUREUX QUE L’ON PERMETTE À TOUS LES MEMBRES DE LA SHRL DE FORGER LEUR OPINION SUR LA LETTRE DE M. CLÉMENT SAMSON. Naturellement, je ne m’objecte pas à ce que ma réaction à cette lettre soit portée à la connaissance de tous les membres de la SHRL. Je vais envoyer une copie de la présente au président de la SHRL, qui est M. Vincent Couture (aux dernières nouvelles), et à M. Clément Samson pour qu’ils sachent que je souhaite que la lettre de M. Clément Samson et ma réaction à cette lettre soient rendues publiques et pour les inviter à faire ce qu’il faut, de leur côté, pour qu’elles le soient. Pour votre part, Monsieur Bégin, vous pourriez inciter M. Clément Samson et la SHRL à agir pour rendre possible la mise en œuvre de mon idée.

 

Un mot sur d’autres points de votre lettre, Monsieur Bégin. – Vous dites que la question que je soulève est vieille; je réponds : le temps ne fait rien à l’affaire. Vous dites que personne ne m’a mandaté pour vous écrire; je réponds : tout au début de ma communication du 20 novembre 2012, je vous dis que je ne parle qu’en mon nom. Vous écrivez que vous êtes « surpris que [je réclame] des excuses pour les dirigeants de la SHRL »; je réponds : quand la lettre de M. Clément Samson a été reçue par la SHRL, j’étais l’un des dirigeants de la SHRL.

 

J’agis dans l’espoir de faire progresser la société, avec mes faibles moyens, comme tous les êtres humains devraient vouloir tout le temps viser le progrès de la société (sans toujours y parvenir, à cause de leurs défauts, faiblesses ou manques). Il serait merveilleux que la question que j’ai soulevée nous fasse grandir tous les deux et fasse grandir les autres personnes concernées.

 

Je vous prie, Monsieur, d’agréer l’expression de mes sentiments les meilleurs.

 

Roger Martel

Lévis

 

P.-S. Cette communication sera rendue publique, votre réponse aussi si vous voulez bien en offrir une.