l’humain n’a pas toujours mis tous ses atouts au service des siens.

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Date de parution : février 2020.

L’Histoire de l’homme – Edition 2020

Une aventure de 7 millions d’années. Et après ?

Chantal Cabé, La Vie, Michel Lefebvre, Le Monde

Coopérer pour survivre

C’est la plus belle histoire qui soit, la nôtre. Celle d’une espèce très mobile. Une espèce capable de s’adapter ; l’homme a survécu dans pratiquement tous les milieux []

Plus que les autres grands singes, les humains ont besoin du groupe pour exister durablement. Les voilà donc obligés d’être coopératifs et solidaires s’ils veulent survivre. Il suffit de regarder nos nouveaux-nés. 

Une espèce singulière, fragile et forte à la fois, contrainte d’évoluer sans cesse. Avec comme constante, cette coopération sociale qui tisse les liens du groupe et garantit sa survie. […]

Depuis l’âge de pierre, les sociétés humaines se sont révélées incroyablement intelligentes, douées et habiles. […] une insatiable curiosité a permis à notre espèce de modifier à la fois son environne [] Après des millions d’années d’évolution et des millénaires d’histoire, le constat s’impose : l’humain n’a pas toujours mis tous ses atouts au service des siens, de sa planète ou pire, de lui-même. La cruauté de l’homme, son appétit de pouvoir et de territoires en font aussi l’espèce la plus prédatrice du monde vivant, devenue prisonnière et victime de ses propres dérives (dégradation de l’environnement, accroissement des inégalités, épuisement des ressources…).

« L’humanité qui devrait avoir 6 000 ans d’expérience retombe en enfance à chaque génération », constatait l’écrivain français Tristan Bernard (1886-1947). C’est pourquoi il nous faut sans cesse relire notre histoire. Cette nouvelle édition de L’Histoire de l’homme […] nous révèle l’humanité sous tous ses aspects, bons ou mauvais. Savoir d’où l’on vient pour décider où l’on va ? Une mise en perspective indispensable à l’heure où se pose la question de notre propre devenir et de celui de notre planète.

Le Monde : https://www.lemonde.fr/

NE RIEN FAIRE C’EST LAISSER FAIRE.

Il ne sert de rien de récriminer contre la corruption des moeurs ou les misères du temps, si on laisse agir en soi et autour de soi les facteurs de cette corruption et de ces misères.

Texte de Gaston Bastide (1901-1969), professeur de philosophie morale

Extrait de Les grands thèmes moraux de la civilisation occidentale, Paris, Bordas, 1958

Dans cette voie donc, qui est celle des valeurs morales, ou bien l’on monte ou bien l’on descend; il ne saurait y avoir de situation de tranquillité stationnaire : qui ne monte pas descend; ne rien faire c’est laisser faire, et nous n’avons d’autre moyen d’éviter la pente des décadences que de faire effort dans le sens d’un progrès. Tout le monde connaît le chant si grave et nostalgique disciplinant l’effort commun des bateliers qui luttent lentement contre l’écoulement du fleuve en marche. L’humanité ressemble à ces haleurs : attelés à la lourde barque de notre destin, nous ne pouvons qu’unir nos forces pour remonter tous vers les sources dont la nostalgie nous travaille mais dont l’espérance nous meut. Que notre effort cesse un instant, et tout descend à la dérive : au chant viril du travail en commun succèdent les vaines clameurs décadentes et catastrophiques, et les anarchiques lamentations d’une humanité qui a perdu le sens de sa destinée. Alors, d’autres hommes viendront qui reprendront la tâche avec courage et qui mettront beaucoup de temps pour retrouver la hauteur qu’ont fait perdre quelques instants de lâcheté.

Il est donc vrai, comme le dit Pascal, que l’homme est « embarqué ». Il n’y a pour lui aucune échappatoire. Il peut bien s’en remettre au déterminisme des choses du soin de régler son existence en tant que chose précisément; mais en tant que personne morale, c’est à lui et à lui seul qu’incombe le soin de l’Humanité. De cela, il faut prendre une conscience vive, au risque d’en éprouver d’abord quelque inquiétude et même quelque angoisse, car on n’est une personne qu’à ce prix. Or, il y a des esprits nombreux et distingués, doués d’une vaste culture, qui s’appuient sur cette culture même pour prononcer l’axiome connu que rien n’est nouveau sous le soleil, que l’histoire est un perpétuel recommencement et qui, en présence de tous les problèmes, affirment d’un air tranquille qu’il en a toujours été ainsi, et qu’il n’en sera jamais autrement. Et ils estiment que cette affirmation leur donne, au regard de leur conscience, le droit de se réfugier dans le monotone ronronnement de la vie quotidienne, loin des problèmes humains qu’ils considèrent comme une vaine agitation.

Oui, certes, l’histoire toujours recommence. Mais ce n’est vrai que dans l’abstrait, et l’abstrait n’a pas d’être ni davantage de valeur. Mais moi, et chacun, et les hommes, nous sommes des réalités concrètes et c’est notre valeur qui est en jeu. Ma vie, votre vie, notre vie, est unique : il ne saurait y en avoir deux, et si elle n’est pas bonne, elle est mauvaise. Il faudrait donc savoir et tenir ferme qu’en ce qui concerne les problèmes humains, aucune échappatoire n’est possible et que, dans ce domaine, ne rien faire, c’est laisser faire ce qu’on n’a pas voulu. Il ne sert de rien de récriminer contre la corruption des moeurs ou les misères du temps, si on laisse agir en soi et autour de soi les facteurs de cette corruption et de ces misères. Ce que les hommes de bonne volonté ne font pas, les hommes de volonté mauvaise se chargent de le faire. Maritain* traduisait quelque part, à sa manière, les désastreux effets de cette abdication : le diable, disait-il, est accroché comme un vampire aux flancs de l’histoire. Il prend part à la marche du monde, principalement, il fait à sa manière qui n’est pas bonne ce que les hommes omettent de faire parce qu’ils dorment; c’est gâté, mais c’est fait. Tant il est vrai que toute abdication de l’Homme laisse la place à l’inhumain.

* Jacques Maritain (1882-1973), philosophe thomiste français

Ceux de Varsovie : ils s’aiment comme nous.

Jacqueline DULAC interprète « Ceux de Varsovie » chanson lauréate du concours « La rose de France »

Source : Jacqueline Dulac « Ceux de Varsovie » – Vidéo Ina.fr

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Source : http://fr.lyrics.wikia.com/wiki/Jacqueline_Dulac/Ceux_de_Varsovie

La chanson « Ceux de Varsovie » a été interprétée par Jacqueline Dulac et apparaît sur l’album Ceux de Varsovie (1966). Paroles écrites par Eddy Marnay.

 

De Liverpool ou bien d’ailleurs

Ceux de l’Italie

Du nouveau monde ou bien d’ailleurs

Ils chantent comme nous

Ils s’aiment comme nous

Ils ont la même faim de vivre

Ceux qui n’ont jamais

Connu les neiges du printemps

Ceux qui n’ont jamais

Connu le bleu des océans

Ils marchent comme nous

Ils savent comme nous

Le prix des larmes ou bien des rires

Qu’ils n’aient pas les mêmes yeux

Qu’ils n’aient pas la même peau

Il faut bien un jour qu’ils meurent

Ou qu’ils naissent

Ceux de Varsovie

De Liverpool ou bien d’ailleurs

Ceux de l’Italie,

Du nouveau monde ou bien d’ailleurs

Ils sont pareils à nous

Ils sont au fond de nous

Ils sont du même sang que nous

Qu’ils n’aient pas les mêmes yeux

Qu’ils n’aient pas la même peau

Il faut bien un jour qu’ils meurent

Ou qu’ils naissent

Ceux de Varsovie

De Liverpool ou bien d’ailleurs

Ceux de l’Italie

Du nouveau monde ou bien d’ailleurs

Ils chantent comme nous

Ils s’aiment comme nous

Ils cherchent comme nous cherchons l’amourI

Qui, aujourd’hui, choisit la direction de l’Humanité ?

La nécessaire utopie

Par Albert Jacquard

La pire attitude, c’est d’accroître sa vitesse sans choisir sa direction. Qui, aujourd’hui, choisit la direction de l’Humanité ?

Tout, ou presque, est possible

Les moyens dont nous disposons à présent nous autorisent des projets inconcevables il y a peu. Dans le domaine de la destruction, cela semble clair. Les quelques 15 000 mégatonnes d’armes nucléaires en stock représentent l’équivalent de 3 tonnes de TNT par personne. De quoi faire disparaître, en quelques heures, toute trace de vie évoluée sur notre planète ! Cela est vrai aussi dans la lutte contre la maladie : depuis octobre 1977, aucun homme n’est mort de la variole, le virus responsable est définitivement vaincu. Cela est vrai de nos efforts pour nous débarrasser de la malédiction du travail. Peu à peu, les machines remplacent les hommes pour les tâches rebutantes, épuisantes, répétitives.

Nous pouvons imaginer un monde pacifié, où les conflits seront réglés par la discussion, non par la force; où l’absence de travail sera considéré comme la possibilité d’un temps libéré, non comme la menace d’un temps vide; où ce temps libre élargira le domaine des choix personnels et des échanges, non celui de la soumission aux plaisirs surgelés et à l’ennui.

Le « Meilleur des mondes »…

La plupart des futurologues, à la suite de l’écrivain anglais Aldous Huxley, décrivent une humanité écartelée, découpée; ils distinguent d’une part les « alphas », disposant du pouvoir et des richesses, d’autre part les « epsilons »‘, acceptant leur soumission et abandonnés à la limite de la survie. Sans oser l’avouer, notre société avance rapidement vers cette structure : elle admet un écart grandissant entre les nations, les développées et les autres, entre le Nord et le Sud et, à l’intérieur de chaque nation, entre les nantis et les exclus. Ce n’est pas là le résultat d’une méchanceté délibérée mais d’un conformisme qui présentent comme fatales des attitudes finalement suicidaires. Telle l’acceptation de la compétition comme moteur des individus et des sociétés. La compétition est exactement le contraire de l’échange. Or l’échange est le matériau grâce auquel nous construisons notre personne.

… ou une humanité de l’échange

À chaque occasion, quotidiennement, nous pouvons récuser la compétition, non au profit de la passivité, mais à celui de l’émulation. Il ne s’agit pas d’être meilleur que l’autre, mais de devenir meilleur que soi-même grâce à l’autre. Se construire nécessite beaucoup d’efforts. C’est une tâche qui peut remplir toute une vie, mais que nous ne pouvons accomplir qu’en liaison avec les autres.

Au bout, il y a la mort. Mais d’ici là, il peut y avoir du bonheur. Et être heureux, c’est se sentir beau dans le regard des autres.

(Albert Jacquard, La Matière et la vie, Toulouse, Éditions Milan, coll. Les Essentiels Milan, © 1995, p. 56-57)

Le Secrétaire général des Nations Unies APPELLE À UN EFFORT COLLECTIF CONTRE LES CHANGEMENTS CLIMATIQUES.

 

Source : Centre d’actualités de l’ONU: http://www.un.org/french/newscentre/

New York, 3 avril 2014

Face aux signes visibles et inquiétants des changements climatiques à travers le monde, le Secrétaire général des Nations Unies, Ban Ki-moon, a une nouvelle fois insisté jeudi à Bruxelles sur la nécessité d’un effort collectif important pour lutter contre ce phénomène et a souligné le rôle déterminant que l’Europe pouvait jouer en la matière avant qu’il ne soit trop tard.

« Mon objectif est de bien faire comprendre aux Etats membres, au secteur privé et au grand public que les changements climatiques sont un obstacle à la sécurité, à la prospérité et au développement durable de l’humanité », a déclaré le Secrétaire général dans un discours sur les changements climatiques devant l’organisation, les Amis de l’Europe, à la Bibliothèque Solvay, à Bruxelles.

« Nous devons regarder au-delà de l’horizon et construire les fondations à long terme de la paix … il s’agit aussi d’une question de vie et de mort », a-t-il ajouté. Il a rappelé qu’il avait récemment visité le fjord d’Ilulissat, au Groënland, où les effets des changements climatiques sont profondément visibles.

« Le Groënland est comme un canari dans une mine à charbon. A mesure que notre monde se réchauffe, la glace du Groënland fond de plus en plus vite, contribuant à la montée du niveau de la mer qui menace déjà des centaines de millions de gens vivant dans des pays à faible altitude et des villes côtières », a encore dit le Secrétaire général. « Partout à travers le monde, il est clair que les changements climatiques se produisent. Les activités humaines en sont la principale cause. Nous devons agir à partir de ce nous savons et prendre des mesures urgentes avant qu’il ne soit trop tard ».

 

( Note du Passeur de la Côte: Ne dirait-on pas que Ban Ki-moon s’adresse aux électeurs du Québec, qu’il les appelle à voter pour Québec solidaire le lundi 7 avril prochain! )

 

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Amir Khadir, candidat de Québec solidaire dans Mercier,

Olivier Bolduc, candidat dans Chutes-de-la-Chaudière,

Éveline Gueppe, candidate dans Jean Talon,

Yv Bonnier Viger, candidat dans Lévis,

à Saint-Romuald (Lévis) le 28 mars 2014.

(Photo de Roger Martel, le Passeur de la Côte)

 

Un monde meilleur est possible, pense Albert Jacquard

Albert Jacquard, né en 1925, a étudié à l’École Polytechnique et à l’Institut des statistiques, en France; il est titulaire d’un doctorat d’Université de génétique et d’un doctorat d’État en biologie humaine; c’est un généticien, un conférencier, l’auteur de nombreux essais et livres de vulgarisation scientifique.

Chantal Cabé – Votre constat sur le monde actuel est sombre. Pourtant, vous proposez des pistes pour un monde meilleur. D’où vous vient cet espoir?

Albert Jacquard – De la logique. Si je n’ai pas d’espoir, si je suis désespéré, alors ça ne vaut vraiment pas la peine de vivre. Est-il possible que demain soit meilleur qu’aujourd’hui? Ma réponse est en pure logique : oui, évidemment. Et de qui cela dépend-il? De moi, de chacun de nous, c’est-à-dire de quelques autres qui sont 7 milliards. Je n’ai pas le droit d’être pessimiste car cela signifierait que j’abandonne l’humanité à son cours absurde. Être un utopiste, c’est essayer d’avoir un avenir lointain raisonnable.

(Propos recueillis par Chantal Cabé, journaliste à La Vie; dans L’Atlas des utopies, Le Monde et La Vie, Hors-série, octobre 2012)