Les gilets jaunes en France : « Dieu se rit des hommes qui déplorent des effets dont ils chérissent les causes. »

La Vie (revue française), http://www.lavie.fr//debats/bloc-notes/une-detestation-inguerissable-04-12-2018-94798_442.php, décembre 2018

EXTRAIT

Il appartiendra aux historiens de comprendre pourquoi un jeune président [Emmanuel Macron], élu en 2017, nanti d’une majorité à sa main, d’un noyau de fidèles et d’obligés, et d’une sympathie de principe, aura pu déclencher si vite un rejet exaspéré. Il va bien plus loin que l’impopularité terminale de ses prédécesseurs. La détestation, cette fois, est viscérale. Pourquoi et comment ?

On répond généralement en évoquant l’arrogance, l’inclination pour les riches, le profil technocratique, etc. Mais pour ne pas rester vague, donnons ici quelques exemples : les « fainéants »,« ceux qui ne sont rien », ceux qui aiment « foutre le bordel », les « extrémistes », les chômeurs« multirécidivistes » du « refus d’embauche », ceux qui « feraient mieux de travailler » pour « se payer un costard », ceux qui se contentent d’être « illettrés », les « classes laborieuses », etc.

Un président qui s’exprime doit savoir qu’il alimente, jour après jour, une aversion spécifique. Et durable ! À propos de l’Arc de triomphe et de la tombe du Soldat inconnu, ajoutons que cette antipathie aura gagné les rangs de la police et l’armée elle-même. La parution récente d’un livre de ma consœur Nathalie Guibert, Qui c’est le chef ? (Robert Laffont) revient sur le sujet. Son premier chapitre – publié par Le Monde – dit à lui seul de quoi il s’agit : « Ce jour où Macron a pulvérisé l’honneur du général de Villiers. »

À ce stade une question se pose : comment gérer pareille détestation afin d’aller jusqu’au bout d’un quinquennat mal engagé ? Et cela, en tablant sur la seule police et sur un maintien de l’ordre « musclé » ? Suggérons à Emmanuel Macron, à propos de sa prétendue arrogance technocratique, de relire cette phrase de Bossuet, que le pape François avait reprise en février 2014 dans son discours aux ambassadeurs:

« Dieu se rit des hommes qui déplorent des effets dont ils chérissent les causes. »

Bossuet, théologien et écrivain français ordonné prêtre en 1652

Macron tu nous prends pour des cons

maintenant subis notre révolution


« …  les gilets jaunes sont le contraire de nantis. Ils sont, par définition, des perdants de l’économie mondialisée et libérale. »

(Laurent Joffrin, journal français Libération, https://www.liberation.fr/politiques/2018/11/22/gilets-jaunes-insurrection-des-beaufs-ou-juste-colere-du-peuple_1693631?xtor=EPR-450206&utm_source=newsletter&utm_medium=email&utm_campaign=quot, 22 novembre 2018)


« En attendant de connaître le sort de leur mouvement, les gilets jaunes pourront toujours commenter une actualité qui est à la fois à des années-lumière et qui n’est pas tout à fait sans rapport avec la leur, puisque c’est encore une affaire de bagnoles et d’impôts. Voici la véridique histoire de Carlos Ghosn, l’homme qui gagnait treize millions d’euros par an et qui n’en avait jamais assez. Accusé par les dirigeants de Nissan d’avoir dissimulé au fisc une partie de ses revenus, et autres malversations, il est aujourd’hui en garde à vue à Tokyo. Le vertige de la toute-puissance et de l’impunité a fini par le faire chuter. Il pourra se dire, comme Mirabeau (la formule, paraît-il, est de lui) que « la roche Tarpéienne est proche du Capitole ». Car même dans la jungle du capitalisme financier tout n’est pas possible. Encore que le vrai scandale est celui des salaires de ces grands patrons qui s’auto-augmentent sans vergogne. La confrontation de cette affaire avec le mouvement des gilets jaunes offre une illustration de la question à laquelle tout nous ramène toujours, celle du partage des richesses. Les gilets jaunes penseront sans doute que Ghosn appartient à une autre planète. Mais non, c’est sur la même planète qu’un homme estime valoir six cents fois plus que son salarié smicard. Et c’est un peu comme une insulte à la condition humaine. »

(Denis Sieffert, La stratégie du pourrissement, revue française Politis, 21 novembre 2018, https://www.politis.fr/articles/2018/11/la-strategie-du-pourrissement-39635/)

 

Des gilets jaunes au Québec?

 

Le 17 novembre [2018], la France s’est réveillée en jaune. Près de 290.000 Français ont manifesté un ras-le-bol qui dépasse la hausse de la taxe carbone.

(Frédéric Legrand, Olivier Nouaillas, Jordan Pouille, Youna Rivallain et Pascale Tournier, Les “gilets jaunes”, une colère française, revue française La Vie, 20/11/2018, http://www.lavie.fr/actualite/france/les-gilets-jaunes-une-colere-francaise-20-11-2018-94490_4.php

 

les gilets jaunes sont le contraire de nantis. Ils sont, par définition, des perdants de l’économie mondialisée et libérale.

(La lettre politique de Laurent Joffrin, Journal Libération, 22 novembre 2018, https://www.liberation.fr/politiques/2018/11/22/gilets-jaunes-insurrection-des-beaufs-ou-juste-colere-du-peuple_1693631?xtor=EPR-450206&utm_source=newsletter&utm_medium=email&utm_campaign=quot)

 

La plupart d’entre eux [les gilets jaunes] ont pour point commun de vivre désormais dans les territoires qui créent le moins d’emplois, à savoir dans les territoires ruraux, les petites villes et villes moyennes, comme la majorité des Français, d’ailleurs. Leur mouvement est une confirmation presque naturelle de ce qui se passe dans notre pays. Je le vois tous les jours en allant sur le terrain, dans les petites villes ou moyennes, mais aussi en banlieue. Il y a un ressentiment gigantesque.

(Christophe Guilluy : “Les gilets jaunes témoignent d’un conflit de classes” Interview Henrik Lindell, revue La Vie, 21/11/2018, http://www.lavie.fr/actualite/france/christophe-guilluy-les-gilets-jaunes-temoignent-d-un-conflit-de-classes-21-11-2018-94494_4.php)

Pour aider votre prochain, vous devez vous connaître, car vous êtes le prochain.

Jiddu Krishnamurti Mystique indien (Madanapalle, près de Madras, 1895-Ojai, Californie, 1986). – Il naquit dans une famille brahmane. Deux chefs de la Société théosophique, C. W. Leadbeater puis Annie Besant, virent en lui le grand Instructeur spirituel en qui le Seigneur Maitreya s’incarnerait. L’ordre de l’Étoile d’Orient fut fondé en 1911 à Adyar, afin de préparer son avènement. Vers 1926, Krishnamurti modifia son rôle et, en 1929, il supprima la secte. Il parcourut le monde, voulant affranchir les hommes de toute crainte et de toute limitation, de toute religion et de toute doctrine. On lui doit la Première et Dernière Liberté (1954), l’Éveil de l’intelligence (1973). Il a dirigé en Californie, à partir de 1969, une association qui portait son nom. (ource : http://www.larousse.fr/encyclopedie/personnage/Krishnamurti/128072)

Auteur : Krishnamurti Jiddu
Ouvrage : Conférences données à Ojai, USA 1944
Jean Vigneau, éditeur, 1947

(Le texte suivant date des années 1940. Il est tiré de Civilisation contemporaine. Aspects et problèmes, Textes choisis, classés et commentés par M.-A. Baudouy et R. Moussay, Paris, Hatier, 1965, p. 232-233)

Pour aider votre prochain, vous devez vous connaître, car vous êtes le prochain. Nous sommes extérieurement dissemblables, jaunes, noirs, bruns ou blancs, mais nous sommes tous poussés par l’avidité, la peur, la convoitise ou l’ambition; intérieurement nous nous ressemblons beaucoup. Sans connaissance de soi, comment peut-on connaître les besoins des autres? Si vous ne vous comprenez vous-même, vous ne pouvez comprendre un autre, ni le servir; vous agissez dans l’ignorance et créez ainsi de la douleur.

Examinons tout cela. L’industrialisme [industrialisme n.m. Système économique dans lequel l’industrie est considérée comme le pivot de la société. Prédominance sociale des industriels.*) s’étend rapidement sur le monde, poussé par l’avidité et la guerre. Il peut procurer des emplois, nourrir plus de gens, mais quel est le résultat général? Qu’arrive-t-il à un peuple parvenu à un niveau très haut de technique? Il sera plus riche, il aura plus d’autos, plus d’avions, plus de séances de cinéma, des maisons plus grandes et mieux construites, mais qu’en est-il des individus en tant qu’êtres humains? Ils deviennent toujours plus cruels, ils vivent en automates et sont de moins en moins créateurs. La violence doit se propager et le gouvernement devient alors l’organisation de la violence. L’industrialisme peut amener de meilleures conditions économiques, mais quels épouvantables résultats : taudis, antagonismes entre la classe ouvrière et les autres, entre patrons et esclaves, entre capitalisme et communisme. Il y a là toute une situation chaotique qui va se répandant en différents points du monde. Nous déclarons avec optimisme que le niveau de la vie sera relevé, que la pauvreté sera bannie, qu’il y aura du travail, de la dignité, de la liberté et le reste. Mais la division entre riches et pauvres, entre ceux qui exercent le pouvoir et ceux qui le recherchent, cette division et cet incessant conflit continuent. Quelle en sera la fin? Que s’est-il produit en Occident? Des guerres, des révolutions, d’éternelles menaces de destructions, un complet désespoir où l’on ne sait qui aide et qui est aidé, qui sert et qui est servi. Lorsque tout se détruit autour dé nous, ceux qui pensent doivent en rechercher les causes profondes, mais peu semblent le faire ! L’homme qu’une bombe explosive a chassé de sa maison doit envier l’homme primitif. Vous apportez sûrement la civilisation aux peuples dits arriérés, mais à quel prix! Vous servez, peut-être, mais regardez plutôt ce qui se produit dans votre sillage. Ceux qui comprennent les causes profondes du désastre sont peu nombreux. On ne peut détruire l’industrie, ni supprimer l’avion, mais on peut déraciner les causes qui produisent leur emploi néfaste : les causes de leur effroyable emploi résident en vous. Vous pouvez les déraciner, ce qui est une tâche ardue; mais parce que vous ne voulez pas affronter cette tâche, vous essayez de codifier la guerre; vous établissez des accords, des ligues, une sécurité internationale, mais la cupidité, l’ambition les dominent et les guerres et les catastrophes s’ensuivent inévitablement.

Pour aider votre prochain, vous devez vous connaître; il est, comme vous, le produit du passé. Nous sommes tous reliés les uns aux autres. Si vous êtes intérieurement contaminé par l’ignorance, la mauvaise volonté et la colère, vous propagerez inévitablement votre maladie et vos ténèbres. Si vous êtes intérieurement sains et harmonieux, vous répandrez la lumière et la paix; autrement vous ajouterez au chaos et à la misère.

* (http://www.larousse.fr/dictionnaires/francais/industrialisme/42739)

Semaine d’actions pour une meilleure redistribution de la richesse – Février 2016 / ATTAC-Québec

La Coalition Main rouge appelle à organiser des actions dans toutes les régions du Québec entre les 21 et 27 février, sous le thème « Budget 2016 : (…)

Source : Semaine dactions pour une meilleure redistribution de la richesse – ATTAC-Québec

 

 

L’austérité, oeuvre des « juntes civiles ».

L’austérité, oeuvre des « juntes civiles »

Par André Jacob

EXTRAIT

Dans le numéro du Monde diplomatique de décembre 2011, Serge Halimi intitulait son éditorial tout simplement ‘ »Juntes civiles » pour qualifier les gouvernements de la droite politique et économique qui ont dominé la scène européenne de la dernière décade avec leur stratégie politique appelée « lutte au déficit et austérité » notamment en Grèce, en Italie et en Espagne. Dans un article récent paru dans le Huffington Post Québec, le professeur Bernard Vachon qualifie le gouvernement Couillard de « dictature démocratique ».

Les mots ne sont p;as anodins. Une junte, au sens moderne du terme, réfère à un groupe de militaires ardents défenseurs du libéralisme économique qui prennent le pouvoir par un coup d’État. Par analogie, le gouvernement de Philippe Couillard a pris le pouvoir en ne présentant pas son vrai programme de restructuration (voire de destruction) de l’État, ce que Francine Pelletier du Devoir a qualifié de coup d’État. Pour arriver à ses fins, un « noyau dur » composé de banquiers, fidèles croyant aux dogmes du libéralisme économique (Leitão, Coiteux, D’Aoust), impose un nouveau modèle de société générateur d’inégalités sociales et économiques. Ces représentants d’une minorité de la classe dominante au plan économique mettent leur idéologie en pratique avec le soutien des « orienteurs professionnels de la droite » qui se drapent de l’orthodoxie néolibérale réunis sous diverses bannières comme l’Institut économique de Montréal, la Fédération des Chambres de commerce, le Conseil du patronat, quelques experts du monde économique (universitaires, pensons notamment aux individus derrière le rapport Godbout) et des amuseurs publics des stations de radio démagogiques et populistes.

L’austérité, oeuvre des « juntes civiles », revue À Bâbord, numéro 60 (été 2015), p. 36

NOTES du Passeur de la Côte
Serge Halimi « Membre de l’équipe de rédaction du Monde diplomatique depuis 1992, il occupe depuis mars 2008 le poste de directeur de ce mensuel. Fils de l’avocate Gisèle Halimi, Serge Halimi, docteur en sciences politiques de Berkeley, a été professeur associé à l’université Paris VIII de 1994 à 2000. » (http://fr.wikipedia.org/wiki/Serge_Halimi)
« Bernard Vachon a fait carrière comme professeur-chercheur au département de géographie de l’Université du Québec à Montréal (1969-2000). Il est […] détenteur d’un doctorat de la London School of Economics and Political Science en Angleterre ainsi que de l’Université de Liège en Belgique dans les domaines de l’aménagement et du développement territorial. » (http://quebec.huffingtonpost.ca/bernard-vachon/)
Francine Pelletier « Journaliste depuis plus de 30 ans, Francine Pelletier a travaillé tant en français qu’en anglais, à la presse électronique qu’à la presse écrite. Sa carrière l’a menée de la co-fondation et direction éditoriale d’un magazine féministe (La Vie en rose) à l’écriture d’une chronique hebdomadaire au quotidien La Presse. Elle a également collaboré au journal Le Devoir et The Gazette, aux magazines L’Actualité, Macleans et Châtelaine, ainsi qu’aux émissions Sunday Edition au réseau CTV, The Editors à PBS et Morningside à la radio de CBC. » (http://www.francinepelletierleblog.com)
Leitão, Carlos J., ministre des Finances, gouvernement du Québec
Coiteux, Martin, ministre responsable de l’Administration gouvernementale et de la Révision permanente des programmes
Président du Conseil du trésor, gouvernement du Québec
Daoust, Jacques, ministre de l’Économie, de l’Innovation et des Exportations, gouvernement du Québec
L’article de Serge Halimi dont parle André Jacob commence ainsi :
« Maniant le chantage à la faillite et la peur du chaos, deux anciens banquiers, MM. Lucas Papadémos [économiste, premier ministre de la Grèce en 2011 et 2012] et Mario Monti [Italien, économiste, président du Conseil des ministres de 2011 à 2013] viennent de prendre le pouvoir à Athènes et à Rome. Ce ne sont pas des techniciens apolitiques, mais des hommes de droite, membres de la Commission trilatérale, connue pour avoir dénoncé l’excès de démocratie des sociétés occidentales. »
On peut lire la suite au http://www.monde-diplomatique.fr/2011/12/HALIMI/47028.

L’exploitation de l’homme par l’homme? Plus jamais! – Le blogue de Léo-Paul Lauzon

Aie! Ça fera les leçons de politesse | Le blogue de Léo-Paul Lauzon.

 

Faudrait faire preuve de politesse envers ceux qui nous exploite?

Par Léo-Paul Lauzon – 1 octobre 2014

Source : Le Journal de Montréal, http://blogues.journaldemontreal.com/lauzon/politique/aie-ca-fera-les-lecons-de-politesse/

Extraits

 

L’Association canadienne de la paie, un organisme patronal, a mentionné que : «46% des salariés québécois vivent d’une paie à l’autre». (Journal de Montréal, 10 septembre 2014). En 2012, l’ONU a signalé qu’au Canada, il y avait 2 millions de personnes souffrant d’insécurité alimentaire et où tous les mois 900 000 personnes, dont de plus en plus de travailleurs, fréquentaient des banques alimentaires pour joindre les deux bouts. (La Presse, 10 mai 2012). La même année, l’ONU a critiqué le Québec et le Canada pour l’aggravation de la pauvreté infantile au cours des dix dernières années. (La Presse, 8 décembre 2012).

Tiens, il y a aussi cet autre titre d’article de journal du 31 juillet 2013 : «Un ménage sur huit ne mange pas à sa faim au Canada». Et celui-ci du 14 août 2014:«Les 86 plus riches au pays détiennent autant d’avoirs que les 11,4 millions les plus pauvres». Je pourrais continuer longtemps, mais terminons pour ces trois dernières :

-«OCDE. Au Canada, les inégalités de revenu se creusent, les plus riches accaparant une part disproportionnée(sic) de la richesse créée». (Le Devoir, 1er mai 2014)

[…]

Et il y a aussi Statistique Canada et d’autres qui nous disent que le salaire réel des travailleurs n’a pas augmenté au cours des trente dernières années: «Aucun gain salarial pour les travailleurs en 30 ans». (Le Devoir, 1er mai 2010). Ces inégalités ignobles et cette pauvreté odieuse, je suppose que ça découle de phénomènes tout à fait naturels et qu’il n’y a absolument personne de responsable de ces infamies. Et nos politiciens comme Harper et Couillard qui en rajoutent à ces inégalités par leurs politiques sociales et fiscales. […]

Couillard et sa gang qui, en grands effrontés qu’il sont, essaient de nous faire accroire que le Québec est en crise très sérieuse et qu’il faut par conséquent couper dans les services publics, taxer la classe moyenne et tarifier leurs programmes sociaux. […]

Crise mon œil. Le «Québec inc. touche les 300 milliards en Bourse». (La Presse, 30 octobre 2013). et aussi : «Québec inc. Un rendement à faire rougir d’envie les Américains». (La Presse, 27 mai 2014). Allô crise! Puis : «Entreprises québécoises. Des milliards conservés à l’étranger». (Le Presse, 30 août 2014). À l’étranger comme dans des paradis fiscaux, par exemple. Enfin : «Compétitivité fiscale. Le Québec se classe parmi les premiers, selon KPMG». (Le Devoir, 18 juin 2014). Gros profits, peu imposés au Québec, côtoient grosses inégalités économiques, pleins de pauvres et appauvrissement continue de la classe moyenne. […] Quand il n’y a pas d’enrichissement de la majorité, mais seulement d’une minorité, à quoi peut ben servir la croissance sans répartition équitable de la richesse qui est accaparée par le 1%?

Crise budgétaire aiguë selon monsieur Couillard et son trio de ministre économistes banquiers (Leitao, Daoust et Coiteux), mais ça n’empêche pas que:« Le nombre de millionnaires nettement en hausse au Québec». (La Presse, 21 septembre 2012) et «Les super-riches québécois s’enrichissent plus vite que leurs homologues canadiens». (Journal de Montréal, 22 novembre 2013). […]

Merde, les deux problèmes majeurs au Québec et au Canada sont le réchauffement climatique et la montée criminelle des inégalités sociales. Avez-vous déjà entendu Couillard et Harper promettent de s’attaquer à ces fléaux? Ben non, au contraire, leurs politiques viennent amplifier le réchauffement de la planète et les inégalités économiques par le biais, entre autres, de sauvages coupures en santé, en éducation et autres services publics. Des lâches au service des nababs et des sultans de la société. […]

POUR LIRE TOUT L’ARTICLE, ALLEZ AU HTTP://BLOGUES.JOURNALDEMONTREAL.COM/LAUZON/POLITIQUE/AIE-CA-FERA-LES-LECONS-DE-POLITESSE/.

Le pape François dit non à l’économie de l’exclusion et de la disparité sociale.

« Les revendications sociales qui ont un rapport avec la distribution des revenus, l’intégration sociale des pauvres et les droits humains ne peuvent pas être étouffées sous prétexte de construire un consensus de bureau ou une paix éphémère, pour une minorité heureuse. La dignité de la personne humaine et le bien commun sont au-dessus de la tranquillité de quelques-uns qui ne veulent pas renoncer à leurs privilèges. […] Non à l’économie de l’exclusion et de la disparité sociale. Une telle économie tue ».

(Pape François, Evangelii Gaudium (La joie de l’Evangile), cité par Léo-Paul Lauzon, Le Journal de Montréal, http://blogues.journaldemontreal.com/lauzon/politique/aie-ca-fera-les-lecons-de-politesse/)

 

Le pape François dit oui à une redistribution des revenus.

« La croissance dans l’équité exige quelque chose de plus que la croissance économique, bien qu’elle la suppose ; elle demande des décisions, des programmes, des mécanismes et des processus spécifiquement orientés vers une meilleure distribution des revenus, la création d’opportunités d’emplois, une promotion intégrale des pauvres qui dépasse le simple assistanat. »(Pape François, Evangelii Gaudium (La joie de l’Evangile), cité dans La Tribune, http://www.latribune.fr/actualites/economie/20131126trib000797883/le-pape-s-attaque-a-la-tyrannie-des-marches.html)

Le jour d’un mariage princier…

 

Le 6 septembre 2013, un membre de l’une des familles Desmarais du Québec et un prince de la Belgique ont uni leurs destinées. Le mariage a été célébré à la cathédrale Marie-Reine-du-Monde, à Montréal. Après, quelque 750 personnes ont été reçues par les parents des mariés sur la moitié d’une belle île par eux louée. Le Passeur de la Côte, qui souhaite sincèrement beaucoup de bonheur aux nouveaux mariés, est heureux de vous présenter des photos prises le jour de ce mariage princier.

 

01 faim_Terre sacrée

03 soupe pop

04 Japon-Fukushima_nucleaire

-

06 ecole africaine_pauvrete

08 refugies camp Darfour

09 les-riches-et-les-pauvres-dali-najeh

Man searches for food in container outside a supermarket in central Bilbao

13 faim monde

15 misere_pauvrete1

Le Passeur de la Côte remercie ses généreux copains photographes.

L’ONU, la justice sociale, les inégalités sociales et le programme de développement pour l’après-2015

L’ASSEMBLÉE GÉNÉRALE DÉBAT DE LA JUSTICE SOCIALE, ÉLÉMENT CLEF DU PROGRAMME DE DÉVELOPPEMENT APRÈS 2015

Source :  Centre d’actualités de l’ONU, http://www.un.org/french/newscentre/

New York, 8 juillet 2013

À l’occasion d’un débat de haut niveau sur l’inégalité devant l’Assemblée générale, son Président, Vuk Jeremić, a affirmé lundi que la recherche de la justice sociale était une quête universelle inscrite dans les textes sacrés de l’humanité.

« Si le combat contre l’inégalité dure depuis des siècles, il est toutefois devenu « le grand impératif » de notre époque. Ce combat est inhérent au programme de développement pour l’après-2015 », a-t-il rappelé.

M. Jeremić s’est ensuite dit convaincu que la « transition universelle » vers le développement durable exigeait un plus grand engagement à combler les écarts entre les nantis et les laissés-pour-compte.

« Si nous ne répondons pas à cette situation de manière décisive, nous risquons d’entrer dans une nouvelle ère de mécontentement et de conséquences sans précédent sur la planète entière », a-t-il averti.

Les disparités entre les États à haut revenu et les États à faible revenu ont en effet pratiquement doublé au cours des 20 dernières années. Aujourd’hui, 10% de la population détient près de 70% des richesses mondiales, tandis que le pourcent le plus riche en détient 32% à lui seul.

« Une telle tendance ne sert pas les intérêts stratégiques des nations », a prévenu le Président, qui a fait observer que les sociétés où règnent les inégalités ont des périodes de croissance plus courtes et moins robustes et qu’elles sont plus vulnérables aux crises financières.

Afin de réaliser « les promesses du développement durable », M. Jeremića jugé nécessaire de répondre aux défis de la concentration croissante du pouvoir dans les mains d’une proportion toujours plus petite de la population mondiale.

Les 900 prochains jours seront critiques pour veiller à la pleine intégration de la lutte contre les inégalités dans les objectifs de développement durable, a insisté le Président pour qui une « autoévaluation » en la matière s’impose afin de consolider la justice sociale et une économie capable d’investir suffisamment dans l’avenir de toutes les populations.

En conclusion, M. Jeremić a appelé la communauté internationale à agir de manière concertée pour répondre à ces défis de manière urgente, à s’engager stratégiquement pour réparer les « liens brisés » de nos sociétés et à cesser de faire la sourde oreille aux aspirations démocratiques des peuples du monde.

De son côté, Ban Ki-moon, Secrétaire général de l’ONU, a estimé que le monde était entré dans une période de grandes incertitudes, marquée par des crises qui ont secoué les économies et engendré le désespoir des plus pauvres.

Il a aussi stigmatisé la dégradation de l’environnement causée par des modes de consommation et de production non viables menaçant les objectifs de développement. C’est dans ce contexte, a-t-il dit, que nous allons examiner les objectifs de développement pour l’après-2015.

Les Objectifs du Millénaire pour le développement (OMD), a-t-il poursuivi, précisant que 600 millions de personnes avaient pu s’extraire de la pauvreté extrême et que des actions ciblées contre la paludisme, le VIH/sida et la tuberculose avaient permis de sauver des millions de vie.

Mais devant la persistance des inégalités, le patron de l’ONU a appelé à des changements radicaux et s’est réjoui que l’équité soit en train d’émerger comme une préoccupation majeure du programme du développement pour l’après-2015.

« Nous avons besoin de solutions aux crises économiques et financières qui bénéficient à tous », a insisté Ban Ki-moon en appelant à une approche inclusive du développement durable.

Il faut investir davantage dans la santé, l’éducation, la protection sociale et l’emploi décent, notamment pour les jeunes, a-t-il ajouté, précisant qu’il s’agira de créer 470 millions d’emplois, entre 2015 et 2030, a conclu le Secrétaire général.

Temps des fêtes : l’abondance s’affiche, le dénuement se cache.

Voici des extraits de l’article Un peu de magie à l’école Saint-Anselme – Temps des Fêtes, tant d’inégalités écrit par Lisa-Marie Gervais et publié dans le journal québécois Le Devoir le 22 décembre 2012, http://www.ledevoir.com.

À Noël égal, bonheurs divers. Le temps des Fêtes célébré dans l’abondance, les réjouissances familiales et la neige folle pour certains rime plutôt avec dénuement, stress et isolement pour d’autres. Le Devoir est allé à la rencontre de ces deux mondes, alors que les lutines du collège Sainte-Marcelline ont visité les enfants de l’école Saint-Anselme, à Montréal.

[…]

Et si la magie des Fêtes opère, c’est peut-être parce que, dans la vie de certains enfants de l’école, il y en a justement très peu, de magie. « Il y en a qui n’auront pas de cadeaux ou à peu près pas. La nourriture va manquer ou bien ils ne sortiront pas dehors », laisse tomber Mme Massüe [directrice de l’école Saint-Anselme]. Parfois, cet esseulement se révèle subtilement dans le comportement d’un enfant ou son regard triste.

[…]

Le bonheur à Noël n’est pas uniquement lié à l’abondance financière, loin s’en faut ; les difficultés familiales ne vont pas de pair avec la grosseur du portefeuille, c’est connu. Reste que, pour la plupart de ces jeunes filles de bonnes familles qui fréquentent un collège privé à 4000 $ au bord de la rivière des Prairies, le temps des Fêtes est fait de tables bien garnies, de plein air et de voyages dans le Sud. En revanche, pour une bonne partie des enfants de Saint-Anselme, issus de familles immigrantes, monoparentales ou très démunies, Noël se vivra dans le dénuement, le stress, la solitude.

[…]

Lutine Eleni, qui en est à sa troisième visite de Noël, reconnaît que la rencontre des deux mondes constitue « un choc ». « Nous, on nous a élevées dans une atmosphère pas du tout semblable et on débarque ici… Un simple petit cadeau fait leur bonheur. C’est incroyable », note-t-elle. Leur bonheur ? Et comment !

……………..

LA MISÈRE VOUS NE LA VOYEZ PAS.

Le livre La misère du monde, réalisé sous la direction du sociologue français Pierre Bourdieu, présente des témoignages d’hommes et de femmes « à propos de leur existence et de leur difficulté d’exister »,. L’extrait suivant provient de cet ouvrage, il est tiré d’un texte de la chercheuse Gabrielle Balazs.

Madame Tellier s’est confiée à Gabrielle Balazs en 1991. Elle a occupé des emplois de bureau avant de devenir commerçante dans la cinquantaine (son commerce n’a pas duré longtemps : il a été pillé et brûlé). Elle a présidé le comité des commerçants de sa ville. Auparavant, elle avait été élue conseillère municipale après avoir participé au mouvement d’occupation par le personnel de l’usine pour laquelle elle travaillait alors et qui avait déposé son bilan.

Mme Tellier – « La misère vous ne la voyez pas, il faut entrer dans les HLM, dans les appartements, faut voir comment les gens vivent. En tant qu’élue, moi j’ai eu l’occasion disons…

D’aller chez les uns, chez les autres?

Mme Tellier – Oui et je m’étais opposé à des saisies, etc., il fallait voir ce qu’il y avait à l’intérieur; il y avait tout juste une table et un matelas par terre. C’est plus les bidonvilles que l’on connaissait avant, c’est vrai que c’est caché, c’est une misère qui est cachée. Je revois. J’ai eu l’occasion de voir, bon, il y avait une table qui avait d’ailleurs un pied cassé, des chaises branlantes et puis un réchaud, quoi. Avec des boîtes de conserve sur la table… Non c’est vrai que ça ne se voit pas, les bidonvilles on le savait mais là il y a des immeubles…

Et puis sûrement beaucoup de gens qui vivent, soit avec des tout petits salaires, ça c’est la majorité mais aussi avec le RMI, des choses comme ça.

Mme Tellier – Vous vous rendez comte les jeunes, on leur propose le TUC à… le TUC à 1 900 francs par mois, le RMI, maintenant ça doit être 2 000 francs; qu’est-ce que vous voulez faire avec ça? Ça paye même pas le loyer. Non, c’est pour ça qu’il faut des études et c’est vrai qu’il faut rénover, c’est vrai que… Mais si on n’attaque pas, si on n’attaque pas le mal à la racine, on saupoudre. On réglera rien, on réglera absolument rien. Tant que les jeunes auront le pouvoir d’achat plus que minable, tant que les jeunes n’auront pas plus de perspective et ça c’est dramatique… pour les jeunes, vous vous rendez compte? Ils ne peuvent pas s’engager, se marier, ils ne savent pas si ils auront un métier, non ça… On m’a fait comprendre que c’était utopique, quand je demandais à ce que bon, maintenant les gens puissent… le droit au travail, le droit au logement, etc., bon on veut pas entendre. On continue de fermer les boîtes, là vous avez vu, vous prenez la radio, il y a encore je ne sais pas combien de licenciements à Air France ou je ne sais plus où, on continue de fermer les boîtes, comment voulez-vous que là les famille puissent vivre décemment, enfin quand il y a des problèmes d’argent, tout se détraque, tout se dégrade.

La Misère du monde, ouvrage publié sous la direction de Pierre Bourdieu, Paris, Éditions du Seuil, © 1993. Le Passeur de la Côte a lu l’édition publiée dans la collection Essais en 2007;

le texte de Gabrielle Balazs commence à la page 179.

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Luc, chapitre 16

Lc 16:19-  » Il y avait un homme riche qui se revêtait de pourpre et de lin fin et faisait chaque jour brillante chère.

Lc 16:20- Et un pauvre, nommé Lazare, gisait près de son portail, tout couvert d’ulcères.

Lc 16:21- Il aurait bien voulu se rassasier de ce qui tombait de la table du riche… Bien plus, les chiens eux-mêmes venaient lécher ses ulcères.

Lc 16:22- Or il advint que le pauvre mourut et fut emporté par les anges dans le sein d’Abraham. Le riche aussi mourut, et on l’ensevelit.

Lc 16:23-  » Dans l’Hadès, en proie à des tortures, il lève les yeux et voit de loin Abraham, et Lazare en son sein.

Lc 16:24- Alors il s’écria : « Père Abraham, aie pitié de moi et envoie Lazare tremper dans l’eau le bout de son doigt pour me rafraîchir la langue, car je suis tourmenté dans cette flamme. « 

Lc 16:25- Mais Abraham dit : « Mon enfant, souviens-toi que tu as reçu tes biens pendant ta vie, et Lazare pareillement ses maux ; maintenant ici il est consolé, et toi, tu es tourmenté.

Lc 16:26- Ce n’est pas tout : entre nous et vous un grand abîme a été fixé, afin que ceux qui voudraient passer d’ici chez vous ne le puissent, et qu’on ne traverse pas non plus de là-bas chez nous. « 

Lc 16:27-  » Il dit alors : « Je te prie donc, père, d’envoyer Lazare dans la maison de mon père,

Lc 16:28- car j’ai cinq frères ; qu’il leur porte son témoignage, de peur qu’ils ne viennent, eux aussi, dans ce lieu de la torture. « 

Lc 16:29- Et Abraham de dire : « Ils ont Moïse et les Prophètes ; qu’ils les écoutent.  » –

Lc 16:30- « Non, père Abraham, dit-il, mais si quelqu’un de chez les morts va les trouver, ils se repentiront. « 

Lc 16:31- Mais il lui dit : « Du moment qu’ils n’écoutent pas Moïse et les Prophètes, même si quelqu’un ressuscite d’entre les morts, ils ne seront pas convaincus.  » « 

Source : La Bible de Jérusalem, http://www.biblia-cerf.com/BJ/lc16.html

L’ONU confirme la persistance des disparités hommes-femmes sur le marché du travail

source : Centre de nouvelles ONU, http://www.un.org/french/newscentre/

New York, 11 décembre 2012

Selon un rapport conjointement publié mardi par l’Organisation internationale du travail (OIT) et ONU Femmes, les inégalités hommes-femmes sur les marchés du travail dans le monde, qui tendaient à se réduire au début de la décennie écoulée, se creusent de nouveau depuis la crise en 2007, avec des variations considérables selon les régions.

D’une manière générale, les femmes souffrent de taux de chômage plus élevés que les hommes à l’échelle mondiale, sans perspective d’amélioration dans les prochaines années, préviennent les agences onusiennes dans ce rapport qui examine les écarts entre hommes et femmes en matière de chômage, d’emploi, de taux d’activité, de vulnérabilité et de ségrégation sectorielle et professionnelle (http://www.ilo.org/global/about-the-ilo/newsroom/news/WCMS_195453/lang–fr/index.htm).

« Alors que les femmes contribuent à l’économie et à sa productivité à l’échelle mondiale, elles restent confrontées à de nombreux obstacles qui les empêchent de réaliser pleinement leur potentiel économique. Cela n’a pas pour seule conséquence de freiner leur ascension, cela freine aussi la performance économique et la croissance », a assuré Michelle Bachelet, Directrice exécutive de l’ONU Femmes.

« Garantir l’égalité des chances pour les femmes et les hommes n’est pas seulement juste. C’est également pertinent d’un point de vue économique », a-t-elle résumé.

Dans les économies avancées, la crise semble davantage avoir affecté les hommes travaillant dans les secteurs liés au commerce que les femmes travaillant dans la santé et l’éducation. Dans les pays en développement en revanche, les femmes ont été plus durement touchées dans les secteurs liés au commerce.

De 2002 à 2007, le taux de chômage des femmes se situait à 5,8% contre 5,3% pour les hommes. La crise a amplifié ce décalage de 0,5 à 0,7% et détruit 13 millions d’emplois occupés par des femmes.

L’écart entre hommes et femmes concernant les ratios emploi/population avait diminué avant la crise mais demeurait élevé, à 24,5 points. La réduction avait été particulièrement forte en Amérique latine et dans les Caraïbes, dans les économies avancées, en Afrique et au Moyen-Orient.

« Les politiques visant à réduire les écarts entre les sexes peuvent considérablement améliorer la croissance économique et le niveau de vie; dans les pays en développement, ce peut être une contribution essentielle à la réduction de la pauvreté », a souligné le Directeur exécutif de l’OIT en charge de l’emploi, José Manuel Salazar-Xirinachs.

Au nombre de ses recommandations, le rapport appelle à étendre les mesures de protection sociale destinées à réduire les causes de vulnérabilité des femmes; il préconise d’investir dans la formation et l’éducation et d’instaurer des politiques favorisant l’accès à l’emploi.