Creusement des inégalités et érosion des programmes de sécurité sociale

Source : Guy Taillefer, Simplicité involontaire – Le Devoir, 27 décembre 2018 – ÉDITORIAL, https://www.ledevoir.com/opinion/editoriaux/544331/retraites-simplicite-involontaire

EXTRAIT

Par Guy Taillefer, éditorialiste, Le Devoir
Dans l’empire de l’économie néolibérale qui tient le petit contribuable en laisse, le creusement des inégalités et l’érosion des programmes de sécurité sociale, là où ils existent, se sont accélérés en 2018, que les gouvernements pensent à droite ou qu’ils fassent semblant de pencher à gauche. […]
Moins médiatisée car plus éparpillée, cette exaspération s’est aussi manifestée cette année au sein d’une catégorie de citoyens qu’on ne voit pas souvent se mobiliser : les retraités. Leur courroux n’en est que plus éloquent.
De la France à la Russie en passant par le Nicaragua et l’Argentine, ils sont descendus dans la rue pour dénoncer des « réformes » promues par des gouvernements plus ou moins dysfonctionnels et déconnectés qui, de fait, se trouvent à approfondir la pauvreté des uns et à fragiliser les revenus de « classe moyenne » des autres au nom pratique d’impératifs budgétaires. Dans la dernière ligne droite de l’existence, trop de retraités — et de retraitées ! — deviennent, de force, des apôtres de la décroissance par simplicité involontaire. Dans le pire des cas, la religion du PIB à laquelle ils ont obéi toute leur vie les réduit à la mendicité.
[…]
Les programmes de sécurité sociale font partout débat, ici, là-bas. Mais il tombe sous le sens que lesdites réformes sont d’emblée injustes et que le dialogue social est inégal à partir du moment où ce sont les moins nantis qui paient la note et s’en trouvent davantage précarisés. Conçue pour les hautes castes, la réforme fiscale de Trump en est un cas grave en ce qu’elle creuse la tombe de programmes comme celui de la Social Security, le fonds finançant les retraites des Américains.
Comment peut-on parler de démocratie dans un monde où prospèrent les inégalités ? De plus en plus difficilement. Une solution radicale et salutaire consisterait évidemment à fermer les paradis fiscaux. Mais nos gouvernements en ont peu la volonté — ou n’y ont tout simplement pas intérêt. Le « vieillissement de la population » est une réalité qui continuera donc d’avoir le dos large. Et le pillage se poursuivra sur le dos de classes moyennes de plus en plus exsangues.

Que faire contre les inégalités ?

La montée des inégalités menace notre démocratie. Quest-ce quon attend pour agir ? Lécart est trop grand entre les discours et les actes. L’Observatoire des inégalités lance une campagne dont lobjectif est de formuler des propositions concrètes. A un an de lélection présidentielle, nous devons mettre les partis politiques face à leurs responsabilités. Chacun dentre nous, sil se sent concerné, a les moyens dagir pour plus de justice sociale.Pour cela, nous vous proposons de participer à lédition dun ouvrage rassemblant un ensemble de propositions concrètes pour réduire les inégalités et à lélaboration dune campagne dinformation. Dès 5 euros, vous recevrez une invitation à la conférence de présentation de louvrage.Chaque soutien fait lobjet dune réduction dimpôt sur le revenu équivalente à 66 % du montant versé.LObservatoire des inégalités est une association indépendante. Depuis 13 ans, il existe grâce au soutien de ses donateurs.

Source : Que faire contre les inégalités ? – Ulule

Ce qu’il faut retenir des « Panama papers ».

Politiques, footballeurs, de nombreuses personnalités sont présentes dans les documents panaméens qui ont été à la base de l’enquête internationale sur l’offshore.

Source : Ce qu’il faut retenir des « Panama papers »

Plus les riches sont riches et moins la croissance est forte.

Un document de travail du Fonds monétaire international (FMI) conteste la théorie libérale du « ruissellement », selon laquelle l’enrichissement des plus riches bénéficierait à la croissance.

Source : Plus les riches sont riches et moins la croissance est forte

Les tenants de la théorie du « ruissellement » ou « trickle down », selon laquelle les revenus des plus riches contribueraient à la croissance, ont du souci à se faire : des économistes du Fonds monétaire international (FMI) contestent ouvertement cette approche. Dans une étude sur les causes et les conséquences des inégalités, présentée lundi 15 juin, ils établissent au contraire que, plus la fortune des riches s’accroît, moins forte est la croissance.

En savoir plus sur http://www.lemonde.fr/economie/article/2015/06/15/les-inegalites-de-revenus-nuisent-a-la-croissance_4654546_3234.html#U0T8ZWwA2ujwoW3k.99

Centre d’actualités de l’ONU – L’ONU établit le bilan des Objectifs du millénaire pour le développement à l’approche de la date butoir de 2015

 

 » Il est indispensable que ce programme s’attaque aux défis urgents dont la lutte contre la pauvreté et les inégalités », a indiqué M. Sajdik en affirmant qu’il est indispensable que les modes de consommation et de production soient parties intégrantes des objectifs de développement durable.  »

 

 

New York, 7 juillet 2014

À l’approche de la date butoir des Objectifs du millénaire pour le développement (OMD), le Secrétaire général des Nations Unies, Ban, a présenté lundi un rapport sur l’état de réalisation des objectifs, dont plusieurs ont été réalisés ou sont près d’être réalisés, en appelant à l’adoption d’un nouveau cadre d’objectifs ambitieux et inclusifs.

 

À 550 jours de la date butoir, M. Ban Ki-moon a souligné aux participants d’une réunion de haut-niveau du Conseil économique et social que le monde se trouve à un moment historique après que plusieurs étapes importantes ont été franchies.

 

Selon le rapport sur les OMD de 2014, le monde a d’ores et déjà atteint l’objectif de réduire de moitié le nombre de personnes vivant dans l’extrême pauvreté ainsi que de ceux n’ayant pas accès à une source d’eau améliorée, l’objectif de réduire les disparités entre filles et garçons et il s’est félicité de l’amélioration des conditions de vie des populations urbaines qui vivent dans des bidonvilles.

 

« Des réalisations remarquables dans le domaine de la lutte contre le paludisme et la tuberculose ont été atteints et d’autres objectifs importants, tel que l’accès universel au traitement du VIH et l’élimination des substances nuisibles à la couche d’ozone peuvent être atteints dans les temps », a expliqué M. Ban.

 

« Les OMD ont aidé à unir, inspirer et transformer et l’action combinée des gouvernements, de la communauté internationale, de la société civile et du secteur privé peut faire la différence », a-t-il ajouté.

 

Le rapport indique cependant que des retards sont accusés pour la réalisation d’autres objectifs, tel que la réduction de la mortalité infantile et maternelle et l’amélioration de l’accès universel à l’assainissement.

 

M. Ban a jugé indispensable un cadre de développement d’après 2015 qui s’appuie sur ce qui n’a pu être réalisé, mais intègre aussi des domaines non couverts par les huit OMD. Il a souligné que le monde avait beaucoup changé depuis 2000 et que le développement, la paix et la sécurité et l’état de droit n’avait jamais été aussi connecté. Notant que la bonne gestion de l’environnement est de plus en plus importante pour garantir un développement économique et social durable, le Secrétaire général a jugé urgent de limiter l’augmentation de la température mondiale et de renforcer la résilience au climat.

 

De son côté le Président du Conseil économique et social, M. Martin Sajdik a dit que la Communauté internationale doit prendre conscience des opportunités qui s’offrent lors de la phase finale de la détermination du programme de développement d’après 2015. Il a souhaité que ce nouveau programme soit centré sur les gens et s’appuie sur les objectifs inachevés des Objectifs du Millénaire pour le développement 2000-2015.

 

« Il est indispensable que ce programme s’attaque aux défis urgents dont la lutte contre la pauvreté et les inégalités », a indiqué M. Sajdik en affirmant qu’il est indispensable que les modes de consommation et de production soient parties intégrantes des objectifs de développement durable.

 

« Vous devez prouver l’importance de l’ECOSOC pour favoriser l’intégration harmonieuse des trois piliers du développement durable » a lancé M. Sadjik aux États membres en rappelant que le programme d’après 2015 exige un engagement de haut niveau et une action collective.

 

Le Président de l’Assemblée générale, John Ashe, a estimé que ces délibérations seront essentielles pour déterminer notre vision de l’avenir du développement durable. Il a dit l’importance d’assurer le contrôle du programme de développement d’après 2015 en jugeant indispensable que la Forum soit en mesure d’établir des partenariats avec les agences des Nations la société civile et les autres partenaires pertinents.

 

M. Ashe a déclaré que l’objectif visant à parvenir à un développement inclusif est lourd à relever, mais que le débat de haut niveau de la session de 2014 du Conseil économique et social et de la réunion ministérielle de trois jours du Forum politique de haut niveau sur le développement durable aidera à avancer.

 

Solidarité : nous connaissons le mot; pratiquons la chose qu’il désigne.

Journée internationale de la solidarité humaine

BAN KI-MOON SOULIGNE LE BESOIN DE DAVANTAGE DE SOLIDARITÉ POUR MIEUX LUTTER CONTRE LA PAUVRETÉ ET LES INÉGALITÉS

source : Centre d’actualités de l’ONU: http://www.un.org/french/newscentre/

New York, 20 décembre 2013

À l’occasion de la , le Secrétaire général des Nations Unies, Ban Ki-moon, a souligné vendredi l’importance d’un effort commun de la communauté internationale pour lutter contre la pauvreté, la faim et les inégalités.

       « À l’aube de ce siècle, les dirigeants mondiaux réunis au Sommet du Millénaire ont réaffirmé leur attachement à la paix et à la sécurité, aux droits de l’homme et à la bonne gouvernance », a rappelé M. Ban dans son message pour la journée.

Les dirigeants mondiaux sont convenus d’un ensemble d’objectifs assortis d’échéances, récapitulés dans les Objectifs du millénaire pour le développement (OMD), en vue d’éliminer d’ici à 2015 l’extrême pauvreté et la faim, ainsi que de lutter contre les maladies évitables et d’autres maux sociaux et économiques mondiaux.

Le Secrétaire général a rappelé que ces objectifs exigeaient de chacun d’entre nous le respect mutuel et le partage des responsabilités.

« Nous marquons cette année la Journée internationale de la solidarité humaine en affirmant notre détermination à travailler ensemble à combler les lacunes qui subsistent pour atteindre les objectifs du Millénaire pour le développement et définir la voie à suivre après 2015 afin d’instaurer un avenir plus viable pour tous », a déclaré M. Ban.

 

Le chef de l’ONU a indiqué que chacun a un rôle à jouer pour relever les défis économiques, politiques, environnementaux et sociaux actuels et chacun doit contribuer selon ses moyens aux efforts à déployer afin d’assurer le développement durable, pour profiter selon les besoins de les avantages. C’est là le principe même de la justice et de l’équité et c’est le sens de la solidarité.

« En cette Journée internationale de la solidarité humaine, je demande à chacun, quel que soit son pays, sa confession, sa culture ou sa tradition, de faire cause commune pour que soit tenue la promesse faite au tournant du Millénaire et pour que les générations futures reçoivent la paix, la prospérité et le progrès durable en héritage », a déclaré M. Ban.

Société et démocratie – État des lieux pour préparer une reconquête

Extraits d’un texte à lire à tout prix

État des lieux pour préparer une reconquête

par Serge Halimi,directeur de la rédaction du Monde diplomatique

Le Monde diplomatique, numéro 710, mai 2013, pages 1 et 8-9

( L’article de M. Halimi est réservé aux abonnés du mensuel Le Monde diplomatique. Retrouvez-en la version intégrale dans Le Monde diplomatique actuellement en kiosques, et dans l’édition électronique. http://www.monde-diplomatique.fr/2013/05/HALIMI/49056 )

Extrait 1

Nul ne croit plus que la raison l’emportera sur des politiques d’austérité insensées, ni que la morale préviendra les scandales mêlant argent et pouvoir. Désormais, l’espoir d’un changement de direction repose sur la mise en cause frontale des intérêts en jeu.

« Je veux savoir d’où je pars

Pour conserver tant d’espoir »

(Paul Eluard, Poésie ininterrompue)

Certaines révélations renvoient à ce que nous savions déjà. Venons-nous d’apprendre que des responsables politiques aiment l’argent, fréquentent ceux qui en possèdent ? Qu’ensemble ils s’ébrouent parfois comme une caste au-dessus des lois ? Que la fiscalité dorlote les contribuables les plus fortunés ? Que la libre circulation des capitaux leur permet d’abriter leur magot dans des paradis fiscaux ?

Le dévoilement des transgressions individuelles devrait nous encourager à remettre en cause le système qui les a enfantées (lire « Le carnaval de l’investigation »). Or, ces dernières décennies, la transformation du monde a été si rapide qu’elle a pris de vitesse notre capacité à l’analyser. Chute du mur de Berlin, émergence des Brics (Brésil, Russie, Inde, Chine, Afrique du Sud), nouvelles technologies, crises financières, révoltes arabes, déclin européen : chaque fois, des experts se sont relayés pour nous annoncer la fin de l’histoire ou la naissance d’un nouvel ordre mondial.

Au-delà de ces mises en bière prématurées, de ces accouchements incertains, trois grandes tendances se sont dégagées, plus ou moins universelles, dont dans un premier temps il importe de dresser le bilan : l’envol des inégalités sociales, la décomposition de la démocratie politique et le rétrécissement de la souveraineté nationale. Pustule d’un grand corps malade, chaque nouveau scandale nous permet de voir les éléments de ce triptyque resurgir séparément, et s’emboîter l’un dans l’autre. La toile de fond générale pourrait se résumer ainsi : parce qu’ils dépendent prioritairement des arbitrages d’une minorité favorisée (celle qui investit, spécule, embauche, licencie, prête), les gouvernements consentent à la dérive oligarchique des systèmes politiques. Lorsqu’ils se cabrent devant ce reniement du mandat que le peuple leur a confié, la pression internationale de l’argent organisé s’emploie à les faire sauter.

Extrait 2

(Halimi cite François Hollande, président de la France)

« Jusqu’à ces dernières années, nous avions la conviction que nos enfants vivraient mieux que nous. Cette croyance s’est dissipée. »

Extrait 3

Une économie mondialisée où « le gagnant rafle tout »; des syndicats nationaux en capilotade; une fiscalité légère pour les revenus les plus lourds : la machine inégalitaire façonne la planète entière. Les soixante-trois mille personnes (dont dix-huit mille en Asie, dix-sept mille aux États-Unis et quatorze mille en Europe) qui détiennent un pactole supérieur à 100 millions de dollars possèdent une fortune cumulée de 39 900 milliards de dollars. Faire payer les riches ne tiendrait plus seulement du symbole.

Extrait 4

Éclairer les vrais ressorts de ce qui se trame, les mécanismes grâce auxquels richesses et pouvoirs ont été captés par une minorité contrôlant à la fois les marchés et les États, réclamerait un travail continu d’éducation populaire. Il rappellerait que tout gouvernement cesse d’être légitime quand il laisse se creuser les inégalités sociales, entérine l’affaissement de la démocratie politique, accepte la mise sous tutelle de la souveraineté nationale.

Dans un prochain article, l’auteur parlera de « stratégies politiques susceptibles de dégager des voies alternatives ».