L’islam inquiète, il fait peur même.

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L’ISLAM INQUIÈTE,

IL FAIT PEUR MÊME.

Texte de Tariq Ramadan, professeur d’études islamiques contemporaines à l’université d’Oxford.

Pas un jour sans que l’on ne parle de l’islam, des musulmans, de la violence ou de l’extrémisme. Tout se passe comme si le monde, et non seulement l’Occident, avait un problème avec les musulmans et l’islam. Qu’il s’agisse des régimes politiques, des traits culturels ou des relations entre musulmans (sunnites, chiites et entre les courants de pensées), force est de constater des absences de liberté, un patriarcat prédominant, des divisions, des tensions, des guerres. Les sociétés majoritairement musulmanes sont en crise.

En Occident, le paysage n’est pas plus rose : la « question de l’islam » est partout. De la religion à la laïcité, de la citoyenneté à l’immigration, de l’intégration au multiculturalisme, de la marginalité à la violence, tout semble corroborer cette impression négative.

Tariq Ramadan, De l’islam et des musulmans. Réflexions sur l’homme, la réforme, la guerre et l’Occident, Paris, Éditions Archipoche, © 2016, p. 7. – © Presses du Châtelet, 2014)

[Présentation de Tariq Ramadan par son éditeur : « Tariq Ramadan est professeur d’études islamiques contemporaines à l’université d’Oxford et directeur du Centre de recherches sur la législation islamique et l’éthique. Parmi ses nombreux ouvrages : Islam, la réforme radicale, Mon intime conviction, L’Islam le réveil arabe, Introduction à l’éthique islamique, Le Génie de l’islam (Presses du Châtelet, 2008 à 2016)]


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42 % des Français voient l’islam comme une menace, et 68 % estiment que les musulmans ne sont pas bien intégrés dans la société.

(« Islam et intégration, le constat d’échec francoallemand », Le Monde, 4 janvier 2011, selon un sondage Ifop).

74 % pensent que l’islam « n’est pas compatible avec les valeurs de la société française »

(« France 2013, les nouvelles fractures », sondage Ipsos – Le Monde – Fondation Jean-Jaurès – Cevipof, janvier 2013).


Pourquoi avons-nous peur de l’islam ? Les chiffres sont éloquents :

pour près de la moitié d’entre nous,

l’islam apparaît comme une menace.

Pour la grande majorité,

il se révèle incompatible avec les valeurs de la société française.

Incompréhension, peurs, malentendus…

(Revue Psychologies, https://www.psychologies.com/Planete/Societe/L-actu-decryptee/Articles-et-dossiers/Pourquoi-avons-nous-peur-de-l-islam/7Et-le-salafisme)


ANKYLOSEMENT DE L’ISLAM. Texte de Djemila Benhabib.

En s’affranchissant de la tutelle de l’Église, l’Europe a vertigineusement progressé et on peut espérer que ce progrès sera irréversible.

Malheureusement, on ne peut pas en dire autant pour le monde musulman. La civilisation arabo-musulmane, après avoir rayonné intellectuellement, de l’Inde à l’Espagne, par ses sciences et sa philosophie – en témoignent les nombreux savants de l’époque et leurs brillantes recherches dans des domaines aussi variés que les mathématiques, l’optique, la chimie, la médecine, l’astronomie et la philosophie -, vit un déclin profond depuis le XIIe siècle. Cet ankylosement, même s’il est attribuable à de nombreux facteurs, porte en lui la contradiction principale entre la foi et la raison. Abdelwahab Meddeb, écrivain et poète tunisien, considère que l’islam porte en lui les germes de sa maladie : « Aucune religion n’est dénuée d’intolérance. Si le fanatisme fut la maladie du catholicisme, si le nazisme fut la maladie de l’Allemagne, il est sûr que l’intégrisme est la maladie de l’Islam », affirme-t-il. Instrumentalisé dans un projet politique, l’islam est pris en otage par les tenants d’une orthodoxie réactionnaire ayant pour idéologue Ibn Taymiya, théologien du XIIIe siècle, et se manifeste avec une violence inouïe à l’égard de toute réforme le concernant.

(Djemila Benhabib *, Ma vie à contre-Coran, Une femme témoigne sur les islamistes, Montréal, VLB Éditeur, © 2009, p. 36-37)

* Djemila Benhabib détient une maîtrise ès arts en sciences politiques et droit international.


La cristallisation des peurs sur l’islam, pour justifiée qu’elle soit, notamment par les violences commises, ainsi que par une attitude jugée contraire au modus vivendi laïque (prosélytisme), est un fait. Elle traduit une inquiétude de part et d’autre, c’est-à-dire tant du côté des catholiques que du côté des « sans religion ». Nous savons bien comment elle s’exprime : « puisque les religions conduisent à se battre, chacun pour son dieu, l’entente ne peut pas venir de la religion. Il vaut mieux abandonner toute religion pour avoir les conditions d’une paix sociale »

(Surmonter la peur, Intervention du Père Nicolas Brémond d’Ars, SERIC 2017, Soirée du 14 novembre 2017, Salle des fêtes Paris 14ème , https://www.legaic.org/IMG/pdf/171114_Intervention_de_Bremond_d_Ars_soiree_14_nov.pdf)


Seulement 24% des Britanniques pensent que l’islam est compatible avec le mode de vie outre-Manche, révèle un sondage de l’institut d’études statistiques YouGov. 23% jugent que l’islam n’est pas une menace pour la civilisation occidentale. Une étude qui échauffe les esprits au Royaume-Uni où, selon une étude du Pew Research Center publiée le 27 janvier 2011, l’on compte près de 2 869 000 musulmans contre 4 704 000 en France. Selon un sondage réalisé en janvier 2013 par Ipsos pour Le Monde, le Centre de recherches politiques de Sciences Po (Cevipof) et la Fondation Jean-Jaurès, 74% les Français jugent l’islam intolérant (34% pour le judaïsme, 28% pour le catholicisme). Plus de la moitié des Français pensent que les musulmans sont « en majorité » (10%) ou « en partie » (44%) « intégristes ». (NDF)

(Les Britanniques et les Français très méfiants et critiques envers l’islam, 28 janvier 2013, https://www.observatoiredeleurope.com/Les-Britanniques-et-les-Francais-tres-mefiants-et-critiques-envers-l-islam_a1887.html)


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