L’islam inquiète, il fait peur même.

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L’ISLAM INQUIÈTE,

IL FAIT PEUR MÊME.

Texte de Tariq Ramadan, professeur d’études islamiques contemporaines à l’université d’Oxford.

Pas un jour sans que l’on ne parle de l’islam, des musulmans, de la violence ou de l’extrémisme. Tout se passe comme si le monde, et non seulement l’Occident, avait un problème avec les musulmans et l’islam. Qu’il s’agisse des régimes politiques, des traits culturels ou des relations entre musulmans (sunnites, chiites et entre les courants de pensées), force est de constater des absences de liberté, un patriarcat prédominant, des divisions, des tensions, des guerres. Les sociétés majoritairement musulmanes sont en crise.

En Occident, le paysage n’est pas plus rose : la « question de l’islam » est partout. De la religion à la laïcité, de la citoyenneté à l’immigration, de l’intégration au multiculturalisme, de la marginalité à la violence, tout semble corroborer cette impression négative.

Tariq Ramadan, De l’islam et des musulmans. Réflexions sur l’homme, la réforme, la guerre et l’Occident, Paris, Éditions Archipoche, © 2016, p. 7. – © Presses du Châtelet, 2014)

[Présentation de Tariq Ramadan par son éditeur : « Tariq Ramadan est professeur d’études islamiques contemporaines à l’université d’Oxford et directeur du Centre de recherches sur la législation islamique et l’éthique. Parmi ses nombreux ouvrages : Islam, la réforme radicale, Mon intime conviction, L’Islam le réveil arabe, Introduction à l’éthique islamique, Le Génie de l’islam (Presses du Châtelet, 2008 à 2016)]


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42 % des Français voient l’islam comme une menace, et 68 % estiment que les musulmans ne sont pas bien intégrés dans la société.

(« Islam et intégration, le constat d’échec francoallemand », Le Monde, 4 janvier 2011, selon un sondage Ifop).

74 % pensent que l’islam « n’est pas compatible avec les valeurs de la société française »

(« France 2013, les nouvelles fractures », sondage Ipsos – Le Monde – Fondation Jean-Jaurès – Cevipof, janvier 2013).


Pourquoi avons-nous peur de l’islam ? Les chiffres sont éloquents :

pour près de la moitié d’entre nous,

l’islam apparaît comme une menace.

Pour la grande majorité,

il se révèle incompatible avec les valeurs de la société française.

Incompréhension, peurs, malentendus…

(Revue Psychologies, https://www.psychologies.com/Planete/Societe/L-actu-decryptee/Articles-et-dossiers/Pourquoi-avons-nous-peur-de-l-islam/7Et-le-salafisme)


ANKYLOSEMENT DE L’ISLAM. Texte de Djemila Benhabib.

En s’affranchissant de la tutelle de l’Église, l’Europe a vertigineusement progressé et on peut espérer que ce progrès sera irréversible.

Malheureusement, on ne peut pas en dire autant pour le monde musulman. La civilisation arabo-musulmane, après avoir rayonné intellectuellement, de l’Inde à l’Espagne, par ses sciences et sa philosophie – en témoignent les nombreux savants de l’époque et leurs brillantes recherches dans des domaines aussi variés que les mathématiques, l’optique, la chimie, la médecine, l’astronomie et la philosophie -, vit un déclin profond depuis le XIIe siècle. Cet ankylosement, même s’il est attribuable à de nombreux facteurs, porte en lui la contradiction principale entre la foi et la raison. Abdelwahab Meddeb, écrivain et poète tunisien, considère que l’islam porte en lui les germes de sa maladie : « Aucune religion n’est dénuée d’intolérance. Si le fanatisme fut la maladie du catholicisme, si le nazisme fut la maladie de l’Allemagne, il est sûr que l’intégrisme est la maladie de l’Islam », affirme-t-il. Instrumentalisé dans un projet politique, l’islam est pris en otage par les tenants d’une orthodoxie réactionnaire ayant pour idéologue Ibn Taymiya, théologien du XIIIe siècle, et se manifeste avec une violence inouïe à l’égard de toute réforme le concernant.

(Djemila Benhabib *, Ma vie à contre-Coran, Une femme témoigne sur les islamistes, Montréal, VLB Éditeur, © 2009, p. 36-37)

* Djemila Benhabib détient une maîtrise ès arts en sciences politiques et droit international.


La cristallisation des peurs sur l’islam, pour justifiée qu’elle soit, notamment par les violences commises, ainsi que par une attitude jugée contraire au modus vivendi laïque (prosélytisme), est un fait. Elle traduit une inquiétude de part et d’autre, c’est-à-dire tant du côté des catholiques que du côté des « sans religion ». Nous savons bien comment elle s’exprime : « puisque les religions conduisent à se battre, chacun pour son dieu, l’entente ne peut pas venir de la religion. Il vaut mieux abandonner toute religion pour avoir les conditions d’une paix sociale »

(Surmonter la peur, Intervention du Père Nicolas Brémond d’Ars, SERIC 2017, Soirée du 14 novembre 2017, Salle des fêtes Paris 14ème , https://www.legaic.org/IMG/pdf/171114_Intervention_de_Bremond_d_Ars_soiree_14_nov.pdf)


Seulement 24% des Britanniques pensent que l’islam est compatible avec le mode de vie outre-Manche, révèle un sondage de l’institut d’études statistiques YouGov. 23% jugent que l’islam n’est pas une menace pour la civilisation occidentale. Une étude qui échauffe les esprits au Royaume-Uni où, selon une étude du Pew Research Center publiée le 27 janvier 2011, l’on compte près de 2 869 000 musulmans contre 4 704 000 en France. Selon un sondage réalisé en janvier 2013 par Ipsos pour Le Monde, le Centre de recherches politiques de Sciences Po (Cevipof) et la Fondation Jean-Jaurès, 74% les Français jugent l’islam intolérant (34% pour le judaïsme, 28% pour le catholicisme). Plus de la moitié des Français pensent que les musulmans sont « en majorité » (10%) ou « en partie » (44%) « intégristes ». (NDF)

(Les Britanniques et les Français très méfiants et critiques envers l’islam, 28 janvier 2013, https://www.observatoiredeleurope.com/Les-Britanniques-et-les-Francais-tres-mefiants-et-critiques-envers-l-islam_a1887.html)


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Un retour du religieux, vraiment? – Montée en visibilité de l’islam, et montée en puissance de l’islamisme.

Heinich Nathalie, Pour en finir avec “le religieux” : vers une analyse fonctionnelle des religiosités actuelles, dans revue ¿ Interrogations ?, N°25. Retour du religieux ?, décembre 2017 [en ligne], https://www.revue-interrogations.org/Pour-en-finir-avec-le-religieux (Consulté le 7 juillet 2019). ISSN 1778-3747

Nathalie Heinich est sociologue, directrice de recherche au Centre national de la recherche scientifique (CNRS) (Paris). Outre de nombreux articles, elle a publié une trentaine d’ouvrages, traduits en quinze langues, portant sur le statut d’artis­te et d’auteur […]; les identités en crise (États de femme, L’Épreuve de la grandeur, Mères-filles, Les Ambivalences de l’émancipation féminine) ; l’histoire de la sociologie (La Sociologie de Norbert Elias, Ce que l’art fait à la sociologie, La Sociologie de l’art, Pourquoi Bourdieu, Le Bêtisier du sociologue, Dans la pensée de Norbert Elias, La Sociologie à l’épreuve de l’art) ; et les valeurs (La Fabrique du patrimoine, De la visibilité). Dernier ouvrage paru : Des valeurs. Une approche sociologique (2017). (https://www.revue-interrogations.org/_Heinich-Nathalie)

Introduction

Il serait tentant, à propos de ce « retour du religieux ? » proposé à la réflexion, de discuter de la pertinence du mot « retour » : dans quelle mesure est-il réel ou bien imaginaire ? Ne s’agit-il pas d’une simple montée en visibilité de ce qui n’avait jamais disparu sous l’effet du « désenchantement » (Weber, 1971 ; Gauchet, 1987), mais s’était simplement retiré de la sphère publique ? Ou bien, d’une sorte de retour du refoulé de ce que les élites intellectuelles et politiques ont longtemps préféré ignorer (Birnbaum, 2016) ? Ou bien encore, d’une sensibilité accrue aux manifestations religieuses en raison non de leur montée en légitimité mais, au contraire, de leur délégitimation, qui les rend plus visibles et pousse à les interpréter à tort comme l’effet d’une progression temporelle alors qu’il ne s’agit que d’une transformation axiologique, autrement dit d’un abaissement du seuil de tolérance (Heinich, 2007) ?

[…]

entre christianisme, judaïsme, islam, polythéisme, bouddhisme ou animisme, les différences sont telles que la mise en évidence de ce qui les rassemble peut s’avérer beaucoup plus complexe que ne le suggère la familiarité des termes « religion », « religieux ».

[…]

Dans le second cas – montée en visibilité de l’islam, et montée en puissance de l’islamisme –, nous assistons à une mobilisation d’au moins trois fonctions : la fonction politique, avec la prétention d’une religion à régir l’ensemble de la société ; la fonction communautaire, avec la réaffirmation – ou la revendication, selon – de l’appartenance de tous les musulmans à une même communauté religieuse, soudée autour d’un certain nombre de règles, et notamment de l’interdit de représentation du prophète ; et la fonction sacrificielle, qui pousse certains musulmans fanatisés à sacrifier leur vie dans des attentats terroristes. Nul doute que dans d’autres contextes, ce seraient d’autres fonctions qui pourraient prendre le pas dans l’exercice de la religion musulmane, comme le réclament d’ailleurs certains de ses membres : par exemple la fonction rituelle de la prière, la fonction éthique d’adhésion aux valeurs de tolérance, ou la fonction mystique que constitue l’épreuve individuelle de la relation avec une transcendance. Il faudrait bien sûr pouvoir expliquer l’activation de certaines de ces fonctions, plutôt que d’autres, par le contexte social, politique, économique, international – mais ce n’est pas le lieu ici.

La députée libérale Hélène David et la Loi sur la laïcité du Québec

Lévis, le 17 juin 2019

Madame Hélène David, députée

Madame,

J’aimerais beaucoup que vous me fassiez savoir ce que vous pensez du texte suivant (j’en suis l’auteur) :

 

À celle qui est à l’origine du premier recours juridique contre la loi québécoise sur la laïcité

Madame,

Vous protestez publiquement contre le fait que l’État du Québec n’autorise pas les enseignantes musulmanes à porter un hijab au travail. Savez-vous qu’en Iran des femmes manifestent contre l’obligation de porter le hijab et qu’Amnistie Internationale a dû demander aux autorités iraniennes, en janvier 2018, de cesser de persécuter ces femmes? Savez-vous que la célèbre université Al Azhar, en Égypte, a validé la thèse de doctorat sur le voile islamique de Mustapha Mohamed Rached, penseur musulman et professeur de charia et de droit islamique, qui présente le port du voile « plus comme une habitude que comme une obligation religieuse qui n’a d’islamique que « les bonnes intentions » de ceux qui défendent son port » (journal algérien El Watan, 12 février 2018). Savez-vous ce qu’a répondu l’islamologue et historien Malek Chebel, qui a donné une traduction en français du Coran, à la question « Les femmes musulmanes doivent-elles se voiler ? » Il a dit : « Absolument pas. […] S’il faut voiler la femme pour en faire une musulmane, que faire des millions de femmes dévoilées pendant quatorze siècles ? Étaient-elles de mauvaises musulmanes ? Et les Asiatiques non voilées, et les Africaines non voilées, sont-elles encore musulmanes ? Je défends un islam du cœur, pas un islam du fichu. » Enfin, savez-vous que le secrétaire général de la Ligue islamique mondiale, Mohamed Abdelkarim Al-Issa, « estime que les minorités musulmanes dans les pays occidentaux doivent se plier aux lois en vigueur » (Le Monde, 4 mai 2018). Voulez-vous, Madame, par votre plainte, faire passer les musulmans et les musulmanes du Québec comme des victimes, pour obtenir que l’État du Québec laisse faire à peu près n’importe quoi à des musulmans qui ne se soucient nullement du bien commun et du bien-être de la population?

Vous dénoncez l’État du Québec, Madame. Avez-vous déjà critiqué la religion musulmane, votre religion, qui n’est certainement pas votre plus grand ami au Québec? Il y a chez elle bien des choses à dénoncer : l’islam vous interdit de changer de religion ou de nier l’existence des dieux; il vous interdit d’épouser un non-musulman; il défend aux femmes d’entrer dans les mosquées pendant leurs règles; il autorise le mari à infliger des punitions corporelles à sa femme si elle lui désobéit; en islam, la femme hérite de la moitié de la part de l’homme; certains de vos coreligionnaires, Madame, dans des régions du monde, mettent en œuvre des pratiques interdites au Canada – qui sont, parfois (ou souvent?), reproduites au Canada : avortement en fonction du sexe du fœtus, mutilation génitale (excision, infibulation féminine), crime d’honneur; en islam, « Les hommes ont autorité sur les femmes, en vertu de la préférence que Dieu leur a accordée sur elles, et à cause des dépenses qu’ils font pour assurer leur entretien » (Coran, IV:34; traduction de Denise Masson); l’islam, vous l’avez peut-être compris en lisant ce qui précède, viole la Charte canadienne des droits et libertés et le Code criminel du Canada. L’islam vous prive de libertés fondamentales; la Loi sur la laïcité du Québec vous empêche de porter un vêtement à l’école seulement, pendant vos seules heures de travail, devant des enfants. Si vous dites que la Loi sur la laïcité vous fait plus de mal que l’Islam, vous ne trouverez pas beaucoup de monde pour vous comprendre.

Si vous croyez pouvoir devenir une bonne enseignante, Madame, terminez donc vos études; et si l’université vous déclare apte à enseigner, postulez un emploi d’enseignante. Et faites une longue et belle carrière, et respectez toujours la liberté de conscience des enfants et la liberté de leurs parents de pratiquer la religion qu’ils veulent ou de n’adhérer à aucune.

Roger Martel, citoyen de Lévis

 

La présente et votre réponse (si vous me répondez), Madame David, seront publiées au http://www.lepasseurdelacotecom.

Je vous prie, Madame, d’agréer l’expression de mes sentiments les meilleurs.

Roger Martel, citoyen de Lévis

La charia. Demande au président du conseil d’administration du Tremplin de Lévis.

Lévis, le 13 juin 2019

Monsieur Elhadji Mamadou Diarra, président du Conseil d’administration

Le Tremplin Centre pour personnes immigrantes et leurs familles

Côte du Passage, Lévis (Québec)

Monsieur,

En 2017, Le Tremplin Centre pour personnes immigrantes et leurs familles, dont vous étiez (vous l’êtes encore) le président du conseil d’administration, a organisé avec la Mosquée de Lévis, dont l’imam était (et est encore) M. Karim Elabed, une « soirée d’échange » publique, à Lévis, au cours de laquelle M. Elabed a fait l’éloge (éloge très très chaleureux) de la charia, la fameuse charia qui est, affirme le monde musulman des croyants, une « loi » venant du dieu des croyants musulmans lui-même, une « loi » que tous les adeptes de l’islam doivent absolument suivre, à laquelle ils doivent absolument se soumettre.

L’application de la charia dans un état comme le Canada

« Les États du monde occidental où les populations identifiées comme musulmanes sont minoritaires, d’implantation récente, mais en forte progression démographique, sont de plus en plus régulièrement confrontés à des problématiques juridiques et des revendications qui mettent un jeu une normativité islamique. Ces États, de tradition laïque ou séculière, paraissent plus ou moins bien armés pour répondre à cette demande de normativité islamique, dans un contexte général de défiance à l’égard de la charia, entretenu par des représentations réductrices et simplificatrices du droit islamique, auxquelles les musulmans ne manquent d’ailleurs pas de contribuer eux-mêmes.

[…]

l’arrangement est impossible quand l’application de la charia (tout du moins celle qui découle de représentations que s’en font les acteurs communautaires du droit) conduit à des violations explicites du droit positif * , ce qui renvoie au cas de figure des mariages forcés, des mariages exclusivement religieux, sans procédures civiles, des mariages polygames, des répudiations ou des crimes d’honneur. Mais c’est dans les zones grises que surgissent de la manière la plus vive les affaires publiques, quand la liberté contractuelle est susceptible de constituer le défaut de virginité de l’épouse en cause d’annulation du mariage (l’affaire du mariage de Lille), quand les sharia councils britanniques sont suspectés de n’être rien d’autre que des sharia courts, formant un isolat judiciaire communautaire, avec les conséquences attendues sur la condition juridique des femmes et des enfants. Et d’en appeler au retour de la loi, à la restriction des libertés contractuelles ou du champ de l’arbitrage…

* Droit positif « … ensemble des règles applicables dans un espace juridique déterminé qu’il s’agisse d’un Etat unitaire comme la France, ou d’un ensemble d’États comme la Communauté Européenne. »

(Serge Braudo, Définition de Droit positif, https://www.dictionnaire-juridique.com/definition/droit-positif.php)

Source : Jean-Philippe Bras*, in La charia aujourd’hui. Usages et référence au droit islamique, sous la direction de Baudoin Dupret **, Paris, La Découverte, 2012, p. 287 et 289-290)

* Professeur de droit à l’Université de Rouen. Ancien directeur de l’Institut de recherche sur le Maghreb contemporain

** Baudouin Dupret est le directeur du centre Jacques-Berque à Rabat (Maroc), directeur de recherche au Centre national de la recherche scientifique (France) (http://www.editionsladecouverte.fr/catalogue/index-La_charia-9782707174246.html )

Pourriez-vous tenter de démontrer aux citoyennes et citoyens de Lévis, M. Diarra, qu’il n’y a rien dans la charia qui la rend incompatible avec les droits de l’homme, y compris les droits des femmes et les droits des enfants?

ECJL = European Center for Law and Justice

L’ECLJ est titulaire du statut consultatif spécial auprès des Nations Unies / ECOSOC depuis 2007. L’ECLJ agit dans les domaines judiciaires, législatifs et culturels et défend en particulier le droit à la liberté religieuse, la vie et la dignité des personnes devant la Cour européenne des droits de l’homme et à travers les autres mécanismes offerts par les Nations-Unies, le Conseil de l’Europe, le Parlement européen et l’Organisation pour la sécurité et la coopération en Europe (OSCE).

Voudriez-vous dire aux gens de Lévis ce que vous pensez, M. Diarra, de la déclaration de l’imam de Drancy (France) : « Si vous êtes pour la charia, partez! »

[La Libre Belgique, http://www.lalibre.be/actu/international/imam-de-drancy-si-vous-etes-pour-la-charia-partez-51b8fdbde4b0de6db9cac59e, 7 juin 2013]

Hassem Chalghoumi, imam de la mosquée de Drancy, en banlieue de Paris, est « connu pour son hostilité à l’intégrisme et sa volonté d’apaiser les tensions entre musulmans et Juifs » (revue Le Monde des religions, 20-06-2012, http://www.lemondedesreligions.fr/actualite/des-musulmans-appellent-a-la-demission-de-hassen-chalghoumi-20-06-2012-2548_118.php. – Entretien à France 24 : https://www.france24.com/fr/20100914-drancy-mosquee-imam-freres-musulmans-france

L’Assemblée nationale du Québec a dit non à la charia, à l’unanimité.

J’imagine, M. Diarra, que vous pensez que tous les députés ont eu tort. Les gens de Lévis aimeraient vous entendre leur faire connaître les raisons pour lesquelles les députés du Québec auraient dû, selon vous, dire oui à la charia.

Source : Radio-Canada

Si les captures d’écran reproduites ci-dessous ne vous laissent pas sans mots, M. Diarra,

pourriez-vous dire aux gens de Lévis ce que vous pensez

des informations qu’elles transmettent,

de l’image horrible qu’elles donnent de la charia?

 

 

M. Diarra, puis-je vous inviter à lire la déclaration suivante :

 

6. Les personnes qui viennent légalement vivre dans un pays

ne devraient pas avoir à abandonner des éléments de leur identité

(croyance, langue, culture, etc.).

Elles devraient toutefois se montrer disposées

à s’intégrer dans la société du pays d’accueil,

en apprenant la langue de ce pays,

mais aussi en acquérant une connaissance

et une compréhension de la culture locale;

elles doivent respecter la démocratie,

les droits de l’homme,

y compris les droits des femmes,

et l’Etat de droit.

Ceux qui choisissent de changer de foi ou de culture

ne devraient pas être mis au ban de leur communauté d’origine.

Conseil de l’Europe, http://assembly.coe.int/nw/xml/XRef/Xref-DocDetails-fr.asp?FileId=18010

La déclaration ci-dessus n’est pas diffusée par des xénophobes, des christianophobes, des islamophobes, des francophobes, des anglophobes, des bouddhistophobes. Elle porte la signature du Conseil de l’Europe, qui est

« la principale organisation de défense des droits de l’homme du continent [Europe]. Il comprend 47 États membres, dont les 28 membres de l’Union européenne. Tous les États membres du Conseil de l’Europe ont signé la Convention européenne des droits de l’homme, un traité visant à protéger les droits de l’homme, la démocratie et l’Etat de droit.La Cour européenne des droits de l’homme contrôle la mise en œuvre de la Convention dans les États membres. » – Source : https://www.coe.int/fr/web/about-us/who-we-are

Êtes-vous d’accord avec cette déclaration, M. Diarra? Quel conseil donneriez-vous aux personnes qui sont venues vivre légalement au Canada et qui trouvent ladite déclaration inacceptable, qui, en particulier, refusent de respecter la démocratie, les droits de l’homme, y compris les droits des femmes, et l’Etat de droit? Leur diriez-vous qu’il serait plus honnête de leur part de quitter le Canada? Traiteriez-vous de xénophobes les Canadiennes et les Canadiens qui préféreraient que les ennemis de la démocratie, des droits de l’homme, de la femme et des enfants et de l’État de droit aillent vivre dans un pays qui leur conviendrait mieux?

Quand on parle à des musulmans croyants établis au Québec de choses répréhensibles, condamnables, dont sont coupables certains musulmans ou une communauté musulmane, ils répondent souvent, toujours, pourrais-je peut-être dire : « ces musulmans ne sont pas des vrais musulmans ». Pourtant, ils s’appellent musulmans, ces « autres » musulmans, ils vénèrent le même livre dit sacré (le Coran) que les musulmans vivant au Québec, ils disent trouver la justification de leurs actions dans le même Coran, y compris les obscurantistes et les partisans de l’islamisme radical. Si, par exemple, les musulmans du Canada trouvent abominables les châtiments corporels imposés dans des pays musulmans, s’ils réprouvent l’infériorisation des femmes, s’ils condamnent l’interdiction de construire des églises catholiques, pourquoi ne le disent-ils pas avec vigueur, avec force?

Si vous voulez bien me répondre par écrit, c‘est avec joie que je vous publierais au www.lepasseurdelacote.com, M. Diarra,

J’espère, M. Diarra, que vous allez profiter de la prochaine assemblée générale annuelle du Tremplin, qui aura lieu le mardi 18 juin 2019 (à compter de 17 h 30, au Centre de plein-air de Lévis, 65, rue Monseigneur-Bourget),

pour renseigner les gens de Lévis, pour leur dire clairement :

A) que les musulmans qui s’installent au Canada le font en sachant qu’ils doivent absolument, au Canada, respecter la démocratie, les droits de l’homme, y compris les droits des femmes et les droits des enfants, et l’Etat de droit,

B) et acceptent sincèrement de respecter la démocratie, les droits de l’homme, y compris les droits des femmes et les droits des enfants, et l’Etat de droit,

C) et comprennent qu’ils subiront la réprobation de leurs concitoyennes et concitoyens s’ils ne respectent pas la démocratie, les droits de l’homme, y compris les droits des femmes et les droits des enfants, et l’Etat de droit,

Vous pourriez profiter aussi de l’assemblée générale, le 18 juin 2019, pour répondre à ce courriel, à l’autre courriel que je vous ai transmis plus tôt aujourd’hui et aux autres messages que je pourrais vous envoyer ces jours-ci.

Bien à vous,

Roger Martel, citoyen de Lévis

Une musulmane veut devenir policière au Québec et porter un hijab un travail. Qu’en pensez-vous?

Une étudiante en techniques policières de la région de Montréal demande en avril 2018 que les musulmanes comme elle soient autorisées à porter un hidjab dans les services de police du Québec. (Le hidjab est un voile qui couvre la tête et les cheveux, mais qui ne cache pas le visage, et qui serait un vêtement religieux avancent certains, non religieux affirment d’autres).

Montréal, 20 juin 202__ – Vous entendez? La sirène du service de police de Montréal retentit. Qu’y a-t-il encore? Des policiers s’interposent entre deux groupes de personnes qui manifestent; ils constatent (comment ont-ils fait?) que l’un des groupes est composé de musulmans sunnites et que l’autre rassemble des musulmans chiites. Fait d’une extrême importance, des policiers, membres des forces dites de l’ordre, portent un vêtement islamique. Or, les sunnites et les chiites, partout dans le monde, sont en désaccord; dans plusieurs pays, écrivait la revue Le Point en 2013, « pas un jour ne passe sans que des sunnites et des chiites s’entretuent » (note 1); et dans la région de Montréal, dans un cimetière musulman, chacune des branches sunnite et chiite possède « son adresse, sa barrière, son centre funéraire et son administration » (note 2). À quoi peuvent penser des sunnites et des chiites qui laissent leur opposition se hérisser dans la rue à Montréal, et devant qui se dresse le service de police municipal? Ils se demandent à quelle branche appartiennent les policiers musulmans présents, et si ces policiers musulmans feront preuve de neutralité. Situation malsaine, on en conviendra!

Ne nous faisons pas d’illusions, les Québécoises et les Québécois courent le risque d’entendre des sirènes retentir chez eux à cause de conflits interreligieux internes. Ou en raison d’actes de violence religieuse commis à l’étranger : ces dernières années seulement, l’Inde (je ne parlerai ici que de ce pays) a beaucoup souffert de la violence religieuse : en 2008, dans l’Orissa : « Flambée de violences antichrétiennes », a titré un journal; sept ans plus tard, « les chrétiens [craignaient] [toujours] les violences et les persécutions », a annoncé une station de radio; en 2002, « au Gujarat, bastion des nationalistes hindous et théâtre de conflits interreligieux récurrents, l’incendie d’un train déclenchait l’un des pogroms les plus violents de l’histoire du pays, a rapporté une revue; plus de 2 000 musulmans ont trouvé la mort dans ces émeutes, a précisé la revue »; en 1984, des milliers de Sikhs ont été massacrés à la suite de l’assassinat du premier ministre Indira Gandhi, et en 1993, une «  nouvelle vague de violence [a] fait rage […] à Bombay, opposant fondamentalistes hindous et musulmans », a écrit un journal. Les cruelles oppositions de croyances, d’opinions et d’intérêts entre les religions dans un pays ont eu dans le passé des répercussions malheureuses sur les adeptes des religions antagonistes dans d’autres pays; elles continueront d’en avoir.

Si le Québec permet aux adeptes d’une religion membres d’un service de police de porter un vêtement ou un signe religieux, il devra donner la même autorisation aux coreligionnaires de toutes les autres religions. Qui trouverait édifiant et beau le spectacle qu’offrirait un manifestant sikh qui perd son turban au moment où il est poussé dans une voiture de police par une policière qui porte un hidjab?

Il serait souhaitable que les policiers ne soient pas autorisés, partout dans le monde, à indiquer au travail leur appartenance religieuse par un vêtement, un signe ou autre chose.

« Plus qu’une fonction, plus qu’une tâche, le rôle du policier a une charge symbolique. Il incarne l’ordre, l’autorité de l’État : il dresse les constats d’infraction, il procède à l’arrestation de citoyens, il peut user de violence en toute légalité, jusqu’à causer la mort. On ne choisit pas le policier qui nous interpelle. Contrairement à un juge, qui, lui aussi, exerce un pouvoir de coercition, on ne peut même pas demander au policier qu’il se récuse. Pour ces raisons, sa neutralité, notamment religieuse, ne doit faire aucun doute. »

(Robert Dutrisac, éditorialiste, Étudiante en techniques policières voilée: la politique de la division, 14 avril 2018, https://www.ledevoir.com/opinion/editoriaux/525249/etudiante-en-techniques-policieres-voilee-la-politique-de-la-division?utm_source=infolettre-2018-04-14&utm_medium=email&utm_campaign=infolettre-quotidienne)

S’ils devraient réfléchir au problème du port de vêtements ou de signes religieux dans les services de police, les étudiantes et les étudiants en techniques policières auraient intérêt à se pencher aussi sur la question de l’adaptation de l’islam au monde actuel. Il est normal que les religions évoluent : « Sous l’action de la dynamique de la vie, écrit un professeur d’histoire des religions, G. Van Der Leeuw, la religion change sans cesse de figure; aussi longtemps qu’elle existe elle se reforme. […] Aucune religion n’est jamais achevée; chacune, même la plus primitive, était autrefois autre qu’aujourd’hui, et elle changera encore dans l’avenir. » (Note 3) L’islam a évolué lui aussi; peut-on penser sérieusement qu’aujourd’hui il est figé à jamais?

L’adaptation de l’islam au temps présent est réclamée depuis longtemps par beaucoup de personnes sérieuses, réfléchies. Selon Tareq Oubrou, imam de Bordeaux (France), « Réformer l’islam est nécessaire, abstraction faite du terrorisme qui frappe notre pays. […] Ce qui est valable pour la réforme de l’interprétation de l’islam est valable, raison de plus, pour l’institution religieuse représentative. » (Note 4) Un autre musulman réputé, Abdelmajid Charfi, professeur émérite et ancien doyen de la Faculté des lettres et sciences humaines de Tunis, a affirmé « qu’une nouvelle interprétation du Coran et des textes fondateurs est non seulement possible mais qu’elle est plus fidèle à l’esprit et à l’objectif ultime du message du Prophète ». (Note 5) Musulman comme Oubrou et Charfi, Malek Chebel, anthropologue des religions, philosophe, psychanalyste, traducteur du Coran et auteur d’une quarantaine d’ouvrages, a déclaré être « persuadé que l’islam peut être compatible avec la modernité, s’il se déleste, c’est vrai, des versets qui posent problème ». (Note 6)

Ne serait-il pas possible, de nos jours, que les musulmans s’entendent pour déclarer que des passages du Coran ne conviennent pas au XXIe siècle (la Bible contient elle aussi des textes qui seraient relégués aux oubliettes par le Vatican aujourd’hui)?

Pensons par exemple à la sourate IV, 89 : « Ils [les hypocrites] aimeraient vous voir incrédules, comme ils le sont eux-mêmes, et que vous soyez semblables à eux. Ne prenez donc aucun protecteur parmi eux, jusqu’à ce qu’ils émigrent dans le chemin de Dieu. S’ils se détournent saisissez-les; tuez-les partout où vous les trouverez (traduction de Denise Masson, Le Coran, Paris, Éditions Gallimard, ©1967, imprimé en 2012 dans la collection Folio Classique, p. 107-108) ». La présence dans un service de police de croyants qui doivent être entièrement soumis à leur Dieu qui leur commande de tuer [n’est-ce pas ce que doivent comprendre les lecteurs du Coran?) est un grand objet de préoccupation et un problème énorme.

La sourate IV, 34 pose problème elle aussi  : la policière musulmane qui découvre un homme en train de frapper une musulmane doit-elle porter secours sans tarder à la femme ou déterminer au préalable si l’attaquant est le mari? La question peut paraître absurde, mais seulement pour celles et ceux qui ne connaissent pas ce passage du Coran : « Les hommes ont autorité sur les femmes, en vertu de la préférence que Dieu leur a accordée sur elles, et à cause des dépenses qu’ils font pour assurer leur entretien. Les femmes vertueuses sont pieuses : elles préservent dans le secret ce que Dieu préserve. Admonestez celles dont vous craignez l’infidélité; reléguez-les dans des chambres à part et frappez-les. Mais ne leur cherchez plus querelle, si elles vous obéissent. – Dieu est élevé et grand  – » (traduction de D. Masson, p. 98-99). Si l’attaquant est le mari de l’attaquée, la policière musulmane devra choisir entre deux partis : premier parti : laisser le mari continuer de battre sa femme [le Coran, livre sacré de leur religion (sacré pour le mari et la policière), permet au mari de battre sa femme, on l’a vu]; ou, second parti : appliquer le Code criminel canadien qui interdit les voies de fait (article 266, http://laws-lois.justice.gc.ca/PDF/C-46.pdf); si la policière choisit le premier parti, elle désobéit à son Dieu, si elle choisit le second, elle viole le Code criminel. Le problème de la policière est impossible à résoudre. *

Il est impossible de laisser entrer la religion dans la sphère de certaines activités sociales.

Roger Martel, citoyen de Lévis

La charia à Lévis, le quotidien Le Devoir et le droit à l’information

Lévis, le 18 mai 2019

Monsieur Brian Myles, directeur

Journal Le Devoir

Montréal

 

Monsieur,

Madame Odile Tremblay, votre journaliste, couvre le Festival de Cannes, ces temps-ci. À la fin de ses articles on peut lire cette mention : « Odile Tremblay est l’invitée du Festival de Cannes ».

Si l’industrie du cinéma a invité Le Devoir à son Festival, j’imagine que d’autres industries et même des citoyens très ordinaires peuvent eux aussi essayer de vous attirer.

J’invite Le Devoir à venir à Lévis (je lui suggère d’envoyer Mme Isabelle Porter, qui a vécu à Lévis – elle y habite peut-être toujours – pas loin de la mosquée, qui n’est pas loin de l’école où elle a fait son cours secondaire*). Venir à Lévis pour mener une « enquête » sur un événement survenu le 17 mai 2017, un événement dont votre journal n’a pas parlé (il a refusé d’en parler) (les autres organes d’information québécois n’ont pas fait mieux, à ma connaissance). L’événement en question s’est déroulé dans la chapelle désacralisée du Patro de Lévis*; quel est-il : l’imam de la mosquée locale, M. Karim Elabed, a prêché en faveur de la charia, au nom de laquelle des êtres humains décapitent, amputent des voleurs d’une main, lapident des femmes, etc., et dont on entend dire qu’elle n’est pas compatible avec les chartes occidentales des droits et libertés (M. Elabed a dit aimer la charia, la « voie à suivre », mais il ne l’a pas décrite).

Votre Devoir n’a pas parlé de la déclaration susmentionnée de l’imam, Monsieur Myles. Mais il a écrit, le 26 mars 2019, que la mosquée de Lévis avait reçu une lettre d’intimidation dont l’auteur n’est pas connu. Une lettre d’intimidation peut être écrite par n’importe qui; la déclaration sur la beauté et la grandeur de la charia faite à Lévis le 17 mai 2017 est L’ŒUVRE D’UN IMAM. Vous avez consacré vingt lignes à la lettre anonyme, vous auriez dû faire la une avec la déclaration de l’imam.

Mon invitation est lancée; elle n’est pas accompagnée d’une offre de « cadeau » : je ne voudrais pas que Le Devoir pense que je cherche à le faire agir contre sa conscience. En passant, quand on lit dans Le Devoir : « Odile Tremblay est l’invitée du Festival de Cannes », doit-on comprendre que l’industrie du cinéma a donné de l’argent au journal pour l’amener à affecter l’un de ses journalistes à la couverture du Festival, pour que ce journaliste écrive de beaux articles sur le Festival pendant plusieurs jours?

À titre informatif

M. François-Marc Bernier, professeur de journalisme, relève plusieurs raisons pour lesquelles les organes d’information devraient refuser les voyages gratuits : « Accepter les voyages revient à accorder plus d’espace rédactionnel aux organismes riches, au détriment des moins fortunés. » « Cela mine la crédibilité des journalistes car il existe une apparence de conflits d’intérêts qui est contraire à leur devoir d’impartialité et de neutralité. » (Éthique et déontologie du journalisme, Les Presses de l’Université Laval, © 1994, p. 248-249)

Rien n’empêche Le Devoir d’informer aujourd’hui ses lecteurs de ce qui s’est passé à Lévis le 17 mai 2017 dans une chapelle désacralisée.

Je vous prie, Monsieur, de recevoir mes sentiments les meilleurs.

Roger Martel, citoyen de Lévis

6364, rue Fraser, Lévis, G6V 3S3

* À l’époque la mosquée de la rue Bégin n’existait pas et l’école fréquentée par Mme Porter était un couvent tenu par les Soeurs de la Charité, catholiques. Et la chapelle du Patro était sacrée.

P.-S. La présente sera publiée au www.lepasseurdelacote.com, comme la réponse du Devoir (s’il en donne une).

Islamophobie, islam liberticide… Lettre au président de la Ligue des droits et liberté, M. Christian Nadeau

Lévis, le 15 mai 2019

Monsieur Christian Nadeau, président

Ligue des droits et libertés

516, rue Beaubien Est
, Montréal, H2S 1S5

info@liguedesdroits.ca

Monsieur,

Depuis longtemps les organes d’information du Québec transmettent beaucoup de nouvelles concernant l’islamophobie dont se rendraient coupables des Québécois et, depuis quelques semaines, à propos du projet de loi 21 sur la laïcité. Je m’étonne de ne pas les voir traiter aussi souvent de quelques autres questions concernant la religion, très importantes, selon moi.

Je pense en particulier à l’obligation que l’islam fait aux enfants musulmans, donc issus d’hommes musulmans, et ce, même si la mère n’est pas musulmane), de mémoriser tout le Coran, les centaines de pages du très-très long Coran. L’islam ne viole-t-il pas la liberté de conscience des enfants? (Je dis oui.) L’islam ne prive-t-il pas les enfants d’une partie de leur enfance? (Je dis oui.) L’islam ne met-il pas en danger la santé mentale des enfants? Des experts vous le diraient, Monsieur Nadeau; interrogez-les.

Je pense aussi aux femmes musulmanes auxquelles l’islam interdit de se marier avec un non-musulman. Trouveriez-vous, dans notre LDL, des membres favorables à cet interdit? (Curieusement, Monsieur Nadeau, vous le savez, l’islam autorise les hommes musulmans à demander la main d’une ou plusieurs non-musulmanes.)

Cette autre question me tourmente elle aussi : l’islam a-t-il le droit, au Canada, d’interdire aux musulmanes et aux musulmans de renoncer à leur religion. Je suis sûr, Monsieur Nadeau, que vous trouvez cet empêchement liberticide tout à fait inacceptable. Pourquoi la LDL n’inviterait-elle pas les gens du Québec à manifester avec elle en faveur de sa suppression?

En mai 2017, l’imam de Lévis, M. Karim Elabed, a déclaré devant quelques dizaines de Lévisiennes et Lévisiens qu’il trouve la Charia merveilleuse, la Charia, une loi divine, la voie que les musulmanes et musulmans doivent suivre absolument, a dit M. Elabed. Comme l’islam ne sépare guère politique et religion, comment un adepte de l’islam canadien peut-il obéir à la Charia, qui souvent n’est pas conforme aux lois canadiennes? C’est là une autre question dont j’aimerais voir nos organes d’information parler à leurs lectrices et lecteurs, nos organes d’information et aussi la LDL, Monsieur Nadeau.

Je ne vous retiens pas davantage.

Je publierai ce courriel au www.lepasseurdelacote.com, de même que votre réponse.

Recevez, Monsieur, mes sentiments les meilleurs.

Roger Martel, citoyen de Lévis