Il est inacceptable que la Ville de Lévis subventionne l’organisme Le Tremplin, Centre pour personnes immigrantes et leurs familles.

Courriel envoyé à la majorité des conseillères et des conseillers municipaux de Lévis et au maire de Lévis, M. Gilles Lehouillier, le 6 juillet 2020

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Lévis, le 6 juillet 2020

Monsieur… conseiller municipal, Lévis

Monsieur le conseiller municipal,

Ce soir vous allez côtoyer M. Gilles Lehouillier, notre maire, pendant toute une séance du conseil municipal.

Ce soir, pourriez-vous tenter, vous et les autres conseillers, de convaincre le maire qu’il est inacceptable que la Ville subventionne l’organisme Le Tremplin, Centre pour personnes immigrantes et leurs familles.

C’est inacceptable parce que Le Tremplin fait de la propagande en faveur d’une religion, l’islam (comme par hasard, c’est la religion de l’homme qui préside le conseil d’administration du Tremplin depuis 2017, M. Elhadjid Mamadou Diarra). (Le directeur du Tremplin, M. Guillaume Boivin, semble être d’accord pour que le Tremplin favorise l’expansion de l’islam et proclame la grandeur de la charia, la charia rejetée par l’assemblée nationale du Québec, rejetée à l’unanimité! rejetée aussi par le reste du Canada!

Vous n’avez pas oublié qu’en 2017 Le Tremplin a organisé, avec la Mosquée de Lévis et son imam, M. Karim Elabed, une activité baptisée par eux « Soirée d’échange avec la communauté musulmane » et qui devait, selon eux, montrer l’islam tel qu’il est. Or, pour montrer l’islam tel qu’il est, Le Tremplin et la Mosquée n’avaient invité que deux personnes : l’Imam Elabed et une Québécoise convertie à l’islam, elle et lui très admiratifs de la charia, évidemment. Un imam « débutant » et une jeune convertie, rien de mieux pour montrer l’islam tel qu’il est, n’est-ce pas? La Mosquée et Le Tremplin ont pris les Lévisiens pour des gnochons, et continuent de le faire.

Avez-vous déjà vu ou entendu Le Tremplin dénoncer la christianophobie dans le monde? Pas moi. Mais Le Tremplin met la main à la pâte pour écraser le racisme, il faut sous-entendre : surtout le racisme au Québec, surtout le racisme dont sont victimes des musulmans. Des christianophobes, il y en a en Arabie saoudite, pays musulman qui interdit aux chrétiens de construire des églises; avez-vous déjà entendu Le Tremplin et les musulmans du Québec, de Lévis, protester contre la christianophobie des musulmans de l’Arabie saoudite (ou contre les persécutions musulmanes contre les chrétiens, en général)? Et ce n’est pas Le Tremplin qui va apprendre aux Lévisiens que les musulmans s’y connaissent depuis des siècles en matière, par exemple, de négrophobie : 1) « La négrophobie des pays arabo-musulmans s’étend dans d’autres pays d’Afrique du Nord, que ce soit en Algérie, au Maroc, en Tunisie, mais aussi dans les pays du Golfe, dans lesquels les attaques négrophobes se multiplient contre les migrant·e·s » (Lallab, http://www.lallab.org/la-negrophobie-dans-les-societes-arabo-musulmanes-na-rien-de-nouveau/); 2) « l’anthropologue et économiste franco-sénégalais Tidiane N’Diaye revient sur ce phénomène. Africain, musulman, il a dénoncé en 2008 treize siècles de traite arabo-musulmane sur le continent noir dans son essai Le Génocide voilé (Gallimard), réédité en poche en mars 2017 » (quotidien Le Monde, https://www.lemonde.fr/afrique/article/2017/12/02/sur-l-esclavage-moderne-la-prise-de-conscience-est-faible-et-derisoire_5223711_3212.html#03phA7AlfEjEwLjD.99).

Je ne vous retiendrai pas davantage, j’en ai assez dit, je pense, pour vous convaincre que Le Tremplin triche : il n’a pas pour mission de faire de la propagande en faveur d’une religion, mais il l’ « oublie »; il trompe les Lévisiennes et les Lévisiens en les renseignant très mal sur l’islam, il utilise à mauvais escient l’argent que lui donnent la Ville de Lévis, le gouvernement du Québec et le gouvernement du Canada, entre autres. Des fonds publics ne doivent plus se retrouver dans les poches du Tremplin! Jamais plus! À vous d’agir, Monsieur le conseiller!

Bien à vous,

Roger Martel, citoyen de Lévis

P.-S. Ce courriel sera publié au http://www.lepasseurdelacote,.com, votre réponse aussi si vous me répondez.

ILS DISENT QUE L’ISLAMISME EST INDISSOCIABLE DE L’ISLAM.  QU’EN PENSEZ-VOUS?

INTRODUCTION :

LA VIOLENCE DANS LE CORAN, LIVRE SACRÉ DE L’ISLAM

EXTRAITS DU CORAN

Nous jetterons bientôt dans le Feu

ceux qui ne croient pas à nos Signes.

Chaque fois que leur peau sera consumée,

nous en leur donnerons une autre

afin qu’ils goûtent le châtiment.

– Dieu est, en vérité, puissant et juste –

(Coran 4, 56) (Traduction : Denise Masson, islamologue)

Telle sera la rétribution de ceux qui font la guerre contre Dieu et contre son prophète [Mahomet], et de ceux qui exercent la violence sur la terre : ils seront tués ou crucifiés, ou bien leur main droite et leur pied gauche seront coupés, ou bien ils seront expulsés du pays. (Coran 5, 33).1

Combattez ceux qui ne croient pas en Dieu et au Jour dernier : ceux qui ne déclarent pas illicite ce que Dieu et son prophète [Mahomet] ont déclaré illicite; ceux qui parmi les gens du Livre [juifs et chrétiens ou « Nazaréens »], ne pratiquent pas la vraie Religion [l’islam ]. Combattez-les, jusqu’à ce qu’ils paient directement le tribut après s’être humiliés. (Coran 9, 29)1

Ne faiblissez pas! Ne faites pas appel à la paix quand vous êtes les plus forts. Dieu est avec vous, il ne vous privera pas de la récompense due à vos œuvres. (Coran, 47,35)1

Quant à ceux qui ne croient pas,

je les châtierai d’un terrible châtiment,

en ce monde et dans la vie future.

– Ils ne trouveront pas d’auxiliaires [secoureurs].

(Coran,3, 56) (Traduction : Denise Masson, islamologue)

Ô Prophète, combats les hypocrites et les infidèles; traite-les avec rigueur. La géhenne  [lieu destiné au supplice des damnés] est leur demeure. Quelle détestable séjour!

(Coran 9, 74) (Traduction : Kasimirski)

Quant aux incrédules,

ils jouissent un certain temps des biens de ce monde,

ils mangent comme mangent les bestiaux;

leur lieu de séjour sera le Feu.

(Coran 47,12) (Traduction : Denise Masson, islamologue)

Nous avons préparé pour les incrédules

des chaînes, des carcans et un brasier.

(Coran 76,4) (Traduction : Denise Masson, islamologue)

Les Juifs disent : Ozaïr est fils de Dieu. Les Chrétiens disent : Moïse est le fils de Dieu. Telle sont les paroles de leurs bouches; elles ressemblent à celles des infidèles d’autrefois. Que Dieu leur fasse la guerre! Qu’ils marchent à rebours!

(Coran 9, 30) (Traduction : Kasimirski)

Combattez dans le chemin de Dieu

ceux qui luttent contre vous.

  • Ne soyez pas transgresseurs; Dieu n’aime pas les transgresseurs –
  • Tuez-les partout où vous les rencontrerez; chassez-les des lieux d’où ils vous auront chassés.
  • La sédition est pire que le meurtre –

(Coran 2, 190) (Traduction : Denise Masson, islamologue)

Ils [les hypocrites] aimeraient vous voir incrédules,

comme ils le sont eux-mêmes,

et que vous soyez ainsi semblables à eux.

Ne prenez donc aucun protecteur parmi eux,

jusqu’à ce qu’ils émigrent dans le chemin de Dieu.

S’ils se détournent, saisissez-les;

tuez-les partout où vous les trouverez.

(Coran 4, 89) (Traduction : Denise Masson, islamologue)

Ô vous qui croyez!

Ne prenez pas pour amis les Juifs et les Chrétiens;

ils sont amis les uns des autres.

(Coran 5, 51) (Traduction : Denise Masson, islamologue)

Telle sera la rétribution

de ceux qui font la guerre

contre Dieu et contre son prophète,

et de ceux qui exercent la violence sur la terre :

ils seront tués ou crucifiés,

ou bien,

leur main droite et leur pied gauche seront coupés,

ou bien ils seront expulsés du pays.

Tel sera leur sort :

la honte en ce monde

et le terrible châtiment dans la vie future;

(Coran 5, 33) (Traduction : Denise Masson, islamologue)

1. Cité par Annie Laurent, L’Islam pour tous ceux qui veulent en parler (mais ne le connaissent pas encore), Paris, Éditions Artège, © 2017

« IL EST ÉVIDENT QUE LES TERRORISTES SE RÉFÈRENT AU CORAN POUR JUSTIFIER LE REJET DE L’AUT ET LE RECOURS À LA VIOLENCE. »

(Annie Laurent, docteur d’État en sciences politiques, spécialiste reconnue du Proche-Orient depuis 1980,

L’Islam pour tous ceux qui veulent en parler (mais ne le connaissent pas encore), Paris, Éditions Artège, © 2017, p. 75)

ILS DISENT QUE L’ISLAMISME EST INDISSOCIABLE DE L’ISLAM.

ANNE-MARIE DELCAMBRE. Docteure de troisième cycle de l’Université Paris-IV en études islamiques

Anne-Marie Delcambre (1943-2016) était une islamologue française.Docteure de troisième cycle de l’Université Paris-IV en études islamiques, docteure d’État en droit et agrégée d’arabe classique. Elle a été professeur d’arabe au lycée Louis-le-Grand et a participé à la rédaction d’articles dans l’Encyclopædia of Islam. Elle est également l’auteur de nombreux livres et articles sur Mahomet et l’islam. (Source : https://fr.wikiquote.org/wiki/Anne-Marie_Delcambre)

[…] dans la langue française, islam et islamisme étaient synonymes, et cela depuis 1697, quand Barthélémy d’Herbelot de Molainville, professeur au Collège de France, ajouta le suffixe « isme » au mot arabe islam pour en faire un nom désignant une religion.

En effet, de tous les noms désignant des religions, « islam » était le seul qui ne fût pas terminé par « isme ». Or, dans l’édition de 1992 du Dictionnaire Le petit Larousse, on constate que le mot « islamisme » pour désigner la religion est considéré comme « vieilli ». En revanche, la définition de l’islamisme est devenue politique : « Mouvement politico-religieux préconisant l’islamisation complète, radicale, du droit, des institutions, du gouvernement dans les pays islamiques. […] une acception est dite « vieillie » quand elle n’est plus attestée depuis plus d’un siècle. Un sens qui vieillit en moins de dix ans, cela ne s’est vu dans aucun pays au monde. Et c’est ainsi que « islam » et « islamisme » ne sont plus synonymes. On ne s’étonnera pas de lire que, pour le professeur Khaled Dourane de l’université de Philadelphie, « l’islamisme est un genre de totalitarisme qui s’est répandu dans le monde à la fin du XXe siècle. Il est identique aux régimes fascistes ou communistes et aspire à dominer le monde. » En fait, cette distinction est en partie due au juriste égyptien Al-Achmâwi qui avait lancé : « Dieu voulait que l’islam fût une religion, mais les hommes ont voulu en faire une politique ».

Désavoué par ses coreligionnaires, considéré comme hétérodoxe, Achmâwi allait fournir à l’Occident la plus belle porte de sortie qu’on puisse imaginer. Désormais, il serait interdit de faire un amalgame entre l’islam et l’islamisme. D’un commun accord, religieux, politiques, journalistes se mirent à répéter que l’islam, ce n’était pas l’islamisme ; que les deux réalités étaient bien distinctes ; que l’islam ne pouvait être tenu pour responsable des crimes commis par les islamistes, assimilés à des terroristes.

Soufi ou mufti ? Quel avenir pour l’islam, Anne-Marie Delcambre, éd. Desclée de Brouwer, 2007, p. 141

Cité in https://fr.wikiquote.org/wiki/Anne-Marie_Delcambre


ANNE-MARIE DELCAMBRE. Docteure en études islamiques. Docteure d’État en droit. Agrégée d’arabe classique.

Anne-Marie Delcambre (1943-2016). Islamologue française, docteure en études islamiques.

Au risque de choquer, il faut avoir le courage de dire que l’intégrisme n’est pas la maladie de l’Islam. Il est l’intégralité de l’Islam. Il en est la lecture littérale, globale et totale de ses textes fondateurs. L’Islam des intégristes, des islamistes, c’est tout simplement l’Islam juridique qui colle à la norme.

L’Islam des interdits, Anne-Marie Delcambre, éd. Desclée de Brouwer, 2003, p. 11.

Cité in https://fr.wikiquote.org/wiki/Anne-Marie_Delcambre


ANNIE LAURENT. Docteure d’état en sciences politiques.

Annie Laurent est docteur d’État en sciences politiques. Spécialiste reconnue du Proche-Orient depuis 1980, ses recherches et publications portent sur toutes les questions politiques qui secouent cette région, sur l’Islam, les Chrétiens d’Orient et sur le dialogue interreligieux. Le pape Benoît XVI l’a nommée experte au Synode spécial des Évêques pour le Moyen-Orient qui s’est tenu à Rome en octobre 2010. Elle est l’auteur de nombreux articles publiés dans des revues spécialisées et d’ouvrages tels que :

L’Islam peut-il rendre heureux ? (Artège, 2012), Vivre avec l’Islam ? (Saint-Paul, 1996),

L’Europe malade de la Turquie (François-Xavier de Guibert, 2005),

Les chrétiens d’Orient vont-ils disparaître ? (Salvator, 2008), L’Islam, un danger pour l’Europe ? (La Nef, 2009), L’Islam pour tous ceux qui veulent en parler (mais ne le connaissent pas encore) (Artège, 2017).

Que penser de la recommandation à ne pas faire d’amalgame entre islam et islamisme? S’ll ne faut pas réduire l’islam à ses seules manifestations extrémistes, la lucidité impose de reconnaître qu’elles ne lui sont ni étrangères ni opposées. […] Entre islam et islamisme, il y a […] une différence de degré, mais pas de nature.

[…]

Il n’appartient […] pas aux Occidentaux et aux chrétiens de se prononcer sur ce qu’est le véritable islam. Mais leur regard sur les musulmans doit prendre en considération l’attitude concrète de ces derniers dans la vie quotidienne et dans les événements du monde.

Annie Laurent, L’Islam pour tous ceux qui veulent en parler (mais ne le connaissent pas encore), Paris, Éditions Artège, © 2017, p. 54-55


YVON QUINIOU. Docteur en philosophie.

Yvon Quiniou, agrégé et docteur en philosophie, est connu pour ses travaux sur le matérialisme, la morale et la politique qui lui ont souvent valu d’intervenir sur France Culture et même à la télévision. Il collabore à diverses revues et, citoyen engagé, il intervient dans divers journaux, comme L’Humanité, Le Monde ou Marianne. (Source : http://denis-collin.viabloga.com/news/pour-une-approche-critique-de-l-islam vu le 05-02-2017 Philosophie et politique Site de Denis Collin)

Je veux démontrer que, contrairement à une idée reçue,on ne peut pas séparer l’islamisme radical de l’islam tout court, qui ne serait pas violent. Or ce n’est pas vrai : le Coran comporte des appels multiples à la haine et au meurtre des infidèles ou des non-croyants. Il s’y ajoute d’autres défauts inadmissibles : l’obscurantisme, le dogmatisme, la Charia qui nie l’autonomie politique de l’homme. Il faut avoir le courage de le dire etinciter l’islam à se réformer profondément. (Manuel Rodriguez, Le philosophe lyonnais Yvon Quiniou sort un essai intitulé Pour une approche critique de l’islam, Pays de la Loire (le Journal du pays Yonnais), 20 juin 2016)

[…] il faut avoir l’audace de voir les choses en face : « Le sommeil de la raison engendre des monstres » disait Goya… même s’il est entendu que l’islamisme trouve sa source aussi, sinon surtout, dans des facteurs socio-politiques qui sont hors-raison. Mais dénier aux idées ou aux croyances irrationnelles et déraisonnables une causalité propre dans la genèse ou l’entretien du malheur du monde, relève d’un angélisme ou d’une intelligence impardonnables à mes yeux, et l’on sait depuis Pascal que « qui fait l’ange fait la bête », en l’occurrence s’aveugle et alimente « la bête immonde ». Je ne veux pas participer à cette défaite inédite aujourd’hui de la pensée critique. (Yvon Quiniou, cité in http://denis-collin.viabloga.com/news/pour-une-approche-critique-de-l-islam consulté le 05-02-2017, Philosophie et politique Site de Denis Collin)

Mais est-ce l’islam qui est en cause [l’auteur vient de parler de l’attentat contre Charlie Hebdo et des massacres de novembre 2015 à Paris], me dira-t-on, de façon à innocenter d’une manière subreptice le premier distingué artificiellement du second? Car telle est l’antienne que j’entends partout, avec l’appui irresponsable des médias […] : l’islam est une religion d’amour et de paix, proclame-t-on, et l’islamisme (radical) n’en est qu’une déformation ou une trahison. Or, soyons clair : étant entendu que ce que je vais dire ne concerne pas les musulmans dans leur pratique quotidienne, mais seulement la religion musulmane en elle-même, ignorée dans ses fondements par la majorité d’entre eux, ce propos est faux, totalement faux. Il faut le dire : j’entends avoir le courage, intellectuel et moral de le dire, comme Spinoza avait le courage, dans son traité théologico-politique de dénoncer les aberrations de toutes les religions, hormis leur message d’amour à l’égard de tout être humain – ce qui n’est pas le cas, précisément, de l’islam quoi qu’on prétende. (Yvon Quiniou, Pour une approche critique de l’islam, H&O éditions, © 2016, p.13-14)


BERNARD LEWIS. Historien.

Bernard Lewis, historien, est né à Londres en 1916, il est décédé en 2018.

« Mr. Lewis, who wrote or edited more than two dozen books and hundreds of articles, was regarded as perhaps the leading expert on interactions between the Christian and Islamic worlds. » (Douglas Martin, Bernard Lewis, Influential Scholar of Islam, Is Dead at 101, New York Times, 21 mai 2018, https://www.nytimes.com/2018/05/21/obituaries/bernard-lewis-islam-scholar-dies.html

On touche ici une question beaucoup plus vaste, celle de la position des religions vis-à-vis du recours à la force, à la violence et plus précisément au terrorisme. De nombreux mouvements ont, à un moment ou à un autre, invoqué leur religion pour justifier le meurtre pratiqué à petite ou grande échelle. Deux noms propres originaires d’Orient sont d’ailleurs entrés, sous forme de noms communs, dans l’anglais comme dans le français : « thug » de l’Inde, et « assassin » du Moyen-Orient, l’un et l’autre désignant à l’origine des sectes religieuses fanatiques qui s’étaient fait une spécialité d’assassiner ceux qu’elles tenaient pour des ennemis de la foi.

La pratique puis la théorie de l’assassinat sont apparues plus tôt dans l’histoire du monde musulman, à l’occasion de conflits autour de la direction politique de la communauté musulmane [des successeurs de Mahomet, appelés califes, ont été assassinés, etc.]. […]

La secte musulmane des « Assassins » […] est apparemment la première à avoir fait de l’acte dont elle tire son nom un système et une idéologie. Contrairement à la croyance populaire, ses attaques ne visaient pas tant les croisés que les dirigeants musulmans qu’elle tenait pour des usurpateurs impies. En ce sens […] les Assassins sont les véritables précurseurs des terroristes « islamistes » actuels, dont certains avancent précisément cet argument. […]

[…] les Assassins furent finalement vaincus par des expéditions militaires […] Il est fort possible que les assassins d’aujourd’hui soient eux aussi vaincus, mais la route sera longue et ardue. Les Assassins médiévaux étaient une secte extrémiste, très éloignée du courant principal de l’islam. Tel n’est pas le cas de leurs épigones [successeurs] actuels.

Bernard Lewis, L’Islam en crise, traduit de l’anglais par Jacqueline Carnaud, Paris, Gallimard, © 2003, passages tirés des pages 156, 157, 158 et 159. Titre original : The crisis of islam. Holy war and unholy terror, 2003)


SOHEIB BENCHEIKH. Docteur en Religions et systèmes de pensée (Sorbonne). Ancien interprète officiel de la loi musulmane, à Marseille.

Soheib Bencheikh, islamologue français, a étudié la théologie islamique à Alger et au Caire et a obtenu un doctorat en Religions et systèmes de pensée à la Sorbonne (Paris). Il a été nommé mufti ( interprète officiel de la loi musulmane) de Marseille par l’Institut musulman de la Grande Mosquée de Paris en 1995, poste qu’il a occupé 10 ans. (D’après le quotidien Le Devoir, http://www.ledevoir.com/politique/canada/483568/islam-la-modernite-ou-la-marginalite)

« Si on prend le texte fondateur de l’islam et on l’applique, on ne doit rien reprocher à Daech ! Alors, soit on combat une lecture littéraliste parce qu’il s’agit d’une convention d’un siècle qui n’est pas le nôtre, et qu’au nom de l’intelligence et de l’humanité, on fait face à cette lecture conquérante et dangereuse, soit on doit reconnaître qu’eux [Daech] sont plus musulmans que les autres ! »

Cité par Hélène Buzzetti, La modernité ou la marginalité. L’islamologue français invite les musulmans à vivre leur religion en phase avec l’époque, Le Devoir (quotidien de Montréal), 1 novembre 2016, http://www.ledevoir.com/politique/canada/483568/islam-la-modernite-ou-la-marginalite


KHADIYATOULAH FALL ET SAMIR AMGHAR

Khadiyatoulah Fall, Samir Amghar, respectivement de l’Université du Québec à Chicoutimi et de l’European Foundation for Democracy, à Bruxelles.

Qu’y a-t-il dans le Coran et dans la Sunna prophétique qui autorise les djihadistes à se réclamer de l’islam, à scander le nom d’Allah chaque fois qu’ils commettent un attentat meurtrier? Voilà une question légitime qui doit être posée et devant laquelle les communautés musulmanes ne peuvent se dérober.

[…] comment ne pas céder ni à l’amalgame qui fait de l’islam un problème en soi, ni à l’angélisme qui déconnecte le terroriste djihadiste de toute base idéologique religieuse ?

Les explications scientifiques du processus d’engagement violent au nom de l’islam ne s’entendent pas sur la place qu’il faut accorder à la religion musulmane dans l’équation de la radicalisation. Tantôt l’islam est présenté comme le vernis religieux, le prétexte facile pour justifier à postériori des positions violentes, tantôt il est analysé comme la matrice fondatrice des actions violentes.

[…]

Si l’on ne peut éviter d’interroger le Coran dans ses fondements, dans son passé et dans ce que l’islam apportait comme instrument d’émancipation ou de domination, il demeure cependant que la demande urgente de la forte majorité des musulmans, et surtout des musulmans de la diaspora, porte sur la capacité aujourd’hui du Coran d’autoriser une réflexion religieuse qui soit audible dans un contexte du vivre-ensemble fondé sur le respect de l’égalité des droits, de la liberté de croyance et sur le rejet sans ambiguïté de toute idéologie de la violence au nom de la foi. Il est demandé aux musulmans d’aujourd’hui de produire une interprétation du Coran qui ferme toute possibilité pour l’islamisme meurtrier de cheminer à côté du Livre saint.

L’islam est-il responsable de la violence islamiste? Le Devoir (quotidien du Québec), 8 juillet 2017, https://www.ledevoir.com/opinion/idees/502977/l-islam-est-il-responsable-de-la-violence-islamiste

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ADRIEN CANDIARD. Membre de l’Institut dominicain d’études orientales au Caire.

Frère dominicain né en 1982. Ancien élève de l’École normale supérieure de Paris et de Sciences-Po Paris. Membre de l’Institut dominicain d’études orientales au Caire. Auteur de En finir avec la tolérance? (Presses universitaires de France, 2014) et Veilleur, où en est la nuit? (Cerf, 2016). (Source : Flammarion, quatrième page de couverture du livre Comprendre l’islam ou plutôt : pourquoi on n’y comprend rien, signé par Adrien Candiard, 2016)

« D’autres [des experts] […] nous disent que l’islam est évidemment une religion brutale, dont la violence n’est pas un accident de l’histoire ou l’effet de la folie de quelques-uns de ses adeptes, mais bien la conséquence nécessaire de ses textes sacrés. Pour ce faire, ils nous citent des passages insupportables tirés du même Coran, comme le célèbre « verset du sabre » : « Combattez ceux qui ne croient pas en Dieu et au Jour dernier; ceux qui ne déclarent pas illicite ce que Dieu et son prophète [Mahomet] ont déclaré illicite; ceux qui, parmi les gens du Livre [les juifs et les chrétiens], ne pratiquent pas la vraie Religion. Combattez-les jusqu’à ce qu’ils payent directement le tribut, après s’être humiliés » (Coran 9, 29).

On pourrait multiplier longuement les exemples et les citations, dans les deux sens., Vérification faite, tous ces versets aux accents si différend se trouvent bien dans le Coran. Alors qui a raison? Pourquoi ne peut-on pas les départager une bonne fois pour toutes, en ouvrant le livre? Pourquoi peut-on dire sur l’islam tant de choses contradictoires et apparemment fondées?

Adrien Candiard, Comprendre l’islam ou plutôt : pourquoi on n’y comprend rien, Flammarion, 2016, p. 14-15


ABDELWAHAB MEDDEB. Écrivain. Spécialiste du soufisme.

Écrivain (Prix François-Mauriac, 2002), directeur de la revue Dédale, spécialiste du soufisme, animateur de l’émission Cultures d’islam sur France Culture, essayiste en faveur d’un islam libéral. (Source : Wikipedia consulté le 7 juin 2020) (Soufisme : règles et pratiques ascétiques et mystiques d’un ensemble d’écoles, de sectes et de confréries musulmanes. – Source : Encyclopédie Larousse en ligne)

L’islamisme est la maladie de l’islam, mais les germes sont dans dans le texte [le Coran].

(Marc Semo et Christophe Boltanski, Abdelwahab Meddeb : L’islammisme est la maladie de l’islam, mais les germes sont dans dans le texte », journal français Libération, 23 septembre 2006)


ALEXANDRE ADLER. Historien. Journaliste.

Agrégé d’histoire, éditorialiste associé au quotidien français Le Monde, directeur de la rédaction de l’hebdomadaire Courriel international. (Source : quatrième page de couverture du livre d’Alexandre Adler intitulé J’ai vu finir le monde ancien, Paris, Grasset, © 2002)

« Quel est le discours du fondamentalisme religieux? En quoi est-il fidèle à la tradition du texte sacré? C’est la question que nous nous posons tous.

[…]

« Le problème politique majeur, c’est que ceux qui s’opposent [chez les musulmans] à l’intégrisme n’ont pas tout à fait la théorie adéquate. Tour ce que disent les islamistes est bien dans le texte [le Coran]. Les intégristes ne sont pas des hérétiques – en tout cas en ce qui concerne les sunnites, comme Oussama ben Laden. Ils ne développent pas des conception nouvelles de l’islam. Simplement, au nom de la guerre sainte, ils veulent créer un État pour tous les croyants [musulmans]. »

Alexandre Adle, J’ai vu finir le monde ancien, Paris, Bernard Grasset, © 2002, p. 109-110


EMMANUEL PISANI. Docteur en philosophie, docteur de théologie.

Directeur de l’Institut de Science et de Théologie des Religions (Paris). Frère dominicain, docteur en philosophie, docteur de théologie. Auteur notamment de :  Le dialogue islamo – chrétien à l’épreuve. Père Anawati-Dr Baraka, Une controverse au vingtième siècle, Paris, L’Harmattan, 2014; 100 questions sur l’Église, Perpignan, Artège, 2013; 100 questions sur Dieu, Perpignan, Artège, 2012. Il a reçu le prix Mohammed Arkoun de la thèse d’islamologie. (Source : https://www.icp.fr/a-propos-de-l-icp/decouvrez-l-icp/facultes-et-instituts/emmanuel-pisani–27474.kjsp)

EXTRAITS DE : Emmanuel Pisani, Islam et islamisme. Le défi de la question théologique, Revue Études, février 2018, https://www.revue-etudes.com/rubrique/societe-45 :

On peut distinguer l’islamisme, comme idéologie politique à l’origine des attentats, et l’islam, comme religion. On ne peut pourtant pas séparer complètement les deux. Il convient donc de déconstruire l’idéologie islamiste et de la rapporter aux textes fondateurs. […]

[…]

Il reste une question difficile mais incontournable : l’islam, la charia (« loi »), l’oumma (« communauté ») sont les ciments idéologiques du discours des islamistes et de la mise en œuvre d’une propagande efficace conduisant et justifiant les outrances criminelles en rupture totale avec le modèle occidental des droits de l’Homme. […]Les fous d’Allah n’ont rien d’esprits irrationnels ou dérangés, bien au contraire, leurs discours sont d’une logique implacable et c’est en se situant à la fois au niveau de la raison et de la foi, dans des contextes certes favorables, que l’on peut comprendre la propagation rapide de leurs idées.

[…]

Les causes économiques ou sociétales n’expliquent pas tout du phénomène islamiste. Il y a là une question incontournable. Qu’est-ce qui, dans l’islam, permet, nourrit, justifie l’islamisme ?

[…]

L’islamisme désigne, depuis les années 1970, l’idéologie religieuse qui s’inscrit dans le cadre du réformisme musulman et vise à purifier l’islam de ses « scories occidentales » en vue de contribuer à réislamiser le monde musulman et promouvoir la mission islamique pour rétablir le califat.

[…]

[…] les textes sacrés fondant les piliers de l’islamisme existent et ignorer l’acuité des lectures islamistes ne répond pas au problème. Ces textes gardent une capacité à définir et à préciser l’orthodoxie musulmane dans une perspective violente et antihumaniste. […]

[…] S’il n’y a pas en islam de magistère, il manque aujourd’hui une lecture consensuelle du Coran qui permettrait, par une historicisation, de neutraliser les versets qui appellent à l’usage concret de la violence sur le prochain.

[…] nonobstant les efforts de Tariq Ramadan pour présenter le visage de Muhammad sous les traits d’un homme moderne, les sources musulmanes le décrivent comme un chef de guerre, sans compassion pour l’apostat, combattant les tribus juives et les païens de La Mecque avec ardeur. Aujourd’hui, on hésite parfois à rappeler ces évidences car elles n’apparaissent pas « politiquement correctes » et renvoient à l’esprit de la polémique bien connue aux temps du Moyen Âge. Mais les récits des batailles sont toujours là et ils sont encore aujourd’hui convoqués. Sans l’enseignement explicite de leur historicisation et leur relativisation, ils peuvent à tout moment servir le pire. Sans ce travail historique et scientifique, légitimé par la raison, sur les dits qualifiés d’authentiques (sahih) et dont beaucoup justifient le meurtre ou les châtiments corporels, l’islam pourra toujours faire le lit de l’islamisme. L’enjeu théologique est donc incontournable.

Emmanuel Pisani, Islam et islamisme. Le défi de la question théologique, Revue Études, février 2018, https://www.revue-etudes.com/rubrique/societe-45


IBN WARRAQ.

Historien, « Islamic scholar and a leading figure in Qur’anic criticism » (https://secularhumanism.org/authors/ibn-warraq/). Auteur de l’«  ouvrage passionnant Pourquoi je ne suis pas musulman ? » (https://www.cairn.info/revue-cites-2002-1-page-3.htm). Auteur aussi de : The Origins of the Koran (1998), The Quest for the Historical Muhammad (2000), What the Koran Really Says: Language, Text and Commentary (2002).

 » He addressed the United Nations « Victims of Jihad » conference organized by the International Humanist and Ethical Union, alongside such speakers as Bat Ye’or, Ayaan Hirsi Ali, and Simon Deng. » (https://www.goodreads.com/author/show/3665.Ibn_Warraq)

CITATION 1

« … il n’existe pas de différence entre l’islam et l’intégrisme islamique. »

(Ibn Warraq, Pourquoi je ne suis pas musulman, 1999. Cité in http://fr.danielpipes.org/1825/pourquoi-je-ne-suis-pas-musulman)

CITATION 2

Il est temps, pour nous qui vivons en Occident et qui avons la chance de pouvoir nous exprimer librement, d’examiner calmement et avec le recul nécessaire les sources théoriques de l’islamisme, y compris le Coran dont de nombreux passages légitiment au nom de Dieu le recours à la violence:

[…]

IV.91: Ne prenez pas de patrons parmi eux [les incroyants], jusqu’à ce qu’ils soient revenus dans le sentier d’Allah. Mais s’ils tournent le dos, saisissez-les et tuez-les, partout où vous les trouverez.

VIII.12: Moi, je répandrai la terreur dans le cœur de ceux qui sont incroyants [en arabe: kafarû], et Je frapperai sur les nuques, et Je frapperai en eux toutes les extrémités des doigts.

[L’auteur cite d’autres passages violents du Coran.]

La vie du Prophète lui-même ne doit pas échapper à cet examen critique, lui qui ne reculait pas devant l’assassinat politique et le massacre des Juifs. «Ah, mais vous confondez l’islam avec le fondamentalisme islamique! Le véritable islam n’a rien à voir avec la violence», rétorquent les avocats inconditionnels de cette confession.

Certes, il existe des musulmans modérés mais l’islam en lui-même n’est pas modéré. Tous les principes qui inspirent les extrémistes viennent du Coran, de la Sunna et des Hadiths [recueil des actes et paroles de Mahomet et de ses compagnons, à propos de commentaires du Coran ou de règles de conduite, lit-on dans un dictionnaire Larousse en ligne]. L’islamisme est une construction totalitaire édifiée par des juristes musulmans sur la base des textes fondamentaux de l’islam. Ils ont fait de l’islam le fondement d’une idéologie radicale et utopique qui vise à se substituer au capitalisme et à la démocratie en tant que système universel. D’où l’apparition d’une profonde haine anti-américaine dans des endroits très éloignés du Moyen-Orient, tels le Nigeria ou l’Afghanistan, démontrant ainsi que le conflit israélo-arabe n’est pas la seule clé d’explication du phénomène nommé islamisme. Si un Palestinien avait été impliqué dans l’attentat du World Trade Center, il aurait été considéré comme un martyr de la cause palestinienne, mais plus encore comme un martyr de l’islam.

(Ibn Warraq, Contre l’islam militant, Revue Politique internationale, n° 95 – Printemps 2002, http://www.politiqueinternationale.com/revue/print_article.php?id=276&id_revue=10&content=texte)

CITATION 3

Tous les musulmans ne sont pas terroristes. Tous les musulmans ne sont pas impliqués dans les événements tragiques qui ont frappé l’Amérique [11 septembre 2001]. Et il serait effrayant que se développent contre eux, contre leurs mosquées et leurs institutions, des actes de vengeance infâmes. Cependant, déclarer que l’islam n’a rien à voir avec les attaques terroristes, c’est ignorer l’évidence. C’est refuser pour toujours de comprendre. Car enfin, qu’est-ce qui conduit des fanatiques à abandonner leur vie sur terre pour gagner un paradis où 72 vierges attendent les martyrs musulmans ? L’islam !

(Ibn Warraq, Une idéologie totalitaire, Marianne (revue française)321e, 4/09/2001, https://www.marianne.net/archive/une-ideologie-totalitaire)

FIN

Arabe et musulmane, elle présente ses excuses pour les sanglants attentats commis par des musulmans.

Courrier international, https://www.courrierinternational.com/article/attentats-moi-arabe-et-musulmane-je-presente-mes-excuses

Attentats. Moi, arabe et musulmane, je présente mes excuses.

SHAFFAF – PARIS

Publié le 10/11/2016 

En avril dernier, la journaliste et présentatrice saoudienne Nadine Al-Bdear implorait le pardon des victimes pour tous les massacres commis au nom de l’islam. Un texte publié dans notre hors-série Les libres penseurs de l’islam.

On m’a beaucoup reproché au Moyen-Orient d’avoir présenté mes excuses à l’humanité pour les sanglants attentats commis par des musulmans. []

Mes détracteurs, je vous connais. Vous vous dédouanez de tout reproche en invoquant tout ce qu’on peut reprocher à l’Occident. Vous justifiez vos turpitudes en pointant les turpitudes du monde civilisé. Par contre, l’égalité, la justice, la compassion qui y existent, vous ne les voyez pas. Vous n’y voyez que ce qui ne va pas, pour minimiser ce qui ne va pas chez vous-mêmes.

[]

Voici le texte de mon article “Moi, arabe et musulmane, les excuses que je présente au monde”. Ces excuses, je les ferai probablement encore. Cela m’enlève un poids, celui des cris de détresse de ceux qui ont été victimes de notre barbarie. J’ajoute des excuses particulières pour les larmes des Belges après qu’une trentaine de personnes sont mortes et des centaines ont été blessées [le 22 mars 2016]. []

Mille excuses aussi aux Afghans pour les attentats de Kaboul, pour le sort infligé aux femmes afghanes, pour les horreurs des années 1980. Des excuses sans bornes aux Pakistanais, pour l’attentat de Lahore [27 mars 2016] qui a fait au moins 70 morts et des centaines de blessés. C’est nous qui avons produit les talibans, et c’est nous qui refusons jusqu’à présent de renier cet héritage insidieux.

Des excuses aussi à chaque chrétien [d’Orient] qui a pris la décision d’émigrer. [] Mais ce sont des hommes et des femmes qui n’en peuvent plus de ne pas être respectés, d’avoir peur pour leurs enfants et de vivre dans un environnement qui n’a cure des humiliations qu’ils subissent.

Je veux que le monde sache que je ne suis pour rien dans notre manie de dénigrer les religions des autres”

[] Que je n’y suis pour rien dans les accusations adressées aux juifs et aux chrétiens et les théories selon lesquelles ils auraient falsifié la Bible. Je n’y suis pour rien dans la négation du bouddhisme, du zoroastrisme, de l’hindouisme, du confucianisme… ni dans notre manie de dénigrer les religions des autres et de décortiquer leurs dogmes, alors même que ceux qui s’en prennent à nos propres figures religieuses se font égorger.

[]

Celui qui tient la barre chez nous, c’est celui qui instille l’élixir de la mort et qui empoisonne les cervelles des jeunes hommes. Ils rêvent de céder à la tentation du péché et finissent par croire que la mort est le passage obligé pour un coït sans fin. Des peuples qui appellent à tuer leurs intellectuels, ce sont des peuples qui tuent le rêve.

Mes excuses au Moyen-Orient, que nous avons transformé en enfer. Nous en avons effacé le passé de milliers d’années d’empires, d’arts et de patrimoine. [] Je présente mes excuses pour la mort de centaines de fidèles à La Mecque en 1979. Je m’excuse pour les explosions dans un immeuble à Khobar, dans l’Est saoudien en 1996. Pour chaque chiite tué dans la mosquée de Qatif [en Arabie Saoudite]. Pour les morts dans l’explosion à l’ambassade américaine de Beyrouth en 1983. Pour avoir défiguré Bali [en 2002].

Pardon à l’Afrique, continent ravagé, pauvre et misérable. Pardon pour les morts du Cameroun, du Tchad, du Nigeria… Pardon pour la prise d’otages de 276 élèves nigérianes, mariées de force ou réduites à l’état d’esclaves sexuelles [par l’organisation islamiste Boko Haram en 2014]. Pardon pour celles qu’on oblige à porter le voile. Pas de place pour la féminité dans la grammaire terroriste. Pardon pour l’assassinat de centaines de personnes dans les attentats contre les ambassades de Nairobi, au Kenya, et de Dar es-Salaam, en Tanzanie, en 1998.

Pardon pour Paris, New York, Madrid, Stockholm, Londres…”

Pardon aux familles des 21 coptes assassinés en Libye [février 2015]. Pardon pour la mort de 20 fidèles lors de la prière dans l’attentat du Pakistan. Pardon à la France, pays des Lumières. Que Dieu ait en sa miséricorde les âmes de ces Français fauchés en novembre 2015. Pardon aux Américains. Nous n’avons pas compris votre culture, alors nous l’avons infiltrée pour faire près de 3 000 morts lors des attentats du 11 septembre 2001. Pardon pour la mort de 39 touristes sur une plage tunisienne [à Sousse en 2015]. Pardon pour la mort des dizaines de fidèles dans une mosquée du Koweït [juin 2015]. Pardon pour l’assassinat des bonnes sœurs au Yémen [5 mars 2016], dont le seul tort était de soigner des personnes âgées.

Pardon à la Russie, pays d’art et de littérature, dont nous avons fait exploser un avion [31 octobre 2015]. Pardon au théâtre de Moscou où a eu lieu l’attaque de terroristes tchétchènes en 2002. Pardon pour les centaines de morts à Madrid en 2004. Pour les attentats de Stockholm en 2010. Pour ceux de Londres en 2005, pour ceux de Bulgarie, du Caire, d’Istanbul…

Des excuses à tous les Libanais, à toutes les victimes des crispations confessionnelles depuis des dizaines d’années. Pardon, cher Occident. Nous avons tué vos photographes, vos journalistes, vos orientalistes. Faut-il prolonger la liste ? Je pense que j’ai dépassé le nombre de signes autorisés. Et je sais aussi que je n’arriverai pas à énumérer la totalité de nos massacres.

Le chemin du paradis est maculé de sang. []

Nadine Al-Bdear

  • SOURCE : SHAFFAF Paris http://www.metransparent.com – “Transparence” est un site d’information arabe créé en 2006. Il publie des articles reflétant un point de vue libéral et propose également des rubriques en anglais et en français.

QUI EST COURRIER INTERNATIONAL ?

Courrier international appartient au même groupe que des publications aussi réputées que le quotidien Le Monde et le mensuel Le Monde diplomatique, publiés en France.

« Courrier international est un hebdomadaire d’actualité créé en novembre 1990 qui propose à ses lecteurs une sélection du meilleur de la presse étrangère, traduit en français. Le contenu du journal et de son site Internet proviennent de plus de 1 500 sources du monde entier : du mensuel américain Wired au quotidien chinois Huanqiu Shibao en passant par le pure player libanais Raseef22. Qu’il s’agisse de sites, journaux, blogs, à temporalité quotidienne, hebdomadaire ou mensuelle, Courrier international sélectionne des sujets politiques, économiques, sociétaux mais aussi culturels, en restant à l’affût des nouvelles tendances.

« Grâce à l’apport de « la plus grande rédaction du monde », Courrier international suit l’actualité française et étrangère, cherche à l’anticiper et offre à ses lecteurs, par la confrontation des points de vue, une ouverture pertinente sur la complexité et la diversité du monde.

(https://www.courrierinternational.com/page/qui-sommes-nous)

 


Sortir l’islam de l’impasse. Appel aux musulmans.

Le Monde des religions, http://www.lemondedesreligions.fr/chroniques/editorial/mauvaise-foi-07-01-2019-7704_161.php

La revue française LE MONDE DES RELIGIONS appartient au même groupe que le prestigieux quotidien français LE MONDE.

« Rédactrice en chef du magazine Le Monde des religions (groupe Le Monde), Virginie Larousse est spécialiste des religions, de la laïcité et de la spiritualité. Elle est diplômée de l’université Paris 4-Sorbonne et de l’École du Louvre. » (https://expertes.fr/expertes/67697-virginie-larousse).

Madame Larousse est l’auteure du livre La théologie chrétienne publié par les Éditions Garnier en 2013.

L’ÉDITO Mauvaise foi (extraits)

Virginie Larousse – publié le 07/01/2019

Il avait fui les talibans d’Afghanistan il y a une quinzaine d’années pour venir chercher une vie paisible en France. C’est pourtant sous les balles d’un islamiste que Kamal Naghchband est tombé lors de l’attentat de Strasbourg (…) Nous n’en avons pas encore terminé avec ce mal, cette mauvaise foi qui conduit certains individus à se prendre pour Dieu. Pour un Dieu vengeur et rageur, en l’occurrence.

(…) C’est précisément pour endiguer la diffusion d’idéologies religieuses violentes que le président Macron a annoncé vouloir réformer l’organisation de l’islam. (…) L’État ne peut dédiaboliser Dieu, extirper les pulsions meurtrières des fanatiques de cette « mauvaise foi » en un Dieu cruel et sanguinaire. Ce travail revient à tout un chacun – théologiens, philosophes, citoyens. Il revient surtout aux musulmans eux-mêmes.

J’ai la chance de côtoyer, au quotidien, des musulmans d’exception. Des musulmans ouverts à l’altérité, totalement acquis à la libre conscience, qui cultivent la beauté, l’intelligence sous toutes ses formes, qui donnent beaucoup d’eux-mêmes, avec courage, pour sortir l’islam de l’impasse. Lors d’un débat organisé au Monde en octobre dernier, l’écrivain Kamel Daoud avait eu ces mots à leur adresse. « L’espoir c’est vous, ici [en Europe, ndlr]. Si vous réussissez à humaniser, à universaliser, à relativiser une pratique, une approche du texte, vous pouvez être en Occident les vecteurs d’un possible changement, d’une réforme de l’autre côté [de la Méditerranée]. Vous serez l’incarnation de cette possibilité. Mais si vous échouez ici, la catastrophe sera immense de l’autre côté. » À l’aube de 2019, osons espérer, mais surtout oeuvrer, pour que la lumière parvienne à percer l’obscurité.

La tragédie occultée des chrétiens en pays musulmans

La tragédie occultée

des chrétiens

en pays musulmans

Par Jean Mohsen Fahmy, 2010

Jean Mohsen Fahmy est l’auteur de Chrétiens d’Orient : le courage et la foi, essai, Médiaspaul, Montréal, 2015, 192 pages. Il est né au Caire, en Égypte, en 1942, il habite aujourd’hui en Ontario. Il a obtenu une licence en lettres de l’Université du Caire, un brevet en psychopédagogie de l’Université du Québec à Montréal, une maîtrise en lettres françaises de l’Université de Montréal et un doctorat en littérature et linguistique de l’Université McGill.

Sources :

1. Association des auteures et des auteurs de l’Ontario français (AAOF), https://aaof.ca/membres/repertoire/jean-mohsen-fahmy/

2. VLB Éditeur, http://www.edvlb.com/jean-mohsen-fahmy/auteur/fahm1000



Le Devoir (quotidien de Montréal), https://www.ledevoir.com/opinion/idees/285020/la-tragedie-occultee-des-chretiens-en-pays-musulmans

La tragédie occultée des chrétiens en pays musulmans

Jean Mohsen Fahmy – Écrivain 16 mars 2010

Au cours des derniers mois, un certain nombre d’incidents survenus dans des pays à majorité musulmane ont retenu l’attention. Rappelons certains d’entre eux:

– En août 2009, sept membres d’une famille chrétienne pakistanaise — dont deux jeunes enfants — sont enfermés par des islamistes dans leur maison et brûlés vifs.

– Le 6 janvier 2010, des chrétiens coptes égyptiens, sortant de la messe de minuit de Noël dans la ville de Nagaa Hamadi, sont mitraillés par des islamistes circulant en voiture. Bilan: six morts.

– Le 23 février dernier, dans la ville de Mossoul, au nord de l’Irak, un commando islamiste fait irruption dans la maison d’une famille chrétienne irakienne et tue le père et ses deux fils, sous les yeux horrifiés de sa femme et de sa fille. Ce massacre couronnait une semaine où huit chrétiens de cette ville avaient été assassinés.

Traitement des chrétiens

Cette sinistre litanie peut être poursuivie à l’infini. Si l’on élargit la zone d’investigation et si l’on recule de quelques décennies, le portrait se précise et s’étoffe: partout, des islamistes s’attaquent aux chrétiens, dont l’écrasante majorité est autochtone. En Algérie, sept moines trappistes, vivant dans le désert, ont été froidement assassinés à Tibhirine. En Égypte, les Coptes sont régulièrement mitraillés, leurs maisons et leurs commerces brûlés, leurs filles kidnappées et mariées de force à des musulmans.

Des musulmans égyptiens, convertis au christianisme, sont menacés de mort et dépouillés par l’État de tout statut légal. En Palestine et Israël, les chrétiens arabes sont laminés entre l’extrémisme musulman et l’extrémisme juif. Ils représentaient 25 % de la population au début du siècle dernier, ils n’en représentent plus que 2 % aujourd’hui.

Au Liban, 40 % des chrétiens ont quitté le pays. En Irak, 400 000 chrétiens irakiens (sur un million) ont dû fuir le pays à la suite des menaces et des assassinats (dont ceux de certains évêques et de nombreux prêtres) et végètent dans des camps de réfugiés. Au Pakistan, une «Loi du Blasphème» inique permet de condamner à tour de bras des membres de l’infime minorité chrétienne pakistanaise. En Malaisie, une loi récente durcit le traitement des chrétiens.

Indifférence

Le plus tragique dans tout cela est que cette persécution se fait dans la passivité presque totale des gouvernements de ces pays et dans l’indifférence ennuyée de la grande majorité des musulmans de ces pays — ou avec l’approbation active de certains d’entre eux.

Une conclusion s’impose, qui a d’ailleurs été déjà tirée par de nombreux observateurs: un rejet des chrétiens, quelquefois subtil, d’autres fois violent, est en train de s’opérer dans le monde musulman. On y accepte de plus en plus difficilement la présence de ceux que l’on juge «infidèles», même si ce sont des citoyens à plein titre, même si leurs communautés sont enracinées dans ces terres depuis des millénaires.

Pourquoi ce drame est-il ignoré, et pourquoi devrait-il nous intéresser, ici au Québec, ici au Canada? Pour plusieurs raisons:

a) Le silence général des médias (surtout anglophones) et de l’opinion publique sur cette tragédie est assourdissant. Si un traitement pareil était réservé à tout autre groupe religieux, juif, musulman, bouddhiste, on s’en émouvrait, on le dénoncerait — et à juste titre, car toute atteinte aux droits humains est intolérable. Mais on semble perplexe quand il s’agit de chrétiens, surtout de chrétiens aussi exotiques que des chrétiens «coptes» ou «irakiens» ou «arabes» ou «pakistanais».

b) Partout en Occident, et très particulièrement au Québec, on trouve incongru de parler de persécution des chrétiens. Pour certains milieux québécois, dès qu’on dit le mot «chrétien», on évoque des images négatives, on rappelle une Église qui a longtemps été puissante, on a presque une réaction allergique. On a une extrême difficulté à imaginer des chrétiens en situation minoritaire, menacés, frappés d’ostracisme, persécutés. On ignore donc le problème.

c) Nos concitoyens musulmans, qui demandent, à juste titre, le respect de tous leurs droits de citoyens canadiens, n’auraient-ils pas un message à transmettre à ceux des leurs qui sont restés dans leurs pays d’origine? N’auraient-ils pas un rôle à jouer pour que cesse cette tragédie?

Nettoyage religieux

Si l’on est un défenseur des droits de la personne, la tragédie des chrétiens dans les pays à majorité musulmane, pour peu spectaculaire, ou plutôt, pour peu médiatisée qu’elle soit, est aussi digne d’intérêt et de compassion que celle des minorités opprimées ailleurs.

Si, enfin, l’on souhaite que la paix règne dans le monde, si l’on veut éviter la confrontation entre blocs religieux ou entre les «civilisations» dont l’Américain Samuel Huntington s’est fait le théoricien, on voudra voir les gens de différentes confessions coexister pacifiquement, et l’on refusera la logique de ségrégation et d’homogénéité religieuse qui ne peut que nous ramener aux pires aberrations de l’histoire.

Notre temps a inventé l’expression «nettoyage ethnique». Un «nettoyage religieux» qui s’étend dans l’étouffante et insidieuse durée, qui se réalise grâce à un impitoyable laminage quotidien, avec de soudaines flambées de violence meurtrière, n’est ni moins terrible ni moins condamnable.

Jean Mohsen Fahmy – Écrivain

Le Tremplin, Centre pour personnes immigrantes et leurs familles, expulse le corps de l’un de ses membres. Pourquoi? Lettre au président du CA.

Lévis, le 27 novembre 2019

Monsieur Elhadjid Mamadou Diarra, président, Conseil d’administration

Le Tremplin, Centre pour personnes immigrantes et leurs familles

52, côte du Passage, Lévis (Québec)

Monsieur,

J’ai été mis à la porte de votre Tremplin, Centre pour personnes immigrantes et leurs familles. Qui, au juste, a pris cette décision? Vous et M. Guillaume Boivin, directeur ou coordonnateur du Tremplin ? Vous seul, Monsieur Diarra ? Vous et le conseil d’administration de votre Tremplin que vous présidiez avant 2017, en 2017, en 2018, et présidez toujours ? A qui avez-vous fait savoir, Monsieur Diarra, que mon corps avait été expulsé de votre Tremplin ? À qui ? Pour le savoir, j’ai fouillé dans le web; j’ai consulté des procès-verbaux et des rapports annuels de votre Tremplin; je n’ai pas vu un seul mot sur mon expulsion, pas un ! Votre conseil d’administration doit bien créer des documents, des procès-verbaux de ses réunions, par exemple; y en a-t-il un qui parle de l’expulsion de mon corps de votre Tremplin, Monsieur Diarra ? Envoyez-moi donc les documents de votre Tremplin qui ont trait à la décision d’expulser mon corps de votre Tremplin, s’il en existe. Il ne serait pas normal qu’il n’en existe pas !

Je publierai la présente et votre réponse au www.lepasseurdelacote.com. Si vous ne me répondez pas, je le ferai savoir au même endroit.

J’aimerais aussi faire savoir à tout le monde pour quelle raison votre Tremplin, Monsieur Diarra, a expulsé mon corps. Dites-moi par écrit quelle est cette raison (je vous demande de bien vouloir utiliser le service Courrier recommandé de Postes Canada). (Bien sûr, je connais la raison de mon expulsion; mais il me faut vous entendre la donner.)

Bien à vous,

Roger Martel, citoyen de Lévis

P-S. Votre Tremplin a expulsé mon corps. Mon esprit ne l’a pas quitté.

Le Tremplin, Centre pour personnes immigrantes et leurs familles, jette un voile sur un certain éloge de la charia

Le Tremplin, Centre pour personnes immigrantes et leurs familles, jette un voile sur un certain éloge de la charia prononcé pendant l’une de ses activités

Lévis, le 21 novembre 2019

Monsieur Elhadjid Mamadou Diarra, président, Conseil d’administration

Le Tremplin, Centre pour personnes immigrantes et leurs familles

52, côte du Passage, Lévis

Monsieur,

Dans le site web de votre Tremplin, vous avez publié en 2017 des petits textes relatifs à la « soirée d’échanges » organisée par le Tremplin et la Mosquée de Lévis (et son imam, M. Karim Elabed), soirée tenue en mai 2017. Au cours de cette soirée publique, l’imam de Lévis a fait l’éloge de la charia, ce qui a amené des personnes présentes dans l’auditoire à apprendre à M. Elabed que le Canada et le Québec sont des sociétés laïques et qu’il ne saurait être question qu’une loi dite divine soit mise en œuvre chez elles, ne serait-ce que pour une partie de la population.

Le Journal de Lévis a publié un article sur la « soirée d’échanges; voici un extrait de cet article :

Pourriez-vous dire aux gens de Lévis pourquoi votre Tremplin a choisi de ne pas joindre aux petits arti

cles qu’il a publiés sur la « soirée d’échanges » un texte sur le clou de ladite soirée : l’éloge de la charia par l’imam de Lévis.

Je répète :

Pourriez-vous dire aux gens de Lévis pourquoi votre Tremplin a choisi de ne pas joindre aux petits articles qu’il a publiés sur la « soirée d’échanges » un texte sur le clou de ladite soirée : l’éloge de la charia par l’imam de Lévis.

Il serait bon que vous répondiez pour éviter que des personnes croient que vous avez voulu cacher quelque chose aux Lévisiennes et aux Lévisiens, aux autres Canadiens et Québécois qui vous donnent de l’argent à titre de contribuables, et à vos fournisseurs d’argent (la Ville de Lévis, par exemple).

Bien à vous,

Roger Martel

M. l’archevêque G.-C. Lacroix, les chrétiens et les musulmans sont-ils « très proches » ?

Lévis, le 15 novembre 2019

Monsieur Gérald Cyprien Lacroix, archevêque

Archidiocèse catholique de Québec

1073, boulevard René-Lévesque Ouest

Québec (Québec), G1S 4R5

Monsieur,

J’attends toujours la réponse aux communications que je vous ai envoyées en 2018 au sujet de la conférence prononcée le 18 mars 2018 au Montmartre, Centre de culture et de foi (ce Centre est un bien de l’Église catholique) par M. Mohamed Labidi (alors président du Centre culturel islamique de Québec). Monseigneur Pelchat, votre collaborateur, m’a bien appelé, mais j’ai eu l’impression qu’il ne visait qu’à noyer le poisson.

Le message principal de M. Mohamed Labidi était celui-ci : les musulmans et les catholiques sont « très proches ». On peut en conclure que les catholiques pourraient facilement passer du christianisme à l’islam (mais les musulmanes et les musulmans… le Coran, œuvre de Dieu selon Mahomet et ses compagnons, leur interdit de renoncer à leur religion, donc pas question pour eux de porter l’habit catholique…). Diriez-vous, vous, M. Lacroix, que les catholiques et les musulmans sont « très proches » (malgré le fait que l’Arabie saoudite interdit la construction d’églises sur son territoire, malgré le fait que … etc.)?

La location d’une salle du Montmartre a coûté combien de dollars à M. Mohamed Labidi ou au Centre culturel islamique de Québec (qui gère la Grande Mosquée de Québec et la Mosquée Annour)?

Je publierai la présente et votre réponse (si vous me répondez) au www.lepasseurdelacote.com.

Je vous prie, Monsieur, d’agréer l’expression de mes sentiments les meilleurs.

Roger Martel, citoyen de Lévis

Membre de l’Ordre des traducteurs, terminologues et interprètes agréés du Québec (OTTIAQ) de 1981 à 2007. Ancien employé du Bureau de la traduction du Gouvernement du Canada. Principal artisan (bénévole) de la publication de huit numéros de la revue trimestrielle de la Société d’histoire régionale de Lévis (2006-2008). Pendant douze ans (1986-1998), principal artisan (bénévole), après les élèves, du journal de l’école primaire Saint-Dominique de Lévis en qualité de père d’élèves, puis de parent d’anciens élèves. Membre fondateur de la Société québécoise d’histoire de la pharmacie. Travailleur bénévole au Tremplin Centre pour personnes immigrantes et leurs familles depuis 2013. Libre d’antécédents judiciaires.


COMMUNICATIONS TRANSMISES AVANT NOVEMBRE 2019

Lévis, le 21 décembre 2018

Monsieur Gérald Cyprien Lacroix, archevêque

Archidiocèse catholique de Québec

1073, boulevard René-Lévesque Ouest

Québec (Québec), G1S 4R5

Monsieur,

Le 2 octobre 2018, je vous ai écrit (mon courriel est reproduit ci-dessous). Je pense qu’il serait important que vous me répondiez pour la raison suivante : des faits permettent de penser qu’il est vraisemblable que l’église catholique de Québec ait contribué à propager l’islam quand elle a ouvert les portes de son Montmartre, Centre de culture et de foi, le 18 mars 2018, afin que M. Mohamed Labidi (alors président du Centre culturel islamique de Québec) y prononce une conférence destinée en particulier, selon le conférencier lui-même, à démontrer que les musulmans et les catholiques sont « très proches », ce qui est faux comme une autre partie du présent envoi le démontre [selon le journaliste Philippe Vaillancourt, M. Labidi a déclaré à son auditoire : « Vous allez voir que nous sommes très proches » (http://presence-info.ca/article/pour-une-relance-du-dialogue-islamo-chretien-a-quebec].

Vous savez, Monsieur Lacroix, que l’islam proclame être la meilleure religion, vous avez lu ce que dit la Déclaration Islamique des Droits de l’Homme :

« … la Communauté islamique (oummah), la meilleure communauté que Dieu ait créée et qui a donné à l’humanité une civilisation universelle équilibrée, alliant la vie présente à l’au-delà, et la connaissance à la foi, et réaffirmant le rôle espéré que cette communauté devrait jouer aujourd’hui pour guider l’humanité plongée dans la confusion à cause de croyances et d’idéologies différentes et antagonistes, et pour apporter des solutions aux problèmes chroniques de cette civilisation matérialiste. » (La Déclaration Islamique des Droits de l’Homme Suivie de leurs spécificités dans la Charia Islamique, https://www.humanrights.ch/fr/droits-humains-internationaux/regionaux/arabe/ consulté le 18 mai 2018)

Dans le Coran (48, 28), vous avez lu, Monsieur Lacroix, que l’islam vise à devenir, doit devenir la religion dominante partout :

« C’est lui [Dieu] qui a envoyé son Prophète [Mahomet]

avec la Direction et la Religion vraie

pour la faire prévaloir sur toute autre religion. »

(Le Coran, traduction de Denise Masson, Folio Classique, tome II, p. 638)

Prétendre au Montmartre que les musulmans et les catholiques sont « très proches », c’est faire de la propagande, c’est chercher à propager l’islam, à faire accroire aux catholiques (en particulier à ceux qui, malheureusement, sont crédules ou ne connaissent pas ou très peu l’islam) qu’il n’y a presque pas de barrières à franchir pour passer du catholicisme à l’islam.

L’imam qui fait l’éloge au Québec de la charia (ou loi islamique) devant un auditoire composé principalement de catholiques ou de personnes ayant grandi dans une famille catholique, fait de la propagande (l’iman en question est celui de Lévis, M. Karim Elabed; il a prononcé son éloge le 18 mai 2017 au Patro, dans une chapelle dépouillée de son caractère sacré). [Des penseurs musulmans rejettent la charia. C’est le cas du célèbre islamologue, historien et professeur Mohamed Talbi : « Il n’y a que le Coran qui m’oblige », écrivait-il dans Penseur libre en islam (Albin Michel, 2002). « Je ne crois qu’au Coran et pas à la charia », déclarait-il à [la revue] Jeune Afrique en 2015. Le premier est l’œuvre de Dieu, la seconde n’est qu’une « production humaine » qui « n’a rien à voir avec l’islam » et dont les musulmans « doivent se délivrer », affirmait-il au Monde dès 2006. » [Le Monde, quotidien français] (https://www.lemonde.fr/afrique/article/2017/05/05/mohamed-talbi-l-eclaireur-du-coran_5123219_3212.html)

À mon avis, il est essentiel que vous disiez aux personnes qui habitent dans votre archidiocèse si l’idée du Montmartre de présenter la conférence de M. Mohamed Labidi était bonne, ou si le Montmartre a fait un faux pas.

La présente et votre réponse (si me me répondez) seront publiées au www.lepasseurdelacote.com.

L’appel téléphonique de M. Marc Pelchat, évêque auxiliaire à Québec, n’a pas répondu à ma question principale.

Je vous prie, Monsieur, d’agréer l’expression de mes sentiments les meilleurs.

Roger Martel

www.lepasseurdelacote.com

Membre de l’Ordre des traducteurs, terminologues et interprètes agréés du Québec (OTTIAQ) de 1981 à 2007. Ancien employé du Bureau de la traduction du Gouvernement du Canada. Principal artisan (bénévole) de la publication de huit numéros de la revue trimestrielle de la Société d’histoire régionale de Lévis (2006-2008). Pendant douze ans (1986-1998), principal artisan (bénévole), après les élèves, du journal de l’école primaire Saint-Dominique de Lévis en qualité de père d’élèves, puis de parent d’anciens élèves. Membre fondateur de la Société québécoise d’histoire de la pharmacie. Travailleur bénévole au Tremplin Centre pour personnes immigrantes et leurs familles de 2013 à 2018. Libre d’antécédents judiciaires.

P.-S. Est-ce le Montmartre, Centre de culture et de foi qui a invité M. Mohamed Labidi ou le Centre culturel islamique de Québec à prononcer une conférence chez lui, ou est-ce M. Mohamed Labidi ou le Centre culturel islamique de Québec qui a pris l’initiative de louer une salle au Montmartre?


Lévis, le 2 octobre 2018

Monsieur Gérald Cyprien Lacroix, archevêque

Archidiocèse catholique de Québec

1073, boulevard René-Lévesque Ouest

Québec (Québec) G1S 4R5

Téléphone : 418 688-1211- Télécopieur : 418 688-1399 – Courriel : info@ecdq.org

Monsieur,

Le 10 septembre 2018, j’ai écrit au Montmartre, Centre de culture et de foi, qui est un élément de l’Église catholique de Québec, au sujet de la conférence prononcée au Montmartre le 18 mars 2018 par le président du Centre culturel islamique de Québec, M. Mohamed Labidi (mon courriel était adressé à M. Édouard Shatov). Le 12 septembre 2018, M. Marcel Poirier, supérieur provincial des Augustins de l’Assomption de l’Amérique du Nord, a accusé réception de mon courriel. Le 12 septembre 2018, j’ai demandé à M. Poirier si son accusé  de réception était la réponse du Montmartre à mon courriel? M. Poirier ne m’a pas répondu.

Vous trouverez ci-jointes les communications mentionnées ci-dessus.

Je vous demanderais de bien vouloir réagir aux courriels que j’ai envoyés à MM. Shatov et Poirier, ainsi qu’à la réponse de M. Poirier. Mon petit doigt me dit que vous ne ferez pas comme le supérieur provincial des Augustins de l’Assomption de l’Amérique du Nord : traiter ma demande comme une pub de McDo.

[…]

Être xénophobe n’est pas bien. Être islamophobe n’est pas bien. Il est bien de faire obstacle à la mauvaise foi, au mensonge, à l’hypocrisie, à la tromperie, à la dissimulation.

Je vous prie, Monsieur, d’agréer l’expression de mes sentiments les meilleurs.

Roger Martel

Membre de l’Ordre des traducteurs, terminologues et interprètes agréés du Québec (OTTIAQ) de 1981 à 2007. Ancien employé du Bureau de la traduction du Gouvernement du Canada. Principal artisan (bénévole) de la publication de huit numéros de la revue trimestrielle de la Société d’histoire régionale de Lévis (2006-2008). Pendant douze ans (1986-1998), principal artisan (bénévole), après les élèves, du journal de l’école primaire Saint-Dominique de Lévis en qualité de père d’élèves, puis de parent d’anciens élèves. Membre fondateur de la Société québécoise d’histoire de la pharmacie. Travailleur bénévole au Tremplin Centre pour personnes immigrantes et leurs familles depuis 2013. Libre d’antécédents judiciaires.

P.-S. La présente sera publiée au www.lepasseurdelacote.com, de même que la réponse que le destinataire voudra bien lui donner.


Lévis, le 10 septembre 2018

Père Édouard Shatov

Le Montmartre, Centre de culture et de foi

1679, chemin St-Louis, Québec (Québec), G1S 1G5

culture-foi@lemontmartre.ca

Monsieur,

Auriez-vous l’amabilité de transmettre la présente à la direction du Montmartre?

Le 18 mars 2018, Monsieur Mohamed Labidi, président du Centre culturel islamique de Québec, a prononcé une conférence au Montmartre canadien. Selon le journaliste Philippe Vaillancourt, M. Labidi a dit à son auditoire : « Vous allez voir que nous sommes très proches » (le pronom nous désigne ici les musulmans et les chrétiens). (http://presence-info.ca/article/pour-une-relance-du-dialogue-islamo-chretien-a-quebec)

Avant d’accepter que M. Labidi s’adresse à des chrétiens et peut-être aussi à des non-chrétiens dans son enceinte, le Montmartre s’était-il assuré que M. Labidi avait les qualités requises pour traiter du sujet qu’il semble avoir choisi lui-même : la similitude, réelle ou non, entre les musulmans et les chrétiens. Pour parler d’un tel sujet, je suppose qu’il faut avoir de bonnes connaissances en théologie chrétienne et en théologie musulmane. M. Labidi en a-t-il? M. Labidi est présenté comme un homme d’affaires qui aurait été aussi fonctionnaire (on ne sait pas quel poste il occupait, quel métier il exerçait dans la fonction publique).

Dans l’auditoire de M. Labidi, y avait-il une ou plusieurs personnes en mesure de discuter de la question de la similitude, réelle ou non, entre les musulmans et les chrétiens? Ces personnes ont-elles pu interroger, dialoguer avec M. Labidi? Quelle formation avaient-elles?

Le Montmartre a-t-il écrit et publié un compte rendu de la conférence de M. Labidi?

Le Montmartre loue des salles. M. Labidi ou le Centre culturel islamique de Québec, présidé par M. Labidi, aurait-il loué une salle au Montmartre pour traiter de la similitude, réelle ou non, entre les musulmans et les chrétiens?

Je demanderais à la direction du Montmartre de lire le texte reproduit ci-dessous, que j’ai écrit et publié au http://www.lepasseurdelacote.

Je vous remercie de votre aide, M. Shatov, et vous prie d’agréer l’expression de mes sentiments les meilleurs.

Roger Martel, citoyen de Lévis

Membre de la Société des traducteurs, terminologues et interprètes agréés du Québec (OTTIAQ) de 1981 à 2007. Ancien employé du Bureau de la traduction du Gouvernement du Canada. Principal artisan de la publication de huit numéros de la revue trimestrielle de la Société d’histoire régionale de Lévis (2006-2008). Pendant douze ans (1986-1998), principal artisan, après les élèves, du journal de l’école primaire Saint-Dominique de Lévis en qualité de père d’élèves, puis de parent d’anciens élèves. Membre fondateur de la Société québécoise d’histoire de la pharmacie.


Réponse de M. Marcel Poirier reçue par Roger Martel le 12 septembre 2018

Monsieur Martel,

Nous accusons réception du document que vous avez envoyé au P. Édouard Shatov le 10 septembre dernier.

 Bonne journée !

 Marcel Poirier, a.a.

Montmartre

 

Réponse de Roger Martel au courriel de M. Marcel Poirier daté du 12 septembre 2018

Bonjour, Monsieur Poirier.

L’accusé  de réception du Montmartre est-il sa réponse à mon courriel?

Bonne journée.

Roger Martel

M. MARCEL POIRIER N’A PAS RÉPONDU À CE COURRIEL.


LETTRE À M. MOHAMED LABIDI, PRÉSIDENT

CENTRE CULTUREL ISLAMIQUE DE QUÉBEC

Introduction

Depuis 2017, le spectacle La Perle est présenté aux Émirats arabes unis, à Dubai. Une soixantaine d’artistes provenant de plus de vingt pays y déploient leurs talents. Chacun a son bagage culturel; un certain nombre pratiquent une religion : islam, catholicisme… d’autres sont incroyants; dans les coulisses, on parle plusieurs langues. Leur spectacle est magnifique, dit-on. Leurs différences les ont-ils empêché de le créer? Non. Ensemble, ne forment-ils pas un instrument dont la justesse est bien réglée? On nous dit que oui. Plusieurs fois par semaine, ne parviennent-ils pas à ravir les spectatrices et les spectateurs? On nous dit que oui. La grande Terre des humains, immensément riche de beautés créées par ses habitants, pourrait être une plus belle scène, vous en conviendrez; les humains pourraient y jouer un plus beau spectacle, vous en conviendrez. Ces temps-ci, je parle de religions, surtout de l’islam et du christianisme; c’est parce que je compte sur les filles, c’est parce que je compte sur les gars, comme a dit le poète Paul Fort (Si tous les gars du monde, poème).

Roger Martel, citoyen de Lévis (Québec), août 2018

Lévis, le 30 août 2018

Monsieur Mohamed Labidi, président

Centre culturel islamique de Québec, Québec

Monsieur,

Le 18 mars 2018, vous avez prononcé une conférence au Montmartre canadien, propriété du Diocèse catholique de Québec que dirige le cardinal Gérald Cyprien Lacroix. Vous avez dit à votre auditoire : « Vous allez voir que nous sommes très proches » (le pronom nous désigne ici les musulmans et les chrétiens). (Philippe Vaillancourt, journaliste, http://presence-info.ca/article/pour-une-relance-du-dialogue-islamo-chretien-a-quebec)

Je ne comprends pas, pour une, deux ou trois raisons, comment vous pouvez affirmer que les musulmans et les chrétiens sont très proches. Je ne comprends pas que vous puissiez affirmer que les musulmans et les chrétiens sont très proches quand le Centre que vous présidez affirme que Jésus n’était pas le fils de Dieu, que Jésus n’a pas été crucifié, que Jésus est monté vivant au ciel et que Judas Iscariote a été crucifié à sa place (Le Vatican en panique…, http://cciq.org/2014/05/22/le-vatican-en-panique-levangile-de-barnabe-annoncait-la-venue-de-mohammed-monotheisme-tolerant/). Avez-vous dit aux chrétiennes et aux chrétiens venus vous entendre au Montmartre canadien que le Centre que vous présidez soutient que Jésus n’était pas le fils de Dieu, que Jésus n’a pas été crucifié, que Jésus est monté vivant au ciel et que Judas Iscariote a été crucifié à sa place? Leur avez-vous dit que l’apôtre Paul est un imposteur selon la « bible » que l’on dit avoir été trouvée en Turquie et dont parle le Centre dans son texte Le Vatican en panique? Si Paul est un imposteur, l’Église abuse-t-elle autrui par des mensonges, de fausses promesses (voyez la définition du mot imposteur)?

AFFIRMER QUE JÉSUS N’A PAS ÉTÉ CRUCIFIÉ ET QU’IL EST MONTÉ VIVANT AU CIEL, DONC QU’IL N’A JAMAIS RESSUSCITÉ, CE N’EST PAS BANAL, OH QUE NON  : « LA RÉSURRECTION DU CHRIST EST AU CŒUR DE LA FOI CHRÉTIENNE. SANS RÉSURRECTION, DIT SAINT PAUL (1 CO 15, 17), LA FOI EST VAINE : RIEN DU CHRISTIANISME N’EXISTERAIT. »

(Théo, L’encyclopédie catholique pour tous, Paris, Éditions Droguet-Ardant\Fayard, dépôt légal mai 1993, imprimatur Paris le 6 février 1989, M. Vidal, vicaire épiscopal, p. 678)

Je ne comprends pas comment vous pouvez affirmer que les musulmans et les chrétiens sont très proches parce que : « Les pierres d’achoppement entre la religion musulmane et la religion catholique sont nombreuses. Qu’il s’agisse de la personne de Jésus, du dogme de La  Trinité, du concept de Révélation, de la liberté religieuse, de la prière, du statut de la femme etc. À la racine de toutes ces divergences, un rapport différent à nos « Écritures » respectives. » (Alain Feuvrier, jésuite et spécialiste de l’islam, Quelles différences entre l’islam et le christianisme? https://croire.la-croix.com/Definitions/Lexique/Islam/Quelles-differences-entre-l-islam-et-le-christianisme, 13 janvier 2015)

Je ne comprends pas, Monsieur Labidi, comment vous pouvez affirmer que les musulmans et les chrétiens sont très proches parce que : (François Jourdan, islamologue et théologien eudiste, est l’auteur de Islam et Christianisme, comprendre les différences de fond publié en 2015; il répond ici à cette question de la journaliste Eléonore de Vulpillières : « Une fois que le concile Vatican II a « ouvert les portes de l’altérité et du dialogue », écrivez-vous « on s’est installé dans le dialogue superficiel, le dialogue de salon, faussement consensuel ». Comment se manifeste ce consensualisme sur l’islam? ») (Réponse  de F. Jourdan 🙂 « Par l’ignorance, ou par les connaissances vues de loin et à bon compte: c’est la facilité. Alors on fait accréditer que l’islam est « abrahamique », que « nous avons la même foi », que nous sommes les religions « du Livre », et que nous avons le « même » Dieu, que l’on peut prier avec les « mêmes » mots, que le chrétien lui aussi doit reconnaître que Muhammad est « prophète » et au sens fort « comme les prophètes bibliques » et que le Coran est « révélé » pour lui au sens fort « comme la Bible » alors qu’il [le Coran] fait pourtant tomber 4/5e de la doctrine chrétienne… Et nous nous découvrons, par ce forcing déshonnête, que « nous avons beaucoup de points communs »! C’est indéfendable. » (Islam et christianisme : les impasses du dialogue interreligieux, http://www.lefigaro.fr/vox/religion/2016/01/22/31004-20160122ARTFIG00344-islam-et-christianisme-les-impasses-du-dialogue-interreligieux.php, 22/01/2016)

Je ne comprends pas comment vous pouvez affirmer que les musulmans et les chrétiens sont très proches parce que : « la charia est coranique, et l’islam doit supplanter toutes les autres religions (Coran 48,28; 3,19.85; et 2,286 récité dans les jardins du Vatican devant le Pape François et Shimon Pérès en juin 2014). D’ailleurs Boumédienne (président de l’Algérie (1932-1978), « il instaure un régime militaire qui provoque une opposition interne, réduite au silence (1967-1968) », écrit Larousse,) Kadhafi (Homme d’État libyen, 1942-2011) et Erdogan (homme d’état turc né en 1954), l’ont déclaré sans ambages ». (François Jourdan, islamologue et théologien eudiste, cité par la journaliste Eléonore de Vulpillières, http://www.lefigaro.fr/vox/religion/2016/01/22/31004-20160122ARTFIG00344-islam-et-christianisme-les-impasses-du-dialogue-interreligieux.ph,p, 22/01/2016)

Je ne comprends pas comment vous pouvez affirmer que les musulmans et les chrétiens sont très proches parce que : « L’un des plus douloureux malentendus concerne […] la personne de Jésus. Musulmans et chrétiens le revendiquent. Mais peut-on affirmer qu’il s’agit de la même personne ? En islam, Jésus (Aïssa) est l’un des nombreux prophètes musulmans envoyés par Dieu pour rappeler le pacte primordial entre Dieu et sa création. À l’instar des nombreux prophètes musulmans des temps passés (Adam, Abraham, Noé, Moïse etc.), Jésus (Aïssa) est lui aussi un grand prophète musulman, mais juste en dessous de Mohammed. Comme ce dernier, Jésus est prophète-envoyé : il a apporté un livre, l’Évangile (al-Indjîl), dont les chrétiens se réclament, mais qu’ils ont falsifié ; cette terrible accusation induit que, pour connaître l’authentique figure de Jésus, on doit recourir au Coran, seule révélation crédible. » (Alain Feuvrier, 13 janvier 2015)

Je ne comprends pas, Monsieur Labidi, comment vous pouvez affirmer que les musulmans et les chrétiens sont très proches parce que : « Enfin, le malentendu est redoublé puisque le Coran est, pour tout musulman, l’ultime Écriture donnée à Mohammed, sceau de toute prophétie. Or, il est impossible aux chrétiens de reconnaître Mohammed comme prophète, ni même comme l’exemple de toute fidélité à Dieu. Tout au plus peuvent-ils le voir comme un personnage des premiers âges de l’Ancien Testament, avant que la parole de Dieu n’ait policé les mœurs. Sur ce point, la distance entre chrétiens et musulmans est immense. Quant à Jésus, il est, entre chrétiens et musulmans, à la fois un lien très fort et « comme une pomme de discorde », écrit le penseur musulman Mohammed Talbi, qui poursuit : « L’islam le revendique et le glorifie. Mais, de ce fait, corollaire inévitable, Jésus est aussi un point focal des divergences qui opposent chrétiens et musulmans. Honnêtement, reconnaissons que nos divergences sont insurmontables. » (Alain Feuvrier, 13 janvier 2015)

Je ne comprends pas comment vous pouvez affirmer que les musulmans et les chrétiens sont très proches parce que : « De cette relation radicalement (au sens de « racine ») différente à leurs Écritures respectives découle, entre chrétiens et musulmans, le malentendu concernant le dogme chrétien de la Trinité. […] Ne nous arrêtons pas aux polémiques, bien présentes dans le Coran, concernant la « triade » chrétienne (un dieu « père », un dieu « fils » et Marie) (Coran 5, 116). Force est de constater que c’est là un point d’achoppement majeur. Les musulmans s’estiment en effet les seuls monothéistes authentiques. Puisque le Coran interdit formellement d’« associer » à Dieu d’autres dieux, les chrétiens sont taxés, en toute bonne foi, de polythéistes. Et le polythéisme est, en islam, le seul péché impardonnable ! » (Alain Feuvrier, 13 janvier 2015)

Je ne comprends pas comment vous pouvez affirmer que les musulmans et les chrétiens sont très proches parce que : « Pour les musulmans : Dieu ne peut pas être un en trois personnes (mystère chrétien de la Trinité). Par conséquent, Jésus ne peut pas être Dieu (mystère chrétien de l’Incarnation). Mais il est Verbe de Dieu, né de la Vierge Marie, Messie. Il n’est pas mort, on lui a substitué un sosie, il reviendra à la fin des temps. Dès lors, pas de salut en Jésus-Christ (mystère chrétien de la Rédemption); la notion de faute universelle et donc de Rédemption est d’ailleurs étrangère à l’islam; chacun sera jugé par Dieu selon ses oeuvres. Le Coran est l’expression définitive de la Révélation, la « récapitulation » et le « sceau » de toute prophétie; la Torah de Moïse  et l’Évangile de Jésus ne sont que l’expression de Révélations partielles, par surcroît déformées par les juifs et les chrétiens. » (Théo, L’Encyclopédie catholique pour tous, Paris, Éditions Droguet/Ardant, © 1992, Imprimatur Paris le 6 février 1989, p. 142)

Je ne comprends pas comment vous pouvez affirmer que les musulmans et les chrétiens sont très proches. Je ne comprends pas parce « c’est […] avec la chrétienté latine, sous l’égide de Rome, que l’islam aura eu ses démêlés les plus durs et, hélas, les plus sanglants. » (Youakim Moubarac, Islam et arabité. Le dialogue islamo-chrétien. Les questions que le catholicisme se pose au sujet de l’islam*, http://youakimmoubarac.org/textes/12_-_YM_-_Les_questions_que_le_catholicisme_se_pose_au_sujet_de_l%27islam%5B,%20dossier%20h,%20p%20221.pdf – Y. Moubarac était un prêtre maronite libanais; il a écrit Les Musulmans : consultation islamo-chrétienne, paru en 1971)

Je ne comprends pas comment vous pouvez affirmer que les musulmans et les chrétiens sont très proches parce que : « L’islam peut être […] considéré comme la plus grande tourmente qui se soit jamais abattue sur l’histoire de l’Église. » (Youakim Moubarac, La Pentalogie islamo-chrétienne, T. III, L’islam et le dialogue islamo-chrétien, Beyrouth, Cénacle libanais, 1972-73)

Je ne comprends pas, Monsieur Labidi, comment vous pouvez affirmer que les musulmans et les chrétiens sont très proches parce que : « Nigeria : montée des tensions entre chrétiens et musulmans. Après des attentats qui ont visé les chrétiens le soir de Noël et qui ont fait 50 morts, les tensions au Nigeria entre chrétiens et musulmans semblent plus fortes que jamais. En ce mardi 3 janvier, les islamistes de la secte Boko Haram viennent d’ailleurs de poser un ultimatum aux chrétiens du nord du pays. Analyse de la situation avec Daniel Bach, directeur de recherche au CNRS et spécialiste du Nigeria.

Que se passe-t-il entre chrétiens et musulmans aujourd’hui au Nigeria ?

Les sources de conflits potentiels entre chrétiens et musulmans ont toujours été nombreuses au Nigeria, qu’il s’agisse des débats autour du champ d’application de la loi islamique (sharia), de la création de nouveaux Etats ou du statut des populations dites ‘non indigènes’. (propos recueillis par Matthieu Mégevand – publié le 03/01/2012, http://www.lemondedesreligions.fr/actualite/nigeria-montee-des-tensions-entre-chretiens-et-musulmans-03-01-2012-2159_118.php)

Je ne comprends pas comment vous pouvez affirmer que les musulmans et les chrétiens sont très proches parce que : « Chrétiens en terre d’Islam : l’impossible cohabitation ? Flambées de violence au Nigeria, expulsions au Maroc, fusillades en Égypte, exode en Irak… Les conflits interreligieux et les persécutions contre les minorités chrétiennes se multiplient dans les pays musulmans. Enquête sur un phénomène planétaire inquiétant. (Elise Collette, revue Jeune Afrique, http://www.jeuneafrique.com/197831/societe/chr-tiens-en-terre-d-islam-l-impossible-cohabitation/, 30 mars 2010)

Je ne comprends pas, Monsieur Labidi, comment vous pouvez affirmer que les musulmans et les chrétiens sont très proches, je ne comprends pas parce que :  « Les relations entre les chrétiens et les juifs d’un côté, les musulmans de l’autre, traversent au Moyen Orient une phase critique et décisive. Critique parce que les tensions semblent s’intensifier. Les attaques meurtrières sont de plus en plus violentes, elles sont perpétrées au nom même d’une appartenance religieuse. Critique, mais aussi décisive en raison de la présence des chrétiens de plus en plus timide. Timide à cause des vexations et des dangers au quotidien. Timide également et surtout suite à la diminution numérique notable dans plusieurs pays. Dès qu’ils peuvent, les chrétiens quittent leur pays natal, pour trouver refuge dans des lieux plus sûrs, au moins sur le plan sécuritaire. C’est un des constats majeurs du synode spécial pour les chrétiens d’Orient qui souligne avec force cette réalité. » (Michel Younès, maître de conférences à l’université catholique de Lyon, Présence Mariste, N° 267, avril 2011,

http://www.presence-mariste.fr/Les-relations-des-chretiens-avec-les-Juifs-et-les-musulmans.html)

Les musulmans et les chrétiens ne sont pas très proches les uns des autres; on vient de le voir. Les musulmans eux-mêmes ne sont pas très proches les uns des autres. « Les musulmans sont divisés, en fait très divisés, écrit Jean Daniel (essayiste et créateur du magazine d’actualité Le Nouvel Observateur). On ne voit pas, a priori, comment, depuis leur sein, surgirait l’imagination d’une grande réforme qui entraînerait une fraternité réelle. En fait, comme il s’agit de ce fameux « vivre ensemble » à partager entre chrétiens, juifs et musulmans, la question ne peut échapper aux querelles théologales : dans quelle mesure les croyants des trois religions monothéistes pourraient-ils conclure des accords sans aggraver leurs propres désaccords ? C’est là un obstacle majeur, car mille difficultés peuvent surgir dès qu’il s’agit de sexe, d’héritage, ou de projets matrimoniaux. »  (Jean Daniel, A propos du débat avec l’islam : il faut savoir vivre ensemble, https://www.nouvelobs.com/edito/20180424.OBS5681/a-propos-du-debat-avec-l-islam-il-faut-savoir-vivre-ensemble.html, 25 avril 2018)

DERNIERS MOTS

Les musulmans refusent une religion réduite au for intérieur, ils refusent l’affirmation des droits de l’homme au détriment des droits de Dieu

« Ainsi ce qui distingue et oppose Christianisme et Islam, c’est d’abord l’affirmation de l’unicité divine et le refus de la divinité du Christ; le christianisme est sapé à sa base. C’est ensuite le refus des évolutions anthropologiques survenues en Occident, tant le refus d’une religion réduite au for intérieur, inimaginable en Islam, que le refus de l’humanisme. Ce qu’accepte l’Islam, c’est « une Déclaration de l’Homme musulman » d’après le Coran, mais certainement pas une Déclaration des Droits de l’homme à l’occidentale. De plus, dans le cas de l’Islam laïcité et sécularisation ne peuvent s’envisager sous la forme qu’elles ont revêtues contre l’Eglise catholique : l’Islam n’a pas de clergé sur lequel agir en le réduisant à des fonctions sans écho réel dans la société civile. Et s’il peut s’envisager des liens entre Christianisme et Islam, c’est peut-être, ou certainement, dans la direction de la spiritualité qu’on peut les établir – à condition que l’on n’insiste pas d’abord sur la spécificité de la mystique chrétienne. Ces diverses formes d’opposition entre les deux religions ne sont pas près d’être surmontées. »

(Bernard Chédozeau, Formes successives des conflits théologiques entre christianisme et islam, Académie des sciences et lettres de Montpellier, Séance du 21/06/2004, Conférence n° 3871. – Bernard Chédozeau est professeur d’université, agrégé de lettres, docteur ès lettres; il est l’auteur de La Bible et la liturgie en français : l’Eglise tridentine et les traductions bibliques et liturgiques, 1600-1789, Paris, Éditions du Cerf, 1990, 296 p.)

Les musulmans refusent une religion réduite au for intérieur, ils refusent l’affirmation des droits de l’homme au détriment des droits de Dieu. Cette situation présentera-t-elle un jour une issue favorable? Que répondez-vous, Monsieur Labidi?

Veuillez, Monsieur, agréer mes salutations distinguées.

Roger Martel, citoyen de Lévis (Québec)

FIN

Soirée dite d’échanges entre musulmans et non musulmans à Lévis (Québec).

Lévis, le 14 novembre 2019

Monsieur Guillaume Boivin, directeur ou coordonnateur

Le Tremplin, Centre pour personnes immigrantes et leurs familles

52, côte du Passage, Lévis (Québec)

Monsieur,

En 2017, vous avez organisé avec la Mosquée de Lévis et son imam, M. Karim Elabed, une activité publique appelée « soirée d’échanges ». Le but de cette soirée, avez-vous affirmé, était de démystifier l’islam, c’est-à-dire de le montrer tel qu’il est.

La soirée a eu lieu au Patro de Lévis le 17 ou le 18 mai 2017; j’étais présent, bien accompagné. Les conférenciers chargés de démystifier l’islam étaient l’imam Karim Elabed et une femme convertie à l’islam (Mme Marie-Josée Coulombe, porte-parole de la communauté musulmane de Québec, selon le Tremplin), deux personnes très attachées à la confession musulmane, on le devine. Était également présente Mme Isabelle Potvin (probablement une croyante musulmane) dont le Tremplin a publié un « témoignage » dans son site web.

Voici un extrait du texte de Mme Potvin, qui parle des musulmans / musulmanes et des Québécoises / Québécois non-musulmans :

« Mais il n’y a pas que nos goûts culinaires qui se rejoignent. Nous sommes similaires à plusieurs niveaux, bien plus que nous le croyons! Lors de discussions avec l’Imam, celui-ci nous a confié que le Canada était un pays où les valeurs musulmanes étaient vraiment incarnées, de façon très concrète : la compassion, l’entraide, la solidarité, la tolérance, la fraternité, la paix, la justice, la liberté, etc. Nous avons alors pris conscience que les valeurs profondes qui sont prônées par les religions catholiques et musulmanes se ressemblent beaucoup! »

(On trouve le texte de Mme Potvin au http://www.letremplinlevis.com/actualite-le-tremplin/evenements/soiree-d-echange-avec-la-communaute-musulmane-beau-temoignage-d-une-participante?highlight=WyJwb3R2aW4iXQ)

Le soussigné peut-il vous poser des questions, Monsieur Boivin, et vous demander de les transmettre à Mme Potvin?

La TOLÉRANCE est une valeur musulmane, a écrit Mme Potvin. Comment expliquez-vous que les homosexuels soient persécutés dans des pays musulmans, et que l’Arabie saoudite (environ 37 millions de musulmans) interdise la construction d’églises, et que dans un tableau récent dans lequel sont énumérés les pays où les chrétiens sont persécutés dans le monde, neuf des dix plus grands persécuteurs sont des pays musulmans? Comment expliquez-vous que le Coran pousse à l’intolérance religieuse, ici :  « Et quiconque désire une religion autre que l’Islam, ne sera point agréé, et il sera, dans l’au-delà, parmi les perdants » (III, 85, traduction de l’islamologue Denise Masson), et ici : « Combattez ceux qui ne croient pas en Dieu et au Jour dernier, ceux qui ne déclarent pas illicite ce que Dieu et son Prophète ont déclaré illicite; ceux qui, parmi les gens du Livre [croyants du judaïsme et du christianisme], ne pratiquent pas la vraie Religion »; (IX, 29, traduction de D. Masson)?

La PAIX est une valeur musulmane, a écrit Mme Potvin. Comment expliquez-vous que les membres des deux plus importantes branches de l’islam, les sunnites et les chiites, s’entretuent depuis le septième siècle (des musulmans qui s’entretuent…)? Comment expliquez-vous qu’à l’heure où vous me lisez les sunnites et les chiites s’affrontent au Yémen, armes aux poings? Comment expliquez-vous que l’islam, pour s’étendre, a mené de très nombreuses luttes armées aux 7e et 8e siècles, et après : « [] entre 632 et le milieu du VIIIe siècle, les musulmans s’emparèrent, du côté de la Méditerranée, de la Syrie et de l’Égypte byzantine, de la Tripolitaine, du Maghreb (Tunisie, Algérie, Maroc actuels), de l’Espagne wisigothe (d’où ils pénétrèrent en Gaule […]). Au nord et à l’est, ils soumirent la Mésopotamie (Irak), l’Arménie, la Perse (Iran), le Turkestan (à l’est de la mer Caspienne); ils atteignirent même la Chine. Par la suite, l’Islam s’installe aussi dans une partie de l’Inde et en Malaisie, tandis qu’en Europe les Arabes menaçaient de leurs raids l’Italie et la Gaule. » (Jean Monnier et Marcel Pacaut, Histoire. Rome – Le Moyen Age jusqu’au XIVe siècle, Paris, Fernand Nathan, ©1954, p. 180-181. Jean Monnier était inspecteur général  d’histoire; Marcel Pacaut enseignait à la Faculté des Lettres de Lyon.) Je rappelle aussi qu’après la mort de Mahomet, « Les conflits sanglants, qui ont […] opposé les partisans de ‘Alî à ceux qui contestaient son autorité, continuent à traumatiser la conscience des musulmans. On les évoque encore sous le nom de « la grande discorde » ( al-fitna al-kubrâ) : des compagnons du prophète, « promis au paradis » et donnés comme modèle à suivre, se sont entretués, dressant les musulmans les uns contre les autres dans une guerre fratricide plus sanglante que toutes les guerres menées jusqu’alors contre des non musulmans ! La « grande discorde » marque, de façon tragique, la fin du Califat de Médine. Elle a débouché sur l’institution de la violence comme mode quasi exclusif de l’accès au pouvoir d’une dynastie, ou d’un autocrate. La violence devient le moyen principal d’exercer le pouvoir et de s’y maintenir pour ne le quitter que mort ou chassé par une action violente » (Mohamed Chérif Ferjani, Islam, paix et violence, in Revue Projet 2004/4, https://www.cairn.info/revue-projet-2004-4-page-47.htm).

[« Né en 1951, en Tunisie, Mohamed-Chérif Ferjani est professeur à l’Université Lyon-II. Auteur de travaux concernant l’islam et le monde arabe, il a notamment publié Les Voies de l’islam, approche laïque des faits islamiques (CRDP de Franche-Comté / Éditions du Cerf, 1996), Islamisme, laïcité et droits de l’homme (L’Harmattan, 1992) et Le Politique et le religieux dans le champ islamique (Fayard, 2005).]

La JUSTICE est une valeur musulmane, a écrit Mme Potvin. Comment expliquez-vous qu’en Iran les autorités jettent en prison les musulmanes qui manifestent pacifiquement contre le port du voile? Comment expliquez-vous que la justice musulmane puisse être inhumaine au point de punir le voleur de l’amputation de l’une de ses mains, au point de tuer à coups de pierres la femme adultère? Dites-nous si c’est agir d’une manière conforme à la justice que d’ordonner aux musulmans de tuer les chrétiens et les juifs (c’est écrit, dans le Coran, de les tuer) et d’autoriser les hommes musulmans à battre leur femme quand elle n’accepte pas d’obéir, de se soumettre (l’autorisation est donnée dans le Coran)?

La COMPASSION est une valeur musulmane, a écrit Mme Potvin. (Note : Selon la Charte de la compassion, le précepte de compassion implique « de s’abstenir d’infliger de la souffrance à autrui, en tout temps et en toutes circonstances, que ce soit dans la sphère publique ou privée » (http://agora.qc.ca/dossiers/La_Charte_de_la_compassion). Y-a-t-il de la compassion dans ce verset du Coran : « Quand vous rencontrerez les infidèles, tuez-les jusqu’en faire un grand carnage. Et serrez les entraves [chaînes ou liens] des captifs que vous aurez faits » (Coran 47, 4). Le musulman fait-il preuve de compassion quand il punit le vol à main armée ou le meurtre par décapitation par sabre (« Trois Iraniens, condamnés en Arabie saoudite pour trafic de drogue, ont été décapités au sabre à Damman ce dimanche », a écrit le quotidien Le Parisien le 8 novembre 2015), quand il oblige les enfants à apprendre le Coran par cœur, quand il persécute des chrétiens? Y-a-t-il de la compassion dans ces paroles du Coran : « La Géhenne [enfer représenté comme un feu éternel] aux aguets sera un refuge pour les rebelles. Ils y demeureront des siècles sans goûter ni fraîcheur, ni boisson – à part une eau bouillante et une boisson fétide – Ce sera une rétribution équitable [] Goûtez donc! Nous n’augmenterons, à votre intention, que le châtiment. » (Coran LXXVIII, 21-30; traduction de l’islamologue Denise Masson)

La LIBERTÉ est une valeur musulmane, a écrit Mme Potvin. Comment expliquez-vous que l’islam interdise aux musulmanes d’épouser une personne d’une autre religion que la leur? Comment expliquez-vous que l’on condamne à mort, en terres d’islam, les croyants musulmans qui abandonnent leur religion [en 2014, en Mauritanie, un musulman âgé de 30 ans, a été reconnu coupable d’apostasie et condamné à mort (https://www.france24.com/fr/20141225-mauritanie-musulman-condamne-a-mort-apostasie-islam-justice]? Comment expliquez-vous que « L’esclavage en terres d’Islam apparaît […] comme un fait important, qui toucha pendant des siècles des millions d’hommes et de femmes et brassa une très grande quantité d’argent » [Tatiana Pignon, L’Esclavage en terres d’islam (viie-xvie siècles), Revue Les Clés du Moyen-Orient, 26/12/2014, https://www.lesclesdumoyenorient.com/L-esclavage-en-terres-d-Islam-VIIe-XVIe-siecles)? Comment expliquez-vous que l’islam interdise aux musulmanes et aux musulmans de changer de religion (e-prophete-peine-capitale-mohamed-cheikh-ould-mohamed)]? Il vaut la peine de dire ici un mot de la liberté de la presse : « De nombreux pays musulmans occupent les dernières places du classement mondial de la liberté de la presse établi par « Reporters sans frontières ». [] Dans de nombreux pays musulmans, les journalistes doivent systématiquement faire face à des menaces et sont exposés à des représailles. » (Human Rights Watch, https://www.humanrights.ch/fr/dossiers-droits-humains/islam/tensions/liberte-expression/)

Les lignes précédentes démontrent que le texte de Mme Isabelle Potvin est trompeur; pourquoi, Monsieur Boivin, votre Tremplin l’a-t-il publié?

Il est bon que je mentionne ici que le 18 mars 2018 M. Mohamed Labidi (alors président du Centre culturel islamique de Québec) a prononcé une conférence dans un lieu appartenant à l’Église catholique de Québec, le Montmartre, une conférence destinée en particulier, selon le conférencier lui-même, à démontrer que les croyants musulmans et les catholiques sont « très proches », [selon le journaliste Philippe Vaillancourt, M. Labidi a déclaré à son auditoire majoritairement catholique : « Vous allez voir que nous sommes très proches » (http://presence-info.ca/article/pour-une-relance-du-dialogue-islamo-chretien-a-quebec]. La conférence de M. Labidi a été trompeuse : les croyants musulmans et les catholiques ne sont pas « très proches » (je pense l’avoir prouvé au https://lepasseurdelacote.com/?s=Labidi).

Quel objectif visaient Mme Isabelle Potvin en écrivant dans le site web du Tremplin : « les valeurs profondes qui sont prônées par les religions catholiques et musulmanes se ressemblent beaucoup », et M. Mohamed Labidi en affirmant que les croyants musulmans et les catholiques sont « très proches »? Quand on veut vivre en harmonie avec ses voisins, on ne cherche pas à les induire en erreur.

POUR TERMINER, DES PAROLES SUR LA CHARIA, SI VOUS LEVOULEZ BIEN :

Extraits du texte La charia est-elle compatible avec les droits de l’homme ? https://eclj.org/religious-freedom/pace/la-charia-est-elle-compatible-avec-les-droits-de-lhomme-?lng=fr)

(L’ECLJ est titulaire du statut consultatif spécial auprès des Nations Unies / ECOSOC depuis 2007. L’ECLJ agit dans les domaines judiciaires, législatifs et culturels et défend en particulier le droit à la liberté religieuse, la vie et la dignité des personnes devant la Cour européenne des droits de l’homme et à travers les autres mécanismes offerts par les Nations-Unies, le Conseil de l’Europe, le Parlement européen et l’Organisation pour la sécurité et la coopération en Europe.)

a) « Certains principes énoncés dans la loi islamique [charia] contreviennent aux principes ayant qualité de droits de l’homme, au premier rang desquels la liberté religieuse. Selon la charia, un musulman n’a pas le droit de quitter sa religion pour une autre ou pour l’athéisme. Il s’agit d’un acte d’apostasie qui engendre sa mort civile (ouverture de sa succession) et qui mérite la peine de mort. »

b) La charia est « une justice islamique contraire à la Déclaration universelle des droits de l’homme ».

Extrait du livre Le Retour turbulent de Dieu. Politique, religion et laïcité, auteur : Sami Aoun *, Médiaspaul, © 2011, p. 109-111

« … les conflits entre l’interprétation de la charia et les droits de l’homme sont multiples. La charia n’a pas permis d’abolir carrément et expressément l’esclavage, même si ses règles font de la libération d’un esclave converti un acte méritoire et récompensé. Les châtiments corporels (hudûd) vont à l’encontre des droits de l’homme, mais sont prescrits explicitement par la charia.

[…]

« La liberté de culte est également problématique dans ce contexte. En effet, le verset coranique édictant qu’il n’y a point de contrainte dans la religion ne peut pas faire oublier d’autres prescriptions coraniques discriminantes envers ceux considérés comme apostats, tel : « Quand vous rencontrerez les infidèles, tuez-les jusqu’en faire un grand carnage. Et serrez les entraves des captifs que vous aurez faits. » (Coran 47, 4). Il en va de même de la situation de la femme qui comprend la légitimité religieuse du port du voile. Ce dernier est sujet de débat jusqu’à aujourd’hui entre une mouvance majoritaire soucieuse de préserver le voile de la femme comme un ordre divin, et une autre, religieuse aussi, mais dissidente, qui le rejette expressément. La polygamie perçue comme une injustice par la Déclaration des droits de l’homme de 1948, reste une pratique sauvegardée par les dispositions de la charia et perpétuée par le droit interne des pays de l’espace musulman. La même perception s’applique à la procédure du divorce par l’homme et la demande du divorce par la femme, ainsi qu’à la question de l’héritage où la charia a institué un droit de la femme à hériter la moitié de la part du garçon.

« En conclusion, il faut noter que les sujets de controverse, aussi bien du côté chrétien que du côté musulman, constituent un blocage sérieux pour le dialogue islamo-chrétien, qui exige de respecter la liberté de conscience de l’interlocuteur. Ce dialogue est appelé à englober les droits de l’homme, seul garant du « vivre ensemble ».

* Politologue, spécialiste du Moyen-Orient, Sami Aoun est professeur titulaire à l’École de politique appliquée de l’Université de Sherbrooke (Québec). Il a écrit Aujourd’hui l’Islam Fractures, intégrisme et modernité;  L’Islam entre tradition et modernité; Mots-clés de l’islam; etc.

Extrait de l’article « La version locale de la charia islamique légalise, légitime et sacralise l’esclavage », Le Point, 28.12.2017, https://lesobservateurs.ch/2017/12/28/islam-mauritanie-la-version-locale-de-la-charia-islamique-legalise-legitime-et-sacralise-lesclavage/

 En 2017 et en 2018, qui commence, environ 20 % des Noirs mauritaniens sont possédés par des citoyens mauritaniens arabo-berbères, le plus légalement du monde. La version locale de la charia islamique légalise, légitime et sacralise cette pratique.

[…]

La loi fondamentale sacralise ainsi un code négrier, dont les visées esclavagistes dénient, de facto, l’égalité entre les races noire et blanche et autorise des musulmans à réduire en esclavage d’autres musulmans. »

Extrait du livre Chair et charia, auteure : Shereen El FekiL, http://www.revuedesdeuxmondes.fr/article-revue/chair-et-charia/, juin 215

chaque jour, hélas, apporte son nouveau lot d’intolérances et de répressions sexuelles dans le monde musulman.

Extrait du texte L’État et la religion sur la scène internationale, auteure : Anne Saris,

publié dans le livre Les religions sur la scène mondiale sous la direction de : Solange Lefebvre, Robert Crépeau, Québec, Presses de l’Université Laval, © 2010, p. 39-57. Mme Saris est professeure au Département des sciences juridiques, Université du Québec à Montréal.

la Déclaration islamique universelle sur les droits de l’homme prise par la Ligue arabe en 1981 (dont les articles 12 et13 posent le droit à la liberté de religion dans les limites de la shari’a [charia].

Extrait de l’article Entretien avec Malek Chebel, auteure : Léna Mauger, Revue des deux mondes, http://www.revue21.fr/zoom_sur/entretien-avec-malek-chebel

[C’est Malek Chebel, islamologue et auteur de nombreux livres, y compris une traduction en français du Coran, qui parle.]

Des prédicateurs affirment aujourd’hui qu’une femme non voilée n’est pas un être humain, mais une exhibitionniste, voire une hystérique. Soyons sérieux ! S’il faut voiler la femme pour en faire une musulmane, que faire des millions de femmes dévoilées pendant quatorze siècles ? Étaient-elles de mauvaises musulmanes ? Et les -Asiatiques non voilées, et les Africaines non -voilées, sont-elles encore musulmanes ? Je défends un islam du cœur, pas un islam du fichu.

Extrait de Faut-il avoir peur de la charia ? http://www.europe1.fr/international/faut-il-avoir-peur-de-la-charia-78681,9, 26 octobre 2011

« Au nom de la charia, l’Afghanistan tolère encore la lapidation des femmes adultères. »

Alors, Monsieur Boivin, avez-vous envie d’imiter l’imam Karim Elabed et de faire l’éloge de la charia?

Si vous pensez, Monsieur Boivin, ne pas avoir commis une faute en organisant, avec la Mosquée de Lévis et son imam (M. Karim Elabed), la « soirée d’échanges » de mai 2017, soirée de propagande en faveur d’une religion, l’islam, à laquelle appartient le président du conseil d’administration du Tremplin, M. Elhadjid Mamadou Diarra, à laquelle appartient une musulmane qui était membre du conseil d’administration du Tremplin à l’époque où la « soirée d’échanges » a été organisée (j’ignore si cette personne, Mme Nawel Bahria, a voté en faveur de l’organisation de ladite soirée) (j’ignore si le conseil d’administration comptait d’autres personnes de religion musulmane dans ses rangs, en 2017), si vous pensez, Monsieur Boivin, ne pas avoir commis une faute en organisant, avec la Mosquée de Lévis et son imam (M. Karim Elabed), la « soirée d’échanges » de mai 2017, essayez de me convaincre que vous avez raison.

J’attends votre réponse avec impatience, Monsieur Boivin; je lirai celle de Mme Isabelle Potvin avec intérêt.

Je publierai la présente et votre réponse (ainsi que celle de Mme Isabelle Potvin) au www.lepasseurdelacote.com.

Bien à vous,

Roger Martel, citoyen de Lévis

P.-S. Pour organiser et présenter la « soirée d’échanges » de mai 2017, le Tremplin a utilisé des fonds publics, de l’argent des citoyens du Québec et du reste du Canada, et de l’argent des citoyens de la Ville de Lévis. Cet argent n’avait pas été remis au Tremplin pour qu’il fasse de la propagande religieuse en faveur d’une religion.