Bizarre : le pape François doit commander la compassion aux fidèles de son Église.

Les médias nous apprennent que : « Dans sa traditionnelle homélie de Noël (2016), le pape François a lancé un appel à la compassion pour les enfants qui souffrent de la guerre et de la misère à travers le monde »; ils nous informent que le pape « a également critiqué “l’indifférence” des sociétés consuméristes où les fidèles se donnent “du mal pour les cadeaux” en restant “insensibles à celui qui est exclu”.

Pourquoi le pape croit-il nécessaire de demander aux fidèles de son Église d’être sensibles aux malheurs d’autrui? – La compassion, ça ne se commande pas.

Roger Martel, citoyen de Lévis en pays autrefois très catholique

 


Dans sa traditionnelle homélie de Noël, le pape François a lancé un appel à la compassion pour les enfants qui souffrent de la guerre et de la misère à travers le monde.

L‘évêque de Rome s’exprimait devant une dizaine de milliers de fidèles rassemblés dans la basilique Saint-Pierre de Rome et il a répété sa condamnation de l’avortement.

Le pape François : “Laissons-nous interpeller par les enfants qu’on ne laisse pas naître, par les enfants en pleurs parce que personne n’assouvit leur faim, par ceux qui n’ont pas des jouets, mais des armes entre leurs mains.”

Le souverain Pontife a également critiqué le “l’indifférence” des sociétés consuméristes où les fidèles se donnent “du mal pour les cadeaux” en restant “insensibles à celui qui est exclu.”

Source : http://fr.euronews.com/2016/12/25/noel-le-pape-francois-appel-a-la-compassion-pour-les-enfants vu le 25 décembre 2016

 

COMPASSION, subst. fém. Sentiment qui incline à partager les maux et les souffrances d’autrui.

 

cci25122016

Le Monde des religions, novembre-décembre 2016

Ce qu’il faut savoir sur Jésus, personnage historique

NOЁL

JÉSUS

IL FAUT SAVOIR AU MOINS ÇA :

JÉSUS N’A RIEN ÉCRIT. EST-CE ÉTONNANT?

« Les conditions d’écriture dans l’Antiquité ne permettaient pas de prendre des notes comme on le fait aujourd’hui. […] On n’écrivait alors que très lentement et le support (papyrus ou parchemin) était cher. Il est anachronique d’imaginer les disciples mettant par écrit leurs souvenirs, le soir à l’étape, après une journée bien remplie.

« Par ailleurs, l’Orient antique accorde une toute autre valeur que le monde occidental actuel aux traditions orales. À l ‘époque du Christ les traductions araméennes de la Bible hébraïque qu’on utilisait dans la liturgie étaient bien fixées tout en restant orales; elles ne seront mises par écrit que plus tard. Il en est de même des propos des célèbres rabbins du 1er siècle, tels Hillel ou Shammaï, dont l’enseignement se transmettra oralement jusqu’à sa consignation écrite dans le Mishna, deux siècles plus tard.

« Dans le monde juif des débuts de l’ère chrétienne, tout comme dans les civilisations orales d’aujourd’hui où la parole donnée a plus de force qu’un bout de papier, fidélité à la transmission n’implique pas écriture. »

(M. Quesnel, L’Histoire des Évangiles, cerf, p. 32; cité dans la revue Notre Histoire, numéro 72, novembre 1990, p. 6)

LES ÉVANGILES : MYTHE, LÉGENDE, RÉALITÉ HISTORIQUE

« Un grave malentendu est à la base de beaucoup de difficultés concernant l’historicité des évangiles. La réflexion occidentale reste très marquée, depuis un siècle, par une notion d’histoire héritée du positivisme : pour ce courant de pensée, ne mérite le label d’historique que ce qui est d’ordre factuel. Dans ces conditions, l’histoire serait seulement la somme de ce qui s’est effectivement produit dans le passé et l’idéal de l’historien serait de parvenir à retrouver immédiatement la « réalité historique », comme s’ en avait été le témoin direct et neutre. Ceci ne peut être qu’une illusion, car l’historien est toujours impliqué dans la compréhension et l’explication des événements passés. Un événement passé ne prend son statut historique qu’à partir du moment où il est interprété. Par exemple, un témoin idéal ne peut pas dire, le 14 juillet 1789, que la Révolution française commence : cela suppose du recul et l’achèvement de cette Révolution. Le passé qui serait conçu comme l’addition de tout ce qui s’est effectivement passé est hors de portée de l’historien.

« Si nous acceptons de renoncer à l’objectivité chimérique prônée par le positivisme, nous comprendrons que les récits évangéliques ont bien le statut d’histoire : leurs narrateurs ne sont pas des témoins neutres, mais des hommes impliqués dans la compréhension de la personne de Jésus. Les récits évangéliques n’ont donc pas le statut de constat d’huissier, mais celui de la narration : ils sont écrits après coup, ils sont compréhension du passé et non vision immédiate du présent de l’événement.

« Il n’est pas question pour autant de se réfugier dans le seul domaine de la compréhension. La croix n’a de sens que si Jésus est bien mort sur la croix. Ses paroles sont inséparables de ses actes. Sans historicité, la foi chrétienne, dont témoignent les évangiles, se réduirait à un mythe ou à une philosophie. C’est dire que la question de l’historicité (dégagée de la vision positiviste) reste essentielle pour la lecture des évangiles. »

(François Brossier, Les évangiles ont-ils valeur historique, Notre Histoire, numéro 72, novembre 1990, p. 47-48)

CHACUN DES ÉVANGILES EST BIEN « L’ÉVANGILE DE JÉSUS-CHRIST »

« Au-delà de l’enseignement des Apôtres, il faut cependant, explique en 1957 l’exégète suédois Harald Riesenfeld, voir la tradition évangélique trouver son origine directe dans l’enseignement et dans les gestes de Jésus. À l’égard de ses disciples, Jésus employa certainement, mutatis mutandis, les méthodes des Rabbins. Il leur apprit proprement, souvent par cœur, ce qu’il voulait les voir retenir.

[…]

« La conclusion à laquelle Riesenfeld aboutit est que chacun de nos évangiles est bien, selon la formule de Marc (1, 1), l’ »évangile du Christ (…) ».

(R. Marlé, dans Bilan de la théologie, tome II, p. 64-65, Casterman, 1970; cité dans la revue Notre Histoire, numéro 72, novembre 1990, p. 7)

POINTS DE VUE SUR L’ENFANCE DE JÉSUS

« Les récits concernant l’enfance de Jésus ne sont rapportés que par deux évangélistes : Mathieu (chapitres 1 et 2) et Luc (chapitres 1 et 2). Dans chacun de ces évangiles, ces deux chapitres sont une sorte de prologue montrant comment la mission de Jésus est anticipée de façon prophétique par les événements qui se sont produits autour de sa naissance.

« Mathieu raconte les choses du point de vue de Joseph. Dès ses premiers mois, Jésus est rejeté par les chefs juifs (Hérode) et vénéré par les païens (les mages).

« Chez Luc au contraire, Marie est au premier plan. Un parallèle est établi entre Jean-Baptiste, symbole de l’Ancien Testament, et Jésus : Jésus est présenté comme le Prophète avec un grand P qui ferme l’Ancien Testament pour ouvrir le Nouveau, accueilli avec joie par les pauvres.

« Mathieu de Luc ont chacun leur point de vue théologique, discernable dans la présentation qu’ils font des événements. Leurs différences n’empêchent pourtant pas leurs points communs, qui proviennent de traditions anciennes : Jésus de Nazareth est né Bethléem en Judée, au temps du roi Hérode; Joseph est appelé son père, mais il fut conçu du Saint Esprit, et Marie, sa mère, état vierge. »

(M. Quesnel, L’Histoire des Évangiles, cerf, p. 32; cité dans Notre Histoire, numéro 72, novembre 1990, p. 34)

LES TEXTES APOCRYPHES ET L’ENFANT-JÉSUS

« La naissance de Jésus, avec l’étable, l’âne, le bœuf et tant d’autres détails qui viennent à l’esprit : les évangiles ne sont guère bavards… Il faut se tourner vers d’autres textes, qu’on dit « apocryphes » [« ouvrages non reconnu comme inspirés et normatifs »] Dans ces récits, il y a vraiment de tout : des éléments respectables, mais aussi des détails de fort mauvais goût. » (Légende accompagnant une illustration du texte de François Brossier, Les évangiles ont-ils valeur historique, Notre Histoire, numéro 72, novembre 1990, p. 52) (Note : Dans une autre légende, il est dit que ce sont des évangiles apocryphes qui affirment que le nombre des mages qui allèrent adorer l’Enfant-Jésus étaient au nombre de trois et qui donnent des détails concernant l’enfance de Jésus.)

ENTRE SON BAPTÊME ET SA MORT, JÉSUS…

« Entre son baptême par Jean [l’année qui suit le 1er octobre 27 (ou 19 août 28)] et sa mort violente, Jésus parcourt la Galilée et la Judée, invitant ses contemporains à se préparer à la venue imminente du règne de Dieu. Par ses miracles et par sa parole, il soulève un enthousiasme messianique qui menace de dégénérer en soulèvement politique. Mais Jésus veut seulement jeter dans les cœurs de quelques disciples une semence qui, en germant, fera sauter les barrières dans lesquelles s’enfermaient les dirigeants religieux de l’époque. Son massage est la Bonne Nouvelle de l’amour qui doit régner sur terre comme au ciel. » (Xavier Léon-Dufour, Dictionnaire du Nouveau Testament, deuxième édition revue, Éditions du Seuil, © 1975, collection Livre de vie, 1978, p. 25)

JÉSUS A PARLÉ

Jésus a dit qui il est.

« Le Père et moi, nous sommes un. » (Jean, 10,30)

« La parole que vous entendez n’est pas de moi, c’est la parole de celui qui m’a envoyé. » (Jean, 14, 31)

Jésus a livré un message.

« Celui qui m’a envoyé est véridique et ce que j’ai appris de lui je le dis au monde, ce que le Père m’a enseigné je le dis. » (Jean, 8, 26-28)

« Si vous gardez mes commandements, vous demeurerez dans mon amour, comme moi j’ai gardé les commandements de mon Père et je demeure dans son amour. Je vous ai dit ces choses pour que ma joie soit en vous et que votre joie soit complète. Voici mon commandement : aimez-vous les uns les autres comme je vous ai aimés. Il n’est pas de plus grand amour que de donner sa vie pour ses amis. Vous êtes mes amis si vous faites ce que je vous commande. Je ne vous appelle plus serviteurs car le serviteur ne sait pas ce que fait son maître; je vous appelle amis parce que je vous ai fait connaître tout ce que j’ai appris de mon Père. Ce n’est pas vous qui m’avez choisi; mais c’est moi qui vous ai choisis et vous ai établis pour que vous alliez et que vous portiez du fruit et un fruit qui dure. Alors, tout ce que vous demanderez au Père en mon nom il vous l’accordera. Ce que je vous commande c’est de vous aimer les uns les autres. » (Jean, 15, ???-17)

Jésus a demandé d’agir conformément à son message.

Un légiste demanda à Jésus qui était son prochain. Jésus lui répondit ceci :

« Un homme descendait de Jérusalem à Jéricho. Il tomba aux mains des brigands qui le dépouillèrent, le rouèrent de coups et l’abandonnèrent à demi-mort. Or, fortuitement, un prêtre descendait par ce chemin-là et, le voyant, passa de l’autre côté. Un prêtre, par hasard, descendait par le même chemin. I vit l’homme, prit l’aitre côté de la route et passa. Puis un lévite survint. Il vit l’homme, prit l’autre côté de la toute et passa, lui aussi. Mais un Samaritain qui était en voyage, arrivé là vit l’homme, en fut tout ému. Il s’approcha, banda les plaies en y versant de l’huile et du vin puis il le chargea sur sa propre monture, e conduisit à une hôtellerie et veilla sur lui. Le lendemain il prit deux deniers et les donna au patron de l’hôtel en disant : « veillez sur lui et si vous dépensez plus que ceci je le paierai à mon retour. » Lequel de ces trois te semble avoir été le prochain de l’homme tombé aux mains des brigands? – Va et toi aussi fais comme lui.

(Évangile selon saint Luc, 10, 30-37)

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Source : Notre histoire, numéro 72, novembre 1990, p. 56

Cette page a été conçue par le Passeur de la Côte.

Et si Jésus n’avait fondé aucune religion ?

Jésus dit à la Samaritaine :

19 La femme dit: « Seigneur, je vois que vous êtes un prophète.

20 Nos pères ont adoré sur cette montagne, et vous, vous dites que c’est à Jérusalem qu’est le lieu où il faut adorer. »

21 Jésus dit: « Femme, croyez-moi, l’heure vient où ce ne sera ni sur cette montagne, ni dans Jérusalem, que vous adorerez le Père.

22 Vous adorez ce que vous ne connaissez pas; nous, nous adorons ce que nous connaissons, car le salut vient des Juifs.

23 Mais l’heure approche, et elle est déjà venue, où les vrais adorateurs adoreront le Père en esprit et en vérité; ce sont de tels adorateurs que le Père demande.

24 Dieu est esprit, et ceux qui l’adorent doivent l’adorer en esprit et en vérité. »

(Évangile selon saint Jean, chapitre 4; texte tiré de http://bible.catholique.org/evangile-selon-saint-jean/3267-chapitre-4)

Un auteur contemporain commente :

« Ce que Jean fait dire à Jésus, c’est que dorénavant aucune religion devant Dieu n’est supérieure à une autre; qu’il n’est pas essentiel d’être samaritain ou juif (on pourrait aujourd’hui ajouter chrétien, hindou, bouddhiste ou musulman) puisque, au-delà de la diversité des cultures religieuses, ce qui compte c’est la vérité de la relation intime à Dieu. Jésus fait exploser l’exclusivisme religieux et sape le discours légitimateur de toute tradition religieuse : sa prétention à être un centre, une voie obligée de salut. Il entend aider l’homme à dépasser la religion extérieure, nécessairement plurielle et concurrentielle, pour l’introduire dans la spiritualité intérieure, radicalement singulière et universelle. »

(Frédéric Lenoir, Le Christ philosophe, Paris, Plon, 2007, p. 281)