La Ville de Lévis doit cesser de subventionner un organisme qui collabore avec la Mosquée locale qui vante la CHARIA.

Message destiné au maire de Lévis (Québec), Monsieur Gilles Lehouillier,

ainsi qu’aux membres du conseil municipal. 

 

Monsieur Gilles Lehouillier, maire

Lévis (Québec)

Lévis, le 9 octobre 2018

La présente et la réponse du destinataire seront publiées au www.lepasseurdelacote.com

La Charia consacre l’inégalité entre hommes et femmes et, dans biens des cas, elle accorde des droits réduits aux enfants. Elle n’est appliquée dans aucun autre état d’Europe [l’exception est la Grèce qui permet son application, pour ses citoyens musulmans, dans la région de la Thrace], pas même dans les pays qui ont émergé après la dissolution de l’empire ottoman et qui ont des populations musulmanes compactes, y compris la Turquie, où la Charia est abolie depuis 1926. Aucun autre pays européen ne permet que la loi sacrée d’aucune confession se substitue à son droit laïque ni que le pouvoir judiciaire soit l’apanage d’un représentant de l’ordre religieux.

(Parlement européen, Questions parlementaires, 18 janvier 2010, E-0009/10, Question écrite posée par Michail Tremopoulos (Verts/ALE) à la Commission, http://www.europarl.europa.eu/sides/getDoc.do?pubRef=-//EP//TEXT+WQ+E-2010-0009+0+DOC+XML+V0//FR)

Monsieur Gilles Lehouillier, maire

Ville de Lévis (Québec)

Monsieur,

La Ville de Lévis donne de l’argent au Tremplin Centre pour personnes immigrantes et leurs familles. Sait-elle, savez-vous, Monsieur Lehouillier, ce que le Tremplin fait de cet argent?

Récemment, après avoir constaté que les États financiers du Tremplin ne figuraient ni dans les derniers Rapports annuels de l’organisme ni dans son site web, j’ai demandé par écrit au Tremplin de me transmettre les trois ou quatre derniers Rapports (j’ai formulé ma demande à deux reprises); le directeur du Tremplin, M. Guillaume Boivin, et le président du conseil d’administration du Tremplin, M. Elhadji Mamadou Diarra, ont ignoré mes demandes, ils ne m’ont pas répondu. Je leur avais écrit à titre de contribuable de Lévis (Centraide, le ministère de la Citoyenneté et de l’Immigration du Canada, le ministère québécois de l’Immigration, de la Diversité et de l’Inclusion, l’entreprise Mouvement Desjardins , etc,, donnent eux aussi de l’argent au Tremplin; savent-ils ce que le Tremplin fait de leur argent?).

Le Tremplin Centre pour personnes immigrantes et leurs familles a-t-il fait connaître ses États financiers à la Ville de Lévis, chaque année, depuis que cette dernière est l’un de ses partenaires financiers? La Ville de Lévis devrait insister auprès du Tremplin pour qu’il rende accessible ses États financiers dans son site web et dans les autres outils qu’il utilise dans le web, et pour qu’il les publie dans ses rapports annuels.

Que fait le Tremplin de l’argent que ses partenaires financiers lui donnent? Pour démontrer qu’il n’emploie pas toujours cet argent d’une manière acceptable, je reproduis ici le courriel que j’ai envoyé le 16 août 2018 à M. Elhadji Mamadou Diarra, président du conseil d’administration du Tremplin, et à M. Guillaume Boivin, directeur du Tremplin (ils ne m’ont pas répondu) :

Lévis, le 16 août 2018

Messieurs,

Une activité appelée « Vivre ensemble : Soirée d’échange avec la communauté musulmane » a été organisée et offerte aux gens de Lévis [le 18 mai 2017] par Le Tremplin Centre pour personnes immigrantes et leurs familles et la Mosquée de Lévis. Au cours de cette soirée, un marchand et imam, M. Karim Elabed, a vanté la charia. Or :

 

a) LA CHARIA EST INCOMPATIBLE AVEC LES DROITS DE L’HOMME, ÉCRIT LE CENTRE EUROPÉEN POUR LE DROIT ET LA JUSTICE, QUI EST TITULAIRE DU STATUT CONSULTATIF SPÉCIAL AUPRÈS DES NATIONS UNIES / CONSEIL ÉCONOMIQUE ET SOCIAL : « La charia est-elle compatible avec les droits de l’homme ? C’est une question concrète qui se pose de plus en plus en Europe […] et à laquelle l’Assemblée Parlementaire du Conseil de l’Europe (APCE) a décidé de chercher à répondre. En effet, au sein de la grande Europe, il est des territoires où la charia (ou « loi islamique ») est appliquée. Cela pose un problème au regard des droits de l’homme dans la mesure où ces États sont parties à la Convention européenne des droits de l’homme (CEDH) et en même temps appliquent ou respectent une JUSTICE ISLAMIQUE CONTRAIRE À LA DÉCLARATION UNIVERSELLE DES DROITS DE L’HOMME (DUDH) ET À LA CEDH [CONVENTION EUROPÉENNE DES DROITS DE L’HOMME]». (Source : https://eclj.org/religious-freedom/pace/la-charia-est-elle-compatible-avec-les-droits-de-lhomme-?lng=fr)

b) « EN MATIÈRE PÉNALE, LES PEINES CRUELLES, INHUMAINES ET DÉGRADANTES SONT AUTORISÉES PAR LA CHARIA [C’EST LA COMMISSION DES QUESTIONS JURIDIQUES ET DES DROITS DE L’HOMME DU CONSEIL DE L’EUROPE QUI L’AFFIRME], comme par exemple la lapidation à mort, la mort par décapitation ou pendaison, l’amputation d’un membre, la flagellation [la liste n’est pas complète]. De plus, l’apostasie [renonciation publique à une religion] de l’islam a pour effet d’une part, la mort civile de l’apostat ayant pour effet d’ouvrir sa succession, et d’autre part, sa mise à mort, s’il ne se rétracte pas. Enfin, les non-musulmans ne se voient pas reconnaître les mêmes droits que les musulmans en matière civile et pénale, ce qui constitue une discrimination fondée sur la religion, au sens de l’article 14 de la Convention » [Convention européenne des droits de l’homme]. (Source : http://www.assembly.coe.int/Committee/JUR/fjdoc282016.pdf)

Les gens du Québec apprécieraient, Monsieur Diarra, Monsieur Boivin, que vous leur expliquiez pourquoi Le Tremplin et la Mosquée de Lévis ont tenté de leur faire enfourcher l’idée que la charia est désirable. N’oubliez pas que vous avez des comptes à rendre à ceux qui vous donnent de l’argent : Ville de Lévis, Ministère de l’Immigration, de la Diversité et de l’inclusion, Mouvement Desjardins, Centraide, etc.

Je publierai la présente au www.lepasseurdelacote.com.

Bien à vous,

Roger Martel, citoyen de Lévis

P.-S. Au cours de l’activité « Vivre ensemble » seuls deux musulmans se sont adressés au public. Pour éviter d’être soupçonné d’avoir fait de la propagande en faveur de l’islam, le Tremplin pourrait donner la parole à des universitaires rigoureux ferrés sur les religions, sur l’islam, que pourrait accompagner, pourquoi pas? une personne comme Mme Louise Arbour, autrefois juge à la Cour suprême du Canada et Haut Commissaire des Nations Unies aux droits de l’homme; ces personnes instruiraient des Lévisiennes et des Lévisiens sur les droits fondamentaux des êtres humains, sur le droit islamique. En 2008, MME ARBOUR A DÉCLARÉ QUE LA CHARTE ARABE DES DROITS FONDAMENTAUX ÉTAIT « INCOMPATIBLE AVEC LES NORMES INTERNATIONALES » (source : https://news.un.org/fr/story/2008/01/124852-hcdh-la-charte-arabe-des-droits-fondamentaux-incompatible-avec-les-normes#.V8A9SWX89Gg); il serait intéressant de l’écouter.

 

Le 17 août 2017, j’ai transmis le courriel suivant à l’imam de Lévis, M. Karim Elabed (M. Elabed ne m’a pas répondu) :

Lévis, le 17 août 2018

Monsieur,

Vous trouverez ci-dessous la lettre que j’ai envoyée le 16 août 2018 au président du conseil d’administration du Tremplin Centre pour personnes immigrantes et leurs familles (Lévis) et au directeur dudit Tremplin.

Auriez-vous la bonté de me dire si vous êtes d’accord avec les affirmations suivantes que contient la lettre mentionnée ci-dessus:

1) La charia est incompatible avec les droits de l’homme;

2) En matière pénale, les peines cruelles, inhumaines et dégradantes sont autorisées par la charia.

Pourriez-vous me dire également pourquoi les Québécoises et les Québécois devraient se réjouir que vous leur ayez présenté la charia sous un très beau jour?

Je serais heureux de vous donner la parole au www.lepasseurdelacote.com, où paraîtra la présente.

Veuillez agréer, Monsieur, mes salutations distinguées.

Roger Martel, citoyen de Lévis

P.-S. Vous n’avez pas répondu aux messages que je vous ai envoyés dans le passé. Un oubli, certainement.



DES ORGANISATIONS ET DES PERSONNES D’ORIGINES DIVERSES

CRITIQUENT LA CHARIA, LA REMETTENT EN CAUSE

1

Arrêt du 31 juillet 2001 de la Cour européenne des Droits de l’Homme concernant l’affaire Refah Partisi c. Turquie [archive]), cité au https://fr.wikipedia.org/wiki/Charia

« Les abondants travaux sur les rapports entre Charia (prise comme application de sa composante juridique, fiqh inclus) et droits de l’Homme concluent en général à l’incompatibilité entre les deux. La Cour européenne des droits de l’homme, dans un arrêt du 31 juillet 2001 Refah Partisi c. Turquie, fait observer l’incompatibilité du régime démocratique avec les règles de la charia.

« À l’instar de la Cour constitutionnelle, la Cour reconnaît que la charia, reflétant fidèlement les dogmes et les règles divines édictées par la religion, présente un caractère stable et invariable. Lui sont étrangers des principes tels que le pluralisme dans la participation politique ou l’évolution incessante des libertés publiques. La Cour relève que, lues conjointement, les déclarations en question qui contiennent des références explicites à l’instauration de la charia sont difficilement compatibles avec les principes fondamentaux de la démocratie, tels qu’ils résultent de la Convention, comprise comme un tout. Il est difficile à la fois de se déclarer respectueux de la démocratie et des droits de l’Homme, et de soutenir un régime fondé sur la charia, qui se démarque nettement des valeurs de la Convention, notamment eu égard à ses règles de droit pénal et de procédure pénale, à la place qu’il réserve aux femmes dans l’ordre juridique, et à son intervention dans tous les domaines de la vie privée et publique conformément aux normes religieuses. »

2

En 2003, M. Khémaïs Chammari, ancien vice-président et chargé de mission de la Fédération Internationale des Ligues des Droits de l’Homme, membre honoraire du Réseau Euro Med des droits de l’homme (REMDH), co-fondateur de la Fondation Euro Med de soutien aux défenseurs des droits de l’homme (FEMDH), Prix International de la Commission Consultative Française des droits de l’Homme (1990), Prix International des droits de l’Homme de la ville de Nuremberg (Allemagne, 1997), a écrit ceci :

« Un grand nombre de pays où l’Islam est démographiquement majoritaire ont […] fini par signer et par ratifier un bon nombre d’instruments juridiques internationaux en émettant des réserves fondées sur la Charia. Ces réserves sont destinées, comme nous le constatons quotidiennement, à vider de leur contenu ces instruments pour la protection des principes d’égalité et de non discrimination. Mais il y a plus préoccupant. Le 5 août 1990, la 49ème conférence islamique des ministres des affaires étrangères a adopté au Caire une « Déclaration des droits de l’Homme en Islam » dont l’Organisation de la Conférence Islamique (OCI) qui regroupe 47 pays a fait un thème majeur de sa stratégie d’intervention au sein des instances internationales de promotion et de protection des droits de l’Homme. Il s’agit d’un texte proprement ahurissant. […] La lecture de cette déclaration suffit pour comprendre à quel point c’est tout l’édifice des instruments juridiques internationaux relatifs aux droits de l’Homme qui peut être remis en cause par la référence à une telle déclaration. Tout ceci, bien sûr, au nom d’un particularisme culturel et cultuel détourné de son objet. »

Source : https://www.fidh.org/fr/plaidoyer-international/nations-unies/archives-un/Diversite-Culturelle/LES-DROITS-DE-L-HOMME-ET-LA – La FIDH (Fédération internationale des ligues des droits de l’Homme) est une ONG internationale de défense des droits humains. Elle regroupe 184 organisations nationales de défense des droits humains dans 112 pays. Depuis 1922, la FIDH est engagée dans la défense de tous les droits civils, politiques, économiques, sociaux et culturels tels que définis dans la Déclaration universelle des droits de l’Homme. (https://www.fidh.org/fr/qui-sommes-nous/le-mouvement-mondial-des-droits-humains/)

3

Un imam Français déclare : « Si vous êtes pour la charia, partez ! »

[La Libre Belgique (quotidien belge), http://www.lalibre.be/actu/international/imam-de-drancy-si-vous-etes-pour-la-charia-partez-51b8fdbde4b0de6db9cac59e, 7 juin 2013]

Hassem Chalghoumi, imam de la mosquée de Drancy, en banlieue de Paris, est « connu pour son hostilité à l’intégrisme et sa volonté d’apaiser les tensions entre musulmans et Juifs » (revue Le Monde des religions, 20-06-2012, http://www.lemondedesreligions.fr/actualite/des-musulmans-appellent-a-la-demission-de-hassen-chalghoumi-20-06-2012-2548_118.php. – Entretien à France 24 : https://www.france24.com/fr/20100914-drancy-mosquee-imam-freres-musulmans-france

4

François Jourdan, prêtre eudiste, islamologue, docteur en théologie, en histoire des religions et en anthropologie religieuse, a déclaré ceci en 2016 :

« On entretient la confusion qui arrange tout le monde: les musulmans et les non-musulmans. C’est du pacifisme: on masque les réalités de nos différences qui sont bien plus conséquentes que ce qu’on n’ose en dire, et tout cela par peur de nos différences. On croit à bon compte que nous sommes proches et que donc on peut vivre en paix, alors qu’en fait on n’a pas besoin d’avoir des choses en commun pour être en dialogue. Ce forcing est l’expression inavouée d’une peur de l’inconnu de l’autre (et du retard inavoué de connaissance que nous avons de lui et de son chemin). Par exemple, la liberté religieuse, droit de l’homme fondamental, devra remettre en cause la charia (organisation islamique de la vie, notamment en société). Il va bien falloir en parler un jour entre nous. On en a peur: ce n’est pas «politiquement correct». Donc ça risque de se résoudre par le rapport de force démographique… et la violence future dans la société française. Bien sûr on n’est plus dans cette période ancienne, mais la charia est coranique, et l’islam doit supplanter toutes les autres religions (Coran 48,28; 3,19.85; et 2,286 récité dans les jardins du Vatican devant le Pape François et Shimon Pérès en juin 2014). D’ailleurs Boumédienne, Kadhafi, et Erdogan l’ont déclaré sans ambages.

(François Jourdan, Le Figaro, 22/01/2016, http://www.lefigaro.fr/vox/religion/2016/01/22/31004-20160122ARTFIG00344-islam-et-christianisme-les-impasses-du-dialogue-interreligieux.php) – Le père François Jourdan a enseigné la mystique islamique à l’Institut Pontifical d’Études Arabes et islamiques de Rome (1994-1998), et l’islamologie pendant 15 ans à l’Institut Catholique de Paris, et 10 ans à l’École Cathédrale. Il a été délégué du diocèse de Paris pour les relations avec l’islam (1998-2008).

5

https://fr.wikipedia.org/wiki/Charia

Quelques pays appliquant la charia ont refusé de ratifier le pacte international relatif aux droits civils et politiques ou ne l’ont signé qu’avec des réserves 59,60,61,62, notamment concernant les articles 18 prévoyant la liberté de changer de religion et 23 posant le principe de l’égalité entre époux 63,64. Toutefois, même les États arabo-musulmans ayant adhéré à la Charte des droits de l’homme et au pacte international sans réserves privant ceux-ci de leur substance éprouvent des difficultés à retranscrire ces principes dans leur système juridique, en raison de la prégnance plus ou moins grande de la Charia dans leurs sources de droit 63,60. Pour les mêmes raisons, très peu d’entre eux ont adhéré à la Convention sur l’élimination de toutes les formes de discrimination à l’égard des femmes 63.

59 (en) Lorenz Langer, Religious Offence and Human Rights: The Implications of Defamation of Religions, Cambridge University Press, 2014 (lire en ligne [archive]), p. 365 – 60 a et b (en) Nisrine Abiad, Sharia, Muslim States and Interna-tional Human Rights Treaty Obligations: A Comparative Study, BIICL, 2008 (lire en ligne [archive]), p. 66

61 (en) Ioana Cismas, Religious Actors and International Law, Oxford University Press, 2014 (lire en ligne [archive]), p. 266

62 Concernant les pays appliquant la Charia, de nombreuses objections ont été émises contre les réserves faites sur l’article 18 relatif à la Droit à la liberté de pensée, de conscience et de religion, ainsi qu’à la liberté de manifester sa religion. – Une liste détaillée de ces réserves et objections est présentée sur « Nations Unies Collection des Traités » [archive] (consulté le 24 janvier 2015)Nations unies – Collection des traités [archive] – 63 a, b et c Jahel 2012, p. 39, 41 – 64 (en) Peri Bearman et Rudolph Peters, The Ashgate Research Companion to Islamic Law, Ashgate Publishing, 2014 (lire en ligne [archive]), p. 284

6

Mme Fatima Houda-Pepin, députée, Assemblée nationale du Québec, Journal des débats, http://www.assnat.qc.ca/fr/travaux-parlementaires/assemblee-nationale/37-1/journal-debats/20050526/2773.html, jeudi 26 mai 2005 – Vol. 38 N° 156

« … la Charte canadienne stipule clairement que «la loi ne fait acception de personne et s’applique également à tous, et tous ont droit à la même protection et au même bénéfice de la loi». […] L’implantation des tribunaux dits islamiques au Canada n’est pas une affaire de liberté religieuse ni d’accommodement raisonnable. Les musulmans sont des citoyens à part entière, qui jouissent des mêmes droits et des mêmes obligations que l’ensemble des Canadiens. Ils ont le loisir de bâtir leurs mosquées et gérer leurs écoles musulmanes, dont certaines sont financées à même les fonds publics. […] Peut-on justifier l’application de la charia au Canada quand, dans les pays musulmans, les groupes de la société civile réclament son abrogation pour en finir avec la discrimination faite aux femmes? Réclamer l’application de la charia au Canada est un véritable coup de force qui vise à saper l’une des assises fondamentales de notre démocratie: notre système de justice. Elle divise et fragilise une communauté musulmane déjà durement éprouvée par les aléas de l’actualité internationale. »

 

Autre voix entendue à l’Assemblée nationale de Québec : « … nous ne devrions pas revenir en arrière en appliquant la charia ». (Sylvie Roy, députée, Journal des débats, http://www.assnat.qc.ca/fr/travaux-

parlementaires/assemblee-nationale/37-1/journal-debats/20050526/2773.html, jeudi 26 mai 2005 – Vol. 38 N° 156)

MOTION ADOPTÉE PAR L’ASSEMBLÉE NATIONALE DU QUÉBEC

« Mme Houda-Pepin: Merci, M. le Président. M. le Président, je sollicite le consentement de cette Assemblée pour débattre d’une motion présentée conjointement avec mes collègues les députées de Terrebonne et de Lotbinière. Elle se lit comme suit:

«Que l’Assemblée nationale du Québec s’oppose à l’implantation des tribunaux dits islamiques

au Québec et au Canada.»

 

La motion a été adoptée par l’Assemblée nationale de Québec le 26 mai 2005.

(Journal des débats, http://www.assnat.qc.ca/fr/travaux-parlementaires/assemblee-nationale/37-1/journal-debats/20050526/2773.html, 26 mai 2005 – Vol. 38 N° 156)

7

Dans un livre de 2011, Sami Aoun, originaire du Liban, professeur à l’École de politique appliquée de l’Université de Sherbrooke, auteur entre autres des livres Aujourd’hui l’Islam Fractures, intégrisme et modernité et L’islam entre tradition et modernité, écrit ceci :

« En ce qui concerne l’islam, les divergences entre ses groupes et courants peuvent atteindre le degré de la violence sectaire. Le cas le plus illustre est celui de l’Irak où, sur la toile du chaos, se dessine le conflit religieux entre sunnites et chiites [deux branches de l’islam]. L’histoire de la rancune y devient plus présente et est exacerbée par l’idéologisation du religieux. En outre les conflits entre l’interprétation de la charia et les droits de l’homme sont multiples. La charia n’a pas permis d’abolir carrément et expressément l’esclavage, même si ses règles font de la libération d’un esclave converti un acte méritoire et récompensé. Les châtiments corporels (hudûd) vont à l’encontre des droits de l’homme, mais sont prescrits explicitement par la charia. Peu de pays – l’Arabie saoudite et l’Afghanistan sous les talibans en font partie – les considère dans leur règle de droit puisqu’ils ne correspondent plus à la morale de la majorité des musulmans d’aujourd’hui. Plus encore, en 2005, l’islamiste et islamologue Tariq Ramadan, dans un célèbre moratoire, a appelé à la suspension des châtiments corporels pour être plus « fidèle au message de l’islam à l’époque contemporaine » (https://tariqramadan.com/appel-international-a-un-moratoire-sur-les-chatiments-corporels-la-lapidation-et-la-peine-de-mort-dans-le-monde-musulman/).

« La liberté de culte est également problématique dans ce contexte. En effet, le verset coranique édictant qu’il n’y a point de contrainte dans la religion ne peut pas faire oublier d’autres prescriptions coraniques discriminantes envers ceux considérés comme apostats, tel : « Quand vous rencontrerez les infidèles, tuez-les jusqu’en faire un grand carnage. Et serrez les entraves des captifs que vous aurez faits. » (Coran 47 : 4). Il en va de même de la situation de la femme qui comprend la légitimité religieuse du port du voile. Ce dernier est sujet de débat jusqu’à aujourd’hui entre une mouvance majoritaire soucieuse de préserver le voile de la femme comme un ordre divin, et une autre, religieuse aussi, mais dissidente, qui le rejette expressément. La polygamie perçue comme une injustice par la Déclaration des droits de l’homme de 1948, reste une pratique sauvegardée par les dispositions de la charia et perpétuée par le droit interne des pays de l’espace musulman. La même perception s’applique à la procédure du divorce par l’homme et la demande du divorce par la femme, ainsi qu’à la question de l’héritage où la charia a institué un droit de la femme à hériter la moitié de la part du garçon.

« En conclusion, il faut noter que les sujets de controverse, aussi bien du côté chrétien que du côté musulman, constituent un blocage sérieux pour le dialogue islamo-chrétien, qui exige de respecter la liberté de conscience de l’interlocuteur. Ce dialogue est appelé à englober les droits de l’homme, seul garant du « vivre ensemble ».

Sami Aoun, Le Retour turbulent de Dieu. Politique, religion et laïcité, Médiaspaul, © 2011, p. 109-111



Au cours de la Soirée d’échanges, l’imam de la Mosquée de Lévis, M. Karim Elabed, a fait l’éloge de la Loi islamique, aussi appelée Charia. Deux ou trois personnes présentes dans l’auditoire ont protesté : le Canada, le Québec, sont des pays laïques, ont-ils dit à l’imam, il est impensable d’y appliquer une loi religieuse :

Érik Deschênes, Le Journal de Lévis, 19 mai 2017

 

Donc, Le Tremplin Centre pour personnes immigrantes et leurs familles et la Mosquée de Lévis ont voulu, disent-ils, faire découvrir le « vrai » Islam aux Lévisiens; en mai 2017, pour atteindre cet objectif, ils ont invité les gens de Lévis à écouter deux musulmans : une personne originaire de l’étranger qui aurait été nommée imam après son arrivée au Québec, et une ancienne non-musulmane née au Québec et convertie à l’Islam (on ne sait pas quelles études théologiques ces deux personnes ont faites, si elles ont déjà fréquenté une vraie faculté de théologie).

Vouloir démystifier l’islam auprès de non-musulmans, vouloir éclairer des non-musulmans sur l’islam, vouloir faire découvrir l’Islam à des non-musulmans… Oui, mais comment? En demandant à deux musulmans de parler de l’Islam à ces non-musulmans? Vous, Monsieur Lehouillier, vous baseriez-vous seulement sur la parole de promoteurs pour déterminer si la Ville de Lévis doit accepter de les aider à réaliser un projet, de les subventionner, par exemple ? Non, bien sûr. Un étudiant qui rédige un mémoire sur les relations tendues entre le bouddhisme et une autre religion en Inde peut-il se contenter d’interroger seulement des bouddhistes? Non, bien sûr. Au collège, à l’université, au travail, la rigueur s’impose; dans les organismes communautaires subventionnés par la Ville de Lévis aussi! La Soirée d’échange de mai 2017 organisée par le Tremplin et la Mosquée de Lévis, c’était de la propagande religieuse!

Après la Soirée d’échange de mai 2017, j’ai suggéré au Tremplin de donner la possibilité, à des personnes plus impartiales qu’un imam et une musulmane qui adorent l’Islam et vénèrent le Coran, de renseigner les Lévisiennes et les Lévisiens sur l’Islam. À ma connaissance, ma suggestion n’a pas été retenue; portant, depuis mai 2017, le Tremplin aurait eu amplement le temps de faire entendre aux gens de Lévis des universitaires ferrés sur l’islam, et rigoureux et honnêtes.

La Soirée du 18 mai 2017 a eu lieu à l’époque où aussi au moins deux des membres du conseil d’administration du Tremplin étaient musulmans (il est pertinent de signaler ici).

Un bénévole du Tremplin a été expulsé parce qu’il a critiqué la Soirée d’échanges de mai 2017. Savez-vous quoi? LE BÉNÉVOLE A ÉTÉ EXPULSÉ SANS QU’ELHADJI MAMADOU DIARRA, GUILLAUME BOIVIN ET LE TREMPLIN CENTRE POUR PERSONNES IMMIGRANTES ET LEURS FAMILLES LUI OFFRENT LA POSSIBILITÉ DE DONNER SA VERSION DES FAITS DEVANT LES MEMBRES RÉUNIS EN ASSEMBLÉE OU DEVANT LE CONSEIL D’ADMINISTRATION. LE BÉNÉVOLE A ÉTÉ BÂILLONNÉ. (Le bénévole expulsé dialoguerait volontiers, accompagné d’un spécialiste, avec les membres et les bénévoles du Tremplin.)

Monsieur Lehouillier, ne trouvez-vous pas scandaleux [est scandaleux, ce « qui paraît incompréhensible et qui, par conséquent, pose problème à la conscience, déroute la raison », lit-on au http://www.cnrtl.fr/lexicographie/scandale], ne trouvez-vous pas scandaleux que le Tremplin, le Conseil d’administration du Tremplin n’ait pas donné la possibilité au bénévole expulsé de s’adresser aux membres du Tremplin dans le cadre d’une assemblée générale extraordinaire, avant qu’il ne soit expulsé?

Monsieur Lehouillier, ne trouvez-vous pas scandaleux que le Conseil d’administration du Tremplin n’ait pas donné la possibilité au bénévole expulsé de s’adresser à lui dans le cadre d’une réunion ordinaire ou extraordinaire?

Que signifie, selon vous, Monsieur Lehouillier, le fait que le Tremplin, le président du conseil d’administration du Tremplin, M. Elhadji Mamadou Diarra, et le directeur du Tremplin, M. Guillaume Boivin, n’aient pas compris que c’était agir d’une manière non conforme à la justice de ne pas permettre au bénévole expulsé de présenter son point de vue, sa version des faits, au conseil d’administration du Tremplin, aux membres du Tremplin ou à la fois au conseil d’administration du Tremplin et aux membres du Tremplin?

Pour terminer, je vous invite à demander au Tremplin de faire parvenir à la Ville de Lévis tous ses États financiers, s’il ne l’a pas fait.

Vous connaissez les convenances qui régissent la vie en société; je ne doute pas que vous agirez en conséquence.

Naturellement, Monsieur le maire, il serait incompréhensible que la Ville de Lévis ne cesse pas immédiatement de subventionner le Tremplin Centre pour personnes immigrantes et leurs familles.

Je vous prie, Monsieur Lehouillier, d’agréer l’expression de mes sentiments les meilleurs.

Roger Martel, citoyen de Lévis

Membre de l’Ordre des traducteurs, terminologues et interprètes agréés du Québec (OTTIAQ) de 1981 à 2007. Ancien employé du Bureau de la traduction du Gouvernement du Canada. Principal artisan (bénévole) de la publication de huit numéros de la revue trimestrielle de la Société d’histoire régionale de Lévis (2006-2008). Pendant douze ans (1986-1998), principal artisan (bénévole), après les élèves, du journal de l’école primaire Saint-Dominique de Lévis en qualité de père d’élèves, puis de parent d’anciens élèves. Membre fondateur de la Société québécoise d’histoire de la pharmacie. Travailleur bénévole au Tremplin Centre pour personnes immigrantes et leurs familles depuis 2013. Libre d’antécédents judiciaires.



Le Tremplin, Rapport annuel 2017-2018

Site web du Tremplin consulté le 3 octobre 2018

Le conseil d’administration :

Elhadji Mamadou Diarra, président – presidence@letremplinlevis.com 

Normand Deschênes, vice-président

Julien Crozet, trésorier

Louise Paquet, secrétaire

Marie-Josée Gagné, administratrice

Audrée Perron, administratrice

François Provost, administrateur

FIN



DERNIÈRE HEURE

8 OCTOBRE 2018

EN BELGIQUE UN PARTI POLITIQUE VEUT APPLIQUER LA CHARIA

« Les principaux partis belges souhaitent interdire ce parti

qu’ils jugent liberticide » (il tue les libertés de tout le monde) .

Fin

À quoi ressemble la très aimée charia vantée par l’imam de Lévis (Québec), M. Karim Elabed? À celle des Maldives?

Lévis, le 24 septembre 2018

Le 18 mai 2017, à Lévis, dans une chapelle catholique dépouillée de son caractère sacré, l’imam de Lévis, M. Karim Elabed, a déclaré aimer énormément la charia, sans la décrire. Il était, ce jour-là, le principal acteur d’une activité publique organisée par le Tremplin Centre pour personnes immigrantes et leurs familles et par la Mosquée de Lévis. (Le Tremplin est un organisme subventionné par laVille de Lévis, le Mouvement Desjardins et Centraide; son directeur est M. Guillaume Boivin; c’est M. Elhadji Mamadou Diarra, musulman comme M. Elabed, qui en préside le conseil d’administration.)

Aujourd’hui, beaucoup de personnes aimeraient bien que M. Elabed dise aux Lévisiennes, aux Lévisiens, à toute la population du Québec, si la charia qu’il vante ressemble à celle de la République des Maldives, un pays qui attire beaucoup de touristes (ils ne connaissent pas le sort – ou s’en moquent, des Maldiviennes et des Maldiviens qui « sont soumis à la stricte Charia » et dont « le gouvernement […] a réactivé la peine de mort pour les mineurs âgés d’au moins 7 ans » (sept ans, vous avez bien lu!). ( https://information.tv5monde.com/info/maldives-le-soleil-le-sable-et-le-sang-84192).

Dans la République des Maldives, la charia est appliquée, je le répète.

Il y a beaucoup de citoyennes et de citoyens Musulmans aux Maldives; ce n’est pas étonnant : « L’isolat culturel et religieux [aux Maldives] est […] un fondement de la Constitution qui prescrit que seuls les musulmans peuvent être citoyens du pays ». (Fréderic Bobin, Les Maldives entre tourisme et Coran, LE MONDE | 03.03.2012, https://www.lemonde.fr/international/article/2012/03/03/les-maldives-entre-tourisme-et-coran_1651061_3210.html

PARLANT DES MALDIVES, UN COMITÉ DES NATIONS UNIES (COMITÉ POUR L’ÉLIMINATION DE LA DISCRIMINATION À L’ÉGARD DES FEMMES), ÉCRIT EN 2015 :

Qu’il « est […] préoccupé par l’émergence de cas de mutilations génitales féminines dans l’État partie, en dépit des interdictions législatives ». *

Qu’il « est […] préoccupé par le pourcentage élevé de femmes, qui exercent une activité indépendante ou travaillent dans le secteur informel, dépourvues de protections juridique et sociale; par le taux de chômage élevé chez les femmes et par les écarts salariaux entre les sexes dans les secteurs public et privé. Le Comité s’inquiète également des conditions de travail abusives des migrantes employées de maison. *

Qu’il « note avec une vive inquiétude que les relations sexuelles consenties hors mariage sont toujours punies par des peines de flagellation, ce qui touche les femmes et les filles de manière disproportionnée et les dissuade de dénoncer les actes sexuels délictueux. »  *

* (Observations finales du Comité pour l’élimination de la discrimination à l’égard des femmes concernant les quatrième et cinquième rapports périodiques présentés en un seul document : Maldives*, https://ww.ohchr.org/fr/countries/asiaregion/pages/mvindex.aspx).

PARLANT DES MALDIVES, UN COMITÉ DES NATIONS UNIES (COMITÉ DES DROITS DE L’ENFANT) ÉCRIT EN 2015 :

Qu’il « note avec préoccupation que, alors que le tourisme est le principal pilier de l’économie de l’État partie et que des enfants seraient livrés à la prostitution dans le contexte touristique des plages, des bateaux de croisière (« safari boats ») et des maisons d’hôtes, l’État partie n’a toujours pas adopté de mesures pour protéger les enfants des violations de leurs droits qui peuvent naître des activités touristiques, notamment le tourisme pédophile. » **

Qu’il est préoccupé par la : « contradiction entre l’article 20 de la Constitution, qui consacre l’égalité de tous les citoyens, et l’article 9 b), qui impose aux Maldiviens d’être musulmans et dispose que les non-musulmans ne peuvent pas obtenir la nationalité maldivienne ». **

Qu’il est préoccupé par « Le fait que les filles restent victimes de discrimination, en droit et en pratique, notamment qu’elles sont assujetties à la volonté des personnes exerçant sur elles une tutelle paternelle, en vertu de la loi relative à la famille, et n’ont pas le droit d’hériter ». **

** Comité des droits de l’enfant Observations finales concernant le rapport des Maldives valant quatrième et cinquièmes rapports périodiques, https://www.ohchr.org/fr/countries/asiaregion/pages/mvindex.aspx

Je pourrais énumérer bien d’autres passages de rapports de l’ONU sur les Maldives, mais je pense que ceux qui précèdent donnent une bonne idée de ce qu’est la charia et la vie en République islamique des Maldives. On aimerait savoir ce qu’en pense M. Elabed ?

La prochaine fois que je croiserai l’imam de Lévis, je luis dirai : « Me permettrez-vous de vous présenter une demande que vous jugerez certainement raisonnable. J’aimerais que les musulmanes et les musulmans s’entendent pour retirer rapidement du Coran un passage qui fait peur à beaucoup de gens au Canada et ailleurs; il s’agit du passage où dieu ordonne de tuer les chrétiens et les juifs. Il ne faut pas réfléchir longtemps pour établir qu’il n’est pas sage de garder ce message dans le Coran, vous en conviendrez, vous qui accueillez volontiers des chrétiens et des juifs dans votre commerce. »

Roger Martel, citoyen de Lévis

Membre de l’Ordre des traducteurs, terminologues et interprètes agréés du Québec (OTTIAQ) de 1981 à 2007. Ancien employé du Bureau de la traduction du Gouvernement du Canada. Principal artisan (bénévole) de la publication de huit numéros de la revue trimestrielle de la Société d’histoire régionale de Lévis (2006-2008). Pendant douze ans (1986-1998), principal artisan (bénévole), après les élèves, du journal de l’école primaire Saint-Dominique de Lévis en qualité de père d’élèves, puis de parent d’anciens élèves. Membre fondateur de la Société québécoise d’histoire de la pharmacie. Travailleur bénévole au Tremplin Centre pour personnes immigrantes et leurs familles depuis 2013. Libre d’antécédents judiciaires.

P.-S. Voltaire (philosophe et écrivain français1694 – 1778) s’est demandé qu’elle serait la moins mauvaise religion; sa réponse se termine ainsi : ne serait-ce pas celle « qui n’enseignerait que l’adoration d’un Dieu, la justice, la tolérance et l’humanité ? »

Note 1 –

J’enverrais bien ce texte à M. Elabed; mais comme il ne me répond jamais… Il y a un certain temps, j’ai invité M. Elhadji Mamadou Diarra, président du conseil d’administration du Tremplin Centre pour personnes immigrantes et leurs familles, à tenir avec moi un « dialogue » public sur la religion, l’islam, le christianisme, sur l’activité publique organisée en 2017 par le Tremplin Centre pour personnes immigrantes et leurs familles et par la Mosquée de Lévis; nous aurions échangé des lettres, ces lettres auraient été publiées dans le web; M. Diarra préférait que nous nous parlions entre quatre murs. J’ai écrit au président du Centre culturel islamique de Québec, M. Mohamed Labidi; mes critiques auraient dû le faire régir; j’attends encore quelques mots de lui.

Note 2 –

À retenir : « Certains principes énoncés dans la loi islamique [charia] contreviennent aux principes ayant qualité de droits de l’homme, au premier rang desquels la liberté religieuse. Selon la charia, un musulman n’a pas le droit de quitter sa religion pour une autre ou pour l’athéisme. Il s’agit d’un acte d’apostasie qui engendre sa mort civile (ouverture de sa succession) et qui mérite la peine de mort.

« La Grande Chambre de la Cour européenne des droits de l’homme a eu l’occasion de donner un élément de réponse à cette question de compatibilité en 2003 : Celle-ci « partage l’analyse effectuée par la chambre quant à l’incompatibilité de la charia avec les principes fondamentaux de la démocratie, tels qu’ils résultent de la Convention »[1].

Source : ECLJ, https://eclj.org/religious-freedom/pace/la-charia-est-elle-compatible-avec-les-droits-de-lhomme-?lng=fr (Selon son site web, « L’ECLJ est une organisation internationale non gouvernementale fondée en 1998 et dédiée à la promotion et la protection des droits de l’homme en Europe et dans le monde. L’ECLJ est titulaire du statut consultatif spécial auprès des Nations Unies / ECOSOC depuis 2007 ».) 

Note 3 – Extraits de Sami Aoun, Le Retour turbulent de Dieu. Politique, religion et laïcité, Médiaspaul, © 2011

« … les conflits entre l’interprétation de la charia et les droits de l’homme sont multiples. La charia n’a pas permis d’abolir carrément et expressément l’esclavage, même si ses règles font de la libération d’un esclave converti un acte méritoire et récompensé. Les châtiments corporels (hudûd) vont à l’encontre des droits de l’homme, mais sont prescrits explicitement par la charia.

[]

« La liberté de culte est également problématique dans ce contexte. En effet, le verset coranique édictant qu’il n’y a point de contrainte dans la religion ne peut pas faire oublier d’autres prescriptions coraniques discriminantes envers ceux considérés comme apostats, tel : « Quand vous rencontrerez les infidèles, tuez-les jusqu’en faire un grand carnage. Et serrez les entraves des captifs que vous aurez faits. » (Coran 47 : 4). Il en va de même de la situation de la femme qui comprend la légitimité religieuse du port du voile. Ce dernier est sujet de débat jusqu’à aujourd’hui,hui entre une mouvance majoritaire soucieuse de préserver le voile de la femme comme un ordre divin, et une autre, religieuse aussi, mais dissidente, qui le rejette expressément. La polygamie perçue comme une injustice par la Déclaration des droits de l’homme de 1948, reste une pratique sauvegardée par les dispositions de la charia et perpétuée par le droit interne des pays de l’espace musulman. La même perception s’applique à la procédure du divorce par l’homme et la demande du divorce par la femme, ainsi qu’à la question de l’héritage où la charia a institué un droit de la femme à hériter la moitié de la part du garçon.

« En conclusion, il faut noter que les sujets de controverse, aussi bien du côté chrétien que du côté musulman, constituent un blocage sérieux pour le dialogue islamo-chrétien, qui exige de respecter la liberté de conscience de l’interlocuteur. Ce dialogue est appelé à englober les droits de l’homme, seul garant du « vivre ensemble ».

Sami Aoun, Le Retour turbulent de Dieu. Politique, religion et laïcité, Médiaspaul, © 2011, p. 109-111 –

Politologue, spécialiste du Moyen-Orient, M. Aoun est professeur titulaire à l’École de politique appliquée de l’Université de Sherbrooke (Québec). Il a écrit plusieurs livres : Aujourd’hui l’Islam Fractures, intégrisme et modernité;  L’Islam entre tradition et modernité; Mots-clés de l’islam; etc.

La mosquée est au rez-de-chaussée.

Photo prise par Roger Martel

Lettre ouverte à un imam qui vante la charia à Lévis (Québec).

Lévis, le 17 août 2018

Monsieur Karim Elabed, imam

Mosquée de Lévis (Québec)

Monsieur,

Vous trouverez ci-dessous la lettre que j’ai envoyée le 16 août 2018 au président du conseil d’administration du Tremplin Centre pour personnes immigrantes et leurs familles (Lévis) et au directeur dudit Tremplin.

Auriez-vous la bonté de me dire si vous êtes d’accord avec les affirmations suivantes que contient la lettre mentionnée ci-dessus:

1) La charia est incompatible avec les droits de l’homme;

2) En matière pénale, les peines cruelles, inhumaines et dégradantes sont autorisées par la charia.

Pourriez-vous me dire également pourquoi les Québécoises et les Québécois devraient se réjouir que vous leur ayez présenté la charia sous un très beau jour?

Je serais heureux de vous donner la parole au www.lepasseurdelacote.com, où paraîtra la présente.

Veuillez agréer, Monsieur, mes salutations distinguées.

Roger Martel, citoyen de Lévis

P.-S. Vous n’avez pas répondu aux messages que je vous ai envoyés dans le passé. Un oubli, certainement.

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Lettre envoyée le 16 août 2018 au président du conseil d’administration du Tremplin Centre pour personnes immigrantes et leurs familles (Lévis) et au directeur dudit Tremplin :

Lévis, le 16 août 2018

Monsieur Elhadji Mamadou Diarra, président du conseil d’administration

Monsieur Guillaume Boivin, directeur

Le Tremplin , 52, Côte du passage, Lévis (Québec)

Messieurs,

Une activité appelée « Vivre ensemble : Soirée d’échange avec la communauté musulmane » a été organisée et offerte aux gens de Lévis par Le Tremplin Centre pour personnes immigrantes et leurs familles et la Mosquée de Lévis. Au cours de cette soirée, un marchand et imam, M. Karim Elabed, a vanté la charia. Or :

a) La charia est incompatible avec les droits de l’homme, écrit le Centre européen pour le droit et la justice, qui est titulaire du statut consultatif spécial auprès des Nations Unies / Conseil économique et social : « La charia est-elle compatible avec les droits de l’homme ? C’est une question concrète qui se pose de plus en plus en Europe […] et à laquelle l’Assemblée Parlementaire du Conseil de l’Europe (APCE) a décidé de chercher à répondre. En effet, au sein de la grande Europe, il est des territoires où la charia (ou « loi islamique ») est appliquée. Cela pose un problème au regard des droits de l’homme dans la mesure où ces États sont parties à la Convention européenne des droits de l’homme (CEDH) et en même temps appliquent ou respectent une justice islamique contraire à la Déclaration universelle des droits de l’homme (DUDH) et à la CEDH [Convention européenne des droits de l’homme]». (Source : https://eclj.org/religious-freedom/pace/la-charia-est-elle-compatible-avec-les-droits-de-lhomme-?lng=fr)

b) « En matière pénale, les peines cruelles, inhumaines et dégradantes sont autorisées par la charia [c’est la Commission des questions juridiques et des droits de l’homme du Conseil de l’Europe qui l’affirme], comme par exemple la lapidation à mort, la mort par décapitation ou pendaison, l’amputation d’un membre, la flagellation [la liste n’est pas complète]. De plus, l’apostasie [renonciation publique à une religion] de l’islam a pour effet d’une part, la mort civile de l’apostat ayant pour effet d’ouvrir sa succession, et d’autre part, sa mise à mort, s’il ne se rétracte pas. Enfin, les non-musulmans ne se voient pas reconnaître les mêmes droits que les musulmans en matière civile et pénale, ce qui constitue une discrimination fondée sur la religion, au sens de l’article 14 de la Convention » [Convention européenne des droits de l’homme]. (Source : http://www.assembly.coe.int/Committee/JUR/fjdoc282016.pdf)

Les gens du Québec apprécieraient, Monsieur Diarra, Monsieur Boivin, que vous leur expliquiez pourquoi Le Tremplin et la Mosquée de Lévis ont tenté de leur faire enfourcher l’idée que la charia est désirable. N’oubliez pas que vous avez des comptes à rendre à ceux qui vous donnent de l’argent : Ville de Lévis, Ministère de l’Immigration, de la Diversité et de l’inclusion, Mouvement Desjardins, Centraide, etc.

Je publierai la présente au www.lepasseurdelacote.com.

Bien à vous,

Roger Martel, citoyen de Lévis

Principal artisan, après les élèves, du journal de l’école primaire Saint-Dominique de Lévis, pendant douze ans (1986-1998)

Membre de l’Ordre des traducteurs, terminologues et interprètes agréés du Québec pendant vingt-six ans

Traducteur pour le Gouvernement du Canada pendant une vingtaine d’années, moitié comme pigiste, moitié comme employé

Bénévole pour Le Tremplin Centre pour personnes immigrantes et leurs familles entre 2013 et 2018

P.-S. Au cours de l’activité « Vivre ensemble » seuls deux musulmans se sont adressés au public. Pour éviter d’être soupçonné d’avoir fait de la propagande en faveur de l’islam, le Tremplin pourrait donner la parole à des universitaires rigoureux ferrés sur les religions, sur l’islam, que pourrait accompagner, pourquoi pas? une personne comme Mme Louise Arbour, autrefois juge à la Cour suprême du Canada et Haut Commissaire des Nations Unies aux droits de l’homme; ces personnes instruiraient des Lévisiennes et des Lévisiens sur les droits fondamentaux des êtres humains, sur le droit islamique. En 2008, Mme Arbour a déclaré que la Charte arabe des droits fondamentaux était « incompatible avec les normes internationales » (source : https://news.un.org/fr/story/2008/01/124852-hcdh-la-charte-arabe-des-droits-fondamentaux-incompatible-avec-les-normes#.V8A9SWX89Gg); il serait intéressant de l’écouter.

Message destiné à l’imam de Lévis, M. Karin Elabed – La loi islamique (charia)

Lévis, le 30 juillet 2018

 

Monsieur Karim Elabed, imam

Mosquée

Lévis (Québec)

 

Monsieur,

À Lévis, devant des Lévisiennes et des Lévisiens (j’imagine que la majorité étaient des catholiques ou avaient grandi auprès de parents catholiques), vous avez présenté sous un très beau jour ce que vous avez appelé « la charia » (loi islamique); cette rencontre, organisée par votre mosquée et Le Tremplin Centre pour personnes immigrantes et leurs familles, portait ce nom : « Vivre-ensemble : Soirée d’échange avec la communauté musulmane ».

Dire à l’autre qui l’on est

« ON A DU MAL À SAVOIR CE QUE LE TERME « CHARIA » RECOUVRE PRÉCISÉMENT » (1) Comme il existe beaucoup de « charias » dans le monde, il me semble, Monsieur Elabed, que vous n’auriez pas dû présenter votre « charia » sans dire avec un minimum de précision ce qu’elle contient. Pourriez-vous dire maintenant aux gens de Lévis quel est le contenu de votre « charia »?

(1) Beaudoin Dupret, La charia. Des sources à la pratique, un concept pluriel, Paris, La Découverte, coll. Cahiers libres, 2014, p. 27. M. Dupret, spécialiste du droit dans les sociétés arabes et islamiques, est chercheur à l’Institut français du Proche-Orient.

LA CHARIA EST LA « LOI CANONIQUE ISLAMIQUE » La charia, dit un dictionnaire Larousse (2), est la « Loi canonique islamique régissant la vie religieuse, politique, sociale et individuelle, appliquée de manière stricte dans certains États musulmans » (vous avez bien lu : le dictionnaire dit bien que la charia régit la vie politique, la vie sociale…). Vous n’avez pas expliqué, Monsieur Elabed, comment pourrait être appliquée votre « charia » au Canada et au Québec, des entités laïques. Pourriez-vous le faire maintenant, pour les gens de Lévis? Pourriez-vous aussi expliquer pourquoi le quotidien montréalais La Presse en 2014 a pu écrire ce titre : « La Tunisie rejette la charia » (http://www.lapresse.ca/international/afrique/201401/04/01-4725613-constitution-la-tunisie-rejette-la-charia.ph), pourquoi la Tunisie, dont la grande majorité des citoyennes et des citoyens sont des musulmans sunnites (http://www.liberte-religieuse.org/tunisie/), n’ont pas voulu de la charia?

(2) https://www.larousse.fr/dictionnaires/francais/charia/14756

Dans les activités comme « Vivre-ensemble : Soirée d’échange avec la communauté musulmane », il faut que les imams (les prêtres aussi, il va de soi) et les porte-paroles officiels ou « autoproclamés » des musulmans (et ceux des chrétiens aussi, bien sûr) : évitent de faire des affirmations qui ne sont pas claires et qui peuvent embrouiller ou embrouillent celles et ceux qui les entendent; il faut qu’ils évitent de faire des affirmations qui ne sont pas suffisamment élaborées; il faut qu’ils évitent de faire des affirmations qui constituent des demi-vérités (à plus forte raison, il faut qu’ils évitent de mentir par omission ou autrement, est-il nécessaire de le dire?). Naturellement, la communauté musulmane doit veiller à ce que les personnes dûment autorisées à parler en son nom (mais qui leur donne cette autorisation?) possèdent les connaissances requises pour assumer cette importante responsabilité, pour traiter des sujets au programme, et ne pas tolérer les porte-paroles « autoproclamés », dans la mesure du possible. J’ajoute qu’il ne peut être satisfaisant, acceptable, d’organiser des échanges entre un ou deux musulmans inaptes à jouer leur rôle correctement ou même avec des musulmans possédant de vastes connaissances sur l’islam, d’une part, et un auditoire catholique, d’autre part, sur des sujets comme les rapports entre l’islam et la violence, les différences entre le dieu des musulmans et celui des chrétiens (y en a-t-il? islam et christianisme ont-ils le même dieu?), le salafisme, etc.; il vaut mieux organiser des échanges entre des spécialistes rigoureux pour traiter de tels sujets avec une profondeur suffisante devant des personnes qui s’interrogent (à qui on donnera la possibilité de poser des questions). On comprendra que des personnes qui n’ont jamais tenu un Coran entre leurs mains, qui n’ont pas beaucoup lu sur l’islam, peuvent difficilement trouver quelque chose à redire à un musulman qui leur exprimerait sa pensée, du haut d’une estrade, sur des points de doctrine, sur des dogmes, sur les droits humains islamiques, ou sur la loi islamique (charia).

Dans les dialogues entre les musulmans et les chrétiens, la clarté des déclarations écrites ou orales, la franchise des interlocuteurs et la sincérité de leurs paroles sont de première importance. La mauvaise foi n’est pas le fait d’amis. La mauvaise foi mène à un cul-de-sac.

L’islam inquiète-t-il?

Qui peut nier – vous-même, Monsieur Elabed, ne le nieriez sans pas, que des musulmans se soumettent ou sont obligés de se soumettre, dans certaines parties du monde, à des lois, à des règles, à des interdits que la grande majorité des citoyennes et des citoyens du Québec et du reste du Canada rejettent catégoriquement? Il n’est pas étonnant, par conséquent, que l’islam inquiète (que celle ou celui qui en doute consulte des sources sérieuses du web).

Pour l’islam au Canada, il serait très bénéfique, ça m’apparaît évident, que les musulmanes et les musulmans manifestent publiquement leur opposition aux lois, règles et interdits de l’islam inacceptables au Canada, mais qui existent ailleurs.

Il serait bénéfique pour l’islam au Canada que les musulmanes et les musulmans canadiens interviennent publiquement quand, par exemple, il est question dans les organes d’information de la Déclaration islamique universelle des droits de l’homme de 1981 et de son article 12 qui se lit ainsi « Toute personne a le droit d’exprimer ses pensées et ses convictions dans la mesure où elle reste dans les limites prescrites par la Loi », c’est-à-dire la charia, comme le précise cette note d’explication de la Déclaration : « Le terme « Loi » signifie la shari’ah, c’est-à-dire la totalité des ordonnances tirées du Coran et de la Sunnah et toute autre Loi déduite de ces deux sources par des méthodes jugées valables en jurisprudence islamique. « (3). La plupart des Québécoises et des Québécois n’accepteraient pas que leur déclaration des droits humains contienne des limites imposées par une religion.

(3) https://fr.wikisource.org/wiki/D(%C3%A9claration_islamique_universelle_des_droits_de_l%E2%80%99homme_de_1981

Il serait bénéfique pour l’islam au Canada que les musulmanes et les musulmans canadiens dénoncent publiquement le sort des musulmanes de l’étranger qui sont considérées comme des personnes mineures et qui sont placées sous la responsabilité d’un tuteur masculin, réclament que les musulmans et les musulmanes aient partout le droit d’abandonner leur religion publiquement, fassent campagne pour que les musulmanes et les musulmans homosexuels ne soient pas traités différemment des hétérosexuels et des bisexuels.

Ne croyez-vous pas, Monsieur Elabed, que les communautés musulmanes du Canada réduiraient l’inquiétude que l’islam fait naître dans une partie de la population du Canada si elles faisaient savoir plus souvent aux Canadiennes et aux Canadiens ce qu’elles pensent de telle ou telle question (liberté religieuse, homosexualité, etc.)? Cela permettrait aux non-musulmans de les connaître mieux, les non-musulmans se rendraient compte que l’islam n’est pas vécu de la même façon partout dans le monde. La vie ne serait-elle pas plus belle?

(Je vous soumets une idée : l’islam du Canada devrait publier un livre informatif qui pourrait s’intituler L’Islam : comment on le vit au Canada.)

Des enfants à l’école coranique

Depuis peu, le dimanche, je pense à des enfants musulmans que je connais depuis quelques années; je pense à eux d’une manière particulière depuis que j’ai appris qu’ils fréquentent une école coranique, le dimanche (des écoles coraniques accueillent les enfants de quatre ans, comme vous le savez, Monsieur Elabed). J’ai fait découvrir la Terrasse du Chevalier de Lévis à ces enfants et à leurs parents; un jour, je suis allé les rencontrer, à l’invitation de leurs parents, dans un parc de Lévis (le plus âgé des enfants allait jouer au soccer); ces enfants ont vécu un nuit de Noël chez moi, avec leurs parents, avec les miens, avec d’autres personnes nées au Québec ou ailleurs. Aujourd’hui, ces enfants fréquentent une école coranique, ils récitent le Coran. Je me demande : est-il pour bientôt, le dimanche où on leur fera lire le passage qui constitue un appel à tuer les juifs et les chrétiens, ou un autre des passages dits douloureux du Coran (on sait que la Bible contient elle aussi des passages douloureux)? J’imagine que l’école aura la bonne idée de reporter à plus tard, à des années plus tard, la lecture (et l’explication ou la tentative d’explication) des passages douloureux. Par ailleurs, je sais que les musulmanes et les musulmans ne prennent pas au pied de la lettre les passages douloureux (il y en a qui le font – des candidats au terrorisme et des terroristes, par exemple, mais ils constituent une minorité); je sais aussi que les enfants dont je parle ici ont des parents qui voudront leur faire comprendre qu’il n’est pas question pour les musulmans de tuer les adeptes d’autres religions ou qui que ce soit. Malgré tout, j’aimerais que les passages violents des livre sacrés soient supprimés; je ne vois pas pourquoi quelqu’un y perdrait. Je sais que des penseurs musulmans respectés demandent que certains passages du Coran soient retirés. Qu’en pensent les musulmanes et les musulmans du Canada, les imams du Canada, Monsieur Elabed?

Les dialogues entre l’islam et le christianisme sont laborieux, ils s’éternisent. Mahomet lui-même, mort en 632, a dû dialoguer avec des chrétiens, ou des chrétiens ont dû dialoguer avec Mahomet; des siècles et des siècles plus tard, dans les années 1960, le Concile Vatican II (chez les catholiques, assemblée d’évêques et de théologiens présidée par le pape) a cherché à favoriser les discussions entre les chrétiens et les musulmans; mais, en 2015, François Jourdan, islamologue, docteur en histoire des religions et en anthropologie religieuse, théologien, a écrit : « lorsque le Concile Vatican II a ouvert les portes de l’altérité et du dialogue, après un moment d’euphorie bien compréhensible pour sortir des ornières du passé, on s’est installé commodément dans le dialogue superficiel, le dialogue de salon, faussement consensuel » (Islam et christianisme. Comprendre les différences de fond, nouvelle édition, Paris, Éditions du Toucan, 2015); et en 2018, le Conseil pontifical pour le dialogue interreligieux, dans son message aux musulmanes et aux musulmans célébrant le début du Ramadan, s’est permis d’écrire, un demi-siècle après Vatican II, cette phrase qui en dit long sur le dialogue islamo-chrétien : « Chrétiens et musulmans doivent passer de la confrontation à la collaboration » (https://www.la-croix.com/Religion/Catholicisme/Pape/Le-Vatican-appelle-collaboration-entre-chretiens-musulmans, 18 mai 2018). Nous deux, Monsieur Elabed, on s’essaie, on entame un vrai dialogue?

Je vous lirais avec intérêt.

Recevez, Monsieur, mes salutations distinguées.

Roger Martel, citoyen de Lévis (Québec)

P.-S. Cette communication et votre réponse, si vous me répondez, seront publiées dans le web, au www.lepasseurdelacote.com.

Je transmettrai cette communication au Tremplin Centre pour personnes immigrantes et leurs familles ainsi qu’à un certain nombre de personnes, dont M. Mohamed Labidi, président du Centre culturel islamique de Québec.

Roger Martel

À Lévis (Québec), grande soirée d’échanges avec la communauté musulmane le jeudi 18 mai 2017 au Patro (6150, rue Saint-Georges), de 19 h à 21 h

 

Enfin, à Lévis :

 Lévisiennes et Lévisiens, gens des alentours aussi, profitez-en !

C’est une occasion exceptionnelle de vous renseigner.

 Le jeudi 18 mai 2017

 

6150, rue St-Georges

Lévis, G6V 4J8

Tél : 418 833-4477

Pour une demande d’informations : renseignement@patrolevis.org  •  Facebook  •  Twitter