Affirmer la laïcité, un pas de plus vers l’égalité réelle entre les femmes et les hommes.

Affirmer la laïcité, un pas de plus vers l’égalité réelle entre les femmes et les hommes [de toutes religions ou sans religion, précise le Passeur de la Côte]

Par le Conseil du statut de la femme [du Québec], https://www.csf.gouv.qc.ca/wp-content/uploads/avis-affirmer-la-laicite-un-pas-de-plus-vers-legalite-reelle-entre-les-femmes-et-les-hommes.pdf, 2011

La laïcité ne naît pas naturellement au sein d‘un État, elle se bâtit. Le Québec est à l‘heure des choix.

Nous avons démontré que l‘affirmation solennelle que l‘État est areligieux est un exercice urgent à faire, absolument nécessaire, comme en témoignent les crises, les revendications citoyennes et les recours aux tribunaux, et qui doit être mené collectivement. On ne peut laisser les tribunaux – et la Commission des droits – définir chaque cas individuellement, en n‘ayant que la protection des droits individuels enchâssés dans les chartes à interpréter. Ne pas agir, c‘est continuer de s‘avancer vers la « laïcité ouverte » aux violations des droits des femmes.

Les frontières de l‘État québécois par rapport au religieux doivent être affirmées et décidées collectivement afin que toutes les consciences soient respectées. Car c‘est par l’adhésion citoyenne que ce nouveau pacte sera scellé, que les croyances religieuses de la majorité, comme celles des minorités, cèderont volontairement le pas au respect de toutes les consciences et de toutes les religions au sein des institutions publiques : « Au contraire des appartenances religieuses, qui par nature excluent l‘autre, l‘appartenance citoyenne est inclusive. Elle est encore plus nécessaire dans une société pluraliste »466. L‘exercice collectif est essentiel afin que chacune et chacun se responsabilise relativement aux choix qui seront faits. Ce ne sera plus « la faute aux chartes »467, si l‘on décide de cesser d‘imposer des rituels religieux et des signes manifestement visibles dans les lieux de l‘État, ce sera un choix collectif conscient. La laïcité québecoise sera garante d‘un espace institutionnel inclusif et exempt de discrimination.

Les mesures demandées par le Conseil visent à promouvoir l‘égalité entre les sexes. L‘engagement de l‘État envers la laïcité est fondamental afin de conserver les droits des femmes chèrement acquis au cours des années. Il est nécessaire aussi à la réalisation de l‘atteinte de leur égalité réelle. C‘est un exercice urgent, difficile, mais indispensable et le Conseil invite le gouvernement à ne pas reculer devant cette tâche. Ne pas agir, c‘est faire un choix. Choisir la laïcité, c‘est se rallier autour d‘un projet rassembleur pour le Québec qui chérit l‘égalité entre les sexes. Le Conseil est convaincu que ces choix sont requis pour faire avancer l‘égalité, tout comme il est conscient qu‘ils demandent une volonté politique forte.

 

466 D. GUILBAULT, op. cit., p. 86.

467 Le maire de Trois-Rivières, en réaction à l‘avis de la Commission des droits, disait que « [l]a fameuse

Charte nous dicte encore quoi faire. Il faut la revoir parce qu’il commence à y avoir des dérapages ».

M. FRANCOEUR, « La prière a disparu », Le Nouvelliste, [En ligne], 28 septembre 2010.

[www.cyberpresse.ca/le-nouvelliste/actualites/201009/28/01-4327220-la-priere-a-disparu.php].

Nettoyage ethnique au Québec : Que l’on prive M. William Steinberg de son poste de maire!

Lévis, le 5 avril 2019

Commission municipale du Québec

10, rue Pierre-Olivier-Chauveau, Mezzanine, aile Chauveau

Québec, (Québec) G1R 4J3

Objet : Déclarations extrêmement graves du maire de Hampstead, M. William Steinberg.

 

Madame ou Monsieur,

À propos du projet de loi 21 sur la laïcité déposé récemment à l’Assemblée nationale du Québec, le maire de la municipalité de Hampstead, M. William Steinberg, a dit, le 5 avril 2019, que le projet de loi  :

« est une tentative de faire partir ceux qui pratiquent des religions minoritaires, ne laissant que des non-croyants et des chrétiens au Québec. C’est du nettoyage ethnique – pas avec un fusil, mais avec une loi. C’est raciste et c’est ignoble. »1

« C’est raciste et méprisable », a ajouté M. Steinberg pour qualifier la volonté du gouvernement Legault de bannir les symboles religieux auprès des employés de l’État en position d’autorité.»2

Circonstance aggravante, les paroles de M. William Steinberg ont été prononcées lors d’une conférence de presse (donc devant des journalistes) à laquelle participaient, à Côte-Saint-Luc, des élus de tous les paliers de gouvernement opposés au projet de loi.

M. Simon Jolin-Barrette, ministre du gouvernement du Québec, a déclaré : « Des propos comme ceux-ci ne sont pas acceptables et des accusations comme celles-ci, elles n’ont pas leur place. »

Les affirmations du maire William Steinberg sont extrêmement graves (je laisse le soin aux experts de déterminer si M.William Steinberg a enfreint le Code criminel du Canada ou une autre loi) étant donné que « Les experts appréhendent le nettoyage ethnique comme une pratique contraire au droit international qui consiste à rendre une zone ethniquement homogène en utilisant la force ou l’intimidation pour faire disparaître de la zone en question des personnes appartenant à des groupes déterminés ».3

Je demande que la Commission municipale du Québec destitue M. William Steinberg de sa fonction de maire ou demande au gouvernement du Québec, si c’est lui qui a le pouvoir de destituer un maire, de faire les actions nécessaires pour priver M. William Steinberg de sa fonction de maire.

 

Recevez, Madame ou Monsieur, mes sentiments les meilleurs.

Roger Martel, citoyen de Lévis

 

1. Pierre Saint-Arnaud, Sidhartha Banerjee, Laïcité: le projet de loi qualifié de «nettoyage ethnique» par un élu, La Presse, 5 avril 2019, https://www.lapresse.ca/actualites/politique/201904/05/01-5221078-laicite-le-projet-de-loi-qualifie-de-nettoyage-ethnique-par-un-elu.php.

2. Projet de loi sur la laïcité: le maire de Hampstead évoque un «nettoyage ethnique», Le Journal de Montréal, https://www.journaldemontreal.com/2019/04/05/le-ministre-jolin-barrette-denonce-les-propos-inacceptables-du-maire-de-hampstead-1).

3. Émile Ouédraogo, Génocide et « nettoyage ethnique » : quelle différence en droit international pénal ? http://www.quidjustitiae.ca/blogue/genocide-et-nettoyage-ethnique-quelle-difference-en-droit-international-penal,

23 décembre 2014. M. Émile Ouédraogo est chercheur en études stratégiques et diplomatiques, Chaire Raoul-Dandurand, Université du Québec à Montréal.

Solidarité sans frontières voit beaucoup, beaucoup, beaucoup de racistes et d’islamophobes au Québec.

« Solidarité sans frontières souhaite dénoncer fortement le projet de loi 21 qui est proposé par le gouvernement CAQ et le discours et visées racistes et islamophobes qui le sous-tendent. »

T’es mal informé, Solidarité sans frontières : le projet de loi québécois sur la laïcité n’est pas l’oeuvre de racistes et d’islamophobes; la majorité des Québécois, qui ne sont ni racistes, ni islamophobes, approuvent ce projet. Lis les quotidiens du Québec : Le Devoir, Le Journal de Montréal, Le Soleil; tu y verras bien des articles et éditoriaux qui applaudissent le projet de loi sur la laïcité; écoute LCN et le Réseau de l’information (RDI); tu y entendras bien des gens favorables au projet de loi sur la laïcité. *

Dans la déclaration que tu es en train de préparer, il serait bien que tu communiques à tes membres ce passage du texte « Droits et devoirs » de François Rioux publié dans Le Devoir aujourd’hui, 5 avril 2019 :

 

« Quel est le pays où 75 % des musulmans sont en faveur de l’interdiction du port du voile islamique chez les fonctionnaires, y compris les enseignants ? Aussi surprenant que cela puisse paraître, il s’agit bien de… la France !

« Voilà en effet ce que nous apprenait une vaste enquête de l’IFOP publiée la semaine dernière. Non seulement la loi de 1905, dite de séparation de l’Église et de l’État, est-elle approuvée par 87 % des Français, mais elle est aussi plébiscitée par trois musulmans sur quatre ! La même enquête nous apprend que 66 % des musulmans s’opposent à toute modification de cette loi qui fonde, en France, l’interdiction faite à tout fonctionnaire de porter un signe religieux.

« Au moment où les accusations fusent contre la loi de François Legault sur la laïcité de l’État, il n’est pas inutile de savoir que la laïcité peut aussi être un objet de consensus. Il restera à nous expliquer comment une telle loi pourrait être à la fois « islamophobe » et approuvée par une majorité de musulmans… »

https://www.ledevoir.com/opinion/chroniques/551452/droits-et-devoirs?utm_source=infolettre-2019-04-05&utm_medium=email&utm_campaign=infolettre-quotidienne

Comme tu ne désires sans doute pas envoyer tes messages à des racistes et à des islamophobes, je te prie de retirer mon nom de ta liste d’abonnés puisque tu penses que je suis raciste et islamophobe. Et puis, je ne te fais plus confiance : si tu dis dans le monde entier que la majorité des Québécois sont racistes et islamophobes, comment être certain que ce que tu me dis sur d’autres populations et pays est exact?

Roger Martel, citoyen de Lévis (Québec)

Interdiction pour certains Québécois de porter des signes religieux au travail – Combien de ces personnes déménageraient pour pour aller vivre dans un pays qui rejette la Déclaration universelle des droits de l’homme?

Réaction à la chronique  du 4 avril 2019 de Madame Émilie Nicolas (journal Le Devoir de Montréal) 

https://www.ledevoir.com/opinion/chroniques/551388/ce-qui-se-passe-au-quebec-comme-ailleurs-est-grave

Lévis, le 4 avril 2019

Bravo, Madame Émilie Nicolas, vous avez effectué de nombreux bons tirs dans votre chronique du 4 avril 2019. Intitulée Ce qui se passe au Québec comme ailleurs est grave, elle vous a été inspirée par le projet de loi sur la laïcité du gouvernement du Québec. Vous y parlez des Ouïghours « [ relégués] aux travaux forcés », des Rohingyas du Myanmar qui « ont aussi fait l’objet d’un génocide », de « l’indésirabilité mondiale des Juifs comme condition nécessaire de l’Holocauste », du « génocide envers les peuples autochtones » rendu possible au Canada par la Loi sur les Indiens, de la Loi [canadienne] sur les mesures de guerre qui « a permis l’internement systématique des Canadiens d’origines japonaise, allemande et italienne durant la Deuxième Guerre mondiale ». Et votre texte se termine merveilleusement bien : « L’engrenage dans lequel on met le doigt s’inscrit […] dans une dynamique internationale qui mine la démocratie, déshumanise, prend des populations en souricière et exacerbe la violence et les préjugés ». Il faudrait vite demander au premier ministre du Canada d’envoyer l’armée au Québec pour protéger les victimes du gouvernement provincial.

Dans votre texte, vous parlez des musulmanes, ciblées selon vous par le projet du gouvernement. Voici comment aider davantage ces femmes, Madame : écrivez des chroniques pour essayer de les libérer d’interdits honteux de l’islam; écrivez-en pour parler de l’imam de ma région qui est marié à une chrétienne et qui a refusé, comme le veut sa religion, que les enfants qu’elle lui a « donnés » soient chrétiens, qui impose à sa femme de ne pas transmettre à ses enfants sa foi à elle; écrivez pour parler du droit de l’homme musulman d’épouser une chrétienne, de l’interdiction pour la femme musulmane d’épouser un non-musulman; pour poser la question : « Est-ce que c’est bon pour la santé des enfants des musulmans (et des femmes non-musulmanes mariées à un musulman) d’être obligés de réciter et de mémoriser tout le Coran? ». Dans une chronique, dites, Madame Nicolas, si vous conseilleriez à quelqu’un d’aller dans un pays musulman promouvoir la vente d’un livre intitulé « Combattez tous les musulmans! »? Au Canada, personne n’a peur d’exhiber un Coran qui commande aux lecteurs : « Combattez : ceux qui ne croient pas en Dieu et au Jour dernier; ceux qui ne déclarent pas illicite ce que Dieu et son Prophète ont déclaré illicite; ceux qui, parmi les gens du Livre, ne pratiquent pas la vraie religion. » (Traduction de l’islamologue Denise Masson) Elles ne seront pas nombreuses les personnes touchées par le projet de loi, musulmanes ou autres, qui préféreront aller se réfugier dans un pays qui n’adhère pas à la Déclaration universelle des droits de l’homme (le Canada est l’un des pays à l’origine de cette Déclaration) plutôt que de ne pas accepter de porter des signes religieux au travail.

Roger Martel, citoyen de Lévis

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EXTRAIT d’un texte de Robert Dutrisac, éditorialiste au Devoir 

LA LAÏCITÉ DE L’ÉTAT: UN PROJET DE LOI LÉGITIME

Robert Dutrisac, La laïcité de l’État: un projet de loi légitime (éditorial), Le Devoir, 29 mars 2019, https://www.ledevoir.com/opinion/editoriaux/550984/la-laicite-de-l-etat-un-projet-de-loi-legitime

le projet de loi est une avancée majeure : il propose une véritable définition de la laïcité québécoise qui dépasse la seule neutralité religieuse de l’État à laquelle s’était limité le gouvernement libéral avec l’adoption du projet de loi 62. D’abord, le projet de loi 21 édicte que l’État du Québec est laïque, un mot qui ne figure dans aucun de nos textes de loi. Outre la neutralité religieuse, il affirme trois autres principes de cette laïcité qui fait un tout, soit la séparation de l’État et des religions, l’égalité de tous les citoyens et citoyennes et, enfin, la liberté de conscience et la liberté de religion. Surtout, il inscrit cette laïcité de l’État à l’article 9.1 de la Charte des droits et libertés de la personne. Les libertés et droits fondamentaux s’exerceront non seulement dans le respect des valeurs démocratiques, de l’ordre public et du bien-être général des citoyens, mais aussi dans celui de la laïcité de l’État.

[…]

Ce projet de loi est aussi affaire de liberté politique. Il affirme que la nation québécoise a « des valeurs sociales distinctes » — ce sont les mots de la Cour suprême dans le jugement Nadon — « et un parcours historique spécifique l’ayant amené à développer un attachement particulier à la laïcité de l’État ». Bref, qu’en cette matière, cette nation peut aspirer à un modèle différent de celui du reste du Canada.

Il faut agir en faveur de la laïcité à l’école, au Québec.

 

https://www.ledevoir.com/opinion/idees/549944/monsieur-legault-agissez-en-faveur-de-la-laicite-a-l-ecole

Monsieur Legault, agissez en faveur de la laïcité à l’école

 

L’école accueille des enfants, par définition influençables,

et se doit de préserver les conditions d’acquisition des savoirs et de la culture universelle. 

Texte collectif*

15 mars 2019

Monsieur le Premier Ministre,

Vous vous apprêtez à présenter devant l’Assemblée nationale un projet de loi portant sur la laïcité de l’État. Nous vous soutenons dans cette initiative. D’emblée, nous pouvons vous dire que nos attentes sont élevées pour le milieu de l’éducation. S’agissant de l’école, le débat est trop souvent partiel. En effet, il tourne presque toujours autour de la question de l’interdiction de l’affichage des symboles religieux des enseignants. Cette façon de procéder nous semble réductrice, car elle omet l’essentiel : le rôle de l’école et le respect de la liberté de conscience des enfants. L’école accueille des enfants, par définition influençables, et se doit de préserver les conditions d’acquisition des savoirs et de la culture universelle.

Les Québécois ont eu à se pencher sur cette question à quelques moments phares de leur vie collective. Le rapport Parent est en ce sens un document fondateur. Inculquer une culture humaniste du monde et construire l’autonomie de jugement préparent les élèves à assumer le rôle qui deviendra, plus tard, le leur : habiter, construire, réenchanter le monde. Libérer l’école de l’emprise du clergé a constitué le point de départ d’une grande ambition.

Monsieur le Premier Ministre, vous êtes aujourd’hui confronté aux mêmes défis. En effet, comment accepter que des enseignants puissent exhiber des symboles religieux ostentatoires alors que leur fonction les oblige à se conformer à une certaine idée de la citoyenneté intimement liée à l’égalité entre les femmes et les hommes par exemple ?

L’enseignement ne consiste pas seulement à transmettre des savoirs et des savoir-faire, il véhicule, d’abord, une conception du monde, nécessairement inspirée par un choix de valeurs. Les deux impératifs doivent aller de pair. Il faut que les élèves apprennent à distinguer ce qui relève de la croyance et ce qui est de l’ordre de la connaissance. Ce qui peut avoir valeur d’universel et ce qui peut être lié à la particularité d’un individu. L’enseignant qui place ses croyances individuelles au-dessus de sa mission éducative se met dans une situation insurmontable. Évoquer cette exigence revient à considérer la liberté de conscience des élèves. Il est donc nécessaire d’interdire l’affichage des symboles religieux à l’école publique et d’imposer un seul et même régime à l’ensemble du corps enseignant. Ce n’est pas tout. Dans un souci de cohérence, cette exigence doit être étendue aux éducatrices en service de garde et à l’ensemble du personnel de l’école.

Quelques mots sur le voile puisqu’il fait l’objet, lui aussi, d’un débat intense. Le voile n’est pas une obligation religieuse. Par ailleurs, certains musulmans qui ont une lecture littéraliste des textes religieux en font une obligation. Il faut reconnaître que les musulmans sont divisés sur cette question. Ce qui est important à nos yeux, c’est d’évoluer avec son temps.

Avant de conclure, nous aimerions rappeler un simple fait, une évidence même, l’islam n’est pas une « race ». Mettre sur le même registre islam et « race » comme le font certains est dangereux. Surtout lorsque cette confusion est instrumentalisée de façon à jeter l’opprobre sur des personnes qui militent contre une approche fondamentaliste de l’islam en les traitant d’islamophobes, voire de racistes. L’islam est une religion pratiquée par des millions de personnes. Il y a des musulmans arabes, iraniens, chinois, russes, ouzbeks, maliens, soudanais, bosniaques, etc., et chacun pratique un islam en fonction de sa compréhension, de ses traditions, de sa culture et de son environnement institutionnel. Il existe plusieurs islams.

Au Québec, il s’agit de voir ce qui est compatible avec notre démocratie. Pour nous, il y a deux indicateurs pour mesurer ce degré de compatibilité : le respect des lois de notre pays d’adoption et la reconnaissance de leur primauté sur n’importe quelle autre considération.

 

*Ont signé ce texte :

Mohand Abdelli, ingénieur retraité ; Rachida Ait Tahar, enseignante ; Karim Akouche, poète, romancier et dramaturge ; Nadia Alexan, professeure retraitée ; Fatiha Attou, enseignante ; Amani Ben Ammar, comptable agréée ; Radhia Ben Amor, militante associative ; Djemila Benhabib, politologue et écrivaine ; Leila Bensalem, enseignante ; Djafer Bouchilawen, ingénierie Télécoms ; Ferid Chikhi, conseiller en emploi ; Kamal Codsi, entrepreneur ; Nadia El-Mabrouk, professeure à l’Université de Montréal ; Zabi Enayat-Zada, fiscaliste, auteur et conférencier ; Aziz Fares, auteur et journaliste ; Said Guerfi, professeur au collège ; Ensaf Haidar, présidente de la Fondation Raif Badawi ; Hassiba Idir, gestionnaire ; Nacere Irid, ingénieur ; Ali Kaidi, militant pour la laïcité, membre fondateur de l’Association québécoise des Nord-Africains pour la laïcité (AQNAL) ; Ferroudja Kaidi, enseignante ; Ammar Lakehal, maître de taekwondo ; Leila Lesbet, technicienne en éducation spécialisée, militante féministe ; Belkacem Nasri, militant associatif ; Farid Salem, Solidarité Québec Algérie ; Nacéra Si Serir, enseignante ; Nacera Zergane, conseillère en sécurité financière ; Nabila Ben Youssef, comédienne et humoriste.

Qu’est-ce que la laïcité ?

Par le gouvernement de la France, https://www.gouvernement.fr/qu-est-ce-que-la-laicite

OBSERVATOIRE DE LA LAÏCITÉ

Qu’est-ce que la laïcité ?

La laïcité repose sur trois principes et valeurs : la liberté de conscience et celle de manifester ses convictions dans les limites du respect de l’ordre public, la séparation des institutions publiques et des organisations religieuses, et l’égalité de tous devant la loi quelles que soient leurs croyances ou leurs convictions.

La laïcité garantit aux croyants et aux non-croyants le même droit à la liberté d’expression de leurs convictions. Elle assure aussi bien le droit d’avoir ou de ne pas avoir de religion, d’en changer ou de ne plus en avoir.

Elle garantit le libre exercice des cultes et la liberté de religion, mais aussi la liberté vis-à-vis de la religion : personne ne peut être contraint au respect de dogmes ou prescriptions religieuses.

La laïcité suppose la séparation de l’Etat et des organisations religieuses. L’ordre politique est fondé sur la seule souveraineté du peuple des citoyens, et l’Etat —qui ne reconnaît et ne salarie aucun culte— ne régit pas le fonctionnement interne des organisations religieuses.

De cette séparation se déduit la neutralité de l’Etat, des collectivités territoriales et des services publics, non de ses usagers.

La République laïque assure ainsi l’égalité des citoyens face à l’administration et au service public, quelles que soient leurs convictions ou croyances.

La laïcité n’est pas une opinion parmi d’autres mais la liberté d’en avoir une. Elle n’est pas une conviction mais le principe qui les autorise toutes, sous réserve du respect de l’ordre public.

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Offert au https://www.gouvernement.fr/qu-est-ce-que-la-laicite

Vidéo n° 1 : Entretien avec Jean-Louis Bianco, Président de l’Observatoire de la laïcité
Vidéo n°2 : Vous avez dit laïcité ? Par Nicolas Cadène, Rapporteur général de l’Observatoire de la laïcité :
Vidéo n°3 : « La laïcité en trois minutes (ou presque) »
Film de l’association Coexister, lauréat d’une mention spéciale du Prix de la laïcité de la République française 2016
Vidéo n°4 : « La laïcité à l’école »
Le clip du ministère de l’Education nationale, de l’Enseignement supérieur et de la Recherche
Voir les autres vidéos réalisées en partenariat avec le CNFPT
Vidéo n°5 :#generationlaicité – Le port de signes distinctifs à l’école
Vidéo n°6 : #generationlaicite – Cours de sport et religion

Si vous avez plus de questions sur la laïcité en pratique, à l’école, au collège ou au lycée, rendez-vous sur : http://www.generationlaicite.fr

DÉFERLEMENT DE BURKINIS À QUÉBEC?

En ce bel et froid février 2014, le mot burkini se répand au Québec (il désigne un « maillot « intégral », en deux pièces, couvrant tout le corps de la tête aux chevilles », écrit Wikipedia). Le maire de la capitale, M. Régis Labeaume, après avoir appris que le port de ce vêtement dans les piscines d’un arrondissement avait été autorisé, a déclaré : «  Il n’y a aucun problème pour que ces femmes-là se baignent avec cet accoutrement-là. C’est juste regrettable que ces femmes-là soient obligées d’être attriquées de cette façon-là pour se baigner. C’est incroyable. Incroyable. On va espérer qu’elles se révoltent un jour. »

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Femme portant un burkini, années 2010

Cacouna Baignade Plage costume de bain

  Des baigneurs à Cacouna (Québec) vers 1900

 

La jaquette à trou

Des musulmans portent des vêtements particuliers. Ils ne sont pas seuls…

 

Que pense Monsieur Labeaume de la jaquette à trou catholique et canadienne française? Le souffle par lequel il a été créé est-il passé par le trou d’une jaquette? Comment sa mère, la nuit qui a entraîné sa naissance, était-elle « attriquée »? (Une jaquette est une chemise de nuit.)

 

En novembre 2006, LiliDesLacs (pseudonyme), musulmane et citoyenne du Québec, semble-t-il (peut-être une Québécoise pure laine) s’exprime dans le Web : « Si j’ai parlé du Christianisme, dit-elle, c’est simplement à titre d’exemple de ce qui s’est passé à force d’obscurantisme là. Nous avons des femmes au Québec qui sont mortes à force d’avoir 18 – 20 enfants parce que l’Église refusait qu’elles utilisent un moyen contraceptif même le plus naturel possible (température). Ma grand-mère m’a parlé de sa jaquette avec un trou à la bonne place. Tu imagines !!! [] Tu vas me dire … mais l’Islam c’est différent. Ah oui ? Et bien un présumé savant d’Egypte à dit qu’on devrait faire l’amour tout habillé … si si. On est pas loin de ce que j’ai décris plus haut non ? [] Le Coran est un livre divin … ce sont les paroles d’Allah qui est le plus savant … et même lui ne nous a pas fait une liste interminable d’interdit comme le font les présumés savants. Les imams, savants etc. n’ont pas à me dicter ma conduite dans ma chambre à coucher … tout est clairement écrit dans le Coran. »

(Source : http://www.avmaroc.com/forums/archive/o_t__t_5004__start_15__index.html)

 

Pour sa part, Jean-Claude Germain, écrivain, dramaturge et historien, soutient que « la plus infime des pénombres apparaît déjà comme une nette évolution sur la pratique du trou dans la jaquette ». Germain s’exprime ainsi dans un texte où il est question d’Henri Tranquille (1916-2005), qui posséda longtemps à Montréal une librairie où se rencontraient des écrivains québécois importants et dans laquelle fut mis en vente le manifeste du Refus global en 1948 :

 

« Au milieu de tout ce brouhaha qui donne plutôt l’impression d’un quartier général que d’une librairie, les jeunes étudiants dont j’ai été se présentaient au début de l’année scolaire pour se procurer des manuels de seconde main et à la fin pour les revendre. Les autres clients se faufilaient entre les coups de gueule pour trouver ce qu’ils cherchaient et obtenaient plus facilement l’adoubement du père Tranquille avec une brique de Dostoïevski qu’avec un petit roman de François Mauriac, même si dans les milieux catholiques informés la question de faire l’amour avec la lumière éteinte ou allumée était à la fine pointe de la bienséance sexuelle. À la question : Est-il préférable de tout laisser deviner plutôt que de tout exhiber ? La voix de l’agace-pissetterie aurait été majoritaire. Quand la Grande Noirceur est dans tout et partout, la plus infime des pénombres apparaît déjà comme une nette évolution sur la pratique du trou dans la jaquette. »

(Préface de Monsieur Livre d’Yves Gauthier, Septentrion, 2005, cité dans L’Autr’ Journal, au http://archives.lautjournal.info/autjourarchives.asp?article=2640&noj=253)

…………………………….

Attriqué, attriquée Utilisé comme adjectif dans le langage populaire québécois, le mot désigne une tenue vestimentaire. Il est plus souvent usité dans un sens péjoratif : elle est mal attriquée, donc elle est mal habillée, mal fagotée. (http://www.dictionnaire-quebecois.com/definitions-a.html)

 

Attriqué, attriquée 4 décembre 2008 – Qui a dit que l’automne canadien coulerait comme un fleuve tranquille? Nous vivons intensément depuis quelques jours des moments historiques, voire cruciaux. Notre parlement canadien est au bord du gouffre, mes amis, notre pays est étriqué plus que jamais. J’avais un de mes oncles qui portait des vêtements bigarrés, loin d’être enfilés et agencés de façon ordonnée. Mon père disait, avec son accent gaspésien bien reconnaissable, que mon oncle était «colon et mal attriqué ». En regardant le cirque qui se déroule devant nous à Ottawa, ça ressemble pas mal aux allures de l’accoutrement de mon oncle Roméo, familièrement appelé Méo. Nombre de Canadiens, en voyant ce qui se passe sur la colline parlementaire, ont sans doute mal à leur pays aujourd’hui. [Le blog du DG de RadioVille-Marie (Jean-Guy Roy),http://radiovm.blogspot.ca/2008/12/139-un-pays-mal-attriqu.html]

 

Pure laine Se dit des Québécois ou des Canadiens français dont les ancêtres remontent aux colons français d’avant la Conquête (1760), par opposition aux immigrants ultérieurs. (http://fr.wiktionary.org/wiki/pure_laine)

(in Quebec) a person belonging to a long-established family of French descent (http://www.collinsdictionary.com/dictionary/english/pure-laine)

 

Les propos de Régis Labeaume sont rapportés par Stéphanie Martin au http://www.lapresse.ca/le-soleil/actualites/societe/201402/11/01-4737799-regis-labeaume-revolte-par-le-port-du-burkini.php, le 11février 2014.

 

On trouve le Refus global au http://fr.wikisource.org/wiki/Refus_global. Sur le Refus global, on peut consulter : http://fr.wikipedia.org/wiki/Refus_global, http://www.collectionscanada.gc.ca/massey/h5-301-f.html, http://archives.radio-canada.ca/arts_culture/arts_visuels/dossiers/82/.

 

On trouve la photo montrant une femme en burkini au http://www.alarabiya.net/articles/2008/02/27/46219.html.

 

La photo prise à Cacouna a été empruntée au http://tolkien2008.wordpress.com/2009/10/27/photographies-les-vacances-a-cacouna-bas-saint-laurent-1871-1901/.

 

Roger Martel (le Passeur de la Côte)