Le monde regorge de beautés. Les numéros extraordinaires, sensationnels, des comédies musicales, par exemple.

 

https://youtu.be/Qy6wo2wpT2k

America, from West Side Story (1957)

This is the real deal: a perfect number in which Sondheim’s lyrics, Leonard Bernstein’s score and Jerome Robbins’s choreography exhilaratingly combine with the skirt-shaking elan of the dancers. Bernstein said he was fired up by a dance rhythm he heard in Puerto Rico called huapango. This becomes the excuse for a verbal battle between two women. “I like the city of San Juan,” sings Rosalia. “I know a boat you can get on,” retorts Anita. (This routine was re-scored in the film, above, making it into a male-female sparring battle.) A routine that makes you giddy with delight.

 

https://youtu.be/ETFs83_UPCQ Conga

Conga, from Wonderful Town (1953)

Ruth, a writer in 1930s Greenwich Village, is sent to interview a group of young Brazilians just off the boat. Unfortunately, they have only three words of English, one of which is “conga”, so Ruth is forced to lead them on a merry dance through the streets of Manhattan. Again, this shows Leonard Bernstein’s embrace of Latin American rhythms and yields extraordinary performances. When Simon Rattle conducted the piece at the Proms in 1999, he had cast and audience snaking their way through the Albert Hall. I also heard Mark Elder conduct the Halle in a revival at the Lowry, Salford, in 2012 that had spectators jumping out of their seats.

 

https://youtu.be/3rmAme3WciA

Sit Down, You’re Rockin’ the Boat, from Guys and Dolls (1950)

I know this induces ecstasy because I’ve actually danced it at the London Palladium. As part of a concert to commemorate the Daily Mail’s Jack Tinker, the London theatre critics formed the chorus of sinners in a restaging of the number from Richard Eyre’s fabulous National Theatre production. But you don’t have to dance it to enjoy it: merely to see and hear a group of Times Square crap-shooters joyously singing Frank Loesser’s revivalist number is be taken out of yourself and ushered into another world.

 

Disque Columbia, This is Broadway’s Best 20 Showstoppers, B2WS 1

Le monde regorge de beautés. Exemple : les Petits bonheurs du dimanche soir.

Les Petits bonheurs sont présentés à la télé suisse le dimanche soir, dans le cadre du téléjournal. En voici un :

Les petits bonheurs: l’aventure de la colocation.

Regardez-en d’autres de temps en temps. (Les reportages durent environ trois minutes.)

Roger Martel

Le monde regorge de beautés. Exemple : le coffre secret des vieux époux.

Le coffre secret des vieux époux n’est pas sculpté, mais il est beau. Il est riche et précieux. Il est résistant, il continuera sans doute de tenir. Le coffre secret des vieux époux n’accueille que le passé, mais la vie y bat très fort. C’est un grand écrin; lieu de la Beauté, du Bien, du Bonheur, de la Vie facile; lieu aussi de passages douloureux; lieu de l’Amour et de la Tendresse. Seuls les époux le connaissent vraiment, intimement; c’est leur secret, et un grand lien qui les unit.

 Roger Martel (le Passeur de la Côte)

 

Le Balcon

 

Mère des souvenirs, maîtresse des maîtresses,

Ô toi, tous mes plaisirs! ô toi, tous mes devoirs!

Tu te rappelleras la beauté des caresses,

La douceur du foyer et le charme des soirs,

Mère des souvenirs, maîtresse des maîtresses!

 

Les soirs illuminés par l’ardeur du charbon,

Et les soirs au balcon, voilés de vapeurs roses.

Que ton sein m’était doux! que ton coeur m’était bon!

Nous avons dit souvent d’impérissables choses

Les soirs illuminés par l’ardeur du charbon.

 

Que les soleils sont beaux dans les chaudes soirées!

Que l’espace est profond! que le coeur est puissant!

En me penchant vers toi, reine des adorées,

Je croyais respirer le parfum de ton sang.

Que les soleils sont beaux dans les chaudes soirées!

 

La nuit s’épaississait ainsi qu’une cloison,

Et mes yeux dans le noir devinaient tes prunelles,

Et je buvais ton souffle, ô douceur! ô poison!

Et tes pieds s’endormaient dans mes mains fraternelles.

La nuit s’épaississait ainsi qu’une cloison.

 

Je sais l’art d’évoquer les minutes heureuses,

Et revis mon passé blotti dans tes genoux.

Car à quoi bon chercher tes beautés langoureuses

Ailleurs qu’en ton cher corps et qu’en ton coeur si doux?

Je sais l’art d’évoquer les minutes heureuses!

 

Ces serments, ces parfums, ces baisers infinis,

Renaîtront-ils d’un gouffre interdit à nos sondes,

Comme montent au ciel les soleils rajeunis

Après s’être lavés au fond des mers profondes?

Ô serments! ô parfums! ô baisers infinis!


– Charles Baudelaire, Les Fleurs du mal

 

 

Ici-bas

 

Ici-bas tous les lilas meurent,

Tous les chants des oiseaux sont courts ;

Je rêve aux étés qui demeurent

Toujours –

 

Ici-bas les lèvres effleurent

Sans rien laisser de leur velours ;

Je rêve aux baisers qui demeurent

Toujours –

 

Ici-bas tous les hommes pleurent

Leurs amitiés ou leurs amours ;

Je rêve aux couples qui demeurent

Toujours –


– Sully Prudhomme, Stances Et Poèmes