Les journaux québécois Le Devoir et Le Soleil présentent l’avant-bras de François-Xavier.

 

Le 15 mars 2018, j’ai envoyé un message, le même, au journal Le Soleil de Québec et au journal Le Devoir de Montréal.

 

Journal Le Devoir, Montréal

Le 29 janvier dernier, Le Devoir a écrit ceci : « Une relique de l’un des saints missionnaires les plus célèbres est exposée à Montréal depuis dimanche soir. Il s’agit de l’avant-bras droit de saint François Xavier… » Si Le Devoir peut démontrer que l’authenticité de l’objet ne fait aucun doute, il serait heureux qu’il le fasse; s’il ne le peut pas, il serait apprécié qu’il publie un correctif. Le Vatican lui-même sait que l’on pourrait remplir beaucoup d’églises de fausses reliques.

Roger Martel

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Journal Le Soleil, Québec

Le 29 janvier dernier, Le Soleil a écrit ceci : « Traditionnellement conservé au Vatican, l’avant-bras droit de Saint François Xavier était exposé entre 9h et 17h à la basilique Notre-Dame… » Si Le Soleil peut démontrer que l’authenticité de l’objet ne fait aucun doute, il serait heureux qu’il le fasse; s’il ne le peut pas, il serait apprécié qu’il publie un correctif. Le Vatican lui-même sait que l’on pourrait remplir beaucoup d’églises de fausses reliques.

Roger Martel

 

 

Deux journaux, un écart de langage.

 

Le 22 août 2017, le quotidien Le Soleil de Québec donne la parole au maire de Québec, le lendemain d’une manifestation violente dans la ville de ce dernier :

 

Le même jour, le quotidien Le Devoir de Montréal transmet lui aussi le message du maire Labeaume :

 

Préférez-vous le langage du maire ou celui du Devoir ? Croyez-vous que M. Labeaume va accuser Le Devoir d’avoir déformé sa pensée?

 

Roger Martel, Lévis (près de Québec)

 

Le journaliste François Bourque provoque un séisme et un tsunami au journal Le Soleil, à Québec? Vrai ou faux?

( M. Bourque comprendra que c’est avec une certaine légèreté que j’aborde ici un sujet grave. )

Le journaliste François Bourque sera-t-il grondé par ses patrons? Le 24 avril 2017, il a osé parler du livre Acceptabilité sociale : sans oui, c’est non, écrit par Pierre Batellier et Marie-Ève Maillé, et que les Éditions Écosociété de Montréal ont publié cette année. Écosociété est une maison qui cherche à éclairer les hommes et les femmes et à les intéresser à la marche du monde. Serait-ce la première fois que Le Soleil, quotidien de la capitale « nationale », logé à une seconde de vol l’Assemblée nationale, mentionne l’existence d’un livre de la dangereuse (?) Écosociété?

Nous sommes le 30 avril 2017. Une édition du Soleil circule dans les rues. Comme c’est dimanche, jour de repos, le journal distrait ses lecteurs avec des articles sur des livres. Le premier article porte sur Les Indésirables, de Madame Diane Ducret; ce livre est un roman. Le deuxième article est consacré au Garçon, que signe Monsieur Marcus Malte; c’est un roman. Le troisième article fera découvrir à des lecteurs des livres qui « font vibrer les coeurs »; ces livres sont des romans.

Hier, 29 avril 2017, Le Soleil, parce que c’est samedi, jour de week-end, distrait ses lecteurs avec une page baptisée « Club de lecture ». Le « livre de la semaine », la seule publication dont il sera question dans la page, est Le Poids de la lumière; c’est un recueil de nouvelles. Le Soleil apprend à ses lecteurs que la page du 6 mai portera sur Pivot; celle du 13 mai sur Sélection officielle, celle du 20 mai sur Je ne suis pas de ceux qui ont un grand génie. Deux de ces livres sont des romans, l’autre est le « journal de bord » du délégué général du Festival de Cannes.

À la page 39 de son édition 30 avril 2017, Le Soleil apprend à ses lecteurs que « le cycle de la Lune en Cancer vit quelques travers, l’illogisme et le manque de planification de certaines personnes risquent de vous importuner. Vous épargnerez des ennuis et des pertes de temps à tout le monde si vous prenez une situation en charge avant que les autres ne puissent commettre d’erreurs. Après tout, le Soleil éclaire actuellement votre Signe! » Puisse Le Soleil mieux éclairer ses lectrices et ses lecteurs! Pourquoi n’utiliserait-il pas les pages qu’il réserve chaque semaine aux horoscopes pour offrir des comptes rendus d’essais? Il ferait le bien à peu de frais.

Roger Martel (lecteur de très nombreux de romans)

Quelques publications d’Écosociété (source : http://ecosociete.org/livres)

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Le piège Énergie Est

L’impasse des sables bitumineux

L’oléoduc Énergie Est n’est pas qu’un simple tuyau où couleraient 2 000 litres de pétrole à la seconde. Donner le feu vert au projet de TransCanada, c’est s’exposer à […]

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Une escroquerie légalisée

Précis sur les «paradis fiscaux»

Lorsque les écoles se détériorent, qu’une clinique ferme, qu’un viaduc s’effondre, qu’un festival perd une subvention, c’est à cause des paradis fiscaux. Source […]

ALAIN DENEAULT| COLLECTION POLÉMOS |128 PAGES

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L’Occident terroriste

D’Hiroshima à la guerre des drones

« Il y a assurément deux façons d[e] parler [du terrorisme], car le terrorisme n’est pas considéré comme tel lorsqu’il est pratiqué (et sous une forme nettement plus […]

NOAM CHOMSKY, ANDRÉ VLTCHEK| COLLECTION RÉGULIÈRE |176 PAGES

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La tyrannie de la valeur

Débats pour le renouvellement de la théorie critique

La crise économique de 2008 a suscité un « renouveau » du discours critique sur le capitalisme. Mais pour les auteur-e-s de La tyrannie de la valeur, cela n’a pas pour autant […]

ERIC MARTIN, MAXIME OUELLET| COLLECTION THÉORIE |280 PAGES

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On a raison de se révolter

Chronique des années 70

Dans le Québec des années 1970, comme partout ailleurs dans le monde, toute une génération se lance « à l’assaut du ciel ». Pressée par l’urgence de la révolte, il lui faut […]

PIERRE BEAUDET| COLLECTION RÉGULIÈRE |248 PAGES

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Paradis fiscaux: la filière canadienne

Barbade, Caïmans, Bahamas, Nouvelle-Écosse, Ontario…

** Prix Pierre-Vadeboncœur 2014 **Le Canada est un acteur central dans le processus d’offshorisation du monde. Dans cet essai choc, Alain Deneault démontre avec brio comment […]

ALAIN DENEAULT| COLLECTION RÉGULIÈRE |392 PAGES

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Refaire la société dans une perspective écologique. Voilà bien l’urgence. Mais de quelle perspective parlons-nous ? Que l’on prône un contrôle impitoyable sur la nature – la […]

MURRAY BOOKCHIN| COLLECTION RETROUVAILLES |304 PAGES

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COLLECTIF D’ANALYSE POLITIQUE| |300 PAGES

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« Trade not aid » scandaient les pays du Tiers Monde dans les années 1960, pour réclamer une meilleure place dans le commerce international et non une aide paternaliste […]

VÉRONIQUE BISAILLON, CORINNE GENDRON, ARTURO PALMA TORRES| COLLECTION RÉGULIÈRE |232 PAGES

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Les dérives de l’industrie de la santé

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Autobiographie, tome I (1937-1979)

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télé cannibale (La)

La télévision est sur la sellette depuis qu’elle existe. Tantôt décriée, tantôt louangée, elle a été l’objet d’innombrables études et d’incessants débats. Peu d’auteurs […]

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Mondialisation de la pauvreté et nouvel ordre mondial

La première édition de La mondialisation de la pauvreté, de Michel Chossudovsky, publiée en 1998 et traduite en 11 langues, a eu un succès retentissant à travers le monde, […]

MICHEL CHOSSUDOVSKY| COLLECTION RÉGULIÈRE |384 PAGES

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Le commerce de la faim

La sécurité alimentaire sacrifiée sur l’autel du libre-échange

La nourriture n’est pas une marchandise comme les autres. Il en va de la sécurité alimentaire de milliards d’êtres humains, que les tractations libre-échangistes […]

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La forêt québécoise est immense, son rôle écologique primordial et l’activité économique qui en découle vitale pour une grande partie de la population. Mais comment se […]

PIERRE DUBOIS| COLLECTION RÉGULIÈRE |204 PAGES

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Le pouvoir mis à nu

Les États-Unis seraient engagés dans un processus historique visant l’émergence, à l’échelle mondiale, d’« une société tolérante, dans laquelle dirigeants et […]

NOAM CHOMSKY| COLLECTION RÉGULIÈRE |400 PAGES

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Les aliments trafiqués

Les dessous de la biotechnologie

Mues par la logique implacable du progrès, une poignée de multinationales sont en train de démanteler un système agricole séculaire pour assouvir leur soif de contrôle et de […]

BREWSTER KNEEN| COLLECTION RÉGULIÈRE |252 PAGES

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Le Soleil, Publié le 24 avril 2017 à 22h46 | Mis à jour le 25 avril 2017 à 06h55

«Acceptabilité sociale: sans oui, c’est non»

Avec le recul, on peut penser que la grande faiblesse du plan de mobilité durable dont est issu le SRB aura été de faire rapidement consensus.

FRANÇOIS BOURQUE, Le Soleil

(Québec) CHRONIQUE / Je rentre de quelques jours au fleuve à Notre-Dame-du-Portage, loin des bruits de la ville, de la politique et du SRB.

Par les fenêtres de l’auberge, je me suis nourri du paysage de la grève rocailleuse battue par l’eau glaciale, de l’horizon embrumé sur les montagnes de Charlevoix et du ciel maussade d’où filtrait une lumière chancelante.

Il y a avait dans ce tableau mouvant toutes les nuances de gris.

J’avais apporté un essai qui vient de paraître aux Éditions Écosociété : Acceptabilité sociale : sans oui, c’est non. (1)

Vous y reconnaissez peut-être les mots des campagnes contre les violences à caractère sexuel. Ce n’est pas un hasard.

Les auteurs Pierre Batellier et Marie-Ève Maillé ont cette «idée audacieuse» que «la notion de consentement devrait s’appliquer également au territoire».

«Si on veut développer le territoire, on doit appliquer le principe archisimple du consentement : sans oui, c’est non».

Leur thèse est née dans le contexte des débats sur l’exploitation et le transport des ressources naturelles (pétrole, gaz de schiste, éoliennes, etc.).

Je pense qu’elle permet aussi d’éclairer les débats sur l’aménagement et le développement urbain, dont celui du Service rapide par bus (SRB) que j’ai eu en tête tout au long de ma lecture.

Promoteurs et opposants ont d’ailleurs tous évoqué l’importance de l’acceptabilité sociale (ou de son absence) dans ce projet.

Ce fut le principal argument du maire de Lévis pour se retirer du SRB. Le maire de Québec l’avait aussi utilisé l’an dernier.

Qu’est-ce donc que l’acceptabilité sociale et comment la mesurer? L’essai y répond avec minutie et un brin de provocation.

Il aide à comprendre comment le projet de SRB, qui a déjà eu près de 75 % d’appuis lors de sondages, a fini par perdre (une partie) de ces appuis.

On pourrait reprocher à ses promoteurs d’avoir laissé le champ libre aux opposants ou d’avoir manqué de courage devant l’adversité, surtout à Lévis.

Mais la réalité est que les appuis étaient fragiles. Si on espère une meilleure acceptabilité sociale pour un projet de transport en commun, il faut comprendre pourquoi.

Il faut notamment se méfier de la majorité silencieuse qu’on croit souvent acquise, croient les auteurs de l’essai. Silence ne veut pas dire adhésion. Les citoyens peuvent avoir mille raisons de ne pas s’exprimer (ignorance, timidité, manque d’expertise, etc.).

Les promoteurs de grands projets (pas tous heureusement) tendent à en minimiser les impacts et coûts publics et à en gonfler les bénéfices (emplois, retombées, etc.).

Seuls les «chialeux professionnels» monteront aux barricades, ce qui fera conclure (à tort) à une «acceptabilité sociale» par la «majorité silencieuse».

Avec le recul, on peut penser que la grande faiblesse du plan de mobilité durable dont est issu le SRB aura été de faire rapidement consensus. Je fus de ceux qui s’en étaient réjouis à l’époque.

On a ainsi fait l’économie d’un débat entre tenants de la mobilité durable (densification, transport en commun, etc.) et tenants de l’automobile, des autoroutes et d’une occupation «lousse» du territoire.

Ce conflit vient de nous rattraper, plus émotif que s’il avait été pris en compte au départ et désormais plombé par le scénario d’un troisième lien.

Cette fois, il n’y a plus d’économie possible. Il faudra faire le débat.

Le maire Labeaume invite à une large consultation sur le transport en commun. C’est une bonne idée. Bien meilleure que celle de soumettre le SRB à un référendum, ce qui aurait tué toute recherche de solutions nouvelles et acceptables au plus grand nombre.

Si on suit la logique de l’Acceptabilité sociale, il faudrait avoir l’audace d’y associer des opposants au SRB et partisans du troisième lien.

On s’assurerait ainsi d’une vraie confrontation de faits et d’idées et non d’un consensus entre convaincus. Le résultat a des chances d’être plus solide.

«Le consensus doit découler du conflit et non le précéder», plaident les auteurs de l’essai.

L’unanimité est sans doute impossible à atteindre, conviennent-ils, mais ça ne doit pas empêcher de la viser quand même.

L’acceptabilité sociale la plus large viendra de notre capacité à bien saisir toutes les nuances de gris sur la mer et dans le ciel agités de l’opinion publique.

  1. Pierre Batellier et Marie-Ève Maillé. Acceptabilité sociale : sans oui c’est non, Éditions Écosociété, 2017, 301 pages.

Le quotidien Le Soleil de Québec et l’une de ses journalistes, et la crédibilité des organes d’information.

Le 11 mars 2017, Madame Mylène Moisan publie, dans l’édition Internet de son journal, Le Soleil, une chronique intitulée La « petite liqueur » qui dérange (cette chronique paraîtra le lendemain dans l’édition papier). Elle écrit qu’ « Au CHSLD [L’auteure parle du Centre du Christ-Roi, situé à Québec. CHSLD : Centre d’hébergement et de soins de longue durée], neuf résidents avaient l’habitude, au souper, de boire une «petite liqueur ». Elle mentionne que ces neuf personnes « ont fait ça toute leur vie », « toute leur vie », boire une « petite liqueur » au souper; elle ajoute qu’une directive de 2016 a pour conséquence de les priver de ce bénéfice. Madame Moisan dit aussi que le président du comité des usagers du CHLSD a fait des démarches auprès de la direction et que cette dernière « [s’était] engagée à réévaluer la décision », et que, après, un «  comité de consultation, un autre, [avait] été créé pour donner son avis, le gros bon sens ayant visiblement été perdu en chemin », commente Madame Moisan, qui a manifestement estimé posséder assez d’informations pour pouvoir conclure que la direction avait manqué de bon sens.

Madame Moisan contrevient à des dispositions majeures du Guide de déontologie de la Fédération professionnelle des journalistes du Québec. Elle enfreint celle-ci : « Les journalistes basent leur travail sur des valeurs fondamentales telles que l’esprit critique qui leur impose de douter méthodiquement de tout, l’impartialité qui leur fait rechercher et exposer les divers aspects d’une situation »; elle enfreint cette autre : « Les journalistes ont l’obligation de s’assurer de la véracité des faits qu’ils rapportent au terme d’un rigoureux travail de collecte et de vérification des informations » (Note 1). Madame Moisan, dans son article, donne la version des faits que lui a livrée le président du comité des usagers; quels efforts a-t-elle déployés pour « s’assurer de la véracité des faits » ? Aucun, si l’on en juge par son article. Son devoir lui imposait pourtant d’interroger la direction du CHLSD et celle du CIUSSS, et de présenter à ses lectrices et lecteurs la version des faits de ces directions. (Le CHSLD du Christ-Roi relève du CIUSSS de la Capitale-Nationale.)

Le quotidien Le Soleil, avec son article La «petite liqueur» qui dérange, viole une autre disposition du Guide de déontologie de la FPJQ, celle qui stipule que « Les titres et présentations des articles et reportages ne doivent pas exagérer ni induire en erreur. » (Note 1)

La légende de la photo qui accompagne l’article La «petite liqueur» qui dérange dans Internet, et celle de l’édition papier du journal, contreviennent à la disposition susmentionnée.

Dans la Toile, la légende se lit ainsi : « Du jour au lendemain, au CHSLD du Christ-Roi, on a décidé d’abolir la « petite liqueur » que neuf résidents avaient l’habitude de recevoir au souper ». La lectrice et le lecteur comprennent qu’il est maintenant interdit au CLSC de boire de la boisson gazeuse au souper; or, ce n’est pas le cas : les résidents peuvent boire de la boisson gazeuse au CHSLD; ce qui a changé, c’est ceci : le CHSLD ne fournira plus de la boisson gazeuse aux résidents; ces derniers devront s’en procurer eux-mêmes (avec l’aide, au besoin, d’un parent, d’un ami, d’un autre résident, du Comité des usagers). La légende induit donc en erreur [mais l’article « a fait grand bruit dans les médias sociaux », écrit une compagne de travail de Madame Moisan dans Le Soleil, le 12 mars (note 2)], l’article a peut-être fait vendre davantage d’exemplaires du journal, au grand plaisir des annonceurs).

À la une de l’édition papier du journal publiée le 12 mars 2017, l’article La «petite liqueur» qui dérange est présenté ainsi : La « petite liqueur » qui dérange. Dans un souci d’uniformité, des résidents d’un CHSLD ont perdu l’un de leurs rares plaisirs : une liqueur au souper. Une chronique de Mylène Moisan. » La vérité est la suivante, je le répète : les résidents qui veulent boire de la boisson gazeuse au souper peuvent toujours le faire, mais ils doivent se procurer leur « petite liqueur » eux-mêmes ou avec l’aide de quelqu’un. La présentation induit donc en erreur (mais l’article a peut-être fait vendre davantage d’exemplaires du journal, au grand plaisir des annonceurs, et il « a fait grand bruit dans les médias sociaux »).

Le journalisme est-il malade?

En 2005, dans l’avant-propos de son livre Il ne faut pas toujours croire les journalistes, l’expérimenté journaliste Mario Cardinal écrit : « Si ce livre a un fil conducteur, il faut le chercher dans la crainte qui m’anime que le journalisme perde sa crédibilité »; page 262, la dernière, il dit :

« L’exigence éthique voudrait que le lecteur, l’auditeur, le téléspectateur trouve l’information dont il a besoin pour comprendre l’inhumanité des grands leaders politiques de ce monde et l’horreur qu’elle engendre.

« Pourtant, pas différente de celle qui se pratique dans la plupart des pays industrialisés, l’information canadienne et québécoise poursuit plutôt son petit bonhomme de chemin, avec très peu d’analyse, accrochée trop souvent à l’incendie du coin de la rue et à la hausse du prix de l’essence, péripatéticienne obligée entre l’amusement et le service à la clientèle. Dans ce dérapage voulu et contrôlé, où sont les journalistes? Que font-ils? Englués dans leur docilité, ont-ils encore le droit de rêver de crédibilité? » (Note 3)

En 2000, un autre journaliste, André Pratte, entré à La Presse en 1986, porte ce jugement sévère :

« Que faisons-nous [Pratte parle des médias, des journalistes] à part critiquer, dénoncer et accuser? Aidons-nous la population à comprendre la complexité des choses? Au contraire, nous renforçons ses préjugés. Aidons-nous ceux qui nous lisent et nous écoutent à dégager l’important de l’insignifiant? Rarement, puisque nous les inondons de tonnes de renseignements futiles, allant de sondages bidon aux élucubrations de nos vedettes en passant par les sports, auxquels nous accordons décidément une place démesurée. Contribuons-nous à aiguiser le sens critique du public? Non, car notre propre sens critique est détraqué, nous faisant passer sans crier gare de la dénonciation violente à l’admiration béate. » (Note 4)

L’an dernier, Josée Boileau, journaliste, trente ans de métier passés à La Presse, au Devoir (comme rédactrice en chef et directrice de l’information), a témoigné à son tour :

« Collectivement, les troupes [les journalistes] broient du noir, elles se préoccupent de ce qui attend la profession, inquiètes de la dégradation de l’information. J’ai beau avoir un tempérament qui me porte naturellement à l’enthousiasme, je ne peux pas faire abstraction de ce marasme.

« Je te l’ai dit [Josée Boileau s’adresse à une jeune journaliste], je ne veux pas te parler longuement de modèles d’affaires, car le contenu y compte pour trop peu : tu l’as compris, comme la chute des revenus publicitaires est la principale cause des problèmes des médias, bien des dirigeants d’entreprises de presse sont plus préoccupés de plaire aux annonceurs que de répondre aux besoins du public.

[…]

« Moi aussi, comme tant d’autres, je râle, et comme je suis accro à l’information, je râle beaucoup – tous les jours, ma foi! » (Note 5)

La maladie du journalisme est intolérable.

Ce n’est pas avec La «petite liqueur» que Le Soleil va remonter le moral des journalistes que Josée Boileau appelle « ces professionnels respectés qui quittent le métier par ras-le-bol, admis ou camouflé, de la pression et de la superficialité », ce n’est pas avec La «petite liqueur» que Le Soleil va requinquer les journalistes qui restent et qui « sont débordés, ne creusent plus ». (Note 5)

Dans toute société, la liberté d’expression et le droit des citoyennes et citoyens à l’information sont vitaux, la pratique du journalisme respectueuse de la liberté d’expression et du droit des citoyennes et citoyens à l’information est essentielle. Le signataire de ce texte en a la conviction; c’est pourquoi, aujourd’hui, il a fait grincer sa plume.

Roger Martel, citoyen de Lévis

 

Supplément

Le 14 mars 2017, Le Soleil revient sur le sujet de la «petite liqueur» qui dérange. Pourtant, Le Soleil n’est pas un journal qui parle beaucoup des adultes et des enfants qui, sur le territoire qu’il couvre, sont parfois ou souvent privés de « petite liqueur », mais aussi, surtout, de pain, de viande. Parlant de Lévis, j’aimerais demander quand Le Soleil, pour respecter le droit du public à l’information, fera connaître à ses lectrices et lecteurs certains mensonges publics que le maire et tout, oui, tout le conseil municipal de Lévis infligent aux Lévisiennes et aux Lévisiens, quand Le Soleil, pour respecter le droit du public à l’information, interrogera le maire de Lévis, M. Gilles Lehouillier, au sujet de ces affirmations troublantes du vérificateur général de sa ville, M. Yves Denis : a) « la ville [de Lévis] ne possède pas une connaissance suffisante de l’état actuel du marché afin de s’assurer qu’elle paie un juste prix »; b) Le degré de fiabilité des estimations des projets n’est pas défini et aucune ressource n’est dédiée pour documenter d’éventuels stratagèmes de collusion ou encore pour connaître l’évolution des prix sur le territoire de la Ville de Lévis »; c) « la ville se prive […] de possibilités d’obtenir de meilleurs prix » [Rapport annuel 2015, chapitre 3 (note 6)]. Le rapport du vérificateur a été rendu public le 13 juin 2016. Quels médias se sont attardés pour la peine sur le fait que le vérificateur avait écrit, dans ce rapport, que Lévis était incapable de « s’assurer qu’elle paie un juste prix », que Lévis était mal outillée pour détecter les stratagèmes de collusion?

Notes

1 https://www.fpjq.org/deontologie/guide-de-deontologie/#pt4

2 http://www.lapresse.ca/le-soleil/actualites/societe/201703/12/01-5078132-petite-liqueur-refusee-dans-un-chsld-une-decision-locale-juge-barrette.php

3 Mario Cardinal, Il ne faut pas toujours croire les journalistes, Bayard Canada Livres, © 2005, pages 8 et 262

4 André Pratte, Les Oiseaux de malheur. Essai sur les médias d’aujourd’hui, Montréal, VLB Éditeur, © 2000, pages 13-14

5 Josée Boileau, Lettre à une jeune journaliste, Montréal, VLB Éditeur, © 2016, p. 93

6 Rapport annuel du vérificateur général au conseil municipal 2015, https://www.ville.levis.qc.ca/fileadmin/documents/pdf/verificateur/2015/Rapport_annuel_2015_du_verificateur_general.pdf

 

Propos de François-Marc Bernier, professeur de journalisme et ancien journaliste, rapportés le 3 mars 2017 par un journaliste du quotidien Le Soleil, Jean-François Cliche :

« …. si les médias traditionnels avaient su garder leur crédibilité,

les Breitbart* et cie n’auraient jamais connu de succès.

Et pour cette perte de crédibilité,

les journalistes ne peuvent pas blâmer grand-monde

hormis eux-mêmes. »

(http://www.lapresse.ca/le-soleil/actualites/societe/201703/03/01-5075435-les-fake-news-ou-le-permis-de-mentir.php)

*Breitbart est le « média conservateur que dirigeait Stephen Bannon, le nouveau conseiller stratégique de Donald Trump »; ce média « est accusé d’être raciste, antisémite, suprémaciste ».

(En savoir plus sur http://www.lemonde.fr/elections-americaines/article/2016/11/16/qu-est-ce-que-breitbart-news-le-site-antisemite-que-dirigeait-le-nouveau-conseiller-de-trump_5032379_829254.html#zpLezCeiZqvfKRmK.99)

Une erreur incompréhensible du journal Le Soleil. Un rectificatif s’impose !

COURRIEL ENVOYÉ AU JOURNAL LE SOLEIL LE 30 OCTOBRE 2015.

Prière de transmettre la présente à la personne ou aux personnes aptes à y répondre.

Lévis, le 30 octobre 2015

Rédaction
Journal Le Soleil
Québec

Madame ou Monsieur,
La page 36 l’édition du 28 octobre 2015 de votre journal, Le Soleil, contient une information inexacte très importante et franchement incompréhensible : « La cage de fer confiée il y a deux ans à l’expertise des Musées de la civilisation et de la Société d’histoire régionale de Lévis est bel et bien celle ayant servi à exhiber le corps de Marie-Josephte Corriveau en 1763 », lit-on dans cette page. Ce n’est pas du tout ce qu’ont écrit les Musées de la civilisation dans un document qu’ils ont diffusé le 26 octobre 2015.
L ‘auteur du petit article du Soleil, qui n’est pas identifié, s’est probablement appuyé sur le document dont je viens de parler. Il n’a pas compris ce qu’il a lu. Le document des Musées n’affirme absolument pas que la « cage » est « bel et bien celle ayant servi à exhiber le corps de Marie-Josephte Corriveau »; au contraire, il dit que les personnes chargées d’examiner la cage n’ont pas été capables d’acquérir la certitude que la « cage » trouvée aux États-Unis est celle qui a été montrée à la population en 1763. Permettez-moi de citer l’extrait du document des Musées que le journal Le Devoir a reproduit le 27 octobre 2015 (page B8) : « Les résultats de ce long et rigoureux processus de recherche, lit-on dans le journal, convergent tous vers la même conclusion : l’objet en question [la « cage de la Corriveau »] serait bien celui ayant servi à exhiber le corps de Marie-Josephte Corriveau, en 1763 ». Serait, ont écrit les Musées, ils n’ont pas écrit est ! Les Musées n’ont pas écrit est parce qu’ils n’ont pas la certitude que la cage expertisée (contrairement à ce que la Société d’histoire régionale de Lévis, dans son manque de rigueur incroyable, a crié sur tous les toits) est la structure ayant servi à montrer la criminelle de Saint-Vallier-de-Bellechasse à la population il y a plus de deux cent cinquante ans.
Je demande au journal Le Soleil d’informer rapidement les lecteurs de son erreur et de leur dire ce qu’ont vraiment écrit les Musées de la civilisation dans le document qu’ils ont diffusé le 26 octobre 2015.
Je vous demanderais de bien vouloir accuser réception de la présente.
Veuillez, Madame ou Monsieur, agréer l’expression de mes sentiments les meilleurs.

Roger Martel, citoyen de Lévis
Ce courriel et la réponse du journal Le Soleil seront publiés dans l’espace lepasseurdelacote.com.

LE SOLEIL, journal de Québec, est-il écrit par le maire de Québec ?

Le quotidien Le Soleil, un journal de classe mondiale selon Le Soleil, est publié dans la « Capitale nationale » du Québec.

Le 16 juillet 2015, Le Soleil n’a trouvé rien d’autre à mettre dans sa première page que Mike Jagger et une assiette de langoustines.

 

Une du Soleil Jagger le 16-0-2015

SONDAGE

Première question – Selon vous, votre journal préféré traite-t-il suffisamment et honnêtement des événements qui surviennent dans les domaines de la vie politique, sociale et économique.

Deuxième question – Selon vous, votre journal préféré fait-il suffisamment d’efforts pour éclairer le jugement de ses lecteurs ?

Troisième et dernière question – Selon vous, le journal Le Soleil (quotidien de Québec, « Capitale nationale » du Québec), est-il écrit par Régis Labeaume, maire de Québec ?

 

 

Devoir 18-07-2015_Labeaume maire cigale_Qc - 2 - Version 2

 

« Celui qu’on désignait dès 2008 comme un « super-maire » a trébuché cet hiver sur un dossier à la fois élémentaire et fondamental dans toute gouverne municipale : la cueillette des ordures. La Ville a adopté et appliqué un nouveau plan de cueillette devant faire réaliser des économies. Celui-ci a soulevé un tollé dans plusieurs quartiers. M. Labeaume a d’abord, comme souvent, accusé les fonctionnaires d’avoir mal fait leur travail ; puis a rétropédalé pour finalement rétablir les méthodes antérieures. L’affaire a fait grand bruit, a enragé des citoyens. Mais elle a rapidement cédé la place, dans le débat public, à des dossiers qui semblent toujours prioritaires à Québec : les Nordiques reviendront-ils ? Qui chantera à l’ouverture du Centre Vidéotron ? Quel « gros nom » chantera sur les Plaines cet été ? etc.

« Le maire favorise souvent — de manière intentionnelle ou non — cette diversion par le divertissement, par le festif. Il est devenu à plusieurs égards un maire « cigale ». Depuis sa deuxième élection, il a tout misé sur le retour du hockey professionnel à Québec et la construction d’un amphithéâtre. Celui-ci, en l’absence d’une équipe professionnelle de hockey, risque d’être extrêmement coûteux pour la Ville. »

Antoine Robitaille, Le maire cigale, Le Devoir, 18 juillet 2015, http://www.ledevoir.com/politique/quebec/445418/l-eau-a-quebec-le-maire-cigale

Roger Martel (le Passeur de la Côte)

 

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« Autrefois on ne parlait pas de « populisme », même si le mot existait, mais de démagogie. L’excellent Alain Rey donne cette définition du démagogue : « Celui qui conduit le peuple en le flattant ». La phrase suivante dans son Dictionnaire culturel est celle-ci : « La démagogie est le pire ennemi de la démocratie ». (Serge July, Dictionnaire amoureux du journalisme, Paris, Plon, 2015, p. 665)